‹ Traité expérimental de magnétisme, avec portrait de l'auteur et figures dansChapitre 11 sur 25 · MAGNÉTISME DES ANIMA.UX · texte numérisé non relu

MAGNÉTISME DES ANIMA.UX

(Zoothérapie). — I. Polarité des animaux vivants. — II. Polarité des animaux morts.

Les animauco sont nos auxiliaires naturels, nos domestiques, nos amis ; un disciple de Darwin, dirait même qu'ils sont nos frères en humanité. Nous avons sur eux une influence incontestable, et le magnétisme entre pour beaucoup dans cette action. La fascination ou influence magnétique du regard, joue à elle seule un rôle considérablement plus grand dans l'art du dompteur que tous les autres artifices qu'il emploie pour soumettre les fauves.

L'action magnétique de l'homme sur les animaux est suffisamment connue pour que je ne m'attarde pas à vouloir la démontrer. Citons seulement quelques particularités de leur vie intime pour montrer qu'ils possèdent presque tous la faculté de prévision qui ne s'observe que chez un très petit nombre d'entre nous, et qu'ils prévoien

wû danger qu'aucun indice ne nous fait soï^çon- Kier ; qu'en général, ils sont doués d'une sensitivité plus grande que la nôtre, leur permettant de percevoir l'action des a^jents -de la nature et plus particulièrement les influences atmosphériques plus vivement que nous; qu'ils exercent entre eux, selon les espèces, une action magnétique analogue è- celle que nous exerçons nous-mêmes; et que cette action, ils peuvent également l'exercer sur l'homme.

Le système nerveux des oiseaux, est doué d'une délicatesse telle, qu'ils prévoient longtemps à l'avance les plus petits changements atmosphériques. Ainsi, lorsqu'au soir d'un beau jour, la tempête se prépare à surprendre le pilote, les mouettes et les goélands s'y attendaient. Ils étaient là, sur les récifs, s'agitant, l'air inquiet, •déployant leurs ailes, et poussant des cris nlaintifs. La densité de l'atmosphère n'était pas encore sensiblement modifiée, le baromètre n'avait pas 'baissé, le ciel était pur et le calme le plus profond régnait dans toute la nature. Mais, depuis des heures, un point noir avait déjà fait tache à l'horizon. Le noir pétrel, le sinistre messager des tempêtes que J'on aperçoit près des navires lorsque le danger est imminent, est sorti de sa retraite et effleure la vague de son aile, comme jpour voir si les flots en courroux ne lui apportent pas quelque victime. En etïet, le baromètre

baisse subiteinent, la "nuée noire et menaçante paraît à l'horizon ; le vent s'élève, le flot monte, la vague écume, le tonnerre gronde et l*ôclair sillonne les nues. L'oiseau, depuis le matin, avait prévu la tempête.

Le récit suivant, publié, d'après xm témoin oculaire, par Victor Meunier dans le Rappel du 28 août 1883, est un exemple frappant de cette prévision chez les divers animaux.

« On était en plein hivernage, c'est-à-dire dadOsS la saison des tempêtes. L'observation nous transporte à Saint-Vincent, l'une des Antilles. Le 4 septembre, dans ^Penceinté resserrée du port, la tJîialenr était étouffante. L'observateur qui recevait l'hospitalité de Caraïbes, voit accourir plein de crainte et 6e blottir dans ses vêtements comme en tin refuge, un petit épagneul appartenant à la jeune fille de ses hôtes. Frappé de cette allure, il s'informe; on lui apprend que l'animal qui se trouvait sur le bord de la mer, ayant longuement humé l'air, avanit tout à coup paru saisi •d'elïroi et s'était enfui sans cause apparente. Seulement l'eau du port, quoique le temps fut parfaitement calme, avait paru au narrateur plus haute et plus agitée qu'à l'ordinaire. Mais bientôt les signes d'épouvante donnés par une foule d'espèces, ne laissêre*nt plus de doute sur ce qui allait arriver.

« Des oiseaux de haut-vol, écrit l'observateur, s 'a- 'battaient sur les cases caraïbes, d'énormes chau-

ves-souris, des chats-huants aussi grands que •des oies, des iguanes longs comme des crododiles sortaient des roches et venaient chercher un asile 4ans le. carbet. Un monstrueux serpent tête de chien vint se réfugier chez moi et ne voulait plus en sortir. Les chèvres à poil fauve, descendaient - -au galop des montagnes et vinrent, toutes craintives qu'elles sont, s'établir sous l'abri de la salle du conseil. Je crus un moment qu'une bande de loups accourait du haut des marnes prendre gîte au milieu de nous. C'étaient des lévriers gigantesques à l'œil sanglant... Les caraïbes leur avaient donné la garde des passes. Ces sentinelles vigilantes e* féroces avaient été saisies de crainte et venaient de déserter leur poste. On voyait des marsouins, des dorades, des bénites, des bancs de poissons quitter la pleine mer, et s'engager entre les rochers du rivage pour fuir un danger dont ils avaient la prévision. »

« Pas un soufle de vent, mais par degrés la nature prenait un aspect effrayant. Le soleil resplendissant à son lever, avait perdu tous ses rayons, ressemblait à la lune, sauf par la couleur d'un rouge obscur de fournaise qui s'éteint. La clarté du jour diminuée, blîifarde, fausse, tremblottait comme pendant une éclipse totale. La mer se ■soulevait et bouillonnait, pareille h Teau d'une chaudière en ébuUition, s'avançait dans le lit des rivières et refoulait le courant. Un rideau de nuages sombres couvrait tout le ciel en même temps

qu'une brume s'élevant dans la région moyenne de Tair enveloppait l'horizon entier. Les feuilles pendaient le long des branches. Les hommes se fussent crus menacés d'asphyxie. Un long mugissement sous-marin leur arracha un cri d'effroi.

