En arrière du releveur du scapulum, et
un peu au-dessous ou en-dedans de lui, est situé le rhomboïde , qui prend naissance aux apophyses épineuses de plusieurs vertèbres cervicales postérieures et de quelques dorsales antérieures, parfois aussi à l'occipital au-dessous du trapèze ; il se dirige obliquement en dehors et en arrière , et se fixe à la partie postérieure et la plus grande du bord supérieur de l'omoplate. Il se divise assez souvent en un muscle térieur plus petit, et en un postérieur plus grand.
Ce muscle est très mince dans les cétacés ; je n'y ai pas pu découvrir la division mentionnée , du moins dans le dauphin ordinaire.
Chez le cheval, on le peut en quelque sorte diviser en deux. L'antérieur est très long, épais, et tire son origine de la partie libre qui est la plus grande, du ligament cervical , jusqu'au près de la tête. Le postérieur et inférieur est plus petit et quadrilatère; il se détache des vertèbres dorsales antérieures, et afFecte une direction transversale : il est beaucoup plus épais que le trapèze.
Dans le mouton, le rhomboïde est plus difficile à séparer ; il s'étend du ligament cervical à l'axis. Il est également petit et simple dans le chameau; il y a une forme triangulaire et s'étend seulement de l'angle postérieur du scapulum, à deux vertèbres dorsales antérieures. Il n'est également pas divisé dans le cochon.
Le daman, au contraire, en olFre deux , dont
d'an ATOMIE COMÎPAUÉE. 24 1
le postérieur se subdivise lui-même en plusieurs autres. Le rhomboïde antérieur est un muscle très long , qui va de l'angle de l'omoplate au quart supérieur du cou et à l'occipital. Le postérieur se partage en plusieurs faisceaux : le plus antérieur de ces faisceaux va du tiers moyen du cou à l'extrémité antérieure du bord supérieur du scapulum ; le moyen s'étend des apophyses épineuses des deux premières vertèbres dorsales au milieu du même bord ; le faisceau postérieur enfin, vient des troisième , quatrième et cinquième vertèbres dorsales ; il se rend encore au bord supérieur du scapulum , mais à sa partie postérieure.
Le rhomboïde de V ornithorhjnque est très grand ; il est situé entre la partie postérieure du bord supérieur de l'omoplate et i'occipitalft, auquel il s'attache par un bord large .
Il est simple dans les fourmiliers , parmi les édentés\ mais il est étendu seulement entre les vertèbres cervicales postérieures et les dorsales antérieures. Dans le tatou, il est, au contraire , divisé en deux^ dont l'antérieur, également fort, va jusqu'à l'occipital, tandis que le postérieur est entièrement conibndu avec le grand dorsal.
La disposition du rhomboïde dansl'azest toutà-fait semblable à celle du même muscle chez le Jourmilierj ce qui n'est pas étonnant, vu la longueurducou de ce t animal .Ce muscle se por teseulement aux deux tiers postérieurs de l'omoplate. VI. 16
Le porc-épic et la mannote , parmi les rongeurs, n'ont qu'un rhomboïde, mais il y 'est très développé 5 il vient de Tarcade de l'occipital , de toutes les vertèbres cervicales et des trois premières dorsales ; il gagne la moitié antérieure du bord supérieur de l'omoplate. Dans le porc-épic , il passe même par-dessus la fosse sus-épineuse, pour aller s'attachera tout le tiers supérieur de l'épine.
Chez le castor, la petite partie du muscle , qui vient de l'occipital, n'est que faiblement séparée. Le muscles'implante égalementau bord supérieur du scapulum et, en outre, à toute l'épine.
Le sarigue ne me présente qu'un rhomboïde, qui s'étend des vertèbres dorsales antérieures , par une languetle longue, mince et apoinlie , j u squ'à l'occipital , et qui ne s'insère q u 'à la moitié postérieure du bord supérieur de l'omoplate.
Parmi les carnassiers ^ il y a au moins la marte , le potlo , Vours , le blaireau , le chien et le chat, qui possèdent deux rhomboïdes, dont l'antérieur va jusqu'à l'occiput , et le postérieur aux quatre premières vertèbres dorsales.
