TRAITIÉ GÉNÉRAL
sur l'autre, cesse ici créire latéral comme il l'était dans la plupart des animaux qui ont déjà fait robjpt de cet exposé. C'est de haut en bas qu'elles se meuvent, quoique chacune des moitiés qui constituent une série de même nom, ne soit pas soudéeavec Tautre sur la li^ne médiane pour former un seul os.
La différence de composition des os a fondé le partage des poissons en osseux et en cartila" gineiix.
Vj appareil digestif Q?,l simple, quoique plus comphqué que chez les animaux précédens. La présence de nouveaux organes et le perfectionnement de ceux déjà exislans , établissent cette complication ; il y a , dans les poissons , absence de glandes salivaires que l'on rencontre trèsdéveloppées dans un assezr grand nombre des premiers.
L'estomac se prononce à peu de dislance derrière la téte ; il succède à un oesophap^e courte d'une ampleur partout uniforme, et consiste en une ca.vité unique que des fibres musculaires plus marquées et un diamètre plus considérable font reconn:iîlre du reste du canal alimentaire. A celte différence, il s en ajoute une autre dans quelques espèces; c'est le prolongement de l'estomac en arrière, où il déj;énère en un appendice fermé à son extrémité libre; appendice dont la largeur varie, et qui se termine par une pointe. Le canal intestinal est ordinaiteweiU très-court,-
dans le pin? grand nombre il d<'crit. quelques circonvolutions ; dans qiieîq'ics-uns, i! ïïçai^ne l'anus to 11 t-à - fa i t d i I er l e 111 1 1. La ca I ) a c i lé d Li t Li b e (1 ; gestif dimitme géneraleniejit de la bouclie à l'anus ; dans beaucoup de poissons, l'extrémilé terminale se di'ale brusquement , et l'on y voit saillir la ])orliQn la plus étroite sous la forme d'une valvule.
Le cai^al intestinal de beaucoup de poissons présente , au-desà del'eslomac, un noml>re tj èsconsidéi ahle d'ap}.en<lic< s fermés à un boait , qui, dans quelcpies cai tilagineux , par exemple les raies, les scjual. s et les estur£];eons, se transforment inseiisibiemeiit en une glande distincte de l'estomac , et communiquant avec lui par un ou plusieurs conduits étroits; c' est a g ia/ide pancréatique. Il est cependant probable que les poissons ne sont pas les premiers êtres de la série aniinaleoù cet organe apparaisse; déjà dans beaucoup d^iiisecles on voit se rendre à la cavité stomacale des appendices à un seul orifice, et diversement modifiés ; le dernier estomac des mollusques et des céphalopodes eu fournit également quelques traces.
Le J'oie des poissons est d'un volume considérable; le renflt^ment cœcal de son canal excréteur ajouta à la composition de cet organe y cette dilatatiijn n'est autre que la vésicule bi^ liane.
La structure générale des poissons, celle de
leur appareil digestif en parûculier, reçoit un nouveau (legrë de compiicàlion par lexistence d'un viscère jusqu'ici inconnu, par Texislence de la rate. Cette rate est située à garchc et à la partie inférieure de l'estomac ; elle est fort vasculense, reçoit son sang des vaisseaux qui se distribuent au reste des organes de la digestion , et l'envoie dans le système veineux du canal intestinal ^ de telle sorte qu'il n'arrive au cœur qu'avec le sang qui revient de tout ce canal, et après avoir pre'alablement passé par le foie.
En générai, la rate est petite en proportion du foie et du reste du corps. Elle se rencontre fort développée dans quelques poissons appartenant à des groupes divers. Dans plusieurs, les pétromyzons, par exemple, elle manque totalemenl.
La grande majorité des poissons a les sexes sépju^és ; les syngnathes et genres voisins seuls, semblent offrir une disposition plus simple. Lei nombreuses recherches de Gavoh'ni,de Pallas, et celles qui me sont propres, n'ont encore fait reconnaîire que des femelles parmi ces êtres. Il en est sans doule également ainsi des petrotnyzons, car l'opinion de Home, qui admet dans tous les individus de ce genre des oiganes générateurs mâles, indépendamment des parties génitales femelles , me semble fort peu vraisemblable.
Dans les poissons osseux, \es testicules , aussi bien que les ovatreà, sont des poches à un seul
d'anatomie comparée. aoQ
orifice, simples, occupant presque loutela longueur derabclomen, et s'ouvrant au dehors à rextrémite' de cette cavité par un conduit fort court. Point d'organes excitateurs.
Dans les poissons cartilagineux, dans les plus élevés du moins^ cette organisation est beaucoup plus compliquée ; les mâles ont même aux nageoires abdominalés, des prolongemens composés de glandes, d'os et de muscles, qui semblent d estinés et à retenir la femelle, et à exciter en elle la sensation àu moyen de l'humeur que sécrètent les glandes. Les femelles de ces poissons sont les premières chezi lesquelles l'ovaire, très-semblable à une collection de vilellus située à l'extrémité antérieure de Tabdomen, se présente séparé de Yoi'iductus , ouvert vis-à-vis de lui par un large orifice. Cet oviductus contient cà et là, des glandes disposées par couches, destinées à sécréter l'enveloppe des œufs; l'extrémité inférieure en est considérablement dilatée.
Un nouvel appareil , confondu dans les animaux inférieurs avec le canal intestinal et les parties de la génération, se distingue et entre en action dans les poissons ; c'est Xappareil urinaire^ Il est ici composé de reins glanduleux^ suspendus à la colonne vertébrale, et de conduits qui leur servent de voies excrétoires ou d'uretères. Dans beaucoup de poissons, il s''y ajoute une dilatalion membraneuse dans laquelle s'insèrent ces canaux; c'est la vessie qui s'ouvre à l'extrémité
postérieure de i'abdomcn, soit isolément, soit danâ une cavité qui lui est commune avec le canal intestinal et les organes de la génération.
Dans tous les poissons, les organes respiratoires occupent l'extrémité antérieure du corps à des distances variables cle la téte, entre elle et la cavité abdominale^ sur les côtés du coeur. Ils sont situés dans'une cavité qui s'ouvre intéreiurement dans l'origine du canal alimentaire, et qui communique avec le dehors par une ouverture dont la largeur varie, ou par plusieurs oriûces placés successivement l'un à côté de l'autre , d'avant en arrière. Cette voie de communication est immédiatement pratiquée dans la peau; elle est fermée par l'opercule, la membrane branchiostèi^e et les rayons qui la soutiennent.
Les branchies elles-mêmes sont formées^ i» d'une base osseuse ou cartilagineuse , les arcs branchiaux ; 2» de rayons osseux ou cartilagineux, fixés sur ces arcs; 3° d'une membrane muqueuse délicate qui les revêt; 4° des vaisseaux branchiaux qui forment un grand nombre de ramifications dans le lissu de cette membrane.
Les poissons cartilagineux offrent cela de remarquable, que l'appareil de la respiration s'y transforme en poches, auxquelles il ne faudrait , pour en faire des poumons semblables à ceux des animaux supérieurs, que d'être fermés en dehors,etpour les assimiler aux organes correspon-
DArrATOMIE COMPARÉE. 211
dans de plusieurs -vers et mollusques; que d'être fermés en dedans.
Outre les branchies, il est un organe dont la position, le mode de formation, la communication avec l'œsophage , rappellent le poumon des animaux supérieurs; c'est la vessie natatoire qui existe chez la plupart des poissons osseux, et manque absolument dans les poissons cartilagineux. Peut-être est-elle l'analogue des appendices pulmonaires des oiseaux et de plusieurs reptiles, destinée à favoriser l'ascension et le plonger des poissons, en se vidant et en s'emplissant alternativement d'un fluide gazeux. D'après des recherches récentes , elle serait aussi en rapport avec l'appareil de l'audition (i).
Le système vasculaire présente le cœur situé toujours au voisinage de l'extrémité antérieure du corps, entre l'œsophage et la face abdominale du corps, et contenu dans une membrane séreuse spéciale; le péricarde.
Cet organe, comme nous l'avons déjà remar-, qué dans la série des animaux déjà examinée , est d'un volume relatif peu considérable, il est composé d'une oreillette, d'un ventricule à parois beaucoup pli;is épaisses, situé au-devant de
.Il : . ,
(f) E. H, Weber, Vergleichende Anat. der Gehorvverkreuge in Meclvel's Archiv. Bd. 5. H. 3. ( Anat. compar. des organes auditifs.) Id. de anreet auditu liominiset aniinalium. Lipsiae, 1820.
^l'S. TRAITÉ GÉNÉRAL
celle-ci; enfin, d^une troisième partie également plus charnue, mais moins rouge, et placée audevant du ventricule. Suivant l'opinion générale, le cœur des poissons n'est qu'un cœur pulmonaire. L'oreillette y reçoit le sang du corps; le ventricule en chasse la totalité à travers des vaisseaux qui le distribuent par d'innombrables ramifications aux branchies, d'où naissent, par une foule de radicules déliées, les veines branchiales qui forment, en se réunissant, le tronc artériel du corps, l'aorte, sans qu'il se trouve de cœur intermédiaire entre ces veines et le vaisseau central destiné à distribuer le sang à toute l'économie.
Ce n'est que chez les poissons que commence à se montrer distinctement un système lymphatique, dont on soupçonne déjà quelques traces dans les céphalopodes (i); il charrie une lymphe ténue, claire, différente du sang, et s'ouvre dans plusieurs points du système veineax du corps.
Plusieurs poissons, surtout parmi ceux qui n'ont point d'écaillés, sont armés sur les parties latérales d'un appareil particulier, au moyen duquel ils peuvent communiquer aux animaux qui les louchent des secousses trés-vio-
(i) Voyez plus haut pag. igfi.
d'aNATOMIE COMPARliE. ai 3
lentes, semblables aux décharges électriques. L'état mécanique de cet appareil n'explique pas celte propriété ; il est mou, et n'est pas u.n instrument de locomotion. Sa propriété le fait nommer appareil êlecùique» On peut dire, en général, qu'il est double, formé au moins de deux substances hétérogènes, l'une solide, et l'autre fluide , disposées en couches successives ; enfin , qu'il reçoit un très-grand nombre de nerfs.
Nous avons déjà décrit en général les organes passifs de locomotion, et particulièrement le squelette. Les moyens locomoteurs actifs sont d es muscles distincts, en général blanchâtres,.et composés la plupart de faisceaux unis lâchement entr'eux ; ils sont arrangés en deux grandes, masses sur chaque côté du corps , et forment la portion la plus considérable de la queue. Dans la moitié postérieure du corps,, c'est la masse musculaire qui prédomine ^ dans rantérieure , la. prédomir nance appartient aux os.
Le système nerveux diffère, sous plusieurs rapports frappans, de celui des animaux précédens. Sa portion principale, le cordon médullaire central , occupe la majeure partie du corps , excepté la téte;^ elle n'est plus située sous le tube intestinal, mais au-dessus, entre ce canal et la face dorsale, où la colonne vertébrale lui sert d'enveloppe, elle est séparée des viscères par la partie inférieure de celle série osseuse, c'est-à*
ai4 TRAITÉ GÉNÉRA-L
dire^ par le corps des vertèbres, et des muscles par sa partie supérieure, ou les arcs de ces os. C'est celte disposition qui a fait, avec quelque raison, appeler moelle spinale le cordon médullaire. Mais cette différence de situation relative n'emporte pas nécessairement l'idée d'une modification dans les fonctions de cet organe; pas plus que le coeur n'a changé de fonction, parce qu'ayant été situé au-dessus du tube digestif dans les animaux antérieurement décrits, il se trouve au-dessous de ce canal à compter de la classe des poissons.
C'est également au-dessus de l'origine du canal alimentaire qu'est située la portion antérieure du système nerveux, l'encéphale, qu'en sépare aussi la face inférieure du crâne. Il est en général plus volumineux qu'il ne s'est offert dans les animaux considérés jusqu'à présent, quand on le compare à la moelle spinale^ et à la partie périphérique du système nerveux. Toute la portion centrale est en même temps d'une complication plus grande. Les deux moitiés du cordon racliidien ne sont plus simples ^ elles sont partagées en une partie supérieure et une inférieure, entre lesquelles se dirige , suivant le sens de la ligne médiane, un canal d'une largeur proportionnellement considérable, qui parcourt toute la longueur de la moelle spinale. Plusieurs éminences, successivement disposées d'avant en aniére, constituent l'encéphale; celle qui est
t)'A.NA.TOMIE COMPARÉE. 21 5
postérieure et inférieure , est impaire j les antérieures, dont le nombre varie^ sont paires. Les plus antérieures de ces éminences sont pleines dans les poissons osseux. Les postérieures contiennent, au contraire, une cavité plus ou moins distincte, qui se continue avec le canal central dans la moelle rachidienne. Dans les poissons cartilagineux supérieurs , les éminences antérieures sont très-évidemment creuses aussi bien que les postérieures.
Tous ces renflemens correspondent pluS ou moins distinctement aux origines des nerfs.
L'organe de Yoide n'est plus une simple poche 5 c'est maintenant un appareil composé d'une poche et de trois demi -canaux qui s'y ouvrent.
JJœil est plus compliqué que chez les céphalopodes; mais il manque de moyens protecteurs, ou n'en est pourvu que de très-faibles, sous la forme de paupières courtes. Les nerfs optiquies offrent cela de particulier,, c'est qu'ils s'entrecroisent complètement.
Il se manifeste dans cette classe un organe olfactif dislm et, situé de chaque côté, dans une cavité, au-devant de l'œil; il consiste en un grand nombre de lames tapissées d'une membrane muqueuse, molle, et sur lesquelles se distribue le premier nerf encéphalique.
La langue est très-imparfaite, petite; elle ne constitue, dans le plus grand nombre, qu'un
Iil6 TRAITÉ GÉNÉRAL
légument, })resqu'entièremenl formé de follicule» mucipares, qui recouvre la partie antérieure de l'os hyoïde.
La peau est ordinairement inégale et dure; ce qui dépend du développement de l'épiderme sous la forme d'écaillés. Il est hors de doute que l'on peut considérer ces pièces comme les traces d'un squelette extérieur qui correspond aux coquilles des céphalopodes et des mollusques, aux tests des crustacés et aux parties cornées des insectes, quoiqu'elles ne soient pas des organes locomoteurs passifs, La peau de plusieurs pois.sons est unie, molle et sans écailles.
En général, dans tous les poissons à peau dure, chez les poissons écailleux , eux-mêmes, le système cutané est le siège d'une sécrétion muqueuse fort abondante, produit de l'action d'un organe particulier , situé surtout à la partie supérieure de la léte, et qui envoie de longs canaux excréteurs à la majeure partie de la surface du corps. L'extrémité antérieure de l'animal, la bouche en particulier, d'autres régions aussi, telles que la ligne du dos et les parties latérales, sont garnies de prolongemens fortnomhreuxdela peau, qui sont, très-vraisemblablement, des organes de tact, et rappellent une analogie frappante avec les mollusques.
d'anatomie coMPAiiiîii:.
Les poissons, sans exception, habitent les eaux; ils^ respirent l'air qui y est contenu. Plusieurs d'entr'eux possèdent la faculté de passer quelque temps hors de ce liquide. De ce nombre sont surtout, par exemple, Yuranoscopeiuranoscopiis scaber), qui peut vivre plusieurs jours dans Vair, et les anguilles qui quittent souvent l'eau.La perche {perça scanclens) monte assez haut, hors du fluide aqueux, à l'aide de sa membrane branchiale, et des piquants qui hérissent ses nageoires anales ; elle peut ainsi passer plusieurs heures sur terre (1). En général, les poissons peu- Yent vivre assez long-temps dans l'atmosphère, quand on a soin de leur humecter les branchies.