*< L'ouragan s'annonçait. Il fut épouvantable. Les bêtes avaient eu leurs raisons. Bref, les animaux sont normalement et d'une façon permanente, quant à certaines sensibilités spéciales, dans l'état hy pères thésique où, par exception, et accidentellement, se trouvent placés les sensitifs. »

Les tremblements de terre ne sont généralement pas annoncés par nos instruments de physique, et nul être humain ne saurait le^ prévoir ; inais les animaux des localités menacées, un quart d'heure avant la trépidation, sont pris d'une folle terreur, poussent des cris et s'enfuient dans certains directions. Ces faits, bien connus, ont été observés scientifiquement. Au commencement de 1885, un tremblement de terre se fait fortement sentir en Andalousie. Une commission nommée par l'Académie des sciences se rend sur les lieux pour étudier ce que l'on pouvait encore observer du phénomène. M. Fouqué, rapporteur de la commission, a consigné dans son rapport cette raculté de prévision des animaux de la région qui, épouvantés, ont pris la fuite pour échapper au danger que nul être humain ne prévoyait.

Il en est toujours de même à l'approche des éruptions volcaniques qui doivent causer des

dommages sérieux. Les flancs de la montagne sont. abandonnés par les animaux qui fuient épouy^V^^és. . . , ,. . . .. ,.. / . .. ; ^ .

, Les récits des voyageurs témoignent assez de faits de prévision ^n^logues pour que je me dispense, de multipU^rJes exemples. '.

Les épidémies sont également prévues par les animaux; et ceyx qui ne sont pas retenus au éôl P'\r Jes attache^.^îe la- domesticité, s'enfuient vers des régions qui. n^, doivent pas être dévastées pâï le fléau.., . . . : , , , ,., . .

^^ïï 1884, quand le choléra faisait de nombreuses victimes à Me^rseille et à Toulon,. tous les^ 'oiseau^^ aiiandonnèrçnt oq^ -daux viiles pour se réfugier ^^n^iles îl.çR4'Hy.ère8.qui son*Testée$ Indemmés'. .♦De semblables A émigration S! ont été obsérvééë dans différentes ipartiôs de l'Italiev de rAuti4î;hëy= ds'la Russiei avant l'arrivée du choléra." Il en* fût de- mêmeen Espagne, ewTurkïuiè, en Grèce.

'En- 1892, le même fait se prodxiisit-en Galicie. Tous les moineaux quittèrent subitement la vallée de Prezemsyly deux jours avant FappaTition du fléau pour n^y retourner qu'en novembre^ alors que la meurtrière 'épidémie avait' complètementdisparu. ; ' '1' ' i51» •■!■!• > •.-.M',/ ;.

'Vers 1840, une épouvantable maladie, laswei^e, éclate dans une partie du Périgord-, terrifiant 14 population, ruinant les hiabitants j aussitôt tous les oiseaux des champs etdesboisdisparaii^seiit

de la contrée en deuil";'.' et lorsque le fléau a étendu' sa dernière victimei on voit de toutes parts accourir les oiseaux absents. " ■ ■ ■ ■ .

il y a quelques années, lors de l'épidéinie cllolérique qui désola la ville de Hambourg, on" a constaté, non sans surprise que, huit où dix jours avant l'apparition de l'épidémiô, tous les oiseaux quittèrent la ville pour n'y revenir que lorsque le danger eut disparu.

- Si mous considérons quelques animaux relativement à' l'instinct de reproduction, nous constatons une faculté de prévision analogue. Voici' un exemple tiré' de V'ËxtaBe ' ou les Miracles comme phénomènes naturels, par Luc Dosages, qui montre la merveilleuse prévoyance qu'ils ont pour leur progéniture. • .. « ■ •

(( Cette sorte d'abeilie qu't)n nomme la solitaire', n'^esl-elle pas excellemment douée sous ce rapport ! Son existence est bornée- à quelques mois pendant lesquels elle doit devenir mère. Elle déposé ses œufs dans des trous de muraille ; mais mourra avant qu'ils n'éclosent. Elle le sait. Elle pourvoit à tout ; ses œufs viendront à point, parfaitement abrités dans leur cachette. Les larves, qui les nourrira ? EUe, ou du moins ses soins prévoyants. La voilà en campagne. Do loin, d'une lieue peut-être, elle a vu un ver; elle chasse à coup sur. Cette espèce de vers dont clic prend plusieurs individus est la seule ([uilui convienne.

Elle porte sa proie à, son mur, plie ses victimes en deux et les force d'entrer dans son nid, car leur chaleur doit couver les œufs. Mais, qui empêchera le ver de sortir une fois Pabeille morte? Elle encore. Elle pique ses hôtes malencontreux légèrement, pas assez pour les tuer. Ils vivront languissants jusqu'au jour ou les larves hors de leurs enveloppes pourront se nourrir de leur substance. Qui a donné à cette abeille ce don admirable de prévision I...

« Tenez, monsieur, continue l'auteur dans son enthousiasme, voulez-vous que je vous le dise? Si les hommes sont quelquefois en extase, les animaux y sont toujours ; c'est leur norme ; là est le secret de leurs merveilleux instincts. »

Par leur manière d'être, le plus grand nombre des animaux annoncent la pluie et le beau temps, souveiitpUitôt que le baromètre.

Ainsi, à l'approche de la pluie, l'hirondelle et le martinet rasent la terre dans un vol précipité ; le pinson do nos^ jardins fait entendre une note triste et plaintive ; l'oie de la basse-cour va, vient, s'agite et bat des ailes, se jette à l'eau et manifeste une inquiétude plus ou moins vive ; le paon pousse des cris plus fréquents; la poule cherche ses puces ; le pivert gémit ; le perroquet jase ; la pintade cherche à se percher; la grenouille se tait; le crapaud se promène; et le plus grand nombre des oiseaux se taisent.

