I. Batraciens urodèles
Les muscles des reptiles sont , en général , plus composés que ceux de la plupart des poissons; celle remarque s'applique principalement aux muscles des membres , dont la charpente osseuse est , comme on sait , beaucoup plus parfaite chez les repliles que chez les poissons.
Tous les batraciens urodèles que j'ai anatomisés, surtout le protée, le triton el \a salamandre , s'accordent entre eux, et se rapprochent beaucoup des poissons par la disposition des muscles du tronc et de la tête, que nous allo us exposer.
. 1° Une couche musculeuse , formée de faisceaux longiiudinaux , s'étend de l'occiput à
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l'exlrémité de la queue, le long de la moitié supérieure de la colonne vertébrale ; à la queue elle règne aussi sur la moitié inférieure des vertèbres. Celte couche est divisée, du moins dans sa plus grande partie antérieure, et notamment de la tête jusque vers le milieu de la queue, en un grand nombre de portions musculaires : cette division est opérée par une multitude de lames aponévrotiques qui se dirigent transversalement de dehors en dedans, et qui par conséquent s'entrecroisent avec elle j ces lames sont presque verticales; elles se portent seulement un peu obliquement de haut en bas et d'arrière en avant. La couche rausculeuse offre sa plus grande ténuité à la queue, et sa plus grande épaisseur dans les régions thoracique et abdominale : elle renferme les côtes, auxquclless'attaclient les faisceaux par leur parlie inférieure. Au voisinage du bassin il se détache de cette couche, en avant et en arrière, des faisceaux qui s'attachent à l'os des îles : ce sont des protracteurs et des rélracleurs du bassin , rudimens du muscle carré des lombes.
Le muscle rétracteur, quand il est seul , ou lorsqu'il l'emporte sur les autres par le volume ) dans le cas où il y eu ait plusieurs, vient toujours de la moitié inférieure des muscles latéraux de la queue.
2" On trouve sous cette couche musculcuse, entre l'occiput et les épines des deux premières
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vertèbres cervicales , un petit extenseur de la tête; cet extenseur est le muscle droit postérieur de la tête.
50 A la poitrine et à l'abdomen , ou à la face inférieure du tronc , il existe une autre couche, qui est également à découvert; elle est mince, mais plus large que la précédente ; comme celleci, elle est formée de faisceaux entrecoupés par des lames aponévrotiques , mais en général moins distinctes qu'à la couche dorsale. Ses fibres s'étendent de haut en bas et d'avant en arrière.
Elle s'attache , en arrière , au bord antérieur (les os pelviens; en avant, à l'os hyoïde; en haut, elle recouvre une petite portion de la première couche, qui est dans cette partie de .son étendue considérablement plus mince que dans tout le reste.
4° La couche abdominale externe recouvre, en outre de la partie inférieure de la couche dorsale, une autre couche, l'abdominale interne, qui est plus mince, et dont les fibres se dirigent eu sens contraire, de haut en bas et d'arrière en avant. Ce muscle se rétrécit en avant, s'épaissit, et s'attache, à côté et au-devant du trou occipital, à la face inférieure du crâne; il fléchit, par conséquent, la tête, et la tire aussi de côté.
5° Il existe encore, à la face abdominale, une autre couche formée de fibres longitudinales
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droites; elle ne se comporte pas de la même manière chez tous ces animaux.
Voici les difFérences principales que présentent les batraciens à queue sous le rapport du système musculaire.
1" Tous les muscles sont , chez le protée et \^ salamandre , formés de faisceaux plus grossiers et plus séparés les uns des autres que chez le triton.
2.° Tous sont beaucoup plus forts chez le protée que chez les autres.
S^Les bandes aponévroliques quidivisenlles muscles du dos et de l'abdomen en ventres qui se succèdent d'avant en arrière sont plus nombreuses et plus fortes dans le protée que dans les autres. Ces bandes lui manquent, en revanche, sur la plus grande partie postérieure de la queue, tandis qu'elles sont distinctes en cette région chez les autres , surtout chez les salamandres .
4° Tous les muscles de l'abdomen s'atteignent presque des deux côtés sur la ligne médiane , chez le protée et le triton; chez les salamandres, au contraire, la seconde couche profonde est séparée de la ligne moyenne par une aponévrose large.
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5° Le protée a une troisième couche abdominale, plus faible et plus étroite , formée de tibres transversales, et qui manque aux autres j elle prend son origine aux apophyses transverses et aux côtes , se porte en dedans et en bas , et s'attache à une aponévrose large et mince.
6° Chez le protée et le triton la couche abdominale externe, qui est oblique, se continue, en bas et en dedans, sans interruption, avec des fibres longitudinales, qui se dirigent tout à côté de la ligne moyenne; dans les salamandres , il existe à la place de ces fibres , non loin de la ligne moyenne, sous la couche oblique externe et au-dessus de l'aponévrose de la couche interne, un muscle longitudinal propre, qui, du bord antérieur du pubis, s'étend le long de toute la face inférieure de la poitrine et de l'abdomen jusqu'à l'os hyoïde.
-7° La salamandre et le triton ont , indépendamment de ces muscles , un muscle abdominal propre , qui est triangulaire, fort , situé entre le muscle droit de l'abdomen etle tendon de l'oblique interne j il va du pubis, obliquement de dehors en dedans et d'arrière en avant, à fa branche verticale , et à l'horizontale de sou côté , du cartilage qui a la forme d'un Y (i) ; il tire avec force ce cartilage vers lui : c'est sans doute le muscle pyramidal.
(1) Voy. vol. Il , p. 55i.
Il résulte de ce qui vient d'être exposé qu'il s'est formé , chez ces batraciens , en outre des extenseurs du rachis et de ia tête, déjà quatre muscles abdominaux , savoir : un oblique externe , 2° un oblique interne, 3° un transversal , et 4° un droit ou longitudinal; muscles que nous rencontrerons dorénavant très-généralement chex tous les autres animaux, dans la même position réciproque, etavecune semblable disposition de leurs fibres.