Le plus grand nombre se nourrit de proie.
Le mode de reproduction les partage en deux grandes divisions. Généralement les poissons osseux ne s'accouplent pas. Les mâles ne fécondent les œufs, qu'après qu'ils ont été pondus par les femelles. La plupart des cartilagineux opèrent au contraire une copulation j il en résulte que
(i) Daldorff natural history of perça scandeus. Linn. transact. Tol. m, n. XVI, pag. (ja.
2l8 TRAITi GÉNÉRAL
les œufs sont fécondés à l'intérieur, plusieurs espèces sont mêmes vivipares. Un phénomène très-remarquable est propre aux syngnathes et aux genres qui les avoisinent. Les œufs , après être sortis de l'ouverture sexuelle, entrent dans une poche située derrière celle-ci à la face inférieure de l'abdomen ; c'est de cette poche, qui s'ouvre par une fente longitudinale que soi tent les fœtus parvenus à leur maturité.
La faculté de régénérer des parties détruites, a peu d'énergie dans les poissons j elle est trèslimitée et lente. On voit cependant des portions de nageoires être assez facilement reproduites.
C'est, surtout , par des mouvemens latéraux du corps qu'ils exercent la locomotion, particulièrement au moyen de la queue. Les nageoires thoraciques et abdominales les aident à leur progression, Surtout à celle des poissons aplatis y comme les raies , où les premières sont fort développées.
Le développement considérable de ces nageoires donne même à plusieurs espèces de différens genres la puissance de s'élancer à de grandes distances 'hors de l'eau, ce qui leur a valu le nom de poissons volans, sauteurs, elc.
Peu de facultés intellectuelles. Instincts industrieux absolument nuls. Nous avons établi déjà le partage des poissons en osseux et en cartilagineux.
Les premiers se distinguent, non- seulement
d'anatomie comparée. 219 par le degré de solidité de leur squelette, mais en outre parla disposition de presque tous les organes. Déjà le système osseux offre la particularité remarquable que le crâne des poissons osseux est composéd'un nombre multiple de pièces qui restent séparées pendant toute la durée de la vie, pièces correspondant^ pour la plupart, aux noj'aux d'ossification que l'on rencontre, dans les oiseaux et les mammifères, où ils sont isolés durant les premiers tenr/ps deTexistence, etnese soud ent que plus tard entr'eux. Chez les cartilagineux, au contraire, le crâne est formé d'une seule pièce. Il a déjà été question des autres différences importantes que présente la structure des autres organes dans les poissons. Lequel de ces deux groupes doit être placé en avant? Il est difficile de faire à cette question une réponse précise. Généralement on a considéré les poissons osseux comme inférieurs aux poissons cartilagineux. Telle fut l'opinion de Linnée , qui rangea ces derniers, d'abord, parmi les reptiles; MM. Cuvier(i), Lacépède (îs), Duméril(3),Goldfuss (4j, etc., considèrent également les derniers comme supérieurs aux premiers.
D'autres naturalistes , comme par exemple
(i) Tableau élémentaire , Paris an 6. — Règne Animal, Paris 1817. — (a) Hist. nat. des poissons, 1798. — (3) Zool. analytique, 1806. — (4) Zoologie, 1820. Bd. s.
220 TRA-lTi Gl^NÉBAL
Spix(i), ont employé tous leurs efforts pour rlémontrer que les cartilagineux doivent être placés après les poissons osseux. Les motifs de cette opinion ne m''ont pas encore paru assez détermiiians pour me décider àTadopter. Son premier argument est tiré de ce que, dans l'embryon des animaux supérieurs, le squelette est cartilagineux avant d'être osseux, et de ce qu'en outre, le crâne des pétromyzons ressemble à celui des eépharlopodes. Mais la considération d'uft système uni>que et même ici d'une partie de l'appareil locomoteur, quand les propriétés qui le caractérisent sont sans aucune espèce d'inÛuence sur le reste de l'organisation est-elLe suffisante pour faire admettre l'infériorité de tout l'ensemble que tous les autres rapports s'unissent à repousser ? Spix soutient, il est vrai, que les cartilagineux sont également imparfaits dans leurs autres parties;, mais il ne donne pas de preuves de son assertion, car, ni la différence présentée par les branchies , ni les diversités qu'il remarque dans les conditions de la peau, ne peuvent être accueillies comme des raisons déterminantes. La nudité et l'état visqueux de la peau des poissons cartilagineux est plutôt un argimieut contre son
(0 Gescliichte uiid BeuilhcUiuig aller Syslcme in der Zoologie u.«. w. Niirnbeig, 1811, S. 4«6. ( Hiali>ire cnti(pe de toua ks systèmes de Zoologie. )
d'awatomit: comparée. a^T opinion; les écailles semblent, en effet, être des traces d'un squelette extérieur , et d'ailleurs la peau des esturgeons, celle des raies, contiennent une assez grande quantité de pièces osseuses; celle des squales n'est enduite par aucune viscosité. La disposition des branchies milite aussi en faveur de la supe'riorité des poissons cartilagineux , car la pluralité des ouvertures branchiales extérieures , peut réellement être conside'rée comme la preuve d'une tendance à se fermer, aussi bien que comme une analogie avec les stigmates des insectes, car les branchies se transforment en poches, d'après le type des poumons ; et dans les pétromyzons elles se réunissent même et forment une trachée-artère , longue et étroite. La différence de profondeur à laquelle vivent dans l^eau les poissons osseux et cartilagineux, n'est ni généralement constante, ni toujours concluante. Que l'on joigne à ce que nous venons de dire, le développement plus considérable de tout le système nerveux , et surtout de l'encéphale parvenu à la fois à un volume proportionnellement plus grand , et a un perfectionnement plus compliqué, que l'on y ajoute un état plus complexe du cœur, de-l'appareil digestif , surtout à cause du pancréas, des organes générateurs et de l'appareil urinairc, caractères propres aux cartilagineux, et si je ne me trompe,, on pourra tout au plus admettre que les poissons forment
deux séries parallèles. Il est vraisemblable que celle des cartilagineux commence par les cyclostomes que la simplicité plus évidente de leur structure^ si on en excepte le système respiratoi re, ne peut pas permettre de placer , comme le fait M. Guvier(i), à côté des reptiles. Des cycloslomes , la série remonte aux raies, aux squales, aux esturgeons ; de ces derniers elle passe aux batraciens parmi les reptiles. Quant aux poissons osseux, j'en disposerais la série en m'élevant des diodons aux tétraodons, etc.; et en terminant parles anguilliformes , si voisins des ophidiens.
La classe des reptiles mérite beaucoup d'attention ; c'est, de toutes les classes d'animaux, celle où les degrés d'organisation se succèdent avec plus d'égalité. Les différences tranchées que l'on remarque entre les groupes nombreux qu^elle renferme, y ont fait établir deux sousclasses; on les partage en reptiles squamifères et reptiles nudipelllfères{p.). La première comprend
(i) Rrgne animal, T. II, pag. ii6.
(a) ilf. de Blainvl lie fVroAïome d'une nouvelle distribution systématique du règne animal. Dtdkl. de la Soc, philomat. iSi6 , page io5.
D'A]>rATOMIE COMPAHÉE. 2^3
les reptiles supérieurs, les inférieurs sont rangés dans la seconde. La nature est loin de iustifier cette séparation , car les ressemblances l'emportent sur les oyjpositions.
Il est au contraire conforme à l'observation de les réunir en quatre ordres que des transitions insensibles rapprochent. Des caractères propres distinguent le type de chacun de ces ordres, qui sont nommés hatraciejis, 2» ophidiens y 3° sauriens y 4" chéloniens (i). On les dispose ordinairement en série successive^ je pense qu'il convient même d'en faire deux séries. Je forme la première des batraciens et des chéloniens; je range dans la seconde les sauriens et les ophidiens. La première se rattache à la section des poissons cartilagineux; l'autre aux poissons osseux. Oppel (2) a égalemeut opposé la seconde série aux chéloniens et batraciens, puisqu'il désigne les animaux qu'elle renferme sou* le nom de reptiles squameux ( reptilîa squamala ) , subdivisés en sauriens et ophidiens ; mais en les plaçant entre les chéloniens et les batraciens il a rompu la série naturelle que forment ceux-ci.
(i) Brongnlart, Essai d'une classification naturelle des reptiles. Bullet, delà Soc. philom. Paris, an 8. — (2) Die Ordnungen, Familien und Gattungen der Reptilien, etc. Mùnchen , 18x1. (Les ordres , familles et genres des reptiles. ).
TBA.1TIÔ GIÎNÉRAL
Des motlificalions infinies caractérisent la forme extérieure des reptiles. On y voit cependant prédominer la dimension en longueur , si on.en excepte toutefois les chéloniens ^ chez lesquels la partie moyenne , qui comprend le thorax et l'abdomen, prend une largeur trèsgrande et une e'paisseur qui devient également souvent considérable. Les tortues terrestres i^estudo) sont surtout remarquables sous ce dernier rapport.
Le trait distinctif propre aux chéloniens est extrêmement caractéristique, il consiste dans l'existence d'une boîte, la carapace, résultant du développement considérable des os des parties moyennes, particulièrement des cotes, du sternum et de la soudure des côtes enlr' elles. Dans cette boîte, le cou, la tête, l'estomac et les membres peuvent être, chez beaucoup d'espèces, retirés tout à fait. Les premières divisionsdes membres y sont constamment contenues. Leso/;/izW/e7Z5 n'ont, à l'extérieur du moins, aucune trace de membres, qui sont au contraire trcs-développés chez la plupart des halraciens.'Lcs, membres des sauriens sont courts ; beaucoup d'csjù^ces n'en ont qu'une paire. Ces membres sont d'ailleurs
\ D*ANATOMIE COMPARÉE. 1lS
incomplets sous ie rapport du nombre des orteils; la queue est par opposition fort développée comme celie de beaucoup de serpens.
Il existe encore dans les reptiles une prédorainancelfès-prônoncéede la facesur le crâne; mais cette dernière cavité a déjà acquis plus de développement que dans les poissons.
Si on excepte les chéloniens , les reptiles ont une extrême brièveté du cou, ou plutôt cette partie n'existe pas, puisque tous les os situés entre la léte et l'anus sont faits d'après un type commun , et que les organes respiratoires et le cœur sont situés fort en avant.
Toujours le corps estsymélrique à Pextérieur.
La coloration est extrêmement variée. Nuls des autres animaux ne sont plus bigarrés. Quelques-uns sont cependant teints d'une manière uniforme.
On conçoit, en se rappelant les différences qui signalent la forme extérieure de ces animaux, quelles doivent être les variétés infimes de conformation présentées parleur squelette. C^est chez les ophidiens, qu'il se montre à l'élat le p:us imparfait. Ces êtres manquent en effet de membres ou n'en possèdent que les rudimens; mais en, compensation le nombre des vertèbres et des côtes y est extraordinaire. Les premières s'élèvent dans quelques-uns à plusieurs centaines.
Le squelette d'un genre de serpens qae pour cette raisoxi on a nommé scoliovhis est le seul
226 TRA.ITÉ GlÉNÉRAl.
entre ceun de tous les animaux, qui se distingue par plus de \ingt courbures verticales^ trèsmanifestes même à l'extérieur du corps, et qui ne s'effacent pas même sous les efforts que l'on fait pour étendre l'animal (i).
Les côtes de la plupart des serpens ne s'atteignent pas sur la ligne médiane.
A la lêle, les os antérieurs ,de la face ne sont pas soudés aux autres; il en est ainsi des deux moitiés de la mâchoire inférieure qui jouent librement l une sur l'autre vers la ligne médiane; fait qui se rencontre surtout dans les serpens proprement dits. Il résulte de la mobilité de ces pièces osseuses que ces animaux peuvent élargir leur bouche d'une manière extraordinaire. Dans les ophidiens supérieurs ces ossont soudes, la dilatabilité de la bouche est par conséquent moindre.
Une variété remarquable distingue le -squelette d'un groupe de batraciens : c'est l'existence d'une queue qui se prolonge à des longueurs diverses au-delà de l'anus; queue manquant à d'autres. De-là la division de ces animaux en batraciens munis de queue, ou urodèles, et en iDatraciens manquant de queue, ou anoures. Les premiers sont les plus imparfaits; on eu pourrait
(i) Jllainville, sur un nouveau genre de serpent ( scolwphis ) et le serpent de mer, \u en Amérique, 1817. Journ. de Physique, t. 86, page ay7.
to'jiNATOMIE COMPARiÉE. 227
séparer^ avec Schweigger ( i), les sirènes, el en former un dernier ordre de cette classe; mais le grand nombre de points de contact qui les rapprochent des batraciens rend plus naturel de les considérer seulement comme un sous-ordre de ces derniers. Le nombre des vertèbres est plus considérable chez les batraciens à queue que dans ceux qui en sont dépourvus, mais constamment beaucoup moindre que chez les ophidiens et les sauriens. Leurs vertèbres moyennes portent presque toutes des appendices costiformes mobiles et courts. Chez les balfcraciens anoures, ce sont des apophyses Iransverses, en par* lie fort longues, qui remplacent ces appendices; par une disposition analogue les vertèbres mêt^^ dJS^ se sont soudées en un os long, unique, qui ne se voit pas à l'extérieur. Ces batraciens sont de tous les animaux ceux chez qui les vertèbres existent en nombre moindre.
Le premier os des membres postérieurs, l'os coxal, est articulé d'une manière mobile avec l'os correspondant du tronc, le sacrum; on retrouve là l'indice de la séparation totale de ces os telle que la présentent les poissons. La partie correspondante des membres antérieurs, comprenant les os de l'épaule, est au contraire entièrement séparée du tronc et de la tête.
(i) Skeletlose Thlere, S. ao8.
La seconde fraction des membres, c'est-à-dire lebi-as et la cuisse, se compose d'un seul os, l'humérus ou le fémur. La troisième partie des membres, qui est ou l'avant-bras ou la jambe^ consiste aussi en un seul os, mais qui offre les traces de deux os réunis latéralement. La quatrième portion, qui est la main ou le pied, est sous-divisée en trois fractions, carpe ou tarse, métacarpe ou métatarse, doigts ou orteils j la première de ces sous-divisions n'est constituée que par des os courts, les deux autres par des os longs.
Le crâne est en général beaucoup plus simple dans les batraciens que dans les ophidiens.
Plusieurs nuances transitoires rattachent la «••'■(xlP^Dsition du squelette des sauriens ^j^^e qui distingue l'ensemble osseux des ophid'reiïsî Quelques naturalistes mêmes, Oppel (i), par exem[.le, ont été tellement frappés de ce passage, qu'ils rangent dans l'ordre des premiei-s animaux plusieurs espèces, notamment les orvets {aTiguis\ que l'absence de membres extérieurs faisait ordinairement placer dans l'ordre des seconds. Les conditions du squelette, et particulièrement celles des os de la léte, Texiatence de certains os des membres, et plusieurs autres circonstances de l'organisation , les rapprochent,
(ij L. c, S. 4i»
d'aNATOMIE COMPArxÉE. i2f)
en efFet, des sauriens. J'observerai toutefois que cette transposition ne me païaît pas fondée, parce qu'il y a encore d'autres ophidiens que le squelette et les autres particularitésde l'organisatioQ placent très -près, du genre anguis.
