TRA.ITÉ GÉNÉRAL
système vasculaire et qui surmontent le crâne, sous la forme de crèles et sous celle de lobules, d'oreilles, vers les parties latérales de la tête.
C'est surtout parmi les gallinaccs que se rencontrent divers appendices cutanés; tantôt une c/'èfe ou partie analogue conjointement avec une harbe, comme cela se voit chez les coqs (g^a/Zw^), les dindons (meleagris gaUopauo)j tantôt une barbe seule eu des excroissances verruqueuses, des car oncules, comme chez les (aïsaLTisÇphasianus) et le combattant (f/mga pugnax)A\ faut sans doute comprendre au nombre des productions de cette nature Téminence sphérique, portée par le bec supérieur de la double macreuse y«çca ). Chez le tadorne commun [anas tadornd) on rencontre également un indice de crête; elle a la forme d'une excroissance spongieuse comme charnue, et est située au front. Il en est ainsi des caroncules observées sur les côtés de la face du combattant , qui représentent la barbe.
Une circonstance très- générale est la précîominance de volume de ces prolongemens vasculaires dans le mâle sur ceux qui existent dans la femelle. Cette remarque s'appHque surtout au coq de Macarthney , au faisan d'argent {pJiasianus njrclhemerus) et au dindon.
L'infériorité considérable de dimension qui distingue la crête de la dinde de celle de son mâle, n'est pas la seule particularité qui les différencie ; cette production vaicidaire est en outre
d'aNATOMIE COMPAIliE. 3a 1
susceptible d'être, chez le second, considérablement gonflésous l'influence des passions. La petite crête de la poule domestique est pendante , elle est dressée chez le coq.
Au lieu de i'accroi'isement sphériqne que Ton remarque dans la macreuse double a)âle, la femelle ne présente qu'une légère élévation à la racine du bec supérieur.
Dans \e gallus furcatus, la crête et la barbe du mâle manquent à la femelle.
Le tadorne commun femelle n'offre également à la place de la caroncule du mâle qu'une tache blanche. Chez les comhatlans le mâle seul porte un tissu muqueux et vasculairesur les parties latérales de la face j ce tissu s'étend quelquefois jusque sur le bec. Les éminences cornées placées en avant des yeux et les barbes existent seulement chez le mâle du napaui {phasianus satj- TUS) (i).
Dans les comhatlans^ la grande outarde, le grhbe huppé , les pUunes du cou, et chez \e dindon le tissu spongieux de la même région, sont développés ainsi qu^à la tête. Chez le coq de Sonnerai^ les pointes des plumes du cou sont également transformées en lames cartilagineuses. Cette ])articularité ne se rencontre que dans les mâles du combattant&ià\xcoqdeSonnerat.\)?i.x\^\Qsm'Oi\çs
(i) Ttmminh, Gallinacés, T. II, ^-r^e 35i et SSa.
des autres espèces , cet ornement est seulement plus développé que dans les femelles.
Au bas de la face antérieure du cou le dindon porte un bouquet de crins roides, longs de cinq à six pouces, qui, suivant les uns (i), manque toutà fait aux femelles, selon d'autres, ne leur survient quelquefois qu'avec l'âge et n'atteint alors que la moitié de la longueur de celui du mâle (2).
Une disposition différente dans les plumes qui garnissent les ailes de chaque sexe est plus rare. Cependant chez quelques oiseaux, par exemple le coq de Sonnerai, les têclrices moyennes des rémiges, se terminent par une lame cartilagineuse, et chez Vampelis gairuhts, les pennes postérieures par une lame ressemblant à du parche min.
Ce caractère est exclusivement dévolu au mâle de la première espèce. Dans la seconde, il appartient aux deux sexes, mais il parvient à un développement beaucoup plus considérable , dans le mâle ; au point que dans la femelle il existe tout au ])lus sur cinq pennes; c'est le nombre le plus inférieur que l'on rencontre dans le mâle, où il y en a quelquefois neuf ainsi formées. De plus, non-seulement ces pennes sont plus grandes,
(0 Tcm„u/,A, GaUinaccs, T. II, page 383. - (>) Bcchstùn, Nalurgesch. Bd. 2, S. iiiG.
d'aNATOMIE COMPARl^E. S^S
mais elles sont oioroe» d'un routée plus éclatant dans le mâ!e.
