‹ Traité forestier pratique manuel du propriétaire de boisChapitre 43 sur 106 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

109. Coupe. — La coupe annuelle dans la forêt d'âge mêlé se fait à la fois dans les deux étages. Elle est principale et à'éclaircie dans l'étage supérieur, et i'éclaircie et de nettoiement dans l'étage inférieur.

Dans le taillis composé, on exploite d'abord le taillis, à la réserve des baliveaux de l'âge, et l'on coupe ensuite la futaie.

Dans la futaie composée ou jardinée, on exploite d'abord la futaie, et on fait ensuite dans l'étage inférieur l'éclaircie et le nettoiement.

En principe, la coupe se fait par divisions entières. Elle peut comprendre plusieurs divisions. Si une division n'a pu être achevée dans l'année, elle doit être terminée dans Tannée suivante avant d'en entreprendre une autre.

La coupe est régulière dans le peuplement no7*maL La consistance de ce peuplement s'altère par Taccumu-

100 TRAITEMENT ET AlkiÉNAGEMENT.

lation de raccroissement annuel, et la coupe régulière est Tenlèvement périodique de cet excès de matériel dans les différentes classes d'arbres du peuplement, de manière à le rétablir dans son état primitif.

Quand la division est irrégulière en raison de TinsufiBsance, de Texcès ou de Tarrangement défectueux des arbres dans la composition du peuplement, la coupe est dite de régularisation. Elle a pour but de ramener le plus promptement possible le peuplement à Tétat normal.

C'est d'après les données du contrôle que se règlent la quotité de la coupe à faire dans l'étage supérieur et le choix des arbres dont elle doit se composer.

Dans Tétage inférieur, il ne faut pas craindre d'enlever les sujets endommagés par l'exploitation, de desserrer les jeunes bois, de couper les traînants et les morts-bois, et Ton doit avoir soin de faire des préparations de futwes en dégageant quelques-uns des plus beaux brins.

Bois secs et chablis. — Dans toutes les forêts il y a des bois secs^ chablis ou de délit. On les exploite chaque année où ils se trouvent, en observant de les porter au compte de leurs divisions respectives.

Les arbres à exploiter dans les coupes principales sont généralement désignés par un martelage. Il n'en est pas toujours de même dans les coupes 46 nettoiement et de première èclaireie) lorsqu'îlB sont trop âiibles ou trop nombreux.

110. Marteau. — Indépendanunent de ceux des gardes et des agents, le propriétaire a mi marteau s^^cîal servant uniquement au martelage des coupes.

APPLICATION. i^

Quand le propriétaire n'opère pas lui-même, il remet le marteau à la personne qui le remplace. D lui est rendu aussitôt après Fopération.

ill. Martelage. — L'empreinte du marteau est apposée sur un blanchis fait à TarLre avec la hachette du marteau.

Cette apposition d'empreinte est le martelage^ qui se fait de deux manières, en délivrance et en rése7*ve.

Le martelage en délivrance consiste en deux marques, Tune à la racine et l'autre au corps de l'arhre. La première doit être représentée à la vérification ou récolement de la coupe. Tous les arbres non marqués sont réservés de droit ; les arbres marqués sont seuls exploités.

Le martelage en réserve se fait de plusieurs manières. Dans les futaies pleines, il consiste dans une seule empreinte du marteau, ordinairement apposée un peu au-dessus de la racine.

Dans les taillis composés, il varie avec la qualité de la réserve. Le brin de Tâge du taillis, appelé baliveau, n'a qu'une seule marque à la racine ; le moderne^ ou futaie de deux âges, en a deux séparées par une plaque d'écorce; et Y ancien, ou réserve de trois âges et au delà, n'en a qu'une. Tous les sujets non marqués s'exploitent, les sujets marqués sont seuls réservés.

Dans certain» pays, les réserves sont désignées par un ceinturage à l'huile.

Martelage mixte ^^ Ce martelage est pratiqué dans les taillis composés de certaines régions où l'on se propose de favoriser la tendance naturelle du sapin à se pro»

pager dans les bois feuillus. Les résineux sont marqués en délivrance et les feuillus en réserve. Tous les résineux non marqués se réservent, tandis que tous les feuillus non marqués s'exploitent.

Le martelage en délivrance, toutes les fois qu'il est possible, est le meilleur, car il est plus facile d'apprécier l'arbre qu'il convient d'exploiter immédiatement que celui qu'il convient de réserver encore pour la durée d'une révolution. Si Ton a trop peu marqué en délivrance, on peut toujours revenir sur l'opération. Mais si l'on a trop peu réservé, le mal n'est plus réparable.

Le martelage des coupes principales est l'opération la plus importante de la gestion. Un même nombre de mètres cubes à prendre dans un canton déterminé peut donner des résultats bien différents, suivant la manière de choisir les arbres dont il se composera. Il importe de ne pas s'écarter des indications tirées du contrôle dans le choix des arbres à exploiter.

Si la coupe de nettoiement et à!éclaircie ne peut toujours être martelée, elle peut être, la plupart du temps, l'objet d'un griffage en délivrance, c'est-à-dire des sujets à abattre. Elle se fait très bien également sous la simple surveillance du garde, lorsqu'il est habile à choisir et à former les ouvriers. Elle est accompagnée de la préparation de futaie, qui consiste à émonder et à dégager quelques-uns des plus beaux brins.

Les coupes de bois secs, chablis et de délit sont marquées par le garde, qui se sert à cet effet de son marteau. 11 en dresse par division des états de cubage, dans la forme indiquée page 104-.

Les arbres marqués dans les coupes en délivrance reçoivent un numéro d'ordre au martelage et sont inscrits au carnet de coupe, modèle page 404f. Ce carnet, dont les trois premières colonnes sont remplies au martelage, est transcrit au livre des coupes et est ensuite complété par le garde, à mesure de l'exploitation.

Les arbres exploités à im titre quelconque sont, autant que possible, mesurés, abattus et portés au livre des coupes, avec indication de la division et de la nature de la coupe. Ce livre est du même modèle que Tétat de cubage et le carnet de coupe, page 104. Celui-ci, destiné à être porté en forêt, est de dimension plus petite. Le feuillet du livre partagé dans la longueur forme la feuille du carnet.

TRAITEMENT ET lUÉKAOEUENT.

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412. Récolement, — Le récolement est l'acte du propriétaire qui se rend compte par lui-même des travaux exécutés en forêt et plus particulièrement du résultat des exploitations.

Il consiste à s'assurer de Texécution des marchés, surtout de l'exploitation des coupes et de la conservation des réserves.

Les réserves au récolement sont comptées et mesurées de la même manière qu'au martelage et aux autres dénombrements.

n est d'usage de rédiger procès-verbal du récolement des coupes. A la fin du volume, se trouve une formule de procès- verbal du martelage et du récolement.

Le récolement est une opération importante et d'un effet très utile sur le personnel forestier. Les bons agents aiment la vérification d'un propriétaire éclairé et soigneux de ses intérêts.

Les calepins de martelage et de récolement sont relevés au cahier d'aménagement, aussitôt après l'opération.

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