Les^ côtes antérieures des sauriens, aUaoliées aux vertèbres cervicales^ dont elles n'occupent qu'un nombre qui varie suivant les espèces , ne s'atteignent pas au milieu, comme on l'observe pour toutes les côtes des ophidiens en.général. Il en est autrement des côtes moyennes, que des cartilages fixent au sternum-, partie que nous "verrons constamment, dans tous les animaux qui vont suivre, se présenter située sur la ligne médiane de la face antérieure du corps, à l'opposé de la colonne vertébrale dont elle fait le pendant. Dans quelques genres, les côtes postérieures se réunissent immédiatement sur le milieu.
Le crâne de ces animaux a beaucoup de res^ sembiance avec celui des ophidiens supérieurs ; et, comme chezr les poissons, ses différentes pièces osseuses qui , dans les animaux élevés , se soudent peu de temps après la naissance, restent séparées durant toute la vie.
Aux membres , les os de l'avant-bras et de la jambe sont toujours séparés l'un de l'autre, et environ du même volume.
Le squelette des chéloniens est surtout remarquable par la largeur et le volume des côtes,
2 3o TRAITÉ GÉPrÉllAL
des cartilages costaux et du sternum^ ainsi que par riminobiliié de l'articulation des cotes avec les vertèbres et entr'elles. Chez plusieurs, particulièrement chez les chélouées et les éniydeSj le sternum et les cartilages costaux sont unis de Tiianière à permettre les mouveraens des uns sur les autres. Le sternum y est incomplètement ossifié. Les pièces qui le composent sont, dans quelques espèces, susceptibles d'un jeu libre et réciproque dans leurs jointures; disposition qui se rencontre dans quelques tortues proprement dites.
Les batraciens, nous l'avons déjà dit, sont rattachés aux chéloniens par la disposition du crâne et des côtes, dont les apophyses trans- "verses sont partout d'une longueur considérable, et chez quelques espèces encore soudées entr'elles d'avant en arrière. Le pipa ofFre surtout une organisation très» évidemment transitoire entre ces deux ordres,
Les os de la première portion des membres antérieurs sont unis par des articulations mobiles avec les vertèbres tborachiqucs antérieures ^ et sont recouvertes par les côtes. C'est à l'aide d'un mode de jonction semblable, que le bassin est fixé à la colonne vertébrale. Les os de la troisième portion des membres inférieurs sont également au nombre de deux, qui présentent de même un degré de développement à peu près égal.
©'ana-tomiè comparée. s3ï "Lq canal alimentaire des rep:iles est relativement |>liis long que celui de la plupart des poissons; il est généralement plus court que celui des animaux supérieurs.
La plupart des balraciens,les ophidiens et sauriens, ont des dents pour organes de mastication; les dents les plus antérieures de quelques ophidiens, servent de canaux excréteurs à des glandes venimeuses trés-actives.
Au lieu de dents, les chéloniens ont les arcades des mâchoires garnies d'un tégument corné ^ tranchant.
L'œsophage se sépare mieux de l'estomac, et offre ici plus de longueur que dans les poissons. Chez les chélônées , la face interne de l'œsophage est garnie de saillies en forme de dents; disposition remarquable qui peut servir à appuyer ropinion que les reptiles se partagent en deux séries, dont l'une formée par les chéloniens et les batraciens, fait le passage aux poissons cartilagineux. Plusieurs espèces de squales ont, en effet, la face intérieure de l'œsophage hérissée d'éminences exirêmement semblables.
L'estomac est dans la plupart alongé^ privé de cul-de-sac , plus musculeux , mais pas beaucoup plus ample que le canal iniestinai. Celui-ci est divisé très-ordinairement en une portion antérieure plus étroite^ l'intestin grêle, et une postérieure très-large, le gros intestin, mais plus courte, qui sont séparées Tune de l'autre par une
valvule. La séparation est souvent indiquée^ surtout chez les sauriens et les chéloniens, et même chez les ophiiliens supérieurs , par un renflement coeca', situé à Torigine du dernier intestin, et qui fait saillie sur l'extrémilé de l'intestin grêle, La face interne du tube intestinal est ici le plus habituellement garnie de plis longitudinaux, souvent de villosités qui y sont du moins plus fréquentes que dans les poissons.
Le/bie est volumineux et divisé dans plusieurs reptiles, au rang desquels il faut surtout placer les batraciens et les chéloniens , en plusieurs lobes considé. ables ; ces lobes, qui ne sont pas également distincts dans tous, ne sont unis entr'eux que par les vaisseaux et le péritoine. Il existe trés-généralemenl une vésicule bihaire, et trés-ordinairement le foie verse, en outre, sa hile dans le canal intestinal par un second conduit propre.
La raté ne manque jamais ; elle est communément d'un volume supérieur à celui qu'elle affecte dans les poissons.
Une variété infinie de formes caractérise les organes respiratoires. Daus la plupart des reptiles, on trouve des ])Oumons qui, par leur exlrémité antérieure, s'ouvrent au fond de la cavité buccale; mais le nombre , la configuration et le degré de développement établissent entre ces parties des différences irès-tranchécs.
La grande majorité des reptiles est pourvue de
dVwatomiè comparée. 2?3 cl e n X poum on s . ïo a s 1 es b ;i t ra c i e n s , saurî en chëloniens, et même quelques ophidiens de l'oryanisalion lapius élevée, sonldanscetle con lition. Ces organes sont riisposés l'un à droile^ l'autre à gauche, unis entr'eux par un canal placé en avant, de longueur variable, la trachée artère, et pour tout le reste parfaitement séparés. Tous deux ont ordinairement le môme volume. Cependasit une exception se rencontre chez les derniers sauriens et chez les ophidiens supérieurs ; l'un des organes respiratoires y est réduit à des dimensions fort inférieures à celles de l'autre j différence graduellement accrue chez les ophidiens à un point tel que, chez beaucoup d'entr'eux, le poumon d'un côté est indiqué par un rudiment à peine sensible. Cette particularité a même fait supposer, jusqu'à ces derniers temps, qu'il n'existait qu'un seul poumon dans cet ordre de reptiles, quoiqu'il n'y ait réellément qu'un petit nombre de ces animaux qui soient totalement dépourvus de ce rudiment du second poumon.
La réduclioii dans le nombre, éprouvée par les pai^ties de l'appareil delà respiration, mérite d'être remarquée. Elle coïncide avec la diminution et la disparition des membres, c'est-àdire, avec une dégradation de tout le corps dans le sens de son développement latéral.
Le degré de composition observ é dans la slructiu^e intime de l'organe respiratoire n'offre pas des difl'ereuces moins notables. ,
a34 T)IA.ITÉ GÉNÉRAL
On rencontre les organes de la respiration à l'étal le plus imparfait , dans le protée et le triton; ce sont uniquement, chez cesanimaux,des poches memhraneuses s:ra])les, unies et lisses à l'intérieur comme à Texlérieur. Dans les autres batraciens, la surface en est augmentée par des saillies rentrantes, qui forment des cellules. Elles sont, dans les ophidiens , plus nombreuses et plus libres , mais n'occupent qu'une étendue variable de la portion antérieure de l'organe. La portion postérieure ne forme, au contraire, qu'une cavité unique, à parois lisses, surtout dans 1rs espèces inférieures. A ces cellules se joignent, chez les sauriens et les chéloniens, des cloisons transversales plus ou moins multipliées, qui partagent ces cavités primitivement uniques ou simples ; cependant on reconnaît toujours aisément la même conformation première que le nombre peu considérable des parois transversales, le grand volume des cellules et l'ampleur des poches suffisent pour caractériser.
La configuration extérieure des organes respiratoires des reptiles offre une disposition alongée, simple et unie; abstraction faite du degré de coiijposition. Le -poumon se présente rarement prolongé en plusieurs pointes aiguës; cette modification n'est, d'ailleurs, quand elle se rencontre, oITertc que par l'extrémité postérieure. Ajoutons qu'elle est même tout.à-fait indépen-
d'anatomie comparée. a 35
darte des autres conclilions de structure; ainsi^ dans le genre caméléon, sous tous les rapjioils si naturel, plusieurs espèces sont dans ce cas; d'autres s'en écartent. On voit les animaux les plus disparates se rapprocher par cette analogie de forme.
Plusieurs reptiles sont, indépendamment de poumons, munis de branchies: mais qu'elles soient passagères, qu'elles soient persistantes, elles ne se rencontrent que dans les espèces voisines des poissons. Ces branchies, on prolon^ gemens libres de la peau , sont de deux sortes ; les unes sont externes et situées en devant des deux côtés de la région cervicale; les autres internes^ contenues dans une cavité propre, s'ouvrant au dehors latéralement par un orifice étroit et communiquant avec Toesophage par une ouverture plus large. Les premières persistent dans les sirènes de Schweigger, et ne sont que passagères dans les batraciens; elles sont membraneuses et évidemment analogues aux branchies temporaires du fœtus des chondroptérygiens, et à celles que l'on voit durer pendant toute la vie de plusieurs annelides etmollusques. Les secondes, que l'on ne rencontre qu'à une époque déterminéedel'existence des batraciens^ après la disparition des autres, correspondent aux branchies persistantes , surtout à celles des poisstms osseux, et plus particulièrement encore des syngnathes.
ï.e cœur des reptiles est constamment formé
236 TRAITÉ GÉNÉRA.L
d'une oreillelte et d'un ventricule. Uoreilîetlê est unique dans les batraciens j elle est par: âgée, dans les ophidiens, en deux njoitiés lati-iulcs entièrement isoléesj de ces deux cavités la droite reçoit les veines du corps, et la gauche , celles des poumous. Le ventricule se forme plus tard et reste loujorn^s inipai fail. La séparation entre les portions ptjlmonaii e et aorlique , n'| est jamais complète; elle se prononce cependant davam.ige à mesure qu'on s'éioigne des ophidiens.
Dans les batraciens l^s vaisseaux sanguins des organes respii atoires sont des branches de ceux q'îi se disliibuciil dans tout le corps; chez les autres, ils forment des troncs particuliers. La veine des ])oumûns est cependant ici même unie à celle du corps, à [)eu de dislance du cœur, au moyen d'un canal étroit^ dont la cavité est libre, qui correspond à un vaisseau existant chtzKs oiseaux et les mammifères, niais qui n'est ouvert, chez ces derniers, qu'à Tétat de fœlus ; je veux parler du canalartériel. Dans les trois ordressupérieurs dcj reptiles, l'aorte naît constamment par deux troncs qui, comme les deux branches en lesquelles se bifurque l'aorte unique des batraciens, se dirigent eu arrière , pour se réunir audevant de la colonne vertébrale.
Les communications établies par l'ouverture inter-ventriculaire, et par le canal artériel, lont^ de toute la division artérielle du cœur, un seul ensemble j il en réstUte que le sang provenant
d'anatomie comparée. 287 du corps et celui qui soi t des poumons, se mêlent en des proportions variables, et que la circulation est partagée, dans les reptiles, moins complètement en aortique et pulmonaire, qu^eile ne l'est chez plusieurs animaux qui occupent un rang intérieur dans l'organisation.
De larges anastomoses font chez les reptiles, comme chez les poissons, communiquer le système général des veines du corps avec celui de la veine-porte. Le sang de la partie postérieure du corps et des reins, se rend par conséquent en majeure partie dans la veine-porte, et passe par le foie avant d'arriver au cœur, en traversant les veines qui sortent de l'organe biliaire pour aboutir à celui-ci (i).
Ce farit est remarquable sous le rapport anatomique, parce qu'il présente le premier indice de la séparation graduelle que l'on remarque entre le système de la veine-porte et le système général des veines du corps. Il est curieux, comme fait physiologique , parce que le foie représente ici, beaucoup plus exactement que dans les animaux supérieurs , un organe accessoire, ou vicaire des poumons, qui sont encore
(i) Caldesi, observ. intorno aile tartarughe. Firenze, 1687, p. 64. ■ — Jncobson, sur l'anat. et la physiol. d'un système veiueux particulier aux reptiles. Bull, de lu Soc. pltilom. i8i3. — Bojanus, remarques sur le même objet dans 17*t*, 1817, p. 873.
2^8 TllAtTlé GÉNÉRAL
imparfaits. Ce phénomène est en outre exlrémement imjjortant, parce qu'il entraîne un cléveio))pement considérable , et même une prépondérance réelle de la veine-porte^ sur le reste du système veineux^ ce qui rappelle, d'ailleurs , que le système delà veine-porte, comme système du vitellus^ est bel ui qui se forme le premier chez l'animal. Quant à l'opinion de M. Jacobson qui y trouve encore la preuve que l'urine se fait du sang veineux, je crois qu'elle est suffisamment réfutée (i).
Le système des vaisseaux lymphatiques qui existe chez les poissons, se rencontre vraisemblablement aussi chez tous les reptiles. En vain M. Magendie (a) a-t-il prétendu le contraire pour la plupart des animaux; le fait est positivement démontré depuis long- temps pour les chélonées , par les belles recherches de Hewson (3). J'ai moi-même eu occasion d'admirer le développement considérable des vaisseaux absorbans chez ces animaux, et dans plusieurs autres chéloniens.
U appareil urniaire offre à peu près les mêmes dispositions que chez les poissons cartilagineux
(r) Th. F. Fink, de amphibiorum sysfematc uropoetico. Halae, 1817, §, 17. — y Métn. sur plusieurs organes particuliers qui ex:stcut chez les oiseaux et les reptiles. Bull. rf« Soc. pliilom. 1819, p. 145. — (3) Exp. and inquiries, vol. II» C. 5.
d'anatomie comparée. 239
supérieurs. Il y existe, le plus communément, une vessie, située à la face inférieure du cloai{ue, destinée à recevoir l'urine, quoique les uretères ne s'y ouvrent pas immédiatement. Cette vessie pianque dans la plupart des opliidiens.
Aux parties que nous venons de rappeller, il s'ajoute des organes nouveaux, ce sont les capsuies sus-rénales, corps glanduleux, d'un volume relativement fort petit, mais très-vasculeux , sans canal excréteur, e^ qui sont situés à l'extrémité antérieure des reins.
Les reptiles possèdent encore plusieurs corps glandulaires de différentes espèces. La plupart s'ouvrent à la face extérieure du corps; de ce nombre sont, parexem})le, chez les salamandres, des glandes lenticulaires fort développées ^ disposées le long de la colonne vertébrale 3 une glande située à la mâchoire inférieure des crocodiles, etc. Il s'exhale, le plus souvent du produit de ces glandes, une odeur spécifique^ elles semblent se rapporter aux fonctions sexuelles.
D'antres glandes dépourvues de canal d'excrétion,sont situées au cou et dans la cavité tliorachique au-dessus du cœur^ chez plusieurs reptiles, spécialement les chéloniens, les crocodiles, et plusieurs ophidiens (j), organes que l'on re-
(i) Magendie, !• c. Bull, de la Soc. philom. i8iy, p, 145.
240 TIIAITÉ GÉNÉRAL
trouve conslammenl ensuite clans la série ani^ rnale, sous le nom de glande lliyr(;ïde ei de thymus^ el d;ml le dernii:r n'appartient qu'au commencement de la vie des mammifères et des oiseaux.
Le type de V appareil de la génération est, chez les reptiles, surtout dans les femelles, le même que celui des chondroptérygiens, toujours deux ovaires et oviduclus séparés et ouverts dans le cloaque. L'organisation est plus compliquée pour les mâles qu'elle ne l'est dans les poissons ; il s'est formé dans les ophidiens, sauriens et chéloniciis, un organe excitateur ou de volupté, le pénis, corps sans canal, très-vasculeux , par conséquent susceptible de se gonfler considérablement; unique chez les cbéloniens et les crocodiles, double dans ies sauriens et ophidiens.
Les organes mâles situés à l'intérieur, se composent de deux testicules situés devant les reins, à côté de la colonne vertébrale, et de leurs conduits éjaculaleurs, s'ouvrant dans le cloaque.
