‹ Traité général d'anatomie comparée [electronic resource] (volume 3)Chapitre 5 sur 81 · MUSCLES DES É C H I N O U E 1VJ« E S · texte numérisé non relu

MUSCLES DES É C H I N O U E 1VJ« E S

Les échinodermes possèdent un appareil musculaire double.

La disposition la plus générale dans cette classe est celle de faisceaux de muscles situés sous la peau et enveloppant la surface du corps en totalité , ou au moins en très-grande partie. Dans les genres allongés , privés de squelette , ou n'en ayant qu'un très - peu développé , comme les siponcles et les holothuries , ces muscles s'étendent, sans interruption, dans toute la longueur du corps ; dans les astéries , au contraire, ils sont interrompus par les pièces calcaires.

Chez les premiers , ils se divisent en deux couches qui sont intimement unies entre elles :

l'extérieure est plus mince et transversale , l'intérieure est plus épaisse et longitudinale. Ces deux couches sont formées chacune de plusieurs faisceaux juxtaposés, mais entièrement séparés. Le nombre des faisceaux extérieurs est beaucoup pluscansidérable que celui des intérieurs; ils n'ont, chez le siponculus nudus , qu'environ une ligne de largeur. Les faisceaux longitudinaux ou intérieurs ont , dans cette espèce, à peu près la même largeur, mais il n'y en a qu'environ une vingtaine. Vers les extrémités antérieure et postérieure du corps, les faisceaux deviennent beaucoup plus étroits et trèsintimement intriqués , au lieu que dans tout le reste de leur longueur ils sont simplement juxtaposés.

Les holothuries , du moius le h. tuhulosa , le h. priapus et le h. pentactes , se distinguent surtout des siponcles par une fusion totale des fibres de la couche extérieure ; 2° par la division des faisceaux longitudinaux en cinq. Ces faisceaux sont entièrement séparés les uns des autres dans toute la longueur du corps, mais ils sont plus larges que les faisceaux des siponcles. he h. priapus et le A. tuhulosa diflerent d'une manière frappante du h. pentactes.

Chez les premiers, les faisceaux longitudinaux sont beaucoup plus larges, à tel point que chaque faisceau forme presque un sixième de toute la périphérie , et que la distance qui les sépare

d'ANATOJVIIE COMPARKIÎ. 21

fait à peine un tiers de leur largeur. Us dimi nuent considérablement d'épaisseur , de leurs Lords latéraux vers leur ligne moyenne : ils semblent, d'après cela, formés chacun de deux moitiés latérales très-rapprochées l'une de l'autre. Chez le h. pentactes ^ les faisceaux sont plus épais, mais beaucoup plus étroits; leur largeur n'égale qu'un sixième de la distance qui les sépare ; et comme ils ont la même- épaisseur sur tous les points , ils n'ont nullement l'apparence d'une division médiane en deux moitiés latérales.

Le rapport de ces muscles avec les parties de la bouche et avec l'anneau calcaire , qui est dans la relation la plus intime avec ces parlies (i) , sera exposé quand nous traiterons des organes digestifs.

Dans les holothuries, dont il vient d'être question , la couche longitudinale est beaucoup plus épaisse , et la couche transversale bien plus mince que dans les siponcles.

Je n'ai pu encore m'assurer par moi-même de l'exactitude de l'assertion de M. Cuvier , qui établit que le nombre de ces bandes musculaires est différent suivant les espèces (2).

(1) Vol. II, page 55. Ajoutez au bas de cette page les mots suivants : « Cetanneau entoure l'extre'mite buccale <lu tube alimentaire. » ( N. d. T. )

(2) Leçons d'anatomie comparée, I,

Chez toutes les astérides, il existe des fibres entre les pièces calcaires. Cependant les ophiures et gorgonocéphales ont une structure beaucoup plus simple que les astéries proprement dites.

Ou ne trouve , chez les premiers , entre chaque couple de disques , qu'un cercle de fibres circulaires attaché à leur pourtour, mais interrompu par la partie moyenne de ces mêmes disques , partie qui est articulée d'une manière mobile.

