I. Mtisclcs de l'Epaule
Les muscles de l'épaule agissent principalement sur l'omoplate qui est, dans plusieurs ordres, l'unique os de cette région. Leur action est moindre sur la clavicule , qui est aussi moins mobile, et à laquelle quelques muscles seulement prennent leur insertion, comme le trapèze et le sous-clavier. Le dernier muscle meut davantage la clavicule que la première côte qui
d'anatomie COMPAUÉE. 2l5
jouit de moins de mobilité ; néanmoins , nous l'avons décrit parmi les muscles des côtes , parce qu'il est une répétition fort exacte des musclesintercostaux , et qu'il élève aussi la première côte. Le muscle trapèze ne meut guère la clavicule; celle-ci sert plutôt à lui fournir un point d'appui solide pour agir sur la tête. Il est même des animaux, pourvus de clavicule , où le trapèze ne s'attache pas même à cet os.
Parmi les muscles du scapulum proprement dits, nous ne considérerons pas en ce moment V omo-hjoïdien , parce que sa petitesse réduit , on peut dire absolument à rien , sa part d'action sur la locomotion de l'omoplate , et qu'il se borne à tirer en arrière l'os hjoïde, parmi les muscles duquel nous le décrirons en temps et lieu.
Les muscles de l'épaule que l'on rencontre communément dans les mammifères , sont : lo le trapèze; 2» le releveur du scapulum j 3^ le rhomboïde ou les rhomboïdes \ 4° et 6° les grand et petit dentelés. En y comptant le sous-clavier , on trouve six muscles de l'épaule.
^» aoo.
1. Le trapèze olFre de grandes variétés , sous les rapports d'isolement ou de connexion avec d'autres muscles, principalement avec le cléido-mastoïdien et le deltoïde t II a, dans la
2l6 TJIAITÉ GÉNÉRAL
pl upart des animaux , des relations plus inlinies avec ces muscles que chez Yhomme. Il est plus ordinaire de le voir s'unir au cléido-mastoïdien qu'au deltoïde. Dans plusieurs animaux , surtout ceux qui sont privés de clavicule, le cléidomastoïdien se soude à la portion claviculaire du trapèze et à celle du deltoïde, qui sont alors séparées des portions scapulaires de ces muscles j il résulte de cette union un muscle alongé^ qui, de l'humérus , s'étend à l'apophjse mastoïde , et auquel se joint souvent , dans la région de la clavicule, la portion scapulaire du trapèze.
Le trapèze est entièrement séparé des muscles voisins dans V homme, les singes, les makis j parmi les carnassiers , dans la taupe, le hérisson; parmi les chéiroptères , chez la chauve-souris j parmi les rongeurs, dans la mai-mote, le porc-épic y le castor, le hamster, et, -vraisemblablement, dans tous ceux qui ont des clavicules , même dans V agouti; en outre , parmi les éd entés , dans V aï y\e fourmilier,. \e tatou; chez les solipèdes; et vraisemblablement aussi dans le chameau, parmi les ruminans.
Dans plusieurs de ces animaux , surtout chez l'homme, le trapèze n'est nullement divisé, et (orme, de chaque côté, une couche triangulaire, entière, non interrompue, qui, par son bord interne, s'unit, dans la ligne médiane, au muscle congénère du côté opposé, et qui naît du milieu de la portion squameuse
d'anatomie coMPAiiÉi:. 217
de l'occipilal , du ligament cervical et des apophyses épineuses de la plupart des vertèbres dorsales antérieures, ou de toutes ces vertèbres ; elle s'insère constamment^ par la partie antérieure et externe de son bord postérieur^ à l'épine et à l'apophjse acromion de l'omoplate ; habituellement aussi elle se fixe à la partie externe de la clavicule.
La dernière disposition existe chez V homme. Da ns Vatèle j le magot et le papion , le trapèze s'attache aussi à une très petite partie de la clavicule. Cette insertion a lieu également dans ie fourmilier, où il se rend à toute la moitié supérieure de cet os ; et dans bien que la clavicule n'y existe qu'en rudiment.
Dans d'autres singes, par exemple*, le saï (s. capucina), et dans \esmakis, le trapèze s'insère à toute l'épine et à l'acromion, mais non à la clavicule.
Chez les makis, il est un peu plus grand que dans le saï et chez V homme.
