Muscles de la main
Les muscles de la main se divisent en ceux qui meuvent la totalité de la main et en ceux qui meuvent seulement des fractions de celte division principale. ^
Les premiers s'attachent à des os carpiens et métacarpiens, les seconds à des phalanges : on peut, pour cette raison, donner à ceux-là le nom de muscles du carpe et du métacarpe , et à ceux-ci celui de muscles des doigts.
A. Muscles du carpe et du métacarpe.
Les muscles du carpe et du métacarpe sont des extenseurs ou élévateurs, des fléchisseurs V. 24
OU abaîsseurs, des adducteurs et des abducteurs de la main. Ils naissent, pour la plupart, de VhuméruSy et s'insèrent, le plus souvent, à l'extrémité postérieure d'un ou de plusieurs os métacarpiens.
a. Batraciens.
§. Xll.
Les Z><^^^^^c/e7^5^ possèdent géûéralement : i» un élévateur commun , qui prend origine au condyle externe de l'humérus, immédiatement au-dessous et en arrière du long supinaleur , et qui va à la base de plusieurs os métacarpiens externes; 2» sous le muscle précédent un autre, petit, qui s'étend obliquement du cubitus ou du bord correspondajpt de l'os unique de l'avantbras au métacarjnen du premier doigt , Véléçateur propre de ce doigt ; 3° un abducteur ou Jléchisseur de la main^ qui s'étend, le plus souvent, du condyle interne de l'humérus, le Ions du cubitus ou du bord cubital , au bord externe du carpe ou même du métacarpe ; 4° un Jléchisseur ([in se dirige obliquement, sous le long fléchisseur commun des doigts, du condyle interne de l'humérus au bord antérieur du carpe ou du métacarpe.
d'anatomib comparée. 571
a. Batraciens à queue.
La disposition qui vient d'être exposée est la plus simple : on ne la rencontre que chez les batraciens à queue.
Chez le protée il faut même considérer les deux premiers muscles comme n'en constituant qu'un seul : la partie antérieure du premier, partie qui va au premier métacarpien, vient du cubitus, il est vrai 5 mais elle est entièrement confondue avec le reste , occupe le même plan et affecte la même direction.
Dans la salamandre et Xetriton^ les deux premiers muscles sont, au contraire, entièrement séparés l'un de l'autre : le premier se porte à \n base des trois derniers métacarpiens j le second, qui vient très-bas du cubitus, s'insère à la base du premier de ces os.
L'abducteur du protée vient principalement du cubitus; chez les autres il naît du condyle interne de l'humérus.
Chez le protée^ le fléchisseur ne peut presque pas être distingué du pronateurj chez la salamandre et le triton il forme distinctement un muscle propre , qui vient uniquement de la moitié inférieure du cubitus, et qui V. 24.
s'insère à l'os le plus antérieur de la première rangée des os carpiens.
p. Batraciens sans queue.
Les batraciens sans queue ont les mêmes muscles j mais ces organes sont plus distincts à cause du volumeplus considérable des animaux, et il s'y joint de nouveaux muscles ; ce qui fait qu'on peut mieux les déterminer ici que chez les batraciens à queue.
1° \J extenseur radial de la main ou le radial externe naît, im»médiatement sous le long supiiiateur , du côté externe de l'extrémité inlérieure de l'humérus , se dirige le long du bord radial de l'os autibrachial , à l'extrémité inférieure duquel il s'attache intimement, et va s'insérer à la face supérieure du premier os de la rangée supérieure des os carpiens.
Il élève la main avec force.
Il est simple , fort allongé , étroit, formé de longues fibres charnues et d'un tendon court et plat, chez la grenouille et la rainette., s'il existe réellement chez la dernière.
Dans le crapaud il est exlraordinairement fort, surtout haut, à tel point qu'il correspond à la moitié inférieure de l'humérus, qui est la
d'anatomie comparée.
plus grande de cet os, et qu'il recouvre, en dehors, presque tout le long, supinateur.
Sa partie charnue, qui est courte, est divisée en une lête supérieure et une inférieure, bien plus petite que l'autre : ces deux têtes ne s'unissent enseaible que près du tendon , lequel est plus, étroit , mais beaucoup plus long que chez la grenouille.
Ce muscle manque dans la rainette, ou s'a t^ tache, eu arrière, au deuxième métacarpien.
