Muscles de l'avant-bras
a. Batraciens.
§. io3.
Il y a loujours plusieurs fléchisseurs , el pour le moins un extenseur de l'avant-bras.
a. Batraciens à queue.
1° Le fléchisseur supérieur est un muscle allongé et grêle , surtout chez le protée y il naît, immédiatement au-dessous de l'insertion du grand pectoral , du côté antérieur de l'humérus , et s'insère à la partie supérieure du radius.
Les autres fléchisseurs seront décrits dans les batraciens anoures.
2° Li' extenseur, qui est beaucoup plus fort, enveloppe les côtés externe , interne et postérieur de l'humérus : son origine a lieu, chez tous, plus haut que celle Ju fléchisseur, à l'extrémité supérieure de l'humérus j il s'attache au haut du cubitus.
TRAIT/i GÉNÉRAL
Chez le prolée on ne peut distinguer que deux ventres : un postérieur, plus long , et un externe, un peu plus court, qui naissent uniquement de l'humérus , et se réunissent après un court trajet.
Chez les salamandres \\ y a au contraire trois têtes distinctes qui proviennent de l'humérus ; aux deux têtes qui existent chez le prêtée il s'en ajoute une autre , qui est interr^e.
On en rencontre, en outre, même une quatrième, qui naît, par un tendon long et grêle, en dedans et en arrière, du col de romoplale, et qui ne tarde pas à se réunir à la tête interne.
Les autres extenseurs seront aussi décrits chez les batraciens anoures.
p. Batraciens anoures.
§. io5.
1» Le fléchisseur de V a\mnt-bras àes batraciens anoures se distingue d'une manière frappante de celui des batraciens à queue.
11 naît , dans tous, comme un muscle fort, plat et triangulaire, des clavicules acromiale et coracoïdienne et du sternum antérieur 3 vers l'extrémité supérieure de l'humérus il se convertit subitement eu un long et fort tendon. Celui-ci passe sous le pectoral et l'cUrémité in-
férieure du deltoïde , arrive au côté antérieur de l'humérus, se dirig.e delà par-dessus l'articulation du coude vers la région supérieure de l'os unique del'avant-bras et s'insère vers son bord radial.
Ce muscle est sans contredit le plus considérable chez \epipa; il y est surtout très-large. Le plus petit est celui du crapaud. Après le pipa vient la grenouille, puis la rainette.
Long-temps après que M. Cuvier (1) eut considéré exactement ce muscle comme le fléchisseur de l'avant-bras et l'analogue du biceps brachial^ M. Mayer (2), par une erreur singulière, l'a pris dernièrement pour une partie du pectoral, tandis que l'absence de tout autre fléchisseur de l'avant-bras eût dû lui rappeler la véritable signification de ce muscle.
Je n'ai jamais trouvé de fléchisseur venant de l'humérus , comme chez les batraciens à queue; le long extenseur et le long fléchisseur qui existent simultanément chez la plupart des autres animaux se trouvent, par conséquent, ici répartis entre les batraciens à queue et ceux qui en sont dépourvus.
2° 11 existe toujours un fort extenseur de l'avant-bras, \e triceps brachial, dont la tête
(1) Leçons, I, 299 , an 8.
(2) Bonncr Abhandl. , IV, iSaS.Beitr. zu einer anat. Monographie der Rana Pipa , p. 557, n. 8.
35o TRAITji GÉNÉRAL
moyenne , qui en est Ja plus longue , naît , au moyeu d'un tendon court et large , de l'extrémité antérieure du scapulum antérieur , immédiatement en arrière de la cavité articulaire.
Les deux autres têtes viennent des côtés postérieur, interne et externe de l'humérus; la tête externe occupe presque toute la longueur de l'os j l'interne est un peu plus courte.
En général, les têtes interne et externe sont moins distinctement séparées l'une de l'autre que de la tête moyenne ; par conséquent , elles peuvent être considérées comme la tête profonde , et la moyenne comme la tête superficielle , dont elles sont séparées dans presque toute la longueur de l'humérus.
