I I 8 TRAITÉ GÉNÉRAL
saisir ce rapport; lorsqu'ils sont encore à leur état imparfait,, le fluide nutritif pénètre jns(|ua leurs extrémités libres, plus lard il s'accumule, et reste au pédicule qui les supporte. Qu'on suppose une dernière époque où les individus s'isoleraient complètement du tronc, on retrouverait les dispositions qui caractérisent les hy lres ou les polypes simples.
Rien ne reproduit plus fidèlement les conditions relatives des membres d'une communauté de cesétres, que ces monstruosités dans lesquelles la totalité ou la moitié supérieure du corps se présente en nombre double. Chaque corps n^est, par rapport à l'ensemble qui résulte de leur réunion, qu^un seul appareil organique; mais la comparaison de ce corps ou portion de corps double, avec un individu régulier de l'espèce à laquelle il appartient, fait reconnaître chacun d'eux pour un organisme propre, doué d'une existence à part, parce qu'd possède à lui seul toute la structure des êtres de celte espèce.
Ajoutons à ces considérations celles qui résultent de l'observation des phénomènes que présentelemodede reproduction des naïades (r) et la copulation des ténias (->.).
(r) O.F. Millier, voii Wurmern des sùssen u . Salzwassers. Kopcnhagen , 1771. ( Vers d'eau douce et d'eau salée).
(a) Carlisle, trans. oftheLinn. Society, vol. II, p. aaS. — F. Th. S. Schultze dans Hcclicr's Jnnalcn, Berlin, iSiS, mai; et dans la Nouvelle Bibl. Mcd. Paris, i8a5, novembre, p. 5 8 7.
d'aNATOMIE COMPARIiE. 1 Ig
Dans les premiers de ces animaux on voit d'abord quelques articulations terminales grossir, saillir en bourrelet circulaire, se détacher, former de nouvelles naïades , produire plusieurs fois ce phénomène ; jusqu'à ce que l'une des arliculalions, après s'être renflée, s'étrangle, et reste ainsi attachée au corps.
Dans les ténias les articulations s'accouplent et se fécondent réciproquement.
Ces êtres, et surtout les ténias ne sont-ils pas un passage des polypes composés aux polypes simples? Chaque articulation ne représente-t elle pas un individu , et toutes ensemble ne sont-elles pas les organes partiels d'un ensemble commun? analogie, qui se confirme quand on observe que la première articulation a seule des bouches ou des modifications de forme qui les rappellent, et que les sections se succèdent suivant un sens longitudinal. Cette multiplicité des ouvertures buccales dans beaucoup d'entelminlhes et cl*ez les acalèphcs , mérite d'être remarquée ; elle est vraisemblablement un vestige et un indice d'une composition ana-. logue.
Les espèces de cette division, les plus inférieures du règne animal, sont formées d'une substance homogène, molle, de nature gélati-
I20 TRAITE GliNÉRAL
neuse, qui compose ég alement les polypes 3c^\omerés.
L'é ément solide des lilhophytes est le carbonate de chaux ; c'est i'albumine concrélée dans les cératojjhytps.
Les phénomènes qui manifestent la formation de ces êtres se prononcent avec énergie et sont très- si m pi es.
Plusieurs d'entr'eux , notamment la plupart des infusoircs et des entelminthes, se formentpar génération équwoque y avoir été procréés
par des parens semblables à eux; ce n'est qu'à la transmulaîion etàla réuniondes derniers élémens de forme d^s substances organisées, tant végétales qn'aniraaies, décomposées, qu'i!s doivent leur origine. Peut-être proviennent-ils en partie d'une combinaison opérée directement entre des molécu! es inorganiques 'elles-mêmes. Résultats de ces accidens, ces êtres possèdent plus ou moins général; ment la faculté de c niserver l'espèce. Des animaux nouveaux semblahies à eux sont le produit de celte faculté: il y a ici génération univoque.
Ctmme les deux sexes sont refusés à la plupart des animaux de celte classe , c'est l'excès de force formatrice dans un individu isolé, qui détermine ce mode de génération divers dans ses phénomènes. Dans la condition !a plus simple, r.Tniinal se di^ise sans qu'aucune trace de modilication manifeste, soit à l'extérieur,
soit à l'intérimir du corps, ait annoncé précédemment la formation ^l'un nouvel individu. C'est ordinairement une simple scission de l'être primitif en un nombre variable d'animaux qui ne diffèrent avec lui que par le volume.
Le sens qu'aifecte le plus communément cette séparation est transversal. Un étranglement se prononce des deux côtés , il augmente graduellement d'un côté à l'autre, la solution de continuité s'opère, Tanimal est ainsi divisé en portion antérieure et portion postérieure. La scission loncritudinale est beaucoup plus rare, elle se fait des extrémités antérieure et postérieure vers le milieu du corps qui se trouve partagé ainsi en deux moitiés parallèles.
Un trait léger de différence distingue ce dernier procédé de formation , de celui où le corps de l'individu-mère se coupe tout entier en un nombre considérable d'êtres qui en offrent la foi me aussitôt, ou ne l'acquièrent que d'une manière insensible.
Il peut servir de transition à la génération où des oi ganismes de différentes espèces^ même des infusoires, se partagenten espèces dissemblables^ d'un volume ordinairement plus petit que celui de l'espèce primitive.
A la séparation des individus-mères en grandes portions, qui par le développement deviennent des individus semblables à celui dont elles proviennent se rattache, au contraire, lagéné-
laa TRA^ITÉ GENERAL
ration par gemmules , dont les hydres nous offrent un exemple.
Sur un point de la surface du corps de l'animal adulte, il se forme une saillie arrondie, qui, peu à peu reproduit la configuration de l'hydre^ et qui , après avoir quelque temps été partie intégrante du corps maternel, s'en détache, pour exercer une vie indépendante. L'effet de ce phénomène n'est ici que passager; il est persistant, au contraire , chez les polypes composés, où la substance qui sert de base au nouvel animal, reste attachée avec lui , à la souche commune.
Un phénomène analogue nous est offert particulièrement dans les sertulaires, où l'on voit, à la surface extérieure du polypier, apparaître des vésicules remplies de corpuscules arrondis qui sortent de leur extrémité supérieure ouverte et deviennent des polypes nouveaux : vésicules qui, elles-mêmes, se forment au voisinage et aux dépens des polypes existans , qui décroissent en raison qu'elles se développent. Ce sont, selon Cavolini,des ovaires; Schweigger les croit des polypes encore rudimentaires : quelles qu'elles soient , ces vésicules ne sont pas destinées à devenir des polypes parfaits, mais à produire des gemmules intérieures. Leur état inférieur de développement n'est pas dû à une cause accidentelle qui 1 ait enrayé ; car ces pro* ductions se manifestent constamment à une certaine époque de l'année , précisément celle qui
d'aNATOMIE comparée. 123
favorise le plus la formation, elles individus qui les produisent diminuent proportionnellement et en même temps. L'opinion de Gavolini , qui regarde leur existence comme opposée à celle despoiypes, proprement dits, nous semble par conséquent fort vraisemblable. -
Cbez beaucoup d'autres cératopliytes etlithophyles, il se produit de semblables gemmules à l'intérieur du corps , sur des points déterminés;, qui s'ouvrent à l'extérieur, entre les tentacules; ils forment le passage aux écbinodermes.
La faculté de résister aux causes de destruction ost^ dans tout animal, en raison directe de la facilité et de la simplicité de sa reproduction. Les êtres de cette classe échappent même aux mutilations mécaniques voisines delà destruction. Il en résulte que le plus petit morceau de polype, pourvu que la composition n'en ait pas été allt^rée, peut redevenir un polype parfait.
Déjàies animaux supérieurs de cette division, surtout les acalèphes , et à plus forte raison les échinodermes, si on les range dans cette classe, ont perdu beaucoup de celte faculté. L'accroissement et le développement de ces animaux en général sont extrêmement rapides. Un grand nombre d'cntr'eux, ceux que nous venons déjà de citer , sont pliospborescens. , Ils sont aussi susceptibles de modifier au plus haut degré, leur forme et leur volume par des contractions et expansions alternatives. Mais la vitesse avec
I!i4 , TRAITÉ GÉHIiRA.L
laquelle se font ces mouvemens est fort variable.
On n'a de leur sensibilité, d'autres signes que les mouvemens qu'ils exécutent après une irritation extérieure , et ils ne manifestent d'autre activité intellectuelle que l'acte de volonté qui préside à leurs mouvemens libres.
Les èchinodèrmes-j soit qu'on en fasse une classe particulière, soit qu'avec moins de justesse, on les considère comme appartenant à la classe précédente, avec laquelle ils offrent certains rapports, se distinguent des animaux dont il vient d'être question , par une organisation plus compliquée et par une séparation plus évidente des différentes parties de l'économie. Dans la même division on a compris aussi plusieurs animaux que la forme extérieure et la structure intime éloignent et séparent les uns des autres. Les actinies, entr'aulres^ sont rangées par quelques naturalistes au nombre des acalèpbes. D'autres les placent ici: quelle que soit l'opinion que Ton adopte, ces êtres forment le degré le plus élevé des premiers et le dernier degré des seconds ; quelques espèces, des genres même, sont plus rapprochés des uns, plus éloignés des autres. L'existence de nerfs, chez ces animaux,
d'akatomie comparée. laS étant encore pour moi un sujet de doute, je suis porté à les classer parmi les acalèphes , et par conséquentàJes reportera ladivision précédente.
Une consistance supérieure à celle des acalèphes et la présence d'ovaires ne me paraissent pas des caractères suffisans pour les en éloigner; cette première condition me semble surtout peu propre à élever un moyen de démarcation, puisque ces organes se trouvent dans ])lusieurs zoophytes où ils sont disposés de la même manière autour du canal intestinal.
Rien ne prouve que les tentacules des polypes ne soient des organes destinés plutôt à la respiration qu'à toute autre fonction. Ils sont situés à la même place que le tube respiratoire des actinies, tandis que dans les vrais échinodermes ces tubes sont disséminés sur tout le corps.
Séparer les actinies des échinodermes serait encore insuffisant, car ceux-ci n'en renfermeraient pas moins beaucoup d'animaux d'organisation fort différentes. On en peut former cependant deux groupes, l'un composé des échinodermes étoilés, qui se rattachent aux actinies, le second, des échinodermes cylindriques ou linéaires, plus voisins des annelides qui constituent la classe suivante.
Un corps composé le plus souvent de cinq divisions exactement correspondantes, caractérise la configuration des premiers.
Ces rayons, simples ou diversement ramifiés.
1^6 TRAITÉ GÉISÉRÂL
attachés à un centre commun, appointis vers leur extrémité libre, séparés les uns des autres, à partir de leur insertion, dans les astéries et les genres qui s'en rapprochent, sont^ au contraire , chez les oursins et les groupes analogues, unis de l'ouverture buccale à l'orifice anal. En même temps les astéries sont aplaties de haut en bas; les oursins sont convexes et arrondis. Ces extrêmes déforme sont unis par des passages insensibles; beaucoup d'oursins, nommément les cassidules, offrent des degrés successifs d'aplatissement et la circonférence en estéchancrée, comme dans plusieurs clypéastres. Après les astéries viennent les scutelles discoïdes ^ qui s'en rapprochent, d'une part, par Texcessive brièveté deleur diamètre vertical, et de l'autre, parles incisures dontsont empreints, par places, les bords de quelques-unes d'entr' elles , ou parla perforation du disque que traversent de grands trous qui ne pénètrent pas jusqu'à la cavité viscérale, comme on le voit dans quelques autres,, ou enfin par la réunion de ces deux conditions qui, si elles étaientouti-ées, c'est-à-dire, si les incisures du corps et les lacunes du disque étaient réunies, représenteraient - une astérie parfaite. Ici se placent les gorgonocéphales; leurs ramifications nombreuses n'auraient qu'à se joindre par leurs extrémités et dans une partie de leur étendue pour représenter exactement une des formes qui viennent d'être décrites. A la suite des oursins proprement
b'aNATOMIE COMPARIÎE. IS^
(lits viennent se ranger les spalangiies. Ceux-ci sont convexes j mais moins que les oursins. Les ambalacres ou séries d'ouvertures par lesquelles sortent les organes locomoteurs , forment à la face supérieure de ces animaux une étoile, le plus souvent à cinq rayons dont la partie centrale est occupée distinctement, chez plusieurs, par les orifices extérieurs des ovaires et qui chez quelques-uns est même séparée par unsillon du reste de la face dorsale du test. Chez d'autres on voit partir de l'ouverture buccale, située à la face inférieure, cinq sillons se dirigeant vers la circonférence et corresyjondant aux pointes des rayons qué forment à la face supérieure les ambulacres qu'ils ne parviennent cependant pas à atteindre. Chez les astéries, un rayon est la fidèle répétition des autres; tous ont la même forme; tous s'accordent sous le rapport du nombre et de la nature de leurs parties. Chez les oursins on ne rencontre cette simihtude entre les cinq divisions que dans quelques organes.
Les oursins proprement dits servent de passage du premier ordre au second. La forme cylindrique est le caractère le plus général delà configuration extérieure des êtres que renferme cet ordre, c'est-à-dire qu'on n'y retrouve pas de rayons semblables partant d'un centre commun. Les traces de l'existence de cinq parties analogues la'ysont cependant pas effacées. Les holothuries , par exemple, ont cinq paires de mus-
des longitudinaux , dirigées d'avant en arrière, unies pardelargesinlerslices qu'occupent des libres transversales, el fixées à l'extrémité antérieure du corps à un nombre égal de pièces calcaires.
Cette disposition est moins distincte dans les siponclesj les faisceaux cbarnus longitudinaux qui les parcourent sont en nombre plus considérable et n'offrent pas une distinction évidente en cinq parties.
En considérant la structure intime des écliinodermes, nous voyons apparaître des organes nouveaux, se développer, seséparer avec plus de précision toutes les parties existant déjà cliez les animaux précédens ; ce ne sont plus, comme dans les organismes inférieurs à eux desimpies cavités ou routes creusées dans une substance commune, mais bien des organes distincts et indépendans qui ne sont unis entr'eux que par du tissu mu queux.