Après les précédens viennent plusieurs mus-, des, qu'il est difficile de déterminer, soit à cause de la très-grande variété qu'ils offrent dans les divers genres de batraciens, soità cause de leur peu de concordance avec les muscles des animaux supérieurs. Ils naissent généralement des mêmes points , l'humérus et l'os de l'avant-bras ; mais ils se terminent tantôt aux os métacarpiens, tantôt aux phalanges.
Je suis porté à les regarder comme analogues au second extenseur radial , à V extenseur cubital , à V extenseur o\\ abducteur du pouce , ainsi qu'à Vexcenseur de V index des animaux supérieurs.
2° Immédiatement après le muscle que nous venons de décrire , on passe à un autre de ces^ organes , .qui se détache de l'épicondyie , et se rend soit aux trois doigts externes, soità la région postérieure des os métacarpiens , soit cn-<fin à ces deux régions à la fois.
Chez les rainettes il se divise , clians toute sa longueur, en deux têtes allongées, qui s'insèrent, en arrière, au métacarpien du deuxième doigt. En cas que le premier muscle manque aux rainettes ^ il serait confondu avec celui-ci.
Chez le crapaud il y a aussi deux muscles , presque entièrement séparés etproportionnellem'ent beaucoup plus minces : l'antérieur, après avoir reçu un petit ventre du bord cubital du carpe , va s'insérer à la base de la première phalange du troisième doigt; le second se rend au métacarpien du quatrième doigt.
Ce muscle est simple dans la grenouille ; il s'attache au deuxième et au troisième doigts , ainsi qu'au métacarpien du quatrième doigt.
Enfin il est aussi tout-à-fait simple chez le pipa, et s'insère à tous les doigts jusqu'à la phalange unguéale.
Si l'on s'en rapportait à la conformation offerte par les rainettes , ce muscle devrait être regardé comme deuxième radial et cubital externe; d'après la disposition que ce muscle présente chez la grenouille et le pipa , ce serait un extenseur des doigts.
Mais cetlo dernière manière de voira contre elle non seulement la disposition des rainettes, mais en outre la présence d'un autre extenseur des doigts , qui ne semble se distinguer de l'extenseur ordinaire qu'en ce qu'il descend plus bas que chez les animaux supérieurs. Si
d'anatomie comp.vrée* 375
on voulait regarder celui-ci comme un développement plus fort des muscles métacarpiens, il n'y aurait plus de muscle extenseur pour la main , muscle qui existe pourtant si généralement : cette opinion me semble par conséquent inadmissible.
3*^ Un troisième muscle , plus court, situé entre les deux précédeus, se porte de l'os antibrachial obliquement vers le bord radial de la main au premier métacarpien ou au premier doigt.
Chez la grenouille et là rainette il s'étend seulement jusqu'au métacarpien externe; dans le crapaud et le pipa il se porte au contraire jusqu'aux phalanges.
4" Vers le bord, cubital 11 succède à ce muscle un autre muscle, communément plus fort, qui prend naissance tout-à-fait au bas du condyle externe de l'humérus, et qui s'insère hVos cubital antérieur et au postérieur du. carpe ; il tire la main vers le côté cubital, l'abaisse et la fléchit un peu : c'est sans contredit le Jléchisseur cubital ou cubital interne.
Chez le pipa , ce muscle est bien plus faible que le second.
50 Un cinquième muscle , que je regarde comme le Jléchisseur radial de la main ou radial interne , vient de la région inférieure de l'humérus et de son épitrochlée , et se porte obliquemént en avant au bord radial d.e la
main, où il s'insère aux deux os antérieurs des deux rangées des os carpiens.
Il tire la main vers le corps, et la fléchit un peu.
Dans la rainette et le crapaud il est beaucoup plus fort, plus court, et pourvu d'un tendon plus long que chez la grenouille ; chez cette dernière il est partagé presque tout-à-fait en deux têtes, qui sont à peine indiquées dans le crapaud..
b. Chéloniens.
Les chéloniens offrent , comme les batra^ ciens ^ plusieurs différences entre les muscles que nous devons considérer ici.
lo 11 se détache de la partie inférieure de l'humérus, immédiatement au-dessous du long supinateur, un muscle allongé, qui se rend au premier métacarpien et au bord radial du carpe.
Ce muscle n'est pas facile à déterminer.
