‹ Traite experimental de l'electricite et du magnetisme, et de leurs rapports avec les phenomenes naturelsChapitre 262 sur 327 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

tre et de la météorologie que la géographie physique doit un accroissement considérable de connaissances aux tentatives faites récemment pour déterminer la forme du détroit ou passage du Nord-Ouest. Elle en doit aussi aux périlleuses explorations des côtes glacées d’Asie par les capitaines Wrangel, Lütke et Anjou. Pendant le cours de ces nobles efforts, une impulsion inattendue a été donnée aux sciences physiques. Une partie de la philosophie naturelle, dont les progrès théoriques avaient été si lents depuis deux siècles , a jeté un vif éclat et fécondé d’autres sciences. Tel a été l’effet des grandes découvertes d’üersted, Arago, Ampère, Seebeck et Faraday, sur la nature des forces électro- magnétiques. Excités par ce concours de talents et de travaux ingénieux, trois savadts voyageurs, MM. Hansteen, Due et Adolphe Erraan , ont exploré dans toute l’immense étendue de l’Asie boréale , par la réunion heureuse de moyens astronomiques et physiques très-exacts, presque pour uqe même époque, la trace des courbes isoclines, isogODa$.eti^dynamiques. En parlant de ce grand travail que M. Hansteen avait conçu et proposé depuis longtemps, je devrais peut-être passer sous silence les observations d’ipclinaisoD magnétique qüe j’ai faites sur la frontière peu usitée de la Dzoungarie chinoise et sur les bords de la mer Caspienne; observations publiées dans le deuxième volume de mes Fragments asiatiques. Mon savant compatriote, M. Adolphe Erman, embarqué au Kamtschatka et retournant en Europe par le cap Hpi'n, a eu le rare avantage de continuer, pendant une longue navigation , la mesure des trois manifestations du magnétisme terrestre à la surface du globe. Il a pu employer les mêmes instruments et les mêmes méthodes qui lui avaient servi de Berlin à l’embouchure de l’Obi, et 4e pette embouchure à la mer d’Okhotsk.

Ce qui caractérise notre époque, dans un temps mar-

3ué par de grandes découvertes d’optique , d’électricité et e magnétisme, c’est la possibilité de lier les phénomènes pfut la généralisation de lois empiriques , c’est je

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secours mutuel que se rendent des sciences restées longtemps isolées. Aujourd’hui, de simples observations de déclinaison horaire ou d’intensité magnétique, faites simultanément dairs des endroits très-éloignés les uns des autres, nous révèlent, pour ainsi dire, ce qui se passe à . de grandes profondeurs dans l’intérieur* de notre planète, ou dans les régions supérieures de l’atmosphère. Ces émanations lumineuses, ces explosions polaires qui accompagnent l’orage magnétique, semblent succéder à de grands changements qu’éprouve la tension habituelle ou moyenne du magnétisme terrestre.

Il serait d’un vif intérêt pour l’avancement des sciences mathématiques et physiques, que sous votre présidence, Monseigneur, et sous vos auspices, la Société royale de Londres, à laquelle Je me fais gloire d’appartenir depuis vingt ans, voulût bien exercer sa puissante influence en étendant la ligne cC observations simultanées , et en fondant Aei stations magnétiques permanentes soit dans la région des tropiques, des deux côtés de l’équateur magnétique dont la proximité diminue nécessairement l’amplitude des déclinaisons horaires, soit dans les hautes latitudes de l’hémisphère austral et au Canada. J’ose proposer ce dernier point, parce que les observations de déclinaisons horaires faites dans la vaste étendue des États-Unis sont encore très-rares. Celles de Salem (de 1810), qui ont été calculées par M. Bowditch et comparées par M. Arago aux observations de Cassini, Gilpin et Beaufoy, méritent cependant beaucoup d’éloges. Elles pourront guider les observateurs du Canada pour examiner si , contrairement à ce qui arrive dans l’Europe occidentale, la déclinaison n’y diminue pas dans l’intervalle entre l’équinoxe *du printemps et le solstice d’été. Dans un mémoire que j’ai publié, il y a cinq ans, j’ai désigné, comme stations magnétiques extrêmement favorables pour les progrès de nos connaissances: la Nouvelle-Hollande, Ceylan , l’ile Mauritius, le cap de Bonne-Espérance (illustré de ngiiveau par les travaux do sir John Herschei), l’île

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