‹ Traité expérimental de magnétisme, avec portrait de l'auteur et figures dansChapitre 8 sur 25 · I. Dans une Cloche. — II, Dans des Plaques · texte numérisé non relu

I. Dans une Cloche. — II, Dans des Plaques

Le son est une gensation qui prend naissaace dans l'organe de l'ouïe sous l'action du mouvement vibratoire des corps, lorsque ce mouvement a lieu dans un milieu élastique, l'air par exemple. Il est le résultat d'oscillations imprimées aux molécules des corps, lorsque par le choc ou le frottement, l'état d'équilibre de ces molécules a été dérangé. Elles tendent alors à reprendre leur position première; mats elles n'y arrivent qu'en exécutant en-decà et au-delà de cette position des mouvements vibratoires rapides dont l'amplitude décroît très vite.

La rapidité des vibrations sonores est considérable, surlout pour les sons aigus, si on la compare à celle des mouvements qui lombent directement sous le sens de la vue ; mais elle est

beaucoup motns grande que celle des vibrations qui donne naissance à la chaleur, èila lumière, aii magnétisme propre à l'aimant et à Télectricité. Toutefois, on peut constater les premières par observation dij:ecte.

L'acoustique est Ja partie de la physique classique qui étudie la théorie des vibrations sonores. Cette théorie, longue et assez compliquée, ne nous étant pas indispensable ici, je ne m'attarderai pas à l'analyser.

Commençons donc par jeter un rapide coupd'œil sur le parti que l'on a cherché à tirer du son et particulièrement de la musique au point de vue physiologique et thérapeutique ; puis, sous l'une de ses formes la plus simple, nous l'étudieronsau point de vue purement magnétique.

La mythologie est remplie de faits qui attestent la puissance des ondes sonores et particulièrement celle du chant et de la musique. Les murs de Thèbes s'élèvent aux accents harmonieux de la flûte d'Amphion, et les murailles de Jéricho tombent sous l'influence des sons discordants des trompettes de Josué. En pinçant sa lyre, Orphée endort le terrible et vigilant gardien des enfers, et Ghiron calme l'ardeur guerrière du bouillant Achille .

Le chant et la musique ont toujours tenu une très large place dans toutes les cérémonies religieuses ; et les prêtres, qui ont pris là peut-être une

aussi grande satisfaction quel0ursfidèles,affirment que des concerts et des harmonies incomparables se font entendre dans le paradis pour charmer les loisirs des élus du Seigneur.

La musique exerce une action incontestable sûr l'organisme. Certains animaux y paraissent très sensibles. Il y a des chiens qui pleurent d'attendrissement, tandis que certains autres hurlent d'énervement. C'est au son de la flûte, modulé sur un air vif et fortement cadencé, que les charmeurs, autant peut-être que sous l'action de leur volonté, captivent les serpents. Le cobra indien, le redoutable serpent à capuchon, y est particulièrement sensible. Quelques auteurs affirment que l'araignée se plaît à entendre la bonne musique ; et Darwin raconte que des vers de terre placés dans du sable sur un piano, donnaient des signes de satisfaction quand ils percevaient les accords.

Bien que V. Hugo n'ait pas aimé la musique et que Th. Gautier ait écrit qu'elle est «le plus cher et le plus désagréable des bruits », les hommes et surtout les femmes partagent en général l'avis des vers de terre.

Une chanson nous berce et nous aide à souffrir

a dit Musset avec beaucoup d'à-propos. En effet, nous sommes presque tous de grands enfants qui, pour oublier les déceptions qui nous accablent si souvent, aiment à s'abandonner, rêveurs, aux dou-

ceurs d'une mélodie, comme les petits à s'endormir au chant cadencé de la nourrice.

David appaisait les souffrances de Saûl par les sons harmonieux de sa harpe; les chansons delà gentille Odette calmaient Charles VI; et Georges III était soulagé dans ses accès de folie par des concerts thérapeutiques.