Chez le pipa seulement , la partie supérieure delà tête externe se sépare du reste de la tête profonde; elle ne s'applique à la face externe de la tête superficielle que vers l'extrémité inférieure de l'humérus.
Le muscle triceps brachial s'insère co2istamment, par un tendon court et large, j l'apophyse olécrane de l'os de l'avant-bras.
11 existe dans ce tendon , du moins chez la grenouille et le pipa , peut-être aussi chez les autres genres, un petit os allongé, ayant la forme de la rotule (i), qui est uni mobiiement
(,) Vol. II, p. 654.
d'anatomie comparée. 55 1
à l'os de l'avant-bras par ce même tendon unique.
5° et 4° Il naît , en outre , des condjles externe et interne de l'humérus , deux muscles allongés qui se dirigent le long du bord cubital jusqu'à l'extrémité inférieure de l'os anti-branchial , et dont le premier , qui est le plus grand , s'insère au côté externe et le second au côté interne de l'os. Ils étendent tous les deux l'avant-bras, et représentent certainement le muscle anconé , qui est ici fortement grossi.
M. Cuvier ne fait pas mention de ces muscles ; je les trouve pourtant chez tous les batraciens, même chez les anoures , oii ils offrent les mêmes dispositions dans ce qu'il y a d'essentiel.
On peut donner au premier extenseur décrit le nom de grand extenseur ou d'extenseur supérieur, et aux deux autres cehii de petits extenseurs ou à'extenseiirs inférieurs .
Suivant !M. Cuvier (i) , il n'y aurait chez les batraciens anoures, et particulièrement dans la grenouille, outre le long fléchisseur et le triceps , que deux muscles à l'avantbras , savoir : un rotateur en arrière ou supinateur , naissant du condyle externe de l'huméins , et un rotateur en avant ou pro-
(i) Leçons, I, 5oo.
nateur^ venant du condyle interne , et qui , tous deux , s'attacheraient au poignet.
Mais, d'après mes recherches, il y a généralement: 1° deux rotateurs en arrière et deux rotateurs en avant; 2» leur tendon inférieur s'inscFC, non au poignet, mais à la région inférieure de l'os de l'avant-bras. Cette disposition est importante , en ce sens qu'elle confirme la constance des points d'attache des muscles.
5°Le long rotateu ren arrière , qu i es t p I us 1 o u g et un peu plus épais que l'autre, prend naissance immédiatement au-dessus du condyle externe ou antérieur de l'humérus, et se dirige obliquement par-dessus toute la face de flexion de l'os de l'avant-bras jusqu'au tiers inférieur de l'os, et à son condyle inférieur ou radial.
6° Le court rotateur en arrière s'étend immédiatement sous le muscle précédent , du condyle antérieur de l'humérus et le long du bord radial , aux deux tiers inférieurs de l'os anti-brachial.
7° Le rotateur en avant supérieur , beaucoup plus grêle et un peu plus court que l'autre , s'isole un peu au-dessus du condyle interne de l'humérus , de l'extrémité inférieure du côté interne de l'humérus, et s'insère au troisième quart environ de la face d'extension de l'os anti-brachial.
8. Le rotateur en avant inférieur^ qui est beaucoup plus gros et plus long, est situé im-
d'anatomie comparée. 355
médialement sons le précédent; son origine a lieu au condyle interne , et il se termine à la moitié inférieure de l'os de l'avant-bras.
ToLis ces muscles ne sont , du reste , pas de àe véritables rotateurs eu arrière ou en avant , mais seulement des fléchisseurs de l'avant-bras : ou peut les désigner, par conséquent, par les noms de fléchisseurs inférieurs ou petits fléchisseurs.