Dans le blaireau, on trouve quelquefois , mais pas toujours, indépendamment du grandrhomboïde antérieur, muscle qui s'étend de l'occiput au bord supérieur de l'omoplate, un autre muscle rhomboïde postérieur , plus petit , qui , venant des apophyses épineuses de deux vertèbres
d'anatomie comparée. 2l\7y
tlorsaîes moyennes, passe par-dessus le premier, en montant à la racine de l'épine. Il doit être considéré, sans doute , comme un faisceau du trapèze ou du grand dorsal.
La division du rhomboïde n'est, du reste, pas générale, parmi les carnassiers , comme on le pourrait présumer d'après M. Cuvier (i). Du moins le coati et le raton ne m'ont offert qu'un seul rhon]boïde, très grand et triangulaire , s'étendant de tout le bord supérieur de l'omoplate aux premières vertèbres thoraciques et à l'occiput; ce muscle imitait exactement la forme du trapèze.
De même, dans Vhyèiie , les fibres du muscle qui vont à l'occipital ne sont nullement séparées des fibres postérieures.
Le rhomboïde très grand du hérisson n'est également pas divisé ; mais il recouvre un muscle insolite , propre , beaucoup plus petit, s'étendant plus transversalement , de quelquesunes des premières vertèbres dorsales, àla région moyenne du scapulum. Ce muscle propre sert incontestablement à faire rentrer le membre supérieur, lorsque l'animal se ramasse sur luimême en forme de boule.
Dans la taupe , le rhomboïde est extrêmement fort et parfaitement divisé en deux. Le postérieur, superficiel;, qui est plus court que
(0 Leçons , uSg.
l'autre , vient du ligament cervical ossifie et s'insère au petit bord supérieur du scapulum ainsi qu'au ligament transverse qui , dans cet animal , unit entre elles les deux omoplates.
Le muscle profond , qui n'est recouvert du précédent que dans sa partie postérieure , vient du scapulum^ mais non du ligament transversal; il passe devant l'autre, en se portant directement à l'occiput, où il s'attache fort en dehors.
Ces deux muscles étendent la tête et tirent le bras fortement en avant ; ils sont , par conséquent , très importants pour l'action de fouir.
Le muscle est considérable dans les chauvesouris ; il est tout-à-fait simple et naît seulement des vertèbres cervicales postérieures et de quelques dorsales antérieures.
\jes makis , parmi les quadrumanes , ont un rhomboïde simple, fort long, s'étendant jusqu'à Tocciput.
Dans les makîs proprement dits, il prend naissance à la moitié postérieure du bord supérieur de l'omoplate et détache , du milieu de son bord antérieur , un long faisceau propre , très mince ^ qui va à l'occiput , et qui représente le rhomboïde supérieur. La partie postérieure du muscle , bien plus grande que l'antérieure, s'attache à toutes les vertèbres, comprises entre la première cervicale et la sixième dorsale.
Dans les singes , le muscle envoie aussi à l'occiput une bandelette mince qui représente
d'ana-TOMie comparée. 245-
le rhomboïde antérieur; elle se détache à peu près du milieu du bord antérieur du muscle, d'autres fois on la trouve tout-à-fait isolée du reste. La première disposition m'a été ofFerte , par exemple , par le magot; la seconde par le coaïta.
Chez \ homme, les deux rhomboïdes sont communément tout-à-fait séparés ; mais ils s'étendent, tous les deux, seulement des premières vertèbres dorsales, aux dernières cervicales.
On voit d'après tout ce qui vient d'être exposé, que le muscle rhomboïde atteint la tête dans la plupart des animaux, tandis que chez V homme, il s'arrête au cou. La première disposition semble être en rapport avec la marche des quadrupèdes. -
5. Le grand dentelé aniéj'Leuresi\.con?>iAévû)\e, larae et mince ; son extrémité d'origine se détache du bord supérieur ou interne du scapulum, en dedans des rhomboïdes et du releveur de V omoplate; l'autre extrémité se termine constamment, au moyen de plusieurs digitations , à un grand nombre des côtes antérieures, et or dinairement aussi aux apophyses transverses de la plupart des vertèbres cervicales postérieures. Dans les animaux , où sa direction vers la région antérieure s'éloigne considérablement du cou, il paraît s'être confondu avec le releveur du scapulum, du moins il sen»ble être développé aux dépens de ce muscle; car dans ces cas, le dernier manque tout- à- l'ait, ou se termine leplussouvent
à l'atlas. Les dig-ilations costales du grand dentelé s'entrecroisent avec celles du grand oblique de l'abdomen.
Très petit chez les cétacés ^ il y naîtseulement des seconde, troisième et quatrième côtes, et tout au plus des quatre premières.