Au contraire, quand il va faire beau, les oiseaux gazouillent avec entrain ; le rouge-gorge se fait entendre sur la cime des arbres les plus élevas, l'hirondelle s'élève dans les nues, l'alouette part du sillon et monte dans les airs pour nous faire entendre son doux refrain, le crillon répète son cri-cri, et la rainette monte aux arbres. i

Lorsque l'araignée cesse de travailler à sa toile, c'est signe de pluie. Si elle continue ou recommence ses lacs pendant la nuit, c'est que le beau temps va revenir. A rapproche de la pluie, elle raccourcit les lîls qui suspendent son ouvrage et les laisse ainsi jusqu'au retour du beau temps. La longueur de ces fils peut donc nous servir d'indice pour reconnaître la durée du beau et du mauvais temps. Chaque jour, elle apporte des modifications à sa toile. Si elle les fait avant le coucher du soleil, c'est que la nuit sera belle et claire. C'est sans doute de cette observation que nous vient ce vieil adage « araignée du soir, espoir. »

Quand la pluie tombe, si les poules ne se cachent pas et continuent à chercher leur nourriture, c'est qu'elle doit durer longtemps ; tandis que si elles restent à Tabri, c'est qu'elle ne doit pas durer.

Quelques auteurs, s'enthousiasmant devant les facultés instinctives des animauXjSont allés jusqu'à leur accorder le sens esthétique et le sens religieux. Sans aller jusque-là, nous devons admettre

que la prévision du danger est inhérente à la nature du plus grand nombre des espèces, et qpae cette faculté -atteint un degré de constance et de certitude que l'on ne trouve jamais chez Thomtoe* si ce n'est dans l'état de somnambulisme liicid<e.

Examinons maintenant une autre faculté que Ton observe chez quelques espèces avec une intensité et une précision que le plus habile magnétiseur est toujours incapable d'atteindre,mêmeavec les sujets les plus sensitifs. Je veux parler du pouvoir que certains animaux possèdent de charmer, d'attirer à eux les animaux plus petits qui constituent leur pâture quotidienne.

Le chien, par la peur qu'il inspire, tient la perdrix: en arrêt pendant quelque temps ; mais un certain nombre d'animaux agissent d'une façon différente, par une véritable action magnétique qui peut, seule, devenir mortelle. Le serpent est dans ce cas. Il darde les rayons puissants de ses yeux sur les victimes qu'il convoite, les charme, les fascine, les attire ; et, d'elles-mêmes, elle viennent se jeter dans la gueule béante du monstre qui les engloutit. Au dire de certains observateurs, il arrive même parfois que lorsqu'on rompt le charme qui attirait la victime, vivante encore, celle-ci ne tarde pas à succomber sous l'inlluence délétère qu'elle a subie, sans qu'on puisse sérieusement constater la moindre lésion organique.

Les savants ne croient pas à Taclion magnëtiqùe du serpent, ils pensent que son action est la , mêmts que celle du chien stit la perdrix ; et ^oici \ comment Milne-Edwards s'Bxprimuit en -fô^O au sujet de l'action que le crotale ou serpent ii softnette exerce sur les petits animaux:

« On a cru que le crotale possédait dans son regard une espèce de charme, (pi forçait ses 'victimes à SG précipiter dans sa gueule ; car on a souvent observé qu'il lui suffisait de se montrer immobile au pied d'un arbre, et de tenir ses yeux fixés sur la proie convoitée, pour que celle-c^, agitée de mouvements presque convulsnîs, finisse par tomber à terre, près de lui ; mais cette prétendue fascination n'est réellement que reflétée la frayeur excessive qu'il inspire. Rarement un animal surpris par nn crotale, cherche à s'édiapper ; tantôt il reste comme pétrifié, tan tôt il «e l'iTre à des mouvements désordonnés qui, au iieu de i-e sauver, rendent sa capture pius facile. :»

Voilà comment, au nom de la science, les ^avajits jugent les phénomènes qu'ils ne connai^^enft pas; et que très souvent — on Ta vu à l'Académie de médecine en U848 et 18"i9 pour le magnétisme — , ils ne veulent même pas connaître. Il est vrai que la satisfaction d'assister au déjeuner "d^n ophidien en liberté ïT^x jamais été donnée à un académicien; mais ce n'est pas une raison suffisante pour que Tun deux s^'inscrive magistralement en aux contre une explication rationnelle

qui n'abaisse pourtant pas son [savoir doctoral. Pour tout observateur qui a été témoin de ce phénomène étrange, il est évident que la frayeur ne tient que fort peu de place dans sa production. Il y a probablement, d'abord de la fascination excercée par les yeux du serpent sur ceux de la victime, puis une action plus ma-, gnétique encore, si je puis m'exprimer ainsi, qui agit par attraction. Quand le serpent veut s'emparer d'un oiseau, d'une souris, d'une grenouille — qui ne consent jamais à lui donner sa vie, — il s'approche en silence jusqu'à une distance de 4, 5, 6 mètres môme, et, la gueule démesurément élargie, la tête relevée, il darde fixement les rayons de ses yeux sur l'animal convoité. Celui-ci, bientôt terrifié crie, se débat et cherche à sortir du champ d'action dans lequel il est enfermé. Sautillant à droite et à gauche, mais avançant toujours, lentement d'abord, puis plus rapidement, il décrit des zigs-zags de chaque côté de la ligne droite qui, partant du point ou il se trouvait au début de l'action, va au gouffre béant du monstre qui l'attire et va l'engloutir . Arrivé à peu de distance du but fatal, il fait des efforts inouis et se retourne dans l'espoir d'échapper plus facilement ; mais c'est en vain ; il a été attiré de face, il sera également attiré par derrière. Il n'avance plus, mais recule, et cela, d'autant plus vite qu'il est plus près. Là, il plonge de lui-même une patte de derrière dans le gouffre, puis l'autre

patte, enfin toute la partie postérieure de son corps ; et sans que le serpent fasse d*efïorts apparents, la victime glisse dans son gosier pour disparaître bientôt complètement.

