I. — Acides, Bases et Oxides. — H. Dissolutions
La Chimie étudie la composition et la décomposition des corps.
On nomme combinaison l'union qui se produit entre les molécules de deux où de plusieurs corps simples pour donner lieu à un nouveau corps composé formé par de nouvelles molécules composées.
On compte 62 corps simples ; et il est probable qu'avec de plus puissants moyens d'analyse on reconnaîtrait qu'un certain nombre d'entre eux sont des corps composés. Les physiciens ont démontré Vunité des forces de la nature ; les chimistes arriveront peut-être à démontrer Vunité de la matière.
Tous les corps agissent chimiquement les uns
sur les autre.^, et le mouveraent qui les anime semble revêtir deux modalités opposées qui ne sont pas sans analogie avec celles du magnétisme et de l'électriciié : Time qui désorganise, décompoftfi-, déLruii;-; l^trtre qui organise, recompose et édifie sous des formes nouvelles. « Rien ne se crée, rien ne perd, tout se transforme )>, et la vie • prend constamment naissance dans la mort. La création est incessante ; elle n'a pas eu de commencement, elle n'aura jamais de fin, carie mouvement qui agite les mondes est éternel comme la matière. Mais si la matière est indestructible, il n'en est pas de même des formes qu'elle revêt, car nous voyons que tout se combine, change et se transforme.
Pendant que les astres poursuivent majestueusement leur course sans fin dans l'infini des cieux, des changements continuels s'opèrent dans les formes de la matière qui les composent. La mer prend la place des continents, les montagnes s'affaissent dans les vallées sous l'action désagrégeante de la pluie, de la chaleur et du froid, comme sous l'action chimique dt s rayons solaires; et les cités florissantes disparaissent, comme les civilisations, pour faire place à d'autres cités ou pour abandonner remplacement à la puissance à la fois destructive et créatrice des éléments. Nînive et Babylone présentent l'aspect d'une forêt vierge ; le serpent siffle et le lion se dresse, fier et rugissant, sur les ruines de ces
moiraments gigantesques qui furent jadis les plus beaux palais du monde. Paris afeanJonné deviendra un jour la patrie du renne et de Tours blanc ; et le phoque, ohassé des mers polaires par le froid toujours grandissant, prendra ses ébats sur les rives de la Seine.
Les larmes qui s'écoulent sur 'es joues allanguies de la femme éplorée, la sueur qui, sous Teffort musculaire et l'action de la chaleur, ruisselle du front du travailleur, comme la goutte de rosée brillant à Taurore sur l'herbe des champs, ne sont qu'un composé ^d'hydrogène et d'oxygène ayant déjà servi à la formation et à la destruction d'un nombre incalculable de corps bruts ou animés, et qui, sans trêve ni repos, serviront encore constamment de la même façon pendant toute l'éternité. L'homme lui-même est formé de la substance de ses aieux et les aliments qui lui servent de nourriture ont été maintes fois consommés sous certaines formes et ne cesseront pas de l'être encore tant que la temperature de la terre sera sufQsante pour lui permettre de vivre à sa surface.
Ne nous arrêtons pas à ces considérations spéculatives.
La fermentation et la putréfaction dégagent de la chaleur comme toutes les actions chimiques.; mais, ne faisons pas de chimie classique. Examinons seulement et le plus rapidement poasiiile
quelques phénomènes chimiques que chacun de nous peut observer, à la campagne comme à la ville, afin de nous rendre compte si, à côté de Taction calorifique de la combinaison chimique, il n'y aurait pas une action magnétique que le chimiste est encore incapable d'analyser. Jetons d'abord un coup-d'œil sur les acides, les bases et les oxydes tels que la chimie nous les prépare, pour étudier ensuite les dissolutions sous un aspect nouveau.
§ I. — Acides, Bases, Oxydes et Sels haloides
On donne le nom diacide à une classe de corps composés qui ont la propriété de rougir la teinture bleue de tournesol, de se combiner avec les bases pour former des sels et de " se rendre au pôle positif lorsqu'on soumet leurs combinaisons à l'action de la pile. Les bases ou alcalis sont également des corps composés qui ont pour caractères distinctifs de verdir le sirop de violette, de rougir la couleur jaune du curcuma, de ramener au bleu la teinture de tournesol rougie par un acide, de se combiner avec ces derniers pour former des sels et de se rendre au pôle négatif de la pile. Un oxyde est un corps résultant de la combinaison de l'oxygène avec un élément ou avec un radical composé qui n'exerce aucune action sur la teinture de tournesol.
N'analysons pas ces corps, c'est de la chimie •classique, et nous n'en faisons pas; examinons seulement Faction qu'ils peuvent exercer par le contact sur un sujet sensitif.