Les deux derniers sont évidemment le grand pronateur, supérieur et allongé , d'autres animaux , qui s'est ici partagé en deux moitiés. Les deux premiers naissent plus bas que les extenseurs delà main, et il est vraisemblable par cela seul qu'ils ne représentent pas le long supinateur ordinaire; mais tous les deux constituent le court supinateur , qui s'est ici considérablement grossi et parlagé en deux moitiés.
L'exactitude de cette manière de voir est prouvée de la manière la plus positive par la présence d'un long supinateur insolite dans quelques genres, particulièrement le crapaud, la grenouille et la rainette.
9° Ce muscle, qui est plat , nait immédiatement au-dessus du premier rotateur eu arrière, ou supérieur, à peu près du milieu de l'humérus, immédiatement au-dessous de l'insertion du grand pectoral , et se porte assez directement à l'extrémité inférieure du bord radial de
l'os anti-brachlal , auquel il s'attache par un tendon assez long.
Chez la grenouille il est allongé et grêle; chez le crapaud, très-volumineux , triangulaire , large, plus grand que les deux siipinateurs profonds, qui, chez la grenouille, sont au contraire plus forts que lui.
Dans la rainette, il est peu distinct, et difficile à séparer des muscles supinateurs profonds.
Ces muscles n'offrent , du reste, chez les divers batraciens , pas de différences importantes , autres que celles indiquées ; seulement chez la rainette les deux muscles du même ordre sont moins séparés l'un de l'autre que dans les autres genres.
On peut dire la même chose des batraciens à queue qui présentent également ces muscles j ils sont surtout développés chez le protée.
b. Cliéloniens. §. 106.
Les chélonées , parmi les chéloniens , ont une partie des muscles de Tavant-bras un peu moins développés , tant sous le rapport du volume que de la séparation, qu'où ne les rencontre chez les tortues et les cmjdes. Mais M. Cuvier dit à tort que ces muscles sent , pour la plupart, aponévrotiques , parce que
les membres antérieurs des espèces de ce genre seraient, comme chez les cétacés , convertis eu une nageoire, et que les mouvemens de l'avantbras seraient produits en général par les mus'des du bras (i). En effet, ces muscles sont charnus dans une étendue aussi grande chez les chélonées que c'hez les tortues et les émjdes^ et ils meuvent avec force l'avant-bras, ils sont même moins bien séparés chez les tortues , et dans toutes les espèces de ce genre leur nombre est moindre que chez les chélonées , tandis qu'ils sont le plus nombreux et le plus développés chez les émjdes.
Du reste , les muscles de cette région sont généralement moins nombreux chez Ï^Sichéloniens que chez les batraciens ; les Jiéchissèurs inférieurs et les extenseurs inférieurs sont surtout moins prononcés.
On y rencontre constamment au moins deux fléchisseurs^ dont l'un est long et l'autre court, et un extenseur.
1° Le long fléchisseur naît, dans tous les genres , de l'extrémité postérieure de la face inférieure de la clavicule coracoïdienue , entre la couche inférieure du grand pectoral et le sous-
(i) Leçons, I, p. 5oo.
scapulaire , puis se porte le long de la clavicule à l'humérus, ensuite à l'avant-bras, et s'attache, par un tendon fort et allongé, au radius ou au cubitus, à des hauteurs qui varient suivant les genres.
Chez les tortues , ce muscle est absolument simple, tel qu'il vient d'être décrit j mais il est fort, et c'est dans ce genre qu'il est pourvu du tendon le plus long et le plus épais, tendon qui a la même longueur que le ventre lui-même. 11 s'attache fort haut au cubitus.
Après les tortues viennent les chélonées. Le muscle y est charnu dans une étendue proportionnellcmenlbeaucoup plus grande ; il est aussi beaucoup plus long, mais plus mince; dans la région du bras il se bifurque en deux ventres , dont l'antérieur s'attache par un court tendon, fort haut, au radius. Le ventre postérieur a deux languettes tendineuses , dont la piostérieure s'insère à l'aponévrose palmaire , avec laquelle elle se confond ; l'antérieure s'attache au premier et au second os de la seconde rangée des os carpiens. Toute cette conformation concorde avec la disposition du muscle pectoral décrite plus haut (i) ; elle est également en rapport avec la natation , en ce sens que la nageoire est, par suite, tirée plus fortement en bas et en dedans.