Dans le saï et les makis, ce muscle ne vient pas des deux dernières vertèbres dorsales ; chez les loris , il ne s'étend même que jusqu'à la sixième de ces vertèbres. Dans Vatèle, il correspond seulement aux deux tiers supérieurs de la région thoracique. Le trapèze des singes est, à cause de la longueur de l'épine de l'omoplate, proportionnellement plus large que celui de V homme.
2l8 TRAITÉ GÉNÉRAL
Il a une disposition très particulière dans la taupe , et je suis étonné que M. Cuvier l'ait presque perdu de vue chez cet animal. Ce muscle se divise^ de chaque côté, en deux ventres fort alongés : un postérieur et un antérieur, qui sont entièrement séparés l'un de l'autre. Le ventre antérieur , beaucoup plus petit que l'autre , se porte de l'extrémité postérieure du splénius, en avant , à l'occipital ; le ventre postérieur , pour le moins vingt fois plus grand , s'étend des apophyses épineuses des deux premières vertèbres lombaires à l'omoplate, et se termine à quelque dislance en avant de l'extrémité postérieure du bord antérieur de cet os.
Les portions musculaires du même côté, et celles congénères des deux côtés , sont absolument séparées les unes des autres. Nonobstant leur forme éminemment insolite , qui toutefois est déjà offerte par la conformation des oiseaux, cesmusclesne peuvent recevoir d'autre détermination. On ne remarque donc pas sans surprise que M. Jacob, dans son anatomie de la taupe , ne dise pas un mot d'un muscle si extraordinaire (i). M. Cuvier (2) en a décrit la partie postérieure ; l'antérieure paraît lui avoir échappé. M. Garus (5) l'a exposé tel qu'il est.
(j) Ta/pœ europceœ anat.lenx, 1816.
(a) Leçons , 1 , 260.
(3) Erlœutenmgslafeln , Leipzig , i8a6, Vil , G.
d'anatomic comparée. 219
Le trapèze du hérisson est aussi partagé en une moitié antérieure et une postérieure ; mais, dans cet animal, l'antérieure est beaucoup plus large, et en général plus grande , tandis que la postérieure est, au contraire, fort alongée, mais néanmoins triangulaire. Celle-ci s'insère au commencement de l'épine^ celle-là prend son attache au reste de cette saillie et à Tacromion , mais non à la clavicule.
Chez les chauve-souris , le trapèze ne s'insère, d'après M. Cuvier (1) , ni aux vertèbres cervicales, ni à l'occipital ; il s'étendrait seulement des onze premières vertèbres dorsales au commencement de l'épine de l'omoplate. Cela est vrai sans doute pour la majeure partie de ce muscle, mais il existe, en outre, un muscle longitudinal , qui est tout-à-fait séparé du trapèze par les thymus , organes très développés dans ces chéiroptères : ce muscle prend naissance à la crête occipitale, se porte en bas et en dehors à l'apophjse acromion et au grand pectoral , avec lequel il s'unit antérieurement. Cette disposition est la première trace d'une faible séparation de la partie antérieure du trapèze.
De plus, la portion principale du trapèze ne s'étend pas seulement à l'angle cervical du scapulum , mais jusquà l'apophjse acromion.
Le trapèze des sarigues est très volumirieux ;
(1) Leçons , l, 261.
THAITÉ aéwÉKAI.
il occupe la moitié antérieure de la distance qui sépare l'occiput et le sacrum ; il s'insère à tout racromion et presque à toute la clavicule.
Dans la marmote, ce muscle ne s'étend que jusqu'au milieu de la région thoracique , et se fixe à tout l'acromion j mais il n'atteint pas la clavicule. Quoique le plus souvent il n'offre point d'interruption , il se détache de son extrémité antérieure une bandelette étroite qui , entièrement isolée des deux fléchisseurs superficiels de la tête, s'attache au cinquième mojen du sternum. La même disposition se rencontre dans le hamster ; toutefois dans cet animal , la bandelette qui s'isole ne va pas au sternum , mais à l'acromion ; elle vient de l'atlas.
Le trapèze du porc-épic ne naît pas des deux dernières vertèbres dorsales ; il s'insère, comme chez la mamiote , seulement à l'apophyse acromion.
