TAUX
d'accroissement
PRODurr
à la un de la
RÉVOLUTION RÉDOITB)
st.
Pour compenser la diminution de gros bois, résultant du passage de la révolution de 20 ans à celle de 15, on aurait donc par hectare 200 baliveaux de 35 ans, donnant 27 m. c. ou 40 stères. La compensation serait équivalente de 15 à 10, et à la révolution de dix ans, elle se produirait régulièrement avec une réserve de 600 baliveaux. Gomme on ne descend pas au-dessous de l'époque du maximum d'accroissement, la compensation s'obtient par surcroit,
100. Futaie siioiple. — Avec ce traitement, les révolutions sont de longue durée : 100, 120, 150 et même 200 ans. Dans cette dernière hypothèse, chacune des 20 divisions de la forêt prise pour exemple correspond à une décennie de la révolution, et fournit les coupes de dix années, après lesquelles elle se trouve repeuplée en bois de 1 à 10 ans.
La révolution la plus habituelle est de 120 ans, divisée en 4 périodes de 30 ans chacune. Cinq divisions sont aflPectées à chaque période, et fournissent à leur tour les coupes pendant ime durée de 30 ans. Les bois de 1 à 30 ans se trouvent ainsi sur la quatrième affectation, ceux de 31 à 60 sur la deuxième, ceux de 61 à 90 sur la troisième, et ceux de 91 à 120 sur la première, qui est en tour de régénération. Ainsi s'établit la gradation des âges avec la régénération naturelle. Elle est beaucoup plus régulière avec la coupe rase de proche en proche, suivie de repeuplement artificiel. On préfère cette dernière méthode à cause des difficultés et de Thiégalité de la régénération naturelle.
C'est surtout à rabaissement des longues révolutions qu'il faut tendre dans la futaie simple, parce qu'il diminue la durée du placement en forêt.
La révolution de 120 ans dépasse de beaucoup le terme du maximum d'accroissement qui peut être atteint de 4rO à 80 ans au plus tard. Le taux d'accroissement est à peine de 2 ^'/o dans les bois de 120 ans, mais il est encore de 8 à 10 Vo dans les bois de 40 à 60 ans. De même que dans le taillis simple, on peut abréger la révolution sans perdre ni sur la quantité ni sur la^ qualité des produits.
C'est sur cette observation que repose la demi'
futaie (1) imaginée au siècle dernier et peut-être même plus tôt, mais incomplètement définie. Elle consiste à faire la coupe vers l'âge moyen en laissant une réserve suffisante.
Dans la forêt ci-contre prise pour exemple, la révolution est de cent vingt ans, ou coupe à quatre-vingts ans, les divisions impaires sont occupées par les bois de un à quarante ans, et les divisions paires par les bois de quarante et jm à quatre-vingts ans. Les divisions paires sont régé-
(1) C'est ce mode d'exploitation qui est donné sans explication, pages 15 à 17 de la précédente édition. La révolution adoptée est quatre-vingt-dix ans, elle est abaissée de trente ans et Ton exploite, tous les soixante ans, par coupes sexennales, des bois de quatrevingt-dix ans.
Bécées en ^quaiiiiâciie ans par cwpes décennales, et l'on dégage fii&alameût lupe Jetine futaie de un à quarante ans» d'âge mêlé. Pendant ce temps les divisions impayés sont édaircies par^xnq^^es décennales,*
Itien n'est plus ^suai^ que le plan d'exploitafiton pour lajréiiahitîoiidei^^fms rédmte à 80 ans.
Chaque iaïuiée, deioc coù^s, Tuae d'éclaircie dans les dinskm3 îoipaiies {>eQdaut les 40 preniières acmées, et dans les divisons paires^ peudsaat les 40 dermères, l^utpre de régénésratioFn da^s les di^iëons paires pen^ dant les 40 premières années, et dans les divisions iiipMres peQ4aBt les 40 dernières.
On exploite tous ks 80 ans des bois de 1^ ans, et la îgfét :Se rec^i^ m bois de i à 40 ans d'âge mêlé, dfftgagés 9itemativ«]neiM> dans les divisions paires et ^s \e& diyiai<His impaires, par quatre coupes décennies de régénératiûo.
