‹ Traité général d'anatomie comparée [electronic resource] (volume 3)Chapitre 53 sur 81 · VI · texte numérisé non relu

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100 TRAITÉ GÉNÉUAL

deul , à la porlioH mastoïditMine du temporal ; il correspond sans doule à la fois au loii^ du dos , au iraclcélo-masloïdien et au spléiiiiis de la tôte ; ce qu'il j a de certain c'est qu'il représente ipdubitablement le dernier.

A son extrémité postérieure, la masse musculaire qiîi nous occupe se divise en deux moitiés , plus distinctes dans le dauphin c^ne dans le monodon , une supérieure plus grande et une inférieure plus petite , qui s'attachent par de longs tendons aux apophyses épineuses ; elles élèvent la queue.

2" En dehors de ce gros muscle^ et tout-à-fait isolé de lui, on en trouve un autre bien plus faible , mais qui règne également dans toute la longueur du corps , et qui est bien plus épais à sa partie moyenne qu'à ses deux extrémités.

D'abord il s'élargit en avant en même temps qu'il s'amincit , puis s'attache aux côtes , sur lesquelles il passe sous la forme d'un large fascia charnu ; arrivé près du scapulum , il se rétrécit considérablement , et s'insère au temporal , à côté et au-dessous du précédent.

- En arrière , i! se divise en un grand nombre de fascicules pointus, qui vont aux apophyses transverses des vertèbres coccygiennes.

Sa partie moyenne correspond incontestablement au ventre externe de Yextenseur conimwi du dos, autrement le sacro-lombaire j en avant, il représente le trachélo-mastoïdicn, ou Vinter-

d'asatomie comparée. i3i

transversaire du cou. Par sa partie postérieiire , il tire la queue fortement slit^ le côté.

5° Un autre muscle', bien plus petit, est sitUé sous celui qui précède ; il s'étend des apophyses trans verses des vertèbres antérieures à celles des postérieures , au moyen de faisceaux séparés , dont ceux du devant sont charnus , et ceux du derrière tendineux. Il est également abducteur ou Jléchisseur latéral de la queue. .

4° \J ahaisseur de la queue est beaucoup plus fort , presque aussi épais que le premier , mais plus court que lui \ c'est un muscle triangulairé qui naît de la face inférieure de la dernière côte, des dernières vertèbres dorsales, enfin des vertèbres lombaires et sacrées , par cinq faisceaux charnus séparés, qui , après un court trajet, se convertissent en longs tendons, allant à la face inférieure des vertèbres coccjgiennes.

Il est vrâisémblàblè que 6è muscle rept-ésente le carré des lombes , le psoas et VâtajCfilè, muscles que l'on distingue bien par places, particulièrement sur le dauphin. Chez lui ^ le' ventre simple d'abord' se partage en arrière^ éh deux autres ventres , ùh e:iterne et un interné, qui à leur tourne sùb^Uvisenf chalctth en ùûe moitié externe et une ihteri*i'é'. •"'''♦'''îi

5" Etï dedans de l'abaisseur de la queué ; existe un muscle Ibrt alongé qui , du bord supérieur du rudiment du bassin , s'étend aux

l32 TRAlTJi GÉNÉRAL

apophyses épineuses inlérieures du cinquième moyen de la queue. Il entoure étroitement la partie inférieure du rectum , sert par conséquent à expulser les matières l'écales , appuie le précédent dans l'abduction de la queue , et tire en même temps en arrière le rudiment du bassin .

Dans le monodon, il s'étend bien moins en arrière que dans le dauphin.

Passons maintenant à la description des muscles du tronc des autres mammifères , que nous ^ allons faire d'après l'ordre suivi pour les autres classes.

a. fldgion tlioracique et abdominale.

L . Le grand extenseur commun du dos ( opisthotenar ) , que nous avons signalé comme muscle propre déjà dans les reptiles (1), existe chez tous les mammifères. Son ventre commun correspond à la région lombaire et à la majeure partie antérieure du sacrum. Très généralement il est confondu avec le muscle épineux du dos , qui s'insère , par quelques languettes tendineuses, aux épines des vertèbres thoraciques anté-

(1) Vol. V, pafT. 221, a34, 0.61, 275.

d'anatomie COWPAUÉE, l53

rienres et moyennes: cette fusion est tellement intime , que l'extenseur commun du dos petit être considéré comme un muscle à trois ventres, qui se séparent dans la région lombaire. Le ventre interne constitue V épineux , le long du dos est représenté par le ventre moyen et? enfin le sacro- lombaire est reproduit par le ventre externe. Ordinairement le ventre commun se divise à l'extrémité anlérieuredelarégiôn lombaire, en deux moitiés, dontl'internesesubdivise et forme Vépitieux ei le long du dos, tandis que la moitié externe constitue \e sacro-lombaii-e .

Le muscle épineux naît des épines d^es vertèbres tboraciques inférieures , et s'attache à celles des vertèbres dorsales moyennes et antérieures.

Le long du âfo^ s'insère, en général, par une rangée interne de' languettes , aux apophyses transverses , et , par une rangée exlerrie , soit aux apophyses transverses de la plupart des. vertèbres thoraciques , soit à ces mêmes apophyses et à la fois aux côtes.

Le sacro -lombaire s'attache, par dès languettes ascendantes, aux côtes, d'où il naît en même temps par des bandelettes internes , plus profondes. Lescôtesles plus antérieures n'offVent ordinairement point de ces bandelettes.

Cette disposition m'a été offerte très distinctement par les solipédes , les ruminans parlioulièrenienl {emouLon et \e chameau , par le daman j piu^mi les rongeurs, par la marmote,^

TRAITÉ tiÉNÉRAL

panni les carnassiers , par ïhjène, le et le chat , et enfin par les makis , parmi les quadrumanes.

Dans Vhomme , les loris et les singes , l'épineux est mieux séparé j mais ce muscle , et le long du dos , y sont néanmoins unis très étroitement sur plusieurs points , par un grand nombre de faisceaux charnus et tendineux.

Le ventre externe est très généralement le p] us faible du muscle extenseur commun du dos.

Dans \ç) cheval y par exemple , il égale à peine le vingtième du ventre moyen.

Il est u,n peu plus fort , en proportion , dans les, ruminans.

Chez les édeniés et les monotremes , il est proportionnellement encore un peu plus grand, particulièrement chez Vornithorhynque , où il est aiussi plus large , quoique plus mince.

Je l'ai surtout trouvé volumineux dans le phoque.

Chez Vhjène , l'épineux est beaucoup plus développé que le long du dos.

Dans le chameau , j'ai trouvé le ventre externp , qui y, est très mince , entièrement séparé du ventre moyen et du commun. Dans le cheval et le mouton , il ne tient également au ventre commun que par une languette étroite.

Généralement la rangéë externe des languettes du ventre moyen se, rend aux côtes; j'ai vu cependant, dans V hyène y cette disposition ne

n'A-NATOMiE COMPARÉE. l55

régner que jusqu'à la sixième côte; à pailir de ce point jusqu'au premier de ces appendices . > leslang-nettes s'attachaient seulement aux vertèbres dorsales.

L'extenseur commun du dos le plus développé est celui des cétacés j le plus faibie existe chez les chéiroptères , principalement les chauve-souris.

2° A côté et en dedans de l'extenseur cornnun du dos, règne une masse musculaire, appliquée immédiatement sur les vertèbres. Cette masse monte obliquement de dehors en dedans et d'arrière en avant, en s'étendant principalement des apophyses transverses aux apopbjses épineuses ; on lui dislingue communément une couche profonde et une superficielle , que l'on désigne , la première , par le nom de grand muscle épineux transversaire ( multifidus spinœ ) , et l'autre par celui de demi- épineux. On parta^^e le dernier, avec moins de raison , en un muscle antérieur et un postérieur; le premier est nommé épineux du cou; le second, par opposition à IVpineux du dos ^qui a déjà été décrit ( i), reçoit le nom àe demi-épineux du dos . Ces deuxprétendus muscles n'en constituent , en effet > qu'un seul , qui peut être divisé tout au plus en demi-épineux du thorax et en demi-épineux du cou.

/' ojKez pa|',. j33.

l36 TIlAITIv GÉNÉRAL

Celte masse musculaire s'étend dans toute la longueur de la colonne vertébrale , depuis le sacrum jusqu'à l'axis. Elle augmente considérablement d'épaisseur d'arrière en avant , élend le rachis en arrière , et lui imprime à la fois un mouvement de rotation sur son axe , de telle sorte que la face antérieure de la colonne se tourne un peu vers le côté opposé.

Dans le porc et le pécari , le grand épineux transversaire et le demi-épineux du cou ne sont absolument pas séparés. L'extenseurcommun du dos, l'épineux et le demi-épineux du dos, n'j font également qu'un muscle, qui ne se partage en deux ventres qu'au niveau du milieu du thorax ; l'externe de ces ventres va jusqu'au milieu du cou / et s'attache aux apophyses transverses ; l'interne se rend aux apophyses épineuses des vertèbres cervicales inférieures. Ils s'insèrent , en outre, de la manière accoutumée, aux côtes et aux apophyses transverses.

C'est dansle chameau que j'ai trouvé le demiépineux du cou surtout très développé ; il y naît non-seulement des apophyses transverses , mais en outre des épines des vertèbres dorsales antérieures ; cette particularité est curieuse à cause de la nécessité de puissances musculaires plus considérables , pour tirer en arrière le cou si long de cet animal.

.Dans Vornàhorhpique, le long du dos est entièrement séparé sncro-lomhaire , tandis qu'il

d'ahatOmie coMPAiitu. i5y

est lout-à-lail conl'ondu avec le muscle épineux et le demi-épineux.

Cette disposition se rencontre également dans les tatous , les paresseux ei les fourmiliers y où il est impossible surtout de séparer le demi-épineux et le multifide du dos.

Chez les rongeurs, V épineux est mieux séparé que nous ne l'avons vu jusqu'ici du demi' épineux et du multifide j ces deux derniers ne constituent qu'un seul muscle , qui est plus Ibrt chez eux que chez les édentés.

La même chose existe dans les marsupiaux , principalement dans les sarigues.

Parmi les carnassiers , ces muscles sont surtout très larges chez le phoque; mais ils j sont minces et séparés peu distinctement.

Dans les quadrumanes , chez les makis aussi bien que les singes , et dans V homme , les deux couches de mnscles qui nous occupent sont plus distinctes l'une de l'autre que dans les autres animaux.

Dans les chauve - souris , au contraire, ces deux muscles ne semblent pas exister; ils ont été refoulés tout-à-fait par Y épineux et Vextenseur commun du dos , ou bien sont confondus avec eux.

5 , 4. 11 n'existe en outre, entre les verte- J)re5 des régions lombaire el thoracique , que de

l38 TRAiri; GÉNÉRAL

laibles muscles inter-transversaires et inler-épineuXj qui se conlondent avec les autres muscles tle ces régions , principalement avec VépmeiD et le demi-épineux.

b. Région cervicale.

1° Le muscle le plus superficiel de la nuque . situé immédiatement sous le trapèze , est le splénius. On pourrait croire , d'après M. Wiodemann (i) , que le castor l'ait une exception à cette règle; il dit que le complexus recouvre le splénius ; ce qui est évidemment une faute typographique. , .

En effet, d'aDorJ M. Wiedemann décrit le splénius comme étant le complexus^ et en second lieu , il fait la remarque que le complexus s'insère sous le splénius. Enfin , je me suis convaincu par moi-même que le castor offre absolument les rapports ordinaires.

Les antbropolomistes distinguent communément deux splénius , le supérieur et plus grand. on splénius de la tête , et M inférieur, plus petil , ou splénius du cou. Le premier s'étend des épines des vertèbres cervicales inférieures à l'apopbjse mastoïde , et à l'arcade occipitale ; cette insertion a lieu le plus souvent d'une manière isolée, mais elle se lait aussi simuUané-

(i) Anal. Bcsclireibiin^ dàs Bi'hers. Jrchiv fiir Zoologie, \y, I, pa{^. lofï.

