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Il naît chez ces animaux du bord antérieur de l'os marsupial ; formé de fibres qui sont d'abord transversales, puis plus obliques, et enfin presque droites, il est uni sur la ligne médiane, dans toute sa longueur, à celui du côté opposé par ime bande tendineuse ; il occupe toute la longueur de l'abdomen , est même plus large que le muscle droit et s'étend jusqu'au sternum sans s'y attacher ; en outre de sa fonction ordinaire, il seTl àe protracteur à l'os marsupial.
Déjà dans ma description de V ornithorhjnffue (i) , j'ai établi que les muscles de l'os marsupial, chez les animaux à bourse, ne sont que les pyramidaux; l'occasion que j'ai eue depuis de disséquer plusieurs de ces animaux m'a pleinement confirmé l'exactitude de mon opinion.
«70 Le diaphragme est constant chez les mammifères qui le présentent à son maxuiium de développement ; il sépare les cavités thoracique et abdominale l'une de l'autre.
- Ge muscle consiste en une portion lombaire et une costale j la première , qui est considérable €t plus épaisse que l'antre , naît des corps et des apophyses iransverses de la plupart des vertèbres lombaires antérieures , et s'épanouit insensiblement , de manière à former la portion costale 5 qui prend une direction transversale , devient plus mince et s'attache aux cartilages
(1) Ornilhorliym lius patVKicKlcus, Li{>8, , iBîO , p. 'iS.
d'aN/VTOMIE comparée. 211
d'un ^rand nombre de côtes postérieures, et ordinairement aussi à l'apophyse xiphoïde du sternum.
Au point de réunion de la portion lombaire avec la costale, le diaphragme est le plus souvent interrompu par un tendon intermédiaire , plus ou moins large, convexe en avant, concave en arrière ; celte partie aponévrotique est le centre tendineux qui imite la forme de la portion costale.
Les faisceaux du diaphragme s'écartent les uns des autres sur plusieurs points^ pour laisser passer diverses parties.
La portion lombaire offre non loin du rachis, une de ces lacunes , X ouverture aortiquej et à quelque distance en avant de celle-ci, {'ouverture œsophagienne. Ces ouvertures sont alongées et situées dans la ligne médiane , ou im peu à gauche ; à droite il j a un trou au centre tendineux pour le passage de la veinecave inférieure.
La particularité la plus curieuse que je connaisse relativement au diaphragme est celle offerte par les chameaux.
Il existe dans ces animaux , à côté de l'ouverture de la veine-cave , au milieu du bord postérieur du centre tendineux, un os, ayant la forme d'un carré long, qui a plus d'un pouce de long chez les chameaux adultes , sur plus d'un demi-pouce de large et quelques lignes d'é-
213 TRAITÉ GÉNÉRA.L
paisseur ; il est plongé dans le centre tendineux, auquel il adhère intimement par ses deux faces.
Ce fut le docteur Jaeger, si je ne trompe, qui le premier appela l'attention sur cet os dans le dromadaire et la vigogne , chez laquelle il le trouva cependant proportionnellement moins grand et moins consistant que chez l'autre (i).
Cette observation fut confirmée ensuite par le docteur Leuckart (2) sur un vieux dromadaire mâle, et ensuite sur un autre qu'il disséqua avec moi.
Postérieurement, j'ai trouvé cet os non-seulement sur un deuxième dromadaire que j'ai anatomisé , mais en outre chez le chameau a deux bosses , sur lequel M. Jaeger ne l'avait pu signaler, parce qu'on n'avait pas examiné le diaphragme sur l'individu qu'il a disséqué. Cet os est dans le chameauhien plus petit que chez le dromadaire.
La surface de cet os présente des variétés peut-être accidentelles , ou qui tiennent à l'âge. L'os d'un de mes dromadaires a les deux faces tout-à-fait plates; dans l'autre, la face inférieure est, en arrière, beaucoup plus relevée qu'en avant , et cette dilFérence dans la hau-
(1) Mémoire sur l'existence d'un os au cœur du cerfj et particulièrement d'un os dans le diaphragme du dromadaire et de la vigogne , Meckel's Archiv. , V, 1 13.
(•î) Supplément nu Mémoire précité, du d"^ Jœp.cr Meckel'» Aicliiv,, \l, i^3.
d'aNATOMIE comparée, 2l3
teiir esl amenée brusquement. Dans le chameau, l'os est rugueux à ses deux surfaces.
MM. Jseger et Leuckart trouvèrent des différences semblables.
Cet os appartient sans doute à tout le genre chameau , et il est à désirer que cette présomption soit aussi confirmée chez le lama.
Cet os ne semble se développer que fort tard ; du moins M. Leuckart et moi nous ne trouvâmes qu'un cartilage à la place de l'os, chez un dromadaire di^é de deux ans, que nous disséquâmes ensemble à Paris (i).
Je conserve tous ces os , comme preuves de la constance de celte conformation.
Il est extrêmement vraisemblable que cet os sésamoïde est destiné à augmenter la solidité du diaphragme, qui est très volumineux et fort étendu dans ce genre de ruminans.
Je ne l'ai rencontré dans aucun autre animal, quoique j'aie mis la plus grande attention à mes recherches ; il serait intéressant de savoir s'il n'existe pas chez les autres ruminans de grande taille, ainsi que dans les pachjdemies et les cétacés.
L'ours brun m'a offert une autre particularité. Le pourtour postérieur de l'ouverture œsophagienne , y fournit de chaque côté une bande-
(i) Osdiaphragmatiqucdansle dromadaire. Mcckcl'i Avchiv.; VIII ,44 1.
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lettemusculeuse considérable ; ces deux bandelettes entourent étroitement, des deux côtés , l'extrémité inférieure de l'œsophage , et se confondent tout-à-fait avec la tunique musculeuse de la face antérieure de ce canal. Comme j'ai trouvé cette disposition sur trois individus différents , je , la tiens pour constante. Elle sert incontestablement à fermer exactement le cardia pendant la digestion ; elle a sans doute aussi un usage de plus, celui de fixer solidement l'œsophage et l'estomac.
Les genres voisins de Vours, tels que le blai~ reaUj le raton et le coati, ne m'ont pas offert de trace de cette conformation.