QUATRIÈME SECTION
MUSCLES DES INSECTES (l).
L'appareil musculaire des animaux articulés , comprenant les insectes , les arachnides et les crustacées , est , en raison du plus grand développement de leurs organes locomoteurs, Lien plus complet qu'il n'est chez les annelides, quoiqu'il soit formé d'après le même type. En effet , non seulement les muscles communs du corps sont divisés en un plus grand nombre de couches superposées et de faisceaux justaposés; mais les muscles des pieds et des ailes out augmenté aussi avec le nombre des articles des membres.
Ces animaux possèdent très-généralement deux couches de muscles , une supérieure ou dorsale, et une inférieure ou abdominale ,
(i) L'ouvrage de M. Straus fournit les donne'es suir vantes sur les muscles des animaux articulés.
Les muscles des animaux articule's, en ge'neral, difFè-? rent de ceux des animaux supérieurs en ce que leurs fibres sont parfaitement droites , le plus souvent libres, et quelquefois re'unies seulement par fsiisceaux, (^ui.
entre lesquelles il existe moins généralement , mais pourtant encore assez fréquemment, une
ne se surcomposent pas, ge'ue'ralement blancs; dans quelques espèces, mous et ge'latineux. A la première inspection, les insectes paraissent avoir des muscles de deux espèces, quant à la forme de leurs filets e'ie'mentaires ; mais cette difFe'rence n'est qu'apparente.
Les uns sont forme's de fibres isole'es, d'une e'gale grosseur dans toute leur e'tendue, ou bien le'gèrement coniques , variant dans leur e'paisseur d'un cinquantième à un centième de millimètre; elles sont très-distinctement articule'es.
D'autres muscles, et ce sont ordinairement les plus volumineux , sont forme's de colonnes prismatiques non articule'es, parallèles, espace'es et fort grosses, ayant jusqu'à un dixième de millimètre d'épaisseur ; mais ces colonnes sont elles-mêmes formées de filets articule's, re'unis dans chaque colonne par une substance probablement graisseuse.
Les articles des fibres sont de petites plaques , dont l'e'paisseur n'excède guère le quart de leur largeur, et place'es obliquement les unes au-dessus des autres ; ces articles sont plie's trois fois sur eux-mêmes en forme de Les quatre plans qu'ils présentent sont dispose's de manière que les moyens sont triangulaires et se perdent à l'un des bords de l'article: il s'ensuit qu'en regardant la fibre par l'une de ses faces on n'aperçoit que les bords des plans latéraux , tandis que, de l'autre côte', les quatre plans sont visibles à l'extérieur. Le bœuf et Vaigle, parmi les vcrte'brés, ont e'galement ofTcrt cette disposition à M. Stuaus.
Celte remarque conduit l'auteur à présumer que cette disposition est générale. « Peut-être la découverte de cette forme pourra-t-clle , ajoute-t-il , contribuer à éclairer la cause du singulier phénomène de là contrac-
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couche plus étroite, qui est Ja couche latérale. Les moitiés des deux premières couches se
tion musculaire. Chaque fibre ne serait-elle pas uue espèce de pile galvanique forrae'e par la substance musculaire proprement dite et la substance nerveuse ? et le raccourcissement de ces prganes ne scrait-il pas l'effet de l'attraction qui a lieu entre ces deux corps charges d'une e'iectricite' difFe'rente ? »
Les muscles des animaux articule's naissent, en ge'ne'ral , presque toujours sur les diverses pièces du têt , et rarement sur des tendons d'origine.
Les pièces solides, en forme de cupules, sur lesquelles certains muscles se rendent à leurs extre'mite's , paraissent être les analogues des aponévroses superficielles des vertébrés ; elles en remplissent les fonctions, et se trouvent quelquefois place'es à l'origine de leurs tendons.
