‹ Traité forestier pratique manuel du propriétaire de boisChapitre 5 sur 106 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

suite de ce qu'en raison de ses propriétés, elle peut s'adapter à difiérents usages. Mais ce n'est ni de sa substance ni de son utilité que résulte la valeur du bois. Elle vient exclusivement du travail fait pour obtenir la substance ligneuse et la rendre utile, c'est-àdir(^ l'approprier aux différents usages qu'elle peut avoir. Ce travail devenu inséparable de la substance est le résultat des mains-d'œuvre de toute sorte auxquelles il a fallu recourir pour asservir à nos besoins la matière ligneuse. La valeur du bois n'est donc autre chose que le prix de la main-d'œuvre incorporé dans sa substance.

Importer un mètre cube de bois commun d'une valeur de 20 francs dans son pays d'origine, c'est donc importer 20 francs de main-d'œuvre de ce pays. Si le prix du mètre cube semblable est de 30 francs dans le pays importateur, le laisser entrer eaa-fRrarfro^, c'est mettre la main-d'œuvre étrangère sur le même pied que la main d'œuvre nationale, c'est lui accorder une prime de 30—20= 10 francs. Et cette prime se trouvera prélevée sur la main-d'œuvre similaire du pays importateur, car c'est bien elle qui est Ahlîgfa^ d'abaisser ses prix de la quantité nécessaire pour faire cette prime.

Appeler cela du libre-échange, c'est un abus de langage, c'est au contraire de la protection à rebours, et les traités qui le consacrent sont l'asservissement à l'étranger, non seulement de la pro-

Page 1