‹ Traité général d'anatomie comparée [electronic resource] (volume 3)Chapitre 15 sur 81 · ARANÉIDES · texte numérisé non relu

ARANÉIDES

Parmi les isopodes, les genres idotea et oniscus {cloportes)onl tous les scgmens semblables, à l'exception des derniers, modifiés pour servir à la respiration. 11 est à présumer, si l'on a égard au nombre des mâchoires, que la tête, qui est fort distincte, est formée de plusieurs articles réunis. Dans les amphipodes , il y a une diminution dans le volume des segmens postérieurs ; cette diminution indique une diflérence entre les parties antérieure et postérieure du corps , dont la première devient tronc, la seconde abdomen. La distinction de ces deux parties est parfaite chez les décapodes j mais les segmens du tronc et de la tête sont soudés j les segmens abdominaux , restés immobiles , diminuent peu à peu , et sont réduits à n'être que des rudimens dnns la famille des BRAciiiuRES. La transformation des paires de pâtes en mâchoires s'opère, dans quelques espèces des amphipodes et des décapodes, d'une manière tout-à-fait insen-

Aux muscles latéraux des insectes correspondent des muscles verticaux , ctroils et pairs,

sible. Dans les Z/mjiZe^, que M. Straus élève au rang d'ordre , sous le nom de GN ATOPODÊS, la tête a disparu, les pales opèrent la mastication; les segmens de l'abdomen et du tronc , quoique ces deux régions soient distinctes encore , sont confondus , le dernier seul se transforme en un filet grêle ; conformation très-rapprochée de cellesdes ARACHNIDES : leur corps est composé de deux ou trois parties. Dans les theljphonus il y a distinction des segmens abdominaux - pas d'appendices, une queue articulée. Le tronc et l'abdomen sont seuls démarqués dans les pJirjnus et les galéodes. Les segmens abdominaux cessent d'être distincts dans les aranéides. Il n'y a pas, dans les mjgales , de difiérence entre les mâchoires et les pieds , si ce n'est que celles-ci sont d'un tiers plus courtes. D'autres genres offrent des hanches d'une configuration notablement changée , pour s'approprier à leur nouvelle fonction , quoiqu'il y ait , chez les articules, rnoins de rigueur à l'observation de la loi organique relative au rapport entre la conformation de l'organe et ses usages, qu'il n'y en a dans les quatre classes supérieures; opinion que M. Straus rend par ces mots : « La forme de plusieurs organes des vertébrés est généralement en rapport avec certains agens extérieurs , auxquels ils sont liés par leur fonction ; dans les articulés cette dépendance est moins rigoureuse et quelquefois mente insensible. » (7" loi organique.)

Les divisions de squelette précédemment indiquées offrent des différences suivant les familles et les genres.

Le crâne du hanneton^ en particulier, est forme de six pièces soudées entre elles. Uépicrdne en occupe la partie supérieure; il en est la portion la plus considérable , s'articule en avant avec le chaperon , forme en

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qui s'étendent , à peu de distance de la ligne moyenne , des arceaux inférieurs aux arceaux

arrière une grande partie du trou occipital , se i-ecourbe sur les côte's en dedans , et se joint à la pièce basilaire. Cette pièce forme une boîte arrondie, et embrasse en devant les organes de la bouche. Il forme en dedans une cloison qui sépare le crâne de la cavité' des yeux , et qui est perce'e d'un trou pour le passage du nerf optique. Au devant des yeux il pre'sente deux trous destine's à l'insertion des antennes, 11 domine, de son bord ante'rieur, de chaque côté, près de chaque antenne, une longue apophyse grêle qui va se joindre au basilaire j on l'appelle apophyse sous- épier dnienne.

L'e'picrâne est surtout de'veloppe' chez le cerf-volant ^ où le volume de la tête surpasse celui du corselet. Dans les clairons {clerus), le prolongement de l'e'picrâne entre les yeux est plus large et s'avance jusqu'au centre,

La seconde pièce impaire du crâne est le chaperon j cette pièce est place'e transversalement au devant du bord antèro-supe'rieur de l'épicrâne, dont elle fait la continuation. Cette pièce est conside'rable chez ie hanneton : elle y a la forme d'un carre' allongé transversalement. Ses bords late'raux et ante'riears se replient , et limitent une grande cavité' se'pare'e par une membrane mince : c'est le palais. Au devant du bord ante'rieur est suspendu le labre, La suture, qui l'unit à l'e'picrâne , très-distincte chez le hanneton., l'est fort peu chez le cerf-r^olant ; cette pièce est, dans ce dernier genre , prolongée en pointe étroite , et se recourbe en dessous entre d'énormes mandibules', qu'elle sépare. Dans les ge'otrupes , il est grand , de forme losangique , un angle tourné en avant. Dans les staphylins, il ne forme qu'une bandelette confondue avec le labre. Dans la famille des curculionides , et spécialement

supérieurs du thorax , et se rétrécissent de haut en bas. Ces muscles ont deux ventres

dans le genre dorjtomus ^ il existe une sorte de bec aussi long que le corps , qui est à peine sensible dans les bnichiis. La partie postérieure de la tête se rétrécit subitement et forme un cône qui s'enfonce dans le corselet, chez les slaphylins , les sjlpJia , les necrophores , les cai'abus , les galet ita^ les agra ^ les brenlus. Le crâne porte des cornes fort longues dans \es scarabœus^ coprisy pJianœus ^ onùhopJiagiis ^ tembrio armatits. Les hydrophiles offrent un enfoncement sur la ligne médiane du crâne.

La ])iece basilaire est aussi impaire. Elle occupe la partie inférieure et postérieure de la tête j elle complète par sa partie postérieure le trou occipital en avant ^ elle s'unit dans ce sens par une suture avec la pièce prébasilaire. Elle est trapézoïde chez le hanneton , plus étroite en arrière , occupe plus du tiers postérieur du dessous de la tête; elle a un bord antérieur concave , des angles latéraux antérieurs prolongés en apophyses renflées, qui se ..p.ortent en dehors , en longeant le bord inférieur de l'épicrâne , se terminent aux Gornécs, et présentent à leur face supérierire chacun deux apophyses colj loïdcs, dont l'externe, et la plus grosse, reçoit le condjle inférieur de la mandibule du même côté, et l'interne, le condyle de la mâchoire correspondante. Les angles latéraux postérieurs portent aussi deux apophyses plus grêles, et qui présentent, au quart de leur longueur, un petit tubercule sur lequel se fixe la première jugulaire du même côté. Les bords latéraux de la basilaire se relèvent dans l'intérieur de la tête, et y forment une lame saillante divisée en deux feuillets -, vers la partie postérieure , les deux feuillets se réunissent pour former une arcade sous laquelle est placé le ganglion sous-œsopha-