Les tendons des animaux articule's paraissent plus compacts que ceux des classes supérieures ; ils ont beaucoup de ressemblance avec le têt , quant à la composition , contenant comme lui de la substance calcaire; mais ils son t dépourvus de matière colorante et d'e'piderme , jamais formés de plusieurs feuillets entrecroisés.' Les fibres des tendons sont longitudinales , ou rayonnées selon la forme de ces mêmes tendons. Le tissu de ces organes est semblable à celui des mêmes parties dans les animaux vertébrés. La grande compacité des tendons les rend très-distincts; leurs bords s'amincissent souvent à tel point qu'on aurait de la peine à mesurer leur étendue, si leurs limites n'étaient pas indiquées par la direction des fibres musculaires qui s'y rendent. Les tendons des animaux articulés présentent absolument les mêmes formes et la même disposition que ceux des vertébrés, tantôt grêles, tantôt élargis en feuilles , et les uns et les autres simples ou composés. Les premiers se rencontrent dans les muscles
joignent sur la ligne médiane , mais de manière à ce que celles de la couche supérieure
qui n'ont qu'un seul chef, les autres dans ceux qui en offrent plusieurs; le plus souvent, les tendons augmentent d'épaisseur en approchant de leurs points d'attache. Comme ils sont solides, les plus gros offrent toujours à cette même extrémité' un petit espace flexible afin de pouvoir se plier; cette partie est ordinairement e'trangle'e , et imite assez bien une articulation. Leur extre'mite' se trouve quelquefois contenue dans la peau; et, y devenant en quelque sorte exte'rieure , elle présente les mêmes composition et couleur que les pièces solides des te'gumens. Le plus souvent simples, quelquefois ils sont bifurque's à leur extre'mite', comme les fléchisseurs de la jambe chez les limules.
De la disposition des fibres musculaires ét des diverses espèces de tendons résultent plusieurs formes de muscles très-semblables à celles des vertébrés.
i» Les coniques, dont le tendon est grêle, occupe l'axe des muscles, reçoit les fibres sur tous les points de sa surface, et se divise quelquefois en un grand nombre de petites lanières , afin de pouvoir olTrir des attaches plus nombreHscs aux fibres ;
2° Les pyramidaux , qui présentent un tendon également enveloppé de toutes parts , fortement élargi en feuille, mais rarement frangé ;
30 ï-,es pseudo-periTiifùrnies, plats et triangulaires, dont les fibres naissent toutes sur une même ligne , et se rendent sur les deux côtés opposés d'un tendon grêle , et quelquefois sur un seul côté;
4° Les pennifonnes , qui ne diflfèrent des premiers que par leurs bords étagés; f
5" Les composés, formés de plusieurs chefs, dont chacun a souvent un tendon particulier, mais qui se réunissent tous en un seul avant de se fixer à la pièce qu'ils
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soient séparées par le vaisseau dorsal , celles de l'inférieure par le cordon ganglionnaire. Ces
doivent mouvoir. Le même tendon reçoit souvent des chefs très-distincts , placés k des distances plus ou moins grandes les unes des autres j quelquefois tes chefs sont réunis en une seule masse, et le muscle prend alors entièrement la forme des pyramidaux. Les composés se rencontrent le plus souvent dans des régions oii il y a de grands efforts à produire, et oii l'espace avoisinant est divisé en plusieurs compartimens , dont un seul ne suffit pas pour loger un muscle assez puissant, ou bien quand la pièce qui le reçoit doit exécuter des mouvemens dans divers sens , ses chefs ayant alors des directions différentes.
Point de muscles digastriques aux insectes.
Plusieurs muscles qui meuvent une pièce , par rapport au tronc, prennent naissance sur une autre pièce également mobile et d'uije fonction toute différente; circonstance qui se rencontre aussi dans l'organisation des vertébrés. L'extenseur postérieur de l'aile, en même temps fléchisseur de la troisième hanche , est un exemple de cette disposition chez les coléoptères.
