‹ Traité général d'anatomie comparée [electronic resource] (volume 3)Chapitre 43 sur 81 · Face dorsale · texte numérisé non relu

Face dorsale

1. Il existe à la région laplus interne delà face dorsale du cou, un muscle fort alongé, qui est en partie aussi le plus superficiel de cette région. Séparé de tous les autres muscles, il naît le plus souvent des apophyses épineuses des vertèbres cervicalesles plus inférieures, par un tendon qui se convertit en un ventre inférieur, après lequel vient un autre tendon, communément fort long, qui à son tour passe en un ventre supérieur beaucoup plus court, lequel enfin s'insère à la portion squameuse de l'occipital.

C'est, suivant M. Cuvier, le muscle digastrique du cou ; détermination qui me paraît exacte. D'après cela, le muscle que j'ai considéré chez les ché Ioniens , comme étant une partie ou la

totalité du trapèze, est vraisemblablement l'analogue de ce muscle des oiseaux.

M. Cuvier (i) le refuse , avec raison , au héron parmi les oiseaux à long cou ; cependant je l'ai trouvé très distinctement chez le héron à cuiller ^ lejlamingo , la cigogne , le cjgne et V autruche.

Ilestsurlout fort développé chez la dernière; il y naît des dernières vertèbres lombaires par un long tendon, qui, arrivé dans la partie antérieure de la cavité thoracique et dans la région inférieure du cou, se convertit en un ventre charnu. Chez V autruche a trois doigts, il succède ' à ce ventre un très petit tendon , puis un ventre charnu très fort, beaucoup plus long, qui s'étend jusqu'à l'occipital. Dans V autruche à deux doigts, ce muscle se détache de toutes les vertèbres thoraciques, et son tendon se continue le longde toute la partie charnue^ jusqu'à l'occiput.

Il faut cependant avouerquece muscle est très étroit dans les genres qui viennent d'être mentionnés. Le pingouin est celui de tous les oiseaux où il se montre proportionnellement le plus développé; jel'ai trouvé, en effet, chezun pingouin qui avait à peine deux pieds, plus fort que dans une autruche qui avait près de cinq fois celte longueur. Il est aplati, entièrement charnu , et a près de quatre lignes de largeur ; il s'étend <Ie la première veHèbre sacrée et du bord anté-

(i) Leçons , 1 , 237.

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rieur de l'os coxal à l'occipital. Il y est en même temps situé tout-à-fail superficiellement, tandis que, chez les autres oiseaux.^'iX est plus ou moins caché entre les autres muscles du dos. Toutes ces conditions sont évidemment en rapport avec la position entièrement verticale du tronc et avec le volume considérable de la tête des pingouins.

Je n'ai pas trouvé d'autre oiseau qui eût ce muscle entièrement charnu. Le tendoa mitoyen se montre le plus court chez les oiseaux de proie j il est à sa plus grande longueur chez les grèbes.

Après les manchots, ce muscle m^a paru être le plus volumineux chez le macareux , le guillemot et les oiseaux de proie ; je l'ai trouvé à son minimum de développement dans les gallinacés ^ Voie et le cormoran.

Le grand volume de la tête n'est pas une raison pour que ce muscle soit fortement développé; car il n'est pas volumineux chez les /?erro^t/e/5 et même les aras.

Lorsque ce muscle a un tendon^ il est communément plus long que les ventres charnus ; les perroquets et les oiseaux de proie font une exception à cette règle.

Le ventre inférieur est ordinairement plus long que le supérieur ; les perroquets offrent également le contraire.

Je m'attendais à trouver que chez le cormoran, ce muscle s'attachât à l'occipital qui est

mobile ; cela n'a pas lieu , ce muscle est destiné uniquement à concourir à la maslicalion. Aussi le muscle en question est- il très faible dans ce genre.

2. A côté du dernier muscle, on en trouve un autre beaucoup plus court, mais bien plus large, qui naît des apophyses articulaires et transverses des trois ou quatre vertèbres cervicales les plus supérieures, se dirige en dedans et s'attache à l'occiput, en recouvrant en haut le muscle précédent. M. Cuvier le désigne, avec raison, parle nom de complexiis, tandis que M. Tiedemann (i) le nomme moins, exactement si je ne me trompe , splénius de la tête.

Il estsurtout considérable et large dansl'awZrwchejiX correspond àlamoitié supérieureducou.

Je le trouve également très considérable et large chez le pingouin, quoiqu'il se détache seulement des troisième et quatrième vertèbres cervicales.

Sous les muscles qui viennent d'être décrits^ il y en a plusieurs , jusqu'à trois , plus ou moins distinctement séparés , qui augmentent de volume d'arrière en avant. Ce sont des muscles postérieurs de la tête, dont le plus postérieur est produit par l'apophyse épineuse de la troisième vertèbre cervicale, le second parcelle de l'axis, et le troisième par celle de l'atlas; ils se portent

(i) Zoologie , vol. M , p. 282.

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en avant et eu deliors, et s'insèrent , en se succédant de dehors en dedans et de bas en haut, à la face postérieure de la tête.

a. Face latérale et antérieui'e,

1. Sur les parties latérales du cou , il se détache des apophyses articulaires des vertèbres cervicales , depuis la seconde jusqu'à la sixième, lin tort muscle triangulaire, qui se porte en avant et en haut, se rendant à la partie postérieure delà face inférieure de la tête, où il s'insère conjointement avec le troisième , ou le plus externe des muscles droits du cou ; c'est le Ivachélo-mastoïdien,

Chez \q pingouin , il envole à la face latérale de l'atlas, un fort tendon qui représente le muscle oblique inférieur du cou.