Nous avons décrit plus haut les organes passifs de la locomotion. Quant au système mus^'ulau^e, il est d'autant plus varié que les membres sont eux-mêmes plus composés.
Le sjstènie nerveux^ n'est guère plus développé que choz les poissons et notamment les poissons cartilagineux, ftîais le renflement intérieur de l'encéphale est toujours creux et, rcla-
d'aNATomie coMPARiéE. a4i
tivcînenl aux rentlemens moyen et postériear, à ce!iii-là surtout , plus volumineux que chez les poissons.
Tous les organes des sens sont plus parfaits. La portion intérieure de l'appareil auditif, le labyrinthe, communique à la peau par un os simple et alongé j il est mieux se'paré et défendu par des conduits osseux qui l'entourent étroitement. L'organe olfaciif entièrement isolé chez les poissons, communique , par une fente ordinairement placée assez en avant, avec la cavité buccale, et par là avec l'organe respiratoire, dont il était jusqu'alors séparé. Il se manifeste aussi dans cette classe un nouvel organe, l'instrument de la voix, qui consiste dans un développement plus considérable de l'extrémité antérieure de la trachée-arlère.
Lcsrepti!es vivent les uns dans l'eau, d^autres sur la terre; quelques espèces sont ampîiibies.
Il existe des espèces terrestres et aquatiques dans tous les ordres. L'habitude du dernier sé" jour correspond ordinairement à une structure plus simple .
La plupart sont carnivores. Les chéloniens seuls font en général exception à celle règle.
La copulation est, dans le plus grand nombre,
24^ TRAITE GKKÉRAL
nécessaire à la reprotluction ; chez les batraciens uniquement, les œufs ne sont fécondés par le mâle qu'au moment cle la ponte.
Une grandie proportion des reptiles est ovipare; mais plusieurs ophidiens, sauriens et batraciens, surtout les salamandres terrestres, sont ovovivipares. Les reptiles exécutent des raouvemens très-variés, comme on le conçoit parla différence de leur structure et de leur séjour; quelques-uns même, comme /e5 dragons, volent, au moyen d'une m embrane étendue sur les côtes qui sont considérablement développées.
Les phénomènes intellectuels sont peu supérieurs à ce que l'on observe dans les poissons; comme ces derniers, les reptiles manquent de toute espèce d'instinct industrieux.
Pendant la durée des froids, ils suspendent d'une manière, complète pour quelques-uns, plus incomplète pour d'autres, la manifestation de l'acte vital. C'est là ce qu'on appelle leur sommeil d'hiver.
La démarcation entre les oiseaux et les groupes antérieurement étudiés, est brusque et tranchée; structure et phénomènes en rapporf, tout est différent.
Si on les compare à ces collections d'êtres qui
b'aPTATOMIE comparée. 9/j3
ont successivement attiré notre altenlioiî, on n'est trappe que de contrastes. Que si l'on examine les instruraens appropriés à leur mode d'existence, on trouve la source de ces contrastes dans une très-grande uniformité de disposition.
Telle est même la délicatesse des nuances qui distinguent les systèmes vasculaire, nerveux, osseux^ musculaire^ digestif et génilo-urinaire des groupes nombreux qui forment cette classe j telle est la rareté des exceptions aux règles générales tracées sur les conditions de forme affectée par les diverses parties de leur économie, que le principal caractère organique, dont on est conduit à leur faire l'attribution, est Yuîiiformilé.
ATextérieur, la sjmétrie de leur corps est parfaite.
Le cou est en général très-développé dans le sens de la longueur^ c'est parmi eux que Ton rencontre, en effet, les animaux chez lesquels cette partie parvient aux dijunesions les plus exagérées. Son extrême ténuité suffit d'ailleurs à le limiter parfaitement de la tête, et surtout de la partie postérieure du tronc. La partie postérieure du tronc, la poitrine, la cavité abdominale et la queue, sont au contraire, très-petites par rapport au col et aux membres.
La prédominance de volume du crâne sur la face est plus prononcée dans les oiseaux que dans les reptiles j comme dans beaucoup de rrj)~
:?44 TRAITÉ GJÊNÉRAL
tiles et chez les poissons, il y a une mobilité, variable suivant l^s espèces, dans l'arliculdion qui unit ces deux portions de la tête. Il en est également ainsi de plusieurs os du crâne qui, comme chez ces derniers animaux, conservent la faculté de jouer sur d'autres, qui sont soudes entr'eux. Deux paires de membres, la plupart d'une longueur proporlionnellement considérable, existent ici constamment. La postérieure est toujours destinée à la progression , qui n'est jamais exécuiée par les premiers , réservés au •yol, dans presque tous les oiseaux.
Ce mode de locomotion est particulièrement opéré à l'aide du développement en pennes que pi end la peau qui recouvre les membres antérieurs et l'extréinilé posiérieure du corps. Ces pennes ajoutent beaucoup aux dimensions transversales du corps.
Des considérations tirées de la structure et de la manière de vivre peimettent d'établir ]>lusieurs grandes divisions principales ou ordres parmi les oiseaux; mais les groupes qui en résultent sont loin d'être limités avec la précision qu'il est possibie de mettre dans la démarcation des ordres appartenant à d'autres classes et parlicuUerement aux reptiles ; l'uniformité de
d'ana-Tomié comparée.
disposition de plusieurs appareils imporlans est un obslacle à cette exactitude.
Les ordres admis sont surtout : 1° les oiseaux palm'pèdes ou na^enrs [natatoj-es) ; '2^ les oiseaux échassiers [grallae) ; 3° les gallinacés {g'illina'i)\ 4° les ^nmT^em'S (scansores)-^ Soies chanteurs ou passereaux (passeres); 6*^ les oiseaux de proie, rapaces ou accipitres (accipitres).
Les échassiers ont été partagés par beaucoup d'ornithologistes de tous les temps, et avec assez de raison, en échassiers proprement dits et en oiseaux coureurs ou aulriîclies slruthiones vel cursores) ; la division des gi impeui s en perroquets et en pics, n'a pas été aussi lieureusp.
La disposition du squelette des oiseaux est en harmonie avec les conditions de configuration , extérieure dont nous avons déjà fait mention.
Les vertèbres cervicales sont très nombreuses et articulées entr'elles d'une manière mobile ; de là une variabilité dans la forme et la direction de cette région du corps, beaucoup plus / grande que ne la présentent les mêmes parties dans les autres classes d'animaux.
Un état contraire se rencontre dans les vertèbres postérieures du tronc; on trouve colles des
2/i6 TRAITiÉ Giw^RAL
lomLcs soudées les unes aux autres. Les verlèbreg caudales ou coccygieiincs sont dislincl.cs de ces dernières et séparées enlr'elles; elles sont courtes et en petit nombre.
Le sternum est très-considérable; il s'en élève une saillie longitudinalemédiane, qui se prononce inégalement dans les espèces différentes (i).
Le nombre des côtes est assez restreint. Les cartilages costaux sont toujours ossiGés et unis aux côtes par syncbondrose. Les os coxaux sont confondus en une seule pièce avec le sacrum et les dernières vertèbres lombaires ; mais ils ne s'atteignent pas à la partie antérieure.
La cuisse est ordinairement courte ; la jambe , dans la plupart des cas plus longue, est composée surtout d'un os interne très-fort, le tibia, dont le péroné ne s'isole qu'à la partie supérieure, quoiqu'il s'articule avec le iémur par son extrémité supérieure.
Ily a aussi de semblables réductions, qui varient suivant les espèces, dans les os mélalarsiens, qui n'en forment plus qu'un seul, souvent fort loDi;. La plupart des oiseaux ont quatre doigîs formés de pbalanges mobiles dans les arlicaialions qui ies unissent; ils sont munis d'ongles
(i) Les différences de conformation prësnitées par cet os ont permis à M. de BlainviUe d'y trouver les caractères d'une classili cation entre les divers groupes d'oiseaux. ( Note de, iraduclcun.)
d'anatomil; coMPvnÉE. â/jy cornés, servant à saisir eLa retenir ; organes dont la forme et la force s'accordent de la manière' la plus intime avec le genre de vie de l'animal.
Au membre antérieur, les premiers des os de la portion de ce membre la plus voisine du tronc, ayant pour usage d'établir la continuité de cette portion et de i'iiumérus avec le sternum, participent au développement considérable de toute cette région j la faculté du vol est lebutet le résultat de cet accroissement de force. Au-delà les os présentent un aiongement variable. Deux os forment l'avant-hras. La main n'a pas suivi sa tendance ordinaire à se développer en un certain nombre départies juxtaposées; elle est demeurée dans un état d'imperfection. Il existe souvent au bout d'un os de la main un on"le très-petit, caché au milieu des longues plumes de l'aile qui recouvrent tout le membre anté- ] leur.
La têle est très-mobile sur la première vertèbre cervicale avec laquelle elle s'articule par un condjle.
Le volume du crâne est ici beaucoup supérieur à ce qu'il est dans les animaux où déjà nous avons eu occasion d'établir ce rapport. Cette pré- «lominance sur la face est plus grande chez les oiseaux que chez les reptiles les plus élevés. Une circonstance remarquable, qui dislingue le crâne des oiseaux de celui de presque tous les autres animaux, est une grande rapidité de l'ossification
^48 TRAITÉ GÉNKRAt
que ne tarde pas à suivre la soudure de toutes les pièces en une seule. Elle est telle qu'au bout de quelques mois, après la naissance, elles ne forment plus qu'un seul tout, à l'exception de quelques os latéraux et postérieurs.
Les os de la face restent , en partie du moins, plus long-temps séparés. Il est digne de remar^ que que les deux moitiés de la mâchoire inférieure, quoique composées chacune très-(ard encore de pièces multiples, se soudent en-devant sur la ligne médiane. Il est même fort probable qu'il n'y a en cet endroit qu'un seul point d'ossification qui est médian.
Nulle autre classe n'offre la parlicularilé trèscaracléristique présentée par le système osseux des oiseaux, d'être creux el en communication, pour la plupart de ces pièces, avec les organes vespiraloii'cs.
^appareil digestif consiste en :
10 Un tégument corné , qui recouvre la partie antérieure des deux mâchoires et qui constitue un bec supérieur et un bec inférieur, dont la forme, la structure et le \olume , sont, connne les ongles qui arment les doigts, dans un rapport intime avec la manière de \ivre de l'animal ;
20 Un œsophage ordinairement large, le plus souvent fort dilatable, dont la longueur ss mesure sur celle du cou.
3" Un estomac qui est toujours double, suc- ^Janl à l'cesophage. Le premier ou supérieur
d'aïtatomië comparée. a/jt) est glanduleux, i'inlerieur est musculeux, coustamment pourvu de parois très épaisses, couvert d'un ëpithëliuin dont la minceur Tarie; souvent même^ chez les gallinacés, par exemple, il existe une dilatation située au- dessous de la portion moyenne de l'œsophage, c'est ic jabot j
40 Un canal intestinal jilus long que nous ne l'avons encore rencontré, divi.-é en intestin antérieur beaucoup plus long que l'autre et dilaté largement à son origi/ie , l'iiitestin grêle, et en un postérieur très-court, le gros ii.ttstin, qui s'ouvre conjointement avec ra))pareil génito-urinaire dans un cloaque. Les limiics de ces deux portions du canal intestinal ne sont que rarement marquées par le renflement du second intestin ou par un cœcum unique, qui esltoujours court; ruais on trouve plus géiiéra'ement deux cœcum latéraux, peu prolongés dans les oiseaux carnassiers, très-longs, au contraire, dans la majorité de ceux qui se nourrissent de substances végétales. L'intestin grêle offre ordinairement un appendice fermé à son extrémité libre ( diverticulum), comme trace de la communication anciennement établie entre cet intestin et la membrane du jaune de l'œuf;
5o Un foie, volumineux dans le plus grand nombre des espèces de cette classe, composé uniquement de deux lobes latéraux et s'ouvrant toujours dans le commencement du canal intestinal^ par deux conduits ^ dont l'un se renfle
aSo TRAITÉ GÉNÉRAL
le plus communément et forme ime vésicule bfliaire ;
6° Une rate beaucoup plus développée que nous n'avons eu j usqu'ici occasion de la voir ;
70 Un pancréas presque toujours plus ou moins double, suivant les esjDèces, et s'ouvrant dans l'intestin par plusieurs conduits. On rencontre en outre plusieurs glandes salivaires, beaucoup plus petites, qui versent leurs produits dans la cavité buccale.
Le système vasculaire comporte un cœur, qui est encore considérablement alongé , et se divise parfaitement en une moitié droite, antérieure ou pulmonaire, et en une gauche, posté- \ rieure ou générale, dont chacune se partage en
une oreillette veineuse et un ventricule artériel. La moitié gauche reçoit le sang qui'vient du poumon et l'envoie au corps; la droite reçoit le sang qui rcvientdu corps et le pousseversle poumon. Si on en excepte la limite élevée entre l'oreillette droite et son ventricule, les moyens mécaniques destinés à favoriser la circulation , c'est-à-dire les valvules , atteignent ici le plus haut degié de perfection. L'aorte naît constamment de la partie supérieure du ventricule gauche par un tronc unique, mais qui se bifurque bientôt.
Le canal artériel est double dans l'embryon, comme cela a lieu dans la plupart desrepliies, et pendant toute la durée de leur vie .; mais il ne
d'anàtomie coMPAnÉE. a5i tarde pas à s'oblilérer après la naissance. Remarquons que le canal artériel du côté droite celui qui n'existe jamais chez les mammifères, disparaît beaucoup plus tôt que l'autre.
Le système des vaisseaux lymphatiques est plus compliqué que chez les reptiles j il y existe surtout des ganglions à des degrés variables de perfectionnement.
Comme ceux des reptiles, \e& poumons des oiseaux adhèrent aux parois dvi thorax par toute leur surface 3 mais ils en diffèrent en plusieurs points.
lo Les poches qu'ils représentent sont beaucoup plus compliquées en ce que la trachéeartère s'y partage en un nombre bien plus consitJéiable de rameaux et de ramascules; ce qui leur donne une compacité plus grande ;
2 0 Ils offrent des prolongemens membraneux minces qui s'étendent , en formant des cellules, à travers tout le corps, même dans l'épaisseur de la plupart des osj disposition qui augmente considérablement la surface de l'organe respiratoire , ajoute par conséquent beaucoup à la force des muscles et produit une diminution notable du poids de l'animal.
Le volume des poumons proprement dits est au contraire relativement fort petits. Les prolongemens que nous venons de citer ou les cellules réunies rappellent inconstestablemcnt dés appendices semblables, mais plus courts que
25t2 , TRAITÉ GÉNÉRAL
l'on observe dans plusieurs reptiles; ce sont les analogues de la vessie natatoire des poissons, et des trachées des insectes.
Des reins volumineux constituent les parties essentielles de V appareil unnaire \ ils sont fortement lobés, terminés par des uretères courts, qui s'ouvrent dans le cloaque, élargi lui-même quelquefois en vessie urinaire. Les capsules susrénales, situées devant les reins, sont ici plus grosses que dans les reptiles.
On retrouve dans les oiseaux \ appareil glanduleux du cou, déjà signalé dans les repiiies (i); il n'est pas plus que celui qu'on rencontre dans la poitrine de ces derniers une découverte récente, comme l'a pensé M. Magendie (2). J'ai décrit moi-même^ il y a long-ti mps, ces organes (3). Ceux de la cavité ihorachicjue l'avaient été précédemment par plusieurs auteurs que cite M. Tiedemann (4), qui s'en est occupé luimême.