On remarquera que c'est toujours en reculant que la victime se présente, et qu'aux trois quarts avalée, elle pousse encore des cris de désespoir; de plus, si c'est une souris, un mulot, une grenouille ou n'importe quel petit quadrupède, on le voit se cramponner aa sol avec ses pattes antérieures pour s'y maintenir.

Ce n'est donc pas exclusivement parla fascination que le serpent agit sur sa victime, puisqu'au bout d'un moment, celle-ci lui tourne le derrière. Puisqu'elle crie, se débat et cherche à s'enfuir, ce n'est -pas non plus « l'effet de la frayeur excessive qu'il inspire » qui anéantit sa volonté. Il n'y a pas de stupeur, pas de paralysie des mouvements, et ceux qu'elle fait ne rendent pas « sa capture plus facile » comme le pense Milne-Edwards, puisque le serpent reste immobile. Il y a donc réellement une action attractive qui ne saurait être qu'une action magnétique analogue à celle du magnétiseur sur le sujet de ses expériences. L'aile frémissante de l'oiseau, ses cris plaintifs, accusent trop bien la domination irrésistible et douloureuse que subit la victime aux abois. Emportée malgré elle par une force attractive que sa volonté est incapable de vaincre, elle ne cesse pas un seul instant de vouloir s'y soustraire.

Les ophidiens ne sont pas les seuls animaux doués de ce pouvoir étrange. L*araignée agît comme eux sur les petits insectes qu elle dévore, et ses victimes aux abois se comportent identiquement comme celles du serpent. Il est très probable que beaucoup d'autres animaux carnivores n'emploient pas d'autres moyens pour assurer leur existence.

Le serpent, ce monstre venimeux, que presque tous les animaux fuient, est pourtant capable, dans certains cas, de faire naître d'incroyables sympathies. La chèvre, la brebis, la vache même se laissent téter par lui et paraissent même y éprouver une grande satisfaction. On observe alors une aberration complète de l'amour maternel, si puissant chez les animaux, qui pousse la bête ainsi charmée — par ce temps d'hypnotisme à outrance, on a même dit suggeslionnée^ — à abandonner son petit. Elle se rend d'abord d'elle-même au nid du charmeur, l'avertit par un beuglement spécial, et celui-ci n'a qu'à sortir^ sans s 9 déranger davantage, pour prendre son repas à la mamelle que la naturô,ï«e lui destinait pas.

Cette faculté du serpent de charmer, d'attirer à lui, ne s'exerce pas seulement sur les animaux ; l'homme y est également sensible. John Kleibs, un célèbre naturaliste, herborisant dans les environs du Cap, rencontre sur son chemin un enfant de 8 ans dont l'attitude lui paraît des plus irré-

guMères. Immobile comme v^e statue, pâle, la la bouche entr'ouverte et le cou tendu, il re^ garde avec stupeur un objet que le naturaliste n'a pas encore aperçu. Il semble pétrifié, de» larmes coulent le long de ses jouei^. Tout à coup, il voit avec effroi une énorme »a5ï)6nt cracheui qm s'avanee doucement vers sa victime e» souillant les herbes de sa saliva empoisonnée. Détail horrible, qui prouve jusqu'à quel point l'enfant est subjugué : Quand le serpent avance la tête, sa victime, qui est certainement dans un état cntaleptique presque complet, tend le cou, et répète e:!eaetement tous les mouvements du reptile. Rleibs rompt le charme en envoyant une balle dans la tête de ranimai. Ramené à son village, r^nfant est pria de convulsions terribles qui ne cessent que le lendemain.

J'ai vu une jeune dame sensitive qui éprouvait une indiscible satisfaction prè$ des boas du Jardin des Plantes. Attirée vers gu^, elle collait sa ppitriue^^et sa figure sur les grilles, ^\ au bout d^ quelques instants, il fallait l'em^nener maigri elle et lui souffler sur le front pour faire cesç^^r uDi çomiuencement d'état çaialQptiqu^dans Ipquel elte se trouvait.

La bible, qui représente le serpent comme la peraonnification du démon, en fait le tentateur qui perdit la femme. Tcut en lui attribuant des facilités surnatureUesi, l'antiquité en fît rtmblême

delà prudence. A Delphes, pour inspirer la pythie, on élevait des serpents dans le temple d'Apollon pythien, et le trépied prophétique était revêtu de leur dépouille.

Il y a dans toutes ces appréciations, comme dans la croyance qui attribuait au basilic le pouvoir de tuer Thomme de son regard, un fond de vérité mêlé à beaucoup d exagérations ; cela nous démontre néanmoins que les anciens ont observé le pouvoir étrange, magnétique entre tous, quecertains animaux exercent autour d'eux.

Il parait que le crapaud est doué d'une iorpe analogue à celle du serpent; et que, dans certains cas, il est capable de l'exercer sur l'homme.

L'abbé Rousseau, un petit savant enthousiaste, qui fut médecin par la grâce de Louis XIV, prétendait que Ton pouvait faire mourir un crapaud enfermé dans un bocal, rien qu'en le regardant fixement pendant quelques instants ; mais l'opération aurait son mauvais côté. « Un jour, dit Larousse, que l'abbé Rousseau voulut recommencer cette expérience, qu'il avait, dit-il, réussie vingt fois, le crapaud le regarda si fixement que ce fut l'expérimentateur lui-même qui, cette fois, tomba en syncope et faillit mourir. On s'est beaucoup moqué au xvii« siècle de la crédulité de l'abbé Rousseau et de son crapaud fascinateur; mais peut-être faut-il ne voir dans le résultat de l'expérience qu'il rapporte qu'un simple

fait d'hypnotisme très explicable aujourd'hui. »

Gomme Milne-Edwards pour Taction du serpent, le rédacteur biographique de l'abbé Rousseau dans le Dictionnaire Larousse, a vite fait de trancher la question. Je n'ai jamais expérimenté avec des crapauds pour vérifier cette expérience ; mais l'analogie me porte à croire qu'il n'y a pas eu d'hypnotisation chez l'abbé Rousseau, c'est-àdire que la fixation de son regard sur l'animal ne l'a pas impressionné, et qu'il a été réellement magnétisé par le crapaud, qui, sentant sa vie en danger, s'est défendu, en exerçant une action volontaire plus forte et peut-être plus délétère que celle qu*il recevait.