(i) Voy. p. 552.
D'ANATOMIE COBIPARliE.
' La conformation des émydes est beai\coup plus compliquée ; celle des chélonées y conduit par la bifurcation de la partie externe de leur fléchisseur.
11 existe en effet dans les tortues d'eau douce deux fléchisseurs entièrement séparés.
L'ordinaire vient du sommet de la clavicule coracoïdienne ; il devient tendineux dans une petite étendue vers le milieu de son trajet : il a, par conséquent, deux ventres et s'insère assez bas au radius.
Immédiatement en dehors de ce muscle vient le second fléchisseur, plus court , beaucoup plus épais , qui naît environ du tiers moyen de la clavicule coracoïdienne, et s'insère , par un long tendon , à peu près au milieu du cubitus.
On voit du reste que, nonobstant la duplicité parfaite de leur muscle, les émjdes tiennent pourtant le milieu entre les chélonées qX: les tortues. En effet, c'est chez les chélonées que l'action du muscle porte le plus sur le membre antérieur entier, circonstance favorable à la natation; tandis que le membre antérieur est le moins libre chez les émjdes et le plus chez les tortues. Cela s'accorde très-bien avec la faculté qu'ont les émjdes de marcher et de nager, avec la progression des tortues et avec la natation des chélonées qui sont condam-»
nées à se mouvoir exclusivement, les premières sur la terre, et les secondes dans l'eau.
M. Cuvier n'a pas donné une description exacte de ce muscle (i). Il dit qu'il s'insère en bas à l'humérus. 11 le compare cependant , avec raison, au sterno - radien de la grenouille^ qui correspond au muscle scapulo -a,ntibrachial.
C'est le s capulo- cubital de M. Wiedemann et le biceps de Bojanus (2).
2» Le court fléchisseur est un fort muscle qui, de la majeure partie de la face postérieure de l'avant-bras, s'étend au radius et au cubitus, ou au cubitus seulement.
Chez les chélonées , c'est un muscle unique; chez les émjdes et les tortues , il est distinctement séparé en un ventre antérieur et un postérieur : le postérieur s'unit avec le deuxième long fléchisseur.
Dans les tortues , le ventre postérieur est formé à son tour d'une têle supérieure plus longue et d'une inférieure plus courte, qui s'unissent ensemble dans la région de l'articulation du coude.
Chez les tortues et les émydes il s'attache
(1) Leçons , 1 , 281 .
(a) Loc, cit., p. 86 , n. 24.
D'ANATOmïE COMPARÉE. 55q
seulement au cubitus; chez les chélonées ^ il s'insère au radius et au cubitus.
5» L'extenseur à trois ventres , ou mieux à deux ventres , existe également dans cet ordre, et yest fort semblable à celui des batraciens. Le long ventre, qui est superficiel , vient, immédiatement au-dessus de la surface articulaire de l'épaule, de la partie antérieure du pourtour du scapulum proprement dit, de son col, ets'unlt plus loin seulement avec le ventre profond. Le long ventre , sous le rapport absolu aussi bien que proportionnellement au ventre profond, est beaucoup plus long et plus grand chez les chélonées que dans les autres genres de cet ordre , chez lesquels le ventre , qui est très-court , aplati et mince chez les chélonées , a une épaisseur et un développement extraordinaires.
M. Cuvier a également décrit ce musclemais c'est à tort qu'il le compare au muscle scapitlo-radien ou long fléchisseur de V avanthras , bien qu'il en indique exactement l'action (r).
11 n'j a point de petit extenseur inférieur, ou , s'il existe, il n'est que très-faible.