Il est fort considérable chez V agouti ; il j vient de presque toutes les vertèbres thoraciques; à l'endroit où il s'attache à la partie antérieure de l'épine de l'omoplale , il est partagé par une large aponévrose , en une moitié antérieure et une postérieure. Il va seulement à l'épine, mais arrivé à la moitié antérieure du cou , il se divise en une bandelette supérieure et une inférieure, qui se rendent isolément à l'occipital et à l'atlas. Inférieurement le muscle se fixe, par une bandelette considéralile qui descend le long du
d'anATOMIE comparée. 22 1
côté externe de l'humerns , à lextrémité posr térieureda cubitus , et , en haut et en avant, ;à l'aponévrose anti-Jîrachiale. Il est vraisemblable que cette partie inférieure est la couche «externe du deltoïde, muscle qui, du reste. • existe tout-à -fait isolément.
Le cléido-mastoïdien est aussi ,un muscle ipropre , qui est mince, entièrement séparé et (étendu entre le rudiment de la clavicule et l'aipophjse mastoïde.
L extrémité inférieure de la face antérieure .de l'humérus donne naissance à un autre mus- (cle longitudinal , un peu plus épais et entiéreiment séparé des autres élévateurs du bras , il ïse fixe au rudiment de clavicule, sans se souder iau cléido-mastoïdien.
Dans le castor, le trapèze est aussi un muscle Ifort, nullement divisé, qui s'attache à la moitié ^antérieure de l'épine et à une très petite partie cde la région postérieure de la clavicule.
Le sterno-mastoïdien yest tout-cà-fait isolémiais ily a , en outre , deux cléido-mastoïdiens ' [propres, qui se recouvrent l'un l'autre, et qui maissent un peu en dedans du milieu de la cl i Nvicule. Le plus profond de ces muscles, qui est iplus court que l'autre, se dirige plus en dehors ummediatement sous le sterno-mastoïdien- lé ssuperficiel est plus interne et chemine immé .diatement en dehors du trapèze ; ils vont tous uleux a la face postérieure du crâne.
Le trapèze s'unit au bord supérieur du deltoïde en passant par-dessus l'apopliyse acromion et la clavicule.
Parmi les édenlés ^ le trapèze du tatou est partagé , comme celui du hérisson, en une parlie antérieure et une postérieure. ^
Dans les fourmiliers, il est simple et fort, semblable à celui de l'homme ; il se détache du tiers antérieur de la portion tlioracique du rachis et de l'occipital , pour aller se fixer à l'épine de l'omoplate et à la moitié postérieure de la clavicule.
Chez Xdi , il est beaucoup plus petit et plus faible, mais également simple. Il correspond seulement au quart antérieur de la région thoraciqueet, en arrière, à une petite partie du cou; il est par conséquent bien loin d'atteindre la tête. Il s'insère à l'épine de l'omoplate et au rudiment de clavicule ; il s'unit en cette région par une languette transversale , très petite , au fléchisseur superficiel de la tète.
Chez X ornilUorlijnque , le trapèze n'est confondu avec aucun des muscles voisins ; mais il y est divisé en deux muscles distincts. L'un naît, pai' un large tendon, des dixième el onzième vertèbres dorsales, et va à l'extrémité antérieure du bord supérieur du scapulum ; l'autre qui est quadrilatère et plus grand, s'étend, de la clavicule acromiale et du bord antérieur de l'omoplate , à l'occiput.
d'aNATOMUî comparée 223
Le trapèze du cheval est triangulaire , très petit et surtout fort mince dans sa partie antérieure, qui est séparée de la postérieure , laquelle est plus épaisse, mais plus petite. La dernière descend de la moitié antérieure du thorax à la région postérieure de l'épine j la première se détache du ligament cervical, ' dans la moitié postérieure du cou , devient aponévrotique et se jette sur la face externe du scapulum.
Dans le chameau, le muscle est également pelit et étroit -, il ne correspond qu'à la moitié antérieure du thorax, et même seulement au tiers postérieur de la portion cervicale du ligament cervical ; il s'insèreà l'épine de l'omoplate.
Dans \qs cétacés, le trapèze est pelit, mince et séparé du deltoïde et du fléchisseur superficiel de la tête; il va, en avant, au col du scapulum, pour se souder au grand pectoral, dont il constitue la partie antérieure.
Chez les animaux sans clavicule, ou qui n'ont qu'un rudiment de clavicule fort imparfait, le trapèze, le cléido-mastoïdien et le deltoïde sont communément plus ou moins confondus , comme la remarque en a été faite. Le muscle unique qu'ils constituent se partage d'une manière plusou moins distincte, en une partie supérieure ou dorsale, et en une inférieure ou pectorale; la première est formée postérieurement par la portion scapulaire du deltoïde et par celle du
trapèze ; la seconde se compose de la portion claviculaire du del loïde , de celle du trapèze et du cléido-masloïdien.