Il n'y a pas que les ophidiens et les amphibiens qui soient capables d'exercer une action magnétique sur l'homme. L'histoire suivante, racontée il y a quelques années par F. Rozier dans la. Revue scientifique^ le démontre suffisamment.

« 11 y a longtemps, pas loin d'une trentaine d'années, dit le narrateur, j'avais un ami, professeur de musique dont le fils était doué d'une manière étonnante pour la musique ; il est devenu un compositeur distingué et a déjà eu des opéras et des oratorios représentés ; il est encore jeune et n'a certainement pas dit son dernier mot. Il avait alors une douzaine d'années ; son père me pria de lui inculquer quelques éléments de sciences physiques, d'arithmétique, etc. J'avais un

perroquet vert qui, juché sur son perchoir, assistait régulièrement à nos leçons.

« Un jour, au beau milieu d'une démonstration, je m'aperçois que mon élève a une figure singulière ; ses traits sont immobiles^ ses yeux grands ouverts, fixes, sa bouche entr'ouverte ; il est comme frappé de stupeur. Je cesse de parler, il ne remue pas ; au bout d'un instant il se soulève lentement, sans quitter le perroquet des yeux, lève le bras droit et la jambe gauche, en penchant son corps, dans la position d'un homme qui va s'envoler ; puis d'un mouvement rythmé, il lance son bras droit en avant, le ramène contre son corps, recommence, et ainsi de suite, pendant que la jambe gauche est projetée en sens contraire et accompagne tous les mouvements du bras droit.

« Or, à ce moment-là, le perroquet exécutait justement cette sorte de danse, avec une aile et une patte, ce qui du reste lui arrivait assez souvent.

« L'enfant, l'œil fixé sur le perroquet, reproduisait fidèlement tous ses mouvements.

« Enfin le perroquet allonge une dernière fois sa patte, replie ses ailes, lance une sorte de sifflement, et reprend son immobilité hiératique.

« L'enfant s'arrête aussi, parait sortir d'un rêve et se rassied en disant: « Est-ce drôle I »

« Il n'avait pas perdu connaissance, il avait la pleine? conscience de ses actes ; mais laleçon n'a

pa^ été contipy^e, il était ipatteptif, excité ; il ne souffrait pa^, mais se trouvait à peu près dans ÎJ| situation mentale et somatiqui^ où ajirajt pi^ l^ plonger le récit d'unehi{?toirQ.q]ai Vf^v^^-.^* WQ^f^Ur délient émT4.

« Ici, nous appiochcns beaucoup ^e l^ façcâi?^ tiop ; le perroquet paraît bien avoir pWs le^yeuos de Venfant\ e phénomèpe a bien été suivi d'un mjEiïaise analogue à celui de Toiseau qui s'approf che insensiblement de la gujeuie ouverte du ser? pent. Mais il faut rejiî arquer qye le perroquet ne s'occupait pas du tout de Tentant, ne le regair dg-it même pas ; je crois qu'il est plus rationel d'énopcer ainsi la suite des phénomènes : curiosité éveillée; attentio^, imitation .et demi-hypnotisar tion, »

]Les mots « attention, imitation, (Jemi-hypnotisation » n'expliquent qu'une partie des effets çans rien dire de la cause qui les produit. Il est évident que îe sujet de cette observation était seor sitif à un très haut degré et qu'il s'est trouvé plongé dans un état voisin de la catalepsie, cç>;mme le démontrent Içs mouvements autoniç^^r tiques qu'il exécutait. (Vest donc le mouvement de l'oiseau qui ^s'est transmis à l'enfant ; maie conpgcnent s'est il transmis???. — Je crois qu'il est inutile d'ajouté;* que c'est -bien .par une action mç^gnétique, do.ut je.ue cbercli©r^i.pas à expliquer le jopiécwxisme.

jPîÇbr le CQDt'iact ou simplement par i^'approohe,

un individu sain, fort et robuste communique le mouvement propre de sa vitalité à un autre individu délicat, faible ou malade, et celui-ci communique à l'individu sain le mouvement de son état maladif. Il en résulte un échange qui est parfois nuisible au premier, mais qui est toujours utile au second. J'ai démontré cette vérité physiologique au chap. Il de cet ouvrage en citant quelques considérations sur Taction que les individus exercent les uns sur les autres. Et ce qui est vrai pour les hommes entre eux, est également vrai quand il s'agit des animaux ou des rapports de ceux-ci avec Thomme. Aussi, dans tous les temps, on a employé l'action vitale de certains animaux, soit comme agent préservatif des maladies, soit comme agent thérapeutique. On a retrouvé récemment, dans des inscriptions découvertes à Epidaure, près du temple d'Esculape, la mention des guérisons obtenues par le léchement des chiens sacrés, chez des individus atteints d'ophtalmie et môme de cécité.

En Ecosse, on est persuadé que le meilleur remède à opposer à une blessure ou à un mal qui suppure est de le faire lécher par un chien. En Bohême^ on fait lécher les nouveaux-nés par un chien pour qu'il ait une bonne vue. Dans plusieurs contrées de la France, notamment dans les Vosges, en Allemagne, on emploie le léchement des chiens contre les rhumatismes. 11 parait qu'à Ilzohoé, dans la province de Shlewig-Holstein,

la municipalité exempte de la taxe, les chiens servant à cet usage. En Vénétie, on croit que lechien a du « baume sur la langue ».