D AWATOMIE COMPARÉE. • i5g

ment. Le second va des apophyses épineuses de quelques-unes des premières vertèbres thoraciques aux apophyses transverses d'un certain nombre de vertèbres cervicales antérieures. Il arrive cependant souvent^ même chez l'homme, que ces deux muscles ne peuvent être séparés qu'arbitrairement ; chez les animaux , ils sont unis d'une manière encore plus intime , le postérieur n'y existe pas du tout, et l'antérieur, qui va seulement à la tête , semble considérablement grossi à ses dépens. 11 convient, par conséquent, de considérer ces deux muscles comme n'en constituant qu'zm^ew/y n'importe qu'il s'in- : sère à la tête seulement, ou aussi aux vertèbres t cervicales. L'insertion à ces vertèbres seule- 1 ment est très rare, ou n'a peut-être jamais lieu .

Parmi les ruminans , le mouton olFre les ( deux parties séparées. L'antérieure est petite tet mince ; la postérieure! naît , par deux faisiceaux, des troisième et quatrième vertèbres c cervicales, et s'insère en bas à l'apophyse trans- > >{.erse de l'atlas.

^ D'après mes recherches, le splénius du cou I manque totalement, dans le chameau, tandis çq^e. le, splénius de la tête y existe. C'est i un. muscle mince et grêle, prenant origine deuxième tendon du digastrique qui lui est sous-jacent ; il reçoit, en outre , du fais-

ceau.le plus supérieur de ce muscle un ventre (harnu mince et alongé , qui se termine par

l4o THAITÉ GÉNÉIIAL

un tendon mince à l'occipital. On voit diapré* cela, que le splénius est très peu développé dans^ ce genre, et qu'il ne provient d'aucun os.

Dans le cheval , ce muscle s'étend des épines de deux vertèbres dorsales mo^yennes aux apophyses transverses des deuxième , troisième , quatrième et cinquième vertèbres cervicales ; il: s'attache aussi à l'apophjse mastoïde , en franchissant l'atlas.

Dans le daman y la partie antérieure du muscle est unie inférieurement à la postérieure ; le splénius du cou s'insère seulement à l'atlas. La même disposition existe chez le cochon.

Dans les monotrèmes , du moins dans Vornithorh^ncfue, ce muscle est long et large, se confond, à sa partie moyenne , avec celui du côté opposé, entoure presque toute la nuque, et s'insère en haut seulement à l'apophyse mastoïde.

Chez les fourmiliers , parmi les édentés , il va seulement à l'occipital. Le tatou en a deux, dont l'antérieur est bien plus développé que le postérieur. Ij'aï présente une exception à la règle qui est rare ; le muscle postérieur y est bien plus développé que l'antérieur , dont il est entièrement séparé , excepté dans une petite étendue de sa partie postérieure et interne. L'antérieur va seulement à l'occiput, le postérieur aux six premières vertèbres cervicales. Ils Jiaissent de toutes les vertèbres cervicales et des deux premières vertèbres ihoraciques.

d'anatomie comparée. iZj-l

'Ces conditions coïncident d'une manière digne <le remarque, avec l'augmentation du nombre tles vertèbres cervicales.

Dans les rongeurs, les deux parties sont entièrement confondues , ou il n'existe que celle qui va à la tête.

La première disposition se rencontre , par exemple, dans les genres agouti et porc-épic. Chez ces animaux, la partie antérieure s'attache à la tête et la postérieure à l'atlas.

Dans d'autres, tels que la marmote, le castor, V écureuil, le rat-taupe du Cap , le cahiai , le hamster j le muscle ne s'attache qu'à la tête.

Parmi les animaux a bourse, il ne s'insère également qu'à la tête , chez les sarigues et le kangurou.

Il en est de même parmi les carnassiers , dans les genres phoque j hyène, chat , chien , marte, loutre, ours, coati, blaireau, potto, taupe , hérisson e\ raton, et dans la mangouste d'Egypte (Ichneumon). 11 est vraisemblable que cette disposition est générale dans l'ordre des carnassiers ; ce qui s'accorde avec les données de M. Cuvier.

Parmi les carnassiers , le phoque surtout le présente très mince et faible; il est très fort . dans les taupes.

D'après mes recherches , les hris sont égale- 1 ment privés du splénius du cou ; ils n'ont que le ^spléniusdelatête,quiestcependant volumineux.

Dans les makis , les deux splénius sont en • tièremenl séparés , comme je m'en suis convaincu par la dissection de deux individus de l'espèce montons (lemur mongos). Le splénius du cou y est également beaucoup plus petit ; il fait tout au plus le quart de celui de la têle ; il se rend seulement à la première vertèbre cervicale , ou tout au plus à la seconde , à en juger par un des individus que j'ai disséqués.

Vers son extrémité supérieure, il se confond avec le trachélo-mastoïdien , qui passe sous lui.

Les singes présentent plusieurs variétés.

Dans le papion (simia sphinx) , on ne trouve que le splénius delà tête, mais il y est très large.

Lesaï {simia capucina), au contraire, possède le splénius du cou, mais il j est moins séparé qué dans les makis; il ne présente en elTet qu'une très petite languette , isolée vers l'extrémité externe qui se rend à l'atlas.

Chez le coaïta (siniia paniscus), les deux mus-» des sont tout-è-fait séparés; le splénius delà téle est huit fois plus large que celui du cou, et celuici ne va qu'aux deux premières vertèbres cervicales.

Dans V homme j ces deux muscles existent ordinairement séparés. Celui de la têle est bien plus fort que celui du cou ; mais pas daiis une prH)portion aussi considérable que chez la plupart des autres mammifères.

C'est dans les édentésj les rongeurs ^ les mar-

d'an ATOMir: compaki'îe. i4.5

supiaitx et la taupe , que ce muscle m'a paru être à son maximum de développement ; le plus faible est celui des solipèdes et des ruminans.

Lorsqu'il est bien développé , il occupe en général toute la longueur du cou, se confond sur la ligne médiane , avec son congénère du côté opposé, et naît du ligament cervical; dans le cas contraire , il prend naissance plus bas.

2" Tous les mammifères possèdent un extenseur interne de la tête, étendu sur l'extenseur commun du dos, sous le trapèze et le splénius; il est formé , plus ou moins distinctement, d'un ventre externe et d'un interne, savoir : le premier est le complexus , et le second est le digastrique.

Le digastrique, qui est plus lon«; que l'autre, s'isole des apophyses transverses de plusieurs vertèbres dorsales supérieures , et communéuient aussi des épines d'une ou de plusieurs vertèbres cervicales inférieures.

Le complexus tire son origine des apophyses transverses de quelques vertèbres thoraciques antérieures, et de celles de quelques vertèbres cervicales postérieures.

En haut, ces deux muscles se réunissent, et s'insèrent à la portion squameuse de l'occipital.

Dans plusieurs animaux de cette classe , ces deux muscles offrent une ou plusieurs intersections aponévrotiques ; les intersections n'y sont toutefois jamais aussi longues que dans les oi-

r44 TIlAITÉ GÉNÉRAL

seaux; elles sont surtout prononcées dans le faisceau musculaire interne, auquel cette disposition fait donner le nom de complexus.

Ces muscles n'en font qu'un dans le cheval, le mouton et le chameau, et vraisemblablement dans tons les ruminans.

Chez le cheval y cet organe a un ventre inférieur, épais, long et cylindrique , qui tire son originedes apophyses Iransverses d'à peu près six vertèbres dorsales antérieures, à partir de la troisième; le ventre supérieur qui est triangulaire^ aplati et plus large , vient des apophyses transverses des vertèbres cervicales, comprises entre la première et la sixième. Ces deux ventres ne se réunissent que fort haut, et s'insèrent à l'occipital par un tendon court et mince.

Le long ventre interne est coupé par quatre intersections aponévrotiques étroites, situées dans sa partie moyenne , à des distances assez considérables et égales les unes des autres, qui descendent de dedans en dehors. Le ventre externe ne présente qu'une seule intersection à sa partie supérieure ; elle se dirige d'avant eu arrière.

Dans le chameau, le muscle n'a que sept faisceaux d'origine, qui naissent des cinq dernières vertèbres cervicales , et des deux premières dorsales ; il s'insère à l'occipital par une languette mince. Il n'a également qu'une seule intersection aponévrotique , étroite , mais très

d'anatomte comparée. 14.5

longue et très oblique , qui monte de dehors en dedans.

Chez le mouton , le muscle se co porte comme chez le cheval, avec cette différence qu'il n'a absolument point d'intersections aponévrotiques.

Elles manquent également dans le daman et le porc , où les deux muscles sont tout-à-fait confondus.

Ces muscles sont, au contraire, séparés dans tout leur trajet, c\\ezV omithorhjnque j le coniplexus , qui est beaucoup plus épais que l'autre, se divise en un ventre externe, plus court et plus profond, et en un ventre interne, plus long et plus superficiel. Ni l'un ni l'autre de ces muscles n'a d'intersections aponévrotiques.

Dans \es fourmiliers y ils sont entièrement confondus, et constituent un musclé très fort, également privé d'intersections aponévrotiques.

Dans les paresseux , il n'y a qu'un muscle qui vient uniquement des vertèbres cervicales inférieures ; il est faible , alongé , sans intersections aponévrotiques.

Chez les rongeurs, il est plus fort et plus large ; il naît de la plupart des vertèbres cervicales, et, en outre, des dorsales supérieures; il s'y présente dépourvu d'intersections aponévrotiques, ou n'en a qu'une, très faible, qui monte de dehors eu dedans.

Les deux muscles sont bien plus faibles dans les marsupiaux , du moins chez les sarigues j ils VI. 10

y sont séparés dans presque toute leur longueur, et parviennent àundéveloppementbien moindre que dans les rongeurs j le ventre interne seul est pourvu au-dessus de sa partie moyenne , d'une bande aponévrotique , étroite.

La même disposition se remarque dans les carnassiers j le muscle y est aussi plus petit que chez les rongeurs , à l'exception de la taupe , où il est fort et très large.

M. Cuvier avance que, dans les carnassiers, le complexus est distinctement séparé du digastrique ; cette disposition n'est pas générale , car elle n'existe pas dans Vours et le blaireau. Toutefois je les ai vus , dans Xhjene , mieux séparés que cliez Vhomme. Dans l'A/è/ze, le ventre interne , qui correspond au muscle digastrique , a deux intersections aponévrotiques , étroites^ qui manquent chez Vours et le hlaireau.

Dans les singes, ces deux muscles sont également unis d'une manière intime; ils sont larges et plats J sans intersections aponévrotiques notables.

Ces intersections manquent entièrement chez les mrt^w proprement dits et les loris, où les muscles en question, sont complètement séparés.

Dans Vhomme, ils sont presque tout-à-fait confondus comme chez les singes ; les tendons intermédiaires sont longs ; le digastrique en a communément deux.

Dans 1er. chauve-souris ils sont , au contraire.

d'anatomie comparée. 1^7

tout-à-fait séparés, et privés de tendons intermédiaires.

5° En dehors des muscles complexus^ digastrique et splénius , est situé un troisième organe musculaire, plus faible et plus plat, que l'on décrit aussi d'ordinaire comme deux muscles , quoiqu'il n'en constitue le plus souvent qu'un seul. Il s'étend, des apophjses articulaires et transverses des vertèbres cervicales inférieures et des dorsales supérieures , à l'apophyse mastoïde et aux apophjses transverses des vertèbres cervicales.

La partie antérieure de ce muscle , qui va à l'apophyse masloïde , est le trachélo-mastoïdien ; la partie postérieure qui se rend aux vertèbres cervicales , est le transversaire du cou Ç transversalis cervicis).

Ces deux muscles ne sont que rarement séparés d'une manière complète ; peut-être ne le sont-ils jamais.

Ils sont unis surtout dans le daman, le cochon, les monotrèmes , les édentés , du moins dans les fourmiliers et les paresseux , de même dans les rongeurs , les marsupiaux et les carnassiers.

On les trouve séparés davantage dans le coatiy le potto , la taupe , le blaireau, Vours , peut-être dans tous les plantigrades j ils le sont plus encore dans les quadrumanes , particulièrement dans les singes, et dans Vhomme.

4° En dehors du trachélo-mastoïdien et du

l48 • TRAITÉ GÉMCRAL

transversaire du cou, on trouve en général en bas, clans la majeure partie du cou , la portion supérieure du musclelong du dos, qui, dans la plupart des mammifères, occupe à lui seul la région inférieure du cou, et qui, dans ce cas, s'étend jusqu'à la quatrième ou la troisième vertèbre cervicale.

