‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 5)Chapitre 169 sur 231 · H CHAPITRE X · texte numérisé non relu

H CHAPITRE X

^Ktiouet ladccliargede l'électricité de ia machine. Quand ^■Étte dernière s'opère par des étincelles successives , elles ^■pt très-belles; l'effet d'une étincelle d'une petite ma- ^Ktine est égal et surpasse souvent celui d'une machine ^nis puissante agissant constamment.

^■1432. Passons en revue différents gaz. ^K^f'/'. On obtient facilement des aigrettes positives ^B^rpres a des pressions ordinaires. Quand l'air est r4- ^B6é, les ramihcations sont très-longues et remplissent ^K globe. La lumière s'accroît beaucoup et présente une ^Rlle couleur pourpre avec une teinte quelquefois rose. ^ÊOj:igctie. A des pressions ordinaires, l'aigrette est ^Ks-comprimée et d'une couleur blanche foncée. Dans Hpxigène raréHé, la forme et l'apparence sont meilleures, ^■couleur un peu purpurine; mais tous les caractères ^■Qt bien pâles comparativement à ceux dans l'air. ^K L'azote donne des aigrettes avec une grande facilité ^Kl^ surface positive , beaucoup plus que tout autre gaz : ^Hes sont presque toujours belles sous le rapport de la Htfme, de la lumière et de la couleur, et dans l'azote raré- ^K elles sont magnifiques, Elles surpassent les décharges ^bhs tout autre gaz pour la quantité de lumière dégagée. ^^U^t^iùv^ène^ à des prebsious ordinaires, donne une Hms belle aigrette que l'osigène, mais inférieure à celle ^n l'azote; la couleur est d'un vert gris. Dans l'hydro- ^poe raréHé, les ramifications sont très-distinctes et d'une Helle forme, mais d'une couleur pâle et d'apparence ^nuce et veloutée et nullement égale à celle de l'azote. ^Dans l'état de la plus grande raréfaction, la couleur est d'un vert gris.

O.ciile lie carbone. Les aigrettes sont plus difficiles à produire dans ce gaz, et, sous ce rapport, le contraste avec l'azole est plus grand. Elles sont en général courtes, fortes, d'une couleur verte et possèdent le caractère de l'étincelle; car en se produisant auK extrémités positive et négative, il y a souvent nu intervalle obscur entre les deux aigrettes ; en outre , le son rapide de l'étincelle qUi } produit semble indiquer que la décliafge .est soudaÎBe

i^y HK l'aigbktte Électrique.

à travers le gaz, et possède, sous ce rapport, le taractère d'une étincelle. Dans le gaz oxide de carbone i-aréfîé, les forces sont supérieures; mais la lumière est trésfaible et de couleur grise.

Le gaz acide carbonique produit une aigrette trèsfaible à des pressions ordinaires , sous le rapport de I étendue, de la lumière et de la couleur. Dans l'acide carbonique raréfie , l'aigrette présente une meilleure forme; mais la lumière est faible et d'un vert pourpre assez faible, qui varie selon la pression et d'autres circonstances.

Gtiz liydivchlorifjiie. Il est très -difficile d'obtenir Tiiigrelte dans ce gaz à des pressions ordinaires. En augmentant graduellement la distance des bouts arrondis, les étincelles cessent tout à coup, quand l'intervalle est d'environ deux centimètres, et la décharge qui a lieu à travers le gaz est silencieuse et obscure. Quelquefois on peut obtenir, pendant quelques instants, une aigrette très^ courte, mais elle disparaît de nouveau très-rapidement- 1/(33. En résumé, nous voyons que dans le gaz hydrochlorîque l'aigrelle est difficile à obtenir, et qu'il y a pi-esque une décharge obscure , participant de la rapidité d'action de l'étincelle; que dans l'azote, l'étincelle change rapidement son caractère en celui d'une aigrette; qoc dans le gaz acide caibonique, il paraît facile de produire l'étincelle de décharge , tandis que ce gaz diffère de l'azoto par la facilité quepossède ce dernrfirde former des aigrettes, et de l'acide hydrochlorique par la facilité de continuer l'étincelle. Ces différences viennent à l'appui d« observations déjà faites sur l'étincelle dans différents gaz, et des conséquences que l'on peut en déduire relativement au rapport des forces électriques avec la matière. Le caractère de l'azote, par rapport à la décharge électrique, doit avoir une influence importante sur la forme et même la présence de la lumière. Ce ga2 produisant plus rapidement les coruscations au moyen desquelles il étend la décharge à une plus grande distance que 1« autres gaz, il pourraitse faire, comme le pense M. Faraday