Je regarde les glandes située? au cou, comme les analog'ues du thymus et celles situées dans la cavité thorachique me semblent cire ou des ganglions lymphatiques ou les représenlaus de la glande thyroïde.
(i) Voyez \). aSg, 240. — (a) L. c. , p. i45, 147. — (3) Aliliandlungpn ans der menschl . u . vtrgleich. Aiiat. i8o(î , S. VI, S. ai 5. — (4) Anat. u . Naturgeschichte der A'ôgel, Bd. 1. 1810, p. 688.
d'anatomie comparée. a53 M. Tiedemann rejette la première comparaison; il est cependant facile de répondre aux objeclions élevées par cet anatomiite, en faisant observer qu'il a attribué ce que je disais des ganglions situés au cou, à ceux qui occupent rintérieur du thorax. Celte méprise n'eûtelle d'ailleurs pas été commise, il serait facile de réfuter les argumens qu'il allègue, comme je le ferai voir dans la partie de cet ouvrage consacrée aux spécialités. Les glandes cervicales disparaissent après la première période de la vicj M. Magendie en a depuis fait l'observation ; cette circonstance les rapproche encore davantage du thymus des mammifères, comme le remarque aussi le physio'ogisle que je viens de nommer. Il n'en est pas de même de l'organe contenu dans la poitrine^ qui se conserve pendant toute la vie, et qui , par cette circonstance méme^ puis par son voisinage de l'organe vocal, correspond bien davantage à la glande thyroïde.
Des parties destinées à la reproduction ^ celles appartenant au sexe femelle offrent une anomalie remarquable, c'est que, doubles dans la plupart des autres animaux, elles sont uniques dans les oiseaux. Pour tout le reste de l'appareil, disposition analo^iCjà celle des reptiles. L'ovaire droit existe seulv^iez quelques oiseaux, surtout chez les oiseaux de proie, quoique très-peu développé et en apparence toul-à-fait inactif.
25^1 TRAITK GÉNÉRAL
L'existence de deux ovaires est peut-être communo à l'embryon de tous les oiseaux. Iln'y aurait alors pas de déviation à la règle, dans le commencement du moins. Un fait singulier, c'est que celle nnité des parties de la génération coïncide avec un état contraire et également insolite du cœcnm, qui est double^ ce qui n'entraîne pourtant pas une réciprocité nécessaire, car je me suis assuré par des recberches sur plusieurs hérons que deux ovaires ne coïncidaient pas avec un cœcum unique.
Les organes mâles de ia génération sont également modelés sur le type des reptiles, seulement les conduits éjacnlateurs des testicules sont plus longs. Souvent il n'y a point de pénis, mais il existe chez les palmipèdes et les autruches ( cursores); chez les premiers, il affecte une disposition spéciale, très-compliquée, rappelant celle du pénis des limaçons ; chez les seconds, cet origan e est à peu de chose près le même que dans les chéloniens.
Le système musculaire des oiseaux offre une particularité surtout remarquable dans les gallinacés, c'est l'ossification presqu'entière des tendons qui terminent les muscles des pieds.
On remarque ordinairement un développement considérable des muscles pectoraux qui tirent en bas l'humérus.L'cftet en est défavoriser le vol.
On observe dans le système nerveux que la
d'aitatomie comparée. a 55
moëlle-épinière occupe toute la longueur dti rachis, et qu'elle présente clans ia région lombaire une scissure médiane qui en pénètre la face dorsale.
Le volume du cerveau est propoitionnellement beaucoup supérieur à celui des animaux renfermés dans les classes où nous l'avons déjà considéré. C'est surtout sa partie antérieure qui l'emporte sur les autres-.
La surface du cervelet, jusqu'alors unie et sans Irace de division, commence à paraître sillonnée; cet organe se développe en largeur, par la formation d'appendices latéraux.
Il y a de grands perfeclionnemens dans les appareils des sens, le tact et le goût exceptés.
\J organe de la voix j déjà manifeste dans les reptiles, est beaucoup plus parfait ici. C'est à Textrémité inférieure de la trachée-artère, au point de réunion des deux bronches, que se rencontre la disposition particulière qui le caractérise ; fait que démontre la persistance de ia voix après la section de ce conduit aérien , et la composition plus compliquée des parties muscu. laires concourant aie former, qui s'accroît avec les moyens de la faculté elle-même.
L'extrémité supérieure présente en outre l'analogue du larynx des reptiles et des mammifères. Quanta l'abaissement de l'appareil vocal, il me semble possible d'en rendre compte, en considérant combien est subit l'alongement du
2 5G tRAlTi GÉNÉRAL
COU des oiseaux, si court chez les reptiles ou la trachée esr, dans la plupart, également restreinte dans le sens de sa longueur»
Nul oiseau ne vit totalement absent de la terre ferme. Une grande partie d'entr'eux passent cependant presque toute leur vie dans l'eau et à sa surface.
Les gallinacés, et un grand nombre de palmipèdes, beaucoup de passereaux, usent d'une nouriiture végétalcj les autres consomment des substances provenant des animaux.
Il n'en est aucun qui ne soit ovipare. Le fœtus que contient l'œuf ])eut cependant prendre accroissement même dans le sein de sa mère, surtout quand il v a obstacle à sa sortie , et que celle-ci est pourvue d'alimens appropriés etabondans. La fécondation ne s'opère pas sans le concours du mâle, nécessaire avant la ponte, c'està-dire qu'il faut ici , comme dans les reptiles, un accouplement.
On voit s'anéantir, plus que dans les reptiles, mais moins encore que dans les mammifères, la force de régéiiération.
Une propriété particulière, toute nouvelle dans l'ordre d'étude que nous avons suivi, se si-
b'aNATOMIE COMtARlÎÈ. sS^^
gnale tout à conp dans les oiseaux; c'est la facilité qu'ils possèdent de conserver nne température propre el indépendante des variations theimométi iqiîes de l'iitmosphère ; facnllé (jue partagent avec eux les mammifères, mais non au même degré.
La plupart ont deux sortes de locomotion; le Tol qu'ils sciiliennenl à i'aide des fortes plumes ou pennes qui garnissent leurs ailes et leur queue,et la progression confié eà l'action de leiu smembrcs postérieurs ou pieds; proi^ression qui consisteou dans drs sauts répétés à ]iieds joints, ou en une marche qu'exécute Tanimal en se reposant alternativement snr chacun de ses pieds, pendant qu'il avance l'autre. Quelques-uns, les oiseaux aquatiques, par exemple, se déplacent par une autre sorte de mouvement, c'est la natation. Ils opèrent cette translation à l'aide des membranes dites natatoires ^ dont sont garnis leurs pieds.
La course est le seul mode de locomotion permis aux autriiches, quoique ces animaux s*ai* dent de leurs ailes. En génénd, l'un de ces genres de locomotion ne prédomine pas sans que l'autre n'éprouve une dégradation proportionnelle. Le vol et la progression particulièrement exercent l'un sur l'autre une influence réciproque.
On remarque dans la majorité des cas, que l'étendue plus grande des facultés intellectuelles coïncide avec le développement plus considé-
258 TRAITÉ G^NÉRAh
rable de l'encépliale et des organes des sens; elles sont par conséquent à un degré' de |)erieclion plus élevé chez ks oiseaux que dans les reptiles. Les facultés affectives, en particu'ii-r, se prononcent avec une énergie remarquable , comme l'amour des époux entr'eux, des jjarens pourlevirs pelilset l'affection fdiale, ou le s< miment du besoin des soins du père et de la mere qui anime les petits. C'est surtout dnns les actes, qui ont pour ])rincipe la sollicitude dont la progéniture est l'objet, qu'ils manifc^tc-ut les instincts les plus dignes d'observation. De ce n< mbre est celui qui les dirige dans la conslruclion d'un nid.
Les oiseaux éprouvent-ils, pendant la saison du froid , une suspension des manife-tations de la vie? Cette question est K in d'être d cidée; toutefois ce phénomène, s'il a lieu , n'appartient qu'à certaines espèces, et peut-être même à quelques individus seulement. Les oiseaux habitant les climats froids, et doués des faculté-, inleliectuclles les plus développées^ font , pour échapper à la disette d'hiver, des émigrations annuelles vers des pays plus méridionaux, et souvent éloignés. Ils se soustraient, par cette fuite, au sommeil ou à la mort apparente des animaux hibernans.
B*AIfATOMIl COMPARÉE. aSf)
Les mammifères terminent la série des organisations animales. lis en forment le groupe le plus élevé. Le nombre des pièces organiques et la structure intime de ces parties, font de ces êtres les plus composés des animaux.
La forme extérieure des mammifères donne lieu à peu de considérations générales. On n'y connaît aucun exemple de défaut de symétrie entre les deux parties latérales. Aucune autre classe ne présente autant de variété dans la configuration extérieure du corps; nulle n'offre une diversité égale dans la disposition de chaque fraction de Torganismclls l'emportent à cet égard particulièrement sur les oiseaux. Le cœur est de tous les organes le seul ({ui soit, dans tous ces animaux, conforme à un type commun. Toutes les autres parlies de réconomie, même les autres portions du système vasculaire, diffèrentde la manière la plus frappante sous les rapports divers de nombre, de configuration, de composition organique, de position et de volume relatif. A quelques exceptions près, que nous fournissent les cétacés, les différentes portions du tronc, surtout le cou et celles qui le suivent, sont distinctement séparées
260 TRAlTli GÉNÉRAL
les imes des aulies. L'cxlréuiilé postérieure du tronc, la queue, est, dans le jilus grand nombre des êtres de cette classe, plus développée que dans les oiseaux. Dans quelques-uns , elle est organe de locomotion ; on la voit servir d'appui solide aux kanguroos; c'est pour plusieurs singes et fourmiliers un instrument de pvéJ^ension que sa flexilji'àté rend propre à fixer et élancer le corps. Les cétacés ont une queue disposée à l'inslar de celle des poissons; le volume en est relativement énorme; elle fait, comme dans ces derniers, l'ciFice d'organe de nalation. Aucuns des animaux considérés jusqu'ici, n'offre un volume de crâne qui soit dans des proportions relatives aussi supérieures à celles de la face. Le rapport entre ces deux parlies présente des différences plus considérables qu'on n'en rencontre dans aucun des groupes précédensj différences qui coïncident avec des modifications correspondantes dans l'organisation et dans le développement de l'encéphale. Cet organe s'élève, dans celte classe, en passant par des degrés que séparent de larges lacunes, de l'état Irès-imparfait où il se trouve encore dans la plupart des oiseaux, à la condition de perfectionnement qu'il atteint dans l'homme. On voit peu à peu la face, en suivant le même rapport, reculer au-dessous de la partie supérieure et antérieure du crâne. La tête perd ainsi sa forme alongée; la ligne tirée du front à Touverture buccale, s'éloijj^nc
d'aN.VTOMIE COMPARÉr:.
(le plus en plus du parallélisme qu'elle présenlait avec la face inférieure du visage, et fait avec le plan de prolongement de cette face un angle plus ou moins rapproché de l'angle droit.
Les membres existent au nombre de quatre , si ce n'est chez les cétacés, où la paire antérieure parvient seul au dehors , quoiqu'ils aient aussi des rudimens fort imparfaila de membres postérieurs. En général tous les membres sont disposés pour la progression, fréquemment aussi ils servent à saisir; plus rarement l'animal les employé à la natatiou , en s'aidanl de membranes étendues entre les orteils. Le vol même, est exécuté de plusieurs raaiiières parles marami* féres; ils font usage d'une expansion membraneuse qui, tantôt est située sur les côtés du corps et remplitlout Tintervalle compris enlreles membres antérieurs et les postérieurs ^ tantôt unit enlr'euxles os métacarpiens et les phalanges ex* Irêmement alongés. Dans les cétacés, les membres antérieurs sont de véritables nageoires.
On s'est servi des rapports de longueur et de développement des membres comparés entre eux et avec la totalité du corps, pour fonder un principe de division de cetle.classe en ordres.
Les membres postérieurs sont , dans la généralité des mammifères, plus farauds que les antérieurs, mais moins parfaitement organisés. Il y a cependant plus d'une exception à cette pro-
position. Les cétacés ne présentent nulle apparence visible de membres postérieurs.
Les membres, soit antérieurs, soit postérieurs, servent aux mêmes usages. La seule exception est fournie par l'espèce humaine, où la paire postérieure n'est employée qu'à la sustentation du corps et à la progression, tandis que l'antérieure sert à !a laction et à la préhension ; mais les deux paires de menjbres ne sont pas moins essentiellement formées sur un type commun. A l'aide de l'exercice, les membres postérieurs sont particulièrement susceptibles d'acquérir quelques-unes des facultés propres aux membres antérieurs; ils peuvent exercer le loucher et saisir. Le pied, en devenant plus mobile, peut jusqu'à un certain point: se convertir en main.
Les différences que présente l'organisation extérieure et intérieure des mammifères , ont permis d'établir parmi ces animaux plusieurs ordres^ dont la p'upart sont fort naturels.
Les mammifères qui ressemblent le plus aux oiseaux et aux reptile-, sont, sans conlredil, lesmonofrèmt'^; analogie quinema pas paru sul'lisantc pour eu faire une clas^.e distincte, comme Tont
d'ana-tomie comparée. 263 fait MM. Lamaik (1 ), Fischei (2) ei Esclihoîz (3); ni pour les considérer, à l'iiislar tlu dernier, comme desaMiuianx intermédiaires aux oiseaux et aux re|)tiles. Je me borne à les placer au rang le plus inférieur des mammifères. On leur assii;ne c<;mmanéinent le milieu de la série formée par celte classe (4). Quelques natur^ilisLes , par exemple M. Guvier, n'en font pas môme un ordre sé;)aré; mais seulement un sous-ordre. Ces auteurs se fondent sur diverses anal, gi es que ces éires présenlent avec les animaux dans les voisinages duquel on les a fixés , et spécialeme-^it avec les édeutés et les rongeurs. Mais telle est d'ailleurs l'évidence des diversités de conformation qui les distinguent des autres mammifères; telles sont surtout les différentes remarques qu^offi e la disposition de plusieurs de leurs organes, surtout de ceux de la généi alion et du tissu osseux; telles sont en outre les rapports étroits qui les lient aux oiseaux que j'ai cru devoir adopter à cet égard une autre opinion (5).
Après les monotrèmes viennent les cétacés,
(i) Philos, zoolog., T. I, pag. 145. — (2) Zoognosie, citée par Escliholz. Ideen zur Aneinanderreihuug der riickgrathigen Thiere. Dorpat, 18 19. ( Idées pour servir à la classification des animaux vertébrés ) — (3) Ibid. — (4) Olivier, Règne animal , T. I.p. 224. — Gofflfusx, Zoologie, Bd. I. Siebente Ordnung. Reptantia. — (5) Foyez la note au bas de la page loa.
i64 TRAITÉ GÉNÉRAL
plus imparfaits que ces derniers, si on a égard à la niidilé presque complète ou tout à fait complète de leur corps ^ et à l'absence de membres postérieurs évidents, mais qui, comparés aux feutres mammifères, ne présentent pas toutes les particalarilés de structure intérieure que nous avons re'nar(juées dans les monoirèmes, et ne se raltacbent pas anxois?aux et aux reptiles par des analoijies aussi frappantes. Le séjour qu'ils font dans l'eau , les a Ions;- temps fait ranger parmi les poissons; c'est à cause de leurs différences avec les autres mammifères, que Brisson (i) en fit une classe à part, qu'il plaça entre ces derniers et les oiseaux.