Les divers ordres et même les diffère as srenres offrent des variétés du type général qui. vient d'être exposé.
• Parmi les ruminans , le muscle unique du mouton est formé de deux portions principales. L'une est la partie scapulaire du deltoïde, qui s'est isolée tout-à-îait du reste de ce muscle. Elle est formée de deux moitiés , dont l'une qui est superficielle, et plus petite que la profonde, naît de toute l'apophyse acromion, et s'insère audessus du milieu du bord antérieur de l'humérus ;Ja moitié profonde , beaucoup plus grande que l'autre, qui la recouvre en partie, vient de toute la fosse sous- épine use, et s'attache, audessus de la précédente, en avant, à l'humérus qu'elle tourne en dehors.
La deuxième portion principale du muscle est formée de la partie claviculaire du deltoïde, du cléido-mastoïdien et du trapèze.
Au-dessous de la seconde moitié de la première portion principale, on voit se détacher, de l'humérus, un muscle à deux tçtes, qui est la partie claviculaire du deltoïde. La tête supérieure de ce muscle prend naissance au pourtour antérieur de la face articulaire de l'humérus; la léte profonde vient du pourtour interne de la même face. Ces deux têtes se réu-
d'ana-tomie comparée. 226
nissent au-devant du long- fléchisseur de l'avantbras , et bornent ainsi les mouvements de ce muscle.
Un deuxième muscle interne s'isole de la face extérieure de l'expansion aponévrotique externe de l'omoplate et se dirige en avant ; c'est incontestablement une partie du trapèze.
Ces deux muscles se confondent au-dessous du milieu du cou et constituent un long muscle qui s'insère à l'apophyse mastoïde et à l'atlas , et qui est uni en haut, par un tendon, au grand droit postérieur de la tête.
Le premier chef reçoit , à l'extrémité de son quart inférieur , un faisceau musculaire très mince , qui vient du cartilage de la première côte et qui représente peut-être le soiiS' clavier.
Nous avons déjà fait la remarque que le sterno-mastoidien existe tout-à-fait isolé.
La disposition du daman est fort composée.
Le trapèze prend son origine aux vertèbres dorsales postérieures , et s'insère, en partie, à l'expansion aponévrotique externe du scapulum ou du sous-épineux, en partie au milieu de l'épine. En avant , il s'étend à l'occipital , sous la forme d'un muscle large et épais ; en dehors et en bas , il se continue , au contraire, avec l'aponévrose du scapulum et du bras.
Sa partie antérieure est formée de deux couches, à partir de l'omoplate. La couche su- VI. i5
2 26 .;,:"lrUAiTÉ GIÎiSIÎUAL
perficielle se continue avec le peaucier et se divise en outre, au bas au cou, en deux parties , dont l'externe^ plus larg-o que rinlernc, va à l'occipital, et est confondue, h partir du milieu du cou, avec la portion antérieure du trapèze qui a déjà été décrite. La partie interne de celte couche superficielle est plus étroite et se rend à l'apophyse masloïde.
Le deltoïde est entièrement divisé en deux muscles alongés, dont le supérieur naît, en arrière, de l'épine de l'omoplate ; l'antérieur , plus petit , prend naissance en bas au l)0rd antérieur de l'omoplate , se porte au bord antérieur du grand pectoral et s'unit à lui d'une manière intime.
Le trapèze du cochon offre une disposition analogue. Le deltoïde se compose de trois parties ; deux de ces parties qui sont externes , supérieures , transversales, et couvertes par le trapèze , naissent l'une en arrière de l'autre ; la première vient de la face externe du sus-épineux, et la seconde du bord antérieur de l'omoplate. Ces deux parties se réunissent en bas et en dedans, et se fixent au bord antérieur du grand pectoral. Il est vraisemblable que la partie antérieure représente le sous-clavier.
La troisième partie, qui est interne^ se dirige d'avant en arrière , sans s'unir aux précédentes , et se prolonge , comme muscle cléidomasloïdien , jusqu'à l'apophyse masloïde , où
d'awatomie comparée. 227
felle s'insère isolément et en avant du trapèze , auquel elle est unie au milieu du cou.
Dans la marte, le deltoïde est partagé en trois portions : la claviculaire et deux scapulaîres, dont uné inférieure et une supérieure.