Le grand dentelé du mouton est , au contraire, très volumineux ; ce muscle, dans le cas où on ne veut pas considérer sa partie antérie^ure comme le releveur du scapulum, présente treize faisceaux d'origine, qui partent des huit premières côtes el des cinq dernières vertèbres cervicales.
Dans le cheval, il naît, par douze faisceaux , des neuf premières-côtes et des trois dernières vertèbres du cou . Le peu d'étendue du bord supérieur de l'omoplate réduit le bord du muscle qui s'y attache à une extrême petitesse; il en résulte qu'en s'élargissant , le muscle prend toute la forme d'un éventail.
Il est surtout fort considérable dans le daman, où il prend naissance aux cinq dernières vertèbres cervicales et aux quatorze premières côtes, en tout par dix-neuf digilations. Chez le cochon, il provient des cinq dernières vertèbres du cou, et des six premières côtes.
Parmi les monotrcmes , le grand dentelé de Yornithorhjnque se divise èn deux muscles . dont l'antérieur prend son origine aux cinq dernières vertèbres cervicales et à la première
d'anatomie comparée. 24-7
dorsale, tandis que le postérieur vient des trois premières côtes.
DànsVaï, son insertion est bornée à la dernière vertèbre cervicale et aux sept côtes du devant; cette proposition suppose quele muscle, décrit sous le nom de releveur du scapulum , n'est pas la partie antérieure du grand dentelé , qui, dans ce cas, serait moins étendu que de coutume.
Le porc-épic, parmi les rongeurs, présente l'orig-ine du grand dentelé fixée aux neuf côtes antérieures, et sa terminaison aux trois dernières vertèbres cervicales.
Chez la marmote , au contraire , cette dernière inserlioil a lieu aux cinq dernières. Les autres rongeurs offrent une disposition semblable.
Les saî'igues , parmi les marsupiaux y ont ce muscle fort développé ; il y naît, par seize fascicules^ des six vertèbres cervicales postérieures et des dix dorsales antérieures.
Dans la marte , parmi les carnassiers , il se détache des cinq dernières vertèbres cervicales et des huit premières côtes ; chez Vhjène , il vient des six vertèbres postérieures du cou et des huit côtes antérieures. *
Dans le coati , il prend naissance à toutes les vertèbres du cou et aux neuf premières côtes; chez Vours blanc y il tire son origine des eiiiq vertèbres cervicales postérieures^ et des dix côtes antérieures.
Le grand dentelé de Vhjène est très long, mais étroit , surtout à sa partie moyenne. Il se détache du bord postérieur de son tendon supérieur, un faisceau long de neuf pouces, sur trois lignes d'épaisseur , qui se perd dans le tendon du dentelé supérieur , au niveau du dernier des muscles intercostaux.
Il est extrêmement grand et fort dans la taupe j il j naît , à cause de la petitesse du bord supérieur du scapulunT, par une base très petite, et se rend en s'élargissant considérablement, à la plupart des vertèbres cervicales postérieures et aux neuf premières côtes.
Dans les chauve-souris , le grand dentelé est fort développé et distinctement divisé 'en deux parties. L'antérieure est beaucoup plus petite que l'autre; ellese détache, en haut, des trois premières côtes , et se porte, comme de coutume, à la partie antérieure du bord supérieur du scapulum. Le muscle postérieur tire son origine, plus bas, des autres côtes, les deux dernières exceptées ; il ne se rend pas au bord supérieur , mais seulement au bord inférieur et externe de l'omoplate.
Le m^me muscle est également considérable dans les quadrumanes.
Chez les malds , il prend naissance, par treize faisceaux, des cinq dernières vertèbres cervicales et des huit premières côtes.
Parmi les singes , le magol le présente étendu
de la quatrième vertèbre cervicale à la neuvième côte; chez \ecoaïta, il vient même, par quinze faisceaux , des six vertèbres postérieures du cou et des neuf côtes les plus antérieures.
Chez Vhomme enfin, il a hait ou neuf digitations , qui se détachent seulement des huit premières côcx.j.
6. Le petit pectoral ou petit dentelé antérieur est rangé ordinairement parmi les muscles de Tépaule, par analogie avec sa disposition dans l'homme. Il s'étend en effet , chez Vhomme , de l'apophjse coracoïde ou de l'humérus , à quelques-unes des côtes antérieures , mais non aux premières ; son insertion a lieu surtout à celles qui sont comprises entre la seconde et la sixième. Dans la plupart des autres animaux, au contraire, où ce muscle existe^ il se fixe non au scapulum , mais à un point fort élevé de Thumérus; il s'ensuit qu'il y fait plutôt partie des muscles du bras que de ceux de l'épaule.