L'action de la musique au point de vue physiologique et thérapeutique a été étudiée par quelques rares médecins et les ouvrages les plus importants qu'ils ont publiés sont les suivants : Effets et influence de la musique sur la santé et la maladie y par Ghomel ; SulV rnyotanzo Sociologlca e térapeutica (fe/^amwsica,parVigna. Depuis quelques années, cette étude a été poussée avec un peu plus d'activité. Un médecin russe, Dçgiel, a fait des observations fort intéressantes dont les résultats, confirmés dernièrement au bagne de Portland, parBlackmann, aliéniste anglais, paraissent démontrer que la musique agit particulièrement sur la circulation, en favorisant le cours de l'onde sanguine qui se répand plus paisiblement dans toute l'étendue de sa canalisation. L'assimilation et la nutrition étant intimement liées à l'activité de la circulation, on jjeut donc facilement admettre que la musique soit un précieux adjuvant de la nutrition et cherchera l'employer comme agent thérapeutique. C'est ce qu'a fait à Londres, il y a 3 ou 4ans, leR. Harford, chanoine de Westminster, en formant une société

dans le but : 1® de vérifier sur. le plus grand nombre de malades possibles l'influence de la musique comme calmant physique et moral ; 2» de former des musiciens infirmiers toujours prêts à répondre à l'appel des médecins : 3o d'installer un poste de secours médicaux où des relais d'exécutapits se succéderaient jour et nuit pour transmettre les ondes harmoniques par voie téléphonique à des salles de chaque hôpital.

Dqs expériences analogues entreprises en divers points, ontparait-il, donné des résultats fort satisfaisants. Un des plus importants a été de faire régner le silence dans les salles de chirurgie en procurant aux opérés les plus agités un sommeil réparateur. A Hélensburg, un comité de dames infirmières s'est constitué pour faire tous les jours de la musique vocale et instrumentale aux opérés. On a constaté que la température des patients baisse notablement et que leurs souffrances sont allégées. L'instrument qui parait exercer l'action la plus calmante est le violon. Mais les sons musicaux auraient par eux-mêmes une action si salutaire que l'on a même obtenu de bons résultats par des boites à musique mises en mouvement au moyen d'un moteur électrique ou d'un mécanisme d'horlogerie.

Dans la fièvre et les excitations mentales, on emploie les airs calmes et lents ; pour les états do dépression et de mélancolie, des airs gais et

entraînants ; pour les natures fatiguées et les convalescents, des airs religieux.

A la séance de TAcadémie de médecine du 17 septembre 1895, le docteur Ferrand alu un mémoire sur l'action physiologique de la musique. Je résume ses conclusions :

Au point de vue médical la musique peut être rapprochée des plus profonds modificateurs de l'activité du système nerveux; elle mériterait de prendre place en thérapeutique, à côté des agents antispasmodiques, c'est-à-dire de ceux qui modifient Tactivité des centres nerveux en leur communiquant des impressions autres que celles auxquels ils ont l'habitude d*obéir.

En variant ses modes, le mécanisme de son rythme, la vivacité de sa mélodie, le complexus de son harmonie, la musique semble pouvoir remplir le rôle d'antispasmodique soit simple, soit stimulant, soit modérateur. Le médecin ne devrait donc pas se bornera conseiller à ses malades d'aller entendre de la musique; mais il devrait encore faire un choix dans les oeuvres musicales, et, selon les cas, prescrire aux uns certaines œuvres qu'il défendrait à d'autres. Il faudrait déterminer aussi la quantité d'exercice musical qu'il conviendrait de prescrire à tel ou tel sujet.

Enfin, la musique serait capable d'agir sur le lien des sensations motrices et auditives et sur (^lui des images qui correspondent à ces sensations; capable par conséquent, de susciter des

idées sensibles et les sentimants qai s'y rattachent .