2. En avant du précédent , on voit le muscle latéral de la tête, qui est à-peu-près aussi long-, mais plus faible que lui; il vient, en dehors, de la face antérieure des quatrième, cinquième et sixième vertèbres cervicales , et se porte à la portion mastoïdienne du temporal, où il s'in- > sère en dehors du muscle qui précède.

3. Le grand droit antérieur de la tête est fort considérable, particulièrement dans le pingouin; il se détache en avant, du milieu de la face antérieure des sixième, septième et hui-

ik TRAITÉ GÉNÉRAL

tième vertèbres, pour aller s'attaclitM-, en arrière et en dehors , à la face inférieure du crâne.

4. Immédiatement à côté de lui, naît le pelit droit antérieur, venant des deuxième, troisième et quatrième vertèbres cervicales ; il s'insère en arrière du précédent, à la face inférieure du crâne.

c. Région coccygiennc.

A la face dorsale du coccyx , on rencontre les muscles suivants.

1° Un lovi élévateur qX abducteur de la queue, quis^étend, de l'extrémité inlérieure du sacrum et des apophyses transverses supérieures, aux épines postérieures et à la base de la dernière vertèbre, et qui correspond au muscle épineux du dos ;

2° De forts muscles inter-épineux , entre cbaque couple d'apophyses épineuses ;

5° Un muscle considérable s'étendatit des apophyses transverses aux plumes de la queue , qu'il élève en les écartant les unes des autres.

On trouve sur les parties latérales :

1° Un fort muscle naissant du bord postérieur du pubis, qui s'attache aussi aux racines des plumes externes de la queue, qui lire en dehors et en avant ces plumes , et par elles la queue ;

2° Sous lui, un fléchisseur et abducteur de la

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queue, s'isolant du bord postérieur de l'os iléon , pour alleç s'attacher au bord latéral de la dernière vertèbre coccjgienne et aux petites plumes inférieures de la queue.

Uautmche ne possède qu'un de ces muscles; quis'élend de lapartie'postérieure de l'ischion à la moitié supérieure de la face latérale de la queue.

Chez le pic, ledeuxièuie de ces muscles latéraux est surtout très développé , conformément au volume considérable de la dernière vertèbre coccygienne.

La face inférieure de la queue offre les muscles suivants :

1° A côté de la ligne médiane, un petit fléchisseur, qui va des corps des vertèbres coccygiennes antérieures^ aux apophyses épineuses intérieures des postérieures de ces vertèbres et à la base de la toute dernière.

2° Un abducteur très fort, du moins toujours plus fort que le précédent, qui s'étend du bord inférieur de la tubérosité ischiatique et des apophyses transverses des vertèbres coccygiennes antérieures , aux apophyses épineuses inférieures des postérieures de ces vertèbres, et à la face latérale de la dernière.

Les muscles sous-caudiens sont, du reste ^ beaucoup plus faibles que les sus-caudiens. Ceux qui viennent d'être décrits sont également très développés , dans le pic.

Ji. Muscles des Côtes.

1. On voit naître, en arrière, du sommet des apophyses transverses des vertèbres, des élévateiœs des côtes ; muscles ayant la forme d'un triangle alongé , qui se dirigent de dedans en dehors et d'avant en arrière ; ils se rendent à la région postérieure du bord antérieur de la côte qui suit.

Celui de la première côte est surtout exlraordinairementrfort et long; il s'insère à presque toute sa moitié antérieure.

Cette côte a un second élévateur antérieur,qui est plus long, mais plus mince que l'ordinaire ; il vient par deux têtes, des apophyses transverses des dernière el avant-dernière vertèbres cervicales et s'insère à l'extrémité antérieure de la çôte ; il représente un scalène.

2 . Les élévateurs des côtes passen t dans les mtercostaux externes, qui s'étendent dans la même direction d'une côte à l'autre.

Les intercostaux externes se paitagent très

"énéralement en une moitié antérieure et une o

postérieure. La dernière s'étend de l'extrémité postérieure de la^côte jusqu'auprès de l'appendice costal ; la première naît de cet appendice , et s'étend jusqu'à l'extrémité antérieure de la côte.

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Il s'ensuit delà que les appendices des cotes sont destinés principalement à donner attache à ces muscles.

Ces muscles sont entièrement charnus dans toute leur étendue.

3. lues intercostaux z>zte/-/ze^ s'étendent moins loin en arrière ; ils commencent seulement dans la région des appendices costaux , quoiqu'ils n'en naissent pas; mais ils se prolongent autant en avant que les premiers. Ils affectent une direction opposée, et se distinguent, en outre , des intercostaux externes par une moindre épaisseur et par ce qu'ils ne sont charnus que dans leur partie antérieure, qui vient des côtes situées en avant , tandis qu'ils s'attachent par une aponévrose très mince, mais large , au bord antérieur des côtes postérieures.

Les manchots font exception à cette règle : leurs muscles intercostaux internes sont entièrement charnus dans toute leur étendue.

4. 5. il j a , en outre j entre les côtes sternales ou les cartilages costaux ossifiés, deux couches de muscles intercostaux plus petits, mais proportionnellement plus épais , qui descendent d'avant en arrière et de dedans en dehors. Il est ordinairement facile de bien séparer ces deux couches ; mais elles ne se distinguent pas, comme les mi'scles intercostaux postérieurs, par une direction différente de leurs fibres.

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