&iQ|us le fQOJiQ de forêt à double étage, ce mode de inaitecnenlt a été de nouveau préconisé il y a une qua- E9lM9^ine d'années, mais il n'a pas obtenu toute l'attention ^'il mérijUdl. Sa supériorité sur la futaie simple ^ lam^feste, mais il a comme celle-ci, quoique à un d€^é f9ï(mdre^ rii^convénient d'entamer le capital forestier par ia dégagenvent de la jeune futaie d'âge mêlé de 1 à 40 ans.
iùi. Taillis composé. ^ Généralement plus longue que dans le taitlis simple, la révolution du taillis composé varie à peu près dans les mêmes limites.
L'qpplicalioQ du contrôle à cette forêt a mis en évidence dlimportantes données sur Taccroissement 4es réserves :
4° Très rs^depen^nt les premières années du taillis, l'accroissement des réserves «e ralentit ensuite pour s'accélérer de nouveau à une exploitation nouvelle, ne fût-elle qu'une éclaircie.
â* Les réserves de diflTéP^ts âges ne profitent ni autant ni aussitôt «ptès la coupe les unes que les autres. Tandis qiie les jeunes réserves d'un et deux âges s'accroissent immédiatement à des taux très élevés, les vieflles résarves attendent quelquefois un ou deux ans avant de prendre leur essor, mais leur accroissement se soutient mieux.
3* La reprise après l'exploitation est tout à la fois plus prompte et plus forte avec les courtes qu'avec les longues révolutions.
4^ La futaie d'xme ^soupe est «ew^e à un maximum d'accroissement dont l'époque parsdt coïncider avec celle du taillis.
5® La futaie rend par l'accroissement du branchage ce qu'elle fait perdre au taillis par son couvert.
Dans la forêt divisée en vingt coupes, prise pour exemple, si la révolution est de vingt ans, on exploitera une coupe chaque année. Si elle est plus longue ou plus courte, on fera, conune il a été dit pour letaillis simple, soit des demi-coupes, soit des coupes supplémentaires, pour augmenter ou diminuer la révolution, sans changer l'assiette des divisions/ Les demi-coupes peuvent au besoin être inéUquées par des tranchées {WTOvisoires qui disparaîtront après l'exploitation.
90 TmAITEMEST IT AMÉSSiAeXMEST.
11 y a intéfèl^ dans le UiQis c<Nniposé comme dans le taîQîs simple^ à àbnég» les léTdolîoiis, et pour compenser la dùninatkm de gros bob qui en lésolte, on réserve pins de balÎTeanx qn*îl n'en &nt ponr le recmtemeni de la fnlaie, ei lexcédent se conpe à la réyolntion suivante.
C'est d'qurès le ceodtr&le qne % d^ermine k composition de la futaie. Le taux de raccroissement des petits bois et des bois moyens étant beaucoup plus élevé qne le taux du placement en forêt, il est nécessaire, pour ramener à eelui-dle tauxmoy^Ei, d'avoir dans le peuplement une forte proportion de gros bois dont Taccroissement se £adt à 3 */• ^l quelquefois moins. Le calcul à établir se fidt comme pour la fotaie composée et est indiqué au paragraphe suivant.
102. Futaie composée on jardinée. — La révolution ou périodicité des coupes dans cette forêt est de six, huit ou dix ans au plus.
Le contrôle donne pour la période écoulée Taccroissement par division et pour la forêt entière.
En principe, si Ton coupe une proportion du matériel équivalente à Taccroissement de la période écoulée en opérant de manière à rétablir le peuplement dans son état primitif, il reproduira pendant la période sui* vante le même accroissement que pendant la période écoulée. Mais ce principe admet 1 état normal, qui se rencontre rarement.
En fait, le propriétaire, connaissant par le contrôle raccroissement et les conditions dans lesquelles il s'est
produit, agit en toute assurance. Il coupe autant, moins ou plus que l'accroissement constaté, suivant qu'il a intérêt à maintenir, augmenter ou diminuer le capital forestier. Chaque division arrivant en tour d'exploitation fournira la même proportion de son accroissement, et l'étendue de la coupe annuelle sera inversement proportionnelle à sa fertilité. Le nombre des divisions, qui est de vingt dans la forêt prise pour exemple, facilitera évidemment l'égalisation des coupes annuelles. Chaque coupe comprendra une ou plusieurs divisions en raison du contingent qu'elles doivent fournir à la possibilité. EUes ne seront jamais ni groupées ni fractionnées , comme il arrive avec les longues révolutions.