La portion scapulaire supérieure , qui tient le milieu pour le volume , naît du milieu environ de l'épine de l'omoplate, se dirige en avant, et s'attache, en haut et en dehors, sur la longue léte de l'extenseur de l'avant-bras, à l'aponévrose brachiale.
La portion claviculaire inférieure est aussi un muscle propre , absolument séparé du reste de la masse; il est petit, a la forme d'un carfé long et s'étend obliquement, de l'apophjsô acromion à la crête antérieure de l'humérus ; il élève cet os, et le tire en dehors avec tout le membre, dont il est par conséquent l'abducteur.
La portion claviculaire, également alongée, mais beaucoup plus grande que lâ précédente , dont elle est enlièrement isolée, se détache , au-dessous d'elle , de la même partie de la périphérie de l'humérus et se continue en avant , sans interruption , avec la portion claviculaire du trapèze , qui en est la plus inférieure. Déjà , dans la marte commune, leurs limites sont cependant indiquées: à la face externe, par unénfoncementet un tendon intermédiaire oblique ; à la face interne, elles le sont par le rudiment de clavicuk qui existe un peu au-dessus de ce tendon *
228 TUAITli GEKlînAL
Le sterno-niastoïtiien esl entièrement séparé du cléido-masloïdien. Le premier naît du sternum ie plus antérieur et s'unit , à peu près vers le milieu du cou , au bord antérieur du trapèze.
Le cléido- mastoïdien vient du rudiment de clavicule et est entièrement couvert de la partie antérieure du trapèze, quoiqu'il en soit exactement séparé ; il se fixe , au-dessous de lui, à l'apophjse mastoïde du temporal. 11 se divise , chez la marte commune , dans toute sa longueur, en deux moitiés qui ne sont unies qu'à leur partie la plus supérieure.
Le trapèze est partagé , dans une petite partie de son étendue, en trois portions. La première consiste en une languette , qui est la plus antérieure et la plus petite ; elle naît de la première pièce sternale et du rudiment de clavicule et se continue avec le deltoïde. La seconde prend son origine à l'épine de l'omoplate, eu arrière de la précédente qui la recouvre, et va s'implanter à la partie antérieure de la racine de l'apophjse transverse de la première vertèbre cervicale; la troisième, postérieure et la plus grande , se comporte de la manière accoutumée et se soude à la première.
On voit d'après cette description , que le deltoïde n'est, à proprement parler^ que divisé et non confondu avec les autres muscles. Le fléchisseur superficiel de la tête , au contraire , est fortement divisé ; il est de plusconfondu , en
d'anatomie comparée. 229
partie^ avec le trapèze. Celui-ci se partage, d'une manière incomplète, en une portion claviculaire et en deux scapulaires. Il s'insère, conjointement avec le cléido -mastoïdien , par un bord large, à la crête occipitale et à l'apophjse mastoïde du temporal.
Cette disposition se rencontre également dans \e chien, avec les ditFérences suivantes : 1° la portion postérieure ou dorsale du trapèze est plus petite , très mince et tout- à-fait séparée de la portion antérieure.
La seconde tête du trapèze est aussi forte que dans le genre précédent.
30 Le sterno-mastoïdien est absolument distinct du trapèze , et le cléido-mastoïdien ne peut pas être séparé en deux ventres ^ comme dans la marte.
3° Les deux portions scapulaires du deltoïde son t bien moins séparées ; la première s'attache en partie , au tendon de la seconde. La portion claviculaire s'insère plus bas , presque jusqu'à l'extrémité inférieure de l'humérus.
Le résultat de toutes ces différences établit des mouvemens moins libres chez le chien que chez la marte.
Dans Vhjène , on rencontre la disposition qui suit :
lo Le trapèze se compose de deux portions presque entièrement séparées. La scapulaire , qui est située plus en arrière et qui est plus
TR.llTll: GÉNi^Jl.^L
gTan4e que l'autre , occupe la région poslérieyre du cou et l'antérieure du thorax ; elle s'étend^ dçs apophyses épineuses des vertèbres dorsales correspondantes , à l'épine de .romoplc\te. Elle est aponévrotique dans son premier quart ; en arrière , oii elle recouvre le muscle large du dos^ elle constitue une masse charnue, épaisse.
, La portion antérieure du muscle est plus large et plus longue; elle vient de la partie antérieure du ligament cervical et de l'occipital; elle se confond avec le cléido-mastoïdien et le deltoïde , à l'endroit où elle contient un très petit rudiment de clavicule.