De prime abord il parait correspondre au muscle (n" I ) qui , chez les batraciens , a été pris pour le premier radial externe. Mais comme le premier doigt reçoit, en outre, de lui une lëte prop-it du muscle suivant, des doutes selèvcnt nécessairement contre celte opinion; ci
on pourrait aussi exactement le regardercomrne V abducteur du pouce. Cependant comme celuici serait , d'après celte manière de voir, placé considérablement plus haut que de coutume , il est, sans doute, plus exact d'admettre que ce muscle représente à la fois l'abducteur du pouce et le premier radial externe, et que l'abducteur du pouce a été employé tout-à-fait à la formation d'un fort élévateur de la main.
2° A ce muscle en succède un autre , plus grand, plus large et plus plat, venant également de l'extrémité inférieure de l'humérus ; il s'élargit considérablement de haut en bas , et s'insère soit aux os métacarpiens , soil aux phalanges des doigts.
C'est le muscle que nous avons déjà représenté comme problématique chez les batraciens , sous le no 2.
Chez les émjdes il se porte au côté cubital du premier métacarpien, puis, par des tendons divisés, aux deux côtés des deuxième et troisième métacarpiens, et par des tendons simples au bord radial des quatrième et cinquième doigts.
Ce muscle est plus épais et plus large dans les tortues ; il s'étend, au moyeu de tendons moins séparés qui forment une large aponévrose , jusqu'à la phalange la plus antérieure de tous les cinq doigts.
11 est très-faible chez les chêlonêes , et va seulement à l'extrémité supérieure des quatric-
5yQ TftAITÉ GÉNÉRAL
me et cinquième métacarpiens : de sorte qu'il ne semble y représenter que l'extenseur cubital de la main.
Sa partie autérieure ou radiale paraît être entièrement confondue avec l'extenseur des doigts, qui, de l'avant-bras, descend aussi toutà-fait à la face dorsale de la main.
3° Le troisième muscle des batraciens existe, mais il est beaucoup plus faible; il s'étend, de la partie inférieure du cubitus en avant , à l'extrémité inférieure du premier : il ne constitue donc pas un muscle propre.
C'est chez les tortues qu'il est le plus grand, et chez les émjdes qu'il se trouve incomparablement le plus petit.
Ce faisceau musculaire est distinctement V extenseur du pouce.
4° Le cubital interne^ muscle considérable, paît de tout le cubitus et de l'épi trochlée , et s'attache à l'os pisiforme, et en outre, chez les tortues et les émjdes^ à la racine du cinquième métacarpien.
5° Le radial interne ou Jléchisseur radial de la main prend naissance, au-dessus du cubital interne, au côté interne de l'humérus, et se dirige, sous le fléchisseur commun des doigts , vers le bord radial de la main, où il g'insère.
Dans les émydes et les tortues il est produit par l'épitrochlée, et s'attache à l'extréraiié pos-
d'anatomie comparée. 379
térieure du premier métacarpien ; chez les chélonées , au contraire , il provient presque du milieu du côté interne de l'humériis , et s'insère au second os de la seconde rangée des os carpiens.
Sou origine, plus élevée dans les chélonées, le rend plus fort et plus apte à la natation.
6° Les émjdes et les tortues ont , en outre , un petit muscle triangulaire, qui, du tiers inférieur du cubitus , se porte un peu obliquement vers le bord radial de la main , où il se rend au second os de la première rangée, et de ce point à la base du deuxième métacarpien.
Il appuie évidemment le muscle précédent , dont il est peut-être une partie séparée, qui se serait portée en bas. Je n'ai pas pu le trouver chez les chélonées .
c. Sauriens.
§. Il5.
Les sauriens possèdent aussi les muscles qui viennent d'être décrits, mais avec des modifications qui portent également sur les difTérens genres. Le crocodile surtout offre plusieurs particularités.
On trouve chez lui :
1° Un muscle, à longues fibres charnues, qui naît immédiatement en arrière et au-dessous
3 80 TRAITÉ GÉNl^.RAL
du long supiiialeur, et qui s'insère à la base du premier carpien.
Ce muscle manque totalement dans les genres iguane , marbré , caméléon et gecko ; il existe, au contraire, chez \e^^ lézards , du moins le lacerta ocellata^ quoiqu'il y soit proporlionnellenient plus petit que chez le crocodile ; il se rend au premier carpien et à la base du pouce.
