‹ Traité général d'anatomie comparée [electronic resource] (volume 3)Chapitre 32 sur 81 · V. aa · texte numérisé non relu

V. aa

Il représente, saus contredit, ou tout le scapulaire externe^ ou au moins le sous-épineux d'autres animaux.

M. Cuvier prend ce muscle, sans le déterminer , pour un accessoire du muscle précédent. Il naît principalement de la face externe du scapulum, et non de toute la face interne de cet os, comme une faute d'impression l'indique dans les Leçons d'anatomie comparée (i).

M. Wiedemann et Bojanus donnent à ce muscle le nom de cléido-hrachial^ parce qu'ils prennent le scapulum pour la clavicule : ils le considèrent comme un muscle propre. Sa véritable nature découle naturellement de la détermination plus exacte des os de l'épaule.

c. Sauriens.

Les muscles du bras des sauriens sont conformés d'après le type ordinaire des reptiles : néanmoins ils offrent, dans les divers genres , plusieurs différences qui rendent souvent difficile de démontrer l'analogie de muscles semblables dans divers genres de cet ordre, et surtout de signaler leur concordance avec des

(i) Leçons , 1 , 281 .

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muscles déterminés chez les animaux plus élevés. Souvent un muscle semble disparaître toutà-fait ou presque tout -à-fait, tandis qu'un autre augmente dans la même proportion, ou exis te seul : dans ce cas, un muscle, caché sans cette circonstance , se montrera à découvert dans le même rapport , et s'insérera à des points qui , autrement, servent d'attache à un autre muscle. Il s'ensuit qu'il est souvent très-difficile de déterminer si l'on a affaire à deux muscles différens, ou seulement à des parties d'un muscle unique. Joignez à cela que souvent plusieurs muscles considérables , comme chez les rnar^ brés , le grand pectoral , le deltoïde , et vraisemblablement aussi le scapulaire externe, sont presque entièrement confondus, an point qu'il n'est guère possible d'indiquer leurs limites. Les difficultés sont augmentées encore par la rareté des occasions où l'on peut disséquer des individus frais , volumineux et bien conservés.

C'est chez le crocodile que la plupart des muscles peuvent être déterminés le plus facilement, parce qu'ils resseniHenl, d'une manière frappante, à ceux des mammifères.

1° Uélévateiir du bras ou le deltoïde du crocodile est fort et triangulaire : il naît , en

haut, par un bord convexe en avant, de la saillie du scapuluni , qui ressemble à l'épine j en bas, il vient de la moitié supérieure de la clavicule antérieure. Ces deux parlies du muscle peuvent être divisées assez facilement, et sans lésion de fibres, en une moitié postérieure, scapulaire, plus grand-e, et en une antérieure, claviculaire, plus petite, mais plus épaisse : elles se réunissent et s'insèrent, fort haut , à la tubérosité inférieure ou antérieure de l'humérus.

he gecko ofFre absolument la même disposition.

Dans les iguanes, ce muscle est proportionnellement plus grand, mais plus mince; il ne peut être divisé en deux ventres sans lésion de fibres.

Chez les lézards il est également plus considérable , mais aussi plus distinctement séparé en deux ventres , dont le postérieur est , toute proportion gardée, beaucoup plus volumineux que chez le crocodile.

Il est très-faible chez le caméléon ; mais on l'y trouve séparé en deux ventres distincts , dont l'externe s'attache très-bas, par un long tendon, à la face externe de l'humérus.

2° Sous la partie postérieure du deltoïde on trouve un autre muscle, beaucoup plus petit , ayant la forme d'un triangle plus allongé , et entièrement recouvert par le premier; il prend

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naissance, en bas , à la moitié postérieure de la saillie épineuse du scapulum, et va s'insérer, plus haut que le deltoïde, au sommet de la même tubérosité de l'humérus. Il lire aussi l'humérus presque directement eu avant , peu en dehors : ou doit vraisemblablement y voir l'analogue da sus-épineux ou de la partie supérieure et antérieure du scapulàire externe d'autres animaux.

Ce muscle est beaucoup plus considérable dans les lézards^ les calotes , les iguanes et le gecko.

Il est , au contraire , très-petit cbez le caméléon.

3° En arrière du muscle précédent, elsous lui, il y en a un autre ayant la même forjue, mais beaucoup plus grand, et presque tout-à-fait transversal ; il vient de- la partie supérieure de la moitié antérieure de la face externe du scapulum, et se dirige de haut en bas et légèrement d'arrière en avant. 11 est entièrement séparé du précédent, et s'attache, plus en, arrière et en dehors, à la même tubérosité de l'humérus.

11 porte cet os presque directement en dehors.