Les astéries présentent une disposition bien plus compliquée. Il existe entre les extrémités internes des deux pièces principales , ou supérieures et internes (i) , deux paires de muscles formés de fibres transversales, La paire supérieure augmente l'angle que forment les deux pièces calcaires, et tend à les ramener davantage sur un même plan ; la paire inférieure fait l invcrse. La pièce carrée ou inférieure (2) donne en outre attache , de chaque côté de sa face supérieure , à un muscle vertical , qui monte à l'extrémité externe des pièces supérieures et internes, et qui rapproche ces pièces avec force. Enfin il y a, de chaque côté , entre chaque couple de pièces carrées, un muscle longitudinal trèspuissant , qui les rapproche l'une de Tan ire.

(1) Vol. Il, p. 26.

(2) Ibid. , p. 5o.

d'anatomie comparée. 23

Chaque segment du rayon a, par conséquent, quatre muscles différens.

Ces muscles manquent loul-à-fait aux oursins , saus doute à cause de la soudure de leurs pièces calcaires.

En revanche ils possèdent eu commun avec presque tous les autres échinodermes , à Texception des siponcles , et vraisemblablement aussi des ophiures et des gorgonocéphales , un autre appareil musculaire tout particulier, que l'on désignesouslenomdepied. Cettepartie est composée d'ampoules fort allongées, creuses, amples, s'appointissant insensiblement de haut en bas , qui sont formées d'une membrane délicate , et d'unecouchemusculaire qui I uisert d'enveloppe. Cette couche est composée elle-même de fibres internes longitudinales , él de fibres externefi circulaires, qui ne sont pas aussi fortes que les premières. La majeure partie de ces ampoules est située librement à l'extérieur ; la plus petite partie en est cachée dans la cavité viscérale. Des fibres comme tendineuses les attachent à la peau , à l'endroit où elles sortent de l'intérieur. Elles existent toujours en très-grand nombre et sont disposées généralement sur deux rangées juxtaposées. Elles contiennent un liquide , qui leur est apporté par un système vasculaire propre , que nous décrirons en temps et lieu. Ces parties s'allongent ou se retirent sur elles-mêmes, suivant que ce liquide y

34 TRAITÉ GÉNÉRAX

est poussé en plus ou moins grande quantité. Les fibres musculaires opèrent aussi sur elles des changemens de forme et de position.

Chez les holothuries ^ ces ampoules entourent quelquefois tout le corps , comme cela se voit sur le h. tuhulosa ; chez d'autres, telles que le h. pentactes , elles sont situées sur cinq doubles rangées , tout à côté des muscles longitudinaux. Leur extrémité interne est simple dans celte espèce.

Les pieds des oursins sont ceux qui offrent le plus de ténuité et la forme la plus allongée; ils sont situés dans les ambulacres , et forment par conséquent vingt rangées rapprochées deux à deux, de manière à constituer toutes ensemble dix doubles rangées. Leur extrémité interne, qui est renflée en cul-de-sac sphérique, se trouve dans l'épaisseur du test , et ne pénètre pas dans l'intérieur du corps ; les ouvertures qu'ils offrent ne sont que les orifices des vaisseaux qui s'y rendent. Leur extrémité libre se termine par une espèce de disque dont la forme rappelle celle d'une assiette creuse. Ceux du milieu du corps sont les plus gros; ils diminuent considérablement de volume de cette partie vers la bouche et l'anus.

Les pieds des astéries sont, toute proportion gardée, les plus volumineux et les plus forts ; leur structure est la plus façile à reconnaître. Ils forment au moins deux rangées

d'aNATOMIE COMPAli:ÉE. 25

juxtaposées, placées au côté inférieur de chaque rayon, et deviennent de plus en plus petits à mesure qu'ils s'avancent de dedans en dehors. Leur extrémité interne , qui s'avance beaucoup dans la cavité viscérale, est communément bifurquée assez loin en une moitié externe ei une interne ; leur extrémité externe est ordinairement, surtout chez Vasteria rubens et Y a. hepacten ^ un peu dilatée et concave comme chez les oursins ; il est beaucoup plus rare qu'elle se montre apointie , comme chez Vasteria aurantiaca. Les pieds ne forment que deux rangées sur chaque rayon , dans les asteria aurantiaca^ rubens^ lœuigata elumbilicata ; ils en forment au contraire quatre chez les asteria glacialis et hepocten , qui , sous ce rapport, se rapprochent des oursins.

Page 1