Dans un certain nombre de fermes où Ton fait rélevage des chevaux et de moutons, on garde un ou plusieurs boucs, dans le but de chasser les maladies. Nous savons que les odeurs exercent une action sur Torganisme ; et l'odeur si pénétrante qui se dégage du bouc pourrait bien être un antiseptique, un anti-microbe de certaines maladies; dans tous les cas, cette pratique seperpétue depuis un temps immémorial.

M. Ed. Raoux, professeur à Lausanne, aussi ardent végétarien que partisan convaincu de Faction préservatrice et curative des animaux, a préparé un travail sur ce sujet; mais la mort est venue le frapper avant qu'il ait pu rassembler tous les matériaux qu'il attendait. Voici l'esquisse de ce remarquable travail, qui devait paraître sous le titre : « Zoothérapie^ ou traitemen de l'homme malade par le magnétisme des animaux. »

Introduction,

La décadence croissante de la santé physique et de la $anté morale dans toutes les classes de la société contemporaine, est démontrée aujourd'hui par toutes les statistiques impartiales et par tous les médecins amis de la vérité.

Notre civilisation enfiévrée et surmenée glis-

sera sur ces deux pentes redoutables tai.nt qvie Vhygiène privée et Vhygiène publique seront ignorées ou mises sous les ^ied^ ; tant que \e^ médecins vivront de nos i»aladies, au Ueu de vivre de noire santé ^ pomme dçins les pay$ où ils sont rétribués par l'Etat.

Malgré leur optimisme habituel, les stadU-^ tiques officielles sont obligées d'enregistrer des chiffres effrayants, à Tendroit des maladies d-ç tout genre, des désordres moraux les plus graves^ des anomalies intellectuelles, des aliénations maa-' taies, des suicides, des crimes, etc., etc.^etdç sonner le tocsin pour avertir le public du danger.

En attendant que les autorités législatives ^% les pouvoirs publics retrouvent leurs oreilles pour entendre ces appels alarmants, chaque citoyen doit pourvoir lui-même à sa préservation et à ses moyens de défense.

La plupart des malades vont chercher cçs armes offensives et défensives dans deux arsenaux plus riches en moyens d'aggravation du mal, qu'en moyens de guérison, savoir la polyphoLV" macic plus ou moins savante et Vempirisme plus ou moins entaché de charlatanisme.

L'arsenal qui fournit les armes les plus puissantes, Vhygiène intégrale, est ignorée, dédaignée ou mise sous les pieds^

L'Hygiène a le tort, aux yeux 4es sots, dont Jp nombre n*est pas petit, id'employer des moy^pwî trop faciles, trop vulgair«e, et trop lents. Elle fi

de plus le malheur d'être fort peu recommandée par la plupart des médecins/ qui sont médiocrement enchantés que Ton guérisse sans leur permission.

Notre génération névrosée, surexcitée et impatiente, va donc frapper à la porte des pharmaciens les plus riches en produits chimiques ; des droguistes, herborist^BS et empiriques les plus vantés parles journaux ; des médecins les plus renommés pour leurs traitements expéditifs et leurs remèdes héroïques.

Elle va fouiller laberieusement et à grands frais toutes les officines de thérapeutique savante ou vulgaire, et passe dédaigneusement à côté du Temple de la Santé, où elle aurait pu trouver la guérison au moyen des agents naturels : Vair^ les aliments, la lumière^ le mouvenientj le magnétisme, les influences morales, etc.

Nous ne commettrons point cette série de fautes . et notamment la dernière, en laissant croire aux malades qu'ils peuvent se passer de Vhygiène générale, et trouver la guérison dans un seul de . ses facteurs, fut-ce le plus fécond, le régime ali-, meniaire. Nous leur recommanderons au contraire de graver profondément dans leur mémoire . le tableau suivant qui pourrait représenter les sept colonnes du Temple d'Eygie, ou les sept moj'ens naturels de prévenir et de combattre avec succès la plupart des maladies :

!• Aérothérapie (Vair),

2* Bromolhérapie (la nourriture),

3° Photothérapie {la lumière).

^* Dynamothérapie {le mouvement).

5« Magné tothérapîe (le magnétisme de Vhomme,

des animaux, de Vaimant et de la terre). 6® Psychothérapie (influence de Vâmé).

!• Hydrothérapie {l'eau).

Ces sept agents constituent les sept branches de la médecine naturelle, avec la terminaison thérapie ou phylaœie, suivant qu'elles ont pour but la guérison ou la préservation des maladies.

Ces deux buts seront plus ou moins atteints par la nature, la cpialité, la température, la densité, le mouvement, et les différents états de Vair ;

Par la nature, la qualité, la quantité, la température et les proportions relatives des aliments solides, liquides et gazeux ;

Par la nature, la quantité et la qualité de la lumière solaire, (bains de soleil ou hélioses, diverses couleurs de Tarc-en-ciel, obscurité graduée, etc., etc.) ;

Par la nature, la qualité, la thermalité, la minéralisation et l'agitation de Veau;

Par les exercices actifs ou passifs, et les nombreuses espèces de gymnastique ;

Par les attractions et les répulsions mutuelles des êtres vivants, c'est-à-dire par le magnétisme animal ou zoologique, s'il s'agit des influences

des animaux sur rhomme, par Taction de l'ai» mant et du globe terrestre.

Ënûnparles inûaences psychologiq ues internes ou externes sur la tristesse ou la gaieté, le décou* ragement ou l'espérance, la solitude ou la vie sociétaire des divers malades.

Ne devant traiter ici que du magnétisme des animaux, nous renverrons aux ouvrages spéciaux tout ce qui se rapporte au magnétisme humain.

De la Biothérapie.