La musique n'agirait pas que sur les nerfs. On lui a môme attribué une puissante action pour empêcher la chute des cheveux, et il parait que certains observatçurs ont remarqué que les virtuoses du piano et du violon ne sont presque jamais affectés de calvitie.

n y a deux ans, Warthin^ professeur de clinique médicale de TUniversité de Michigan, a constaté d'une autre façon Taction de la musique sur les individus sains. En écoutant les opéras de Wagner à Vienne et à Munich, il avait cru remarquer que les spectateurs étaient plongés dans un état voisin de T hypnose. Il pensa que pour apprécier ces effets sur l'organisme humain avec plus de précision, il était d'abord préférable de choisir des sujets magnétisables, afin de les mieux isoler de toutes les autres inQuences extérieures. Choisissant pour cela des médecins et des étudiants au nombre de 7, 5 hommes et 2 fommes, il les endormit dans une chambre où se trouvait un piano et leur suggéra à peu près l'idée suivante : « Vous êtes morts à toute chose au monde, si ce n'est à la musique qui va vous être jouée. Vous ne sentirez et ne connaîtrez rien que cette musique, et une fois réveillés, vous vous rappelerez les sensations que vous aurez éprouvées . . . » .

Les sujets étant ainsi préparés, on joue du Wa-

gner, et rexpérimentateur observe attentivement le pouls, la respiration, puis il les réveille en notant leurs sensations.

Sur Tun d'eux, le pouls devient plus rapide, plus plein, la tension augmente de 60, le nombre des pulsations s'élève à 120 ; le pouls devient très vif et la tension s'abaisse. En même temps le respiration monte de 18 à 30. La figure exprime une grande agitation ; tout le corps est en mouvement; les jambes se lèvent, el les bras battent l'air ; le corps est couvert d'une sueur froide. Réveillé, le sujet déclare qu'il n'a pas perçu la musique comme son, mais comme une sensation générale, une sorte d'excitation produite par une « course furieuse à travers l'espace ». Un autre éprouva les mêmes sensations, mais les traits du visage furent moins modifiés.

On avait joué la Chevauchée des Walkyries. Un autre morceau, le Motif du Waîhala a provoqué un ralentissement du pouls avec élévation de la tension ; puis à la fin, une accélération extrême des pulsations avec abaissement de la tension. La sensation éprouvée par le sujet est celle « de grandeur et de calme sublimes ». La scène où Brunehilde appelle Siegmond au Walhala, détermine des modifications marquées [du pouls, qui est devenu faible, irrégulier et très petit. La respiration a diminué de fréquence, la face est devenue pâle et s'est couverte d'une sueur

froide. La sensation éprouvée par le sujet est « celle delà mort. »

Le même auteur observa que la 'musique est supérieure à toutes les méttiodes pour endormir les sujets, mais que tous les morceaux n'agissent pas également vile. L'un d'eux ne pouvait être endormi que par le Chœur des Pèlerins de Thannhausei\ A la 4® ou à la 5® mesura, le résultat était complet.

Il est probable qu'il y avait là de la suggestion ou beaucoup d'entraînement; car parmi les sujets qui vont à l'Opéra, au concert ou même aux offices religieux, il en est qui ne peuvent pas résister au sommeil et tombent en extase cataleptique ; mais le plus grand nombre d'entre eux résistent à cet effet et entendent la musique entièrement éveillés comme le reste des mortels.

Mais la musique n'en détermine pas moins des effets très considérables sur tous les sensitifs. C'est un divertissement depuis longtemps à la mode dans toutes les expériences magnétiques ; et l'on observe que, dans l'extase cataleptique, les sujets sont presque toujours entièrement dirigés par les ondes sonores. Au son d'un air guerrier, de la Marseillaise, par exemple, ils élèvent un bras vers le ciel, comme pour tenir un drapeau, et marchent fièrement, d'unpas agile et cadencé. Si Ton joue un galop, une valse, une polka, ils exécutent immédiatement cette danse plus ou moins artistement. Au son d'une marche funèbre ils

baissent la tête, prennent un air triste et recueilli et ma,rchent lentement, comme s'ils suivaient un enterrement. En revenant de Suresne les met dans un état d'ivresib ; et les sensations provoquées en eux pendant Texécution subsistent toujours au réveil et durent plus ou moins longtemps, si on n'a pas eu soin de les dégager.