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courls , sépares l'im de l'autre par une bandelette tei^dineuse , comme cornée , verti -

gien du système nerveux. Au-dessous de cette arcade, le même feuillet forme une forte apophyse recourbe'e en dedans , et dont l'extre'mité reçoit le filet corne qui vient de l'apophyse sous-e'picrânienne. Dans le cerf- volant , elle forme sous la partie poste'rieure de la tête une large plaque carre'e, luisante et rouge, dont les sutures sont bien marquc'es. En avant, cette plaque se continue en une lame trape'zoide remplaçant les apophyses ante'rieures , ets'avançant jusqu'à la lèvre. Intérieurement, les bords late'raux de la plaque carre'e produisent chacun une lame triangulaire penchc'e en dedans, et soude'e par l'angle libre avec celles du côte' oppose', eu formant ainsi une arcade, sous laquelle est place' le ganglion sousœsophagien : pas de lame late'rale double, ni de cornes pour le filet sous-épicrânien , ainsi que dans beaucoup d'autres espèces de coléoptères. Dans le necrophorus vespillo^ la pièce basilaire est re'duite à un simple filet placé entre les bords de l'èpicrâne : au devant de ce dernier, les apophyses ante'rieures se prolongent en dehors, également en deux petits filets, et portent à leur extrémité' les cavitc's cotyloïdes dans lesquelles s'articulent les mâchoires.

La -çïkce prébasilaîre est également impaire j elle a la forme d'un carré allongé, et se porte librement en avant pour se terminer à la lame; les bords latéraux se relèvent et se continuent vers la partie inférieure du pharynx. La petite cavité qu'elle forme loge les muscles élévateurs de la lèvre. Peu distincte dans un grand nombre d'espèces, fort grande, carrée et bien distincte chez les hydrophiles, elle disparaît dans les bjrrhus et les cetonia. Les cornées qui constituent les autres pièces solides du crâne appartiennent à l'appareil de la vision.

cale , qui correspond à presque loule la hauteur du thorax , et qui peut être divisée

Le corselet est formé de six pièces distinctes dans le hanneton :

1°. Le bouclier, pièce bombe'e , impaire , occupant toute la partie supe'rieure du corselet , se repliant late'ralement pour s'unir au sternum, en avant par ses bords, qui se fixent aux ailes du sternum, plus en arrière par l'apophyse scuto-sternale , qui aboutit au corps de cet os, en se portant transversalement en dedans. Entre l'apophyse scuto-sternale et l'aile du sternum existe une ouverture où se place la hanche. La face supe'rieure du bouclier est entièrement unie et pentagonalej un de ses bords est tourne' en avant, deux obliquement en dehors, et deux en arrière , s'unissant à angle obtus. Une crête aiguë, légèrement courbe'e en dessous, limite les bords late'raux des faces late'rales du corselet. Aux bords antérieur et poste'rieur , la lame du bouclier se replie subitement vers l'inte'rieur du corselet , en doublant le feuillet externe; mais elle devient bientôt membraneuse, et se re'fléchit de nouveau en avant et en arrière , pour se continuer d'une part avec le cou, et de l'autre avec la partie supérieure du thorax. Par le moyen de ces deux replis, le bouclier déborde fortement sur la tête et le thorax , en recouvrant la première jusqu'aux yeux et le second jusqu'aux dlytres. Le bouclier se replie de la même manière dans les ouvertures latérales, pour se continuer par un feuillet membraneux, d'une part, avec la hanche des pâtes, et de l'autre avec les rotules.

2° Le sternum antérieur occupe la partie inférieure du corselet. Il est formé d'une portion moyenne et de deux paires d'apophyses latérales. Les unes ou ailes du sternum concourent à former l'enveloppe extérieure du corselet : elles se portent transversalement en dehors au

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en plusieurs libres. II y a , en général , six paires de ces muscles.

bouclier. Les bords latéraux du sternum se prolongent dans l'ouverture destinée à la hanche, et y forment un demi-fond concave en dessous, qui reçoit celle-ci. En dehors, le bord libre de ce demi-fond se prolonge en une apophyse ovale et large , mais très-courte , qui forme la seconde paire ou les apophyses épisternales antérieures , dirigées vers l'inte'rieur du corselet , et se portant obliquement en dessus et en dehors. En avant et en dehors, les bords du sternum forment les mêmes replis que le bouclier , pour déborder d'une part sur la tête, de l'autre sur le thorax. ,

5*^ Les rotules sont deux petites pièces cachées dans l'intérieur du corselet , en dehors des ouvertures des pâtes, à peu près triangulaires, bombées du côté du bouclier, à bord postérieur droit et s'articulant avec le bord correspondant de l'ouverture de la hanche, à bords antérieur et extérieur libres, et se continuant en un même arc de cercle; elles présentent à leur extrémité externe ime petite échancrure engrenée avec une saillie en forme de croissant, que l'on remarque à la face inférieure du bouclier , et sur laquelle ces pièces se meuvent, en même temps qu'elles fixent indirectement les hanches sur le bouclier. La rotule est unie au bouclier par une lame membraneuse, qui la partage en deux moitiés, dont l'une, antérieure, fait saillie dans le corselet et donne attache à plusieurs muscles , et dont l'autre, postérieure, concourt à former une petite cavité' fermée , destinée à la hanche , et qui est complétée en dessus et en dehors par le bouclier, en dedans par la rotule, en avant par la membrane qui vient d'être indiquée.

4" Deux petits anneaux réunis, en forme d'ovale très-

La disposition des araignées est absolument contraire à cela. Leur abdomen n'est entouré

allonge, qui existent le long des apophyses scuto-sternales pluce'es dans la membrane qui unit le corselet au thorax , entourant les stigmates , et qui ont e'te nommes cadres du stigmate.

Le corselet, qui est pyramidal dans îe hanneton , est cylindrique et sans saillie dans les saperda^ globuleux dans les callidium^ conique dans le liila ruficollis^ carre' dans les zisophorus et les passalus. Le bouclier n'y déborde pas les parties latérales j il forme , en débordant, une crête chez quelques uns, ou une lame étendue , comme dans les sj'-lpJia y lampjris , cassida^ chez lesquels il est trois fois plus large que le corselet j lame arrondie dans les lelepliorus , ovale dans les staphylinus , carrée dans lecalalhus, trapèze, plus e'troite et plus en avant dans les spheniceus^ plus en arrière et plus étroite encore chez les cnodalon, triangulaire dans les cetonia aurata-, semi-circulaire dans les lanipjris , le bouclier déborde dans les lampjris et dans les cossyphus et surtout dans les espèces cossyphus depressus et hoffmanseggii; le corselet porte des saillies dans les scambeus , les copris et les orjcies.