Il existe généralement ici un système cutané interne qui se différencie du système cutané extérieur, en prenant la condition de canal intestinal , par l'existence de parois d'une épaisseur toujours très-peu considérable, unies à la surface extérieure pardes membranes minces etlâcbes; en d'autres termes, par un mésentère. Cliez les astéries le canal intestinal n'a qu'une seule ouverture, tout à la fois buccale et anale ; aussi forme-l,-ilensedéployantdanslcsrayonsdu corps un nombre double de piolongemens fermés à leurs
d'anatomie comparée. la^
extrémités; chez d'antres c'est un canal simple plusieurs Fois contourné sur lui-même et s'éten- (lant de la bouche à Tanus.
On leur trouve aussi généralement dçs organes générateurs propres, et bien séparés qui ne sont vraisemblablement partout que des organes femelles; leur forme la plus ordinaire est celle d'une grappe. lis s'ouvrent à l'extérieur à côté de l'orifice anal. Ils sont plus longs que le canal intestinal et assujettis à la règle commune de composition qui régit le partage de l'être en cinq divisions; ils sont non seulement au nombre de deux pour chaque rayon dans les astéries, mais encore^dans les oursins, il existe une seule grappe pour chaque division.
Déjà nous avons vu des vaisseaux dans des animaux plus inférieurs, mais ceux des méduses et des polypes composés n'étaient que des terminaisons immédiates et des canaux de communication du tube intestinal.
Dans les échinodermes les vaisseaux sont éaralement plus distincts; mais d'après les recherches faites jusqu'à ce jour, ily aurait, pour plusieurs organes, des systèmes de vaisseaux particuliers,
: sans communication enlr'eux : par exemple, chez les astéries, 1er, oursins et les holothuries,
1 l'appareil de la locomotion et le canal intestinal
1 Reçoivent chacun un système vasculaire spécial. Le premier est, ce me semble, surtout fort in-
• dépendant; le seûoud, dans les astéries, fournit
l3o ÏRAITÉ G^NJ^RAL
aussi aux ovaires ^ qui sont eux-mêmes calqué» fidèlemeiît sur le canal inleslinal. Les oursins offrent encore une autredisposition de ce système ; une partie en est destinée au tcsl; c'est un troisième système parliculier qui remplit cet usage dans lesaslérics.Eijfin, chez lcsho;Olhuries,les organes respiratoires en reçoivent, en outre, une expansion. Il est digne de remarque, si ces particularités sont coniirmées par des observations ultérieures, que c'est précisément chez les astéries, c'est-à-dire dans les animaux les plus simples de cet ordre, dont le corps est principalement composé de rayons distincts et d'égale hauteur, que les vaisseaux forment le plus grand nombre de systèmes particuliers.
Les organes respiratoires sont généralement distincts dans cet ordre. Les oursins et les astéries présentent de petits tubes saillans, contractiles, qu'oD a considérés comme étant ces organes; ils représentent, dans les holothuries, un arbre diversement ramifié et pénétrant dans Tintérieur, depuis l'anus jusqucs vers l'extrémité antérieure du corps.
Ces petits tubes, si nombreux chez plusieurs astéries, ne sont- ils pas des polypes restés sans développement? Nés comme eux, d'une écorce molle, ils présentent l'aspect de ces êlt es à 1 état le plus voisin de leur origine, ^e pourrait-on pas les y considérer comme descendus au simj>le rang d'organes j leur état de dégradation s'étant accru
d'anatomie comparée. i3i en raison de la complicaticm de struclu re, de la supériorité d'organisation, et de l'unité de fonctions de l'être entier ? comme Ton voit, dans un animai, les parties dont il est composé y devenir plus dépt ndantes de l'ensemble etperdre !a faculté de survivre à la séparation qui les retranche du tout, à mesure qu'elles y existant en plus grand nombre et qu'elles sont elles-mêmes formées de plus d'élémens .
C'était, sans substance musculaire distincte du reste du corps, que les animaux précédens jouissaient à un très-haut degré de ia faculté de changer de configuration, quelques-uns même de lieu ; ce sont ici des organes déterminés , constitués par ce tissu^ qui servent à modifier les rapports de diverses portions de l'animal avec elles-mêmes ou ceux du corps entier avec l'espace. Les oursins et les siponcles n'offrent qu'une seule de ces espèces d'organes; les premiers ont des tubes très-alongés, doués à un haut degré de la faculté de se dilater et de se contracter, disposés par rangées sur le test ; les derniers ont des faisceaux musculaires situés sous la peau. Les holothuries possèdent ces deux sortes de dispositions. Il en est de même des astéries, du moins desastéi ies proprement dites , puisqu'indépendamment des tubes, alignés sur deux rangées à la face inférieure de chaque ra^ on, les pièces calcaires composant leur test sont unies entr'elles par des fibres contractiles à des dearés divers.
l32 TRAITÉ GÉNÉRAL
Un premier ordre (réchinoliermes a ponrpeait un test dont la consistance \arie. Dans la plupart des astéries ce test est compf>sé d'un très grand nombi e il e j)ièces mobiles les unes sur les autres^ chez les oursins, les pièces sont immobiles, et leur nombre augmente en partie avec Tâge. Ces pièces, cliezlcssj)atangues,seconfondenletneform ent q u' u n e se u 1 e masse . La pl u par t d es i n d i v i dus de cet ordre portent des piquants ou prolongements mobiles du test Irès-développés, surtout chez les oursins ; ils servent d'appui aux mouvements opérés par les pieds.
La peau des écbinodermes du second ordre est molle et coriace.
Il est probable que les animaux de cette classe possèdent un système nerveux, consistant en un anneau entourant l'origine du canal intestinal et qui envoie au reste du corps des Blets cheminant surtout entre les organes de la locomotion.
La reproduction des échinodcrmes a lieu par des gemmules qui prennent origine dans les ovaires. Les actinies se multiplient en outre normalement ou accidentellement par scission. C'est là une raison de plus de les langer dans la classe précédente.
Ces animaux jouissent, ainsi que les astéries, d'une laculté régénératrice puissante.
» ANATOMIE COMPAlliz.
La classe des annelides vient après les échinodermes. Le caractère extérieur qui leur est commun très-généralement est la forme longitudinale; la plupart sont alongés et arrondis, un moins grand nombre sont larges et plats.
Le corps de la plupart d'entr'eux offre une série de sections ou d'anneaux plus ou moins distincts et d'un volume variable, qui se succèdent d'avant en arrière.
Le canalintestlaal est, dans presque tous, sépare de la Substance du corps; il s'ouvre à l'extérieur par deux orifices, l'un situé à l'extrémité antérieure, l'autre à la postérieure. Ce canal offre plusieurs variétés : les ascarides , par exemple, les sabelles et notamment le s. penicilliis L. ont un intestin à parois minces , sans renflement et étendu directement d'avant en arrière; chez d'autres, comme chez les lombrics, il existe un renflement stomacal musciileux et épais, à quelque distance de l'extrémité antérieure ; on voit dans les aphro- ^/iVe>">letubedigestif ofFrird'abord uneportion antérieure Irès-élargic, trés-musculeuse, assez longue; après cette première portion, il en vient une autre où la minceur et la mollesse des parois sont très-caraclériïécs, et qui reçoit un grand nombre de prolongemens fermés à leur extrémité
l34 TRAITÉ GÉNÉRAL
libre et disposés en rameaux. Au lieu de cela on remarque, dans les sangsues , où le renflement manque, la majeure partie de l'intestin partagée en un certain nombre de loges disposées successivement d'avant en arrière, à la suite desquelles sont deux prolongemens borgnes qui s'étendent jusqu'à l'extrémité postérieure du corps.
Les organes générateurs, ou sont formés sur un lype commun à tous les individus, ou bien l'esj èce se partage en deux sexes. Il est remarquable que cette dernière condition , qui semble le caractère d'un état plus parfait , appartient aux animaux que le reste de leur organisation place au rang le p'us inférieur de cette classe. Elle se retrouve chez les vers intestinaux qui en font partie.
Quelques-uns de ces êtres , \es sahelles ^ par exemple, ne nous ont offert absolument aucun organe générateur.
Dans les espèces où ces organes existent, du moins chez les hermaphrodites, ils ne s'ouvrent pas à Textrémilé postérieure du corps , mais à une distance reialivemeutfort rapprochée de l'extrémité antérieure.
A l'exception des entozoés, qui apj)arliennent à celte classe, tous les anne'.ides posséd.Mit uu système vas'/ulaire trè3-dévelopj)é , qui n'est pas éga euieiil distinct dans l'universalité de ces êtres, mais généralement rempli de sang rouge dont
d'anatomie comparée. i35 la composition se rapproche beaucoup de celle propre au liquide nutritif des animaux supérieurs. Ce système n'est pas ici aussi divisé que dans les échinodermes ; il offre des renflemens qui rappellent en partie la disposition du coeur.
La présence des organes de la respiration est aussi dans cette classe une source de différences notables. Les uns, nous citerons tous les intestinaux et même quelques autres, tels que les gordiuSy les clamria, sont privés de parties distinctes auxquelles on puisse assigner ces fonctions j ils respirent uniquement par la peau. D'autres sont pourvus de lames feuillées, dont la position est fort variable, ou de branchies, consistant en des filamens simples ou ramifiés, qui chez les néréides et les arénicoles, etc.,sont disposées en deux rangées, dans une étendue plus oiv moins grande du corps, principalement sur les parties latérales et sur la face dorsale, tandis que chez les sabelles elles sont limitées à l'extrémité antérieure du corps. Il en est enfin qui ont des vésicules membraneuses pénétrant dans l'intérieur de l'économie, et ne communiquant avec l'extérieur que par des orifices d'une petitesse qui varie avec les espèces; indices premiers des poumons.
Des degrés de complication très-différens se remarquent dans les organes locomoteurs des cires de cette classe.
Tous ont, immédiatement sous la peau, ?"i^e
l36 TRAITÉ GÉNÉRAL
masse rausculeiise, composée de couches inégalement distinctes, qui leur donne la faculté de modifier leur forme générale, et même de se transporter d'un lieu à rautre. Il s'y joint, chez quelques-uns, les sangsues par exemple^ une disposition particulière de ces muscles à l'extrémité postérieure du corps, à l'aide de laquelle l'animal jouit du pouvoir de s'attacher à volonté par un acte de succion.
luessabelles, lesamphitrites surtout ont un appareil locomoteur plus compliqué. Surles parties latérales existent des soies d'une longueur variable, qui,mises enmouvement par des muscles propres , servent de point d'appui dans les actes de translativon de l'animal^ comme nous l'avons déjà remarqué dans les échinodermes.
Le système nerveux est développé distinctement dans la plupart des annelides. Le plus communément il consiste en un cordon longitudinal qu'interrompent des renflemens, d'où partent plusieurs filets qui se rendent aux organes. Le cordon ganglionnaire est^ dans la plus grande partie de sa longueur, situé sous le canal intestinal, mais il se bifurque derrière l'ex- Irémile .intérieure du corps; là, les coidons intermédiaires s'écartent latéralement l'un de l'autre et embiassent le cotnmencement du canal intestinal. Au-dessus de celui-ci, ils se réunissent en deux masses ganglionnaires latérales plus considérables que les autres.
D'APTATOMIE COMPAREE. I 37
Ce système manque cependant dans plusieurs verSj surtout dans les intestinaux. Cette absence n'est pas générale, car je l'ai trouvé, en confirmation des recherches d'Otto, dans le strongylus gigas. Il n'existe pas dans les naïades^ dans les gordius, dans les sabelles. Viviani (i) l'a cherché en vain dans lesabella unispira; je l'ai moi-même aussi infructueusement poursuivi dans le sahella ventilahrum de M. Cw^xar ^ penicillus de Linnce.
Entre l'absence totale et le plus haut développement de ce système, dans cette classe, il y a plusieurs transitions remarquables j ainsi, chez quelques-uns j les ganglions ne sont pas distincts des portions intermédiaires du cordon; chez d^autres, ils n'envoient pas de filets; chez d'autres enfin, comme je l'ai cru trouver chez Varenicola piscatorum , les cordons longitudinaux s'écartent à la vérité près l'œsophage , mais ne se réunissent pas au-dessus.
Quelques genres semblent présenter des indications d'organes de vision. On a attribué cette faculté à certains points existans, au nombre de deux ou de (piatre, sur la face dorsale de l'extrémité antérieure du corps,mais,tié^ expériences ont démenti celte assertion , et ilémonlré qu'ils sont tout au plus le siège d'une sensibilité plus exquise au contact (2).
(i) De phogphoreseentiâ maris , pag. i6,
(>) Il paraîtrait cependant d'après le» recherches récentei d»
l38 TRAITÉ GÉNÉRAL
La plupart des annelides \ivent dans l'eau ou «lacs quelque autre fluide, comme le font les vers intestinaux. Un très-petit nombre vit sur la terre, comme le lombric commun, qui loge le plus souvent dans un sol humide. La majorité en est libre ; un grand nombre habite des coquilles ou des tubes, formes le plus souvent de substances étrangères, qu'ils collent ensemble, à l'aide d'une viscosité abondante qu'ils sécrètent, et
professeur PFcber, de Leipsick, que les sangsues, au moins, sont munies d'yeux ( Voyez Vhis de 1817, vol. XX, cah. 4 et 5). Il a trouvé ces organes sur de petites sangsues qui venaient d' ('-clore (où ils doivent être en proportion beaucoup plus volumineux que chez l'animal adulte ), au nombre de dix , disposés en demi-cercle dont la convexité est tournée en-devant, au-dessus de la ventouse orale; une paire se trouve au milieu, une à droite et une ti'oisième à gauche, et un peu pins loin vers l'extrémité caudale , il y a encore deux yeux de chaque côté. Chaque œil est formé par un cône tronqué , vraisemblablement creux , dont le sommet fait une saillie mamelonnée à la surface de la peau. La majeure partie du cône est cachée sous la peau, mais comme l'animal est transparent on la dislingue facilement. Les cônes antérieurs sont beaucoup plus longs que les postérieurs. Leur sommet tronqué, qui s'élève au-dessus du niveau de la peau, est constitué par une membrane convexe, translucide, mais que son éclat particulier fait distinguer de la peau du reste du corps; c'est , sans contredit, la cornée. Sous cette membrane se trouve un disque horisoutaf,' (Vhn noir beaucoup plus intense que toutes les autres taches noires de la peau ; on peut la considérer comme l'iris, quoiqu'on ne lui ait pas encore trouvé de perforation. Ces yeux sont tétractiles ou au moins paraissent l'être quand l'animal s'étend ou se contracte; ce qui les rapprocherait de l'organe visuel des colimaçons. Il est à regretter que l'auteur n'ait pas encore essayé jusqu'alors de démontrer l'existence du nerf optique , si décisive dans cette question. (P^'otcdcs Irai/uctciirs. )
d'aNATOMIE COMPAREE. 1 3f)
àvec lesquels ils n'ont aucune connexion orijanique.