Une difréi ence soxnelle, très-remarqiTable , quoiqnVlK; ne consiste que dans un excès de loni,uîeur, est celle que présenie l'oriius mâle, dont les ailes d<q)assent de pi ès du double celles de ta ffineile, ce qui dépend de rulongement des pennes postérieures , qui est liiple de celui des anlérieures.
Les plumes de la queue des mâles parviennent le plus commnnénii nL à un développement supérieur à celui qu'elles ont dans les femelles. On retrouve dans les dispositions remarquables de Ci. tte région des acc id> ns de conformation fort semblables à ceux que Ton rencontre à la tcte; chez les uns, la queue sé termine pardeux pointes, chez d'autres, elle se prolonge sans se diviser. On l'observe encore étalée dans toutes les directions et susceptible d'être dressée à la volonté de l'animal.
INous pouvons répéter ici l'observation, déjà précé lemraent faite, que ces modifications de forme, proj^res à caractériser les mâles, ne dépendent ordinairement pas de l'existence de parties nouvelles ma s consistent seulement en des accroissem 'ns plus considérables, ou eu des perfectionneniens de parties déjà formées.
Da! s le canard maie commun ( L'anas hos^ ehasj, les quatre pennes moyennes de ia queus
3^4 TRATTIÈ GÉNÉRAL
sont recourbées; les mêmes sont droites dans la femelle.
Le mâle du coq de bruyère à queue fourchue (tetrao tetrix) a les deux pennes externes de la queue fortement dirigées en dehors, il en résulte (jue sa queue est bifurquéej la femelle reproduit à peine cette disposition.
Dans le mâle du piiel (anas acutà) et plus encore àeVanwi gfacialis, les deux pennes moyennes de la queue sont fort alongées en lii^ne directe. li n'en est pas ainsi djns la femelle.
Les deux plumes moyennes de la queue du coq domestique sont très-longues et recourbées. Les plumes leclrices supérieures de cette partie k'soiit également, ainsi que celles du coccyx, qui s'appliquent contre les côtés de la queue. Toutes celles de la poule sont, au contraire, beaucoup plus petites et droites.
Lesp'umes de la queue des faisans mâles sont e'galement plus longues; remarque, qui s'applique particulièrement aux deux rectrices moyennes du faisan d'argent, qui se prolongent beaucoup et se recourbent en arrière. Les deux moitiés latérales de la queue forment un toît, en «e réunissant au milieu ; dans la femelle, elles représentent seulement une voûte.
La queue de la femelle du lophophore et du poljplectron, est aussi beaucoup plus courte que chez le mâle. Dans l'argus mâle les pennes moyennes de la queue sont si exlraordinairement
d'aNATOMIR COMPAr.ÉE. 3a5
alongées que, si en ie mesure depuis le Sommet du bec jusqu'au bout delà queue, on le trouve deux fois plus long que la femelle. Toute la queue est généralement plus développée.
Les tectrices supérieures de la queue, offrent, dans le paon mâle, une déviation du type ordinaire; déviation qui consiste en un excès de longueur sur les rectrices proprement dites. Dans les femelles les mêmes plumessont pluscourtesj et rentrent par conséquent dans les conditions de proportion ordinaires. Les teclricesmoyennes de la queue, ainsi que les deux rectrices moyennes dépassent ici les autres, comme nous avons observé que cela avait lieu dans l'argus.
La paonne ainsi que la femelle du dindon, ne peuvent dresser leur queue, et former la roue.
Les oiseaux mâles se disiinguent encore par le développement plus considérable de certaines parties de leurs pieds ^ les ergots.
Cest parlicuiièremenl parmi les gallinacés que l'on trouve ces diversités d'accroissement proportionnel de nombre et de volume.
Nous devons surtout ranger ici plusieurs genres séparés du genre tetrao de Linnée, en outre Je lophophore^ V argus, le faisan ^ le coq ordinaire, / le paon ^ le dindon, eic. , etc. Chez la plupart, l'ergot est ordinairement simple; cbez d'autres, il est au contraire dou! le, par exemple, dans le puljplectron , le tetrao bicalcaratus ,
3^6 TRAITÉ GÉNÉRA.L
le t. spadiceus et cejlunensis; il est clan'? le premier souvent Iriple à un [jied, jjlus raremenl aux det)x pieds.
