‹ Traité expérimental de magnétisme, avec portrait de l'auteur et figures dansChapitre 10 sur 25 · MA.UNËTISME DES ODEURS · texte numérisé non relu

MA.UNËTISME DES ODEURS

L'odeur est une sensation particulière, agréable \ ou désagréable, produite sur le sens olfactif par

■ les émanations odorilérantes des corps. Le par-

■ fum eat une odeur ; mais il désigne ordinairement une odeur fine, suave, délicieuse.

On pensait autrefois que les principes odMrants étaient des matières impondérables agissant sur le sens olfactif comme la lumière affit sur la vue et le son sur l'ouïe; mais il est à peu prés démon, tré aujourd'hui qu'ils sont dûs à des particules gazeuses ou solides émanées de la matière odoriférante et arrivées au contact de la membrane olfactive. Néanmoins les savanis ne sont pas tous d'accord sur la nature des odeurs, qui présentent certaines analogies avec les effluves magnétiques. La chaleur exerce une action très appréciable sur les odeurs en volatilisant les principes odorants contenus dans le corps. L'aloès acquiert

plus d'o<feur qmiïd on". le Ik-oie ; certiaiiïà^ ÊcPfe, qmii paraissent dépourvu» d'odeur, en acGOQiièïî«at locaqu'on les toum©;.. B^n^ cB' cïtef-, le mou.Teïii'ent s'est- tïaiistormé en chaleur et la chaleur au déterminé la volatilisation du principe odorant-

Presque tous les êtres vivants exhaleïlitf Une odeur plus ou moins forte, agréable ouidiêsa gréable, selon les espèces ; mais qui varie peu dans chaque espèce d'un individu à Tautre. L'agent magnétique parai t^ ménage ne pas être entièrement dépourvu de principe odorant. Dans le 1. 1 de soïi^ Eisioire crilique eu Magnétisme^ Déieuze affirme que «le 11 aide magnétique a une odeur agréable à quelques somsnambules.)) Cette faculté de percevoir l'âge n-b maginétiiqjuie par le* sens oIh f actif, est certainememt peu répandue } ea» j© ne lai observée qu'avec une seule personne, une malade, qui la possédait, à un très haut degré.-

Les parfums déterminent, chez, nous des sen^ sations: variables d'un individu, à l'autre, mais constantes cliez le mêma individu.. Les animauxne sont' pas étrcingers à ces. sensations. On connais l'action de la valériane sur le chat;, et tous lesphysiologistes affirment que c'est le sens, de l'odorat qui gu) le le chien à la* lecherche: de son maître ou à la oursuite du. gibier.

Chaque fleur i^ossède son odeur particulière, légère, fugace, chez les unes et impressionnant à peine; forte et pénétrante chez les autres et déterminant plus ou moins rapidement une excitation

nerveuse. Certains parfums peu développés,, comme ceux de la violette, sont à i^eine perçus par certaines personnes, tandis que d'autres les perçoivent très vivement. On observe même des perversions assez inexpliquables . Guy Palin parle d'un médecin que le parfum de réséda faisait tomber en syncope, et l'on dit que Louis XIV ne pouvait supporter celui de la ros€. Beaucoup de femmes nerveuses, surtout pendant la grossesse, sont suffoquées par tel ou tel parfum excjuis,tandls qu'elles préfèrent une odeur qui u a rien d'agréable au reste des humains.

La verveine, le thym, la menthe, exercent ditK)a une action stimulante suc le cervaau; le- romarin aacailîla propriété de fortifiier l'esprit et de déve-lopper lai mémoire. Oia lui attiribuait aussi celle de conserver la jetmease et lai beauté. La reine Elisabeth de Hongrie', qui employait à sa toilette l'eau-d» romarin conserva', n©ai« dit la légende-, sttvbeauté jusqu'à l'âge 1© plus' at^ancé. A 70' ans elle était encore tellement belle qia'ua jeune priiajee en. d^evint éperdûment amoureuT, demanda sa main et l'épousa. Certaines OdeuT» fines et un peu fadfes, comme cell »s du lilas, dti' lys, du jasmin, de la jascinthe, du- narcisse- de' la tubéreuse, prGdtii'sent au contraire une certaine langiienr du corps et de l'esprit, en même temps qirellesportent à l'érotisme. Il paraît qne c'est pour ert* dormir les femmes dans l'esclavage du harem

que les orientaux lui font une atmosphère pénétrante des plus voluptueuses odeurs.

Mais, si les odeurs les plus exquises peuvent nous exciter jusqu'à déterminer une véritable ivresse des sens,elles causent fréquemment,surtout quand elles sont concentrées, des migraines, dés nausées, des syncopes, et les cas de mort dûs à leur action délétère, se comptent par milliers.