Ce muscle ne se trouve pas généralement, du moins en ce qui concerne son attache aux os du membre antérieur.
Déjà M. Cuvier (i) a fait la remarque exacte qu'il manque dans les carnassiers j cette observation s'applique, en efFet, à plusieurs d'entre eux , en ayant égard à la restriction que nous
( 1 ) Leçons , I , ^56.
2 5o TRAITÉ GÉNÉKA.L
venons d'établir , et même en y comprenant le mongous. Je l'ai également cherché en vain dans le sarigue et le kangur ou- géant parmi les marsupiaux j dans \es fourmiliers et [es paresseux, parmi les édentés j enfin dans la plupart des rongeurs.
Mais de ce que les os du memore antérieur de ces animaux ne donnent pas attache à un petit pectoral, ce muscle n'y manque pas pour cela réellement. Je crois devoir, au contraire , prendre^ pour petit pectoral, la partie inférieure du grand scalène postérieur (i) , muscle qui est précisément fort développé dans ces animaux : en efiPet, ses attaches costales sont les mêmes, et elle franchit aussi la première côte. On voit ainsi , que plus les os de l'épaule se développent, plus l'attache de ce muscle s'éloigne de la colonne vertébrale. A la vérité, les singes et les makis possèdent à la fois l'un et l'autre de ces muscles ; mais cette circonstance ne prouve nullement que le petit pectoral ne se développe pas du scalcne postérieur.
Chez ces animaux , du moins chez le coaïla , le magot et les loris, il ne va pas au scapulum , mais il se rend à la tubérpsité externe de l'humérus, au-dessus du grand pectoral.
h' ours brun m'a oflert une disposition semblable.
(i) 7'orczpa(^. 1 56, 157.
d'A-NATOMIE GOMPAnÉE. 25i
Un muscle alongé et étroit , sitiié sous le grand pectoral , mais entièrement séparé de lui , s'étendait dés quatrième et cinquième cartilages costaux, à la tubérosité interne de l'humérus.
De même dans le tatou, il y a , sous le grand pectoral , un. muscle plus petit , qui va de la première côte à l'humérus , où il s'attache audessus du grand pectoral. On trouve uneconformalion analogue chez la marmote) mais le muscle j vient de la région mo yenne du sternum.
Il est possible, au reste, que ces muscles allant à l'humérus, ne représentent pas le petit pectoral, mais seulement certaines parties du grand pectoral ; dans ce cas, ma manière de voir serait encore plus exacte.
Le papion olFre , sous ce rapport , une conl'ormation transitoire digne de remarque : son grand pectoral est formé de deux couches superposées, dont l'externe est la plus grande j l'interne ou inférieure , qui vient de la région moyenne du sternum, s'attache en majeure partie, par son tendon , à un point élevé du côté antérieur de l'humérus ; mais elle fournil^ en outre, une forte languette tendineuse, qui se rend à l'apophyse coracoïde. ,
Nous avons de la sorte, devant nous , le développement insensible du muscle; d'abord, il est situé seulement entre des côtes, puis il s'étend entre des cotes et des vertèbres, ensuite
on le voit se porter, en partie, à l'humérus, comme couche inférieure du grand pectoral, et plus haut à l'humérus encore et au scapulum, jus(|u'à ce qu'enfin, dans l'homme et les chauve-souris , il constitue un muscle tout-à-fait distinct du grand pectoral , s'attachant uniquement à l'apophjse coracoïde du scapulum.
Chez V homme et les chauve-souris , le scalène postérieur est en même temps considérablement diminué ; il est sprli entièrement de la région moyenne du thorax, pour aller se fixer aux côtes les plus supérieures.
Dans les chauve-souris , le petit pectoral , qui est très fort, vient des trois premières côtes; chez Vhomme , il naît des troisième , quatrième et cinquième côtes; dans le magot, son origine est plus étendue, puisqu'il se fixe, en outre, à la sixième côte.
D'après cette description , le petit pectoral j le scalène postérieur, et le muscle de renforcement des intercostaux , que nous avons décrit surtout chez les éclentés et les cétacés , seraient un seul et même muscle.