Les anneliJess'accouplent , qu'ils soient pourvus de sexes séparés, qu'ils soient hermaphrodites.
Les uns sont ovipares, d'autres vivipares; quelques-uns même, les naïades , conservent l'espèce par la séparation de leurs derîiières articulations qui se développent en animai parfait avant de se détacher.
La plupart naissent avec le nombre d'articulations propres à l'espèce; chez d'autres, par exemple, chez les néréides et les naïades, les articulations augmentent après la naissance jusqu'à complément du nombre normal.
Les annelides dans lesquels le nombre des articulations augmente insensiblement, et chez lesquels l'espèce ne se conserve que par le développement régulier de chaque articulation en un animal complet, ont non-seusement la faculté de survivre aux divisions et sections transversales de leur corps, mais encore celle de se reproduire parfaitement , lors même que leur corps a été coupé en petits morceaux.
D'autres survivent, il est vrai, à des mutilations même fort considérables, mais ne régénèrent nullement ou fort incomplètement les p irties enlevées. ^
L'absence de parties dures ou solides les rend
l/jO TIlAlTif GÉiN'ERAL
susceptibles de modifier extraordinairement la forme et le volume de leur corps.
Les fonctions intellectuelles sont à peine plus élevées que dans les classes préce'dentes.
La forme extérieure du corps des insectes a beaucoup de rapport avec celle du corps des annelides. Corame eux, et même plus distinctement qu'eux, ils sont articulés d'avant en arrière; mais déjà une complication beaucoup plus grande dans la structure de cette superficie, surtout à l'état parfait, sert à les en distinguer. Au lieu que, comme dans les derniers de ces êtres, les différens anneaux ne sont encore qu'imparfaitement séparés les uns des autres, et se ressemblent beaucoup entr'eux sous tous les rapports , le corps des insectes s'est partagé en trois portions principales, qui se subdivisent elles-mêmes inégalement : ce sont la tête, le thorax ou le corselet, et Tabdomen. La peau forrae^ chez la plupart, un tégument d'une nature plus ou moins cornée, et les divisions principales, ainsi que celles qui leur sont subordonnées , sont unies enlr' elles par des fibres musculaires et des parties de peau molle.
L'abdomen , ordinairement la plus considéra-
d'aIUTOMIE COMPAtllîr. l/jt
ble de ces régions, est compose' du plus grand nombre d'anneaux , complets chez les uns , formés chez les autres d'une moitié siipérieure et d'une inlerieure, unies ensemble par une portion inlcrmédiaire qui est également ds la peau moLe. Les anneaux qui offrent celte dernière disposition peuvent rentrer les uns dans les autres ^ ets'engaîner assez exactement pour que, s'emboitant réciproquement, ils paraissent moins nombreux qu'ils ne le sont réellement.
A celle portion du corps n'est attaché aucun organe locomoteur j elle ne renferme que ceux de la génération et la majeure partie de l'appareil digestif.
C'est sui-tout par celte section de leur corps que les insectes ressemblent aux annelides.
La portion moyenne^ le thorax ou le corselet offre très-souvent un étranglement, dont la profondeur, variable suivant les espèces différentes, la sépare de l'abdomen; il en résulte une apparence pédiculée à cette partie de leur corps.
Le corselet est formé plus ou moins distinctement de plusieurs anneaux ; le nombre n'en dépasse pas trois; ils sont placés bouta bout et sont moins bien séparés que ceux de l'abdomen.
A cette portion s'insèrent les organes de locomotion, qui sont généralement de deux sortes; les uns naissent des parties inférieures du cor- : selet, se dirigent d'avant en arriére, les uns à ' côlé des autres J ce sont les parties locomotive»
l42 TRAITi GÉNÉRAL
inférieures OU les pattes. Les autres, qui n'existent pas toujours, mais que l'on rencontie dans le plus grand nombre des insectes, j arlent des parties latérales et supéiieures du corselet, et constituent les organes locomoteurs supérieurs ou les ailes, qui ofùent diftérens degrés de développement. ^
Ces appendices correspondent aux soies dont sont munis les annelides : ils en différent seulement en ce qu'ayant disparu du reste du corps, principalement de Tabdomenj pour se concentrer vers le thorax, ils sont parvenus ici à un volume plus considérable et ont acquis une disposition articulée de dedans en dehors.
Les animaux de cette classe n'ont généralement que trois paires de pattes, mais jamais moins; elles se suivent d'avant en arrière; la première paire est très-peu développée, surtout dans les papillons.
Cependantles insectes myriapades font exception àcetterégle. Le nombre de leurs pattes est trèsconsidérable; chaque articulation de leur corps en est munie d'une paire. Une circonstance qui milite très en faveur de i'upinion qui voit dans les organeslocomoleurs des insectes les soies des vers, c'est que dans les myriapodes, nulle difl'erence ne sépare le thorax de Tabd-^men; chaque articulation a ses pattes, et celles-ci sont partout d'autant plus petites et plus imparfaites que le nombre en est plus considéi able.
u'anatomje comparez. 143 Les ailes qui existent moins généralement chez les insectes, offrent des degrés de déverlopperaent très-difFérens ; dans quelques cas, elles ne se montrent qu'à un élat fort rudimentaire. A leur élal parfait de développement, les insectes n'ont que deux paires d'ailes, qui se suivent d'avant en arrière.
La portion la plus antérieure, ou la téte , est arrondie, pas également dans tous. El'e est articulée d'une manière très-mobile sur l'extrémité antérieure du thorax. On la divise en partie supérieure ou postérieure^ oiicrâiie, et partie inférieure ou antérieure, ouface.he crâne est formé d'une seule pièce : il contient dans sa cavité les deux ganglions nerveux les plus antérieurs, situés en travers, l'un à côté de l'autre, au-dessus du commencement du canal intestinal ; il renferme en outre plusieurs muscles qui font mouvoir les parties de la face. 11 porte les jeux sur les côtés.
La face est formée de plusieurs pièçes , nolanlmenl d'organes de manducation et de gustation, peut être aussi d'olfaction.
La structure des insectes est féconde en particularités remarquables. Les organes digestifs sont, sous plus d'un rapport, plus compliqués que dans les animaux que nous avons considérés jusqu'ici. On peut déjà le conslaler extérieurement par la multiplicité qui, très-généralement, s'observe dans les pièces buccales, et par la di-
versité de leur arrangemenl ; conclilions qui sont dans une relation si intime avec le genre de vie et la disposilion du reste de l'organisation des insecles, qu'elles ont, par cela même, servi de base à la division en ordres qu'a établie, parmi CCS êti-es,, Fabricias dont la méthode s'accorde dans les points essentiels, avec celle de Linné ^ qui a lui-même fondé la sienne sur la disposilion des ailes.
D'autres perfectionnemens compb'quent le commencement de l'appareil digestif; chez- un grand nombre de ces animaux il se forme des organes saiivaires, plus ou moins complexes; ils consistent en appendices à un seul orifice qui s'ouvrent dans la cavité intcs'inale.
La partie du canal digestif continue à la bouche, r<a?50/?/?fl^(?,cst d'une étroitesse ordinairement proportionnelle, et s'étend à travers le corselet jusqu'à l'abdomen. A son enlréedanscetle cavité, il se termine à un renflement plus ou moins distinct, re>y?om^ïC, qui présente souvent plusieurs portions de haut en bas. Ces portions sont séparées par des étrangleraens. La plus antérieure est constituée très-fréquemment par des parois formées de nombreuses fibres musculaires, garnies à leur face interne de pointes cornées destinées à couper et à diviser lesalimens ingérés. La seconde partie est alongée, à parois plus minces ; il s'y ouvre desprolongeraensferniésà leur extrémité libre ; tantôt cesproldngemens ne soprésen-
d'ajvatomie comparée. 145 t€nt que dans quelques points; tantôt ils en occujDont toute !a surface; quelquefois ils forment des estomacs propres à la partie supérieure de cette seconde portion, entr'elle et le premier estomac. Il ne paraît pas qu'ils servent à l'excrétion de fluides provenant de l'estomac lui-même; différens des ramifications vasculaires (1) qui sortent du ventricule des méduses, ils sont plutôt des organes sécréteurs destinés à augmenter la surface digestive. Au-delà de l'estomac, le canal digestif reçoit à son origine des conduits également fermés à leur extrémité, remarquables par les variétés de forme, de longueur et de nombre qu'on y observe , mais chez lesquels le nombre et la longueur sont toujours en rapport inverse. Il est très-vraisemblable que ces conduits sécièlent un fluide qui participe à la digestion et est destiné à être rejeté hors du corps, fluide qui ferait de ces organes les analogues du foie et des reins que l'on rencontre dans les animaux supérieurs. Quant aux intes-, lins eux-mêmes, ils présentent, sous le rapport de la longueur et de la composition , plus de différences que dans les classes inférieures. C'est ici que l'on rencontre^ pour la première fois, un canal intestinal souvent plus long que le corps; nous
(i) Schweigger, 1. c. , p. i8o.
avions reconnu précédemment en général le contraire. La longueur proportionnelle est en rapport avec la nature desaliraens dont l'animal fait usage ; long chez ceux qui se nourrissent de substances végétales, il est très-court dans les carnivores. Ces deux espèces de nourritures expliquent pourquoi cette différence ne commence à être remarquée que dans les insectes; les animaux qui leur sont inférieurs vivent, pour la plupart, d'une nourriture analogue à la substance dont ils sont composés.
L'extrémité terminaledu tubedigestifse trouve toujours à l'opposite de la bouche, c'cst-a-dire ^ à l'extrémité posténeure du corps.
Tous les insectes ont, sans exception , des organes génitaux, propres, ordinairement fort compliqués, se composant d'un nombre plus ou moins considérable de sacs à un seul orifice. En général, ces sacs s'ouvrent au-dehors à l'extrémité postérieure du corps, conjointement avec le canal intestinal ; ils s'y terminent par un appareil formé de muscles et de pièces cornées , instrumens excitateurs à l'acte de la reproduction et base de sustentation, pendant la durée de l'accou- ])lement. Une cxceptiou se rencontre dans les myriapodes, dont les organes générateurs ont leur ouverture placée à quelque distance, derrière l'extrémité antérieure.
Les insectes doutTappai eil génital est un attribut commun ont les organes reproducteurs sé-
DAIfATOMIE COMPARÉE. 1 47
parés en deux sexes , et dans chaque espèce on trouve des individus mâles et des individus femelles.
Leur système vasculaire consiste uniquement en un canal longitudinal, sans ouverture, situé entre la peau du dos et le tube digestif, appelé le vaisseau dorsal (i). '
(î) La circulation vient d'être découverte dans les larves de certains insectes névroptères pai M. le professeur Carus, de Dresde (Voy. Vhis, vol. XX, cah. 4 et 5, planche i, fig. i.ct 2.). Il la signala surtout dans les lames caudales de la larve de 'agrlon virgo , qui sont fort transparentes et permettent de la distinguer en employant, à l'ombre , un microscope d'une force peu considérable. Cette circulation est artérielle, le long de la face abdominale de ces lames, et veineuse, le long de la face dorsale, vers le cœur. Lorsque la métamorphose approche , la circulation dans les lames caudales s'arrête et se manifeste d'une manière évidente dans les rudimens des ailes. Dans le corps des larves de quelques éphémères , M. Carus a distingué deux torrens veineux, moyens, se dirigeant de la tête à la queue le long de la ''ace abdominale; arrivés à l'anus, ils se repliaient en haut et allaient s'ouvrir dans le vaisseau dorsal j celui-ci poussait le liquide vers la tête oij la circulation devenait invisible à cause de l'opacité du bouclier céphalique. Si on emploie alors la lumière solaire pour suivre la marche ultérieure des flux sanguins, dans la tête, on les voit se replier en bas et se diriger en arrière le long de la face abdt)minale. Chez une de ces larves on remorquait , sur les côtés du corps , des séries de granulations sanguines fluer en bas et constituer des arcades en traversant les cuisses et les pointe? caudales dans toute leur étendue. Si on casse ces pointes caudales le sang granuleux jaillit par saccades, limpide comme de l'eau , mais lorsqu'il est sec il présente une couleur vert-clair. Tous ces ton ens sanguins, à l'exception du vaisseau dorsal , semblent cheminer dans le parenchyme de l'animal plutôt q«8 dans des caaaux:
TRAlTjé GENERAL
Les organes respiratoires sont très-remarquables. La disposition n'y ressemble presque généralement à rien de ce qu'elle est dans les autres animaux. Ils forment un système vasciilaire, dont les nombreuses ramifications parcourent tout le corps. L'air y pénètre, au moins dans l'inimense majorité de ces êtres, par un nombre ■variable d'ouvertures nommées stigmates^ disposées d'avant en arrière, sur les parties latérales du corps, d'où il parvient aux différens organes.
Des faisceaux de fibres ,lâcbemenl unies entre elles, constituent les muscles des insectes. Leur face superficielle est yjlui complètement séparée de la peau que dans les vers; leur insertion se fait à la face interne des parties dures de l'appareil lé£!;umentaire dont toutes les fractions sont des organes passifsde locomotion et enveloppent l'animal de toutes parts.
Dans les insectes, le système nerveux se rapproche beaucoup de celui des vers. Gomme dans ces derniers, il est formé d'une série longitudinale de ganglions, éloignés les uns des autres à des distances variables, situés, pour la plupart , sous le canal intestinal^ les premiers, qui
vasciilnires particuliers. Une chose fort digne <lc rcmarqne est le yolnme considi-rable de ces globules sanguius et leur forme ovale aluiigée. ( ISolc des traducteurs. }
d'anatomie comparéi:. i/\g représentent l'encéphale, y sont seuls supérieurs. Il ne diffère que sous le rapport de la coraposilion, qui est p!us complexe; les ramifications en sont beaucoup plus nombreuses et plus étendues.
A. la périphérie de ce système apparaissent, avec des degrés très-variés d'évidence, des organes de gustation et d'olfaction, comme une langue, des palpes, des antennes , et très-certainement desyeux ou des organes de vision. Ceuxci , modifications très-manifestes de la peau, ne se distinguent du reste des tégumens, que par une plus grande abondance de nerfs; ils se remarquent sous deux formes très dissemblables, qui, dars plusieurs ordres, se présentent à la fois dans un seul et même animal.