2" L'apophyse acroniion et la partie antéi^ç.ure de la face interne du scapulum donnent naissance à un muscle alongé ,qui ya(^ en avant, à l'apophyse Iransverse de l'atlas, et qui est couvert dans son trajet par le muscle précédent. ; ;3° Le deltoïde est pavlagé en deux portions ; l'une d'elles, qui est fort longue , après s'être unie, da,us la région de l'articulation scapulo- ^lyniiérale, au çléido -mastoïdien et à la partie antérieur;e du trapèze , descend, au-devant de cette même articulation , et se confond tout-^^fait avec les deu3ç fléchisseurs de l'avant-bras. Elle constitue , avec ces deux muscles , uu tendon court et mince, qui est considérablement diviPié et intriqué ; ilrcsulle de cette complica- \io.n qui le niuscle brachial interne n'arrivç
d'anatumiil comparée. 25 l
qu'au cubitus, que le fléchisseur biceps attein t le cubitus et, en outre le radius, mais seulement par une petite languette , et enfin que le deltoïde s'attache, en majeure partie, au cubitus et presque pas au radius.
La portion supérieure ou claviculaire du deltoïde , qui est tout-à-fait séparée , se divise en une moitié inférieure, venant de l'acromion , et en une supérieure produite par l'épine ; elles se réunissent ensuite et s'insèrent à l'humérus.
Dans le chat, le cléido-mastoïdlen est bifurqué un peu , mais seulement à sa partie supérieure ; le trapèze est divisé exactement en une portion claviculaire et unescapulaire. Le muscle que M. Cuvier considère , comme le releveur de l'omoplate , est confondu^ en arrière , avec la portion scapulaire du trapèze ; il s'insère, en avant, par deux faisceaux séparés, à l'occiput et à l'atlas.
Le trapèze du blaireau est partagé en trois portions distinctes.
La postérieure s'étend des vertèbres dorsales postérieures, en haut, à l'épine de l'omoplate; la moyenne, triangulaire et plus grande, va s'attacher, en avant, à plus de la moitié inférieure de l'épine ; la portion antérieure , fort alongée, est étendue de la crête occipitale au rudiment de clavicule^ qui est assez fort ^ et se confond ici avec la portion claviculaire du deltoïde, qui vient de la partie inférieure de l'hu-
a 33 TRAITÉ OÉNÉRAt
mérus. Un petit l'aisceau de la portion antérieure se rend au grand pectoral.
La dernière portion recouvre un muscle mince^ qui s'étend également du rudiment de la clavicule à l'occipital et qui est le cléido-masloïdien.
On voit, en outre, en avant de la portion moyenne du trapèze, se détacher de la partie interne de l'épine, un muscle long et mince, qui se porte sous les autres muscles, eu avant, à i'apophjse transverse de la première vertèbre cervicale.
On observe la même disposition dans Vo-urs, le raton et le coati j avec cette différence que ces animaux n'ont, à la place du rudiment de cla- ' vicule, qu'un tendon situé transversalement.
En outre, leur trapèze est moins divisé.
J) a.1) s le phoque , le muscle commun est surtoutintimementintriqué avec lepeaucier du cou. La partie, qui correspond au trapèze . occupe la moitié antérieure du tronc ^ s'insère au commencement de l'épine de l'omoplate et à celui de la crête humérale; elle remplit ainsi les fonctions de prolracleur et d'abducteur du membre antérieur. La portion scapulaire du deltoïde est fort étroite, et s'étend, en forme de ruban mince ^ du commencement de l'épine du scapulum, en bas, à la crête ou ligne âpre, de l'humérus. Au-dessus et en avant de lui, cette - crête donne naissance à un muscle long et mince, qui va jusqu'à l'apophyse masloïde j
d'aratomie COMPAUÉIÎ. 235
c'est évidemment la portion claviculaire du deltoïde réunie au cléido - mastoïdien ; le dernier ne manque donc pas au phoqiLe, comme l'avance M. Duvernoy (i).
2. î'eleveur de l'omoplate , succède immédiatement au trapèze qui le recouvre ; il est situé entre l'angle du scapulum, ou l'extrémilé antérieure du bord supérieur de cet os, et les apophyses transverses d'une ou de plusieurs vertèbres cervicales antérieures. Ce muscle est alon^^é et simple à son origine, qui se fait par un tendon court; il se divise en plusieurs faisceaux , dont le nombre est d'autant plus considérable, qu'il s'insère à plus de vertèbres.