Les ergots mnUiples sont places les uns audessus (les autres : il est remartpiable que là où il s'en trouve plus de deux, le troisième est toujours u li à l'un des autres par sa baseï i).
Le volv)me di-s ergots est par.i. uliei einenl très - considérable dans le paon et le coq; ils sonl petits dans la perdrix et le faisan.
Oii ne rencontre dans le dindon que de simples lubercuL s à !a p'ace des ei gots. Li mê ne cbose a lieu ch( z les reme lt s dans les esi èces où el es offrent des trace> de la présence des ergots qui arment les mâles.
On voit même sous ce rapport des différences propres à l'mdi vidu. Ainsi parmi 1- s femelles de la même espèce, il en est qui portent une petite lu' érosité, d'autres qui n'en oth enl aucune Iracf , d'autres entiu qui sont munies d'un eigot fort développé.
Dans le cas où le sexe est indéte. miné, il existe un ergot; mais il est mousse. (2)
(i) Temmtn/i. orn'Xh. T. H, page 370. — (2) Bcchstcin , cher un coq hennaphn.dite, qui avait , dit-on , un testicule et un ovaire- Naturgesch. Deutschland's. Bd. 3,1807, S. laiy.
D'jLNiVTO.AIIE COi\]PAIlÉE.
Les maies, dans la classe des mammifères, se distinguent en général des femelles par un excès variable de volume et de largeur de la tête, du cou et de la poitrine j en outre par une étroitesse plus considérable de la région pelvienne.
Des productions diverses, formées surtout aux dépens du système cutané, servent encore à caractériser le sexe mâle.
C'est au nombre de ces dernières que l'on doit ranger les cornes, les poils, les dents et les glandes.
Les cornes appartiennent exclusivement aux ruminansj dans le genre cerf, si on en excepte les rennes, elles sont un attribut spécial du mâle. Les deux sexes en sont pourvus, dans les genres chèvre et mouton, quoiqu'il ne soit pas rare de voir les femelles de certaines espèces en être privées, ou du moins en porter de plus faibles. Parmi les antil(ipes, où les cornes sont, en général,, communes^aux deux sexes, cette particularité se rencontre dans le dseren des Mongols [aiiiilope guttuTosd) ; le mâle seul a le front armé de cornes.
Dans les lions et les phoques à capuclion(jyAoca
SaS TBÀlxi GÉNÉKAL
mâles, les poils de la lête, du cou et de l'épaule sont développes en crinière; disposition à laquelle correspond, dans l'homme, l'accroissement considérable des poils du menton, du cou, et du dos.
Les dents acquièrent dans les mâles, non-seulement des dimensions supérieures à celles qu'elles obtiennent dans les f emelles; mais elles l'emportent encore par le nombre. Les dents, soit incisives, soit laniaires, de plusieurs espèces, diffèrent entr'elles considérablement sous les rapports de volume. Ainsi les incisives de Téléphant d'Asie sont beaucoup plus petites dans les femelles que dans lesmâ^es. La même différence se représente, quoique moinsprononcée,entrelesdents laniaires des porcs et des carnassiers. Les dents laniaires du chevrotain {jnoschus) sont beaucoup plus cour- Jes, plus minces et plus droites dans la femelle que dans le mâle. Dans le genre cheval, les dents laniaires ou crochels manquent presque toujours à la femelle ; le mâle les porte, au contraire, constamment dans la mâcboire supérieure , quelquefois même dans l'inférieure.
Peut-être même des différences de développement de la part des dents se rapportent-elles aux sexes.
Je crois, du moins, d'après un nombre considérable d'observations, pouvoir admettre que , dans l'espèce humaine, les dcnls de remplacement se manifestent plus lard chez les individus
d'aNATOMIE COMPAP.lfE. SlQ
du sexe féminin que chez ceux du sexe masculin , et que souvent elles manquent tout-à-fait de paraître ; il en résulte que les dents de lait persistent ou ne sont pas remplacées lorsqu'elles viennent à tomb<^r par la suite.