La présence (!Corganes sécréteurs paviiculiers, qui concourent immédiatement et de manière diverse à la conservation de l'élre, complique la structure des insectes. De ces organes, qui n'ont entr'eux qu'un rapport de position , les uns occupent la partie antérieure du coi ps , les autres, sont situés à sa partie postérieure.
La diversité de leurs produiJs \es partage erl deux classes. J^es nus, le pius souvent ceux de la partif^ postérieure , mais dans quelques espèces, aussi ceux de la partie antérieure, sécrètent un fluide vénéneux , d'une énergie variable ; les autres, conslamment placés à l'extrémité antérieure, produisent une humeur qui se solidifie pi ompteînent et se laisse filer, do.nt l'animal se sert, soit en
j5o traité GÉNIÉRAL
l'employant seule, soil en U combinant avec d'autres substances , pour se construire une demeure , une tiame, etc.
Le sujet le plus digne d'attention qu'offre l'histoire deces animaux, est les inétamo/ phases que ]jar: ourt le nouvel organisme, après sa séparation de l'organisme maternel, avant qu'il ail atteint son développement parfait. Nous ne faisons qu'inciicjuer ici ces phénomènes auxquels nous ramènera la description des différences qui signalent les diverses époques de la vie des animaux.
Les différences sexuelles seront également renvoyées plus loin. Telles sont toutefois les oppositions qui en ressortent qu'on a souvent quelque dîfKculté à reconnaître, pour individus de , la même espèce, le raale et la femelle qu'elle
renferme.
I Les séjours divers qu'habitent les insectes per-
mettent de les partager en aquatiques o\.\ fe/r<'5r/v?^; (rappelons-nous que l'immense majorité des animaux formant les classes étudiées jus-
d'aNATOMTE COMPARÉE. l5l
qu'ici, vit dans l'eau),- puis en insectes indépeu' dans et parasites ou epizoés. Les uns sont libres, les autres demeurent sur d'autres organismes aux dépens desquels ils se nourrissent. Si parmi ces derniers on comprend ceux qui -vivent de plantes ou sur les plantes le nombre en sera très considérable. Le caractère le plus constant des insectes parasites est l'absence d'ailes. Quelques insectes présentent une condition intermédiaire et transitoire ; ils ne sontparasiles qu'à certaines époques de leur vie, soit à l'état parfait, soit aux périodes qui précèdent.
De la disposition des organes générateurs, résulte que la reproduction des insectes a lieu le plus communément pap la réunion de deux individus de sexes différens, en d'autres termes, par copulation.
Les faits allégués en faveur de . la possibilité d'une reproduction opérée sans copulation, par l'insecte fi'melle seul^ sont, à certaines exceptions près que fournissent quelques genres, les pucerons par exemple, dénués de preuves, si on les soumet à un examen attentif.
Quelle foi ajouter à ce qu'ont dit tous les anciens naluralisles jusqu'à Redi,(i} et récem-
(i) Esperienze jatomp alla generaziene dtU' insetti. Fiorenz» ï668.
iSa TRAITÉ GÉNÉRAL
ment encore M. Fray (i) en faveur d'une génération spontanée ?
Les pucerons possèdent certainement la faculté de se reproduire sous la condition unique du sexe féminin, pendant plusieurs générations successives; mais il ne me paraît pas exact , comme le veut Voigt (2)^ que ces insectes et même d'autres, tels que le coccus hesperidum et les mites du fromage {^acarus ciro) naissent par génération spontanée; car tout ce qu'avance cet auteur prouve seulement qu'un certain état des substances dans lesquelles ces animaux prennentorigine est nécessaire à leur production, et n'autorise nullement à conclure qu'ils se développent de ces substances placées dans ces conditions déterminées.
Le mode d'alimentation offreles différences les plus tranchées; ce qui a permis de partager ces êtres en carnworesel phytophages; ]-)u\s en insectes suceurs et insectes ^/'q/ewr^ on masticateurs ; dernière division fondée sur la faculté que possèdent quelques-uns d'entr'eux de sucer les humeurs des animaux et des végétaux, tandis que les autres
(i) Nouv. expér., etc., Berlin, 1807, et Essai sur l'origine des corps organis<^8 et inorganisés, Paris, 1817. — (a) Grundz.iige einer Natnrgesdi. als Gcscliichte der Entsteliung u . weitern Ausl>ildung der Nntnrkorper. Frankf. 1817, p. 423. ( Esquisse d'une l.isL naturelle offrant l'histoire de la formation et du développement de» corps de la nature.)
d'anatomie comparée. 1 53
mâchent et avalent îles substances solides. Ce qui ajoute encore à cette diversité , c'est qu'à l'état imparfait, l'animal se nourrit souvent d'alimens tout autres que ceux qu'il adopte à l'e'tat adulte.
La structure s'est compliquée; en proportion a décru la faculté de réagir contre les causes de destruction et de réparer les mutilations éprouvées. L'animal a cessé de pouvoir reproduire les plus petites parties distinctes de son économie, une fois détruites.
Les mouvcmens des insecles sont rapides et énergiques; propriété qu'il faut attribuer au grand déveioppoment qu'ont reçu les organes respiratoires, lorsque l'être a atteint l'état pnrfait; ils sont aussi très-variés: les modifications trèsmultipiiées des organes destinés à la locomotion en rendent compte. On voit ces animaux fendre l'air au moyen de leurs ailes, ou exécuter à TaifJe de pattes diversifiées à l'infini , le saut, la course, la marche contre leur propre poids, se promener sur la surface des eaux, ou nager dans sa profondeur.
De semblables accroissemens caractérisent leur vie intellectuelle.
Déjà le développement de leurs organes de vision agrandit considérabîementiasphèredeleurs sensations en en multipliant les sources. Avec ces êtres, on voit se manifester, pour la première fojs peut-être dans la série animale, ces instincts
l54 TRAITÉ GÉNÉRAL
industrieux , si admirables et si divers, puissances nouvelles qui veillent à la conservation de l'individu ou de l'espèce. On y rencontre les premiers indices de l'amour que portent, dans les classes supérieures, les parens aux petits qui leur doivent l'existence, amour bien difFérent toutefois , puisque les petits sont encore ici inconnus aux êtres dont ils proviennent , abandonnés à euxmêmes, ou comme dans beaucoup d'hyménoptères, nourris avec les soins les plus tendres par les individus dont ils n'ont pas reçu la vie.
Les modifications nombreuses qu'imprime à la forme extérieure la disposition variée des organes locomoteurs et de manducation , ont contraint de ranger les insectes en plusieurs ordres. En considérant lo les phénomènes vitaux que déterminent les cliangemens dans la configuration, subis après la naissance j 2° les parties buccales ; 3" ï appareil de la locomotion ; on peut les partager, de premier abord , en insectes avec ou sans jnélamorplioses , subdiviser cliacan de ces groupes en insectes suceurs et en insectes masticateurs {broyeurs)^ ctdistinguer ces derniers en ailés et non ailés.
d'anatomie comparée. . i55
I. Les insectes à métamorphoses comprennent des insectes suceurs, masticateurs, ailés, non ailés.
A. Les insectes à métamorphoses siiceuis sont lo les aptères ( de Lamark, sucloria, de De Geer et Latreille), petit ordre qui ne comprend que les puces; 2° les diptères [diptera, Linn., antliatn^ Fabr. ) ; 3" les hémiptèies ( Aemiptera, Linn.; rhjngota, Fahr.) ; 4** les lépidoptères ( /«'jo/^/ojp^e/'fl, Linn., glossatn, Fabi.). On a ajouté derniéremcntun cin juième ordre; savoir les strepsiptères de Kirby , ou rhipiptèrcs de Lalreil!e;mais il paraît qu'ils peu vent éire réunis sans effort aux hémiptères et non aux diptères (i).
B. Les insectes à métamorphoses masticateurs ne renferment pas d'aplères, et se composent de quatre ordres; 5° les hyménoptères (Jiymenoptera, Linn., piezata, Fah.); 6j les névroptéres ( nevroptera, Linn., odonata. Fab. , et la plupart des synistala, Fab.); 70 les orthontères {orthoptera,ljmn.,dermoptera, De Geer, alonataj Fab.); 8° les coléoptères {coleop'.era, Linn. , eleutherata, Fabr. ).
IL Les insectes sans métamorphoses ne contiennent que des genres aptères, et se partagent
M. de Lamark, Anim. sans verlcbre» , T. Hl , p. Z/xi.
l56 TRA.1TÉ GÉNÉRAL
en trois ordres; 9° les pcLVus'nes {parasita^ Lat.); 100 les ihysanouvQs (thjsunura^ Lal.); 1 10 les myriapodes (myriapoda, Lait, j mi tosata , Fab.).
Les arachnides se distinguent entièrement des insectes par deux caraclères principaux : i» la tête et le thorax sont confondus : ce dernier est au contraire très-bien limité de l'abdomen, dont il est même, dans quelques cjenres, séparé par une incision profonde ; a© ces animaux sont privés d'antennes.
De grandes différences signalent les genres de cette classe. La configuration extérieure et la structure profonde en fournissent également des exemples. Ceux d'entr'eux qui se rapprochent le plus évidemment de la disposition des insectes sont places par quelques naturalistes parmi les insectes sans métamorphose, dont ils sont les plus voisins; d'autres les laissent dans la classe des, arachnides.
Leur forme extérieure ne subit pas de changemens fort notables après la naissance. Il en est cependant quelques-unes, chez lesquellesil ne se développe qu'à cette époque une dernière paire de pattes.
On leur trouve généralement un canal intestinal grêle et droit, s'ouvrant par l'anus à Textré-
d'ana-TOMIe comparée. iSy mité de Fabdomea. Les scorpions portent des organes venimeux à l'anus j les araignées à la bouche.
La plupart se nourrissent de substance animale.
Leurs organes de génération sont en général des sacs à un seul orifice, ouverts ordinairement , non à côté de l'a lus , mais très en devant à la face inférieure du corps; disposition que présentent déjà plusieurs insectes sans métamorphoses.
C'est à tort que plusieurs naturalistes et notamment MM. Jœrg (i), Lamarck (2) et Latreille (J), errans sur les traces de Lister (^4) et de Géer (5), cherchent encore uniquement dans la portion des parties buccales, et principalement dans les palpes, les organes générateurs mâles. Déjà M.Treviranus (6) avait signalé l'existence des testicules dans l'abdomen, circonstance qvie j'ai confirmée depuis sa découverte (7).
Il ne résulte pas de cela que ces parties bucca-
(i) Ueber die Zeugung, i8i5, ( Sur la génération). — (a) Anim. sans vertèbres , T. V. pag. 90. — (3) Cuvier , Règne animal , T. III. — (4) Naturgesch. der Spinnen. S. 92, ( hist. natur. des araignées). — (5) Mém. pour servir à l'hist. des insectes, T. VII, pag. 179- — (6) Ueber den innern Bau der Arachniden , i8ia , S. il. (Sur la structure intérieure des arachnides). — (7) Allge- Meine Lilteraturzeit. , i8i3.
ti.
les n'aientaucun rapport avec lac;énéralion- il est au contraire très- vraisemblable qu'elles sont destinées à servir d'organes excitateurs à la reproduction ; opinion confîrmative de celle qui fait de Tappareil reproducteur^ un développement du canal intestinal.
Les espèces se partagent en individus mâles et femelles qui se distinguent en partie par des signes ( xlérieurs.
Pluî^ieurs arachnides , et parmi ces êtres les araignées surtout, sont pourvues d'an appareil propre à (iler, composé d*; plusieurs sacs à un seul orifice qui s'ouvrent à i'exlrémilé postérieure de l'abdomen. Quelle qu'en soit la disposition, la toile et les fils sécrétés par, ces organes servent encore à la conservation de l'imlividu et à celle de l'espèce ^ en fournissant aux œufs un abri, à l'animai une habitation et uu mojen de stisir sa proie.
Jjappai'eil respiratoire n'est pas une image du même type dans tous ces animaux Tons ont, il est vrai, ainsi que les insectes, des stigmates sur les côtés du corps; m^iis ils différent les uns des autres par la disposition di s parties que ces communications mettent en raj)port avec Tair extérieur j ce sont tles trachées chez les uns, comme dans les insectes; chez les autres, des organes pectinilormes avec diverses plicatnres, sans ramilicalionsdans l'intérieur du corps , c'està-dire, des bi-auchies intérieures. Les lamelles
d'awatomie comparée. i5g dont sont formées les branchies intérieures sont sans doute les rudimens des trachées qui, chez les premiers, parcourent toute l'économie.
Toutes les arachnides respirent l'air atmosphérique.
Le système vasculaire présente aussi des variétés. Chez les arachnides pourvues de trachées, il forme, comme dans les insectes, un vaisseau dorsal, fermé aux deux extrémités. Chez celles qui respirent par des branchies, il a ia même forme et la même position ; mais de ce Taisseau longitudinal moyen, partent latéralement plusieurs branches qui se ramifient dans les organes j surtout dans les branchies. Il existe entre le cœur et les vaisseaux un antagonisme évident.
Point d'autres organes locomoteurs dans les arachnides que des pattes; ce sont par conséquent des animaux aptères. Ordinairement quatre paires de pattes, dans quelques genres moins j dans certaines conditions particulières , plus. Les femelles de ces diverses espèces ont une paire de pattes surnuméraires, qui ne sont pas destinées à la locomotion, mais à fixer les œufs.
Le système neri^eiiûc est formé sur le même type que celui dos insectes , mais les ganglions du cordon médullaire sont plus rapprochés et se fondent plus en masse, disposition que présentent aussi beaucoup d'insectes.
lueurs organes de sens sont très-généralement
des yeux situés à la surface de la léle , et toujours simples^ analogues à ceux des insectes qui affectent cet état de simplicité; i!s existent souvent au nombre de plus de deux. Quelques espèces en sont privées.
C'est par la copulation que se reproduisent ces animaux; le même individu jouit plusieurs fois dans sa vie de la puissance de procréer sa postérité.