Le bouclier est carré et plat dans les forjicula, comme dans les scolopendres et les lepisnm, et débordant comme dans le reste des coléoptères, sans apophyses scuto-sternales. Le sternum est large et aplati comme dans les scolopendres, et tronqué carrément à son bordpostéricurj les pâtes sont fort écartées. Les orthoptères ont un sternum étroit; trois petites pièces existent sur les côtés : une, supérieure, occupe toute la longueur du bouclier, déhorde par son extrémité supérieure le thorax , et cache derrière elle le stigmate ; une seconde , de moitié plus petite que celle-ci , est placée derrière, le long du bord

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que d'une membrane musculaire extrêmement mince , formée de fibres tran-sverses ; le thorax

latéral du sternum. Entre celles-ci est une troisième , un peu en arrière, logeant la hanche de la première paire de pâtes, qui s'articule sur le sommet de l'angle de la pièce moyenne.

Les analogues du pubis et de la rotule se retrouvent dans le foijîcula ^ sous la forme de trois pièces occupant latéralement le corselet , dont les deux premières sont supe'rieures et soude'es l'une à l'autre, et dont la troisième, qui est la rotule, est placée en avant de la hanche. Les apophyses ëpisternales sont deux filets grêles , naissant sur les bords latéraux du sternum, et se portant obliquement en avant, en dehors et en dessus, pour se fixer à un tubercule inte'rieur, sur la suture des deux pubis. Au devant du sternum, on trouve trois petites plaques suspendues dans la membrane du cou, et appartenant à un segment qui a disparu en partie entre Ja tête et le corselet, segment déjà indiqué et portant des pièces jugulaires. La plaque impaire représente le sternum , et les deux latérales le pubis.

Le CORSELET est fortement déprimé dans les staphylinus. Le bouclier est peu débordant. Dans ces derniers et dans le calosoma sj-cophanta ^ le dj'tiscus maigLualis^ le puhrestis gigas , dans les élater, dans le lamia lexlor^ il ne déborde pas. 11 déborde considérablement dans dans Vhj-drophilus piceus et dans les sjlpha.

Le BOUCLIER est bombé dans le djtiscus marginalis et dans le lamia texlor; les bords latéraux sont droits dans le dytiscus, arqués dans la plupart des genres précités. Le bord postérieur en est droit. Dans V/iydrophiht s piceus ^ ce sont deux pointes coniques qui terminent le bouclier en arrière dans les clater.

Apophyses scuto-sternales. Simple repli dans le sta-

est, au contraire , rempli de ses muscles propres et de ceux des premiers articles des pieds.

phylinus , plus prononcées dans le sjlpha; remplace' par une crête qui est forme'e par le bouclier replie' dans le calosoma ; très-larges, Irès-e'tendues et remplaçant le pubis chez Vhydrophilus piceus et le bupreslis gigas ; très-e'tendues d'avant en arrière, mais plus transversalement, dans le calosoma.

Pubis. Plaque exle'rieure cliez le calosoma sycophanta^ s'articulant avec la crête late'rale du bouclier, confondue dans d'autres genres avec les apophyses scuto-sternales.

Sternum. Fort petit dans Vhydrophilus piceus et dans les sylpha^ très -allonge' dans les e'ialer, pre'sentaut des ailes médiocrement étendues dans les slnphylinus ^ trèslongues dans les sylpha , dans le lamia textor ^ le blaps mortisaga , nulles dans les élaler; il ne forme dans les staphylinus et les sylpha que la moitié antérieure des demi-fonds des fossettes, contre lesquels appuient les hanches. Il est à carène, court, dans le blaps morlisaga ; forme , chez le calosoma sycoplianta , dans sa partie moyenne, une forte apophyse recourbée en arrière entre les deux hanches, qu'elle sépare, en portant latéralement deux fossettes, où est reçue de chaque côté une saillie odontoïde de l'extrémité interne de la hanche, de manière que celle-ci se meut, comme dans les melolontha, sur un axe passant par deux points d'articulation.

Fosses des hanches. Simples c'chancrures très-profondes , ouvertes en arrière , où les fossettes n'ont que la moitié antérieure de leur fond , qui est concave dans les slaph)dinus , à fond sternal prolongé dans toute leur étendue chez le calosoma sycoplianta et dans le lainia texior, confondues dans les hydrophilus ^ où la cloison, qui les sépare dans le calosoma et les diliques , manque.

d'ANATOMTE comparée. 111

Les premiers , au nombre de quatre , de chaque côté, sont très-larges d'un côte à l'autre , ex-

Apophyses épisternales. Courtes et dirigées en arrière dans les staphjUmis et les hjr drophjlus piceus , elles sont comprime'es et dirigées en arrière et en dessus dans les sjlpha^ en avant dans les calosoma sjcophanta.

Rotules. Elles s'articulent , dans tous les coléoptères, d'une part avec la hanche, jie l'autre avec les pubis, quand ils sont distincts, et avec le bouclier quand ces os ne peuvent être reconnus. 11 en est ainsi dans le calosoma sjcophanta. Grandes et fixes dans les huprestis gigas, les élaler^ le blaps mortisaga^ elles sont formées de deux parties : l'une extérieure et placée entre la hanche et l'apophyse sculo-stemale ; la seconde, en partie grêle, remontant jusque auprès de là lame supérieure du bouclier , o\x elle s'élargit en palette triangulaire. Dans le lamia textor elles sont grandes, mais ne se montrent en dehors que lorsque les hanches s'étendent en arrière. Elles forment dans les acrociniis cette grosse épine mobile qu'on aperçoit sur les côtés du corselet. Petites, mobiles, peu visibles à l'extérieur, dans le calosoma sj'cO' pJianta et les stapliylinus ,

M. Straus , considérant le thorax commè indépendant du corselet, reconnaît à cette portion du corps de l'insecte deux divisions successives : l'une est le prothorax, l'autre est le mélathorax. On voit que ces divisions diffèrent de celles admises dans le travail philosophique de M. Audouin, et rappelées pag. 65 du tom. n de cette traduction.