D'autres auteurs (2) partagent les cétacés en deux ordres j le premier, composé des cétacés proprement dits [cetae)\ le second ^ formé des sirènes [sirenid) ^ qu'avec plus de raison plusieurs naturalistes, M. Cuvier , par exemple, en séparent et qu'ils rangent dans des sousordres.
Les divisions qui se présentent après les cétacés , sont celles qui comprennent, ces derniers étant exceptés, les animaux de la jylus grande taille, et qui constiluent des groupes diversement rapprochés ou éloignés les uns des autres.
(i) hegnuin animale^ Paris, 1754. — (a) Coldfutt,'
d'anatomie compahièe, 265 plusieurs causes, et notamment la disposition de l'appareil digestif, surtout de l'estomac, assignent aux rutninans le rang le plus voisin des cétacés ; quoique d'autres conditions déstructure en rapprochent davantage encore les mullon^ gulés ou les pachydermes. Les soUdongulés , dont plusieurs naluraiistes ont cru devoir précédemment faire un ordre distinct, offrent tant de contraste avec ces deux derniers ordres , que BI. Cuvier(i), bien qu'ii les considérât à part autrefois,les place aujourd'hui dans les pachydermesavant les ruminans(a). GoMfuss (3), au contraire, les met au nombre de ces derniers, en les comprenant sous le nom commun d'animaux à sabots {Jioplopodd). Je crois qu'ils doivent constituer un ordre particulier, intermédiaire aux deux que nous venons de citer, à moins qu'on ne préfère réunir tous ces êtres sous le nom iS! ongulés i et qu'en se fondant sur plusieurs conditions de structure intérieure et extérieure, on ne les partage en deux grandes sous-divisions (4).
Les édités succèdent aux multongulés. On lésa partagés en plusieurs sections que plusieurs
(i) Tableau clvment., Paris, an 6. — (2) Règne Animal, T. I. ■p. 243. — (3) Loco cit., p. 378. — (4) M. de Blainville , sar un nouveau caractère ostéologique, servant à distinguer les animaux quadrupèdes ongulés en deux sections. BulUt, de la Soc. Phil. iSiÇj. mars. Journal de Pliysùjut, y 61. 89 , p. $7.
modernes, Goldfuss (i), par ♦ xemple , ont même érigées en ordres, sous les noms d'animaux à ceinture [cingulatn\ de vermilingnia et de paresseux (brndjpoda) ; opinion qui ne doit pas être admise d'une manière absolue, à cause d'une anal igie étroite, offerte par la structure inléricure de tous ces animaux. Aux édenlés se rattachent les rongeurs ( rosores seu gliies) ou animaux à \)Mei> (prensiculantia) , que i'oa subdiviser un grand nombre de collections moins généiales. De ces derniers, les marsupiaux conduisent aux carnassiers , dont ils sont un sousordre dans le système de M. Cuvier. D'autres, Go'dfuss, par exemple, en fait un ordre spécial qu'il place entre les rongeurs et les chéiroptères.
A l'instar de Goldfuss, je réunis aux carnassiers , les mammijeres amphibies, dont je fais une dernière division. Goldfuss les rangeait autrefois comme dernier ordre en avant les cétacés ; il les a depuis également réunis en un troisième ordre qu'il place sous le nom de phoques ( pinni" peda) entre les cétacés et les raultongulés. L'analt gi,e de leur structure avec celle des autres animaux carnivores me paraît être trop grande ]iour pouvoir juslilier une séparation si éloignée.
i) L. c. , pag. 406 —
d'aWATOMIE COMPARiE. ^67
Après les chéiroptères viennent les quadrumanes; ensuile, l'ordre le plus élevé, qui est formé par l'homme.
Base de toute l'organisation, le squelette des animaux mammifères , comme on le peut inférer de ce qui a été dit, présente de nombreuses variétés.
On voit, au tronç, le nombre des vertèbres offrir des différences très-remarquables. Ce sont surtout les vertèbres du coccyx, qui se trouvent, à cet égard, dans les conditions les plus extrêmes ; leur quantité de quatre qu'elle est chez l'homme, s'élève jusqu'à t elle de quarante dans les fourmiliers à deux doigts. Les vertèbres lombaires et dorsales , diffèrent aussi considérablement sous le même rapport ; au cou les vertèbres sont^ au contraire , bornées presqu' exclusivement au nombre de se|)l; circonslanced'aulant plus remarquable que d'un côté la longiieur du cou, chez les m immifères, est extrê nemenl différente dans les espèces diverses, et que de l'autre il existe en général une correspondance exacte entre le nombre des vertèbres cervicales et l'étendue qui mesure cette portion du corps qu'elles concourent à former. On ne rencontre pas moins
^'^3 rnfLÎTÉ GENERAL
de diversités clans le volume et la forme des vertèbres.
Les différences relatives au volume sont en rapport direct avec la longueur des régions de Tanimal auxquelles appartiennent les vertèbres et le nombre de ces os entrant dans la constitution de ces régions. Les différences relatives à la forme, dépendent du rapport variable qui existe entre les dimensions du corps et le degré jnégîil de développement des appendices.
Les dimensions proportionnelles du crânent de la face, offrent des variétés considérables dans les divisions diverses établies parmi les mammifères. Le rapport le plus défavorable pour le crâne s'observe dans les rongeurs. C'est le rapport inverse pour l'homme ; l'extrême accroissement de l'enveloppe osseuse du cerveau est, en effet, un des traits caractéristiques de l'ordre que forme à lui seul l'homme. Le crâne de l'homme s'articule constamment et d'une manière mobile, au moyen de deux condyles convexes,, avec la j)remière verièbre cervicale. Les os qui forment le crâne des mammifères ont moins de tendance que celui des oiseaux à se souder entre eux ; il en résulte que les distances interposées entre leurs points de jonction y persistent beaucoup plus long-temps. Aucune j)ièce osseuse ne reste ici séparée , comme dans les oiseaux, des os principaux, et ne s'unit à eux par une articulation mobile.
d'ANATOMIE COMPARitE.
La condilion conliaiie est présentée par la face, conslamment unie au crâne par des jointures fixes; les os même tjui la composent n^exéciilerit aucun mouvement à leurs points de contact. Les deux moiliésde la mâchoire inférieure sont les seules pièces qui n'ont souvent d'autre moyen d'union qu'un fibro-cartiiage intermédiaire , et qiii même, comme on le voit dans un grand nomhre de rongeurs, sont en rapport par une articulai ion mobile.
Si l'on exnmine isolément les diverses fractions qui composent les membres, on ne rencontre que rarement à celle qui constitue l'épaule, une structure analogue à celle remarquée dans les reptiles et dans les oiseaux; les monolrèmes seuls reproduisent cette disposition, dont on aperçoit encore quelques rapprocl)emens dans les taupes et les chauves souris. L'épaule des mammifères nVst en général formée que de deux os, le scapulum et la clavicule.
Quelquefois la clavicule mancpie ; surtout cJjez les animaux qui ne se servent des membres antérieurs que pour marcher. Elle est, au contraire, fort développée chez ceux qui exécutent avec ces membres des mouvemens trèsénergiques et compliqués.
Il n'existe jamais qu'un humérus. Presque tous les mammifères ont un avant-bras composé de deux os. Dans quelques groupes Tun de ce*
OS disparaît presque totalement^ par exemple, clans les rnminans et les solipèdes. Ces os offrent du reste une mobilité li ès-variée dans leur articulation avec l'humérus et la main.
Le nombre, le volume et la forme des pièces qui constituent la main , sont susceptibles d'être modifiés extrêmement. Ces diversités déterminent le genre de vie, et conséquemment le genre de locomotion des dilférens ordres.
On voit toujours aux membres postérieurs l'union étroite des os pelviens avec le sacrum, et dans un g: and nombre de mammifères la soudure complèle de ces os entr'eux à leur face inférieure.
Les os de la jambe se confondent plus fréquemment en un seul os, que cela n'a lieu à l'avant-bras. On observe au pied des différences comme on en rencontre dans la main ; mais moins remarquables.
La complication de V appareil digestif est plus grande dans les mammifères que dans aucune des autres classes des vertébrés. Sous ce rapport les ruminans occupent le premier rang, viennent après eux les paresseux et les cétacés. Les carnassiers sont de tous les mammifères ceux où cet appareil est réduit à l'état le plus simple.
L'existence des dents est commune à la plupart de ces êties. La présence, la forme, le nombre et le volume de ces pièces présentent une foule de variétés, toutes en rapport avec
d'auta-Tomie comparée. 271 la disposition de lout le reste de l'appareil digestif et des metnbies.
L'œsophage se divise en ime partie supérieure plus large, le pharynx, et une infeiieiire plus élroile.
On trouve rarement, comme chez les oiseaux, reslomac partagé en une portion supérieure ou glanduleuse, et en une inférieure ou musculeuse; mais cet organe, simple dans le plus grand nombre des mammifères, se présente fréquemment empreint de rélrécissemens qui le distribuent même en quatre parties différant €nlr'* lies de \oli me et de foi me soit extéi ieure, soit intérieure. S'il est ainsi composé, il prend ordinairi^ment une extension considérable. On n'observe dansaucune autre classe des conditions si extrcin^'S dans la longueur du canal intestinal. La dilatation de la partie postéi ieure de ce canal est constante; souvent, mais non nécessairement, il exi:te un rétrécissement subit, servant à démarquer les portions antérieure et postérieure; disposition qu'accon)pagne la présence ■d'un appendice de la première prolongé par-dessus la seconde; le plus ordinairement simple, cet appendice est quelquefois double, les fourmiliers en fournissent un exemple. A la face interne le canal est garni de villosités, plus rarement, de plis de la membrane interne , qui en aggrandissent l'étendue.
Le volume du foie, sa conformation extérieure
présentent ici des variétés pins nombreuses que dans les antres classes. La Tésionle biliairé est presque constante ; quelques espèces njoutent à ce réservoir un second renflement placé en^^e les tuniques du canal intestinal.
Dans les célacés la rate se rencontre dans une condition tout-à-fait insolite. Elle est partagée en un grand nombre de lobules dont les seuls moyens d'union sont les rameaux vasculaires.
Les canaux excréteurs du pancréas sont moins libres et moins dégagés que chez les oiseaux.
On ne rencontre pas de distinctions essentielles entre le système vasculaire des mammifères et celui des oiseaux.
Les différences portent spécialement sur la disposition, où l'on remarque des perfectionnemens nouveaux. La valvule ouriculo-vertriculaire droite du cœur, encore incomplète dans les oiseaux, a atteint dans les mammifères le plus baut degré de développement.
Les vaisseaux et les ganglions lympbatiques sont à la fois plus multipbés et plus composés. Ce système que nous n'avons vu apparaître que dans les dernières divisions delà série animale, est mieux séparé du système des vaisseaux sanguins, que nous ne l'avons encore rencontré.
C'est surtout sur la forme des divers or^janes composant l'appareil circulatoire que les différences reposent particulièrement; ainsi le cœur est tantôt alongé^ tantôt arrondi, tantôt aplati.
d'aNATûMIE COMPAREE. '2^3
ordinairement non ])artagé à sa pointe, clans quelques groupes bifurqué.
L'aorle présente deux dispositions différentes ; ou elle se di\ise, aussitôt dégagée éhUmm » iiÉlim.Bi dummXH' gauche, en un tronc antérieur et un tronc postérieur, ou elle forme une crosse de laquelle sortent successivement les vaisseaux de la moitié antérieure du corps. Les troncs des veines antérieures du corps s'ouvrent dans l'oreillelle droite, soit en se réunissant en une seule, soit isolément de chaque côté.
Dans plusieurs ordres, les ganglions lymphatiques du canal intestinal , sont rassemblés en une masse commune^ d'autres les portent disséminés dans le mésentère, etc. , etc.
Les organes respiratoire ne s'étendent plus comme dans les oiseaux par tout le corps; mais les poumons, proprement dits, sont par compensation développés d'une manière plus parfaite; les bronches s'y distribuent en ramifications beaucoup plus déliées.
Si nous passons à l'appareil de la sécrétion urinaire^ nous ne trouvons pas un volume plus considérable des reins, mais une structure intérieure plus parfaite. Cet appareil, est dans hs mammifères parvenu à un summum de développement, qui l'emporte autant sur le perfectionnement relatif des autres organes glandulaires , que la sécrétion qu'il ojière joue par elle-
même un rôle plus important dans l'économie animale.
Comparées à celles des autres animaux , les .•Çiaiî^C§«51^^i'énales sont plus volumineuses.
On trouve constamment une vessie urinaire pourvue d'une tunique musculeuse distincte.
La glande thyroïde existe toujours, le thymus également; sa présence ne dure pendant toute la vie, que dans les animaux dont l'organe respiratoire reste inaclif pendant des laps de temps variables. On ne remarque aucune espèce dans laquelle ces parties présentent les conditions de glandes parfaites.
Les organes générateurs des mammifères constituent des appareils extrêmement variés. C'est par la disposition de ces parties que les monoirèmes se rapprochent le plus des oiseaux et des reptiles.
L'organe sécréloire, le plus important de l'appareil, l'ovaire dans la femelle, les testicules dans les mâles, sont toujours en nombre double. Les premiers sont constamment situés dans la cavité abdominale, mais plus en dehors que dans les classes précédentes; les seconds s'avancent, en général, au contraire plus ou moins vers la surface extérieure du corps, souvent enfermés dans un prolongement particulier de la peau, le scrotum. Chez l'homme seul, les testicules sont situés dans une poche séreuse , entièrement séparée de la cavité abdominale.
d'anatomie comparée. 275 Un Irait dislinclif caractérise surtout les ovaires des mammifères. Dans les classes inférieures ils sont formés d'une partie de l'œuf, du vitellus; dans les mammifères, au contraire, ils ne contiennent que les organes propres à sécréter cette matière parliculière.
Les testicules sont toujours composés de vaisseaux déliés, très -longs, enlacés de mille manières.
Comme les organes sécréteurs, les canaux servant à excréter sont doubles. Dans le plus grand nombre des mâles, ces canaux présentent, à leur extrémité inférieure, une dilatation, en cul de sac; c'est la vésicule séminale.
Les conduits dont il s'agit, aboutissent à une partie plus ou moins charnue, chez les individus femelles, glanduleuse chez les mâles. Dans les femelles, c'est la matrice, chez les mâles, c'est la prostate. Cette partie se présente, tantôt paire, tantôt impaire j en y passant, le liquide élaboré dans les organes principaux de la sécrétion subit constamment une modification qui n'est pas également profonde dans tous les animaux de ce groupe. Chez ces êtres, le nouvel organisme est développé ordinairement au sein de la femelle jusqu'au moment où il peut mener une vie indépenda nte ; et est rej été au dehors par un canal , unique dan la grande majorité des mammifères . Ce canal e le vagin.
THAirii G^iViRAL
Presque tous les mammifères sont pourvus d'organes excitateurs : c'est, chez la femelle ^ le clitoris qui conserve un volume peu considérable ; c'est, dans le mâle, un pénis qui parvient à des dimensions bien supérieures. Ces deux organes sont constamment uniques.
On rencontre très-généralement des glandes mammaires dans cette classe. Le nombre en est variable. Elles sont constamment situées sur les deux côtés du corps et à la face abdominale. Les mâles en sont également pourvus , quoique régulièrement elles ne sécrètent que dans les femelles une bumeur destinée ànourrir l'organisme nouveau , immédiatement après sa naissance.
Ce que nous avons dit des modifications de forme observées dans le squelette suffit pour faire concevoir combien est variée la disposition du système musculaire. Des différences remarquables se lient aux proportions diverses de développement offert par les membres. Aucune n'égale toutefois les particularités nombreuses et opposées propres au muscle peaucier.