4° On trouve , en outre , un grand pronateur , qui du condyle interne de l'humérus se porte obliquement à la moitié inférieure du
360 TRAITÉ oé.VÉRAL
radius : il tourne en effet cet os un peu au tour de son axe , en bas et en dedans , et fléchit aussi particulièrement l'avant-bras.
Ce muscle est développé au plus haut degré chezle&éinjrdes , au moindre chez les chélonées.
5° Il existe généralement un long supinaleur qui naît du condyle externe de Thumérus , en dehors du court fléchisseur, et qui se rend à la moitié inférieure, au moins, du bord antérieur du radius.
C'est chez les émjdes que ce muscle est le plus développé; il s'attache à tout le radius. Il s'y détache , ainsi que chez les tortues , de toute la moitié inférieure de l'humérus.
Celui des chélonées est incomparablement le plus petit ; il vient , en bas , du condyle antérieur de riiumérus , et s'insère, comme dans les tortues, seulement à la moitié inférieure d^i radius.
Ce muscle ne tourne le radius qu'extrêmement peu en arrière, tandis qu'il fléchit trèsfortement l'avanlbras.
On peut , en effet, chez les émjdes et les tortues , le partager eu un muscle antérieur et un postérieur, qui sont surtout distincts chez les premières. Ces deux muscles naissent immédiatement l'un sous l'autre; le premier enveloppe le radius à son côté externe; le second s'aiiache davantage à ses côtés antérieur et interne.
d'anatomie comparée. 36i
Cette séparation est impossible chez les chélouées ; elles n'ont que le muscle postérieur.
6° Il existe en outre, géuéralement, un court supinateur ^ ou rotateur en arrière^ qui est couvert des extenseurs de la main ; il naît de la partie postérieure du contour de l'épicondyle, et s'attache à tout le côté externe du radius : il a par conséquent une longueur considérable , et porte l'avant-bras fortement en avant, c'està-dire qu'il le met en extension.
11 est également beaucoup plus considérable chez les émjdes et les tortues que chez les chélonées.
Il a dans les dernières presque le même volume que le muscle précédent, qui est bien plus grand que lui chez les premières.
c. Sauriens.
Les sauriens offrent, en général, les mêmes muscles que les chéloniens, et ils ont en outre, fort généralement , un second rotateur en avant; l'action de leurs rotateurs en arrière et eu avant est plus prononcée , à cause de la mobilité plus grande dont jouissent les os de 1 avant-bras l'un sur l'autre. Les mêmes muscles ne sont pas conformés d'après le même type dans tous les genres de cet ordre.
1° Lé long Jléchisseur naît conslamnieiit , par une longue tête et avec un tendon aplati , plus ou moins étendu en longueur, de la face inférieure jusqu'au bord antérieur de la clavicule coracoïdienue ; il s'insère par un tendon plus court, mais plus épais, à un os de l'avantbras. A cette longue tête se joint une autre tête, plus courte, se détachant, au-dessous de l'insertion du grand pectoral , du côté externe de l'humérus, et ne s'unissanl communément avec la première qu'à la partie inférieure de l'humérus.
Chez les crocodiles , ce muscle s'attache seulement au col du radius.
Dans les genres iguane , marbré, calotes ^ lézard, caméléon et gecko, le tendon inférieur se bifurque , au contraire , et s'insère par une petite languette au radius , et par l'autre, qui est plus grande, au cubitus.
Ce muscle offre encore d'autres différences intéressantes relativement à son degré de développement.
Dans le crocodile et le caméléon , le longventre naît du bord antérieur de la clavicule par un tendon unique, proportionnellement court et large , qui est bifurqué dans une petite étendue de sa partie supérieure, chez le crocodile.
Dans V iguane, le calotes , le marbré, le gecko cl le lémrd , oc tendon non seulement
d'anatômib comparée. 363
est plus large et descend plus en arrière , le loDEf de la clavicule coracoïdienne , mais il se bifurque aussi plus distinctement en deux languettes plus longues, dont l'interne est plus large et l'externe plus étroite. Chez le marbré, cette bifurcation est telle, que ce ventre est divisé entièrement en deux, dont l'un est externe et l'autre inlerne.