Le PROTHORAX, plus pctit de moitié que le métathorax , est formé de quatorze pièces propres dans les coléoptères. La partie supérieure en est occupée par Vécus son , qui est triangulaire et légèrement convexe; son bord antérieur est fortement convexe ) l'échaucrure en

TRAITÉ GE-VÉRAL

ircmcmeiit étroits d'avant en arrière , naisseut par une base large , du bouclier dorsal , et

est remplie par une lame mince, moins développée chez les coléoptères que dans d'autres ordres , et termine'e par un le'ger bourrelet j cette pièce est le limbe de Vécusson. Sur les deux tiers antérieurs des bords latéraux de cette pièce naît une autre lame, à peu près triangulaire , porte'e verticalement en dessous, et termine'e par deux apophyses grêles , dont la plus longue se dirige eu avant et dn dessous, et s'articule avec le diaphragme qui appartient au métathorax. L'autre apophyse, plus courte , se porte en arrière et en dessus, et se trouve contenue dans un pli membraneux des tégumens qui passe de l'écusson aux iliaquesj ces pièces sont les Inmes latérales de V cens son .

Les apophyses portent le nom de coi nes antérieure et poste'rieure j ces dernières sont quelquefois mdépendantes. Elles prennent alors le nom de scapulaires antérieures . '

On remarque au bord ante'rieur de l'e'cusson , en dehors, un petit godet oxx. loge la troisième épaulière de l'e'lytre 3 plus en arrière, les bords poste'rieurs des apophyses forment, en se re'uuissant , un bourrelet semi-circulaire, qui divise l'e'cusson en deux parties. Du bourrelet naît une lame membraneuse , qui se porte eu dessous sur le bord supe'rieur du diaphragme. La partie externe du bord libre du limbe et la base de l'apophyse latérale de cette pièce sont réunies par une petite lame horizontale et triangulaire, à laquelle s'attache le muscle long extenseur de la hanche moyenne. Le bord antérieur de l'écusson se continue en une lame dcrmoide , membrane qui se porte sur le bouclier du corselet. Sur chacun des deux angles antérieurs de l'écusson s'articule une petite pièce grêle , en forme de simple filet, qui s'unit au bord antérieur de la première pièce iliaque : c'est la cla\'icule

d'anatomie comparée. ii3

s'attaclient , par leur sommet , au squelette qui a été décrit (i).

antérieure. Le dessous du prothorax est occupe' par le second sternum, pièce allonge'e transversalement, et qui est le plus fre'quemraent confondue avec le premier sternum. Ce second sternum ressemble beaucoup au premier : il a deux ailes late'rales, une fossette pour la hanche, une apophyse e'pisternale moyenne; ses ailes sont unies aux bords infe'rieurs des deux pièces iliaques, du même côte'; leurs bords poste'rieurs avoisinent les hanches ; le bord antérieur du second sternum s'unit au premier par une membrane. Des deux côtés du prothorax existe une pièce quadrilatère : analogue au pubis du corselet, chacune d'elles est forme'e de deux pièces nomme'es iliaques, qui sont unies entre elles. L'ante'rieure , soude'e par le bord infe'rieur avec l'aile du sternum moyen, concourt, en avant, à former le bord antérieur du prothorax; elle laisse, supe'rieurement , entre elle et l'e'cusson, une place d'insertion pour l'e'lytre. La seconde pièce iliaque , unie par son bord ante'rieur avec la première , est place'e sur un plan plus exte'rieur, et e'iargit ainsi le prothorax, qui pre'sente en avant d'elle une sorte de col, qui, dans l'e'tat de repos, se loge dans le corselet. Le bord infe'rieur de la seconde pièce iliaque forme latéralement l'ouverture du sernum, qui reçoit latéralement la hanche correspondante; en arrière, elle s'unit par une lame membraneuse au premier ischion qui fait partie du métathorax; les bords par lesquels s'avoisinent les deux iliaques du côté s'appliquent l'un à l'autre , et forment une lame de deux feuillets, qui se terminent inférieurement par une apophyse, sur laquelle s'articule la hanche, qui s'élargit supérieurement, se continue avec

(i) Voy. vol. Il , p. 127, etc.

Chacun de ces muscles est situé entre les deux divisions musculaires de deux hanches , qui l'entourent immédialemenl.

le bord antérieur de la première iliaque, après avoir donne' , avant de se recourber ante'rieurement, une longue apophyse, dirige'e obliquement en dessous, en avant .et en dedans , pour servir d'attache à des muscles. Cette apophyse est Vapophj-se transverse des iliaques. Au dessus de cette lame oblique , la première iliaque forme une seconde apophyse plus courte , horizontale , et dirige'e obliquement en dedans, pour servir, à son extre'mite', de point d'appui à l'e'paulière ante'rieure, qui entre dans l'articulation de l'e'lytre : c'est Vapophjse alifère du prothorax. Son bord ante'rieur produit une petite branche replie'e en dessus et en dehors, et sur laquelle s'articule l'e'lytre par le moyen de son apophyse bifurque'e.

La lame exte'rieure de la seconde iliaque se replie en dedans jusque auprès de la lame oblique, en formant une cavité où se trouve placé en partie le second fléchisseur de l'e'lytre. Au bord libre de cette cavité, la lame tégumentaire devient de nouveau membraneuse , et se porte de nouveau en arrière, pour aller joindre le premier ischion. Dans l'angle rentrant que forment ces deux plis des tégumens se trouve suspendu le cadre d'une seconde paire de stigmates. Ce cadre n'est pas visible à l'extérieur, étant recouvert par la lame extérieure de la seconde iliaque.

Dans la partie supra-antérieure de la cavité qui reçoit la hajiche est une petite pièce mobile , analogue à la rotule.

Le MÉTATHonAX est formé de dix-huit pièces, dont dix ont leurs analogues dans le prothorax.

Le sternum y est du double plus grand que celui do prolhorax. Comme lui il présente de chaque côté une

d'anatomie comparée. ii5

Ils correspondent vraisemblablement aux muscles verticaux décrits chez les scorpions.

aile rhomboïde, bornée en avant à la fosse qui reçoit la fosse de la hanche moyenne , unie postérieurement par une articulation e'cailleuse avec les hanches de la troisième paire, sur le côte', au bord inférieur du second ischion ; en avant du sternum , il se prolonge avec celui du prothorax. A l'angle latéral de cette aile il existe une apophyse, qui s'engrène avec la cavité articulaire de le hanche correspondante, qui se meut autour d'elle comme sur un pivot. Sur la ligne médiane du sternum postérieur s'élève dans l'intérieur du corps une grande lame triangulaire, terminée par trois longues apophyses, dont l'une s'avance vers le sternum moyen , auquel elle est unie par deux muscles , et les deux autres se portent obliquement en dehors et en dessus vers les apophyses inférieures de la pièce tergale, auxquelles elles envoient un muscle. Cette lame verticale du sternum est VapopJifse épisternale postérieures Les trois branches sont les cornes latérales et antérieures.

