CHAPITRE VIII
PE LA DÉTEB3IINATI0N PE L’I^TÇ^'!$^'4 A^SPI^VIS.
§ I". Premières recherches.
On sentait depuis longtemps le besoin de pouvoir vérifier, à une épo<|ue quelconque, si la résultante des forces magnétiques terrestres en différents points du globe, éprouvait ou non des changements dans la suite des âges, c’est-à-dire, si la valeur de cette résultante, déterminée aujourd’hui, serait la meme dans plusieurs siècles.
Si l’on pouvait construire des aiguilles parfaitement identiques qui prissent constamment la même quantité de magnétisme , la question ne présenterait aucune difficulté à résoudre, puisqu’il suffirait de faire osciller la même aiguille, dans le même lieu, à la même heure, et au même jour de l’année. Mais cette permanence de l’état magnétique dans une même aiguille ne peut être stable, en raison des différences de température qui modifient sa trempe, et par suite son degré d’aimantation. Forcé de renoncer à des méthodes directes pour étudier une des questions les plus importantes de la physique terrestre, on a dû recourir à des méthodes indirectes qui présentaient toutes d’abord plus ou moins dq difficultés dans l’application.
La première méthode indirecte qui ait été proposée aux expérimentateurs est due à notre célèbre mathématicien M. Poisson. Elle n’exige que l’emploi d’aiguilles
PHKHIÈHES RECHERCHES.
identiques , sous le rapport de leur constitution et de leur magnétisme, et nullement une valeur déterminée de l’aimantation qu’on leur a donnée. M. Poisson a commencé par démontrer qu’il existe une fonction de sept quantités dont la valeur ne dépend pas des aiguilles employées , mais seulement du magnétisme terrestre. Cette valeur, à la vérité, ne peut être obtenue que par approximation ; mais comme on peut la calculer à tel de^ré que l’on veut, il en résulte que l’on diminue à volonté les erreurs de l’expérience. Pour se procurer ces sept quantités,'' M. Poisson a proposé de faire osciller séparément deux aiguilles d’acier aimantées à saturation et librement suspendues par leur centre de gravité; de déterminer le temps de chacune de leurs oscillations, et de placer ensuite les centres de gravité des deux aiguilles sur une même ligne droite, parallèle à la force directrice du globe ; alors ces deuxaiguillessedirigcntsuivantcette ligne; puis on fait osciller successivement chacune de ces aiguilles, sous les actions réunies de la terreetderaiguilleaimantéc en repos, en déterminant également la durée de chacune des nouvelles oscillations. Enfin , on mesure la distance des centres de gravité de ces deux aiguilles et leurs moments d’inertie rapportés à leur axe de rotation passant par ces mêmes points. Les résultats fournis par toutes ces expériences suffisent pour calculer la valeur de la fonction à une époque déterminée.
Il suffit, pour appliquer cette méthode, que l’aimantation des aiguilles ne change pas pendant la durée de l’expérience par leur action mutuelle et par celle de la terre; conditions faciles à remplir, en opérant avec des aiguilles dans lesquelles la force coercitive soit peu considérable.
La nature de cet ouvrage ne me permettant pas d’entrer dans aucun détail analytique touchant la méthode que je viens d’indiquer pour obtenir l’intensité absolue du magnétisme terrestre, à une époque quelconque, je me bornerai seulement à une simple indication analytique <|ui fera connaître l’esprit de cette méthode.