Quelquefois on y rencontre un muscle propre et alongé , entièrement séparé du long du dos , du sacro-lombaire et du transversaire du cou ; il prend naissance en bas , entre les deux ventres de l'extenseur commun du dos , à quelquesunes des côtes antérieures^ par des languettes séparées ; puis il se porte en haut et s'insère, par des languettes également séparées , à côté et au-dessous du transversaire du cou, aux apophyses trans verses de quelques-unes des vertèbres cervicales inférieures.

C'est le mxxs^Q cervical descendant i ou plutôt ascendant.

Mais il faut dire que ce muscle est loin d'être général; c'est chez Xhomme seul que je lui ai trouvé distinctement la disposition qui vient d'être indiquée.

M. Sœmmerring (i) , dont j'ai suivi les errements dans un autre ouvrage (2) , considérant que ce muscle naît des côtes , et qu'il s'unit intimement au ventre externe de l'extenseur

( I ) M uskel 1 eh le S. , 1 68 ( Myologie ). {'i) Mcuschliclie Anat. Bd. a. S. 4>0'

d'aNATOMIG COMPARÉt:. l/|9

commun du dos , le regarde comme la partie supérieure de ce ventre. L'étude de la myologie comparée me range aujourd'hui d'un autre avis ; je crois qu'il n'appartient pas au venlre externe , mais bien au ventre interne de l'extenseur commun du dos.

Il manque en effet , comme la remarque en a été faite , à la plupart des mammifères , et dans ceux où il n'existe pas , le muscle long du dos en est d'autant plus long , et s'étend pour le moins jusqu'au milieu du cou.

Cette disposition est surtout celle des singes y des makis j des carnassiers, des marsupiaux , des rongeurs , des édentés, de V ornithorhjnque , des cochons et du daman. Dans tous ces animaux, je n'ai pas pu découvrir la moiadre trace du muscle en question.

Le muscle cervical ascendant , qui est i^solé chez l'homme, était, dans ces animaux, évidemment confondu avec le long du dos , dont les origines étaient , en outre , tout-à-fait éloignées, des côtes.

Cette différence, entre la conformation de l'homme et celle des mammifères , tient vraisemblablement à la largeur plus considérable delà cavité thoracique de l'homme , à la. mobilité plus grande de son cou et au développement pins fort de son crâne.

Le cAefrtZet quelques ruminans , par exemple les cerfs, offrent en revanche, en dedans du long

l5o TRAITÉ GÉNÉRA-L

du dos, un semblable muscle alongé, qui s'étend des apophyses transverses et obliques de quelques vertèbres thoraciques'antérieures aux apop h jses Iransverses de quelques vertèbres cervicales inférieures ; il est entièrement séparé du long du dos et du transversaire du cou.

Dans le cheval, ce muscle est bien plus fort que le ventre externe de l'extenseur commun du dos ; dans le mouton , il est au contraire plus faible que lui.

Il existe en outre dans le cheval , de petits faisceaux propres , formés d'après le type du dernier , et séparés de lui , ainsi que des muscles intertransversaires ; ils vont obliquement, de bas en haut et d'arrière en avant, des apophyses transverses des vertèbres cervicales postérieures, à celles^des cervicales antérieures.

5° On trouve en outre, à la face dorsale du cou , les muscles inter-épineux , qui sont ici plus forls que dans la.région thoracique, quoiqu'ils soient également faibles , en proportion des autres mucles.

Ils n'offrent que peu de différences.

Quelques mammifères, par exemple, X^marte et la loutre , ont au cou un muscle inter-épineux très fort , qui est appliqué sur les inter-épineux ordiueiires , auxquels il est uni d'une ma-

d'anatomie compahée. i5t

nière intime ; il s'étend, de l'apophjse épineuse de la première vertèbre dorsale , à la seconde cervicale.

J'ai vu cliez le phoque ^ un semblable muscle s'étendre des quatrième et cinquième vertèbres dorsales, aux troisième et quatrième cervicales ; mais il était entièrement séparé des inter-épineux sous-jacenls, qui sont , dans ce genre, é^^alement fort développés.

J'ai cherché en vain, dans les autres ordres, ces muscles que l'on rencontre quelquelbis,. par anomalie, chez l'Aom/Tze.

6° Les parties latérales du cou ofiFrent aussi leurs muscles intev-transversaires , qui sont situés à la plus grande profondeur, mais qui sont plus forts que ceux de la région thoracique ; ils se divisent le plus souvent en un muscle antérieur et en un postérieur.

70 à 110 Plusieurs petits muscles, qui l'emportent beaucoup en volume sur les deux derniers, auxquels ils correspondent, s'étendent communément des deux premières vertèbres

cervicales^àlatête,etprincipalementàrocciput.

7% 8° hes deux droits postérieurs de la têie naissent, le grand, de l'apophyse épineuse de l'axis,

\e petit, de celle de l'atlas; ils s'attachent en bas à la partie squameuse de l'occipital; le grand recouvre l'autre , qui est bien plus petit que lui.

9", 10° V oblique inférieur de la tôte^ va de l'apophyse transverse de l'axis à celle de l'atlas ; V oblique supérieur s'étend de l'apophyse transverse de l'atlas, en bas, à la portion articulaire de l'occipital.

11° En avant du dernier, est situé, entre les deux os , le droit latéral de la tête.

Les deux premiers de ces muscles , no 7 et 8, sont les deux inter-épineux les plus antérieurs 5 le troisième et le cinquième, n° 9 et 11 , constituent la première paire des inter-transversaires ; le quatrième, ou l'oblique supérieur, no 10, représente la première languette de X épineux du cou et du multifide du dos.

Ces muscles existent fort généralement; ils sont bien plus développés dans les animaux, surtout dans les carnassiers et les édentés, que chezV liOTume . Ils ne sont cependant pas très forts chez le daman , et très petits dans les cétacés.

Communément le petit droit postérieur y est beaucoup moindre que les autres ; dans Vaï , je le trouve , au contraire, fort considérable, aussi grand que les autres , qui ont tous à peu près le même volume.

Ils y sont très distinctement séparés les uns des autres , tandis que , dans le fourmilier , ils sont confondus plus que de coutume.

d'awatomie comparée. i53

Cette union n'a pas lieu chez le tatou, où le petit droit postérieur est extrêmement petit.

Dans le cheval , le grand droit postérieur est partagé en deux ventres^ dpnt le plus superficiel et le plus long , qui n'est pas plus épais que l'autre, vient de tout le bord postérieur de l'axis, tandis que le ventre plus petit et plus profond, naît d'une échancrure, qui existe sur le bord antérieur du même os.

Le petit droit postérieur est aussi épais que les deux ventres du grand droit réunis ; il tient le milieu pour le volume entre tous les muscles postérieurs de la tête.

Le plus fort est incomparablement l'oblique" postérieur ; il a pour le moins dix fois plus de masse que le droit postérieur.

Dans le mouioiiy le grand droit postérieur n'est pas divisé.

Il l'est dans le fourmilier didactjle : l'un des ventres est situé au-dessous et en dehors de l'autre, qni est plus grand que le premier (i).

Dans V ornithorhjnque , le grand droit postérieur ne naît pas seulement de l'apophyse épineuse de la seconde vertèbre cervicale , mais en outre de celles des troisième et quatrième vertèbres -, le petit droit vient de tout le bord antérieur de l'atlas (2).

(1) Meckers , Archw fur die Physiologie , V, 3g.

(2) Meckel , de Ornithorhyncho paradoxo, p. 24.

l54 TRAITE GIÎNÉRAL

Les muscles obliques de la plupart des animaux de cette classe , principalement des carnassiers, àes ruminans et des solipèdes , sont bien plus droits que dans l'homme.

Dans Vours , particulièrement Vours blanc , j'ai vu le grand droit divisé en un ventre superficiel et en un profond , comme dans plusieurs des animaux précités.

12*^ Entre les muscles supérieurs ou postérieurs du cou et les antérieurs ou inférieurs , que nous considérerons plus loin, on trouve les scalènes, les releveurs ou sustenteurs des côtes. Ces muscles, bien qu'ils exercent réellement la fonction indiquée par leur dénomination ordinaire, fixent aussi les vertèbres cervicales mobiles , lorsqu'ils entrent en action à droite et à gauche à la fois ; en se contractant seulement sur un côté , ils fléchissent les vertèbres de ce même côté.

Ils sont situés ordinairemententre la première ou les deux premières côtes, d'une part : et le plus grand nombre des vertèbres cervicales de l 'autre ; ils s'attachent auxapophjses transverses de ces dernières.

A l'état de leur parfait développement, il y en a trois : un antérieur , un moyen et un postérieur; le premier et le dernier sont ordinai-

u'ahatomie comparée. i55

renient les plus longs. Entre le scalène moyen et, l'antérieur on voit se diriger les nerfs du plexus brachial, et l'artère sous-clavière. Lorsqu'il n'y a que deux scalènes, ce qui arrive le plus souvent, les parties précitées passent audevant du plus antérieur.

Dans le dauphin ordinaire y il n'y a que deux muscles qui me paraissent être des sustenteurs de côtes. L'antérieur est très fort, plus épais que le sterno-mastoïdien ; il tire son origine de l'extrémité interne de la première côte, et de l'extrémité externè de son cartilage , passe audevant du cou, sous et derrière le sterno-mastoïdien y pour se rendre à l'apophyse mastoïde i dans ce trajet, il saute les vertèbres cervicales. En arrière de lui, est un second muscle qui, de là première côte , va à toutes les vertèbres cervicales , mais principalement à la première.

Il y a trois scalènes dans les ruminans et les solipèdes.

L'antérieur est surtout long chez le chameau; il y est divisé en un grand nombre de faisceaux, peu unis entre eux , qui s'attachent à toutes les vertèbres cervicales, la seconde exceptée. Le moyen, quiest uni inCérieurement au précédent, se rend aux cinquième et sixième vertèbres cervicales ; le scalène postérieur , qui est très court,va seulement àla septième de cesvertèbres.

Ils sont plus courts dans le mouton. L'antérieur s^insère seulement aux quatrième et cin-

l56 TRAITÉ GÉNÉRA.L

quième vertèbres cervicales le moyen aux cinquième et sixième, et le postérieur, à la septième.

Tous naissent, dans les deux genres, uniquement de la première côte.

Les scalènes du cheval sont encore plus courts que ceux du mouton. Ils viennent également tous de la première côte. L'antérieur s'étend aux cinquième et sixième vertèbres cervicales ; le mojen et le postérieur seulement à la septième.

Il n'j a que deux scalènes chez le daman. L'antérieur, beaucoup plus petit que l'autre, est situé entre la première côte et les trois dernières vertèbres du cou , au - devant du plexus nerveux brachial ; le postérieur , qui est quatre fois plus long et aussi épais que lui, s'étend des troisième, quatrième, cinquième et sixième côtes , à la cinquième vertèbre cervicale.

La disposition est la même dans le cochon; mais son scalène postérieur , qui est en proportion plus court, s'attache, en haut , aux trois dernières vertèbres cervicales; et, en bas seulement, aux troisième et quatrième côtes.

Dans cet animal , le muscle élève les côtes avec force.

Dans V orniihorhjnque j parmi les mouotrèmes, les scalènes, le petit pectoral et le sous-clavier semblent se confondre entre eux (i).

(i) Meckel , de Orniihorhynclio , pag. ^4.

d'anatomie comparée. 167

Parmi les édentés , je ne trouve, chez Yai^ qu'un seul scalène , situé derrière le plexus nerveux brachial; il vient delà première côte, et va à la moitié postérieure du cou , qui est plus petite que l'antérieure. Le tatou et le fourmilier oS.frent la même disposition , à cela près que chez le premier, le muscle naît de la seconde côte.

Jl est vraisemblable que , dans les édentés , la majeure partie de ce muscle s'est isolée et portée aux côtes , où il sera décrit plus tard comme muscle propre.

Le scalène antérieur manque au porc-épic , à la marmote , à V agouti, et vraisemblablement à la plupart des rongeurs : le moyen et le postérieur y sont confondus; mais ils sont fort longs; ils vont des cinq premières côtes aux vertèbres cervicales , à partir de la troisième jusqu'à la septième. Une insertion descendue aussi loin , ne permet pas de douter que ce muscle ne représente le scalène postérieur.