De chaque côté du métathorax se trouvent deux pièces analogues au pubis et aux pièces iliaques : ce sont les ischions. Il y en a un premier et un second. Le dernier est une plaque plane, demi-ovale , placée en dessus de l'aile du sternum postérieur, dont elle occupe toute la largeur, et à laquelle elle est unie par une articulation écailleuse. Le bord supérieur est arqué et soudé avec le premier ischion, qu'il contourne en dessus. Le premier a une forme très-irrégulière : il présente en arrière du second une partie extérieure quadrangiilaire, placée au niveau de ce dernier, avec lequel elle se soude par son bord inférieur' postérieurement, elle avoisine l'extrémilé de la hanche de la troisième paire, sur laquelle V. 8.

Il6 TRAITÉ GÉNÉRAL

Les muscles de la hanche se divisent en supérieurs et en inférieurs.

celte plaque déborde^ en dessus, elle recouvre en partie la bande membraneuse du premier segment de l'abdomen ; enfin , par le bord ante'rieur, cette plaque se continue avec la pièce costale. L'angle ante'ro-inférieur se prolonge en un filet e'troit , qui suit le bord supe'rieur de la seconde pièce ischiatique ; et, après être arrive' au bord ante'rieur de cette dernière , le filet se relève et forme une longue apopbyse, dirige'e obliquement en avant, en dessus et en dedans, pour servir de support à l'aile. C'est l'apophyse alifère postérieure articule'e avec le premier ischion et l'aile. Sur toute la suture des ischions naît dans l'inte'rieur du me'tathorax une lame mince dirige'e obliquement en dessous, renforce'e par un bourrelet, et coupe'e transversalement par une arête , qui porte un tubercule sur lequel s'articule l'apophyse latérale de la pièce tergale. Le bord ante'rieur du premier ischion produit une petite lame verticale qui se rend sur la grande cupule de l'aile. Le bord supe'rieur se continue avec la pièce costale ; leposte'rieurse replie en dedans, pour former un cul-de-sac dans l'angle supra-postéricur de cette pièce , et la lame te'gumentaire qui constitue ce repli devient membraneuse, et se re'fléchit en arrière pour former la bande du premier segment de l'abdomen. L'extrémité postérieure de la suture des ischions pre'sente une petite cavité articulaire qui reçoit le bord extérieur du condyle de la hanche de la troisième paire. Une première pièce , qui n'a pas d'analogue dans le prolhorax , est la pièce costale^ plaque mince, placée au-dessus du premier ischion, entre la partie postérieure et l'apophyse alifère, traversée d'avant en arrière par un petit filet qui se divise postérieurement en deux branches, dont l'une, plus courte, se replie en dessous pour s'articuler

d'anatonie comparjêe. 117

Les supérieurs descendent verticalement du bouclier dorsal , sont également triangulaires ,

avec la plaque poste'rieure du premier ischion; tandis que l'autre branche^ en forme de languette, se porte en dessus, en arrière et en dedans, en longeant l'apophyse late'rale du tergum. Le bord supe'rieur de la pièce costale se continue par une lame membraneuse qui va former plus haut le feuillet infe'rieur de l'aile. Dans l'iate'rieur du thorax on trouve, à la partie ante'rieure du premier ischion, une pièce en forme de pavillon de trompette , dont la partie re'tre'cie correspond à la base de l'apophyse alifère, et dont la partie e'vase'e est tourne'e en dessous et en dedans. A la face ante'rieure, cette pièce, qui est la grande cupule de Vaile ^ se soude avec la face interne de la petite lame qui vient du premier ischion par son bord poste'rieur, et qui par l'intc'rieur se continue avec la lame tégumentaire membraneuse qui naît de la seconde pièce iliaque. Le sommet de la cupule est lie' par un ligament très-court à l'extre'mite' infe'rieure de la la pièce prêaxillaire qui entre dans l'articulation de l'aile ; dans la partie e'vase'e s'insère le muscle extenseur ante'rieur de l'aile, lequel, en agissant sur la cupule , meut la pre'axillaire , et produit l'extension de l'aile.

Une seconde cupule , à peu près semblable à la première , mais plus petite, se trouve place'e dans la partie poste'rieure de la pièce costale : elle est fixe'e par son sommet à un pli de la peau qui s'e'tend de la troisième axillaire à la première ; et dans son pavillon elle reçoit le muscle extenseur poste'rieur de l'aile. Ces deux cupules sont des tendons. Le dessus du me'tathorax est presque entièrement recouvert par une grande pièce fortement bombe'e , analogue à l'e'cusson , et qui a reçu le nom de clypéus. Elle est fornae'e de sept pièces : un« seule est distincte chez le melolonOia. Le clypéus occupe

Il8 TRAITJÈ GÉNÉRAL

aplatis d'avant en arrière et larges d'un côté à l'autre Ils élèvent tous deux les hanches, et par là tout le membre 3 le muscle antérieur le

toute la partie supérieure du mélathorax , trapëzoïde , échancre en devant et au milieu, pour former en partie une grande ouverture ferme'e par une membrane nommée toile. Sesbords latéraux obliques en dehors et en arrière s'articulent dans les deux tiers poste'rieurs avec les scapulaires du me'tathorax, et dans le tiers antérieur avec la première axillairej ils présentent une apophyse dirigée en dehors , sur laquelle se fixe par un ligament la troisième axillaire. Le bord postérieur s'unit par l'apophj'se au tergum, La face supérieure du clypéus présente deux gouttières tendues de la toile au tergum, longeant le bord interne de l'élytre , se repliant en avant et en dessous dans l'intérieur du thorax , jusqu'aux scapulaires , et se prolongeant par leurs bords latéraux et sous la forme d'arètes, à double feuillet, de l'extrémité antérieure de la gouttière aux angles postérieurs des scapulaires. Sur la partie antérieure du clypéus on remarque une bosse qui se continue en avant avec le diaphragme; au milieu une suture ou sa trace; à l'angle, au bord latéral du clypéus, une pièce triangulaire, nommée axillifère y sur les deux côtés de la gouttière deux bosses séparées des deux premières par une ligne d'épaisseur ; au-devant du clypéus, une grande pièce, trapézoïde, occupant toute la largeur de ce dernier, recourbée obliquement au-dessous, dans l'intérieur du corps , en formant une demi-cloison qui sépare supérieurement les deux segmens du thorax (cette pièce est le diaphragme)^ analogue du limbe de l'écusson ; son bord postérieur, soudé au clypéus , complète , par une échancriirc qu'il présente, l'ouverture de la toile. L'antérieur olïVc une autre échancrure, par laquelle passe l'artère du capur; la partie moyenne du diaphragme ,^

d'anatomie comparée. lig

tire eu même temps un peu eu avai}t , le postérieur un peu en arrière.