Il n'y a pas d'exemple qu'un muscle se divise en plusieurs chefs fixés à des parties différentes pour les mettre en mouvement. La puissance , le volume , et même la forme des muscles, ne dépendent que de la fonction de la pièce qu'ils doivent mouvoir : de là vient que , lorsqu'une pièce perd sa mobilité dans une espèce , sans changer d'ailleurs , les muscles qui s'y rendent d'ordinaire , devenant inutiles , disparaissent pour céder leur place à des organes plus importans ; et loi\squ'une pièce change de fonction et de forme, on voit les muscles qui s'y rendent varier également de volume et même de disposition pour s'accommoder à cette nouvelle fonction. Une simple modification dans l'articulation de la pièco
couches , priiicipalemeut les deux preuiicres , sont composées de fibres lougiuidiuales , qui ,
mobile changeant quelquefois conside'rablement les mouvcmens de cette dernière, les muscles qui se rendent sur celle-ci se modifient en conséquence de cette transformation. Enfin il arrive que la pièce mise en mouvement change de fonction , en conservant ne'anmoins à peu près la même forme , et les muscles qui la meuvent changent parla e'galement de fonction.
L'observation fait voir encore que les pièces sur lesquelles les muscles naissent peuvent varier conside'rablement de forme et de grandeur, sans que cela influe en rien sur ces derniers , et que les muscles analogues dans deux espèces d'animaux articule's ne naissent pas toujours sur la même partie.
Une conse'quence de ces divers faits est qu'il peut exister une assez grande diffe'rence entre les modifications qu'e'prouvent le têt et les muscles , quoique ces deux systèmes d'organes dépendent re'ellement l'un de l'autre. Cette différence estsouveut assez grande dans les animaux articule's pour que des muscles analogues de deux espèces prises dans des familles un peu ëloigne'es nepuissent pas toujours être reconnus , quand on ne les suit pas par une gradation insensible dans presque tous les genres interme'diaires j et si l'on rencontre des lacunes dans la série, lacunes qui sont souvent fort conside'rablcs dans cet embranchement, on peut rester dans la plus grande incertitude surl'analogie des muscles; enfin comme un animal arliculd ne saurait fournir de type à toute la série, il est impossible de pouvoir ramener tous les muscles d'une espèce quelconque à leurs analogues dans une espèce appartenant à une autre classe.
[ STnAus-DuiicRiiEiM , Coiisidcralions générales sur Vanalomic coviparée des animaux articulés, p. i4^ - ]
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leplussoLivent , forment la partie profonde, et de fibres obliques, situées plus superficiellement , qui s'entrecroisent avec les précédentes. 11 n'y a guère de fibres transversales que dans les couches latérales. Les fibres longitudinales s'étendent, sans intersection apparente , de l'extrémité antérieure du corps à son extrémité postérieure ; les fibres obliques vont de l'extrémité antérieure de chaque anneau à l'extrémité antérieure de l'anneau qui précède, quelquefois elles n'atteignent pas cette extrémité antérieure , elles s'insèrent en-deçà. Les fibres transversales s'étendent ordinairement du bord externe ou latéral du segment inférieur de l'anneau à la face interne du segment supérieur qui lui correspond.
Les muscles de la fête et des membres, sont des répétitions plus ou moins exactes des muscles du tronc ; souvent ils ne sont pas môme séparés des muscles du tronc : cela a lieu surtout pour ceux de la tête. Lorsque ces derniers constituent des muscles propres , ils sautent ordinairement un certain nombre d'anneaux.
Les muscles des membres opèrent la traction en avant et en arrière , ou la flexion et l'extension; ils sont situés dans l'intérieur delà portion de membre qui précède immédiatement celle qu'ils ont à mouvoir ; ils naissent communément de la face interne de cette première portion. Le tendon par lequel ils s'attachent à la
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portion de membre qu'ils mettent en mouvement est babltuellement fort considérable; il parcourt cette portion dans toute sa longueur, et a souvent des saillies et une dureté osseuse, surtout chez les crustacés.