\! encépliale de cette classe acquiert un grand développement. C'est surtout le cerveau proprement dit et sa portion antérieure qui prennent une prépondérance très-remarquable, celui-là sur le cervelet, celle-ci sur les (»arties inférieure et postérieure des bémispbères.
Le volume de la masse nerveuse contenue dans le crâne est ici, relativement à celui de la
moëlle-épinière et des nei fs, le plus considérable. Il est parvenu dans l'homme au summum de cette prédominance.
Les organes des sens varient également. La peau se distingue principalement par les poils dont elle est garnie. Les pieds et les mains sont souvent d'excellens organes de taction et particulièrement dans les mammifères les pl us élevés. Sur divers points, mais surtout aux limites de jonction des surfaces cutanées extérieure et intérieure, existent des glandes plus ou moins développées dont le produit sécrétoire exhale des odeurs fort variées.
Les organes du goût, de l'odorat et de l'audition, se présentent augmentés des perfectionnemens les plus complets.
A l'état normal, l'œil a cessé d'offrir des traces de la substance osseuse qui fait partie de son organisation dans lesclassesde&poissons, des reptiles et des oiseaux, où elle se rencontre sous la condition de collections de formes diverses dans la membrane extérieure de l'organe. La cause de cette particularité dépend sans doute de la clôture plus complète de l'orbite.
L'organe de la voix existe toujours à l'extrémité supérieure de la trachée-artèré ; il est plus simple et construit d'après ua plan plus uniforme que chez les oiseaux, mais d'une complication supérieure à celle de l'instrument vocal des reptiles..
278 TRAlTi GÉviBA-L
Le plus grand nombre des mammifères vit sur la terre j les cétacés seuls habitent constamment les eaux. Quelques espèces appartenant aux ordres des carnassiers et des rongeurs forment le passage des mammifères terrestres aux mammifères aquatiques. Ces espèces Tivent en effet dans les deux milieux , dont l'un leur convient cependant toujours plus que l'autre.
L.es animaux composant la classe des mammifères sont pour la plupart carnivores. Quelquesuns se nourrissent également de substances animales et végétales. Tous sont vivipares. La reproduction s'accomplit à l'aide d'une copulation nécessaix^e. Le lait que sécrètent les mamelles établit quelque temps encore après la naissance un rapport assez intime entre l'organisme de la mère et celui de l'enfant.
La faculté de régénérer des parties détruites a, chez eux , moins de puissance encore que dans les oiseaux. On voit cependant des os même volumineux se reproduire complètement.
Ce quoffrent de modifications les mouvemens que sont susceptibles d'exécuter les mammifères , se comprend assez en se reportant a la description des appareils osseux et musculaire.
Dans cette classe les facultés intellectuelles
d'anaïomie compvui-e. '279 s'élèvent par degrés insensibles jusqu'au plus haut développement.
Beaucoup de fces animaux sont sujets au sommeil d'hiver.
Nous venons d'indiquer les caractères fonda-, mentaux des classes établies dans la série animale. Il nous reste à esquisser les traits généraux à l'aide desquels on en peut déterminer les divisions les plus sommaires ; celles qui les partagent en invertébrés, céphalopodes et vertébrés.
Ces caractères principaux sont les suivans :
l 'Il existe dans les invertébrés une variété beaucoupplusgrandedansla conformation extérieure et la structure intime, tant sous le rapport du nombre que sous celui de la perfection des parties; variété qui l'emporte de beaucoup sur celle présentée par les céphalopodes et les vertébrés, chez lesquels il existe bien plus de conformité à un type commun.
a* Les organes de cesderniers affectant une position plus constante qui se rattache à cette communauté de type.
3* Les mêmes animauxoffrent encore une symétrie extérieure beaucoup plus parfaite et plus générale dans les divisions du corps; symétrie qui n'a d'exception que dans quelques espèces de vertébrés : ces poissons dans lesquels nous avons vu
TP.AITÉ GJ£N]ÉRAL
la position des yeux oflVir, sous ce rapport, une particularité remarquable; tandis que nousavons rencontré dans les mollusques gastéropodes , comme disposition régulière, l'oriUce de l'anus el des organes générateurs, quelquefois celui de l'appareil respiratoire, affectant une situation non symétrique, et que nous avons vu la masse entière des polypes composés, "vivant en commun, s'arranger sans symétrie.
4° La prédominance de la dimension de longueur, dans le corps des vertébrés et des cépbalopodes, est plus constante que dans celui des autres animaux.
5' Le nombre des parties dissimilaires dans l'or^^anisalion de ces mêmes vertébrés et céphalopodes est plus considérable que dans ceile des invertébrés ; rapport sous lequel les vertébrés l'emportent sur les céphalopodes.
G-Lotailledes.organismesdes vertébrés est plus haute qu^on ne la rencontre dans les céphalopodes et les invertébrés.
7* L'isolement des régions du corps et des organes qu'elles renferment est beaucoup plus complet dans les vertébrés où se trouvent plus fréquemment des enveloppes séreuses qui entourent et limitent les parties.
8' Les invertébrés, ou sont privés de membres, ou en ont plus de deux paires, disposées successivement d'avant en arrière. Ces parties, dans les vertébrés, peuvent également manquer,
d'anatomie comparée. 28 f
mais ne dépassent jamais le nombre de deux paires. Les céphalopodes participent , du moins en parlie, à l'organisation des deux divisions extrêmes du règne animal^ils présentent tantôt huit bras munis de ventouses, qui sontdisposéscirculairement autour delà téte , tantôt, coriirae on le voit dans plusieurs espèces, le long des bords latéraux du corps, deux piolongemens fort ressemblans, par leur forme , aux nageoires des ver. tébrés.
9° Tous les vertébrés et les céphalopodes possèdent un squelette intérieur osseux ou cartilagineux, qui n'est pas dans tous également complet, et qu'entourent des muscles par lesquels il est plus ou moins séparé de la peau. Ce squelette manque aux invertébrés, dans lesquels on ne peut reconnaître qu'un squelette extérieur servant d'enveloppe àux muscles, et qui est composé, non pas d'os, mais de parties cutanées endurcies, constituant des coquilles ou des tesls. L'analogie (|ue l'on a voulu établir en Ire le squelette des chéloniens et celui des invertébrés n'est qu'apparente.
1 0° Les invertébrés se distinguent soit par l'absence totale d'organes masticateurs, soit par l'existence d'une seule partie maxilliforme supérieure, ou bien de deux pièces opposées l'une à l'autre latéralement, ou enfin de cinq de ces pièces. Dans les céphalopodes et les vertébrés, il y a, au contraire, deux instrumens de mastication qui semeuvenL
282 TRA.1TÉ GJ^WISrAL
l'un contre l'autre, de haut en bas, et que garnissent des dents dans la plupart des derniers.
Les différences dé composition sont si variées dans l'appareil digestif des invertébrés qu'il est impossible d'établir aucune généralité sous ce rapport. Ils n'ont jamais de rate ni de pancréas; cependant cette absence ne leur est pas tellement particulière qu'on ne la rencontre aussi dans les céphalopodes, et même dans plusieurs poissons, surtout quant au pancréas. La présence de la rate, est, au contraire, un attribut très-général des vertébrés. Ceux-ci se distinguent en outre des céphalopodes et des invertébrés par l'augmentation de la surface interne du canal intestinal , particulièrement dans sa partie antérieure, au moyen de saillies diversement configurées et étendues qu'on appelle villosités et plis.
1 1° L'appareil vasculaire présente toujours, dans les vertébrés et les céphalopodes, un cœur charnu , partagé en plusieurs portions j organe que l'on trouve également dans les invertébrés supérieurs, mais avec cette diflerence toutefois qu'ils n'ont jamais qu'un cœur dit général destiné à pousser le liquide circulatoire atout le reste du corps(i), tandis que les vertébrés et les céphalo-
(t) Voyez la note au bas de la page 147.
d'anatomih comparée. 283
podes ont constamment, avec diverses modifications, un cœur pulmonaire, envoyant le sang aux organes respiratoires et existant seul ou simultanément avec celui qui fournil à tout le corps. Les céphalopodes diffèrent des vertébrés par la séparation complète des cœurs pulmonaires d'avec le cœur général , tandis que chez les animaux vertébrés pourvus d'un cœur plusoumoins parfaitement double les portions pulmonaire et aorlique sont réunies.
Dans les céphalopodes et les invertébrés, le cœur est placé à la face dorsale ou supérieure; dans lesH|.verlébrés, il occupe la face abdominale ou inférieure.
Tous les animaux à vertèbres ont des vaisseaux lymphatiques; les céphalopodes possèdent des parties très-analogues.
lao Les organes respiratoires des vertébrés sont constamment renfermés en totaHté , ou à quelques exceptions près seulement en partie, dans une cavité, et communiquent toujours avec la bouche, souvent avecla capacité nasale, recevant par ces voies Tair ou Teau, milieux qu'ils habitent. Dans les invertébrés et les céphalopodes, ils sont entièrement séparés de l'appareil digestif; une partie, tout au plus, en naît, dans quelques cas rares, de l'extrémité postérieure du canal intestinal; ils sont constamment en rapport immédiat avec l'appareil cutané externe.
284 TRAITÉ GÉPfÉRA-L
Tels sont les caractères qui me semblent propres à déterminer les conditions de cet apjîareil dans ces groupes divers de la série animale, et je ne crois pas, par conséquent, que le défaut de poumons puisse être considéré , ainsi que l'ont fait MM. Lamarck (i) et Schweigger (a), comme le trait particulier servant à distinguer les animaux privés de squelette.
Schweigger lui-mcme admet que les mollusques gastéropodes respirent en partie par une grande cellule pulmonaire unique (3). Il reconnaît plusieurs cellules dans les annelides (4).
Quant à M. Lamarck, en vain s'a^uie-t-il sur la considération que les poissons respirant par les branchies, les mollusques ne sauraient, pour opérer la même fonction suivant les mêmes conditions, faire usage d'une autre sorte d'organes, et en infère- t-il qu'on ne peut comprendre dans une détermination commune, les instrumens de la respiration observés dans des animaux inférieurs et dans des animaux, plus parfaits; ces argumens me paraissent peu plausibles; parce qu'il n'y aurait pas de raison pour qu'on ne soulînl, avec non moins de fondement, qu'aucune partie ne doit être désignée sous un
' (0 Anim. saiis vertèbres, T. VI. P. 1819, pag. 270, 271. — il) Slu-lellose Thicre, S. 198. — (3) L. c. , p. 187- —(4) pag. 184.
d'aNATOMIE COAIPARÉE. 2S5
même nom dans les différentes classes d'animaux.
Bartels ( i ) en faisant remarqiierqiieles reptiles respirent avec un poumon réel, c'est- à-direavec une traclîée-artère aboutissant à un tissu vascnlaire branchiforme, ne veut évidemment établir qu'une distinction entre les poumons de ces animaux et des vertébrés en général et les brancliies des poissons.
i3' Les vertébrés possèdent généralement un appareil sécréteur de l'urine, les reinsj appareil qui ne saurait être admis , avec certitude du moins ,^omme indépendant et spécial dans les céphalopodes et les animaux vertébrés.
i4o Les organes générateurs sont doubles chez presque tous les vertébrés et céphalopodes, avec quelques exceptions fort rares que présente vraisemblablement la classe des poissons ; jamais les deux sexes ne sont réunis sur le même individu. Dans les invertébrés, au contraire, on observe Tabsence ou l'existence isolée du sexe féminin, ou la réunion des deux sexes sur le même corps.
i5o La portion postérieure de la partie centrale du système nerveux qui en est aussi la plus considérable, et qui à raison de la place qu'elle
(î) Die Respir. als vom Gehirn abhsengige Bewegung, i8i3, p. i5. ( La respiration considérée comme un mouvement dépendant du cerveau ).
286 TRAITl? GÉlviRA.L
occupe dans le tronc, pourrait en élre appelée la moelle, est située dans les vertébrés, au-dessus du canal intestinal j dans les invertébrés elle affecte la position au-dessous des intestins, entre le tube digestif et les tégumens généraux. Elle est parfaitement isolée des autres organes, cbez les premiers, tandis que chez les seconds elle est confondue avec les autres parties ou du moins fort incomplètement distincte de celles-ci. L'en* cépliale creux , dans sa plus grande partie, chez les vertébrés , est sans cavité dans les invertébrés et céphalopodes. Les nerfs des premiers naissent de l'encéphale et du prolongcmeij^ rachidien par des filets isolés qui se réunissent en cordo. s entiers; dans les derniers ils forment immédiatement des cordons complets.
Enfin, les organes des sens ou manquent aux animaux invertébrés, ou sont construits , à un petit nombre d'exceptions près , suivant un type tout autre que chez les vertébrés et les céphalopodes.
Quelles sont des divisions animales celles qui doivent être considérées comme supérieures aux autres? Cette question n'est pas résolue d'une manière unanime par les naturalistes, soit qu'il s'agisse des animaux supérieurs, soit qu'il s'a-
d'anatomie comparée. 287 gisse des animaux inférieurs. La supériorité des vertébrés sur les céphalopodes, de ceux-ci sur les invertébrés, n'est l'objet d'aucun doute; mais c'est dans la détermination des places que doivent occuper, relativement les unes aux autres , les classes différentes des animaux sans vertèbres, que les opinions se sont davantage éloignées.
Les classes supérieures de ces êtres ont été l'objet de ces divergences.
Les invertébrés articulés pourvus de tégumens cutanés durs, ont été, depuis Linnée^ trèsgénéralement placés, sous le nom d'insectes^ audessus des autres invertébrés qu'on leur opposait sous l'appellation collective de vers. Depuis que des recherches anatomiques plus exactes, faites, tant sur les vers proprement dits que sur les insectes, ont fait découvrir un haut degré de composition dans les premiers, et une grande variété de structure dans les derniers , cette classe, formée des animaux les plus hétérogènes, a été divisée, non seulement en plusieurs autres , mais placée au-dessus des insectes et des groupes qui en ont été isolés. Ce furent surtout les naturalistes français qui opérèrent ces changemens, particulièrement MiVf. Cuvier (i), Lamarck (2), Duméril(3) et de
(I) Tableau élément, an 7. Règne animal, 1817.— (2) Système des animaux sans vertèbres, an 6. — Histoire nat. des anim. sans vertèbres. Paris, 181 5 — 19, Toi. 1 — 6.— (3) Zoologie analytique,
u88 TRAITÉ GENÉIIAL
Blainville ( i ). Beaucoup de naturalistes aile
(i) Prodrome d'une nouvelle distribution systématique du règne animal. Bullet. de la Soc. Philom. 1816, pag. io5. — L'ordre qu'adopte M. de Blainville est le suivant :
Il place en premier rang le sous-règne composé des animaux ar- TIOMORPHBS, qu'il partage en animaux arliomorphes arliculcs, subarticulés, non-art Iculcs. Les articulés forment deux types, le premier de ces types est constitué parles animaux ari/eu/cf intérieurement ou oSTÉozoAiREs; le second par les animaux ar<(cu/cs extérieurement ou ENTOMozoAiRES. Les osTÉozoAiREs, sont subdivisés en deux soustypes, dont le premier contient les animaux pourvus de mamelles et vivipares; le second renfermant ceux qui en sont dépourvus ou les ovipares. Les entomozoaires comprennent des animaux articulés privés ou pourvus d'appendices, formés eux-mêmes d'articulations en nombre fixe ou vaaiable ou sans articulations; les sdbae- TICUI.ÉS composent un sous-type, qui est le troisième, et sont nommés MAX-ENTOZOAIRES ou M01.1.CSCARTICUI.ÉS. Les non-arliculét sotit compris dans le quatrième sous-type , qui embrasse les malaco*
ZOAIRES ou MOLLUSQUES.