La totalité ou la majeure partie de ce muscle constitue incontestablement le premier radial externe ou long radial : il est par conséquent digne de remarque qu'il existe chez lecrocodilCy dont la main est développée d'une manière imparfaite , du moins sous le rapport du volume et du nombre des phalanges.
2° Immédiatement en arrière du muscle précédent, on en trouve un autre, plus long et plus mince , qui naît également de l'épicondjle j à l'extrémité inférieure de l'avant-bras 11 se convertit en un larg'e tendon, qui envoie une petite languette au premier os du carpe ; puis il se bifurque en deux languettes plus longues , dont l'une va à la base du deuxième métacarpien , l'autre à celle des troisième et quatrième os de ce nom.
Ce muscle est, sans contredit, le deuxième radial externe ou Vextenseur radial de la main .
Dans V iguane, le marbré, \ccaloles, le ca-
d'ANATOMIE COMPAIIKF.. 58 1
méléon et le gecko, le muscle précédent et celui dont il vient d'être question sont confondus en un seul, qui est très-large, et qui, à la partie inférieure de l'avant-bras , se divise en trois faisceaux , lesquels s'attachent, par de courts tendons, à Textrémiié postérieure des deuxième, troisième, quatrième et quelquefois cinquième métacarpiens.
La disposition de ce muscle confirme l'opinion émise plus haut (i) sur ce que le muscle des batraciens , qui est absolument semblable à celui qui vient d'être décrit , n'est pas un extenseur des doigts, mais un extenseur de la main.
Chez le caméléon , le muscle qui succède au long supinateur se divise , après un court trajet, en deuxloijgs ventres, dont l'antérieur va au troisième , le postérieur au quatrième métacarpien. Leurs longs tendons sont fixés inférieurement par un fort pont tendineux , qui s'étend du cubitus au radius, et qui seconde les tendons dans leur action , qui est d'éloigner les premier, deuxième et troisième doigts d'avec les quatrième et cinquième.
Le dernier muscle est appuyé dans son action par deux petits muscles propres, qui, de - la face d'extension de la moitié externe du carpe, se portent obliquement, de dedans en dehors, à la base des quatrième et cinquième mé-
(i) Voy. p. 574 et 575.
tacarpiens, et qui tirent fortement en dehors ces os, partant le quatrième et le cinquième doigts.
S'' Sous ce muscle il y eu a un autre plus court, mais plus large et plus épais, qui, naissant , par un ventre postérieur plus loug , de toute la face postérieure du cubitus, et, par un ventre antérieur plus court, de la moitié infé* rieure du radius , va s'attacher, à côté du premier , à la base du premier carpien de la rangée antérieure.
Ce muscle est, sans contredit, l'analogue de Veactenseurel de V abducteur du pouce , mais qui s'est arrêté au carpe , parce que le pouce n'existe pas.
Dans les iguanes et les lézards , ce muscle vient seulement de la moitié inférieure du cubitus, et va, obliquement en avant, au pouce et à l'index, dont il représente très-distinctement les extenseurs réunis.
La partie inférieure de ce muscle, partie qui est la plus petite, se sépare du reste, chez le caméléon , et se rend à la base du deuxième métacarpien.
40 Je n'ai pas pu découvrir à' extenseur cubital propre de la main : il est vraisemblable que ce muscle est remplacé parle très-fort extenseur inférieur ou court extenseur de l'açant'bras , ou muscle anconé. 11 me paraît pourtant indiqué dans le crocodile^ plus encore chez d'autres sauriens^ parliculièreruentl'/^Mfl-
U'ANATOMIE CQMPAllÉE. 585
/2e,qiioi qu'il y soit encore fortement uni au fléchisseur cubital, qui, dans la moitié inférieure de l'avant-bras, se partage en deux têtes, dont l'externe et supérieure s'attache, par un court tendon , en bas , au cinquième métacarpien ; tandis que la tête interne s'insère d'abord au pisiforme , puis à la racine des métacarpiens.
Chez le caméléon, l'extenseur cubital de la main est un muscle séparé , bien qu'il soit uni supérieurement au cubital interne , dont il s'isole cependant après un court trajet; il s'insère, en arrière et en dehors, au cinquième métacarpien.