Le matériel de la réserve se divise en bois gros, moyens et petits. Les gros bois sont les arbres de 1™80 de tour et plus, les bois moyens, de i"20 à l^'ôO, et les petits bois, de 0*60 à i mètre, mesure prise à 1"33 audessus du sol.
L'expérience indique que les gros bois doivent former 0.50 du matériel, les bois moyens 0.30, et les petits bois 0.20.
On peut se servir de cette indication dans la forêt de taillis composé comme dans celle de futaie mélangée. Le quantum de la coupe étant fixé, il se répartit entre les trois classes du peuplement de la division. Si les gros bois sont en minorité, on n'y coupera que les dépérissants, on coupera peu dans les moyens, et c'est surtout dans les petits bois qu'on prendra jusqu'à concurrence du chiffre de la possibilité.
92 TRAITEMENT ET ABCÉNAGEMENT.
Dans le taillis composé, les petits bois sont fournis par les baliveaux devenus modernes. On n'en réserve que le nombre nécessaire auTecrutement de la futaie. La place doit rester aux baliveaux de Tâge, qu'il faut avoir en excès pour trouver à la coupe suivante le gros boîs que Ton perd dans le taillis par l'abaissement de la révolution.
En résumé, les deux types de forêts donnent lieu à quatre principaux modes de traitement : le taillis simple, la futaie i'âge gradué ou futaie simple, le taillis composé et la futaie d'âge mêlé, composée on jardinée. Le traitement est en réalité l'art de faire la coupe, et le contrôle, en la réglant d'après l'accroissement, tend à ramener la culture forestière à la futaie d'âge mêlé, qui est la plus intensive et la plus rémunératrice.
Furetage. — C'est ici le lieu de parler de ce mode de traitement que Ton confond quelquefois avec le jardinage, n consiste à revenir avec la coupe tous les trois, six, neuf ou douze ans, suivant l'usage local, et à prendre chaque fois tous les sujets dépassant une certaine grosseur ordinairement fixée à deux ou trois décimètres de tour et mesurée à la main dans les forêts de hêtre. Quand il se pratique dans les sapinières, la limite est plus élevée, mais ne dépasse pas le minimum de grosseur de l'arbre de futaie.
Ce mode de traitement ne comporte donc pas l'éducation de la futaie proprement dite.
Le jardinage est au contraire le mode de la futaie par excellence. Il consiste à avoir uniformément sur tonte la
foret, et sur chaque division en particulier, le matériel de futaie le plus considérable, à revenir avec la coupe tous les six, huit ou dix ans, exploitant chaque fois les arbres mûrs, défectueux, mal placés ou surabondants, dans la mesure de l'accroissement qui s'est produit depuis l'exploitation précédente, sans jamais entamer le capital, et en s'arrangeant de manière à ce qu'il reste toujours composé le plus avantageusement, eu égard au nombre , à la qualité et à Tagencement des arbres de toutes dimensions dans la composition des massifs.
Le jardinage est par excellence la culture forestière intensive, tandis que le furetage est surtout une culture extensive. L'un est presque l'opposé de l'autre.
Le furetage a été beaucoup plus répandu qu'on ne le pense généralement. Il y a quarante ans, on en trouvait encore les traces dans un très grand nombre de forêts de montagne où le hêtre domine, et quelques propriétaires le pratiquent encore dans leurs sapinières. L'exploitation se faisait le plus souvent en têtard dans les forêts de hêtre, afin d'attémier les inconvénients du pâturage, et, dans les forêts mélangées, de prévenir l'envahissement des résineux. Par suite de l'élévation du prix des bois et des améliorations des voies de conununication, il n'a plus sa raison d'être que dans les pentes escarpées, où l'on ne peut élever de futaies à cause des dégâts causés par l'exploitation des arbres de grandes dimensions.