Deux êtres vivants mis en contact ou même* placés à une certaine distance, rayonnent toujours plus ou moins l'un sur l'autre, sans aucune intervention de la volonté.

Le corps sain ou fort communique de la vitalité au corps malade ou faible, et celui-ci rayonne des principes morbides sur le corps en santé.

S'il s'agit de deux êtres humains, c'est du magnétisme proprement dit ou physico-moral.

S'il s'agit d'un homme et d'un animal, c'est du magnétisme zoologique, de la zoothérapie.

Le magnétisme humain est tantôt inconscient et involontaire, tantôt volontaire.

Des exemples frappants du premier cas, sont donnés par les influences morbides de certains maris sur leurs femmes ou réciproquement^ {veufs de plusieurs épouses, veuves de plusieurs maris).

Il en, est de même des influences réciproques des enfants et des vieillards couchant dans le même lit. Le vieillard se vitalise ; Tenfant s'afiaiblit toujours, et meurt quelquefois.

Le docteur Noirot en cite plusieurs exemples tirés de l'histoire biblique et des auteurs modernes, notamment du D'' Hochstetten, de Reutliagen. {VArt de vivre longtemps^ 1868, p. 21 à 27),

Ce dernier médecin compare Tinfluence théra-. peutique de certains animaux à celle du paratonnerre qui soutire Pélectricité des nuages.

« Il a vu souvent des bergers se guérir de sciatiques opiniâtres en mettant leurs jambes en contact avec un chien vigoureux et bien portant.

« L'animal donne bientôt des signes d'inquétude, et lorsqu'on le lâcher, il s'enfuit en criant et en boitant», (p. 26.)

« Histoire du vieux David et de la jeune Sunamite; du vieux bourgmestre d'Amsterdam, traité par Boerhaave, et de Tempereur Barbeiouss^ ». (p. 22 et 23.)

Le magnétisme conscient et volontaire ou ma^ gnéùisme proprement dit exige de nombreuses conditions pour être efficace, et même pour ne pas être dangereux, savoir :

!• La santé générale du magnétiseur, car s'il est atteint lui-même de quelque désordre biologique, il peut le transmettre au malade, ou ne pas posséder assez de force vitale pour triompher du mal de son sujet;

2o Un fluide vital thérapeutique ^ got il y a des. GOï.pa bien portants, qui rayonnent dfees influences morbides involontaires et inconscientes comme le démontre clairement le fait trop peu remarqué de veufs, qui ont causé la mort de plusieurs femmes,, et de veuoes, qui ont perdu plusieurs maris ;

3* Sa compétence ou sa capacité magné tique ^ car son ignorance ou son instruction insuffisante peuvent quelquefois lui faire exécuter des manœu yres stéïiles ou même nuisibles ;

4° Sa parfaite moralil&, vu les dangers de la s.uff'gestion, du sommeil provoqué dans une coupaixlie intention, etc.

Lft rareté des magnétiseurs dans beaucoup de localités, et la difficulté des conditions nécessaires, obligent les malades à la seconde espèce de biellïérapie, celle qui est relative aux influencesi biologiques des animaux.

C*est une précieuse ressource qu'on peut trouver dans tous les pays, et souvent sans aucune dépense, ressource qu'on a grand tort de négliger, car avec des précautions convenables, on pour-^ ïait obtenir de très importants résultats.

De la Zoothérapie.

La zoothérapie était connue des anciens, et V histoire de ces traitements, bien que mêlée à des superstitions et à beaucoup d'empirisme, serait certainement très instructive. Limité parleca-

dre de ce travail, nous aborderons immédiatement la partie pratique de cette méthode thérapeutique encore si peu connue.

La première condition à réaliser ici, c'est que les animaux employés jouissent d'une santé parfaite^ car beaucoup de leurs états morbides pourraient se transmettre à l'homme, soit par le contact, soit par les émanations corporelles ou par la respiration.

Il sera donc utile, dans les cas douteux, de recourir aux lumières d'un vétérinaire expérimenté.

On trouvera, du reste, des indications et des instructions pratiques dans les nombreux exemples de traitements heureux dont nous allons donner le résumé. Quelques cas ont été publiés dans le Journal du Magnétisme (numéros de novembre 1886 et juin 1887). Ils ont été communiqués aux deux Sociétés d'hygiène et à^ Magnétisme de Lausanne présidées par le professeur Raoux.

I. — M. Dumas, clerc d'avoué, à Chanabéry, rue de Boigne, était atteint de rhumatismes articulaires. Il possédait un chien griffon — âgé de trois ans — qu'il faisait coucher avec lui chaque fois que les crises le prenaient, car il lui semblait que le corps de l'animal appliqué sur la région douloureuse calmait son mal. Ce chien, ordinairement très carrossant, donnait alors des signes évidents de malaise, et s'il parvenait à s'échapper, allait se réfugier dans le coin le plus obscur de l'appartement.

Dans le courant de novembre 1887, les crises prirent M. Dumas avec plus d'intensité que d'habitude. Pendant toute une nuit, il garda son chien dans son lit, maintenu de force contre le siège du mal. Le lendemain les douleurs avaient disparu, mais le chien était malade, poussait des gémissements plaintifs ininterrompus, et deux jours après il expirait dans une convulsion suprême.

2* Un ecclésiastique d'une trentaine d'années, et d'un tempérament nerv^oso-bilieux, était à l'agonie sous l'influence d'une fièvre aiguë qui avait résisté à tous les traitements pharmaceutiques. Le malade avait été saturé de quinine, et ne pouvait ouvrir la bouche pour en absorber de nouvelles doses. Il avait perdu la parole et le mouvement, et le médecin le considérait comme voué à la mort, lorsqu'un chat, profitant d'un instant ou le moribond avait été laissé seul, vint se coucher sur son corps et y fit une longue pose. Chassé parla garde-malade, il revint à la charge pendant plusieurs jours. La première station avait produit une transpiration abondante, suivie d'une sensible diminution de la fièvre. Pendant la seconde, la transpiration devint extraordinaire, et le patient dût renouveler plusieurs fois son linge. La crise de la guérison venait de se produire, et le malade reprit l'usage de ses sens et de la parole. Il était sauvé.