La faculté de régénérer est très-bornée; il est probable qu'elle ne s'étend pas à la réparation de grandes parties détruites. Les faits cités à l'appui de l'opinion qui leur attribue cette force sont loin d'en établir les preuves. On a observé , diton , des araignées munies de petits pieds, etc., etc. Qu'en inférer, si on ne dit pas que les pieds parvenus au développement normal aient été enlevés d'abord ? Tout porte à croire que cette petitesse des pieds n'était qu'une anomalie.
Un grand nombre d'araclmides , surtout les araignées se distinguent par des instincts industrieux portés à un liant degré, qui remportent même sur ce qu'on observe dans les insectes.
La diversité des systèmes vasculaire et resj)iratoire a fait partager les arachnides en deux sousordres. Dans l'un sont comprises les arachnides pulmonaires qui respirent par des branchies ou par un poumon, dans le second les arachnides trachéales^ qui admettent l'air dans des trachées. Les personnes qui rangent les insectes
d'anatomie COMPARJÉE, I 6 I
sans mélamorphoses parmi les arachnides forment un Iroisième ordre, sous le nom d'arachnides, pourvues d'nnlennes ou an te/înées {i) ; mais ce sous-ordre n'est évidemment qu'une sous-division des arachnides trachéales.
Les crustacés ont, comme les arachnides et les insectes, un corps très distinctement articulé à l'extérieur. On ne ])eut rien établir de général sur la séparation et la réunion de la tête avec les autres portions^ seulement on peut dire que la partie poslérieure du corps est divisée, d'une ma- 1 nière qui n'est pas pour tous également pronon- ( cée, dans le sens longitudinal. On leur trouve très 1 généralement deux paires d'antennes el un nom- Ibre considérable de mâchoires qui sont tièsi incontestablement des pieds transformés en or- ;ganes de mastication.
Leur forme n'é[)rouve que des changemens ] peu notables ou nuls après la naissance. Quoique ttrès-siniples, leurs organes générateurs sont trèsdisiincts. Dans la plupart des espèces, les sexes isont séparés sur des individus difFérens. L'appa-
(i) Lamark, Ilist,' nalur, des animaux sans vtrlèbres, T. V, p. 14.
1^2 TRAITi'i GÉNJ-RAL
reil reproducteur a ses orifices ouverls, dans rimmcnse majorité de ces animaux, comme chez les arachnides , non à l'exlrëmilé postérieure du corps, mais au thorax,. la moitié droite séparément de la gauche, quoiqu'elles soient quelquefois réunies à l'intérieur sur la ligne médiane. Les individus des deux sexes se distinguent souvent par des OKgancs extérieurs èle génération ou par d'autres caractères.
Le canal intestinal qui est court, s'étend ordinairement en droiteligne de la bouche à l'extrémité postérieure du corps, disposition en harmonie avec la nature des alimens, de substance animale: moins souvent il est compliqué ; il offre alors dans sa partie antérieure une dilatation stomacale garnie de dents à l'intérieur , et un cœcum quelquefois très-long ; ce dernier intestin est près la terminaison postérieure.
Les vaisseaux à un seul cri lice qui correspondent au foie des animaux supérieurs, ont ici une structure plus compliquée que celle que nous avons rencontrée jusqu\alors. Ils constituent de chaque côté un arbre diversement ramifié qui s'ouvre par un conduit unique au-delà de l'estomac dans le canal intestinal.
lis n'ont ni organes venimeux, ni glandes salivaires. Leurs organes respiratoires sont des branchies extérieures, formées très- généralement de lamelles et de fdamens, disposés par paires nombreuses^ à la face inférieure du corps. La plupart
d'anatomii; compahée. i63 de ces animaux vivent dans Teaii et les espèces terrestres habitent les lieux humides.
Le système vasculaire des cruslacés est l'une des conditions de leur économie qui sert davantage à les élever au-dessus des animaux que nous avons considérésdans les paragraphes précédens. Non-seulement ils ont tous un coeiu' et des vaisseaux , caractère difFérenlieî qu'ils partagent avec les arachnides; mais ils ont une double circulation. Le sans amené des branchies au cœur dorsal par plusieurs vaisseaux et chassé par lui aux organes, les branchies exceptées, est conduit, par des vaisseaux d'un autre ordre, des organes à un Ironc situé au-dessous des intestins à la face abdominale du corps; delà il arrive aux branchies. Le cœur est en outre beaucoup plus compliqué: chez plusieurs d'entr'eux il perd sa forme alon- , gée ainsi que la minceur de ses parois, et constitue, à peu prés au milieu du corps , une cavité ! simple, courte, à parois épaisses et distincte- ] ment charnues.
Les crustacés ont généralement plus de six ; pieds articulés, même en faisant abstraction des pieds antérieurs transformés en mâchoires. ! Souvent la paire antérieure des pieds est considéirablemenl grossie et forme des pinces ou serres. ! Fréquemment les parties postérieures sont développées , sous Tétat de queue, en organe I locomoteur d'un volume relativement consi-
l64 TRAITÉ CKNÉRAL
(lérable. Les ailes leur mauquent^ comme aur arachnides.
Une grande analogie rapproche leur système nerveux de celui des autres animaux articulés. Cette disposition des ganglions qu'unissent des cordons longitudinauxintermédiaires, correspondant à chaque articulation du corps, est ici mieux caractérisée que dans plusieurs arachnides. L'encéphale est cependant dans la plupart d'entr'euX d'un volume plus considérable et dans un état de complication plus avancée que dans les précédens animaux. L.i plupart ont deux yeux simples, en partie pédicules et mobiles. Dans ces êtres apparaît aussi pour la première fois l'organe auditif; c'est un sac simple fermé à l'extérieur par une membrane.
Les crustacés se reproduisent plusieurs fois et presque toujours après une copulation préalable.
Quoique possédant une organisation assez complexe , ces animaux fournissent les exemples d'une puissance de régénération considérable,des pieds entiers amputés repoussent eu totalité. A la manière des insectes et des arachnides, ils déposent fréquemment leur épidémie et le remplacent par un autre.
On ne leur connaît aucun instinct industrieux.
La disposition du corps et celle de ses parties a servi de base à des subdivisions. M. Laraark a fondé sur la diversité de position des bran-
d'anatomie comparée. i65
chies les caractères (i) de deux grandes sections; Jes hétérqhranches et les homobranches. M. de Latreille (2) a établi , parmi les crustacés , cinq ordres, savoir: i» les branchiopodes , (^entomostracés de Mûller)^ 2° les isopodes, 3o les amphipodes f 4" les stomapodes y 5° les décapodes. Les quatre premiers ordres sont renfermés dans les hétérobranclies de M. Lamark, le cinquième ordre correspond aux homobranches.
La position des branchies n'est pas une circonstance essentielle; aussi la méthode de M. de Latreille me paraît-elle préférable. Goldfuss f3) qui n'admet que trois divisions^ les branchiopodes, les isopodes et les décapodes, me semble réunir dans le même groupe des animaux trop hétérogènes , quoique les branchiopodes et les isopodes diffèrent davantage entr'eux et s'éloignent plus des décapodes, que les collections, qui résultent des coupes faites parmi ceux-ci, ne se tranchent entr'elles.
Des motifs fondés ont délerminéàfairc desc/mpèdes ou cirrhopodes une classe à part. Ces ani-
(i) Hisl. nat. des animaux sans vertèbres, T. V, p. n6 , 117. .
(a) Cuvior, Règn» animal , T. III, p. 6. — (3) L. c., S. xvï.
l66 . TRAITÉ GÉNÉRAL
maux présentent, avec les crustacés et les mollasques, une analogie si égale, que l'on ne saurait dire desquels il faudrait les rapprocher, si on ne -voulait pas les grouper isolément. MM. Lamark (i), de Bliiinville (2), Schweigger (3), et réellementM. Çuvier(4),lui-même,en ont fait une classe à pari. La plupart des naturalistes font des cirripèdes le dernier ordre des mollusques; ils rentrent également dans la dernière classe établie parmi les mollusques par MM. Cuvier et de Biainville; mais l'analogie de ces êtres avec les crustacés est si grande, que M.Cuvier (5) déclare lui même ne pouvoir blâmer ceux qui croient les devoir ranger parmi les animaux articulés.
Je partage la même incertitude.
Le corps de ces animaux est alongé, considérabienierjt rétréci d'avant en arrière, jusqu'à se terminer par un tube très-pointu; la face dorsale en est très-convexe. On ne trouve nulle trace d'articulations aux parties antérieure et postérieure : la partie moyenne seule en offre ^ six |)aires de pieds y sont manifestes. Ces membres sont successivement rangés d'avant en arrière ; ils portent, de chaque côté, sur des pé-
(i) Philosophie eoolog. Paris, 1809, T. l , pag. 377. H/sf. nafur. Jcsatùumux sans vertèbres, T. V, p. 875, 1S18. — (s) n-iltetin de. la Soc. phi'om, 1816, p. io5. — (3) Skeletllose Thierc. 1820, S. 186. — (4) liùgna animal , Paris, iSt", T. IT, p. SSg. — (5) Mcm. tin les anatifes et les balancs sur leur anat. , pag. i.
d'aNATOMIE COMPAREE. 167
dicules charnus, alongés, mais proportionneilement assez courts, deux cirres longs, cornes» articule's, qui se terminent en poinîes et sont garnis de cils peu prolongés. La bouche se trouve à la face concave du corps, très-près de la première paire de pieds.
Les parties que nous venons d'indiquer sont entourées d'une enveloppe membraneuse ou /Tza/zteaii contenant jîans son intérieur plusieurs pièces dures, des valves. Ce manteau est uni au reste du corps par plusieurs muscles forts ; son ouverture , qui est vis-à-vis de la face antérieure de l'animal, laisse entrer l'eau qui pénètre à la bouche, aux branchies, et sortir les pieds ainsi que le tube terminal du corps.
Au-dessous d'une saillie charnue, et que l'on regarde comme une lèvre, existent trois paires de mâchoires occupant l'entrée du canal intestinal et mobiles latéralement l'une sur Tautre.
Le tuhe digestif est simple, formé d'un œsophage court, muni de deux glandes salivaires à son origine, plus loin d'un renflement stomacal qu'enveloppe une masse hépatique^ enfin d'un intestin , qui ne s'ouvre pas à laparlie postérieure du cor[)s.
L'appareil de la génération est le même chez tous les individus : le sexe mâle et le sexe femelle ne sont donc pas séparés.
Un ovaire granuleux, de chaque coié, placé autour du canal intestinal, et un large conduit
l68 TRAITÉ GÉNÉRAL
glanduleux, tous deux abouchés dans un canal commun s'ouvrant à la partie postérieure du ciorps, composent cet appareil.
On considère communément le large conduit glanduleux comme un testicule , en admettant ainsi l'existence d'organes mâles et femelles dans le même individu et la fécondation des œufs lors de leur passage; mais l'existence simultanée d'un testicule distinct avec un semblable conduit glanduleux placé au-devant de l'ovaire, dans plusieurs animaux, voisins et trés-éloignés ayant les sexes totalement séparés, ainsi que dans la partie femelle des individus qui les réunissent tous deux, me semble militer contre cette opinion. Ajoutons que, parmi les crustacés et mollusques acéphales, groupes entre lesquels sont placés les cirripédes, il n^y a incontestablement que des animaux femelles et non des animaux andro^ynes ou ayant les deux sexes réunis j observation qui me détermine à considérer le canal glanduleux en question comme appartenant à l'appareil générateur femelle.
Deux lames de forme triangulaire alongée, situées autour de la bouche, passent pour des organes respiratoires. Il est vraisemblable que ce sont des organes de tact, et que les cirres ciliés disposés par paires, sont les véritables instrumens de la re^pii niion.
On ne connaît pas encore la structure de \ appareil circulatoire ; les organes de la locomotion
d'anatomir comparéj-:. iGi) ont été déjà décrits. Le système nerveux est composé d'une série de ganglions pairs, occupant la face inférieure du corps , unis entre eux par deux cordons longitudinaux ; d'où sorlent les nerfs, surtout ceux destinés aux cirres. Anlérieurement,ces cordons longitudinaux s'écartent Tun de l'autre, décrivent un cercle autour de Toesopliage, se réunissent au-devant de cet organe et forment un encéphale composé de quatre lobes.
On ignore en grande partie les phénomènes vitaux de ces animaux. Tous sont aquatiques.
Ils ont été distingués en cirripèdes pédiculés et en cirripèdes sessiles. Les uns et les autres se fixent sur d'autres corps. Le pédicule est un prolongement flexible du manteau; chez les cirripèdes sessiles, il est court, large, et formé de plusieurs pièces dures.
Les mollusques , même quand on en restreint le nombre i)lus que de coutume, constituent une classe extrêmement variée et où Ton peut : multiplier les coupes. Les auteurs qui en isolent I la classe que nous venons de citer, les cirripèdes, • établissent parmi ces êtres quatre ou même cinq ' ordres, que l'on peut portera sept, quand on y •comprend, outre les cirripèdes, d'autres ani-
IJO TRAITÉ GÉNÉRAL
maux qui en ont été distraits par certains naturalistes.
On y admet communément les princip:iux groupes suivans : mollusquës acéphales, céphalophores, céphalopodes ; on y a joint les pléropodes, ordre très-voisin des gastéropodes.
Plusieurs auteurs ont partagé les mollusques acéphales en deux sections, correspondantes à des ordres et même à des classes reconnues par d'autres auteurs. M. Lamark (i) a , par exemple, formé des acéphales nus sa quatrième classe , celle des tuniciers, animaux qui servent de transition entre les radiaires et les vers. Il a composé des acéphales à coquille sa classe onzième, celle des conchifères (a). Goldtuss a également formé des acéphales nus son premier ordre de mollusques, c'est-à-dire, celui des apodes ; et des seconds , son troisième ordre, qu'il a nommé les pélecjpodes (3).
Plusieurs naturalistes adoptent en outre une division principale, celle des brancJuopodes. Ils ne sont pas d'accord sur le rang qu'ils lui assignent. M. Guvier C4) en fait , par exemple, avec les cirripèdes, la dernièredivision principale des mollusques. Goldfuss (5) les place imniédiale-
(i) Histoire naturelle des (in'rniaitx sans fcricOres, T. III, p. 80. — (a) L. c ,t. V, pag. 41. — (3) Haiidb. dcr Zoologie, Th. I, S, XLL — (4) Wi'i^nc animal , tom. Il , pap. 358. — (5) NatiirgescU. Bd. I, p. XLVI.
d'anatomie comparée. 171 ment au-dessous des céphalopodes, c'est-à-dire qu'il en fait la seconde division principale des mollusques, ou même la première, quand on en sépare les céphalopodes. M. Lamark (r) au contraire ne les regarde pas même comme une section supérieure de ses conchifères.