CHAPITEE X. l4g

n'en raison de sa présence dans l'air , dont il forme les ■atre cinquièmes, le pouvoir qu'il possède ait un rapbrt particulier avec son usage électrique dans la nature. LvNous voyons aussi que, dans tous les gaz les diverses

(charges de rupture peuvent se rattacher les unes aux ptres, de telle manière qu'on les suit graduellement,

land elles passent de l'une à l'autre, depuis l'étincelle 1 la lueur, et même jusqu'à un état plus éloigné

Icore, qu'on peut appeler décharge obscure dont je pari ci-après; on reconnaît en même temps que chaque

fcharge possède un caractère spécifique pendant tout ktenips qu'elle prédomine,

. Diffcri'iice de décharge aux surfaces conductrices positive et négative.

i434- Il y a une différence très-frappante quand ^observe l'aigrette de décharge dans l'air aux surfaces tsitive et négative : c'est un fait établi depuis longtemps, ■intelligence de celte différence est de la dernière im- »-tance, poiu- la physique électrique, puisqu'elle ne jut manquer de jeter un grand jour touchant l'action jpléculaire des diélectriques sur les phénomènes d'iniction.

I On disait jadis qu'une pointe chargée positivement don-

ftitdes aigrettes dans l'air, tandisque laniétnepoiutechar-

' ilivement donnait une étoile ou point lumineux;

pis si des pointes métalliques s'avancent dans l'air libre,

br lumière positive et négative diffère très-peu en appa-

iTce, et l'on ne peut observer entre elles une différence

l'après un examen attentif. L'effet varie beaucoup

nvant diverses circonstances. On peut établir ainsi le

t\ si l'on se sert d'un fd métallique avec une extrémité

■ondie dans l'air libre pour produire l'aigrette de Aé-

large, alors les aigrettes obtenues quand le fil est

chargé négativement sont très-faibles et très-petites en

comparaison de celles qui sontproduites quand la décharge

est petite. Si l'on considère une grande balle de métal en

tSi» RIFF. DR DÉCH. ADX SDRF. COND. POSIT. ET KÉG.

rapport aveo la machine électrique qui lu! fournit it l'élerlricité positive, et qu'on en approche graduellemenl une pointe non isolée, on voit sur celle-ci, quand elle est à une grande distance, une étoile qui , devenant plus brillante, ne change pas de forme jusqu'à ce qu'elle soit tout près de la balle ; si la balle est chargée négative* ment, la pointe, à une distance considérable, présente une étoile comme précédemment; mais quand on la rapproche jusqu'à la distance de quelques centimètres, il se forme une aigrette qui s'étend, et quand elle est encore plus près, à trois ou quatre millimètres, cette aigrette cesse et il passe des étincelles brillantes. Cet effets présentent toule la série des différences, et ils semblent montrer à la fois que la surface négatin tend à conserver, sans changement, son caractèfS de décharge, tandis que la surface positive , dant de pareilles circonstances, admet de grandes variatians.

1435, Quand les aigrettes négative et positive dittincles sont produites simultanément dans l'air, la prer mière a presque toujours une forme contractée, ayant beaucoup de ressemblance avec la forme que présents l'aigrette positive elle-même, quand elle est inHuencée par le voisinage latéral des parties positives agissant par induction. Ainsi une aigrette sortant dune pointe dans l'angle rentrant d'un conducteur positif, a la forme comprimée, fîg. 60. Le caractère de l'aigrette négative n'est pas affecté par la nature chimique des subtances des conducteurs, mais seulement par leur pouvoir plus ou moins conducteur.

La raréfaction de l'air ordinaire autour d'une balle négative ou d'une pointe émoussée facilite le dévelofh pement de l'aigrette négative, l'effet paraît plus grand que dans l'aigrette positive. Dans l'air, la supériorité dc l'aigrette positive est bien connue; dans l'azote, elle est aussi grande et même plus que dans l'air. Dans l'Iijdrogène, l'aigrette positive perd une partie de sa supériorité, GE|r elle n'est pas aussi mai'quée que dans l'azote et c l'air, taudis que l'aigrette négative ne paraît ]

Page 1