11 est en outre , dans les derniers genres , plus composé, en ce que sa moitié externe offre deux ventres dans le sens de la longueur. Cela lient à ce que le tendon externe naît de la partie antérieure de la clavicule coracoïdienne , par un ventre charnu triangulaire , court , mais large.
On voit , d'après cela , que ce muscle présente, dans les sauriens , des différences semblables à celles qu'il offre chez les chéloniens ,
Il est beaucoup plus épais chez les autres sauriens que chez le caméléon et le crocodile; c'est chez le dernier surtout qu'il est le plus mince.
2° 11 n'y a , d'après mes recherclfes , que le crocodile qui possède un fléchisseur court, mais propre, qui ne soit pas uni au long fléchisseur. 11 est grêle, et ses fibres charnues prennent naissance, en dehors, au ventre court ordinaire du précédent, dont il est séparé par l'insertion dugrandpecloral,eidans une petite étendue au côté externe de l'humérus j il s'attache , par un
tendon court, mais fort, à quelque distance au-dessous du précédent, et un peu plus en dehors et en avant, aussi seulement au radius.
Le tendon inférieur de ce muscle est fixé exactement par un fort demi-anneau fibrocartllagineux 5 qui passe par-dessus le tendon, en s'étendant de l'extrémité supérieure du long supinateur à l'extrémité inférieure du côté antérieur de l'humérus.
Il est très-vraisemblable que la présence de ce muscle propre au crocodile est en rapport avec la petitesse proportionnelle du muscle précédent.
30 Le muscle triceps , le grand extenseur de l'avant-bras , se comporte en général entièrement comme chez les batraciens et les chéloniens. Sa longue tête naît, par un tendon, en arrière de la cavité glénoïde, du bord postérieur du scapulum j les deux autres têtes , plus courtes , et communément plus divisées, naissent de presque tout le côté interne et l'externe de l'humérus.
Dans qifelques genres, notamment V iguane et le crocodile, il y a une deuxième longue icte, qui est plus ou moins distincte : le muscle y a par conséquent quatre têtes.
Cette disposition est moins prononcée dans V iguane que dans le crocodile.
La longue tête ordinaire naît, par un large tendon, du bord postérieur du scapulum, et par
d'anatomie comparée. 365
l'exlrémité antérieure de ce tendon, aussi de la tubérosité externe deriiumérus, en arrière et audessous du muscle rotateur en dehors du bras.
Plus en avant et en dedans , il y a un deuxième et fort tendon, qui est séparé du précédent par le muscle large du dos et le sous scapulaire : ce tendon naît, par plusieurs languettes, en bas, de la face interne du scapulum,de la clavicule coracoïdienne, et même du bord externe du sternum postérieur.
Ces deux tendons ne se réunissent pas : l'interne, qui a une longueur considérable, se porte , en arrière, un peu au-dessus de la partie moyenne de l'humérus , au long ventre , qui lui-même n'est pas bifurqué.
Le marbré et le calotes offrent la même disposition.
Elle est plus compliquée dans le crocodile , puisque la longue tête ordinaire est bifiirquée * dans toute sa moitié supérieure. Le tendon de la longue tête interne ne se rend pas au sternum dans ce genre; divisé en deux parties, il s'insère seulement au scapulum et à la clavicule coracoïdienne. Quant au tendon de la longue tête ordinaire , il ne s'attache pas à l'humérus , mais seulement à l'omoplate.
Le caméléon offre la réunion des dispositions de l'iguane et du crocodile.
La longue tête du muscle est divisée en deux chefs , un supérieur et un inférietir, dont
le premier, qui est plus fort, s'attache au col du scapulum ; l'inférieur s'insère , immédiatement au-dessous , par une languette supérieure , également à l'omoplate , et par une languette inférieure , à la tubérosilé externe de l'humérus.