Dans les cétacés , il est court et épais ; il ne s'attache principalement qu'à l'atlas, à cause de la petitesse des autres vertèbres du cou.
Il manque tout-à-fait au cheval, suivant M. Cuvier (2) ; mais il serait possible qu'il se fût confondu, en bas ^ avec le cléido-mastoïdien , et en arrière, avec le ventre inférieur du deltoïde. Dans ce cas, il ne viendrait pas de l'omoplate. Cependant, je crois devoir, avec raison , considérer comme releveur du scapulum, un autre muscle qui, se détachant de la partie antérieure du bord supérieur de cet os, va aux
(1) Loc. cit., p. 5g.
(2) Leçons , I, 257.
apophyses transverses des troisième et quatrième vertèbres cervicales, et qui est entièrement séparé du grand dentelé antérieur.
Le chameau ne m'a pas offert de muscle semblable^ venant de l'omoplate. Il convient peut-être de regarder comme tel , un autre muscle qui , uni postérieurement au deltoïde, se confond supérieurement avec le trapèze , s'insère aux cinquième et sixième vertèbres cervicales, et reçoit le tendon d'un long ventre musculaire, qui s'isole, en avant, du grand dentelé antérieur.
Ce muscle est faible , mais distinct et séparé , dans le cochon j il va aux premières vertèbres du cou.
Dans le pécari y il est grêle ^ et s'étend de l'angîe de l'omoplate à l'apophyse mastoïde.
Chez le daman, il me paraît constituer la première digitation du grand dentelé.
Il manque dans le mouton, ou forme la partite antérieure du grand dentelé , qui va aux troisième , quatrième et cinquième vertèbres cervicales.
Chez V omithorhynque j il semble partagé en deux forts muscles, dont l'un appartient, sans doute, au muscle suivant.
Il manque dans \ ai , ou n'est qu'un muscle mince el très petit, qui se rend aux deux dernières vertèbres du cou et qui peut à peine être distingué du grand dentelé.
D'A^ÀTo^^ E comparée. 235
Parmi les rongeurs , il en est quelques-uns tels que \amarmote, le mannet (helamjs cafer) et le hamster, qui ont le releveur de l'omoplate tout-à-fait isolé. Il est petit dans la marmote, et énorme dans le mannet j il va de l'extrémité supérieure de l'épine du scapulum^ seulement à l'apophyse transverse de l'atlas.
Dans d'autres, comme le castor, Vécureuil, V agouti, le paca, le cochon à' Inde, ce muscle n'est pas isolé; il constitue la partie antérieure du grand dentelé , qui va à l'atlas -, ou bien , il manque tout-à-fait.
Dans le sarigue ^ parmi les animaux à bourse , il j a un releveur de l'omoplate considérable et tout-à-fait isolé^ qui s'étend de la racine de l'épine du scapulum à l'apophyse trans verse de l'atJas. Il y a, dans ces animaux, en général, une grande tendance à la formation de muscles propres; en effet, immédiatement en arrière de lui, il y en a un deuxième, plus petit, qui se détache du bord supérieur de l'omoplate.
Le hérisson, la taupe, Vichneumon, Y ours ^ le coati, le chat j et Vhjène , parmi les carnassiers ^ n'ont pas de releveur propre du scapulum : il y constitue, d'une man^ère'distincte^ la partie antérieure du grand dentelé, partie qui va à toutes les vertèbres du cou.
Il existe, au contraire , comme muscle propre, dans le blaireau , la loutre , le potto, la marte et
a36 TRAITÉ GÉBl^nA.L
le chien. Il y naît , le plus souvent , de la face externe de l'omoplate, en avant de la racine de l'épine , et ne se rend, chez la plupart de ces animaux, qu'à l'atlas; dans le chien, il s'implante aux deuxième , troisième et quatrième vertèbres cervicales.
Le releveur du scapulum des chauve-souris est un muscle propre^ considérable, qui s'étend, des apophyses trausverses des vertèbres cervicales moyennes^ à la partie antérieure du bord supérieur de l'omoplate.
Dans les quadrumanes , il se distingue également toujours du muscle grand dentelé.
Il naît de l'angle de l'omoplate, cher les makis y aussi bien que chez Xe^singes.
Dans les loris et les makis proprement dits , il se rend seulement à l'atlas.
Cela s'observe également dans plusieurs singes, notamment le macaque.
Chez d'autres , au contraire, par exemple , le magot, Vatèle , il s'insère aux trois premières vertèbres cervicales.
