CHAPITRE PREMIER
PREMIÈRES THÉORIES MATHÉMATIQUES DES PHÉNOMÈNES MAGNÉTIQUES TERRESTRES,
Les anciennes théories regardaient la terre comme un véritable aimant agissant h distance; mais quelques mathématiciens les ont considérées comme défectueuses en ce que, au lieu de déterminer ù posteriori, à l’aide . des observations, quelle aurait dû être la grandeur réelle de l’aimant auquel ces théories comparaient la terre, elles donnent, a priori, à cet aimant une forme et une position particulières, examinant ensuite si l’hypothèse s’accorde avec les faits. Néanmoins cette méthode peut conduire à la solution de la question, si tous les faits peuvent être exactement représentés par des formules.
La plus simple des théories de ce genre est celle qui admet un seul aimant infiniment petit, placé au centre de la terre, ce qui revient à supposer que les forces magnétiques sont tellement distribuées dans toute la masse de la terre; que la résultante de toutes leurs actions peut être représentée par l’action de cet aimant central infiniment petit, de même que l’attraction exercée par un globe homogène est la même que si toute sa masse était réunie <à son centre. Suivant cette hypothèse, l’axe du petit aimant étant prolongé, coupe la surface de la terre en deux points qu’on nomme pôles magnétiques. A ces points, l’aiguille d’inclinaison est verticale et l’intensité magnétique est à son maximum. D’après cette même théorie, le grand cercle perpendiculaire à la ligne des
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f)ôles est VéqiuUeur magnétique , courbe formée de tous es points où l’inclinaisoa est nulle, et où rintenslté magnétique est moitié de ce qu’elle est au pôle ; entre l’équateur et le pôle, l’incrmaison et l’intensité magnétiques dépendent uniquement de la distance du point que l’on considère à l’équateur, ou de la latitude magnétique de - ce point , latitude qui n’a pu être définie que lorsque M. Duperréy eut indiqué les moyens de tracer les méridiens magnétiques; avant lui, cette latitude étant comptée sur des grands cercles , il s’ensuivait des erreurs graves dans les évaluations. 11 résultait encore de la théorie dont nous parlons, que l’aiguille horizontale, en un point quelconque, coïncidait toujours en direction avec l’arc de grand cercle mené de ce point au pôle magnétique situé vers le pôle nord ou le pôle sud , suivant que l’on se ttouvait dans l’hémisphère septentrional ou l’hémisphère boréal : l’observation n’a pas sanctionné toutes ces déductions , comme on l’a pu voir précédemment.
Tobie Mayer, il y a près de 8o ans, s’empara de cette hypothèse et la soumit au calcul; il supposa que le petit aimant coïncidait, non avec le centre de la terre, mats avec un point situé à une distance de ce ceutre égale au septième du rayon terrestre; il en déduisit, par le calcul, des inclinaisons, des déclinaisons, qui s’accordaient avec les observations, pour un petit nombr^ de lieux seulement. Sa théorie était défectueuse pour toutes les autres localités.
M. Hansteen fit plus, il substitua à l’action magnétique de la terre celle de deux aimants, différant totalement de position et d’intensité. Mais lorsqu’il voulut comparer sa théorie avec les observations faites en 48 lieux différents, les trois éléments calculés ne s’accordèrent que six fois avec les éléments observés; il trouva même dans les inclinaisons des différences qui allaient jusqu’à i3°.
M. fiiot, sans avoir connaissance des recherches ana- « lyûques de Tobie Mayer, partit de la mépie hypothèse
que lui, et parvint à découvrir une loi entre la latitude