Parmi les marsupiaux , le genre sarigue est également privé du scalène antérieur. Les deux qu'il a, ressemblent à ceux des /'O/z^ewr^ y avec cette différence que le postérieur est plus court, puisqu'il ne s'étend que des deux dernières vertèbres cervicales, aux troisième et quatrième côtes. Ils sont aussi plus faciles à séparer l'un de l'autre que dans les rongeurs.

Cette disposition se rencontre aussi chez la art des carnassiers.

1 58 TIIMTÉ GÉNÉRAL

Du moins, Vhjène , le chien , les chats y les martes, Vichneumon , le coati, le raton , le hlaireaUy Vours, le /ieVmo/i et la taupe n'ont que' deux scalènes , qui sont situés, comme de coutume , derrière le plexus brachial, et qui représentent, par conséquent, le moyeu et le postérieur.

Ils sont également plus faciles à séparer que . dans les rongeurs j le postérieur, qui est le plus long, ne descend qu'aux troisième et quatrième côtes, tout au plus à la cinquième.

Chez Voujs , lescalène postérieur se soude au grand oblique de l'abdomen.

Dans le coati , le scalène postérieur s'étend également des troisième et quatrième côtes, aux quatre premières vertèbres cervicales , et s'unit , par un long fascicule inférieur au faisceau le plus supérieur de l'oblique externe de l'abdomen ; il ne forme ainsi qu'un muscle ' avec ce dernier. Le scalène antérieur, beaucoup plus faible , est difficile à séparer ; il va de la première côte à toutes les vertèbres cervicales.

Chez les autres carnassiers, le scalène postérieur n'atteint pas aussi bas en général.

Les chauve-souris ont les deux scalènes postérieurs , disposés d'après le type des carnassiers j ce genre est en outre pourvu d'un scalène antérieur très petit, qui des vertèbres cervicales inférieures va à la première côte.

Les loris et \esmakis proprement dits ne possèdent également que les deux scalènes mentionnés. Dans les premiers , le postérieur s'attache aux cinq premières côtes , l'antérieur seulement à la première.

Dans les makis, le scalène postérieur qui est bien plus long- que l'autre, s'unit sur la quatrième côte , où il prend naissance , à l'extrémité antérieure du grand oblique de l'abdomen, et au muscle dentelé antérieur; il naît en outre aussi de la première côte , et se termine aux quatre premières vertèbres cervicales. L'antérieur est étendu seulement entre la première côte et les trois dernières vertèbres cervicales.

Les singes ont communément trois scalènes^ dont le postérieur l'emporte en volume de beaucoup sur les au 1res . Dans le papion (simia sphinx), il vient des troisième , quatrième et cinquième côtes, où il se soude au petit oblique de l'abdomen, et se rend aux quatre vertèbres cervicales supérieures ; les deuxantérieures s'étendent de la première côte aux trois dernières de ces vertèbres.

J'ai vu dans Vatèle le scalène postérieur, qui était également beaucoup plus long que les autres , prendre naissance aux cinquième et sixième côtes , et s'insérer à la quatrième Vertèbre cervicale ; les deux scalènes antérieurs allaient aussi aux trois dernières de ces vertèbres.

l6o TRAITÉ GÉNÉRAL

Il y a d'ordinaire aussi trois scalèaes chez ïhoniJiie; quelquefois même on en trouve six. Le mojen est communément le plus long , et le postérieur le plus petit : le moyen s'insère, le plus souvent , aux apophyses transverses de toutes les vertèbres cervicales.

1° Il existe , à la face antérieure du cou , immédiatement sous le peaucier , un muscle considérable et alongé , qui est le fléchisseur superficiel de la tète {jiulator capitis) ; il naît au voisinage de la ligne moyenne , soit de l'extrémité antérieure du sternum ou de Xdiclavicule, soit du bord antérieur du deltoïde j dans le dernier cas, il forme la partie la plus antérieure, la plus étroite et la plus longue de ce muscle. Il se porte très-généralement obliquement d'arrière en avant et de dedans en dehors à l'apophyse mastoïde; il fait incliner la tête en avant et la face du côté opposé, en imprimant à la tête un léger mouvement de rotation autour de son axe. Le ventre interne de ce muscle, ou le sterno-mastoïdien , et l'externe , ou cléido-mastoïdien , sont ordinairement séparés, en bas, dans la majeure partie de leur longueur j ce qui fait que plusieurs anatomistes les considèrent comme deux muscles^dislincts.

Dans la plupart des mammifères, principale-

D'ACÏATOMIli; COMPARKK. l6l

ment les rumùians , les soUpèdes et le plus grand nombre des carnassiers , le cléido -mastoïdien est entièrement séparé du sterno-mastoïdien ; il n'y constitue que la partie la plus antérieure du deltoïde , et la partie la plus interne du trapèze j disposition qui , sous le point de vue du rapport de ce muscle avec le deltoïde, ne diffère du reste pas essentiellement de celle indiquée en premier lieu. En effet , la première disposition est due seulement au développement plus fort de la clavicule , qui entraîne le muscle en question et le sépare du deltoïde. Otez par la pensée, la clavicule, les deux muscles se confondront ; et en effet , les animaux qui ne possèdent qu'un rudiment de clavicule, forment la transition entre ces deux dispositions.

Quand nous exposerons les muscles du membre antérieur, surtout le trapèze , nous reviendrons sur ces rapports,- ici nous nous bornerons à comiàérer ]e sterno-mastoïdien; nous ne parlerons du cléido-mastoidien c[ue\ovsqu'i[ constitue un faisceau isolé.

Le s terno- mastoïdien est très généralement plus grand , et affecte une direction plus oblique que le cléido-mastoïdien. ■

Le dauphin ordinaire offre, eonmie la plupart des autres mammifères, un sterno-mastoidien propre et séparé , qui est fort développé.

A côté de lui , on trouve un autre muscle beaucoup plus mince, allant également du ster-

VT. - il.

lG2 TRA.1TÉ GÉNLKAL

num à l'apophyse mastoicle ; ce muscle correspond très vraisemblablement à un troisième ventre que l'on rencontre assez souvent chez l'homme.

On voit se diriger en outre , en dehors et en arrière du premier, un troisième muscle alongé, qui s'étend de la partie interne de Textrémité antérieure de l'humérus à l'apophyse mastoïde ; ce troisième muscle correspond sans doute au cléido -mastoïdien , ou à la partie antérieure du deltoïde.

M. Cuvier a décrit le premier et le troisième (0 j sans parler du second, qui paraît néanmoins être constant , puisque je l'ai trouvé sur deux individus.

Le muscle stevno-mastoïdien est mince , faible et fort alongé dans les solipèdes , les riiminans et les pachydermes.

Dans le chameau , parmi les ruminans , on trouve son tiers inférieur réuni, au moyen de fibres charnues, avec son congénère du côté opposé ; il devient plus mince supérieurement, mais il est charnu dans presque toute son étendue. Son insertion a lieu par son tendon supérieur, qui est élargi, à l'apophyse mastoïde et à l'angle de la mâchoire inférieure, où il recouvre la glande sous-maxillaire .

Dans lemoulorij il s'unit fort haut d'abord

(i) Leço'ïs, I, iSg.

d'asatomIe Comparée. i63

au trapèze, et immédiatement aa-dessous, an grand droit antérieur de la tête par un tendon* intermédiaire. Un tendon grêle le fixe^ en avant du petit droit antérieur , au corps de l'occipital.

Chez le daman , le sterno-mastoïdien vient de la racine de la première pièce sternale, et s'attache par un tendon fort long- à l'apophjse mastoïde.

Dans le porc et le pécari, il y a'ia même conformation ; seulement le muscle naît plus haut du sternum.

Chez les monotrèmes , du moins Vorm'thorhjnque , il y a deux muscles fléchisseurs superficiels de la tête, entièrement séparés et fort longs.

Le plus superficiel , qui est beaucoup plus large que l'autre , naît de l'extrémité antérieure de la branche longitudinale de la première pièce sternale, et de l'extrémité inierne de la clavicule coracoïdienne : l'origine du profond a lieu à la région moyenne de cette clavicule.

Ces deux muscles sont tout-à-fait séparés^ et dans leur trajet et dans leur insertion.

Parmi les édentés , le fourmilier didactyle à son fléchisseur superficiel de la tête, formé de trois ventres séparés , dont l'antérieur , qui est le plus fort , se détache du sternum ; les deux autres viennent de la clavicule.

Dans le iatou , le cléido mastoïdien est aus»j

lG4 TRAITÉ GÛNÉKAL

un muscle tout particulier. Les deux ventres , •mais surtout le sterno - mastoïdien , sont Ibrt épais. Ce dernier tire son origine de tout le premier tiers du sternum ; l'autre s'isole seulement de la région antérieure de la clavicule.

Gliez Vaï , il n'y a de séparé que le slernomastoïdien ; mais il j est considérable. Il est digne de remarque qu'il se divise supérieurement en deux languettes , entre lesquelles est située l'apophyse stjloïde , et que ces languettes prennent leur insertion séparément.

Parmi les rongeurs à clavicule imparfaite , le paca , V agouti et lè porc-épic ont le sterno-masloïdien et le cléido •- mastoïdien séparés dans presque toute leur longueur ; le dernier qui est pius faible que l'autre, et qui vient du rudiment de clavicule , est en outre entièrement isolé du deltoïde et du trapèze.

Chez le cabiai et le cochon cC Inde , la t ête .externe du muscle est, au contraire, beaucoup plus grande que l'interne ; elle se confond tout-à-lait aVec le deltoïde dans sa partie inférieure.

Le cochon-d'Inde , par le volume moindre de la tête externe du muscle , et par le développement plus considérable de sa clavicule , tient le milieu entre le cabiai et les autres rongeurs à clavicule imparfaite.

Les deux muscles naissent , dans ces animaux ^ toujours à «ne assez grande distance

d'anatomie comparée. i65

l'un de l'autre; la tête iulerne vient de la première pièce slernale, et l'externe de l'extrémité antérieure de la clavicule osseuse.

Chez les i-ongeurs a clavicule parfaite , principalement le castor , la marmote, V écureuil ^ le hamster et le ral-taupe du Cap (bathjergus) , les deux muscles sont également tout-à-fait séparés du trapèze et du deltoïde ; mais ils y naissent pius près l'un de l'autre, à cause du développement complet de la clavicule , et se confondent après un trajet plus court ; ils ont à peu près le même volume.

Dans quelques-uns , notamment la ryiarmote^ il y a deux cléido-mastoïdiens, qui se recouvrent de dehors en dedans et de bas en haut ;le superficiel est vraisemblahlement la portion claviculaire du trapèze , qui s'est séparée de sa portion scapulaire ; séparation qui se voit d'ailleurs aussi chez le sarigue.

Les marsupiaux , du moins les ^âf/Y^M(?6- , ont, sous ce rapport, une conformation très complexe.

On y trouve :

1° Un sterno-mastoidien très fort ;

20 et 3" Deux cléido-mastoïdiens beaucoup plus petits , Surtout plus minces , qui prennent naissance , tout à côté l'un del'autre, à la région moyenne de la clavicule, et dont l'interne s'insère, à côté de l'élévateur du scapulum , à l'apophyse transverse de la première vertèbre cervicale; l'externe s'altachaiit à l'apophyse niastoïde, au-dessous du sterno-mastoïdi.'n..

1^)6 TÇJWITÉ GÉSKUAL

On voit en outre se détaclier, en dehors et ipunécliatement à côlé du troisième des faisceaux musculaires indiqués , un muscle un peu plus fort qui se porte en dehors, et qui se confond en haut avec le trapèze.

Est-ce incontestablement la portion claviculaire du trapèze , ou n'est-ce qu'elle ? Il y a du doute à cet égard , attendu que la partie externe du trapèze, à laquelle le muscle dont il est question se soude supérieurement, n'est pas séparée de la partie interne et naît avec elle de la clavicule.

Les cairiassiers of^vent beaucoup de variétés, comme le font présumer les grandes dilFérences de leur sq;;e!elte et de leur mode de locomotion.

Je n'ai trouvé aucune trace du sterno-masloïdien , ni du cléido-mastoïdien , sur deux individus de phoque commun Çphoca inliilina) , bien que les autres muscles, et particulièrement ceux du voisinage , tels que les peanciers, les abaisseurs du larynx et de î'hvoïde, fussent parfaitement conservés : je crois devoir admettre par conséquent qu'ils j flanquent totalement. Le prolongement considéralîle que fait le sternum, en ayant, n'est pas incompatible avec l'absence de ces muscles , puisqu'il est en rapport avec l'agrandissement de la surface d'attache du grand pectoral (i).

