CHAPITRE IV
AMENAGEMENT
103. L'aménagement est la réglementation da traitement pour un certain nombre d'années au bout duquel on le revise. Il est d'usage de réviser l'aménagement à des intervalles égaux ou périodes dont la durée doit être courte.
104. Travaux préparatoires. — Quand il s'agit d'aménager une forêt, on recueille d'abord les renseignements statistiques qui la concernent : nom^ origine, situation, limites, exposition, sol, climat, altitude^ essences^ peuplements,..,, et l'on fait une étude approfondie du traitement qui a été suivi et des sefmtudes^ qui pèsent sur la forêt.
Il faut ensuite rapporter sur le plan les chemins existants, les ruisseaux, les crêtes de montagne et en général tout ce qui peut servir de démarcation entre les différentes parties de la forêt.
AMENAGEMENT. 95
On doit encore indiquer, s'il y a lieu, les rectifications à faire aux anciens chemins et les nouveaux chemins à établir (1).
105. Aménagement sur le terrain. — Pour qu'il soit facile d'apporter de Tordre dans l'exploitation et de classer les renseignements utiles au contrôle, il est nécessaire de partager la forêt en un certain nombre de divisions bien délimitées sur le terrain et rapportées sur les plans. Ce travail est Vaménagement sur le terrain.
Ces divisions doivent être à peu près égales entre elles, aboutir sur les principaux chemins servant à Tenlèvement des produits et n'avoir qu'une certaine étendue. Elles seront limitées par des chemins, des ruisseaux, des crêtes de montagne,.... et à leur défaut par des tranchées droites, défrichées et fixées à leurs extrémités par des poteaux, des bornes, des bouts de murs ou de fossés (2). En montagne on peut conserver les arbres des tranchées en les ceinturant et en les numérotant à rhuile.
106. Prévision des exploitations. — On procède ensuite au dénombrement des arbres de futaie par division. Les calepins d'opération sont relevés au cahier d'aménagement, état n** 1, récapitulés à l'état n® 3, sur lequel on établit la prévision de coupe pour chaque division. On indique ensuite à l'état n** 4, I" partie, le&
(1) Voir Exécution des travaux.
(2) Idem.
divisions à exploiter pendant chacune des années de la périjode.
La prévision s'établit pour la durée de la période, qui est de six, huit ou dix ans au plus. Dans la forêt normale, toutes les divifiii>n6 diomiit; èÉre explûiHéesr pendant sa durée: H n'en est pa9> toujours ainsi pour la forêt irrégulière, dans laquelle rexploitation de quelques ai vissions peut être avancée ou; reculée. De cette manière:, chaque coupe est exploitée pour le moment convenable et non plus à des époques prématurées ou tardives^ comme il arrive avec la méthode des révolutions, qui est Tobjet de critiques anciennes au nombre desquelles on doit citer celle de Buffon W.
107. Coupe extraordinaire. — Les forêts renferment l'épargne d'une suite d'années et souvent des richesses
(1) « .... Un père de famiUe, un homme arrangé qui se trouve » propriétaire d'une quantité un peu considérable de bois taillis, » commence par les faire arpenter, borner, diviser et mettre en » coupe réglée ; il s'imagine que c'est là le plus haut point d'éco- )} nomie : tous les ans, il vend le môme nombre d'arpents; de cette » façon, ses bols deviennent un revenu annuel. Il se sait bon gré de » cette règle, et c'est celte apparence d'ordre qui a fait prendre » faveur aux coupes réglées. Cependant, il s'en faut bien que ce » soit là le moyen de tirer de ses taillis tout le parti qu'on en pouN » rait obtenir. Ces coupes réglées ne sont bonnes que pour ceux qui » ont des terres éloignées qu'ils ne peuvent visiter : la coupe réglée » de leurs bois est une espèce de ferme ; ils comptent sur le produit i> et le reçoivent sans se donner aucun soin. Cela doit convenir à )) grand nombre de gens; mais pour ceux dont l'habitation se trouve u fixée à la campagne, et môme pour ceux qui vont y passer un D certain temps toutes les années, il leur est facile de mieux orga- » niser les coupes de leurs bois taillis.... »
ooofiidérables. EUm doîveiki pi^ 4^Ud mî$o& fouroir 4(9s ressources pour I^s bf soms extraorâinakeis.
Ces ressources s'obtiennent par k rédisntion d'uae partie du capital forestier. Il se compose d'éléments diTèrs 6'8ceroisâaBJt) âanâl'étâiAOrmal, m \0mm(fpm du plgH^iuenit en fi)i?èt> soît 3*5 V« P^ exemfde. {j^ jem^s bois s'aecroissaftt à un tnux beauco$^ pluB ^evé^ îl filèlt* pour obtemr m im% mojm, ^e te ^auplameat vffiferme une oertamep^op^^rtioa da.viet^ bois s'acênûsaKHt à UQ taux moii»bre^ €'^t ^soîmi ces viâua bdis qti# la coulée exiraorclinaire Aoit lire prise^ lis coo^tr^e penn^t d'en calculer le cube, qui «eraportéà YUai deprévimfi.
La coupe ei^traordiiftakre n'esl» d^c q^'us. empswt fait au capital <}e la forêt dans ujabui déterminé^ et ^n doit le iresl.ituer en recoastituaut le matériel réalisé.
Si la coupe extraordinaire ne dépasse pas une certaine mesure que l'on apprécie à l'aide du contrôle, et si elle est régulièrement faite, le taux du matériel restant après la coupe s'élève dans une proportion sufiBsante pour produire une sorte d'amortissement et reconstituer au bout d'un certain temps le matériel enlevé.
Si au contraire la coupe est trop forte et irrégulièrement faite, non seulement il n'y a plus d'amortissement, mais la fertilité s'altère et la dépréciation de la forêt qui en résulte est une charge qui s'ajoute à celle de Temprunt.
n est évident qu'on ne peut faire de coupe extraordinaire dans une forêt appauvrie.
Réaliser le plus possible, soit que l'on conserve ou que l'on vende la forêt ainsi amoindrie, est une pratique coutraité FORESTIER. ^
traire à Tintérèt bien entendu. Les derniers bois exploités s'accroissaient souvent à 10 ou 15 Vo et on les change contre de l'argent à 4 1/2 Vo*
d08. Révision. — L'inrentaire de la forêt par division renouvelé à la fin de la première période et comparé à celui du début, en tenant compte des bois coupés dans l'intervalle, indique les résultats du traitement et de l'aménagement pendant la première période et sert à régler les prévisions de la deuxième période. Les prévisions de la troisième se règlent comme celles de la deuxième, et ainsi de suite. La donnée de l'accroissement fournie parle contrôle devient de plus en plus précise et l'on ne tarde" pas à découvrir d'importantes simplifications dans le travail des revisions périodiques.