C'est la partie inférieure du scapulaire externe ou rotateur en dehors , le muscle sousépineux.

11 a les mêmes forme et volume c\\ez V iguane ; mais il est situé plus en arrière ; on pour-r rait le prendre ici pour le niuscle suivant , s'il

ne se dirigeait et ne s'insérait au-devant de la longue tête de l'extenseur de l'avant-bras.

Il est fort allongé chez le caméléon ; ce qui s'accorde avec la forme du scapulum.

C'est chez le dragon qu'il m'a paru offrir le plus grand volume.

4'' En arrière de ce muscle, sur la partie supérieure de la moitié postérieure de la même face du scapulum , est le point d'attache d'un muscle plus long et plus grêle, qui, séparé du précédent par la longue tête de l'extenseur de l'avant-bras, descend plus obliquement d'avant en arrière, et se fixe, par un tendon plus long, et plus bas que lui, au côté externe de l'humérus, qu'il entraîne en haut et en arrière.

Ce muscle correspond, sans doute, d^xx grand rond ou petit rétracteur de l'humérus.

II est , toute proportion gardée , le plus considérable dans le caméléon; il se porte à l'humérus , en dehors de la longue tête de l'extenseur de l'avant-bras.

5» Le muscle large du dos est très-petit chezi le crocodile : il a la forme d'un triangle allongé , et naît des seconde , troisième , quatrième et cinquième épines thoraciques ; il s'insère, en se dirigeant presque transversalement, en haut et eu arrière à l'humérus.

Ce muscle est beaucoup plus grand et plus large chez les autres sauriens. Il occupe, en général , presque toute la longueur comprise

entre le scapulum et le bassin, et se détache des apophyses épineuses des vertèbres de çette région. Il m'a présenté le plus de volume chez le dragon , et le plus faible chez le lacerta ocellata .

Chez le caméléon il est plus petit que chez les autres ; mais il y est beaucoup plus grand et plus haut , quoique bien plus mince , que chez le crocodile. Il naît principalement de la quatrième côte.

6» Le grand pectoral n'est pas très-épais , mais d'une longueur considérable; en avant, il est formé de fibres transversales; en arrière, de fibres insensiblement plus droites, qui descendent d'avant en arrière et de dehors en dedans. Il prend origine, en avant, de tout le sternum ; en arrière , des cartilages costaux proprement dits , jusqu'à la seconde côte abdominale. Il se confond , par sa partie postérieure , avec le muscle droit de l'abdomen, et s'insère, par un tendon court et large, immédiatement au-dessous et eu avant de la tête antérieure du deltoïde, à la partie interne de la tubérosité antérieure de l'humérus.

Sa partie antérieure a pour action de porter le bras en dedans ; sa partie postérieure le tire en arrière.

Ce muscle est à . sa plus grande longueur chez le crocodile et le gecko; il est , au contraire , plus large et plus épais chez les autres

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sauriens, en général. C'est surtout chez le lacerta ocellata qu'il offre le plus d'épaisseur. 11 est, toute proportion gardée, de beaucoup le plus considérable dans le dragon , chez lequel son bord inférieur se fixe aux appendices fort longs du'sternum. Chez le camé Léon ^ il est au contraire très-court, mince et peu haut.

Chez le lézard et le moniior on le trouve distinctement partagé en une partie antérieure, plus courte, mais plus large, et une partie postérieure, allongée, mais plus petite, qui se réunit au muscle droit de l'abdomen.

Je n'ai pas pu découvrir d'une manière certaine cette séparation du muscle chez les autres.

7° Sous le grand pectoral il y a un muscle triangulaire , tort et large, en partie aussi recouvert du long fléchisseur de l'avaut-bras, qui se trouve entre eux deux ; il est produit par la partie externe de la face inférieure de la clavicule , partie qui est incomparablement la plus grande de cet os 3 il descend obliquement d'avant en arrière et de dedans en dehors. Son attache a lieu , immédiatement au-dessous du tendon du muscle précédent, au côté interne de l'humérus, qu'il attire en dedans et en avant.

On peut attribuer à ce muscle deux déterminations : il ù])T[)i\\'lïent 0.11 grand pectoral, ou il est le coraco-brachial.

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La première manière de voir a pour elle : 1° l'analogie avec les chéloniens el les batraciens, au pectoral inférieur àes({\\e\s il correspondrait ; 2» la présence , chez la plupart des autres sauriens ^ d'un autre muscle, qui est positivement le coraco-brachial.

On peut, au contraire , alléguer ea faveur de la seconde opinion :

1 . La présence de deux muscles coracobrachiaux même chez beaucoup de mammifères;

2. La séparation absolue de ce muscle d'avec le grand pectoral ;

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