(i) Mallicurcusemenl je lie puis pas expiimcr, avec

d'anatomiiî gomparéu. 167

M. Duverno)' (1) , dans sa description des muscles du phoque, qui, quoique exacte en général , ne l'est pas dans quelques détails^ parle seulement de l'absence du cléido-mastoïdien, sans cependant faire mention du sterno- mastoïdien.

Le sterno-mastoïdien existe dans les autres carnassiers qui ont des clavicules, et même chez certains de ceux qui n'en ont pas, comme la loutre , \a marte, Vhjèney le chien, le chat, Vours, le blaireau, le coati et le raton. Il y est le plus souvent séparé du cléido-mastoïdien, qui est, au contraire, en connexion avec le deltoïde et le trapèze.

Le sterno-mastoïdien de ces animaux n'est ordinairement pas très-tort; dans la loutre il est cependant fort considérable , et s'unit en bas à celui du côté opposé.

Cliez Vours f le bord externe du trapèze est confondu, dans la moitié antérieure de sa longueur, avec le sterno-mastoïdien.

L7îj-è/ze possède réellement deux sterno-mastoïdiens , situés sous un muscle superficiel, qui, après s'être détaché fort en arrière de la pièce

toute la certitude convenable, celte exception à la règle si générale de l'exisience de ces muscles , parce que je n'ai pas pu la constater sur d'autres phoques, malgré toutes les peines que mes amis se sont données pour me procurer de ces animaux.

(1) Recherches ahat. sur les organes du mouvement du phoc/ue commun. Mém. du Mus. d'tiisl. nat., IX, 69.

î68 TRAIIÉ GÉ:!ÎÉUAI-

slernale antérieure, conlouriie la première vertèbre cervicale , el constitue la partie la plus supérieureclu trapèze; ilexiste aussi chezplnsieurs autres animaux ^ et représente sans doute le thoraco-facial de l'homme.

Des deux slerno-inasloïdieiis , le plus grand se détache, en arrière et eahaut, de la première pièce sternale, se rend à l'atlas, et se termine par un tendon mince à l'apophyse mastoïde.

L'antre quiesl plus petit, naît, plus en arrière^ en haut et en dedans, du point médian delà pièce sternale antérieure ; impair et mince dans sa moitié inlérieure, il devient insensiblement double dans la supérieure ; il est uni au précédent par ses deux extrémités , et par conséquent s'attache aussi à l'apophjse mastoïde. A une petite distance en ayant de sa terminaison postérieure , ses fibres superficielles s'entre-croisent entre elles dans presque toute la largeur du muscle ; ce qui semble indiquer la séparation en deux moitiés , qui s'opère plus en avant.

Une disposition lort analogue est offerte par le blaireau.

Il est vraisemblable qu'elle se rencontre encore chez d'autres ; du moins je la trouve assez semblable dans Xichnewnon , avec cette dilFérence que les deux muscles y sont enlièrenient séparés , et que l'interne , plus profond , est beaucoup plus grand que l'externe et superficiel.

Le stcrno-mastoïdien et le cléido niasloïdien

d'anatomuî comparée. 169

de la taupe, n'olFriraieiU rien de particulier d'après M. Cuvier (1). Cette proposition n'est pas exacte; car 1" la taupe est, de tous les animaux que je connaisse, celui qui a le slerno-mastoïdien le plus fort et le plus large , et 2° les deux muscles sont entièrement confondus', puisque la clavicule ne fournit qu'une petite bandelette qui , après s'être détacbée de son extrémité antérieure , s'unit aussitôt au sterno-mastoïdien , qui est incomparablement plus développé. Le muscle entier est surtout très-large.

Le hérisson offre , outre le sterno-mastoïdien , deux cléido-masloïdiens, plus petits , entièrement séparés de lui et des autres muscles; ils naissent, l'un à côté de l'autre, de la moitié interne de la clavicule.

Les chauve-souris ont un sterno-mastoïdien unique, très fort , qui vient, en avant, delà première pièce sternale ; elles n'ont point de cléido-mastoïdien, ou bien elles n'en présentent qu'une trace extrêmement laible, qui se détache tout-à fait en arrière de leur énorme clavicule.

Dans les quadrumanes , les makis aussi bien que les singes, et chez Vhomme , les deux muscles qui font incliner la tête sont entièrement séparés des autres muscles^ comme cela paraît avoir lieu en général dans les mammifères pourvus de clavicules; ils ne sont, en outre,

( 1 ) Leçons ,1,261.

iyO TRAITÉ GRNhRAL

unis (Siitre eux que d'une manière lâche, quoique l'externe se place sous l'inlerne, non loin son origine.

Dans Vhonime et les singes, l'externe naît plus près de l'extrémité interne de la clavicule que dans les makis; cela est d'autant plus Cfirieux , que cette disposition des makis conduit à celle des autres animaux voisins.

Dans tous les individus de l'espèce papio sphinx^ que j'ai eu occasion de disséquer, j'ai trouvé un petit cléido-masloïdien interne , qui s'insérait à peu près au milieu du bord externe du muscle sterno-raastoïdien.

Celte conformation rappelle aussi les variétés que l'on rencontre quelquefois chez Vhomme,

Il résulte de ce qui précède, que les deux muscles qui nous occupent , sont d'autant mieux séparés et indépendants l'un de l'autre et de^ autres muscles voisins, que la clavicule est plus fortement développée,

La face antérieure du cou présente ordinairement, dans sa partie profonde , 2*^ ]e long du cou; 3» le grand, et 4° le petit droit antérieur de lu tête. Le premier est bien plus considérable que les deux autres.

d'anatomiu comparée.

2° Le long du cou s'étend des premières vertèbres dorsales à l'allas^ et recouvre la majeure partie de la face antérieure des vertèbres ; il a '• en général la forme d'un triangle alongé et se compose d'une moitié antérieure et d'une postérieure , qui s'unissent dans la région inférieure du cou , sous un angle obtus.

Chez le mouton ', ce muscle se divise en deux couches distinctes, dont l'une est superficielle , et l'autre profonde. Ces couches se portent toutes deux des apophyses transverses des vertèbres postérieures à laface antérieure des corps des vertèbres du devant; la couche superficielle saute une vertèbre, la profonde va d'une vertèbre à l'autre. Le faisceau le plus antérieur de la couche profonde est surtout séparé des autres ; il a beaucoup de ressemblance avec le muscle oblique postérieur de la tête.

Dans les chameaux , ce muscle commence à la quatrième vertèbre thoracique ; il est divisé en un plus grand nombre de faisceaux que de coutume, disposition en rapport avec la lon^ gueur et la flexibilité du cou de ces animaux.

Le muscle en question est très fort dans l'ornitliorlijncfue ; il y naît de la face inférieure des quatre premières vertèbres dorsales , et , en outre, de leurs apophyses épineuses inférieures , qui sont très fortes chez çe^ ,%nira£^l.

172 TRAITÉ (îÉNéRAL

Dans le castor, ce muscle se porterait à l'occipital , suivant M. Wiedeniann (i); j'ai vérifié cette donnée sur plusieurs individus, et j'ai toujours trouvé que ce muscle s'arrêtait à l'atlas. Il est même dans ce rong^eur beaucoup plus faible que dans la plupart des autres mammifères.

3° et 4°' grand droit antérieur de la tête est postérieur, par rapport au petit, qu'il recouvre en majeure partie; il prend naissance aux corps des trois ou quatre premières vertèbres cervicales, la première exceptée, et s'insère à la portion articulaire de l'occipital.

Le petit droit antérieur ne naît ordinairement que de l'atrlas , et s*attache à la portion basilaire de l'os précédent.

Dans le chameau, et en général dans tous les ruminans et solipèdes, ces muscles sont proportionnellement faibles et courts. Le grand naît, chez le chameau, des deuxième, troisième et quatrième vertèbres cervicales; son origine a lieu par de longs (aisceau^x, qui sont entièrement séparés.

Dans V ornithorhjnque , je ne les ai pas bien pu distinguer l'un de l'autre; mais le muscle commun qui les représente est fort considérable, et occupe toute la longueur du cou.

(i) Archiv. fur Zoologie IV, lou.

D'après M. Wiedeinann (1), le castor n'aurait pas les muscles droits antérieurs de la tête; mais je les ai trouvés aussi distincts que de "coutume; ils étaient séparés l'un de l'autre et du long du cou. Le grand est surtout volumineux dans cet animal ; il l'est même beaucoup plus que le long du cou.

Ce sont ces deux muscles, et non le \on^ ducou, comme le prétend M. Wiedemanri (2), qui vont au bord latéral du grand enfoncement creusé à la face inférieure du corps de l'oc» cipital, et qui est tapissé entièrement par la partie postérieure de la membrane du palais (3).

Le même auteur rectifie cependant la conjecture qu'il avait émise précédemment sur les muscles antérieurs du cou , qu'il crojait s'insérera cet enfoncement (4).

c. Muscles de la queue.

Les muscles de la queue des njaramil'ères offrent beaucoup de variétés , comme la re= marque en a été faite (5). Ces variétés sont relatives aux différentes dimensions de cette partie.

(1) Archiv fïir Zoologie, iV, io3.

(2) Ibid j pag. 102.

(3) Vol 4 j pag" 211.

(4) Loc. cit., p, io3.

(5) Page I .

Lorsque la qiiene est fort développée, sès muscles sont en général plus forts; ils sont du moins plus longs. Mais on ne doit pas toujours arguer du volume de la queue à la force de ses muscles. Ainsi, par exemple, les muscles caudiens de V orniihorUjncjue ne sont pas forts , malgré l'épaisseur et 4a grosseur de la queue de cet animal ; par là raison que cette épaisseur considérable est du^ à une grande quantité de graisse. Le castor ofFre.la même disposition. La partie postérieure de la queue du phoque , qui est courte et large , ne contient également que de la graisse.

Les mammifères ont généralement àla queue des muscles supérieurs , latéraux et inférieurs j les sus-caucliens sont des releveurs ou extenseurs) les latéraux sont des abducteurs , et les sous-caudiens sont des ahaisseurs on flécliisseurs. 11 est à peine besoin de faire remarquer que ces muscles ne sont pas tous des organes propres, mais qu'ils sont souvent des répétitions et des continuations d'autres muscles de la colonne vertébrale. Tous sont^ par conséquent, formés de languettes alongées , plus ou moins séparées , dont une partie se convertit en très longs tendons, qui sautent un grand nombre de vertèbres.

Nous allons décrire les muscles de la queue , en choisissant surtout pour type Vatèle, chez lequel ils sont particulièrement fort développés.

d'apïa'Iomie COMPAR Bl:.

La queue possède deux élévateurs, qui sopt plus ou moins distincts.

veleveur interne, très généralement plus faible que l'externe, représente les interépinetix et plus encore les demi-épineux, ainsi que le multifide du dos, continués et développés davantage. Une partie de ce muscle s'étend des apophyses épineuses antérieures aux postérieures; une autre partie descend, obliquement de dedans en dehors et d'avant en arrière, aux apophyses articulaires du devant , et en général à l'extrémité antérieure des vertèbres postérieures.

Lorsque la queue est Tort développée , par exemple chez le fourmilier didactjle, les singes et les sarigues , le m uscle qui nous occupe est charnu dans presque toute l'étendue de la queue ; sa partie antérieure est plus oblique , la postérieure est plus droite ; il ne disparaît tout-àfait qu'aux quatre dernières vertèbres coccygiennes.

Dans le kangurou , ce muscle qui y est beaucoup plus faible que le suivant , constitue, à l'origine de la queue, une masse charnue alongée et continue, qui franchit les apophyses épineuses sans s'y insérer.

Je dois faire remarquer à cette occasion ^ I d'après une recherche récente, que les inter-

176 TRAITÉ GÉHilUAf.

épineux du kangurou sont extraordinaireiiient développés , surtout dans la région lombaire.

Chez Voniithorhjnque, l'élévateur interne de la queue, qui y est assez fort, affecte une direction tout-à-lait droite.