Ils sonl aidés par trois autres muscles in-

place'e en avant de la toile, est en forme de fer à chevalj elle est circonscrite par une expansion membraneuse qui se porte verticalement en dessus sur les cornes ante'rieures de l'e'cusson , placées dans deux larges gouttières dirigées en avant , avec lesquelles ces cornes s'articulent à leur extre'mitë par un court ligament. Aux angles lale'raux poste'rieurs du diaphragme est une pièce petite, arrondie, en forme de capuchon, concave en dedans, dans laquelle se fixe le muscle relaxateur de l'aile ^ elle est l'analogue de la clavicule du prolliorax : c'est la clavicule postérieure. Sur les deux côtés de la partie postérieure du clype'us existe une pièce triangulaire, soude'e au clype'us , appelée s'articulant en arrière avec le tergum , se continuant en dehors avec le feuillet supérieur des ailes , et produisant par son angle libre et en dehors une apophyse, sur le côte' externe de laquelle se fixe la quatrième axillaire de l'aile. Enfin, le tergum est une grande pièce triangulaire , qui descend en demi-cloison du bord postérieur du clypéus et des deux scapulaires dans l'intérieur du corps, pour fournir attache à plusieurs muscles et séparer le thorax de l'abdomen. Sans analogue dans le prothorax , il est évidemment l'arceau- supérieur du premier segment posé sur le thorax. Le tergum est uni supérieurement dans sa partie moyenne au clypéus, et plus en dehors aux deux scapulaires; au milieu de son bord inférieur, qui est libre , il présente une échancrure très-profonde, dans laquelle passent le cœur , le canal intestinal et deux des principaux troncs trachéens. Le tergum se prolonge latéralement en une apophyse très-forte, fixée à son extrémité au petit tubercule qu'on remarque sur la face in.-^

férieurs beaucoup plus petits, situés transversalement , et venant des parties latérales et de

terne du premier ischion. Vers le tiers externe du bord libre, le tergum produit une seconde paire d'apophyses, également très-forte , mais dirige'e en dessous, recourbe'e en dedans, et termine'e par un large godet, dans lequel s'insère le muscle fléchisseur late'ral de l'apophyse episternale poste'rieure. Au-dessus de ces apophyses , la même pièce en porte une troisième paire, très-courte, dirige'e en avant et s'articulant avec l'extre'mite' de la languette qui termine la pièce costale. La face inte'rieure du tergum est divise'e en quatre fosses : dans les deux moyennes s'attachent les muscles abaisseurs des ailes , et dans les deux late'rales s'insèrent les pre'tracteurs des ailgs ^ à la face poste'rieure on aperçoit une crête transversale qui traverse cette pièce dans toute sa longueur, et sur laquelle naît une expansion membraneuse , qui se continue avec le premier segment de l'abdomen. Audessus de cette crête , le tergum se montre à l'exte'rieur.

Abdomen, M. Straus n'indique rien de particulier relativement à l'abdomen , si ce n'est la disposition de l'arceau supe'ricur du premier segment dans la larve , devenu le tergum de l'insecte parfait, et la pre'sence de petites pièces analogues aux iliaques , et qui existent au point d'union des arceaux supe'ricurs et infe'rieurs.

Pâtes ou Pieds. M. Straus reconnaît aux pieds ante'rieurs du corselet des insectes une division en sus de celles • admises par M. Meckel : cette division est le irochanter^ intermédiaire à la hanche et à la cuisse. Par son exlre'mité, externe , la hanche offre, chez le tiielolontha, une première ouverture , dont le bord intérieur s'articule avec la rotule, et le postc'ricur se continue avec une lame membraneuse qui va s'unir à l'apophyse scuto-sternale ; l'ouverture est en partie formée par une lame en forme

d'ANATOMIE comparée. 121

la face supérieure du squelette , savoir : un muscle superliciel postérieur , un antérieur et

de fer à cheval , sur laquelle se fixent plusieurs rauscles. Cette première partie de la pate ante'rieure porte à son extre'mite' externe une petite cavité' articulaire , qui reçoit la moitié' poste'rieure de la saillie en croissant du bouclier, sur laquelle s'articule aussi la rotule.

Par son extre'mite interne, la hanche s'articule avec le sternum^ au moyen d'une saillie demi-circulaire. Ainsi fixe'e , elle ne peut exe'cuter que des mouvemens de rotation. Au-dessous de cette même extre'mite' , la hanche pre'sente une seconde ouverture communiquant avec le trochanter, qui pénètre dans son inte'rieur. Ces pièces s'articulent par une charnière, dont l'axe de mouvement est horizontal , mais oblique , d'avant en arrière et en dehors , de manière que le trochanter et la cuisse , qui font suite à ce dernier , se trouvent dirige's en avant et en dehors. Dans cette articulation , la hanche porte en avant une large apophyse en forme d'oreillette, ayant à sa face postérieure une petite cavité cotyloïde dans laquelle pénètre un condyle du grand trochanter : postérieurement, la hanche produit une seconde apophyse , en forme de mamelon allongé et recourbé en avant^ qui pénètre par son extrémité dans une cavité cotyloïde du trochanter. Le trochanter est chez tous les insectes un très-petit article, qui semble n'être qu'un appendice de la cuisse , étant fort peu mobile sur elle.. Dans le melolontha , ce second article de la pate est uni à la cuisse par une articulation linéaire oblique de haut en bas à la direction de l'une et de l'autre, de manière que le faible mouvement qui a heu entre elles se borne à une simple flexion latérale.

Les axes sur lesquels la hanche et le trochanter se meuvent sont très-rapprochés et en même temps per-

un autre plus profond , situé entre les précédens et plus fort qu'eux ; ces muscles élèvent la cuisse dans une direction plus droite.