Quant au chat si bon médecin, il avait disparu

On le trouva mort aa lond du jttrdin, les pt)ils hérissés, et les membres coirttactés . Le bt^ave animal avait payé de sa vie la gnéTiijon de 'son maître.

Ce succès thé rapeutiq;ue a été raconté et atH.-esté dans une séance de la société, par la personne même qui en avait bénéficié.

S*» Une garde-malade de Lausanne raconte qu'elle a guéri dernièrement une dame qui souffrait d*une douleur iTiumatisma'ïe au genou, en lui faisant Tnaintenlr un groTS chatsurle mal, pendant deux ou trois jours. Dès la première séance, "ranimai donna des signes de malaise et chercha à s'écliapper. Il fut encore plus difficile d« ie maintenir sut le genou malade, pendant les dmix suivantes, et il n'y eut plus moyej>»de le retrouver dans la maison. Il était allé mourir dans une cour, du mal dont il avait délivré cette dame.

40 L'auteur de ces lignes vient de traiter av,ec succès une xecrudesoeace rhumatismale remaa- •taunità plusdeiq.uaranteans.'Gevieux «ouveoiir du mistral de Montpellier, dont le rév.eiil était qjiel» quelois loag *et douloureux, ^été réduit au silence p.ar l'application d'un jeune chat vigoureux -sur la région cervicale, d'abord $)Bn dan t d.2 minutes, et le lendemain, pendant 8 minutes seulement. .Cette seconde séance a dû être abrégée, à cause .dos signes de méconteipent et de vive impatience que donnait l'animal, sentant qu'il ne soutirait rien de

bon à cette nuque malade. Le chat guérisseur en a gardé rancune à son maître, mais sa santé ri*a pas été altérée.

5o tJn médecin magnétiseur de Genève cite le cas démonstratif d'un languedocien qui se soulageait de ses rhumatismes, en les faisant passer dans les muscles de ses chiens, dont la plupart mouraient du tnal soutiré à leur maître. Le fait était si connu et si frappant, que cet ingénieux malade avait été surnommé dans le pays, lou crébo ichl (le crève chien).

•6* Le grand-père d'^'n-e garde-malade de Lausanne B'est guéri d'une ancienne douleur au côlé en faisant coucher avec lui un petit chien qui ë«t dévenu malade à son tour, et qui ii*€i pas tardé à mourir.

7° Une dame de Lausanne fait disparaître, pour tm -certain temps, de très violentes migraines par l'application du corps de son chien, sur le front. Ces expériences répétées n'ont point altéré la ^wnté de l'animai.

B® Le docteur Bonnejoy, de Chars en Vexin, le zélé vulgarisateur du végétarisme en France, s'est délivré d'une douleur à l'épaule en y maintenant un corbeau apprivoisé. Il sentait, chaque fois, une forte chaleur sur la place douloureuse et le corbeau finit par Tabandonner. Son maître le chercha pendant plusieurs jours," et le trouva mort

dans le bassin d'une fontaine, où il était sans doute allé pour éteindre la fièvre contractée.

Les personnes qui ont à leur disposition des pigeons, des poules, des dindes, des cygnes et des oiseaux de grande taille, devraient tenter dans ce domaine inexploré, des expériences médicales qui ne leur coûteraient qu'un peu de patience, et qui pourraient bien les dédommager amplement de leur peine. Plusieurs bonnes femmes emploient avec succès les chais bassinoires en place de bouilloires. Pourquoi n'inventeraiton pas les chancelières vivantes, en remplaçant les peaux mortes par des plumes et des duvets, faisant rayonner le brasier intérieur de la famille ornithologique?

On connaît depuis longtemps les infltiences thérapeutiques des séjours prolongés dans?«s établés à caches. Hippocrate les signalait déjà, et le savant Térapi, de Florence, a obtenu, par ce moyen, des résultats qui ont de beaucoup dépassé son attente.

On cite aussi de remarquables guérisons obtenues par un docteur américain, au moyen du contact des malades avec le cou et la tête de l'animal.

Un médecin de Lausanne mentionne un cas de guérison inespérée, obtenue par un séjour dedeux ans dans une étable à vaches. Il s'agissait d'un ami de Bich t, le D' Loiseau, qui, sur le conseil

d'un médecin de Montpellier, coucha pendant deux ans dans une étable, s'y guérit d'une débilitation progressive alarmante et trouva une vitalité qui lui a fait atteindre sa 90« année.

« L'air exhalé par les animaux, dit un vieil expérimentateur, cet air étudié par Crookes dans ses essais sur la lumière radiante, est un antiseptique puissant qui tue les microbes à une cer*» taine pression obtenue parla chaleur des animaux comme le soupçonnait déjà le grand Ambroi/îfa Paré. »

Dans la station hivernale de Davos, en Suisse, on emploie ce traitement avec succès pour les maladies des voies respiratoires, et probablement aussi pour les anémies et les chloroses.

Enfin, un riche h6d)itant de Berlin faisait cons* truire en 1888 un vaste bâtiment, en vue d'appliquer ce traitement aux malades atteints de tuberculose.

9. — M. Valkener, capitaine en retraite à Keuver, Hollande, nous signale le cas d'un de ses amis, lieutenant-colonel de marine, qui souffrait beaucoup de rhumatismes. En se couchant le soir, il mettait près de lui un pigeon renfermé dans une cage, et il se sentait soulagé, tandis que l'oiseau était agité par des convulsions.

10. — Dans les importants résultats thérapeutiques obtenus par Véquitation^ on a générale-

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