Les ondes sonores, surtout quand elle sont douces et mélodieuses, favorisent toujours Faction du magnétisme. Après avoir défini la force magnétique et déterminé avec beaucoup de précision son mode d'action, Mesmer assure ce qui suit dans sa 16® proposition ; « Elle est communiquée, propagée et augmentée par le son ; » aussi, se servait-il de la musique, et particulièrement de Tharmonica, dans ses séances.

Il n*y a pas que la musique instrumentale qui exerce une puissante action calmante sur notre système nerveux, la musique vocale produit un effet analogue.

« J'ai souvent constaté, dit Bué, dans le Manuel technique de son Magnétisme curatif, p. 175, l'heureuse influence de la musique et surtout du chant dans les crises produites par les traitements magnétiques. J'ai vu notamment une jeune malade fort intéressante, Mlle Louise G..., atteinte d'atrophie musculaire progressive, chez laquelle le traitement détermina des crises violentes, très fréquentes, que la musique seule pou- 'vait maîtriser. Il suffisait qu'une jeune dame de

ses amies qui assistait aux séances et qui avait un joli timbre de voix, se mît à chanter doucement la charmante romance de Paul et Virginie^ « rOiseau s'envole », pour qu'immédiatement toute exaltation tombât et que le calme se fît. Une profonde détente avait lieu, des larmes inondaient le visage, et la jeune malade, subitement calmée, suivait dans une sorte d'extase les inflexions de la voix de son amie qui semblait la maintenir sous son charme invincible. »

Les bruits assourdissants sont aussi dangereux que les mélodies sont agréables ; et si Gharcot, qui plongeait ses sujets hypnotiques en catalepsie par les vibrations violentes d'un coup de gong, n'a jamais eu d'accident sérieux à déplorer, il aurait pu en être tout autrement si ses sujets n'avaient pas été entraînés à ce genre d'exercice.

La musique exerce donc sur tout le monde en général et sur les sensitifs en particulier des effets physiologiques plus ou moins importants dont il est bon çle tenir compte dans les conditions ordinaires de la vie. Etudions donc cette action au point de vue purement magnétique, en observant l'onde sonore sous l'un de ses aspects les plus simples, d'abord dans une cloche, puis dans des plaques.

§ L — Dans une Cloche.

Les musulmans n'ont pas de cloches dans les

minarets de leurs mosquées, car ils pensent que leur son pourrait effrayer les âmes des bienheureux qui jouissent de la béatitude éternelle dans le paradis de Mahomet. Mais en dehors de ces croyants, plus sages peut-être, et certainement meilleurs observateurs que beaucoup d'autres, remploi des cloches pour rappeler les fidèles au sentiment de leuis devoirs religieux se perd dans la nuit des temps ; et le son de ces instruments a été très diversement apprécié des profanes. Pour le plus grand nombre d'entre nous, ce n'est qu'un bruit plus ou moins assourdissant qui, prolongé, déplait plus ou moins quand il a suffisamment annoncé ce que l'on est convenu de lui faire annoncer. Mais le carillon plus ou moins savant, comme le glas f jnèbre, plonge dans une sorte de rêverie, de tristesse, de mélancolie même, certaines personnes ; et ces personnes sont précisément des sensitifs. Ce sont celles qui ne sont pas à leur aise à l'église, qui dorment mal sur le côté gauche la tête au sud, qui n'aiment pas les poignées de mains affectueuses et prolongées, etjque le clair de lune attriste.

Les lacédémoniens frappaient sur des chaudrons d'airain à la mort de leurs>ois, car ils pensaient que le son de l'airain chassait les mauvais esprits.