I. — Mettons dans des Jûacons de verre semblables, bien bouchés et soigneusement enveloppés de la môme façon, afin que nous ne puissions pas les reconnaître extérieurement, un certain nombre d'acides — acide sulfurique, nitrique, borique, chlorhydrique, cyanhydrique, tartrique, acétique, etc., du vinaigre même — et un même nombre de bases — ammoniaque, soude, bi-carbonate de soude, chaux, potasse, etc. — ; et prions le sujet de toucher pendant un certain ' temps les flacons mêlés les uns avec les autres, pour se lendre compte si le contenu n'exercerait pas sur lui une action appréciable. En efifet, il constate bientôt que chaque flacon détermine chez lui une sensation qui n'est pas la même aux deux mains. Dans l'une, c'est de la fraîcheur, et le contact prolongé diminue l'activité de la main et du bras jusqu'à la paralysie ; tandis que dans l'autre, c'est de la chaleur et une augmentation de l'activité qui est bientôt suivie de contracture. Et, chose assez remarquable, tous les flacons n'exercent pas la même action dans la même main. Il en est qui contracturent à droite et paralysent à gauche, tandis que d'autres exercent une action opposée : ils contracturent à gau-
che et paralysent à droite. Ceux qui produisent de la contracture ,à droite repoussent et endormeat.le sujet au front, raltirent, Le réveilLent et le paralysent à la nuque.; ceux qui contracturent à gauche, attirent et paralysent au front, tandis qu'ils repoussent et endorment àia nuque. Il y a donc des flacons ^m agissent coimm« s'îk étaient pasitifs, tandis que d'autres agissent comme s^ls étaient ûégatife.
II. — Prion€ile sujet de .ranger tous les flacons de l'expérience précédente en deux catégories : d'un côté ceux qui coatracturent à droite ; dô l'autre côté, ceux qui contrajcturent à gauche; et lîopération terminé^, développons les flacons pour vérifier le résultat de l'expérience. Ceux qui ne sont pas familiarisés avec Texquise- délicatesse des sensations des sensitifs seront très étonnés de voir tous les .acides d'un côté et toutes les i)ases de l'autre ; ,at .chose fort .remarquable^, qui .fait observer l'analogie la plus complète entre toutes les actions .magnétiques, .ce sont les acides qui -con trac turent à droite et paralysent à gauche, repoussent et endorment au front, attirent et paralysent à la nuque ; tandis que les bases déterminent des eiïets inverses sur les mêmes parties du corps.
Ces deux séries d'expériences nous démontrent donc jusqu'à l'évidence que les acides sont pjositifs et les bases négatives.
III. — Il n'est pas nécessaire de tenir les .flacons à la main pour obtenir les effets que nous veneiis de constater. L'action des substances enfermées dans les flacons n'est pas limitée aux cantooirs de ceux-ci ; mais elle rayonne autour d'eux jusqu'à une certaine distance. Gomma nous le verrons au chap. XVI, tous les corps sont animés d'un mouvement vibratoire quelconque inconnu dans sa nature, et ce mouvement constitue Fagent magnétiqne. Il se propage par ondulations à travers les parois du verre et s'étend au-delà, dans un certain rayon pour former le champ d'action du corps, champ dans lequel peuvent se produire, plus ou moins rapidement, tous les phénomènes que nous venons d'observer. Cette hypotJièse se vérifie à l'expérience. Pour cela, prions le sujet d'approcher ses mains à 2 on 3 centimètres des flacons^ sans les toucher, et nous verrons que. tous les acides contracturent à dî^ite en paralysant à gauche ; tandis que toutes les bases contracturent à gauche et paralysent à droite. Ces effets se vérifient sur toutes les parties du corps, et se produisent comme lorsque le sujet tient les flacons dans la main ; mais on pranarque qu'ils «e produisent avec d'autant morns d'énergie que la distance est plus grande. Ce phénomène nous montro donc que les ondulations magnétiques vont ens'affaiblissant au fur et à mesure qu'elles s'éloignent dos corps oii elles prennent naissance.
IV. — Plaçons les flacons renfermant les acides dans un vase quelconque et les flacons de bases dans un autre semblable, puis remplissons les vases avec de Teau jusqu'au niveau des flacons ; et au bout de 15 à 20 minutes, prions le sujet de déguster l'eau des deux vases. L*çau du vase aux flacons d'acides lui paraîtra acidulée, fraîche, agréable et il la boira avec satisfaction ; tandis que celle du vase dans lequel baignent les bases lui semblera alcaline, tiède, fade, désagréable et il ne la boirait qu'avec répugnance.