11 existe ici, en outre, un petit muscle analogue, qui , du tiers inférieur de la face antérieure du cubitus , va à l'extrémité postérieure du cinquième métacarpien j il élève la main avec force.
5° Le cubital interne se comporte , en général , de la manière qui vient d'être indiquée : c'est partout un muscle fort développé.
6° L'épitrochlée du crocodile donne naissance, en arrière du deuxième long pronateur, à un muscle allongé , qui descend, en droite ligne , de la face de ^flexion , et qui , à partir du côté cubital, s'insère, dans la paume de la main , au tendon commun du long fléchisseur des doigts.
Dans les autres sauriens que j'ai anatomisés, le muscle qui succède au deuxième pronateur
384 TRArré général
s'attache aux premiers os carpien et métacarpien.
Chez le crocodile ^ le premier pronateur semble se partager en deux moitiés, juxtaposées longitudinalemeut , taudis que chez les autres sauriens il ne se divise pas.
Dans tous , le long fléchisseur commun des doigts envoie un tendon au pouce, sans qu'il y ait de trace d'un long fléchisseur propre du pouce.
Cette circonstance me fait croire que le deuxième long pronateur des crocoJZ/e^, et le muscle qui, chez les autres sauriens^ va au carpe et au premier métacarpien, sont le même muscle et représentent le radial interne j tandis que le muscle qui, chez les crocodiles ^ succède au radial interne, manque aux autres sauriens, et représente le long fléchisseur du pouce des animaux supérieurs.
B, Muscles des doigts, a. Batraciens.
Les batraciens ont toujours :
1° Un extenseur commun , qui s'étend , à la face dorsale de la main , du carpe aux phalanges unguéalesj il est, le plus souvent, charnu jus-
d'anatomie c;oMPAiiÉE. 585
qu'à la première phalange , et se compose de^v. ventres séparés , ou qui , du moins lorsqu'ils sont unis , le sont d'une manière lâche.
2° Des muscles métacarpiens ou inlerosseux, situés entre chaque paire de métacarpiens ; ils naissent de ces os, et s'insèrent des deux côtés à la base de la première phalange des doigts ^ qu'ils tirent en dehors et en dedans.
S** Un abducteur du dernier doigt, qui vient du côlé cubital du carpe , et qui est plus grand que les inlerosseux, dont il rempfit cependant la fonction.
4° Un long fléchissenr, qui va de l'épitrochlée à tous les doigts , jusqu'à -leur phalange unguéale.
5° et 6° Il y a , en outre , d'autres fléchisseurs courts , qui se rendent à la première et à la seconde phalanges.
«. Batraciens urodèles.
1" L'extenseur commun des doigts est entièrement séparé du muscle décrit plus haut comme extenseur de la main 3 il présente un ventre pour chaque doigt.
2" Les salamandres et les triions ont , eu outre, un petit extenseur du pouce, mais qu'il est difficile de séparer du bord infériè'ur de
V abducteur du pouce f qui est plus grand ei qui s'insère au métacarpien de ce doigt.
3° U abducteur doigt n'ofïre rien de remarquable.
4° Le long fléchisseur commun naît aussi de la partie supérieure du cubitus , et reste charnu jusqu'au carpe, oii il se convertit en un large tendon , qui envoie des faisceaux déliés aux phalanges unguéales.
5« et 6*^ Des courts fléchisseurs , le plus petit, qui est superficiel, est produit par le large tendon du muscle précédent, et s'insère à la seconde phalange.
Le second , plus fort, s'isole de la face inférieure du métacarpe , et va à la première phalange.
p. Batraciens anoures.
§. ii8.
La conformation des muscles des doigts est plus compliquée chez les batraciens sans queue que che&ceux qui sont pourvus d'une queue.
i» Uextenseur se divise en deux muscles, un superficiel et un profond , dont le premier est un peu plus long et plus fort que le second : celui-là vient du carpe ; celui-ci de la face dorsale des os métacarpiens.
d'anatomie comparée. 387
2" Les interosseux sont plus développés : quoiqu'ils se rétrécissent, leurs fibres charnues se continuent au-delà de la première phalange.
30 et 4*^ Outre l'abducteur du petit doigt, il y a, surtout chez les crapauds , un abducteur propre du pouce, très-fort, qui, du côté radial du carpe et de l'extrémité inférieure du bord radial de l'os anti-brachial , va au côté radial du premier métacarpien ; chez les salamandres et les tritons il est remplacé par les longs abducteur et élévateur du pouce, qui ont déji\ été décrits.