Ces élévateurs ont pour antagoniste un petit

pendiculaires l'un à l'autre : il en re'sulte que la cuisse peut, par le moyen de ces deux articulations , exe'cuter un mouvement de circumduction propre , aussi parfait que si elle tournait sur une tête , quoique les mouvemens de l'une et l'autre de ces pièces ne soient qu'alternatifs. L'articulation de la jambe avec le tarse est à tête perforée, de manière que ce dernier jouit d'un mouvement en tous sens. En arrière de l'articulation tarsienne, la jambe porte une e'pine forte, mobile, dirigée en dessous, à laquelle M. Straus donne le nom à^éperon.

Le TARSE est forme' de cinq articles ou phalanges. Les quatre premières sont arrondies, un peu renfle'es au bout et de même grosseur j mais la première est du double plus longue que les suivantes. La phalange terminale est à elle seule aussi lougue que les trois intermédiaires; fortement renflée en massue, elle est armée à son extrémité de deux crochets vigoureux à double pointe, arqués en dessous. Les phalanges sont toutes articulées à tête perforée.

Aux membres de la seconde paire, la hanche est plus petite , moins grosse à sa partie externe qu'à son extrémité sternale , cylindrique en dedans, aplatie en dehors. L'extrémité interne de cette portion du membre ne s'articule point avec le sternum ; mais ses ligamcns latéraux, qui l'unissent aux bords des deux sternum , entre lesquels elle est placée, la retenant dans la fosse qui la reçoit, elle ne peut en sortir.

L'axe du mouvement de son articulation avec le trochanter est différent, étant oblique d'avant en arrière» de dehors en dedans et un peu de bas en haut.

d'anatomie coMPAii^;]!;. i'jS

fléchisseur transversal qui est situé sous eux, et qui, des parties latérales et inférieures du squelette, s'étend à la cuisse.

Le second article du membre a deux éléva-

La cuisse est un peu plus longue, plus comprime'e et • arque'e en dedans , et l'une et l'autre sont dirige'es obliquement en dehors et en arrière, au lieu d'être tourne'es en avant. La jambe est aussi longue que la cuisse j elle est presque arrondie , elle ne s'élargit pas : son extre'mile' tarsienne est coupée perpendiculairement et porte en dedans deux e'perons au lieu d'un. Les pâtes , porte'es par le métathorax , sont d'un tiers plus longues que les ante'rieures , ressemblent beaucoup à celles de la seconde paire , et sont entièrement dirige'es en arrière. La hanche pre'sente à son bord interne, près de l'angle poste'rieur de l'aile du sternum , une petite cavile' articulaire , dans laquelle pe'nètre une apophyse de ce dernier, et de'lermine un point sur lequel la hanche se meut, vers le milieu de sa longueur. Ce premier article de la cuisse pre'sente à son bord ante'rieur une cupule, sur laquelle se fixent les muscles second fle'chisseur et extenseur poste'rieur de l'aile.

Elytre et AILES, Les elytres sont coupe's carre'ment , recourbés en dessous , et présentent vers le milieu du bord extérieur une forte apophyse bifurquée, recevant entre ses deux divisions la branche externe repliée de l'apophyse alifère du prothorax. Comme cette branche est coupée obliquementet en dehors, l'élytrese meut dans un plan oblique plongeant en dedans. Outre cette articulation immédiate, chaque élytre s'articule encore médiatement avec l'écusson et la première iliaque, par le moyen de quatre petites pièces, dont deux sont mises en mouvement par des muscles spéciaux. La première de ces pièces est Vaprédpaulière; les autres sont, par ordre

leurs transverses , un antérieur et un postérieur, et deux flécliisseurs , qui sont situés les uns et les autres dans le premier article.

numérique, première, seconde et troisième épaulières. La préëpauUère présente la forme d'un N ; elle est placée au-devant de la première iliaque et en arrière de la clavicule, en faisant face en dehors. Son bord postérieur est uni au bord antérieur de la première iliaque , et en avant elle est fixée par un ligament à l'angle de l'écusson. Dans l'intervalle de ses deux apophyses supérieures la préépaulière reçoit la branche externe de l'apophyse bifurquéede l'élytre, à laquelle cette pièce se fixe par un ligament dermoïde, qui remplit l'espace laissé entre les deux pièces. A l'apophyse antéro-inférieure , la seule qui soit hbre , se fixe le tendon du muscle extenseur de l'élytre. Les trois é/7auZ/ère5 sont tellement pelotonnées les unes sur les autres , qu'il est fort difficile de décrire leurs rapports. La plus externe, Vépaulière antérieure ^ irrégulière, présente en arrière une apophyse, en forme de languette, contenue dans les téguraens, qui se porte en arrière , pour s'articuler à son extrémité sur le bord antérieur de l'élytre, en dedans de son apophyse bifurquée. A la base de cette languette, l'épaulière forme un bourrelet transversal arqué en dessous , et produisant en avant une lame triangulaire superficielle, même flexible, se portant en avant, en dessous et en dedans, pour s'articuler avec le bord antérieur de la cavit<: ou godet que présente l'apophyse latérale de l'écusson. Sous cette nicmc lame, l'épaulière se porte en bas dans l'iuléricur du prolhorax, et y offre à son bord antérieur un gros bourrelet, qui se termine au bout de la pièce par un crochet obtus, courbé en dehors et embrassant postérieurement l'cxlrémilé de l'apophyse aîifèrc, à la- ■rjuellc ce crochet est uni par un ligament. Celle bran-

d'ANATOMIE comparée. 125

Parmi les muscles du troisième article , le prolracteur et élévateur, qui est le plus grand, et qui a la forme d'un triangle allongé, naît

che est un second point d'appui sur lequel l'élytre se meut : c'est le pivot de Véljtre. Ce pivot pre'sente en arrière une grande lame carrée, articulée par son angle inférieur avec l'angle infra-posterieur de la troisième e'paulière. L'ëpaulière moyenne est une petite pièce triangulaire , placée en dedans de l'apophyse posle'rieure de la première e'paulière , et contenue comme elle dans la lame extérieure des tégumens , quoique p\ace'e un peu plus profondément. Le bord postérieur de cette lame est uni à l'élytre par une articulation syndesmoïdale , dont le ligament est fort large. Par l'angle interne postérieur il s'articule avec l'extrémité supérieure de la troisième e'paulière, unie d'ailleurs à la seconde par une lame membraneuse. L'épaulière postérieure, plus grande que les deux premières, est une pièce quadrangulaire située en dedans de l'épaulière moyenne , et placée de manière à avoir l'une de ses faces tournée en dedans et contiguë à l'apophyse latérale de l'écusson. Cette pièce, allongée verticalement , est articulée par son bord supérieur , qui est le plus petit, sur le bord antérieur de l'élytre^ auquel elle est unie par un fort ligament dermoïde. L'angle antéro-inférieur est libre dans la membrane qui passe de cette pièce au bord antérieur de l'apophyse latérale de l'écusson ainsi qu'aux autres épaulières,et cet angle reçoit le tendon adducteur de l'élytre. L'angle infra-postérieur s'articule avec l'angle inférieur du pivot, et donne attache au tendon du muscle fléchisseur de l'élytre. Ces quatre épaulières sont unies par divers replis de la membrane dermoïde passant des pièces iliaques à l'écusson.