Les céphalophores sont opposés aux acéphales. Je comprends dans cet ordre, dont M. de Blainville (2) Mt une classe, les mo'lusques gastéropodes, et le plus grand nombre des ptéropodes des auteurs qui y rentrent comme sousordres. La plupart des naturalistes assignent au contraire aux pléropodes un rang Irès-élevé parmi les divisions des mollusques. M- Lamark (3) même partage les gastéropodes en gastéropodes proprement dils , et en trachélipodes. Il embrasse dans les derniers, ceux dont le corps est renfermé dans une coquille spirale. La différence qui distingue les ptéropodes des gastéropodes, consiste dans l'absence de l'opercule à la partie inférieure du pied; or, l'absence, la présence d'une valve est-elle si essentielle? On est loin d'y croire quand on observe que des mollusques à coquilles et sans coquilles ont les ressemblances les plus frappantes de structure, et que les différences les plus tranchées se ren-
(i) L. c. , vol. V, pag, 434. — (2) Loeo citato. — (3) L. c. [). 28a.
contrent entre les mollusqnes qu'une coquille protège.
Enfin , l'usage général renferme les céphalopodes parmi les autres mollusques, en les plaçantau premier rang. Cependant, je me crois autorisé, par des raisons que j'exposerai plus au long en décrivant ces animaux, et que j'ai déjà indiquées en parlie ci-dessus^ à séparer les céphalopodes des autres mollusques, et à ne comprendre dans ces derniers que les acéphales et les céphalophores. Je divise les premiers en acéphales nus el eji acéphales testacés; les seconds en céphalophores gastéropodes et en apodes ou ptéropodes. Les céphalophores gastéropodes se partagent en hermaphrodites et en espèces à sexes séparés.
De grandes variétés signalent la forme extérieure et la structure intime des mollusques. On peut en dire d'une manière géne'rale. ■
Le corps des mollusques n'offre aucune trace d'articulation; point de squelette intérieur.
Dans ceux de ces animaux qui ont une tète, elle est fort petite.
La configuration extérieure est en général s}'métrique; il faut cependant excepter la plupart des céphalophores où l'nrifice du canal intestinal et celui des ])arties génitales sont dis-
DANATOMrE COMPARl^E. I'j3
poses d'un seul côté , presque toujours à droite, plus ou moins près de la lêie^ et où les organes respiratoires, soit extérieurs, quand ce sont des brancliieSj soit intérieurs quand ils sont rentrés sur eux mêmes pour former des poumons, s'ouvrent, quoique moins généralement, vers cette réiïion.
Le corps des acéphales affecte ou la formealongéeà des degrés variables, ou la disposition arrondie, discoïde. Les «5a<i/e^ consistent en des poches closes à leur partie inférieure, ouvertes à leur extrémité O])posée par deux orifices à inégale hauteur; le plus élevé est l'ouverture buccale , le second est l'anus. Les acéphales à coquilles sont fend us à la face abdominale dans une étendue qui n'est pas égale dans tous , et sont aussi pourvus de deux orifices vers l'exlrémité antérieure; orifices que supportent, dans certains d'entr'eux, des prolop-gemens tubuîeux considérables. L'enveloppe externe des ascidies est coriace; chez les . acéphales a coquilles, elle est formée dans le plus grand nombre, de deux valves composées de 1 carbonate de chaux. Des muscles rapprochent , ' en se contractant, ces valves queTélasticité d'un 1 ligament écarte lorsque Teffort musculaire a 1 cessé. Sous ces valves, on rencontre une expanision charnue mince, le manteau^ que traversent lies ouvertures indiquées ; les deux moitiés laté- 1 raies s'en réunissent au dos de l'animal. De là, 1 partent de chaque côté, chez les acéphales à
coquilies deux prolougemens lamellirorraes trèsvariés clans leurs dispositions, sur lesquels nous aurons occasion de revenir plus loin.
Entre les deux lames internes se trouve le pied, une masse épaisse, très - diversement configurée,, contenant dans la capacité qu'elle embrasse, les organes de la digestion et de la génération.
jj j Les acéphales à coquilles sont donc formés, de
chaque côté, de quatre couches superposées, fendues en bas ; dans les acéphales nuds au contraire, le test, le manteau, les lames dont nous venons de parler , sont des cavités borgnes ou des sacs à une seule ouverture.
j j Les gastéropodes ont ordinairement le corps
droit et alongé. Dans les gastéropodes à coquilles la partie postérieure se contourne en spirale. Le manteau, dans la plupart d'enlr'eux est une saillie dont le développement est divers, qui recouvre les organes de la respiration.
A leur face inférieure existe un disque musculeux, large; c'est le pied, La plupart ont une coquille simple. Dans plusieurs d'entr'eux qui sont nus en apparence, elle est très-petite, et cachée sous la peau.
L'appareil digestif est composé d'un canal intestinal, et de plusieurs organesaccessoires.il est bien moins compliqué chez les mollusques acéphales que chez les céphalophorcs. Les premiers n'ont pas d'organes de mastication, ni
D'ArfATOMIJÎ COMPARiJe. l'jS
(le glandes salivaires, et la bouche est un orifice simple qui n'occupe jamais , ou rarement (lu moins, toute l'extrémité antérieure du corps, mais que Ton rencontre plus ou moins en arrière. Les céphalopliores au contraire, ont généralement des organes masticateurs de forme trésr diverse , souvent très-compliqués. Ils consistent en dents ou mandibules cornées supérieures ou latérales, et une lame ou plaque inférieure située au fond de la cavité buccale^ se conliniiant en anière sous l'œsophage, dans un prolongement cœcal particulier, et garni de pointes j je veux parler de la langue. Le stylet cristallin qui se rencontre chez plusieurs acéphales , peut être considéré comme un indice de cette même j partie.
Les céphalophores sont communément pourvus I d'une paire de glandes salivaires considérables I qui s'ouvrent dans la cavité buccale, souvent au 1 moyen de conduits fort longs. Tousont un foie vo- 1 lumineux formé de plusieurs lobes et sans vésicule 1 biliaire. L'estomac des acéphales et de plusieurs ( céphalophores est une dilatation simple. Chez lies premiers, le foie qui entoure ce renflement :s'y ouvre par un gi^and nombre d'orifices larges; (chcz les seconds au contraire, la bile est versée
• dans l'inteslin au-delà du renflement slomacal. I Plusieurs céphalophores^ les gastéropodes en ]particuher, ont un estomac très-compliqué qui
• se partage en trois ou quatre capacités successi-
1 7^ TRAITÉ GÉNiRAL
ves garnies, en partie, de dents cornées. L'intestin est simple, il offre le plus souvent quelques circonvolutions, jamais ou fort rarement il s'ouvre à l'exrémité postérieure du corps.
Les organes générateurs des moUusquesoffrent leslroismodifications principales que l'on observe dans la série animale. Ils sont purement femelles chez les acéphales; un ovaire, un canal excréteur distinct, surtout chez les acéphales nus etnotamment. dans les ascidies où il s'ouvre à l'extérieur à peu de distancedeTanus, constituentcetappareil. Chez les céphalophores nuds et plusieurs céphalophoresà coquilles, les organes générateurs sont séparés en mâles et femelles ; placés les uns à côté des autres dans la capacité intérieure de l'animal, ils s'unissent entr eux de diverses manières et s'ouvrent aussi en dehors. Il y existe généralement un état de complication extrêmement remarquable; leur masse est relativement trèsvolumineuse. Dans plusieurs gastéropodes , dans la plupart même, l'espèce se parlage en individus mâles et en individus femelles : ici les organes générateurs sont simples^ le développement de cet appareil y décroît en raison du perfectionnement plus élevé de l'espèce. .
Tous ces animaux ont des organes respiratoires distincts qui affectent sui'tout deux formes: celle de sacs creux ou de poumons et celle de saillies lamelliformes nommées branchies. Chez les acéphales nuds, le poumon est unsac alongé, très-
d'aNATOMIE C03IPARÉE. l'j'J
vûsculeux et assez volumineux qui, clepuivS l'ori- Hce situé à l'extrémité supérieure du corps, «'étend à des distances variables en arrière. Au fond ou dans le milieu de son étendue commence l'œsophage. Gliez les gastéropodes à poumon, cet organe constitue un sac proportionnellement plus petit , situé le plus communément en devant et à droite, qui ne communique pas avec le canal intestinal. Il y a tant de variétés dans les branchies des céphalophores, soit sous le rapport de forme, soit sous celui de nombre et de position qu'il est impossible d'établir là-dessus de proposition générale.
On peut seulement remarquer que plusieurs d'entr'eux, surtout ceux à coquilles et à sexes séparés auxquels on doit ajouter les haljotides, font le passage des gastéropodes pourvus de poumon à crux qui respirent par des branchies libres j parce que, chez ces animaux, ces organes respiratoires sont disposés à la face intérieure d'un sac ouvert en dehors.
Aucun doute ne s'est élevé dans la détermination des fonctions attribuées aux organes consiilérés comme chargés d'opérer l'acte de la respiration dans les mollusques que nous veiions de passer en revue. Dans les acéphales à coquilles, cette fonction a été assignée au contraire à des parties très-diverses.
L'opinion généralement admise est que deux organesd'iin volume considérable,très-vasculeux,
lyS TRAITÉ GÉNÉUAL
minceSj le plus communément lamelliformes, divisés en plusieurs parties par un grandnombre de saillies se recouvrant les unesles autres^ situés des deux côtés du corps entre le manteau et la masse des viscères, disposés en deux paires, son ides -^r^/zchies ; que l'action de respirer est en outre dévolue à qnalre petites productions, rainces,triangulaires, situées au pourtour de la bouche. D'autres auteurs, Méry(i) d'abord, ensuite Joerg(2), particulièrement Bojanus (3), ont altribué une autre fonction aux premiers en les prenant pour des organes générateurs. Ce dernier auteur les considère comme des organes uniquement femelles, tandis que Méry et Joerg croient quel'appendice interne n'est autre chose que les ovaires et l'externe les vésicules séminales ou les testicules. Une grande divergence d'opinions existe sur la détermination de l'organe respiratoire. Méry et Bojanus nomment poumon, un organe alongé très-vasculeux, d'un brun rouge, que l'on trouve plus en dedans, vers le dos de l'animal, contenu
(I) Mém. deTAcad. des Sciences de Paris. 1710, pag. 546. — (a) Ueberdie Zeugung. Leipr. i8i5, pag. G3. — (3) Ucber die Wcrkzcugc des Afhmeiif uud des Kreislaufes dcr Biralven, etc. Isis, 1817. (Sur les organes de la respiration et ci>cuiation chez, les bivalves, etc.) Inséré dans le journ. de pIiTsiquc, vol. 89, p. ii8 , et accompagne de remarques par M'. de BlainviUe. Réponse de M. Bojanus, dans Yhis, 1810, cah. 7, pag. 404. — Je me suis attaché ici, moins à réfuter l'opinion des autrts qu** exposer l.i mienne propre
d'ANATOMIE COMPARiE. 1 79
dans une cavité propre qui communique avec l'eau par deux orifices étroits ; Joerg au contraire veut que les prolongeroens situés au pourtour de la bouche soient les seuls organes branchiaux.
Une circonstance assez spécieuse a fait soupçonner que les parties dont il est question sont des organes destinés à la reproduction; c'est que les ovules et les fœtus des acéphales sont placés durant une époque déterminée entre les deux lames dont est formé chaque appendice et y prennent un certain développement. Admettons donc que ces parties servent, en effet, à l'accroissementdu foetu5, mais n'en conclnonspas qu'elles ne puissent être à la fois des organes respiratoires. ,
Ces organes ne sauraient être des ovaires, car il se trouve un ovaire très-considérable, enlacé avec les autres viscères dans le pied ; et même sans cela une détermination positive de ces lamelles en organes sexuels mâles et femelles n'a pas la moindre apparence de réalité.
Quant aux petits prolongemens disposés au pourtour de la bouche et que Joerg a regardés comme les uniques branchies de ces animaux, ils semblent être plutôt des organes de tact; idée qui repose sur l'analogie rapprochant ces êtres d'autres animaux et surtout des céphalophores. .
L'opinion émise si superficiellement par Méry,
i8o Traité général
otayee avec lanld'exactiuide |)ar Bojanus, a quelques molifs qui railitenl en sa faveur. Assertion simple et pure du premier auleur, elleestdeveiiue propre au second par le grand nombre de preuves dont il l'a revêtue^ • Les faits qui le déterminent sont les suivans :
1» La grande quantité de vaisseaux qui se distribuent à l'organe considéré comme le jjoumon.
2" Le mode de circulation qui consiste dans Tabord du sang qui revient de toutes !es parties à cet organe, et la destination du liquide qui en sort en partie pour les ovaires, en partie pour le cœur.
3° Le rapport où se trouve par sa position cet brfifar.e avec i'eau.
4» Tous les argumens qui combattent l'opinion coHîmunément admisesur la fonction des appendices latéraux, tèis que l'innocuité de la mutilation de ces organès pour la vie de l'an'mal, les troubles qu'ap])ortc à la fonction respiratoire la présence des œufs et des fœtus qui y sont contenus;
5o Le peu de vraisemblance des autres fonctions attribuées à cet organe, dont on a fait des reinsou une rate qui n'exisl<Mit que chez des animauxsupérieurs ; fonctions d'ailleurs fort incompatibles avec sa structure, et très peu probables quand on observe que tout le sang de retour du corps le traveise.
Ces allégations ne me paraissent pas cepcn-
DAIfATOMIE COMPAHEE. iSf
dant suffîsanLes pour me faire renoncer à lancienne opinion qui est encore générale.
io L'abondance du sang n'est pas une condition inhérente à la fonction respiratoire, exclusive de toute auîre.
2oLe passage du sang veineux de tout le corps à travers cet organe peut avoir un autre but que celui dele soumettre à l'acte de la respiration. Le foie n^est pas le poumon^ parce qu'il donne passage au sang de la veine-porte; l'organe dont il s'agit le scra-t-i! par !a même circonstance?
3° Il est immédiatement en contact avec l'eau; que prouve ce lait? puisque le manteau, le coeur et les parties considérées communément comme des branchies, flottent librement dans le même liqui'Ie.