L'eau des vases est donc saturée ; ou pour mieux 'dire, les vibrations des corps qu'elle baignait s'y sont emmagasinées . Il y a là une action magnétique et non une action chimique, car aucune réaction ne se produit en la soumettant aux divers réactifs que le chimiste peut employer. Si l'eau était chimiquement pure avant l'expérience, elle sera chimiquement pure après. Pourtant, l'action magnétique est évidente. Constatons-là encore d'une autre façon.
V. — Si le sujet plonge sa main droite dans l'eau du vase qui a baigné les acides, l'eau paraîtra tiède et la main se contracturera ; tandis qu'à la gauche, elle paraîtra fraîche, et ce seradelaparalysie. Des effets inverses auront lieu dans l'eau où les bases auront été plongées : elle paraîtra tiède à gauche et déterminera de la contracture ;
elle sera fraîche à droite et donnera lieu à la paralysie.
Vi. — Pendant que les flacons de Texp. IV Kaignent -dans Teau^ si nous plaçons l'extrémité d'un fil métallique dans Teau de chaque vase? nous constaterons à l'autre extrémité que l'action se transmet par les fils comme l'électricité dynamique. Si le sujet tient les fils dans les mains en position isonome, il est rapidement contracture et endormi ; s'il les tient au contraire en position hétéronome, il est aussi rapidement paralysé. Pour rendre cette évidence plus grande encore, faisons passer les deux fils conducteurs par l'inverseur qui sert à clianger le sens du courant de la pile, et nous verrons qu'à chaque fois que les actions changent de fil, la nature des effets change chez le sujet.
VII. — Si, réunissant les deux flls pour en faire un seul conducteur, nous plaçons l'extrémité libre sur une partie quelcohque du corps du sujet, nous voyons celui-ci passer successivement, et dans des temps à peu près égaux, par des alternatives de sommeil et de réveil, de contracture et de paralysie, tant que l'autre extrémité plonge dans le liquide.
Ici, les phénomènes sont encore les mêmes que ceux qui sont déterminés par l'action réunie des deux modalités de tous les agents que nous avons
étudiés ; et, d'autre pnrt, nous voyons qu'au point de vue magnétique, les acides sont positifs et les bases nf'gatives.
Les oxydes qui, en chimie, sont des corps neutres, puisqu'ils ne sont ni acides ni alcalins, ne sont pas du tout neutres au point de vue magnétique ; mais ils ne donnjent pas lieu aux phénomènes observés dans l'action réunie des deux modalités opposées de l'agent magnétique. Ils sont pres(iue tous positifs; c'est-à-dire qu'ils exercent une action analogue à celle des acides.
Les sels haloïdes sont négatifs.
§ IL — Dissolutions
Nous n'examinerons pas les innombrables transformations que les corps subissent les uns avec autres, car la plupart de ces opérations sont audessus de la portée du plus grand nombre d'entre nous. Jetons seulement un rapide coup-d'œil sur guehiues dissolutions.
Un grand nombre de substances solides se li<iuéfient et disparaissent dans la masse liquide en formant un tout homogène. On donne le nom de dissolution à l'aecomplissement de cette transformation, aussi bien qu'au liquide qui en résulte. La dissolution du sel et du sucre dans l'eau sont des opérations chimiques connues de tout le monde. Tous les corps dissous ne forment pas
avec le liquide dissolvant un tout homogène ; les uns donnent naissance à des précipités, d'autres ae comportent autrement. La dissolution ne chanjge que r-état des corps en séparant leurs molécules les unes des autres ; et en soumettant le liquiae à certaines opérations, à révaporation7 par jesemple, on les retrouve en poudre fine ,au tond du vase.
N'allons pas jusgue-là,; voyons seulemeat j&i, pfiodant qu'un corps &e dissoui^il ne se dégagerait pas un ajgent analpgue à celui que nous avons déjà observé ^avac tous les .agents de la nature-
I. — En jetaTit UTïe plaque de métal dans u»n vase de -veTre, de terre ou de porcelaine contenant de l'acide sulîurique étendu d'eau, nous constatons que pendaut que les -molécules du métsul se 'désagrègent sous l'action eorrosive du liquide^ îl se produit une élévation de la 'température qui peut aller jusqu'à l'ébuBition. Pendant cette opération, BÎ le soj0t me* sa main droite à 20 (Sm 30 centimètres au-dessus du vase, il éprouve .UKe sensation de chaleur 'désagréable et la main est repoussée ; qu'il y place la gauche, la sensation change de nature, c'est une fraicheur agréable et ,1a main est attirée vers le vase.
Il y aurait donc dans cette opération chimique, a côté de la chaleur, une action qui agit sur le sujet comme toute modalité magnétique positive.