Les AILES sont insérées entre les pièces dorsales du mé-

126 TRAITÉ GÉNl^RAL

en avant de l'extrémité externe du second article. Il s'attache à la majeure partie de la paroi

tathorax et la costale de chaque côté. La seconde nervure de l'aile , qui est la plus conside'rable , s'articule à son origine, d'une part, imme'diatement avec le thorax, en se fixant sur son apophyse alifère poste'rieure , et, d'autre part, elle s'articule avec le clype'us par le moyen d'une petite pièce qui leur est interpose'e, et qui est la première axillaire»

Les nervures poste'rieures s'articulent de même avec le clype'us et les pièces scapulaires, par le moyen de la seconde, troisième^ quatrième axillaires.

Ces quatre axillaires sont les analogues des e'paulières. Une cinquième pièce, qui entre dans l'arliculation de l'aile, et qui correspond à la prée'paulière, est une pièce nomme'e préaxilloire ^ ayant la forme d'un 5 : ses deux branches sont fixées par des ligamens très-courts à l'apophyse alifère , au-devant de laquelle cette pièce est place'e. Sa branche infe'rieure est unie en outre par un ligament au sommet de la grande cupule de l'aile, qui lui communique des mouvemens. La tète de la pre'axillaire , forme'e par la re'union des deux branches de cette pièce, est lie'e par un ligament dermoïde , lâche, à î'extre'mite' de la première nervure j de manière que la pre'axillaire, en se fle'cliissant en dedans, entraîne cette nervure avec elle. \J axillaire aiite'rieure^ beaucoup plus grande que la prece'dentc , est placée dans le feuillet supérieur de l'aile, en dehors de la pièce axillifère du clype'us, au bord de laquelle elle est unie par une articulation linéaire. Celte pièce , à peu près triangulaire, se recourbe en dehors à son angle antérieur, où elle forme une espèce de tète bifurque'c , dont les deux prolougemens reçoivent, lors de l'extension de l'aile , une apophyse de la seconde nervure, qui s'y fixe. La branche

d'aNATOMTE COMPAIIÉE. 1 27

postérieure du troisième. Un autre , beaucoup moins long, mais très-épais, remplit tout le

Supérieure de la tête est unie par un ligament à la troisièuie nervure j le bord externe de la pièce adhère sur la seconde axillaire, placée au-dessous; enfin, l'angle postérieur libre s'articule par un ligament court avec l'apophyse inférieure de la quatrième axillaire. La 5econde axillaire est une pièce très-dure , plus petite que la pre'ce'dente, sur le bord externe de laquelle elle est place'e. Cette pièce est en forme de croix j*^ l'une de ses a:pophyses se trouve dirige'e en dedans sous l'axillaire antérieure , à laquelle elle adhère par des ligamens.

L'apophyse postérieure est fixée à la languette de l'apophyse de la quatrième nervure et à son extrémité avec la quatrième axillaire ; les apophyses antérieures et externes sont libres dans la membrane de l'aile. Cette pièce, contenue dans les deux feuillets de l'aile, s'articule en dessous par sa partie antérieure avec la tête postérieure de l'apophyse alifère.

La troisième axillaire est une petite pièce en fer à cheval, placée dans un espace membraneux entre la première et la quatrième axillaire j sa branche postérieure est fixée à l'apophyse supérieure de la dernière axillaire, et l'autre est libre dans la membrane de l'aile. La quatrième axillaire a la forme d'une pyramide triangulaire, articulée près de son sommet par une arête interne sur le bord externe de l'apophyse latérale de la pièce scapulaire postérieure. De ce point d'insertion l'axillaire se porte obliquement en avant et en dehors, en faisant une forte saillie au-devant de l'aile , dans le feuillet supérieur de laquelle elle est contenue. Au milieu de sa face antérieure cette pièce présente deux courtes apophyses placées l'une au-dessus de l'autre , et dont l'inférieure s'articule à la fois avec l'angle externe de la première

second article et élève le troisième. An-dessous de ces élévateurs on trouve un petit fléchisseur.

Le troisième article est occupé presque en

axillaire, l'apophyse postérieure de la seconde et l'eitre'raite' de la languette iiiterne de l'e'piphyse de la quatrième nervure : cette languette s'articule en outre avec la partie terminale de l'arète antc'rieure de l'axillaire. L'apophyse supérieure s'articule avec la branche poste'rieure de la troisième axillaire. A l'extre'mité interne de la quatrième nervure existe une petite pièce, qui est Vépiphjse de cette nervure. La seconde nervure présente une dent, qui, lors de l'extension de l'aile, pe'nètre dans la bifurcation de l'axillaire ante'rieure. Au-dessous, la nervure porte deux apophyses : l'une s'articule avec le tubercule antérieur de l'apophyse alifère, l'autre avec le tubercule poste'rieur. La cinquième nervure envoie trois branches de communication sur la sixième pour la maintenir en place; la septième, une sur la suivante. La neuvième forme une large plaque triangulaire, articulée antérieurement sur le bord postérieur de la quatrième axillaire, et par son bord externe avec la nervure précédente.

Les autres coléoptères n'otFrent que peu de différences notables, et les autres insccles ne varient ordinairement que sous le rapport des proportions des diverses pièces indiquées ou de leur état de soudure et de liberté , et quelquefois par l'absence de quelques unes , avortées au profit d'autres,

[Les descriptions précédentes doivent être rapportées à l'histoire du squelette des insectes et animaux articulés, qui est l'objet de la quatrième section , vol. ii, de cette traduction , p. 64 suivantes.]

d'anatomie comparée., 129

€ïîtier par le fort fléchisseur , à deux tôles , auquel ne correspond , dans le tiers externe dQ l'arlicle, qu'un petit extenseur ou élévateur.

Les muscles des articles suivaus sont disposés de la même manière.

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