4° Les considérations suivantes réfutent ce qu'ona allégué contre lesfonctionsrespiraloires attribuées aux appendices latéraux.
Les mutilations de ces organes son t un fait rare. Onne sait pas quel est l'inconvénient résultant de cet accident.
Les maladies pulmonaires chez les animaux même fort élevés sont supportées jjendant un laps considérable de temps.
Dans ces mêmes animaux, on ne voit aucune suite fâcheuse de la gêne éprouivée dans la respiration , pendant la durée de la grossesse, par l'organisme maternel ; et cette gêne est considérable, en raison même du nombre des foetus.
l82 TRAITE GENERAL
Enfin, il n'est nullement démontré que les autres attributions accordées à cet organe soient inadmissibles. Cet organe a toutes les conditions d'une glande imparfaite ; il a deux sortes de vaisseaux sanguins et il est dépourvu d'un canal excréteur; il représente donc très- vraisemblablement les glandes parfaites , c'est-à-dire ayant un canal excréteur, offertes par les cépbalophores supérieurs, et il a une fonclion analogue.
Tout ce qu'on peut donc dire, c'est qu'il faut restreindre les attributions qui lui ont été reconnues d'exercer une fonction sécrétoire ou excrétoire déterminée et particulière , sans nier l'extrême ressemblance qu'il présente avec un organe sécréteur ou cxciéteur.
Ajoutons qu'il ressemble fort peu, par sa configuration , à aucun organe respiratoire; argument nullement infirmé par la remarque de l'exlréine diversité de cet appareil, parce qu'il est bien plus fafcile de rapporter les unes aux autres les formes des parties de la res|)iralion qu'à la figure de cet organe; que les appeudices lameiiifoimts ont une analogie véritable avec les branchiesde la plupart des cépbalopliores ; qu'il existe uu passage évident des organesde plusieurs ascidies aux appendices latéraux des acéphales à coquilles.
Toutes ces raisons me font considérer comme vraisemblable que les appendices latéraux sont l'organe respiratoire et que les parties prises pour
d'anatomie comparée. i83 le poumon n'oiil d'autres rapports avec l'acfe -le la respiration que celui de toute autre g5an.le parfaite ou imparlaite , chargée d'éiaborer le fluide nutritif.
Une circonstance d'analogie qui les en rapproche cependant est celle-ci ; il s'en déga'ie de IVcide carbonique. Si donc on les considèi e comme des poumons, il en résultera que, comime les plus inférieurs des reptiles^ les moins pai faits des mollusques possèdent à la foîsdesbranchies et des poumons, pendant toute la duréf" de la vie; au degré d'imperfection où se trouvent ces êtres , Forgane représentant le poumon aura conservé l'état rudimentaire.
Celte question rendrait important de rechercher sij dans des genres plus parfaits, l'un de ces organes, et notamment les branchies, ne serait pas une formation transitoire. Quelleque soit la solution à laquelle^ on arrive, la réunion des branchies et des ovaires en un seul tout ne doit pas paraître étrange chez les animaux inférieurs. C'est une loi générale que dans le principe plusieurs fonctions soient confiées à un organe unique; par une application particulière de la même régie, l'instrument respiratoire de l'organisme producteur ne pourrait-il pas, comme portion malerneile de l'œuf, faire transiloirement les fonctions de parties respiratrices pour l'organisme produit?
TRAITE GÉitiRAL
Le système vasculaire de cette classe présente les conditions géne'rales suivantes:
1° La présence d'un cœur qui n'est pas également charnu dans tous. Ce coeur est situé à la face dorsale de l'animal, et au voisinage des organes respiratoires;
Une circulation du sang établie du cœur aux parties, de celles-ciaux organes respiratoires, et des organes respiratoires au cœur.
Ce cœur est par conséquent un cœur général, etlacirculalion est chez cesa-jimauxlamême dans les points les plus essentiels que chez les crustacés.
L'élude de ces êtres présente des modifications considérables de ce type général.
La composition , le nombre, la forme extérieure sont les causes de ces modifications.
Rarement^le cœur offre, comme dans les crustacés, une capacité unique qui reçoit sur un^joint la veine branchiale ou pulmonaire, et donne oricine à l'artère du même nom sur un autre point. Cette disposition existe chez les bracbio- ,,podes, notammentdansle genre ling'ilc [lingula); elle est vraisemblablement aussi présentée par plusieurs acéphales nus.
On trouve bien plus généralement^ surtout chez les acéphales à coquilles et les céphalophores, ce viscère sous la forme de deux cavités successives, Tune très-mince, recevant les veines pulmonaires ou branchiales; c'est une oreillette; l'autre, pourvue d'une enveloppe beaucoup
d'àN.VTOMIE COMPARicE. l 85
plus épaisse, en comirir.nicalion imméJiate avec celle qui vient tl'étre citée, le vtntricule, d'où s'irradient les artères du corps.
Ouire ces différences dans les degrés de la composition , le nombre des parties que l'on peut considérer comme étant ies équivalentes du coeur, introduit de nouvelles modifications; la même portion de l'appareil d'impulsion est quelquefois unique, quelquefois multiple, leplus souvent double. Les bracliiopodes ont de chaque côté une semblable dilatation corciiforrae, simple. Chez la plupart des acéphales testacés le ■ventricule est unique, tandis que Toreillette de même nom est double. Dans quelques-uns par exemple, le genre arche (arca), le ventricule^ ordinairement unique, est divisé en deux moitiés latérales éloignées l'une de l'autre de toute la largeur du corps. Chez les céphalophores il y aun seul ventricule et une seule oreillette.
La forme extérieure présente aussi des variélés. Plusieurs acéphales testacés présentent une disposition remarquable. Le ventricule est traversé par l'extrémité du tube digestif.
De nombreuses variétés signalent les organes locomoteurs .
On y trouve généralement une substance musculaire distincte comme partie active de locomotion; le nombre et la forme des organes qu'elle constitue offrent de nombreuses modifîcalions. Les acéphales nuds, notamment les ascidies,
n'ont, SOUS l'enveloppe extérieure, qu'un tuyau charnu, pourvu de deux orifices, et entourant les viscères. A ce tuyau se rendent, dans les acéphales à coquilles , un ou deux muscles développés qui s'étendent d'une valve à l'autre, et les rapprochent j différence sur laquelle M. Lamark a fondé la division des animaux de cet ordre en Qonchifevts monornyaires et 'dinijaires{\): On voit, dans la même raison, se compliquer davantage l'enveloppe charnue. Le tube qui entoure étroitement les viscères-,encore si.mplechez les ascidies, se divise ici , en quelque sorte, en deux moitiés latérales. La moitié intérieure reste unie intimement aux viscères, c'est le pied, qui est plus ou moins apointi, plus ou moins lonj^. L'extérieure, située immédiatement sous la coquille, et séparée du pied parles branchies, est le manteau,
Lt^s gastéropodes possèdent, outre une enveloppe musculaire générale, un pied large qui leur sert à ramper. Chez quelques-uns, par exemple, chez les tethjs, la partie supérieure de l'enveloppe musculaire s'épanouit en devant en un larare manteau.
L'enveloppe musculaire générale des ptéropodes se prolonge sur les parlies latérales en nageoires d'une largeur variable.
(i) IlUt. nal. des anim. sans vertèbres, t. V, p. /\22.
d'aNATOMIE COMPARÉE- 187
Il se joint, dans les gastéropodes à coquilles, aux muscles qui viennent d'être décrits, un autre muscle attaché à la face interne de leur enveloppe calcaire qui fait rentrer le corps de l'animal dans l'habitation qui le protège.
Le système nerveux est formé, comme chez la plupart des animaux considérés jusqu'ici, de plusieurs ganglions sohdes et de nerfs destinés aux organes. Les plus antérieurs de ces 'ganglions, situés les uns à côté des autres sur la ligne médiane du corps, au-dessus de l'origine du canal digestif, sont unis entr'eux, soit par ■un contact immédiat, soit au moyen d'un fdet intermédiaire transversal, et communiquent par des cordons nerveux avec les ganglions postérieurs disposés au-dessous et en arrière de l'œsophage. Chez les mollusques acéphales nus , du moins chez les ascidies, le système nerveux est formé d'après un type différent et plus simple. Entre l'ouverture supérieure et inférieure existe un ganglion non composé, fournissant des filets aux parties voisines du sac musculaire. J'ai trouvé en outre, entre les circonvolutions du canal intestinal quelques autres parties si semblables à des ganglions et à des nerfs, que je les regarde comme tels, quoique je n'aie pu décou-
(i) Schalck de ascidiarum structurâ. Hal. 1814 , fig. 4. q. r.
lS8 TRAITÉ GÉNÉRAL
"vrii- entre ces parties nerviformes et les parties réellemenLiierveiîses aucune connexion, et que plusieurs autres anatomistes, M. Cuvicr particulièrement, ne fassent mention que du système nerveux proprement dit.
Dans les acéphales à coquilles, on voit se détacher des parties latérales des ganglions, situés à côté et au-dessus de la bouche , deux cordons j l'un se rend entre la masse viscérale à un ganglion moyen situé dans le pied; un second beaucoup plus court, se ])orte immédiatement en arrière, sous la peau, le long du pied et s'unit à un quatrième ganglion simj^le, à peu de distance au-devant de l'anus. Il existe, p;.r conséquent, chez ces animaux, un anneau double.
Cet anneau est ordinairement simple et court dansles céphalophores ; mais quelques-uns de ces êtres en portent un fort analogue à celui des acépbalcs nuds; il y est distinctement double.
Viennent ensuite, comme appendices du système nerveux, des prolongemens cutanés de formes très-multiphées , qui se développent sur differens points de la surface du corps et principalement sur les parties latérales et vers l'extrémité antérieure. Eu devant, au-dessus de la bouche, on en rencontre très-souvent deux de chaque côté, quelcpu^fois réiractiies. L'un d'eux, pai ticulièrement l'exlerne ou le postérieur, devient, chez la plupart des gastéropodes, un or-
d'anatomie comparée. 189 gane de \ision plus ou moins distincr. Point de traces de l'organe auditif qui existe chez presque tous les crustacés.
La plupart des mollusques vivent isolément. Des recherches récentes, surtout celles de M. Savigny (ï)^ ont fait voir que plusieurs espèces se réunissent eu un tout, analogue aux polypes composés (2), el que beaucoup d'animaux, autrefois rangés parmi les polypes , appartiennent en effet à celle classe. Ce sont particulièrement des acéphales nus, très-pelits, semblables aux ascidies j il est ensuite digne de remarque que plusieurs autres acéphales nus, les saJpes ou biphores , se réunissent ordinairement d^une manière passagère, en quanlité considérable, et constituent des aggrégalions très-variées dans les figures qu'elles affeclent.
Un grand nombre de mollusques acéphales , tant à coquilles que sans coquilles, simples ou composés, sont fixés; d'autres, appartenant aux
(i) Mémoires sur les animaux sans vertèbres, seconde partie, premier fascic. — Recli. anat. sur les ascidies composées et sur les ascidies siuiples; Paris 1816.
(a) Voyez plus haut pag. 114.
igO TRAITÉ GENERAL
mêmes sections sont absolument libres; les cépbalopliores occupent encore, relativea)ent à ce caractère , un rang fort élevé, en ce que chaque individu vit indépendant.
La majeure partie des mollusques habitent les eaux, ceux qui respirent ave'^ des branchies, comme ceux qui ont des poumons.
Les acéphaics sont zoophages; leur nourriture consiste dans les matières animales qu'ils rencontrent dans l'eau. Les gastéropodes sont, au contraire, la plupart phytophages.
En vain plusieurs naturalistes ont-ils admis que les acéphales unisexués s'accouplent comme les autres, ce fait n'est aucunement démontré ; U paraît même tout-à-fait invraisemblable, puisqu'ils n'offrent que des organes générateurs femelles. Au- contraire , rien n'est plus probable que l'accouplement ne soit le mode de reproduction des gastéropodes et pléropodes , en exceptant ceux qui n'ont qu'un sexe, comme les halyotides (i), les patelles(2), etc.
La reproduction a lieu dans le plus grand nombre par des œufs; les salpes ccjDendant, parmi les acéphales, sont vivipares et se caractérisent même par un phénomène remarquable. On voit, dans la même espèce, les différentes géné-
(i) Fcider de halyotiflum stniclurâ. Mal. 1814. — •bsei vat. e\ anal. comjiarAtâ. Halae, i8j6.
(») Hummtr,
d'anaïomie CQMPAR ÉV.. 1 9 1
ralioDS coiisisler aliernali veinent en individus isolés et en individus réunis; chaque membre d'une communauté ne renferme qu'un foetus; chaque individu isole contient, au contraire , plusieurs embryons d'un volume moindre et unis entr'eux : un trait parliculier de la forme dislingue d'ailleurs les individus isolés, des parliez d'une masse commune j il consiste en ce cjuc les derniers possèdent des appendices de connexion qui manquent aux autres (i).
Ce phénomène de génération me semble présenter une analogie remarquable avec le mode de reproduction propre à plusieurs annelides^ que nous avons mentionné plus haut (a). Chez ceux-ci , une articulation du corps grossit et devient un animal propre, doué de la faculté d'en reproduire ensuite d^antres. Chez lessalpes cornposés , dont chaque être partiel est un organe distinct relativement à l'ensemble dont il fait partie, il se développe, sur le corps d'un d'entr'eux, un animal unique, menant une vie isolée, et possédant la faculté d'en reproduire plusieurs qui forment un (out entr'eux. Il est vraisemblable que la part que chaque salpe individuel prend à l'existence commune limite sa puissance de propagation au
(i) Chamisso de auimalibus qulbusdam è classe vermium , Linneanâ observatis. fasc. i, de sal|)is. Berolin. i8i9,pag. a; (a) Voy. page i3g.
IQ^ TRAITÉ GÉK]éBAL
point cîe ne lui permeHrc de reproduire qu'un seul individu j qui, uniquement borné à son existence propre, devient capable de donner la \ie à plusieurs individus à la fois.
A juger par analogie, d'après les expcfiences faiïes sur les hélices, les limaces, etc. , la faculté régénératrice est extraordinaire dans ces animaux ; des parties considérables et très-cnmpîi- ([uées, la léte elle-même se sont reproduites com- ]détemcnt, tant que les ganglions nerveux de l'encéphale n'ont pas été intéressés.