2'^' Le releveur externe de la queue , ordinairement bien plus fort que l'autre, produit aussi un léger mouvement d'abduction, ou de flexion latérale ; il prend naissance à la face supérieure des apophyses transverses de plusieurs vertèbres lombaires , des vertèbres sacrées et des coccygiennes supérieures ; puis il descend obliquement de dehors en dedans et d'avant en arrière. Le plus souvent il est formé de longs ventres charnus qui après s'être convertis en tendons plus longs et très étroits, se terminent à la plupart des vertèbres coccygiennes postérieures; ils s'attachent surtout aux apophyses transverses antérieures de celles du devant, et à la face supérieure des corps de celles de derrière, qui sont dépourvues de semblables apophys'.'S. Ce muscle s'étend jusqu'à l'extrémité de la queue. Les tendons sont si étroits et si longs, qu'ils sont situés les uns à côté des autres , en très grand nombre.

Le muscle que nous venons de décrire représente le long extenseur commun du dos, le muscle cervical ascendant, le trachélo-mastoïdien et le splénius.

Lorsque la queue est très longue , ce muscle est naturellement fort développé.

d'aWÂTOMIE CUMl'AR'.-U. I77

Ainsi, par exemple , dans le fourmilier didactjle , on peut compter trente' et quelques tendons entièrement séparés les uns des autres; de ces tendons, les moyens sont les plus forts , ks postérieurs élant les plus faibles et les plus courts. Le premier de ces tendons s'insère déjà au sommet dei'apophys» articulaire antérieure de la seconde vertèbre coccygienne.

Le castor et le maki brun ont ving t et -quelques de ces tendons.

Dans ïatèle , les ventres charnus antérieurs s'étendent fort loin en arrière. Les tendons sont jusqu'à huit fois plus longs que ces ventres ; un individu adulte me les a offerts longs d'un pied et demi ; ils franchissaient dix à douze vertèbres.

Chez le kangurou, ce muscle est distinctement divisé en deux : l'externe vient de la première vertèbre lombaire, et s'insère par des tendons très étroits à la plupart des vertèbres coccygiennes postérieures ; l'interne s'étend des dernières vertèbres lombaires et du sacruiri , aux six premières vertèbres coccygiennes.

11 est divisé de la même manière dans Vomitliorhjncjue, où il est considérable; il y naît aussi du sacrum, et en outre de la partie inférieure de l'os iléon , et après être arrivé dans la pretnière moitié de la queue , il se partage en deux ventres; les faisceaux du ventre interne vont aux épines supérieures; ceux du ventre externe, VI» 1 2

lyS TRAITÉ GÉNÉRAL

aux apophyses Iransverses des vertèbres coccygiennes postérieures.

Comme une partie de ce muscle est une répétition de l'extenseur commun du dos, j'ajouterai que le ventre commun de ce dernier est très épais dans le kangwou. Le ventre interne, ou le long- du dos, est également très fort, tandis que l'externe est très faible ; ils sont dans le rapport de vingt à un. Le long du dos est de même plus fort que l'épineux du dos; mais ce dernier a son extrémité d'origine fixée à toutes les vertèbres dorsales, et son insertion terminale a lieu à la plupart des vertèbres coccygiennes antérieures ; il est fortement développé dans le sens de la longueur. En avant , le long du dos et l'épineux du dos se continuent tout-à-fait avec le digastrique et le complexus : cette réunion est si parfaite , qu'on ne distingue plus qu'un muscle considérable. Le complexus est la continuation du long du dos , le digastrique est celle de l'épineux. En outre , ajoutons que l'extrémité supérieure du long du dos remplace le cervical ascendant , puisqu'elle s'étend jusqu'à la troisième vertèbre cervicale.

Il y a deux abducteurs de la queue.

3» A la partie la plus interne , et à côté du releveur externe, on rencontre les intertransversaircs , qui s'étendent d'une apophyse

' d'anatomib comparée. 17g

Iransverse à l'autre , constituent un muscle longitudinal plus ou moins distinct , et dans la plupart des cas occupent toute la longueur de la queue.

Dans le fourmilier didactyle , le muscle est encore situé à la face supérieure de la queue; ses faisceaux sont miegx séparés que de couî\ime ; ils descendent un peu obliquement dé dedans en dehors et d'avant en arrière.

Chez Yatèle , les faisceaux de ce muscle s'épaississent considérablement, surtout vers l'extrémité postérieure de la queue ; ils contribuent par conséquent beaucoup au développement remarquable qu'elle olFre dans cette région.

4° h' abducteur externe ou ischio-coccj^ien , naît de la face interne de l'ischion , au-dessous de la cavité cot yloïde -, quelquefois il se détache aussi de la face interne de l'iléon , et m-ême de celle de la branche inférieure du pubis ; son extrémité terminale se fixe aux apophyses transveises de quelques vertèbres coccygien nés anté7 Heures ; il est , par conséquent ^ généralement moins long que ceux que nous avons décrits jusqu'alors.

Je l'ai surtout trouvé volumineux et composé dans les fourmiliers.

Après s'être détachées de l'ischion, en arrière du bord inférieur de la branche montante de cet os et de la branche descendante diJ pubis >. ses fibres proviennent aussi du bord externe des

l80 TRAITJÈ GÉNÉRAL

apoplij'ses transverses des vertèbres coccyg-iennes, et se terminent par â^e longs tendons qui recouvrent les muscles sous-caudiens , aux apophyses épineuses des vertèbres coccygiennes antérieures, à partir de la quatrième, et à la face inférieure des coccygiennes postérieures. Il existe un long intervalle entre l'insertion du premier tendon et celle des autres, qui ne commencent à prendre leurs attaches que vers le tiers postérieur de la queue.

Dans Vatèle il n'est pas plus développé que de coutume, nonobstant le grand volume de la queue de ce singe ; il y est large , mince et court ; il se détache seulement de la face interne de l'ischion et de l'iléon dans la région cotyloïde, et s'insère aux apophyses transverses des quatre vertèbres coccygiennes supérieures.

La même disposition se remarque dans les makis.

Il n'est pas plus long chez le kanguroUy où il prend naissance seulement au bord interne de l'ischion.

Dans V ornithorhyjique , les abducteurs de la queue ne sont pas très dictincts des autres muscles de cette partie.

Dans le porc-épic, au contraire , le muscle iscbio-coccygien est , malgré la brièveté de la queue , développé d'une manière extraordinaire ; il va à la plupart des vertèbres coccyifiennes antérieures.

d'aWÀTOMIB COMl'AKÉli.

Les sous-caudiens on Jléchisseiirs de la queue sont les j3lus nombreux; il jen a (rois on quatre.

5" A la partie la plus interne de la queue^i tout à côlé de la ligne médiane, on voit s'étendre de chacune des épines ou tubercules inférieurs des vertèbres, pour se i:endreau même point de la vertèbre qui suit immédiatement , un musc-le droit et aloiigé , que l'on peut nommer ^oz/^-crtW'dien Ou épineux inférieur (infrci coccjgeus) , et qui correspond à la partie interne du muscle long du cou, et au petit droit antérieur de la tête.

Communément ce muscle ne s'étend pas dans toute la longueur de la queue ; il naît , en elFet , en arrière de l'oi'igine de cette partie, et se termine sans atteindre son extrémité.

Chez Valèle lui-même^ il disparaît déjà a'^i commencement du dernier tiers de la queue; chez le mongous , il manque à partir du comr mencement du dernier quart.

Dans plusieurs àlf^aux à forte ^eue, il prend naissance , au-dessus de l'origine de la queue, de la face interne du sacrum. Cette dis-rposilion m'a été offerte particulièrement par

fourmiliers y le castor et les makis.

Dans \ekangio-ou, le sous-caudien est divisé en deux muscles, dont l'interne^ beaucoup plus mince et plus court que l'autre, ne correspond

i8j TRA.1TÉ GÉirÉRAL

qu'aux vertèbres coccygiermes les plus antérieures.

60 Tout à côté et en dehors de ce muscle , on en rencontre un autre ; celui-ci , né d'abord de la face inférieure du sacrum , puis des apophyses tranverses, ou des parties latérales des vertèbres coccygiennes antérieures se termine plus bas que le précédent, au moyen de longs tendons, dont la plupart sautent une vertèbre^ et se fixent à la partie antérieure et moyenne de la. vertèbre qui vient après. Il arrive ordinairement que plusieurs des vertèbres antérieures sont franchies , et que les postérieures seules sont ainsi pourvues de tendons.

Il n'est pas exact de dire ^ en général , que ce muscle envoie tout justement autant de tendons qu'ily ade vertèbres coccygiennes privées d'apophyses transverses , c^est-à-dire , à partir de la septième (1).

Ainsi dans Vatèle , par exemple, la seconde de ces vertèbres reçoit déjà un tendon, et le muscle s'y étend jusqu'au; bout de la queue.

Ladis||psilionque nousIWïns signalée ci-dessus pour le premier abducteur (2) se répète ici ; les faisceaux charnus du muscle deviennent aussi très larges et épais , vers l'extrémité de la queue, contribuant ainsi , avec les abducteurs , à la

(l) Cuvier, Leçons, I, pag. I8ç(^ (a) Fqxezpap. 178, 179.

d'akatomie comparée, i83

force et à la laculté préhensile de cette parlie.

Dans le fourmilier, ce muscle fournit également beaucoup plus de tendons qu'il n'y a de vertèbres dépourvues d'apophyses tra sverses; les tendons prennent leur attache, déjà à partir de la neuvième vertèbre.

Chez le castor, il s'al tache , par environ vingt longs tendons, aux vertèbres coccygiennes postérieures. Je trouve le même nombre dans le mongous.

Dans Vornithorhjnque y le muscle dont il est question, estconiondu avec le précédent; il constitue avec lui une forte masse musculaire, dont les faisceaux sont peu séparés ; elle est entièrement tendineuse à sa face inférieure qui est libre.

En dehors du précédent, est situé un muscle superficiel qui, après son origine, se partage ordinairement en deux^, savoir : Viléosoiis-caudien, ou iléo coccygien , ou fléchisseursupérieur àe la queue, et le pubo-sous-caudien ou pubo-coccj-gien , ou en^w fléchisseur antérieur de la queue.

Le premier naît de la face interne de l'iléon ; dans \e fourmilier , il se détache davantage de la région externe de la face intérieure du sacrum. L'origine du second occflpe la face interne de la branche horizontale du pubis. Ils descendent l'un et l'autre, obliquement de dehors en dedans et d'avant en arrière, aux épines inférieures de quelques vertèbres coccjgiennes antérieures; le premier se termine à celles de

l84 I TRAJTÉ GÉNÉRAL i ^

derrière, et le second à celles du devant; tous deux occupent ainsi les huit premières de ces vertèbres environ , la première exceptée.

Dans Vatèle , le castor et V ornithorhynque , ces deux muscles n'en constituent qu'un seul; le muscle qui en résulte , n'est divisé un peu qu'à sa partie supérieure , qui se bifurque pour donner passage aux nerfs et vaisseaux sortant du trou , dit obturateur.

Dans Vatèle, le premier Ventre s'insère, par un très long" tendoîi, à la troisième vertèbre coccjgienne, en dedans du muscle précédent, et à la même région. Parmi les ventres suivants , ceux qui envoient leurs tendons à des vertèbres antérieures, naissent plus en dedans , en avant, de la face latérale des épines inférieures; ceux qui se rendent à des vertèbres situées plus en arrière, se détachent, plus en dehors, de la face inférieure des. apophyses transverses des mêmes vertèbres.

M.Cuviei-, établit en proposition générale(i), que les attaches postérieures du pubo-coccygien, sont bornées à la quatrième vertèbre du coccyx et à celle qui la suit. Cette assertion est inexacte, car, dans le /canginwi ^^aiv exemple , elle se fixent à toutes *es vertèbres de cette région , a partir de la quatrième.

L'iléo-coccjgien du même animal , naît en hautdu bord postérieur de l'ischion , ets'allache-

(i) Leçons, l, iHg.

d'aNATOMIK COMPAKÉl^ 1 85

en avant eî sur le côté, auxvei lèlji es ooccygiennés , depuis la quatrième jusqu'à la huitième.

Le pubo-coccyg'ien , manque dans le raton ^ d'après M. Cuvier (j).

Il manque aussi positivement, d*après nos recherches, au mongous. L'iléo-coccjgien de cet animal, va seuleiuent à la première épine antérieure du coccvx, qui est forte.

Ils manquent l'un et l'autre à la marmote.