Les deux têtes ne sont pas ici séparées par le large du dos ; ce qui est en rapport sans doute avec la forme allongée et l'étroitesse du scapulum. ^
4° Un extenseur inférieur, ordinairement très-fort, le muscle anconé , s'étend du côté postérieur de l'extrémité inférieure de l'humérus , particulièrement de l'épicondyle , au côté antérieur du cubitus ; il est uni, dans ce trajet, avec le tendon du muscle triceps.
Ce muscle est très-fort chez le crocodile : il occupe toute la longueur du côté antérieur du cubitus, et n'en laisse de libre qu'une très-petite partie , en haut.
11 a la même longueur chez les lézards; mais il est plus mince, et est situé au côté postérieur et interne du cubitus.
Chez les iguanes , au contraire , il est plus faible et plus court; il s'y attache seulement à la moitié supérieure du cubitus.
Il est encore plus court chez le caméléon : il y représente un triangle large et court, qui s'insère seulement au sixième supérieur du cubitus.
u'anatomie comparée. 367
et 6°. H existe généralement dans cet ordre deux supinateurs ou rotateurs en arrière.
5° Le long supinateur naît , en avant , du condyle externe de l'humérus , et s'insère aux deux tiers inférieurs du radius jusqu'à son ex-trémilé carpiehne.
Chez le crocodile il envoie en dedans le demi-anneau fibro-cartilagineux mentionné (i), qui fixe le tendon inférieur du court fléchisseur de V avant-bras .
Ce muscle est beaucoup plus fort chez les iguanes et les lézards ; il se détache de l'humérus par deux têtes qui se succèdent immédiatement, et qui ne s'unissent que bien bas; le ventre commun se fixe, en avant et en dehors, à tout le radius.
Chez le caméléon , la séparation en deux têtes n'est pas distincte , et le muscle est plus court, sans doute à cause de la longueur considérable de l'avant-bras ; car il est loin d'atteindre l'extrémité inférieure du radius.
6° Le court supinateur est séparé du long par le muscle radial externe ; il vient des côtés externe et postérieur du condyle externe xle l'humérus, et s'insère , plus en dehors et en arrière, à la moitié supérieure du radius.
Chez le crocodile , sa moitié supérieure , qui
(i) Voy. p. 364.
est de beaucoup la plus grande , est complètement séparée en deux têtes, qui naissent assez loin l'une de l'autre.
Ce muscle manque à V iguane , au lézard et au caméléon : il y est représenté peut-être par la tête postérieure et inférieure du muscle précédent.
7° et 8°. Il y a également deux pronateurs , ou rotateurs en avant ^ ordinairement tout-àfait séparés l'un de l'autre; ils sont beaucoup plus développés que les supinateurs : le plus long , qui est superficiel , recouvre immédiatement le plus court.
7» Le long pronateur est le premier muscle qui naît du condyle interne de l'humérus; il s'étend obliquement par-dessus le côté de flexion du radius jusqu'à l'extrémité inférieure de l'os.
Cette disposition est offerte par le crocodile, Yiguane et le lézard.
Dans le caméléon il est partagé en deux parlies, situées immédiatement l'une sous l'autre, et naissant du condyle interne , dont la supérieure est plus courte , mais plus épaisse que l'inférieure : elles ne descendent pas jusqu'à l'extrémité inférieure de l'avant-bras.
8° Le court pronateur , qui a la même épaisseur ou qui est plus épais que le précédent, se détache à peu près de toute la partie
d'anatomie comparée. 369
supérieure du côté de flexion du cubitus, et va s'attacher , dans la même direction , à la majeure partie inférieure du radius.
Le crocodile, V iguane, le lézard et le caméléon présentent la même disposition.
Ce muscle est presque tout-à-fait transversal chez le caméléon; il j est beaucoup plus mince que dans les autres genres.