LETTRE DE M. DE HDMBOLDT
OU points d’intei’section des équateurs magnétique et terrestre, les changements de forme dans les lignes isogones et isodyiiamiques, l’influence qu’exercent indubitablement la configuration et l’articulation des continents sur la marche lente ou accélérée de ces courbes. Heureux si les essais isolés des voyageurs, dont il m’appartient de plaider la cause, ont contribué à vivifier un genre de recherches qui est l’ouvrage des siècles, et qui exige à la fois lè concours de beaucoup d’observateurs distribués d’après un plan mûrement discuté, et une direction qui émane de plusieurs grands centres scientifiques de l’Europe. Cette direction ne se renfermera pas et pour toujours dans le cercle étroit des mêmes instructions ; elle saura les varier librement d’après l’état progressif des connaissances physiques et les perfectionnements apportés aux instruments et aux méthodes d’observation.
En suppliant Votre Altesse royale de daigner communiquer cette lettre à la Société royale qu’elle préside, il ne m’appartient aucunement d’examiner quelles sont les stations magnétiques qui méritent la préférence pour le moment , et que les circonstances locales permettent d’établir. H me suffit d’avoir réclamé le concours de la Société royale de Londres pour donner une nouvelle vie à une entreprise utile et dont je m’occupe depuis un grand nombre d’années. J’ose simplement hasarder le yçBU que dans le cas où ma proposition serait accueillie avec indulgence, la Société royale voulût bien entrer directement en communication avec la Société royale de Gœttingue , l’Institut royal de France et P Académie impériale de Russie , pour adopter les mesures les plus propres à combiner ce que l’on projette d’établir avec ce qui existe déjà sur une étendue de surface assez considérable. Peut-être voudra-t-on aussi se concerter d’avance sur la publication des observations partielles et ( si le calcul n’exige pas trop de temps et ne retarde pas trop les communications) sur la publication des résultats moyens, (j’ est un des heureux effets de la civilisa-