B. Muscles des Côtes et du Sternum.

1 . Le passage des muscles du rachis à ceux des côtes et du sternum , est formé surtout par un muscle dont l'origine a lieu, par une aponévrose mince et large en proportion , aux apophyses épineuses des vertèbres cervicales postérieures, aux mêmes apoplivses des vertèbres dorsales , et à celles de la plupart des lombaires antérieures. Ce muscle se porte en dehors , par dessus l extenseur comnmn du dos, et se termine au plus grand nombre des côtes en se fixant à leur région supérieure par des digilations isolées. Cette disposition lui a fait donner le nom de dentelé postérieur. Son action est d'élever les côtes et de les tourner en dehors; par conséquent, il dilate le thorax.

(1 ; Leçons , i , 189.

l86 TUAirÉ GftNKRAL

U homme, les quadrumanes, et parmi ceux-ci les makis aussi bien que les singes ; clans les chéiroptères, au moins les chauve-souris ; parmi les carnassiers, \e hérisson j enûn les ruminans et ]es solipèdes , présentent ce muscle partagé en deux portions , l'une antérieure, descendante , plus épaisse, communément plusétroite; l'autre postérieure , ascendante , plus large et plus mince. Ces deuxmoitiés ne sont unies que par une expansion aponévrotique mince ; la première reçoit le nom de dentelé postérieur supérieur, et la seconde celui de dentelé postérieur inférieur.

Dans les chauve-soW-is , la partie antérieure est surtout beaucoup plus forte , et généralement plus grande que la postérieure , qui est à peine distincte.

Cet avorlernent de la seconde portion forme le passao-e à la disposition que l'on rencontre bien plus communément.

Le dentelé postérieur inférieur semble , en effet, manquer entièrement à la plupart des mammifères ; il paraît que le supérieur a été grossi à ses dépens , car on trouve un seul dentelé descendant, qu'aucune aponévrose in^ termédiaire ne coupe dans sa continuité.

Cette conformation se rencontre surtout dans les genres taupe, hyène, chien, chat, ours, çoaii, raton, daman, cochon, porc-épic, blaireau (lît kangurou.

d'anaiomte comparée. 187

Chez Vhjène, le muscle est fourni par les épines des dix premières vertèbres dorsales, et se termine à huit côtes, en comptant de la cinquiè • me jusqu'à la douzième ; son insertion a lieu à celles du devant par de courts tendons , aux postérieures p§ir une aponévrose mince. Ces attaches se prolongent dans Vours, de la troisième à la dixième côte. Le co«^/ présente l'origine de ce musclera partir de la cinquième vertèbre cervicale, et son insertion aux côtes , depuis la quatrième jusqu'à la dernière. Dans le blaireau, il vient des dernières vertèbres cervicales et des premières dorsales^ et vas'attacher aux côtes qui sontcomprises entre laquatrièmeetla douzième.

Chez le porc-épic, il s'attache , sans interruption , à toutes les côtes , les deux premières exceptées.

Pans le kangurou , il se détache des dernières vertèbres cervicales , et s'insère aux côtes qui sont entre la seconde et la neuvième.

Le dentelé postérieur est surtout fort développé dans le sarigue et dans quelques rongeurs, principalement V agouti , la mamiote , le castor, et vraisemblablement dans la plupart des genres de cet ordre , si non dans tous ; il s'j attache à toutes les côtes, à l'exception des deux pre-r mières. On trouve indiquée , chez ces animaux, la séparation de ce muscle en une partie antérieure et en une postérieure; en effet, cette dernière, qui est plus large que la première, et

l88 TRAITÉ r. KM É 11 AL

qui va aux quatre ou cinq dernières côtes , change tout à coup sa direclioa , d'abord transversale^ en une direction oblique ascendante. Mais ces deux moitiés du muscle ne présentent aucune intersection.

Le daman est vraisemblablement celui des mammirères qui possède le dentelé postérieur le plus long- et le plus fort; ce muscle s'y rend, sans: interruption, à toutes les côtes, si on excepte les trois premières.

Il s'ensuit que, dans ces animaux^ les denelés postérieurs supérieur et inférieur ne constituent qu'un seul et même muscle.

Uaï, au contraire, ne m'a offert que le dentelé inférieur; il montait, dans la direction accoutumée, aux quatre dernières côtes, en présentant des digitations larg-es et séparées.

Il se peut que le dentelé .supérieur de cet animal ait été converti en une couche interne et profonde du grand dorsiil ; couche sur laquelle nous reviendrons lors de la description de ce muscle.

Chez \e fourmilier a deuœ doigts, les sept côtes postérieures offrent des digitations semblables, qui sont transversales en devant et ascendantes en arrière.

2. En dehors de ce muscle, sous lui et sous lelont»- extenseur du dos, on rencontre les élévaleurs des côtes , qui ont la forme de triangles aloiigés; ils sont fixés d'un bout aux apophyses

n'ANATOMIE COMPAlu'îE. iSf)

Iransverses ties vertèbres dorsales, de l'aulre , à la région postérieure des côtes. On les distingue en élévateurs courts et en longs; les premiers existent plus généralement que les seconds. Les courts élévateurs s'insèrent à la côte qui suit immédiatement celle à laquelle correspond leur orig-ine ; \es lorws élévateurs sautent une côte et ne se rencontrent communément qu aux cotes postérieures. Les derniers n'existent pas chez tous les mammifères ; ainsi Vhyène ne m'en a offert aucune trace.

3. Aux élévateurs des côtes succèdent . chez tous les mammifères^ en général^ les intercostaux ^ qui sont des répétitions des élévateurs des côtes et des intertransversaires , et qui se divisent constamment en externes et en internes. Ordinairement les intercostaux internes ne s'étendent pas aussi loin en arrière ^ue les externes; cependant j'ai aussi trouvé l'inverse, par exemple , dans Vhyène.

Les tatous ont un fort muscle propre qui descend de la face externe des six premières côtes, en se dirigeant d'avant en arrière et de dedans en dehors ; il élève les côtes avec force. C'est, en effet, un muscle qui renforce les in^ tercostaux, et qui semble destiné à faciliter la respiration , lorsque l'animal est roulé en boule. Ce muscle manque au hérisson.

Dans Yaï, le même muscle est partagé en plusieurs faisceaux qui se recouvrent ; il va aux

l()0 TRAITÉ GÉMÉRAL

huit premières côtes. La même disposition est offerte par la taupe, où le muscle en question se confond avec le long- scalène et constitue, en effet, la partie antérieure du dernier ; tandis qu'il en est entièrement séparé dans les autres animaux.

Dans les cétacés ^ du moins dans le dauphin ordinaire , il y a un muscle analogue , considérable^ qui, se dirigeant d'avant en arrière et de dedans en dehors , passe par-dessus les intercostaux externes, surtout en avant, entre les deux premiers espaces intercostaux. Il sert sans doute aussi à la respiration , lorsque ces animaux plongent.

' /j. Le muscle sous-ctavier est incontestablement analogue aux intercostaux; obliquement étendu de haut en bas , et de dehors en dedans , de la clavicule à la première côte et à son cartilage, il élève la dernière et abaisse la clavicule; Le sous-clavier est, en général, unique, mais plus épais , plus arrondi et plus fort que les muscles intercostaux ; il appartient peut-être davantage aux membres supérieurs qu'aux côtes , puisqu'il agit davantage sur la clavicule qui est mobile que sur les côtes qui ne le sont guère. Chez les animaux où il existe , il se montre généralement plus fort et plus vertical que dans l'homme ; c'est à cause de cela qu'il agit avec plus de force dans les animaux.

Ce muscle manque aux animaux sans clavi-

d'ànatomie comparée. tgf

cule .. ou qui n'en ont qu'un rudiment très imparfait; par exemple, à la plupart des ca/'nassiers, aux pachydermes , aux solipèdes, aux niminans.

J'ai pourtant trouvé , chez Vaxis , un muscle qui, vraisemblablement, représente le sousclavier. Ce muscle est une bandelette très mince qui, née de l'extrémité antérieure de l'humérus, descend dans une direction rapprochée de la verticale , le lt)ng de la face interne du muscle deltoïdo-trapèze , à l'extrémité antérieure du sternum. Cette bande pourrait toutefois aussi appartenir au sterno-mastoïdien.

Le sous-clavier existe, au contraire, et est même assez fort , chez des animaux dont la clavicule est encore incomplète, mais déjà plus développée. C'est ainsi que je le trouve dans YaïQi le paca, où il vient seulement, en arrière, de la portion osseuse de la clavicule.

Chezl'agowi/^, le muscle , outre qu'il est sousclavier, constitue très distinctement là partie antérieure du sus-épineux. En général, le sousclavier me semble devoir être considéré partout , comme étant primitivement la portion antérieure du sus-épineux.

Je reviendrai sur cela lorsque je décrirai lé muscle sus-épineux.

Le sous-clavier le plus volumineux de tous les animaux est offert , sans doute, par les chaiive-souvis et la taupe. Il naît , dans les premières, de toute la face inférieure de la clavi-

'9^ TKAITÉ GÉHÉUAL

cule ; dans la taupe , il descend verticalement à la pièce sternale antérieure et au cartiiao-e de la première côle. Il j peut être divisé en une couche superficielle et une profonde, mais qui ne sont pas lort distinctes.

Ce muscle est également très fort chez les makis et les singes. Dans le coaïla , il a une deuxième tête , postérieure et tout-à-fait séparée, qui vient de l'origine du mit^cle élévateur de l'épaule. Celte disposition n'est pas générale aux singes. La tête postérieure manque , par exemple, au magot (^siniia inuus). M. Cuvier a dit que le sous-clavier ne se distinguait par rien de particulier (i) ; cette double origine et le grand développement de ce muscle, dans plusieurs singes, conduisent à une conclusion contraire.

5. Le triangulaire du sternum ou sterno-costieUy qui abaisse les côtes, s'étend de la face intérne de la moitié inférieure du sternum , et de quelques cartilages costaux moyens , aux cartilages de la plupart des dernières vraies côtes. Il est uni^en arrière, par des fibres tendineuses, au carré des lombes, ou se continue avec lui sans interruption par des fibres charnues ; on peut le considérer, par conséquent , comme la partie antérieure de ce muscle. Il représente sans doute aussi, à la face abiiominale du corps,

(i) Leçons , 1 j iQo.

d'anatomie comparée. igS

les élévateurs des cotes et les dentelés postérieurs.

Les parois de l'abdomen sont formées, outre les os qui entrent dans leur composition , par des muscles dont la plupart sont considérables; ils sont connus sous le nom de muscles de l'ahdomen. De ces muscles , les deux obliques , le transverse , le droit , le diaphragme et le carré des lombes, existent très généralement chez les mammifères ; les petits pyramidaux soni moins constants. Tous ces muscles naissent communément du bord antérieur de l'iléon et des vertèbres lombaires jusqu'aux dernières dorsales , et ils se rendent principalement aux côtes et au sternum ; le carré des lombes va aussi aux vertèbres lombaires.

Les muscles latéraux de l'abdomen se continuent , à leur bord interne , avec de lars-es aponévroses, qui, passant en avant et en arrière du muscle droit, se confondent avec celles du côté opposé , en constituant avec elles une forte bande tendineuse , qui forme la ligne blanche.

L'origine de ces muscles ne présente d'exception que dans les cétacés, du moins dans le dauphin ordinaire j où aucun des muscles de l'abdomen ne prend naissance à l'os des îles. Il n'j a que la ligne blanche qui, par la partie d'en bas de VI. i3

son extrémité postérieure, s'attache à l'extrémité inférieure de l'iléon , où elle est situéi immédiatement au-dessus de la partie postérieure de la verge.

1. h* oblique externe ou grand oblique vient du bord antérieur de l'iléon et de la symphyse du pubis : cette origine a lieu ])ar des fibres qui montent obliquement en dehors. Vers le point d'attache indiqué , l'oblique externe présente toujours un écartement entre ses fibres , constituant une ouverture alongée , Vanneau inguinal ou abdominal. Le muscle se dirige le long de la face externe de la plupart des côtes poistérieures^ auxquelles il s'insère par des digitations distinctement séparées.

Les animaux dont les testicules ne sortent pas de l'abdomen , n'offrent aucune trace de l'anneau inguinal. J'ai fait cette observation , prii.cipalement sur le dauphin ordinaire, le daman , le tatou , Vaï, Vornithorhynque et le fourmilier.