H. — Jetons un moncaBau de chaux vive danfs
un vase quelconque à demi rempli d*eau. La chaux se dissout et élève la température du liquide, comme dans Texpérience précédente. Si un sujet sensitif place ses mains au-dessus du vase, il éprouve les mêmes sensations.
III. — Dans les deux expériences précédentes, on observe une élévation assez considérable de la température ; mais il nous est déjà démontré que ce n'est pas la chaleur qui agit. Pour nous en rendre compte mieux encore, employons une substance qui ne développe pas de chaleur appréciable au contact. Pour cela, jetons dans un j verre d'eau une poignée de sel ou quelques mor- i ceaux de sucre ; et prions le sujet de placer ses ; mains à quelques centimètres au-dessus du verre, ou mieux encore de le tenir à la main. Quoique moins énergiques, des effets analogues aux précédents se produisent : la main droite éprouve une sensation de chaleur désagréable, tandis que la gauche perçoit au contraire de la fraîcheur agréable ; et ces actions ont lieu tant que dure l'opération de la dissolution.
IV. — Pour faire de la chimie pratique, quoique plus savante que celle des expériences précô< dentés, prenons une bouteille d'eau sucrée et légèrement acidulée pour faire de la limonade ga- ^ zeuse. Versons dedans la quantité suffisante d'acide tartrique, puis du bicarbonate de soude, et j
bouchons immédiatement. Si le sujet tient la bouteille dans la main droite, elle lui paraîtra chaude el la main sera contracturée ; s'il la tient dans la gauche, elle lui semblera très fraîche, et la paralysie surviendra rapidement.
V. — Prenons deux verres à demi-remplis â'eau, déposons l'un d'eux sur la table comme témoin et plaçons l'autre dans un vase quelconque que nous remplirons d'eau jusque vers les deux tiers de la hauteur du verre; puis, jetons dans le récipient extérieur soit du potassium, de la chaux, un mélange d'acide tartrique et de bicarbonate de soude, quelques morceaux de sucre ou simplement une poignée de sel marin. Au bout de quelques instants, prionsle sujet de déguster l'eau d u verre plongé dans ' le vase et de la comparer avec celle qui est restée sur la table comme témoin de l'expérience. L'eau du premier verre lui paraîtra acidulée, fraîche, agréable, et il la boira avec satisfaction ; tandis que celle du second n'aura pas de saveur spéciale et lui paraîtra moins fraîche, moins agréable.
Si 1b sujet plonge les mains dans le verre ayant séjourné dans le vase pendant la décoraposili on ou la dissolution des corps que Tony avait placés, il n'éprouvera pas tes mSmes sensations àchacu ne d'elles ; à droite ce sera de la chaleur, et la main sera contracturée sur le verre ; à gauche, ce sera de la fraîcheur ; mais, bientôt, le verre
s'échappara de la main, car celle-ci sera paralysée. L'autre verre ne produira rien de semblable à. l'une ni à l'autre main.
Si on donne l'eau des de^x verres à un chirniste pour les soumettre à l'analyse, il la trouvera chimiquement la même dans les deux verres. Pourtant, il est bien évident qu'il y a ([uelque chose dans l'un deux ; mais ce quelque ciiose n'est autre que l'agent magnéti(iue développé par la vibration des corps en dissolution ; et la science ne connaît pas encore le réactif capalde d'accuser sa présence.
VI. — Dans le vase de l'une des expériences précédentes, plaçons rextrémilé d'une tige quelcorifjue, soit de bois, de fer, de verre, ou mieux encore, d'un lil métalH([ue pour conduire l'actiou à distance. Les effets seront analogues à ceux des précédents; et l'on pourra les obtenir sur toutes les parties du corps. Le sujet sera contracture à droite, repoussé et endormi au front; pnralyso à gauche, réveillé, puis attiré et paralysé à la nuque.
On remarquera que l'on ne trouve ici qu'une amodalité, la modalité positive de l'agent magnéiique,qui prend naissance dans les décompositions des corps. Où se trouve la modalité négative ? — Je n'ai pas multiplié assez ces expériences pour la trouver ; mais tout me porte à admettre qu'elle ■existe. Peut-être le m^ignétisme de certaines ao-
lions chimiques est-il soumis au magnétisme terrestre, comme celui des ondes sonores. Je laisse à d'autres le soin de combler cette lacune.
La présence de l'agent magnétique nous est donc suffisamment révélée dans quelques actions chimiques- On peut étendre les expériences aux innombrables transformations de tous les corps, et Ton aura bientôt la certitude que la distillation, la fermentation, la putréfaction, comme toutes les combinaisons chimiques, donnent naissance à un agent physique inconnu qui ne saurait être que l'agent magnétique.
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