Au temps de la diablerie, on croyait dans toute

la chrétien é, que le son des cloches consacrées au culte selon les rituels en usage, c'est-à-dire baptisées et bénites, avait le pouvoir de mettre îe diable en fuite. Quand, dans le silence d'une nuit

enr^''! /'""'P"'*"'* ^'^ ^"PP^'« ^« sabbat, s" entendait le son des cloches, il était forcé de les

laisser choir et de s'enfuir aussitôt. Torquémada de sinistre mémoire, raconte .qu'une aZtvè de ce genre est arrivée à une femme aui fut aussitôt brûlée comme sorcière

Nous savons aujourd'hui que 'les sorcières n'éaientque de pauvres hystériques, et presoue toutes les hystériques sont des sensitives douéeT ou plutôt affectées d'une exquise délicatesse d' système nerveux qui leur permet de percevoir à un très haut degré des impressions à peine a. préalables pour le reste des humains. Nousï

Saint Loup, évêque d'Orléans, se trouvant à Sens au moment du siège de cette ville par C o taire, jeta l'alarme parmi les assiégeants en fli' sant mettre en branle les clochfs d l^g^" Samt-Etienne, et l'armée épouvantée prit la ftite!

Etudions donc cette action très sommairement' mais d une façon méthodique,sur de bons senS

I.- Pour cette étude, il n'est pas nécessaire d'avoir en sa possession la Savoyarde de MoTt martre, le Kremlin de Moscou, ni même le

Bourdon de Notre-Dame de Paris, une simple clochette de table dont on aura retiré le battant, une soupière, une coupe, un verre à boire, nous suffira.

Pour simplifier la description, disons de suite que nous prenons un verre de cristal, et remplaçons le battant de la cloche par une tige en bois, un crayon par exçraple.

♦ Le verre est sur la table. Si nous frappons des petits coups secs, de façon à le faire vibrer dans toute sa masse pour qu'il rende des sons clairs, et qu'un sujet sensitif introduise ses doigts dedans sans toucher les parois, ou qu'il place simplement la paume de sa main à 4 ou 5 centimètres au-dessus des bords, il éprouvera des sensations nettes et parfaitement caractérisées, qui ne seront pas les mêmes aux deux mains ; et ses sensations seront immédiatement suivies d'effets physiologiques différents. A la main droite, ce sera de la chaleur et de la contracture ; à la gauche, de la fraîcheur et de la paralysie.

Il y aurait donc dans le son de cette cloche improvisée une action magnétique analogue à celle que nous avons déjà observée dans l'étude des manifestations des autres agents de la nature.

IL — Prenons le verre dans une main, faisonsle vibrer avec la tige tenue dans l'autre, et, dirigeant l'ouverture du bas en haut, puis de haut en bas, nous constatons des effets différents

aussi bien cara'îtérisés que dans l'expérience précédente.

On vient de remarquer que ces vibrations que nous supposons déjà être des vibrations magnétiques différentes des vibrations sonores, sont positives quand le verre est posé sur la table, l'ouverture en haut, puisqu'elles excitent à droite et calment à gauche. En tenant le verre à la main, dans la mêma position les effets sont les marnes sur le sujet ; mais quand nous dirigeons l'ouverture en sens opposé, c'est-à-dire vers la terre, ils sont inverses: à la main gauche, c'est de la chileip et d 3 la contracture, tandis qa'à la droite, c'est au ontraire de la fraîcheur et de la paralysie.

La modalité de cet agent est donc positive quand l'ouverture de la cloche est dirigée de bas en haut, négative, quand elle est dirigée de haut en bas. Et comme nous savons que les actions positives qui s'exercent sur l'ensemble de l'organisme sont agréables, nous trouvons là l'explication magnétique rationnelle de la sensation plus ou moins désagréable éprouvée par certaines personnes au son des cloches — qui, toutes, ont l'ouverture dirigée vers la terre, c'est-à-dire de haut en bas. Les effets sont analogues à ceux qu'ils éprouvent dans le voisinage d'une chute d'eau, où l'on constate la présenee de l'électricité négative. (V. le ch. VIII).'