Cette observation est confirmée, d'une part, par l'absence et la petitesse des dents laniaires et incisives de plusieurs femelles, d'autre part , par la pousse tardive des dents du narwal femelle auquel cette circonstance les a fait même loni^-temps refuser lout-à-fait (i).
Home (2) admet, en parlant du même animal, que les deux défenses apparaissent simultanément dans les femelles et qu'elles ne se manifestent que successivement dans le mâle. Ce n'est qu'après des recberclies répétées et longtemps continuées que ce fait pourra être définitivement adopté. Les observations actueliesne sont pas assez nombreuses pour décider si cette circonstance est constante ou ne s'est trouvée qu'accidentelle.
Il résulte de ce qui vient d'être dit que le sexe masculin est très-généralement caractérisé
(i) Home, Comparative anatomy, vol. I, page aSg. — (a) Ibid. page "iSo.
par le développement plus considérable et plus parfait de plusieurs parties et que ce n'est que rarement, et dans des cas exceptionnels, que le sexe féminin offre la même disposition.
Si on parcourt la série animale, que l'on compare les appareils de la génération des deux sexes, on trouvera que les organes qui accomplissent cette fonction sont en général plus dé\[eloppés dans les femelles que dans les mâles. A partir de l'homme, celte prédominance existe déjà; et elle devient insensiblement telle dans les animaux inférieurs , et même dans quelques espèces appartenant au premier embranchement^ certains poissons, par exemple, que parmi ces êtres, on ne rencontre plus que des femelles. Il existe, dans les animaux les plus supérieurs eux-mêmes, des portions de cet appareil, surtout celles où le nouvel organisme est achevé, et celles qui servent à sa nutrition, après sa naissance, telles que les mamelles t.t Tulérus, qui parviennent à un développement beaucoup plus considérable dans les femelles que les parties correspondantes présentées par les mâles. Ces derniers olFrent, en revanche, les organes destinés à sécréter le sperme et à exciter à l'accouplement, les testicules et le pénis, beaucoup plus volumineux et plus alongés que les orj^aucs femelles qui les représentent.
On trouve de mciue des femelles de beaucoup d'insectes^ notamment parmi les orthoptères,
d'anatomie comparée. 33 1
celles des sauterelles (gryllus) et des espèces voisines;parnii les liérai pièces, celles des leltigonies el des cigales j parmi les hyménoptères, celles des porle-scie {secitrifera) de M. Latreille, poriant à la partie postérieure du corps un sabre ( organe destiné à la ponte), qui offre divers genres de complication. La place de cet organe est ccctipée, chez les femelles et les hermaphrodites de la plupart des autres hyménoptères, par un oi\£fane venimeux variablement composé. On trouve encore, dans plusieurs hyménoptères, les pieds de derrière des femelles plus parfaitement développés que dans les mâles.
C'est encoie ainsi que, parmi plusieurs crustacés, nous citerons les décapodes anomaux de M. Latreille, il n'y a que les femelles qui ont à la queue de faux j.ieds, pour servir d'attache aux œufs ([), chez Xes pjcnogonides du même au eur (u) , les femelles seules ont deux petits pieds accessoires qui soutiennent les deux aglomérations d'oeufs.
Les excès d'accroissement ([ue présentent plusieurs autres parties de la femelle paraissent élranrèresà la fonction génératrice.
Citons ici plusieurs crustacés, par exemple, les limules où le doigt mobile de la paire de
(i) Latreille, dans Cuvier Règne animal, T. III , page 27. — (2) Ibid. , page m.
332 TRAITÉ GÉNÉRA-E
pierls la plus antérieure manque seulement au mâle. Dans le limulus heterodactylus^ c'est des quatre doigts mobiles les plus anléiieurs, que le mâle est privé. Cliez le branchipe \bra'ichio~ pocla stagnalis\ la femelle a quatre antennes, le mâle seulement deux.
Les mâles des liyménoplères pourvus d'un organe venimeux, les porte-aiguillon ( acuîeala) de M. Latreille, ont les mandibules }>lus petites et souvent moins dentées que la femelle.