Chez ï homme y il s'attache communément aux quatre premières»
5. On trouve, dans plusieurs mammifères, entre le scapulum et l'atlas , un muscle mince, alongé et aplati , sur la détermination duquel je n'ai point d'idée fixée.
Il se détache de l'extréniilé inférieure de
D*ANATOMIE COMPAIVÉE. S.^y
l'épine et de racromion, et va s'attacher, en se rétrécissant insensiblement, à l'apophjse irausverse de l'atlas.
Ce muscle est très distinct et entièrement séparé du trapèze , dans les singes et les deux genres de la famille des makis , dans le mannet, le castor , la marmote , M ornithorhynque , les sarigues, Vours ^ le potto, le chat et V hyène [i). Dans plusieurs singes , particulièrement Vatèle, le macaque f le magot, le saï, en outre, I dans le viverra caudivolvula, le castor, la marte^ le sarigue y V hyène ^ le blaireau, la loutre et Wichneumon y ce muscle est situé soifs le trajpèze; dans les makis Vours, il est, au conllraire ,a ppliqué sur liii.
Dans la marmote, ce muscle étroit, qui est s situé sous le peaucier et sur le trapèze, prend r naissance, en avant de l'extrémité antérieure ( de la grande portion du dernier , à la partie in- Iférieure de l'épine de l'omoplate, d'où il se pporte à l'apophyse transverse de l'atlas, i II ofFre la même disposition dans le rat-taupe 'dduCap {bathyergus), maisil j est situéplus avant, «et se montre proportionnellement plus fort.
h'atèle et le magot semblent posséder les hideux muscles , car en sus de celui qui est >i5ilué sous le trapèze et du releveur ordinaire
(0 Ce muscle a été mentionné sous le n° 2 ( p. iSo), 'Ichez Vhyène et dans le chat (p. 23i ).
268 tllAlTÉ GÉNÉUAL
de l'omoplate, ils en offrent un autre, qui est superficiel, mais plus petit que dans ]es jjiakis. Ce muscle naît de l'acroniion^ chez Vatèlef de la clavicule chez le magot; il se rend, dans le premier, à l'apophyse Iransverse de l'allas ; dans le second , à la portion squameuse de l'occipital et à la peau.
Dans quelques animaux , par exemple la marie , le potto et Vichneumon , ce muscle perfore le trapèze, et s'insère, enlre les deux moitiés qui en résultent , à l'apophyse acromion.
M. Cuvier le considère comme le releveur de l'omoplate qui se sérail porté plus en avant. Il y a plusieurs raisons qui m'empêchent d'être de cet avis : i* l'existence dans tous ces anitnaux, d'un muscle qui naît , comme à l'ordidinairej du bord supérieur et de l'angle de l'omoplate; 2° la position superficielle du muscle qui nous occupe, dans les makis et quelques singes.
Ce muscle est très vraisemblablement ou une partie du trapèze ou nn muscle propre. La première admission a pour elle surtout la disposition offerte par la loutre , où le muscle naît seulement de la face interne du trapèze ; ce dernier muscle se partage conséquemmenl dans cet animal , en une couche externe et en une interne qui se séparent complètement.
Dans les makis et quelques singes, on pourrait le considérer facilement comme la portion cla-
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■viculaire du trapèze , attendu que celui-ci ne s'y insère pas à la clavicule. Chez d'autres singes, le trapèze s'attache à cet os, niais seulement dans une petite étendue ; il est, en outre, mince en cet endroit , tandis qu'il y est précisément fort épais chez Vhomme; ce qui peut tenir à ce que les muscles, qui sont séparés dans \es singes et dans d'autres animaux, sont confondus chez lui et ne constituent qu'un seul muscle.
Le muscle situé à la surface du trapèze appartient peut-être au peaucier , quoique celui-ci en soit séparé d'une manière bien distincte.
Si ce muscle est véritablement le releveur de l'omoplate, comme le pense M. Cuvier , il forme à peine la partie inférieure ou antérieure de ce releveur , partie qui se serait avancée davantage vers la face abdominale ; en effet , il existe en outre de lui, comme la remarque en a été faite, un véritable releveur du scapulum, qui estou isolé, ou constitue la portion la plus antérieure du grand dentelé.
Dans V agouti, il est représenté peut-être par la partie antérieure du trapèze : du moins je ne trouve pas d'autre trace , ni du muscle en question , ni du releveur de l'omoplate.
Il en est de même dans le paca , le cocliond'Inde , Vécureuil et le hamstev.