Le second sous-règne, qui renferme les animaux actikomor- PHES ou actinozqaires cst formé des animaux qui ont la forme rayonnée.
Le troisième sous-règne est constitué par les animaux hétéro- MORPHES ou uÉTÉROzoAiRES. Il résulte du partage de ces règnes, types et sous-types, les vingt-six classes suivantes.
Dans le sous-tj'pe des vivipares (l) les mammifères ou pilifcrcs caractérisés par des poils.
Dans le sous-type des ovipares (II) les oiseaux ou penrtiféres que caractérisent des plumes ; (III) les reptiles ou squammiféret (ou ovip. à écailles) ; (IV) les amplilliens ou nudipcllifcres (ovip. à peau nue) ; (V) les poissons ou pintiifcres.
Parmi les entomozoaires (VI) les hexapodes (ou entomoz. à appendices articulés au nombre de trois paires) ;(VI[) les octopodes ( à quatre paires d'ap]ieudices);(VIII)lesf/6c/Tpo</cs (à appendices au nombre de cinq paires) ; (IX) les hétcropodes ( appendices en nombre va -
d'a.NA.TOMIE COMPARfTE. a8<)
tnandsont suivi cet exe nj^le, eiUr autres Spix(i j, Schweiggei"(2),Goldfuss(3); je me suis également rangé du côlé de celte idée. Oken (4), au contraire , fiiléîc à l'ancienne manière' de voir, fait aux Allemands qui ont adopté cette classification le reproched'étreiraitateiirsdesFrançais(5). Que de pareilles considérations sont puériles! Ne doil-on pas remonter plus haut qu'à des vanités nationales^ quand il s'agit de sciences ? doiton écouter d'antre voix que celle de sa conviction ? Aristote d'ailleurs , le père de l'histoire naturelle et de l'anatomiecomparalive, avait p'acé les céphalopodes et les testacés en avant des in-
riable), (X) les tétradécapodes ( k sept paires d'appendices), (XI) les myriapodes ( à appendices articulés, aux anueaux), (XII) les diélopodes (à appendices non-articulés), (XIII) les apodes (à appendices nuls ). Parmi les m vlintozoaires (XIV) les hématopodes, (XV) les polyplaxiphorcs. Dans les malacozoaires , (XVI) les céphatopliores (ou mollusques à tête distincte) , (XVII; les accphahphores (ou à téte non-distincte). Parmi les actinozoaires, (XVIII) Jes annelidaire* (ou actinozoaires subrajonnés), (XIX) les cératodermaires , (XX) les arachnodermaires , (XXI) les zoanthaires, (XXII) les po typiaires, (XXlll) \es zoopitytaires [ou aetinomorphes vrais).
Enfin parmi les hétébozoaires, (XXIV) les «/jon^ia/res, (XXV) \es monadaires , (X.X\l) \es endrolilhaires. De Blainviite , Principes d'anatonîie comparée. Paris, 1822. Les insectes sont ici placés audessus des mollusques. ( ISote des traducteurs. )
(i) Geschichte der Zoologie, 1811. — (2) Skeletlose Thiere, i8io. — (3) Zoologie, vol. I, 1820. — (4) Lehrbuch der Naturgeschichte, S' Theil. i8i5. ( Traité d'hisK ire natur.) — (5) X820, S. 635.
290 TllA-ITÉ GLNIiEAL
sectes, quoiqu'il ait réuni aux céphalopodes plusieurs animaux, par exemple, des échinodermes, que sans contredit on ne saurait maintenir à un rang si élevé.
Les opinions sont au reste fort différentes sur les degrés relatifs auxquels on doit placer les classes nouvelles formées aux dépens des anciennes.
Plusieurs naturalistes , notamment parmi les Français , mettent les insectes proprement dits (i) au-dessous des arachnides ^ font suivre celles-ci des crustacés, puis des vers, enfin des mollusques. D'autres, Oken, par exemple, rangent les vers au-dessous des crustacés, ceux-ci au-dessous des arachnides, qu'ils font suivre des insectes. Goldfuss(2), dispose les arachnides et les crustacés avant les insectes, même les annelides avant les radiaires , qu'il fait suivre des arachnides et des crustacés.
Spix (3) fait aussi précéder les insectes des vers.
Si l'on imite Schweigger^ au contraire, en prenant de bas en haut^ on rencontrera d'abord les insectes, au-delà les arachnides, plus haut les crustacés , enfin les annelides.
M. de Latreillc a récemment fait plusieurs
(i) Voyez plus haut, page 140. — (a) Loc. cit. — (3) Loc. •it.
d'anatomie compauéf. ygi
classes dans les verset les a placées toutes au-dessous des insectes. Au dernier rang furent misesles araclmides qu'il fil suivre d'une classe composée de plusieurs inseclesà coquilles ou entnmostracés à laquelle il donna le nom de crabc-araigaées {^cancvo-aranece)\, \iennent ensuite les insectes proprement dils^ et après ceux-ci les crustacés, auxquels il avait adjoint une sous-division comprenant les myriapodes (i).
(i) LaircUle, des rapports généraux de l'organisation extérieure des animaux invertébrés articulés et comparaison des annelides avec les myriapodes. Ment, du Muséum d'His,'. nature le. T.Yl. Paris, 1820, pag. n6. — M. de Latreille admet aujourd'hui deux sér-es parallèles au-dessous des poissons. Il oppose les arachnides et les crustacés aux mollusques et aux cirripèdes , et les insectes aux annelides. Voici toute la nouvelle distribution qu'il a adoptée. Il établit trois coupes principales qui comprennent : 1° les vertébrés ou spinivertÉbraux , vertébrés supérieur.':, ou intra-vertébrés ; 2° les cÉpha.- LiUiENS ( à petite téte) ; 3° les acéphales. Les spini-vertébraux sont constitués par deux races, la première est celle des héinatlicrmes ou vertébrés à sang chaud ; la seconde est celle des liérnacrymes 011 à sang froid. La race des hémvth ERMKsembrasse trois classes,(I) mammifères, (II) monot'cmct , (III) ciseauj-.
Les HÉMACRYMUS sont formés des pulmonés et sotlbranches; les puLMONÉs comprennent : (IV) les repilles, (V) les amphibies : le» soitbr»nchcs constituent (VI), les poissons. Les cÉph alidieivs sont formés de trois races : les mollusques, les elminthotdes , les condylopes. La race des mollusques est partagée en phanérogames et en agames Des PHANÉROGAMES, les uns sont plérygiens , les autres aplérygiens Les PTÉRYGiENS renferment deux classes : (VII) les céphalopodes (VIII) les ptéropodes. Les apte rygiens renferment (VIII) les^a^/eropodes. Parmi les mollusques agames sont placés et séparés des gastéropodes, les seutibranches et les cycle branche s : ils forment (tX)
TBAITI^ GÉNiRAL
Ces divergences d'opinion , que l'on rencontre souvent dans les ouvrages d'un même auteur, prouvent la difficulté de la question, et combien est peu convenable le ton tranchant de ceux qui blâment, sans autre forme, les partisans d'une autre manière de voir; méthode qui ne réussit qu'auprès des lecteurs et des auditeurs peu susceptibles de tirer des conséquences par eux-mêmes et auxquels il est besoin de doctrines toutes faites.
Que si on se demande la cause de celte diffi-
les pectocochUdes ; les pneumopes de M. de Férussac, sont réunis aux gastéropodes. L.ai deuxième classe des mollusques agam es est formée (X) des iracliiopodes ; la troisième classe (XI) des concinfcres. La seconde race des ckphajlidieks comprend les elminthoïdes, formés (XII) des cirrlpèdcs, (XIII) des anncUdes. La troisième race des mêmes céphaliuieks est partagée en deux branches, les htpo- TUEXAPES et les HEXAPODES. Lcs premiers contiennent trois classes: (XIV) les crustacés, (XV) les arachnides, (X^'1) les myriapedcs. Les HEXAPODES renferment (XVII) les insectes. La troisième coupe principale, celle des acéphales, comprend deux races : les &ASTaiQUEset les AGASTRiQUES. Les GASTRIQUES renferment trois branches 1° celle des EMTOzoEs, u° celle des ACTiirozoÉs ; 3° celle des phttozoés. Dans les entozoÉs sont rangées deux classes , (XVIII !*;s elmintho- ^<7m»«, (XIX) les e/i«mf/io/?rocfcs ; dans les ACTiNozoÉs il y a trois classes (XX) \es Iwlotliurites, (XXI) les èchinodcrmes, (XXII) les ascidies. Dans les phttozoés M. de Latreilic place (XXIIl) lesacalèphct et XXIV) les polypes.
La race des agastriques forme deux classes: (XXV^) Xeseryptogènes, (XXVI) les gymnogènes. {Familles naturelles du règne animal. Utrcille, Paris i8a5. ) ( Note des traducteurs.)
d'anatomie comparée.
cuUé, on la trouvera dans cette circonstance : c'est que les développera ens graduels des parties de Torganisation ne se font pas suivant -me progression absolument commune à toutes.
Il faut donc, pour obtenir les résultais les plus exacts possibles , considérer à la fois tous les systèmes, ou pour m' exprimer d'une manière générale , toutes les conditions de la forme or- ' ganique. Docile à ces préceptes, j'ai séparé les vers intestinaux inférieurs des supérieurs et je les ai réunis aux protozoés , avec lesquels ils of- ^ frent le plus d'analogie ; et me fondant sur le double rapport de la forme extérieure et de la disposition profonde, j'ai mis les vers intestinaux supérieurs, quoique dépourvus 4^ système vasoculaire^ au rang des vers à sang rouge. Les échinodermes m'ont paru devoir séparer les vers elles protozoés. Je n'ai point eu égard ici aux conditions intérieures de leur organisation certainement plus compliquée que celle des protozoés, et même que celle des intestinaux supérieurs, puisqu'ils possèdent un système vasculaire, mais à leur configuration extérieure qui les rend voisins de ces deii^ ordres et spécialement des méduses. Je considère les insectes comme supérieurs aux vers, à cause de l'état de perfectionnement plus avancé qu'on observe dans le système nerveux, les appareils respiratoire, locomoteur et génital des premiers, les seconds étant hermaphrodites , et leur
^94 TRAITÉ GÉrfÉRAL
conformation superficielle les assimilant d ailleurs beaucoup aux larves d'un grand nombre d'insectes.
L'apparition d'un cœur fort, musculeux dans le système vasculaire des arachnides, les élève au-dessus des insectes, qui l'emporteraient si on avait égard à l'appareil locomoteur.
Lescrnstacésont jesystème vasculaire plus complexe encore; au même niveau que les arachnidci, sous le rap|)ort de l'ensemble nerveux , ils offrent, Hans les appareils dessens, un perfectionnemenlconsidërablequi consistedanslapparition d'un organe d'audition. Enfin les insectes me paraissent être inférieurs aux mollusques. En effet, ceux-ci, quoique moins élevés par l'étiit où se manifestent chez eux, et surtout dans quelques espèces inférieures, ])lusieurs appareils, et particulièrement ceux de la digestion et de la génération, présentent néanmoins un système nerveux du mçme rang, sous le rapport de ses parties essentielles, lesappareilsdes sens exceptés^ que celui des animaux que je considère comme moins parfaits et au-dessus desquels les élèvent, au contraire, considérablen-.entlesperfectionnemensdusystèmecirculatoire. La disparition démembres eid'articulations à l'extérieur ne me paraît pas une objection suflisanle contre l'ordre que j'adopte. On trouve une explication vraisemblable de cela , en admettant que la dégradation du squelette situé
d'ana-Tomie compaiu^e. îiq5 au dehors^ est le signe indiquant qu'il surviendra un squelette intérieur. On se rend ainsi compte pourquoi la peau qui recouvre les membres et le corps des insectes, des arachnides et des crustacés, est formée de fractions séparées^ tandis que, chez les mollusques, elle ne constitue que des pièces étendues, isolées, qui nes'arliculent point. Une circonstancequi milite en faveurde cette opinion, c'est que, parmi les gastéropodes, les chitons, les plus simples dans leur structure intime^ ont une coquille qui rappelle, par sa disposition articulée, rétat des crustacés. Lesqueletteintérieur apparaît pourla première foiSj à difFérensdegrés décomposition, dans les céphalopodes, dont les mollusques serapprochent évidemment le plus. IlestàTétalde la plus grande imperfection dans les octopodes. Cette circonstance semble contradictoire, si l'on observe qu'il manque à ceux-ci un squelette extérieur j mais elle entre dans notre manière de voir en considérant : lo que ce sont précisément les bras de ces animaux qui sont le plus développés, 2° que c'est chez eux où l'on rencontre les espèces qui l'emportent par une taille relative très-supérieure; ce qui permet de conclure que l'extrême accroissement pris par la masse de l'animal ne s'est fait qw'au détriment des squelettes intérieur et extérieur, dont la formation a été par conséquent empêchée. Dans le genre seiche ( sepia ) , on trouve, au contraire, le système osseux intérieur proportionnellement plus imparfait que l'exté-
itgÔ TRAITÉ GENÉRAC
rieur, le rapport inverse a lieu dans les calmars.
Peut-être n'esl-il pas moins eyact d'admeltre deux séries parallèles , l'une comprenant i° les vers intestinaux supérieurs réunis ;aix annelides j 2° les insectes; 3° les ara- h. lides; 1^° les crustacés, et se continuant aux poissons osseux ; la seconde formé j: io des vers à sang rong'*^ a*^ des mollusques ; des céphalopodes^ qui fi nt le passade aux poissons cartilagineux , si rapprochés euxmêmes des rejililes , comme nous l'avons indiqué déjà(i}. Les cirripèdes peuvent être considérés comme le moyen d'union des deux séries, principalement entre les crustacés et les mollusques. Ici, je lomho d'accord dans le point essentiel avec Rudolphi, quin'admet pas non plus de priorité pour chacune des deux séries qu'il établit (a y. Mais je diffère dans quelques détails; ainsi, il place dans la même série tous les vers avec les insectes, etc. Je crois, au contraire, être lor.dé à détacher les vers à sang roug^^, pour les ranger parmi les mollusques, et cela sur la disposition de leur système vasculaire, leur défaut de membres et d'yeux et peut-être aussi sur leur hermaphrodisme.
(r) Page aaa. — (a) Ueber eine neuc ClassiGcation der Thiere, iii-desscn Beitraegen zur Aiitliropologie. Berlin iSia. p. io3, ( Sur line nouvelle classificat. des anim> dans ses Mémoires d'anlliropologie).
b'anatomie comparée.
La marche insensible des développemens et des perfeclionnemens d'une fraction organique et d'un organisme, qui n'étant que la somme de ces fractions, est régi par les mêmes lois, se manifeste : 1° par l'apparition de parties dissimilaires au sein d'un tout homogène ^ c'est-à-dire, par l'augmentation progr.'ssivede la variété; apparia réunion en un tout des parties distinclives du même organe, séparées au premier point où on les rencontre dans la série animale.
Il sufEt, pour la démonstration évidente de ces deux propositions, de i'expoàé que nous venons de faire de la variété de composition des organismes analysés chacnn en particulier (i), et de celle des différentes c'asses Aussi me dispenserai-jed'y ajouterdenouveaux faits; d'autant plus que l'élude des d fférences spéciales ^ et surtout des différences qu'amènent les phases de la vie, nous fournira de nouvelles preuves à leur appui et que l'énoncé des modifications qui distinguent chaque système, n'est, en effet, que le développement plus détaillé de ces véri-
tés générales, que j'ai d'ailleurs déjà démontré dans un mémoire ex professa (i).