5° Le long fléchisseur commun va seulement de l'épitrochlée à la paume de la main ; arrivé ici, son tendon, avant de s'épanouir, détache, au-dessus de l'extrémité inférieure de l'avant bras, une forte languette tendineuse, qui se termine au rudiment du pouce.
A la face supérieure des tendons qui proviennent de l'aponévrose palmaire, il j a , dans toute la longueur du métacarpe , des muscles allongés considérables : de sorte que le long fléchisseur commun a réellement deux ventres.
Le faisceau musculaire qui correspond au premier doigt est le plus épais de tous.
6» On voit, en outre, s'isoler de l'origine des languettes tendineuses des deux doigts externes, surtout du troisième, de chaque coté, un muscle allongé plus fort , qui se rend à la première phalange.
388 TRAITlî: GÉNÉRAL
Aux autres tendons , ces muscles sont séparés des tendons du fléchisseur commun , et viennent du carpe et du mélacarpej mais ils ne sont pas confondus avec le deuxième court fléchisseur, qui a été décrit chez les batraciens urodëles, puisque celui-ci existe distinct.
b, Chéloniens.
1° \J extenseur commun des doigts est, dans les chéloniens ^ aussi descendu tout-à-fait à l'extrémité inférieure de l'avant-bras et à la main.
11 naît de l'extrémité inférieure du cubitus , du carpe et du métacarpe^ et s'insère à tous les doigts , le pouce excepté.
C'est chez les tortues qu'il est le plus faible , et le moins distinct de l'élévateur commun de la main j chez les chélonées il est le plus fort.
Je lui ai trouvé, chez une chélonée longue de trois pieds, une épaisseur de plus d'un demipouce , et il recouvrait tout le carpe. 11 prend naissance au carpe et au métacarpe, et, en outre, à la première pliala^ige ; il envoie au pouce un tendon, qui manque chez les émjdes et les tortues.
2° Les muscles interosseux existent et sont fort charnus même chez les chélonées et les
d'ANATOMIE COMPARl'cE. 38g
cmydes; ils s'étendent le long de la première phalange jusqu'à la racine de la seconde.
5° 11 y a de même un abducteur du petit doigt qui est développé, surtout chez les chélonées ; il va du pisitorme à la première phalange de ce doigt.
40 et 5° 11 existe chez \es ché/onées àex\% fléchisseurs des doigts distincts , un superficiel et un profond,
4.° he superficiel naît de l'humérus, au-dessous du muscle radial interne , devient tendineux à l'extrémité inférieure de l'avant-bras, re^ devient charnu^ s'épanouit entre la paume de la main et l'aponévrose palmaire, et envoie des tendons aplatis à tous les doigts,
La partie charnue inférieure, se divise , aux troisième, quatrième et cinquième doigts , de manière à ce que chaque première phalange reçoit un tendon.
Le premier et le second doigts ne reçoivent pas de ventre charnu superhciel , mais seulement un long tendon , qui, comme prolongement des tendons superficiels , se. porte à.toutes. les phalanges.
Ce tendon est entièrement confondu avec la, peau et le périoste, surtout à la première, phalange : il en, résulte que Jes pl)a|anges ne peuvent pas être fléchies les unes sur les autres ; ce qui.e-st empêché d'ailleurs aussi par l'épaisse'Ar çt la dureté de l'épiderme.
SgO TRAITÉ GÉNÉRAL
Mais tous les doigts peuvent se fléchir et s'étendre sur le métacarpe.
5" Le fléchisseur profond , situé sous le précédent , vient , par une longue tête , de l'épitrochlée ; par une seconde tête , de plus de la moitié inférieure du cul>itus ; enfin du pisiforme , par une troisième tête , plus courte. Toutes CCS têles se réunissent au commencement du carpe; mais le muscle n envoie des tendons qu'aux deux premiers doiijts.
Chez les émjdes et les tortues , les deux fléchisseurs sont beaucoup plus confondus et aussi bien plus forts que dans les chélonées .