Plusieurs de ces animaux s >nt phosphoresccns. lies observations existantes n'accordent encore celle faculté qu^aux acéphales nus et sans coquilles; telle est au reste l'énergie delà puissance ([u'ils possèdent de reluire, que c'est à la présence de ces raoUusques que la mer doit en parlie Ta pparence lumineuse qu'elle offre dans certaines circonstances.
La variété de leurs actes de locomotion est liée à la disposition des organes qui l'opèrent et la connaissance en résulte de leurdescription. Les niouvcmens en sont en général fort lents.
On pourrait à peine faire mention de leurs 'facultés intellectuelles.
»'aNA.TOMIE COMPAREE.
Les céphalopodes forment une colleclion trèscomplète d'animaux, réunie ordinairement à la classe des mollusques, à la tête de laquelle on les place. Nous avons de'jà établi les motifs d'après lesquels ils semblent en devoir être séparés et considérés comme une classe plus élevée.
Ils ont une tête distincte, arrondie, d'un volume relativement considérable. Cette partie est séparée du reste du corps j elle porte au pourtour de la bouche de S à 10 longs bras ou tentacules charnus^ terminés par un renflement cupuliforme, qui servent à l'anima! à s'attacher et partant à se déplacer. Derrière la tête se trouve de chaque côté un œil volumineux.
La partie postérieure du corps , le tronc , est plus large, arrondie ou oblongue. On voit souvent sur toute l'étendue des parties latérales du tronc, surtout aux points où il est oblong des prolongemens en forme de nageoires.
La face inférieure du tronc présente antérieurement une fente transversale conduisant à une cavité où nagent librement les organes respiratoires, qu'entoure seulement une enveloppe mince. Plus en arriére se trouvent les autres viscères. Du milieu de cette cavité s'élève ec
194 TRAITl^ GlÉTfléRAL
devant Yinfundibuluin, pi olopg^nient charnu, globuleux, né des parois tlo la cavité, .wjuvn.nt en dehors, à Va face inférieure, à peu de distance derrière ta bouche.
Le cor|)S du plus grand nombre est nu. Les seiches(iSef»m, Lin.) sont dans ce cas. Dans quelques autres il est recouvert d'une coquille ; ainsi dans 1 argonaute.
Chez plusieurs céphalopodes nus , il existe des indices évidents de divers développeraens de co'jullle. L'os des seiches, par exemple, qui se cache sous leur peau se rapproche bf^aucoup plus, par la quantité prépondérante de carbonate de chaux dont il eslcomposé, de la coquille que répée cornée du calmar; chez d'autres, l'octopode par exemple, on ne rencontre aucune trace de coquille.
Dans l'élude de la structure intime de ces animaux, il convient de considérer les partie» solides inlérieures après celle des parties dures que nous venons d'examiner.
C'est en eifet ici que ces modifications nouvelles se manifestent pour la première fois. Un squelette intérieur trè^-dislincl, quoique cartilagineux, se prononce et s'isole, et, par conséquent , il est déjà évident dans les céphaloj^odes. Ou trouve dîins la plnpart plusieurs cartilages céphalitjidcs, dont le plusjjjrand , le s} ncipilal, renfernie le cerveau. iV ces pièces se bornent les carlilugt* de Todopodc ; mais il s'y en joint plu-
d'anatomie comparée. 195 sieurs autres, notamment dans la seiche et le calmar; on trouve chez ces animaux, autour des premiers, d'autres lames cartilagineases larges, situées sous la peau du dos et représentant la partie dorsale ou les arcs de la colonne vertébrale des animaux supérieurs. A cclies-ci s'en ajoutent d'autres égahment cartilagineuses, aiongées, disposées svintti ifjucment une de chaque côté, qui descendent le long du corps, dans la base de la nageoire, et qui correspondent à des pai ties ana.ogurs existant dans la classe des poissons et plus en particulier dans plusieurs cartilagineux.
A l'extrémité antérieure du canal intestinal existe un bec corné, que constituent deux moitiés placées l'une au-dessus de l'autre; dans la bouche est une autre partie cornée qui représente la langue des gasléropotles ; deux glandes salivaircs considérables s'ouvrent dans cette cavité. Après l'œsophage, qui est lon^ij, vient un estomac le plus souvent à parois é[)aisses et charnues; au-delà de ce dernier on en t rouve un autre niem braneux qui reçoit les conduits biliaires. L'intestin qui est court, se porte en devant et s'ouvre ici à peu de distance de l'extrémité antérieure, dans Tinfundibulum. Le foie est très-volumineux.
Deux branchies latérales constituent les organes respiratoires ; qWcs sont de torme pyramidale; des laujes transversales les composent. On les trouve dans un enfoncement sacciforme, à la
face inférieure du corps, allachées à la partie interne de l'enveloppe ex-térieure de tout le corps.
Le système vasculaire est surtout remarquable.
Les céphalopodes ont trois dilatations cordiformcs charnues; une moyenne, alongée, le cœur général que nous avons déjà siçnalé chez les précédens animaux; deux autres latérales et arrondies, entièrement séparées l'une de l'autre et delà première, qui apparaissent ici pour la première fois, sous la condition de parties distinctes, quoique déjà l'existence en ait été aperçue dans plusieurs mollusques, et même chez quelques crustacés. Ces dilatations latérales , sont des cœurs pul;nonaires j réservoirs du sang du corps, qu'ils envoient aux hranchies , d'où il revient au cœur général. Toutes ces cavités sont simples.
Aux. troncs des veines qui parcourent le corps on voit librement suspendues^ entre les viscères, une quantité considérable de ramifications arborescentes qui s'ouvrent dans ces canaux.
L'espèce est constamment partagée en individus màh's et en individus femelles. Les organes de la génération fof t com[)liqués s'ouvrent dans rinfiuidihulum ; c'est immédiatement à côté de l'anus que se trouve l'orifice «l'un tuyau membraneux, canal excréteur de la bourse de la sépia.
d'aNATOMTE COMPARIÎE. IQy
Les instrumens de la locomotion ont déjà été décrits.
Le système nerveux consiste i» en un encéphale solide , Ires-développé , contenu dans le crâne, partage en une partie antéiicure et une pnriie postérieure; i° en deux ganglions latéraux considérables , situés à l'extrémité antérieure du corps, et fournissant surtout aux organes locomoteurs; 3o en un anneau laî ge ou. collier, placé sous l'oesophage, et commun! (^uant par sa partie supérieure avec l'encéphale ; 4" en deux cordons latéraux servant de moyens d'u« nion ent; e l'encéphale et les ganglions déjà mentionnés ; 5» en nerfs qui parlent de l'encéphale, du collier et des gangU .ns latéraux.
Les organes des sens sont : i» deux yeux fort développés qui représentent d'une manière remarrjuable le type des organes visuels propre aux animaux vertéhiés, et celui qui appartient aux. animaux dépourvus de vertèbres; a» [)lus en arrière, et à la partie inférieure du crâne, une petite poche remplie d'une substance calcaire et d'humeur aqueuse, poche située" dans une cavité du cartilage crânien; en un mot, l'organe auditif, cjui n'est ici qu'un peu plus développé que dans les crustacés.
Tous les céphalopodes sont aquatiques et zoophai^es. Ils se reproduisent par copulation, et pondent des œufs unis entr'eux par une mucosité visqueuse. lis possèdent à un degré assez élevé, la faculié de régénérer.
Leurs facultés intellecluclles sont supérieures à celles des mollusques : ils ont soin de leurs petits.
C'est par des motifs semblables à ceux qui m'oiit fait, à l'instar de plusieurs naturalistes, séparer h s cirripèdes des mollus(iue-i , que j'ai été conJuità considérer les céphalopodes comme suscepliblcs d'être rcuforinés dans une classe distincte et particulière; d'une part, chs êtres présenlent un grand nombre de caractères proj^res; de l'autre, ils ont autant de poinis de contact avec les vertébrés qu'avec les mollusques.
Il suffit de leurs pieds à ventouses et de la disposition des parties centrales de leur système ■vasculaire, qui leur est si particulière, pour les distinguer des autres animaux ; et si la présence
d'anatomiï comparée. 199 d'une coquille, tantôt externe , tantôt interne, si la disposition tics organes maslicatrurs, de l'appareil respiratoire et du système nerveux les rapprochent des moll:^qaes, ils s'en éloii^neiit |»ar rexislenced' insquelelteintérieur,plusoLi moins complet, qui les rattache aux vertèbres et trace, par cela niome, eutr'eux une ligne de démarcation naturelle. Joignez à ces caractères ceux-ci : des yeux plus analogues aux yeux des vertébrés qu'à l'appareil visuel des mollustjues, des coeurs pulmonaires, qui n'appartiennent également qu'aux yertébrés. Leurs ventouses même ne correspondraient-elles pas à des organes qui existent chez quelques poissons^ par exemple, à i'appareil de succion des échénéides V Enfin , le système nerveux n'échappe pas à cette analogie; le type d'après lequel il est établi imite da\antage la disposition du système nerveux des poissons, qu'il ne se rappniche de celui des mollusques. On voit surtout c lté assertion se confirmer, si l'on se rappelé comment est conformé l'encéphale, quelles sont les positions relatives des gang ions latéraux et des cordons qui, de cet organe, se rendent à ces mêmes gang ions. Que l'on attire, en effet, les masses ganglionnaires latéra'es vers la ligne-médiane, que l'on réunisse en un seul faisceau les cordons, et l'on obtiendra une moelle rachidienne et des nerfs spinaux servant à la locomotion.
TRAITÉ GENKRAt
Après les céphalopodes se placent naturelleinenl les poi sons. La forme extérieure et la structure inlimc e le-mêrae ne sont pas sans présenter, dans ces êtres, de grandes variélésj mais qu "lie que soit l'importance des rapporls qu'établissent entr'eux les conditions de leur système vasouliiire et les piincipaux caractères de leur mode de respiration , on ne peut guère y former plusieurs classes.
Brisson (i) les partage cependant en deux di- TÎsions de ce rang ; il reconnaît des poissons cartilagineux et des poissons osseux. Linnéeisola d'abord, (le cette classe, les premiers genres, qu'il plaça parmi les amphibies ou reptiles.
La grande majorité dos poissons a la forme extérieure symétrique : lespleuronectes font seuls exception. Les yeux de ces derniers animaux ne sont pas situés vis-à-vis l'un de l'autre et de chaque côté j mais tous deux occupent un seul côté, et sont placés l'un au-dessus de l'autre; en outre, la face latérale droite que l'on reconnaît à la disposition des autres organes du corps est
(i) Rcgnum animale in novem classes distributum. Paris, 1/5$.
d'aWATOMIE COiMPAREE. 201
autrement colorée que la gnucbe. Le cote' sur lequel se trouvent les deux yeux, correspoud , par sa coloration, à la face dorsale; le côlé opposé est l'analogue de la face abdominale des autres poissons et des animaux en général; analogie hors de doute, lorsque l'on considère qu'ils nagent, en tournant en bas la portion de leur corps colorée comme Tabdomen des poissons rangés dans des ordres difFérens. Il résulte de cette position que si leurs yeux ne sont pas symétriques , ils sont du moins placés à côté Tun de l'autre.
Le corps des poissons est en général alongé ; mais dans aucune autre classe, le rapport des dimensions n'est aussi variable. Tantôt cylindrique et très-délié, tantôt très-développé en hauteur et comprimé d'un côté à l'autre, tantôt, au contraire , aplati de haut en bas et très-large, tantôt enfin presque sphérique.
La téteqni est la portion la plus antérieure du corps est partout distinctement caractérisée par Touverture buccale et quelques organes de sensations. Dans la plupart d'entre eux, cette ouverture est située tout-à-fait en devant; dans quelques autres elle se trouve à la partie inférieure et derrière les os du crâne qui la dépassent en se prolongeant, comme dans les poissons cartilagineux. Mais aucun étranglement n'indique une démarcation entre la tête et le tronc. Dans les animaux supérieurs, le cœur et les or-
20a TRAIT]^ GlÎN^RAt ^
g;ines respiratoires sont éloignés de la tête; chez les jDoissDiKs, ils sont placés immédiatement derrière cftle poition à laquelle s'attachent, dans la ])art du moins, les membres antérieurs même.
Le tronc est partagé en deux portions. L'antérieure forme une caYité entourée d'os et de muscles, où sont situés, d'avant en arrière, le cœur, les branchies, les organes digestifs, urinaires et générateurs. La portion postérieure qui commence où s'ouvre l'anus, toujours situé sur la U'^ne médiane et à la région inférieure du corps, est])leine, composée d'os et de faisceaux musculai;es : c'est la queue qui représente ordinairement une partie considérable de Tanimal, et fait l'office d'instrument principal de la locomoli< n.
On voit en devant , de chaque côté du tronc^ une ou pUisieurs ouvertures, les ouvertures brancliiales. qui servent d'issueà l'eau a\ alée par la bouche h rs de l'acte respiratoire,, et introduite dans la cavité des branchies lorsque ces organes en ont été baignés.
A la queue s'ajoutent encore d'autres organes de mouvement. TAs sont les nageoires. Dei> os, des muscles les conslituent égaU mt nl. E.!cs sont babiluellemtnl disposées eu paires, au nombre de deux. Une paire est antérieure et nommée thorachique ; la seconde est postérieure et abdo' minale.
D ANATOMIE COMPAH^E^ ao3
Quelques poissons sont cnlièroment privés de nageoires. D'autres n'en possèdent qu'un rudiment intérieur d'un déveioppement variable; c'est surtout lu nageoire antérieure dont la trace se représente ainsi le plus fré({ueniment. A un degré d'organisation plus élevé, cetle paire devient extérieure, tandis que les nageoires postérieures ne sont encore nullement indiquées. Chez des poissons que Ton peut ranger à la suite, les nageoires postérieures ne sont que des appendices appai tenant aux antérieures, et se trouvent situées soit devant elles, soit immédiatement derrière et sous elles. Au plus haut degré d'organisation, enfin elles cessent d'êlre en rapport avec les nageoires antérieures et sont placées près de l'anus.
Les poissons sans nageoires, ou pourvus seulement d'une paire de nageoires, forment les apodes -y ceux où la paire postérieure est située plus en avant que la paire antérieure, sont les poissons jugulaires i ceux où ces nageoires postérieures sont immédiatement derrière les antérieures, sont les poissons thorachiques ; enfin, les poissons où les nageoires postérieures sont séparées des antérieures et placées vers l'anus , sont les poissons abdominaux.