‹ Traité général d'anatomie comparée [electronic resource] (volume 3)Chapitre 4 sur 81 · MUSCLES DES ZOOPHYTES · texte numérisé non relu

MUSCLES DES ZOOPHYTES

Chez un très grand nombre de zoophytes , surtout chez les plus simples, on ne trouve point de muscles séparés bien nettement du reste de la substance du corps (i). Cependant

(i) II est difficile de concevoir la condition animale sans admettre la faculté' contractile. Cependant il est des êtres rangés parmi les animaux chez lesquels les expériences les mieux dirigées n'ont pu déterminer et les observations les plus minutieuses n'ont pu apercevoir de mouvemens dépendans de cette faculté : les éponges , par exemple , sont dans ce cas. On peut consulter à ce sujet le mémoire intéressant inséré dans lés Annales des sciences naturelles.

Dans les premiers animaux oià cette faculté se mani-

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les animaux supérieurs de cette classe, comme les actinies , ont un système musculaire dis-

feste, elle a lieu dans un tissu qui est e'galement organe d'absorption et d'exhalation.

Les singuliers êtres compris sous le nom à^hjdropîvytes pre'sentent sans doute, au plus grand degré' de simplicité' , la faculté' locomotive et l'organe qui en jouit. M. Gaillon est celui qui a le mieux fait connaître les circonstances dans lesquelles cette faculté' locomotive se de'veloppe. Ces productions organise'es offrent dans leur condition la plus ordinaire des filamens dans lesquels sont renferme's des corpuscules colore's. Ceux-ci prennent à une certaine e'poque un mouvement lent, reculent, changent de place, exe'cutent enfin un mouvement subit, ite'ratif, mesuré et volontaire ^ de paralle'logrammes qu'ils e'taient, ils deviennent ellyptiques j leur extre'mite' est hyaline, leur centre est colore'. Ce centre change souvent de disposition par une sorte de dilatabilité' et de contractilite' dont la substance qui le forme est doue'e. D'abord du volume de de ligne, les animaux dont il s'agit cessent de mouvoir quand ils sont parvenus à ( Ann. des se. nat. )

Parmi les zoophjtes à poljyier, nul n'a mieux été étudie' que le tubipora musica , dont il a déjà été question dans le voiume 11 de cette traduction , p. i5.

La membrane qui constitue presque toute la partie vivante de l'animal n'a offert aucune fibre distincte , si ce ne sont les huit bandelettes dont il sera fait mention plus loin. Cependant les mouvemcns multiples qu'on y remarque portent à croire qu'il y existe des fibres variées, que l'on trouvera sans doute dans des recherches plus minutieuses : ainsi il est probable que cette disposition musculaire se rencontrera dans les tentacules mobiles qui, au nombre de huit, entourent la bouche de cet animal.

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tlnci. M. Ciivier (i) ne parle, à la vérité, que du haut degré de contractilité qui réside dans la peau coriace de ces animaux , et qui leur permet de prendre les formes les plus variées.

C'est à une semblable texture que les papules charnues que pre'sentent leurs bords doivent très probablement la proprie'le' de se contracter , de s'e'largir et d'ope'rer des mouvemens divers. La forme de cette membrane est celle d'un entonnoir lorsque l'animal est rentre' dans son tube. A l'ouverture de cet entonnoir cette membrane se renverse en arrière et vient se confondre avec le tube calcaire. Sa surface interne se prolonge 3ous forme de pellicule mince dans toute la partie du tube habite' par l'animal, et se termine à un diaphragme solide en forme de godet : le tube calcaire en est le produit.

Dans certaines espèces , ce muscle menibraneux est très'étendu , très-de'veloppé , très-irritable. Cette enveloppe est plus épaisse que le tube dans le tuhipore musique : on y reconnaît huit bandelettes fibreuses bien distinctes j elles semblent e'iever et abaisser le polype lorsqu'il veut sortir de son tube et y rentrer. ( Quoi et Gai- MARD, Voyage de l'Uranie, partie zologique. )

Les méduses présentent une substance organise'e e'galement capable de contraction. Tout le corps de ces animaux est un parenchyme tellement rare qu'une méduse pesant vingt ou trente livres se réduit à un re'sidu de quelques grains : toutes les parties en sont cependant irritables. Leur partie principale est formée d'un disque ou ombrelle contractile , avec ou sans appendice : c'est par les contractions de l'ombrelle qu'a lieu la progression.

, (1) Anat. comp. , I, 470.

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Cependant , nyant observé des actinies allongées et libres , dont j'ai découvert dans la Méditerranée nne belle espèce que Rayneria depuis, avec raison, élevée au rang de genre, j'ai vu très-distinctement deux couches de muscles bien séparées. La couche externe, plus épaisse et intimement confondue avec la peau , est composée de fibres longitudinales, tandis que l'interne, qui n'est pas unie fortement à la précédente , est formée de fibres transversales.

Chez les actinies communes, qui sont sessiles , je n'ai pu découvrir positivement que des fibres longitudinales ; mais ici elles sont beaucoup plus prononcées , el après avoir enveloppé le corps de l'animal dans toute son étendue, elles s'épanouissent, en rayonnant, dans le disque du pied , par leur bord inférieur, de sorte que c'est à ces fibres , et non uniquement à la peau coriace ( i ), qu'il faut attribusr les nombreux cliangemens de forme dont ces zoophyles sont susceptibles. Les rides circulaires que l'on aperçoit à la surface extérieure de tout l'animal , lorsque son corps est contracté, rides qui sont concentriques et qui se succèdent au disque du pied de haut en bas et de dedans en dehors, ne doivent pas être considérées comme une couche extérieure de fibres circulaires , mais seulement comme des plis qui

(i) Cuvier, loc. cil.

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sont précisément le résultat des contractions des muscles longitudinaux en question.

Je laisse aux zoologistes le soin de décrire les organes locomoteurs extérieurs des zoophyles , organes qui sont quelquefois très-composés , comme cela se voit chez les ojorticelles.

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