Ils ne représentent , en effet , qu'un muscle qui a deux têtes , une superficielle et longue, qui se détache de l'épitrochlée , et une profonde , qui est courte , et qui prend naissance à tout le cubitus. Ces deux têtes se réunissent dans la moitié inférieure de l'avant-bras. Le muscle s'élargit considérablement de haut en bas , et reste charnu extérieurement jusqu'à la paume de la main. Cette partie charnue se divise de telle façon qu'elle fournit à chacun des quatre doigts, des deux côtés, un tendon antérieur et un postérieur, dont le premier va à la première phalange et l'autre à la seconde. Le tendon principal , fort et large , qui est recouvert de la partie charnue, s'étend entre ces derniers tendons , qui sont beaucoup plus petits , jusqu'à la phalange unguéalc.
d'anatomie comparée. Sgi
Je crois, eu égard à l'analogie de la disposition, qui vient d'être décrite, avec celle des saiL* riens ei de la plupart des autres vertébrés, de voir regarder le muscle JLéchisseur profond des chéloniens comme le fléchisseur du pouce : la partie inférieure, charnue, du fléchisseur superficiel, représentant tout le fléchisseur superficiel des autres animaux j tandis que sa partie supérieune serait l'analogue du fléchisseur commun profond.
La partie charnue , inférieure , représente aussi distinctement , surtout chez les émjdes , les muscles lombricaux ou fléchisseurs des pre-r inières phalanges,
ç,. Sauriens.
i*> \J extenseur commun des sauriens est descendu à la main ; il est charnu jusqu'aux doigts, et vient même uniquement du carpe. Chez le crocodile il est distinctement divisé en une moitié radiale et une cubitale : la première va aux deux premiers doigts, la seconde aux trois autres.
11 est renforcé aussi par de petits muscles qui viennent des os métacarpiens.
Chez les autres sauriens i\ est beaucoup plus développé et divisé en un plus grand nombre de ventres.
2° Les muscles interosseuoc sont forts chez les sauriens, et descendent charnus le long de la première phalange.
5° et 4° Les fléchisseurs communs superficiel et profond existent généralement.
\Le superficiel est tout-à-fait descendu à la main ; il est épais et tout charnu ; il va aux secondes phalanges , et est perforé par les tendons du fléchisseur profond.
Ce dernier est beaucoup plus long, plus fort et plus composé.
11 se détache, chez le crocodile .• 1" de l'épitrochlée, par une tête mince et allongée, qui se convertit inférieurement en un tendon grêle et court ; 2° du cubitus, par une tête plus courte , mais beaucoup plits épaisse; 5° de la face inférieure du carpe , par une petite lôte quadrilatère. La seconde et la troisième lêtès s'épanouissent dans la paume de la main, et forment un tendon carré, fort et large , auquel s'attache, d'en haut et du bord cubital, le tendon grêle de la première tête, qui est vraisemblablement le /o/7g- fiéchisseur du pouce , et dont il a déjà été question (i).
Du reste , le tendon principal se divise seulement en quatre languettes, une pour chacun des quatre premiers doigts. Le cinquième doigt ne reçoit au'un ventre musculaire, qui naît du
(0 Voy. p. 584.
d'anatomie comparée. ogS
bord cubital du tendon, et qui va au métacarpien de ce doigt; il a. en outre, un court fléchisseur propre, allongé, qui prend origine à l'os pisi forme.
De forts muscles lombricaux naissent des tendons partiels, et s'insèrent au côté radial de la base des premières phalanges.
Les têtes sont moins séparées chez les iguanes. Le muscle est beaucoup plus épais : eu haut, il vient de l'humérus et du radius j en bas , du cubitus et du carpe.
Le tendon y est court, se trouve seulement au carpe, et est entièrement ossifié. Ses languettes vont uniformément à tous les doigts.
La partie antérieure du tendon commun donne naissance aux muscles lombricaux, qui sont très -longs : d'abord, ils n'en forment qu'un seul , qui s'étend presque jusqu'à l'extrémité antérieure de la première phalange , où il se transforme en un long tendon ; celuici fournit à chacun des trois doigts du milieu un tendon propre et long , qui s'étend jusqu'à la phalange unguéale. Chacun de ces trois doigts reçoit, en outre , une paire démuselés lombricaux plus petits.
Le caméléon n'a , indépendamment du fléchisseur commun des doigts , qui est long et fort , que des muscles interosseux développés , qui s'étendent , charnus , jusqu'à la troisième phalange.