La raison qui fait que les musulmans n'ont pas de

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cloches dans leurs minarets, pour laisser en repos les élas de Mahomet, comme Taction désagréable ou nuisible que la croyance des chrétiens du temps de la sorcellerie fait éprouver au diable et à ses suppôts, au son de ces instruments, et même la panique déterminée dans l'armée assiégeant la ville de Sens,sont donc parfaitement justifîé'es.II n'y a pas de superstitions, mais des faits réels dûs à des causes physiques dont la nature était inconnue.

III. — Tenons horizontalement le verre à la main, et frappons dessus comme précédemment pour lui faire rendre des sons. Si l'ouverture est dirigée vers le nord et vers l'est, les vibrations magnétiques sont positives, tandis qu'elles sont négatives vers le sud et vers l'ouest. On s'en rend compte en exp3rimentant sur les différentes parties du. corps des- ssnsitifs.

IV. — Pienons deux verres de la même eauf pendant 2 à 3 minutes, dirigeons sur l'un d'eux les vibrations du verre, soit en haut, au nord ou à Test ; dirigeons: ensuite pendant le même temps sur l'autre verre les mêmes vibrations, soit en bas, au sud ou à l'ouest, et donnons-les à déguster à un sensitif. L'eau du premier verre lui paraîtra acidulée, fraîche, légère, agréable ; tandis que celle du second lui semblera alcaline,, tiède, fade, désagréable.

^ îtï --

V. — Prenons un fil métallique fixé quelque part au plafond, par exemple^ dont une extrémité,, forte et rigide, soit mise à notre portée, pour se plier et se maintenir dans toutes les directions, quand l'autre extrémitéconduit l'action sur le sujet,, soit à l'extrémité de la pièce, soit mieux encore dans une pièce voisine. Là, nous verrons se reproduire avec une très grande précision tous les phénomènes que nous connaissons. L'agent magnétique sera refléchi par une glace ou une surface polie, réfracté par un prisme; et s'il tombe par plusieurs fils parallèles sur une lentille biconvexe,les rayons réfractés vont se concentrer au foyer, comme on l'a observé au § V du cJiap. V.

§ rr. - Din^^ (Tes Plaïucr

On vient de remarquer que l'agent magnétique qui prend naissance dans le son d'une cloche est soumis, jusqu'à un certain point, au courant magnétiq.uo de la terre, comme celui- qui provient de la chaleur. Dans des plaques, il se comijorte- en tous points comme celui-ci. Il est donc inutiled'en répéter la description ; et pour les expérieaces,, on se reportera au § IV du ch. VIII.

Les ondas sonores ne se transmettent pas à grande distance sur un lîl. Les effets observés chez les sensitifs près d'un corps en vibration ne

peuvent pas être déterminés par les ondes sonores ; car si elles étaient capables de produire un effet quelconque sur une partie du corps^ cet effet serait le même sur toutes les autres parties. En admettant encore que les vibrations sonores puissent exercer par elles-mêmes une action quelconque , cette action serait la même dans toutes les directions.

Voyant qu'il n'en est pas ainsi, nous sommes obligés de reconnaître ici la présence d'un agent inconnu des physiciens qui ne saurait être que le magnétisme physiologique^ comme nous l'avons observé dans le corps humain, dans le magnétisme propre à l'aimant et au globe terrestre, dans l'électricité, la chaleur, la lumière, le mouvement ; et comme nous l'observerons dans les décompositions chimiques, dans les odeurs, chez les animaux, les végétaux, et dans le plus grand nombre des corps de la nature.

Il y a donc dans le son deux ordres de vibrations : lo les vibrations sonores, à proprement dites, que l'on peut constater par observation directe et qui nous donnent la sensation du son ; 2° des vibrations magnétiques, inconnues dans leur nature, et dont aucun instrument, si ce n'est le système nerveux des sensitifs, n'est capable de constater la présence.

MAGI^ÊTISMË DE& ACTIONS GHIM1<|UES

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