Puisque les odeurs exercent une action agréable ou désagréable, utile ou nuisible àc l'organisme, il est probable que si cette action était bien connue, on pourrait l'employer utilement en thérapeutique. Montaigne s'est exprimé à ce sujet d'une façon précise : «Les médecins, dit-il, pourraient tirer des odeurs plus d'usage qu'ils ne font, car j'ai souvent aperçu qu'elles me changent et agissent mes esprits, suivant qu'elles sont; qui méfait éprouver ce que l'on dit de l'invention desen<îens et parfums aux églises, si ancienne et si espandue en toute nation et religion, regarde à cela de nous réjouir, esveiller et purifier le sang pour nous rendre plus propre à la contemplation. »

Il y a une dizaine d'années, un médecin américain, W. B. Ungerér, a fait des expériences qui tendent à démontrer que les odeurs exercent sur l'organisme une action physiologique assez grande pour devenir thérapeutique. Il affirme qu'en passant une partie de son temps dans une atmosphère parfumée, on prévient les affections des poumons et que l'on arrête le développement de la con-

somption. Sept personnes condamnées comme incurables et soumises à son traitement odoriférant, ont recouvré assez rapidement la santé. A Tappui de sa thèse, l'observateur cite la ville de Grasse, ce jardin des fleurs du midi de la France, où la consomption et la phtisie sont rares. Cette presque immunité serait due aux vapeurs odoriférantes qui s'exhalent des distilleries.

Plus récemment, un médecin italien, le docteur Joal, a étudié Faction que le parfum des fleurs exerce sur les organes de la voix, avec plusieurs catégories d'individus qui en font un usage professionnel : artistes, avocats, professeurs ; et il a reconnu que cette action est généralement mauvaise.

Cette action nocive des fleurs était depuis longtemps connue des artistes, qui n'amoncellent pas les bouquets dans leurs loges ni dans leurs appartements. Un jour, un baryton de l'Opéra, après avoir dormi près d*un énorme bouquet de lilas, se réveille avec un tel enrouement qu'il lui est impossible de chanter. Une autre fois, c'est Mme Krauss, qui, après avoir reçu une avalanche de bouquets sur la scène au 3e acte des Huguenots^ perd complètement la voix et ne peut reprendre son rôle.

L'action des odeurs sur l'organisme est évidente; et toute action peut être utile ou nuisible. Laissons aux médecins le soin d'établir la théra-

peutique des odeurs' et voyons si celles-ci n'excr*» Géraient pas une action magnétique sur les sénsitifs.

Je n'ai que très peu d'observations à citer sur l'action des odeurs. Malgré cela, il m'est démon-' tré que toutes exercent une action qui ne saurait être qu'une action magnétique, puisque les effets sont inverses' sur les deux côtés du corps. Mais cette étude est peu agréable, surtout pour le sujet ; et, d'autre partj l'expérimentation n'est pas facile.' Il est impossible d'employer le parfum provenant directement des fleurs fraichements coupées, car ccliil-ci, comme' nous le verrons au ch. XV, exercent une puissan<te . action magnétique. qui esttindépen(îa.ati0 de celle 4es odeurs qu'elles r-ép^jUdent. Il faut donc employer l'essence du^paiv. fum .,de la.iîleur.,, q.ue l'on met en très; peUtequantité jtjLans un petit tube de verre, pour plac(8r l'ouverture so.us Vmub des , narines, pendant que le sujet bouche l'autre avec un doigt. ... :•

Euprocedant.de cette. façon avec uncertaàn. nombre d'e3sences tirées du parfum des fleurs ou avec de^ corps naturellement odorants^ on constate qu'il y a des odeurs positives, et desodeurs négatives. Les premières endorment le sujet sous la narine droite, le y^aralysent sous la gauche ; tandis que les secondes l'endorment à gauche et le paralysent à'droite.

La valériane, la canelle, la lavande, le musc,

sont positifs ; Firis, le cajeput, le wenter-green (salicylate de méthyle), sont négatifs.

Indépendamment de cette action magnétique, on observe une autre action, généralement désagréable qui tient encore à la polarité du corps Kutîistin, mais qui paraît être une action médicani'énl'éùse arialôgue a celle que nous observerons êti étudiant lé Tnagnétisriiédes végétaux Ifcli. XVJ. '"G^tte action, qui varie d'îin sujet à raùtre/ est toujours à peu près là même chez le hiême sujet. On peut la résumer ainsi pour quelques odeurs,"

Le musc diminue les forces à gauche et les augmente à droite, son action n'est pas désagréable, surtout à gauche.

h'irls, qui est agréable à gauche, étourdit à

droite. ' ' ''*^ '-'*^ ^' ''^ =•

La candie détermine à droite une sorte de légèreté'assé^''agt'éa'blb*; ïe'sujèf'èst 'gai, puis méditatif,^'tën'd â F^jtt^j^é;''ef;''au -bout' d'un certain temps; l^'s'ânéartfe.^'A gauëWe f'acfion est moins agréàf>lèj m^s î^sujeSt së'V^iiîhiéV'' "■

La lavande ne produit que peu d'effet a droite, mcfeàgàcé'ëtrëhr'hiêèii^t a-'gâucl^;- '' '^'■"■''

• ' -'•••■^" • __ ..;ji: = rt*

Le ca/epw^ étourdit à droite, étourdit davantage ^encore à gauche.

' Le icenter-green^ qui produit peu d'effet àdroite, est plutôt agréable à gauche.

ha valériane détermina la tristesse, le vertige, l'humaur noire, la peur, à droite ; ces effets, qui sont encore plus énergiques è. gauche, sont souvent suivis de nausées.

Ne pensant pis trouver dans l'action magnétique des odeurs, un agent que l'on puisse utiliser en thérapeutique, je n'ai pas approfondi cette ■étude ; et si j'en fais mention ici, c'est pour montrer que l'agent magnétique se trouve partout dans la nature.

MABC-AimilLE.

JltMiia.

Tac«'^<

Page 1