Le nombre des digitations de ce muscle , partant celui des côtes où il s'attache , est en rapport direct avec le nombre des côtes en général. Ainsi dans le daman, l'oblique externe s'attache à toutes les côtes, à partir de la cinTquième; et dans le mouton, à partir de la sixième.

L'oblique externe de V^ï se fixe aux <k)uze

d'ajnatomie gompauée. 196

dernières côtes ; celui de V ornithorhjnque y qui l'a très grand , s'insère à toutes , la première exceptée.

Dans ce monotreme et dans les marsupiaux , le muscle , au point où ses bords postérieur et externe se réunissent , naît aussi de l'extrémit^ antérieure de l'os marsupial.

Dans le dauphin commun , l'oblique externe et les deux muscles qui lui sont sous-jacents , ne sont pas forts , mais très-longs, surtout proportionnellement au muscle droit. Il s'étend de la première à la dernière côte. La plus grande partie de son étendue postérieure est aponévrotique ; cette aponévrose disparaît au niveau des trois dernières côtes, à la dislance d'un pouce et demi de l'extrémité postérieure du muscle, où les fibres charnues reparaissent ; il se trouve fourni de deux ventres dans cet animal. La seconde portion charnue est située au-devant du muscle droit, et se perd vers la ligne médiane du corps.

2. \J oblique interne ou petit oblique a toujours beaucoup moins d'étendue , et est plus faible que l'externe. Il naît, immédiatement au-dessous de lui. Ses fibres alFectent la direction opposée ; elles se détachent de la crête iliaque et des apophyses transverses de la plupart des vertèbres lombaires . et se terminent , en haut , au cartilage de plusieurs des dernières côtes , souvent aussi à l'apophyse xiphoïde ; en dedans^ elles se convertissent en une aponévrose

qui se divise en deux feuillets pour envelopper le muscle droit.

L'oblique interne va communément à peuprès à la moitié postérieure des côtes existan les ; ainsi chez le daman , il se rend à toutes les côtes, à partir de la onzième; chez Vhomme^ il seporte aux cinq dernières.

Quoiqu'il soit plus petit que le grand oblique, ses fibres charnues s'étendent ordinairement plus en dedans vers la ligne médiane que celles du grand oblique.

Tous les mammifères que j'ai disséqués m'ont offert ce muscle , il ne présente pas de grandes différences.

Aponévrotique à sa partie externe , charnu à l'interne, il naît, dans le dauphin ordinaire j en face de la région anale ; ses points d'origine sont les muscles latéraux de la queue , le muscle peaucier, et la face externe de l'extrémité antérieure des six dernières côtes, qu'il recouvre par conséquent. 11 se perd en avant, après être devenu aponévrotique, sous le muscle droit; postérieurement le bord qui le termine a la forme d'un arc, dont la concavité est tournée en arrière ; conséquemmentses fibres charnues s'étendent bien moins loin en bas qu'en haut. La partie charnue du bas est épaisse et s'arrête à plusieurs pouces en avant de l'extrémité inférieure du muscle droit; en cet endroit l'oblique interne peut être séparé facilement du

d'anatomie comparée. 197

droit, mais, plus en avant , il se soude avecltii d'une manière très intime, dans l'étendue de quelques pouces et tout-à-fait en avant, il est appliqué lâchement à sa face externe. ^ 5. Le transverse est plus long que l'oblique interne, auquel il succède immédiatement; il naît de la même manière , et s'attache à la face interne d'un plus grand nombre de cartilages costaux.

Le muscle transverse du dauphin ordinaire vient de l'aponévrose des muscles dorsaux et des'caudiens , dans la région de l'anus, ainsi que de la treizième côte. En dedans, il se convertit en une large aponévrose qui est située comme de coutume , en arrière du muscle droit. Postérieurement, à quelque distance de l'extrémité supérieure de l'os iléon , il se partage eh ' deux portions , dont l'une est supérieure et l'autre inférieure. Cette bifurcation donne passage au tendon postérieur du muscle droit. Il s'attache, par des fibres charnues^ à la partie inférieure des six dernières côtes, et aux cartilages des trois côtes qui sont situés immédiatement en avant des six dernières.

4-. Le carré des lombes se détache de la région postérieure de l'iléon, en dedans des muscles larges de l'abdomen, sous les muscles profonds du dos , et s'attache aux apophjses transverses des vertèbres lombaires, et aux dernières côtes ; il lire les côtes en arrière et fléchit

le. tronc sur le côté. Son étendue est déterminée naturellement par la longueur de la région lombaire.

J'ai trouvé ce muscle très développé chez le daman. Il est alongé, mince , naît d'une petite partie de la face interne de l'iléon , au-dessous de la sjmphyse ilio-sacrée ; il se dirige à côté et en dessous des corps de toutes les vertèbres lond^aires , et des douze dernières dorsales, audevant de leurs apophyses transverses. Au niveau de chaque vertèbre, il fournit deux prolongements ascendants : un interne qui monte au corps, et un externe qui, dans la région lombaire, va à l'apophyse transverse, et qui dans la région thoracique , se rend à la côte.

Dans le kangurou, le carré des lombes est très long , fort, et difficile à séparer du ventre commun de l'extenseur du dos.

11 y a , en avant de lui, chez cet animal , un muscle très fort, formé de la réunion desintertransversaires de la région lombaire.

5. Les muscles droits de Vahdomen sont plas étroits que les muscles latéraux , mais également aplatis; ils prennent naissance à la face inférieure de la branche horizonlale du pubis et de la svmphyse pubienne, se portent en avant en s'élargissant insensiblement ; ils s'insèrent enfin à la partie interne ou inférieure de quelques côtes moyennes, et ordinairemenl aussi des côtes antérieures.

d'anatomie comparée. 199

Les muscles droits sont contenus dans une gaine , qui résulte de lecartement des deux feuillets de l'aponévrose antérieure du petit oblique, renforcée par toute l'aponévrose antérieure du grand oblique et du transverse ; expansions aponévroliques , qui sont intimement unies entre elles. Très généralement les fibres cbarnues sont interrompues, par places, surtout dans leur partie antérieure, par plusieurs intersections aponévrotiques transversales , qui sont surtout manifestes à la face inférieure des muscles; ces intersections servent à les fixer très intimement à la lame antérieure de la gaine indiquée.

Les muscles droits des animaux sont fort g-énéralement beaucoup plus longs quechezl'Aowme.

Dans les animaux, ils s'étendent fort ordinairement jusqu'à la première côte , et à l'extrémité antérieure du sternum : chez l'homme, ils s'étendent seulement aux sixième, cinquième et quatrième côtes. Cette disposition n'existe pas seulement chez les carnassiers , comme on pourrait le présumer d'après les données de M. Cuvier (t) ; mais elle se retrouve presque dans tous les autres ordres de cette classe.

Toutefois chez ïatèle , parmi les singes, le muscle droit va seulement aux cinquième , sixième et septième côtes.

( 1) Leçons , ], -2 18.

30O TRAITÉ GÉHÉRAL

Dans l'ai, il ne se rend également qu'aux cinquième, sixième et septième cartilages costaux.

De même dans le cochon, il ne va qu'aux cartilages des troisième , quatrième , cinquième et sixième côtes.

Ce muscle occupe, au contraire, toute la longueur de l'abdomen et de la poitrine dans les carnassiers ; chez plusieurs singes^ particulièrement dans le magot y le papion, le mandrill , V ouistiti ordinaire, le tamarin y le mangabej à collier , le mangabej sans collier y le callitriche , le saï, etc. ; dans les makis, parmi les marsupiaux , chez le kangurou et le sarigue j parmi les rongeurs , dans le porc-épic j parmi les monotrèmes , chez V ornithorhynque j parmi les édentés , chez les tatous ; parmi les pachydermes , dans le daman; enfin dans les 5o/^/?è^/e5 et les cétacés.

Il y a, en outre, encore d'autres différences , savoir :

1° Relativement à la présence et au nombre des intersections aponévrotiques.

Ces intersections manquent dans quelques animaux j par exemple, parmi les singes , à Yatèlej parmi les carnassiers , à la marte , au hérisson , à la taupe j parmi les chéiroptères aux chauve-souris J parmi les édentés au tatou j parmi les monotrèmes à V ornithorhjnque ( où le' muscle est toutefois uni partout d'une manière intime au grand oblique) ; parmi les cétacés- au

d'anatomib comparée. aoi

dauphin ordinaire ; et parmi les pachjdermes , au daman.

En revanche, j'ai trouvé des intersections aponévrotiques dans plusieurs espèces de singes-.

Ainsi, le callitriche en a deux petites et faibles dans la moitié antérieure du muscle.

magol eX\es singes précités en présentent plusieurs, ordinairement quatre.

Les makis sont, je crois, ceux de tous les animaux qui en présentent le plus : j'en ai trouvé neuf chez le înongous.

Parmi les carnassiers, Vours et le blaireau ont cinq interseclions aponévrotiques ; Vhjène a six interruptions aponévrotiques^ dont cinq surtout représentent les étroites intersections ordinaires.

Le raton a sept intersections aponévrotiques.

Le porc-épic , parmi les rongeurs , eu a six.

J.*aïen a quatre , qui sont étroites et largement espacées.

Chez le cheval, il n'y a qu'une aponévrose intermédiaire, par laquelle le muscle s'attache au cartilage de la quatrième côte.

Le mouton , au contraire, a six intersections aponévrotiques ; le cochon en a sept.

2° Relativement à la disposition et au trajet.

Chez les animaux où le muscle s'étend fort en avant, il est ordinairement interrompu dans la partie antérieure de sa long'ueur , par une aponévrose mince ^ assez longue, et ne redevient

^<^>2 TRAITÉ GÉwfiUAL

charnu qu'à son extrémité antérieure ; avant de devenir aponévrotique , il s'attache aux cartilages des côles moyennes de la même manière que dans les animaux, où il se termine à ces cartilages.

Son attache antérieure offre des variétés, en ce sens que, dans quelques animaux, il s'insère à la région antérieure du sternum ; chez d'autres , à la première côte ; dans quelques-uns au sternum et à la côte ; et dans d'autres enfin même à l'omoplate.

Ces faits ressorliront mieux de la description que nous allons faire de ce muscle d'après les divers ordres.

Dans les cétacés , le muscle droit de l'abdomen est long et très épais; il prend naissance en arrière , par une aponévrose longue et mince qui pénètre entre les muscles supérieurs et. les inférieurs de la queue , à la face inférieure des apophyses transverses de quelques vertèbres coccjgiennes moyennes , et, en outre, à une aponévrose commune aux deux muscles obliques ; il s'implante en avant à l'extrémité antérieure des cartilages costaux , à partir du deuxième Jusqu'au sixième , et au bord latéral du sternum jusqu'au près de son extrémité antérieure.

Dans le cheml , il envoie d'abord quatre faisceaux aux cartilages des cinquième^ sixième, septième et huitième rôtes , saute ensuite les

d'aî^atomij: comparée. 2o5

quatrième ^ troisième et deuxième , pour s'attacher enfin , par son extrémité antérieure , à Ja première côte.

Chez le mouton , il atteint seulement la troisième côte.

Dans le daman, où il est très large , il s'attache antérieurement , en dehors, à toutes les côtes comprises entre la troisième et la dixième ; en dedans^ il s'insère à tout le sternum, l'apophvse xiphoïde exceptée , franchit la troisième et la seconde côte, et , après être tout-àcoup devenu beaucoup plus étroit , à partir de la cinquième côte , il se fixe à la première par un petit ventre musculaire, qui est séparé de la partie postérieure du muscle par un tendon long- et étroit.

Le muscle droit de V ornithorhynque est le plus long de tout le corps de ce monotrème ; il j est étroit , mais épais. Il, tire son origine de Vos marsupial, et va s'insérer sans être interrompu dans son trajet , au cartilage de la première côte, à la première pièce sternale , et même à la moitié externe de la clavicule coracoïdienne postérieure.

Chez le tatou ^ parmi les édentés , il s'étend, sans interruption , à la première côte , en devenant insensiblement plus large dans son trajet.

Comme dans V ornUliovlLynque , le muscle droit des animaux a bourse j particulièrement du kangurou et du sarigue, vient en majeure

TRAITÉ GÉNÉRAJL

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