‹ Traité général d'anatomie comparée [electronic resource] (volume 4)Chapitre 20 sur 83 · i TRAITÉ GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

i TRAITÉ GÉNÉRAL

D'après cela le nombre des phalanges no diminue qu'aux deux orteils externes, n non aux internes ; circonstance digne de remarque, à cause de l'analogie qu'elle établit avec les mammifères. Les phalanges ne s'élèvent non plus jamais au-dessus de leur nombre ordinaire; le nombre cinq semble être le maximum dans les trois classes de vertébrés les plus élevées.

5. Le rapport, des phalanges entre elles ofTrr aussi des différences. Ainsi chez beaucoup d'oiseaux , tels que les oiseaux de proie et les grimpeurs , la phalange unguéale est, abstraction faite des ongles , partout la plus grande , surtout au pouce , ou du moins est aussi grande que les autres. L'avaril-d^rnière phalange a le même volume ou n'est guère plus petite que la dernière 5 les autres sont beaucoup plus petites chez les oiseaux de /?ro/e,. "et surtout au doigt le plus externe,

La brièveté de la première phalange est surtout remarquable chez les martinets , parmi les oiseaux chanteurs. Je n'ai pas trouvé entièrement confirmée la règle établie par M. Tiedemann (i), que chez les gallinacés , les oiseaux de rivage et les palmipèdes , les phakuiges deviennent successivement plus courtes de la première phalange à la phalange unguéale. C'est aux gallinacés que celte régule est le plus

(i) Loc. cit. , p. 270.

d'aWTOMIE comparée. oorr

applicable. Néanmoins chez le coq dcmestique, faisons et les tétras, lavant-dernière phalange du quatrième orteil est au moins plus grande que la troisième phalange , et les trois ou quatre phalanges extérieures ont presque toujours le même volume.

Parmi les oiseaux de rivage on trouve chez le héron , la première phalange du troisième orteil presque toujours un peu plus petite , souvent beaucoup plus petite que la seconde phalange ,• et quelquefois même , par exemple chez le blongios ( ardea minuta) , plus petite que la troisième ; la seconde est , dans ce cas , la plus longue. La donnée de M. Tiedemann est exacte en ce qui concerne les cigognes et les grues. Parmi les oiseaux d'eau, les plongeons et les grèbes ont l'avantdernière phalange des troisième et quatrième orteils plus longue que la seconde phalange du troisième orteil , et plus grande que les seconde et troisième phalanges du quatrième orteil. La même disposition se remarque chez le canard musqué et les foulques. Chez le harle vulgaire , l'avant-dernière phalange du qua- . trième orteil est plus grande que la troisième. Il y a par conséquent des exceptions à la règle établie par M. Tiedmaun.

Chez les brévipennes , la première phalange du premier orteil est la plus longue; la seconde ^'St la plus courte. Au second orteil de Vau-

2 28 TKAITI^ GKMrÎRAL.

truche à trois doigts et du casoar de la Nou- ' veUe-Hollande , la première phalange est encore la plus longue; mais après elle vient la seconde ; ensuite la phalange unguéale chez le casoar de la Nouvelle- Hollande. Chez V autruche à trois doigts , la seconde et la quatrième phalanges ontle même volume ; chez le casoar commun , la seconde est beaucoup plus petite que la quatrième , laquelle est aussi grande que la premièce. \J autruche commune ressemble le plus au casoar de la Nouvelle- Hollande , par la conformation de son premier orteil. A l'orteil le plus externe , les phalanges diminuent considérablement de volume de la première à la quatrième ; les seconde , troisième et quatrième phalanges sont surtout beaucouj) plus petites que la première. Uautruche commune se distingue des autres par le peu de volume de la cinquième , qui est la plus petite , tandis qu'elle vient après la première partout ailleurs.

6. hti forme des phalanges offre aussi de grandes différences. 11 convient d'étudier, à part , d'un côté, les phalanges les plus antérieures , ou. les unguéales, de l'autre côté, toutes celles qui viennent après les unguéales," autrement les phalanges postérieures.

Les phalanges les plus postérieures des oiseaux de proie sont , toute proportion gardée, larges, épaisses, très-fortes et arquées ; elles ont

d'aNATOMIE comparée. 'J'JC)

des poulies articulaires très-prononcées : chez les oiseaux chanteurs et les corbeaux , elles sont plus faibles et plus alongées. Dans les oiseauac grimpeurs , elles ont beaucoup de ressemblance avec celles des oiseaux de proie ; mais elles y sont plus alongées et plus droites. Chez les gallinacés , elles sont courtes, épaisses, assez droites; cette disposition est encore plus marquée chez les hrèvipennes. Elles sont faibles, grêles , alongées , plates , chez les oiseaux de rivage et les oiseaux d'eau, surtout chez les derniers. Leurs surfaces articulaires , tant convexes qne concaves , sont en outre peu marquées chez ces derniers , principalement chez les plongeons et les grèbes , et particulièrement aux phalanges les plus voisines des unguéales.

La phalange unguéale est, en général, arquée, surtout chez les oiseaux grimpeurs^ et après eux chez les oiseaux de proie ; elle est aussi, chez les derniers, fort apoinlie en avant. La plus droite et la plus mousse existe chez les oiseaux de rivage et d'eau; chez les plongeons et les grèbes , elle est tout-à-fait droite, plate et mousse à son extrémité antérieure. L'orteil moyen et antérieur des grèbes se dislingue surtout sous ce rapport j, la phalange unguéale en est plus large que toutes les autres. Chez les engoulevens, le cormoran et \effray e de l'espèce la plus connue.

{ striac jLaminecL ) y la phalange uugiicalo du troisième orteil offre une particularité très-digne de remarque : elle est pourvue d'un grand nombre de dentelures à son bord interne.

c. Ligamens du pied.

Les plus compliqués des ligamens du pied sont ceux qui appartiennent à son articulation avec la jambe. Au côté externe , on trouve deux ligamens fibreux, longitudinaux ;au côté interne, il n'en existe qu'un seul, entre les extrémités correspondantes du tibia et du premières du tarse.

11 y a , en outre, deux ligamens obliques antérieurs , qui se croisent , et pénètrent , en partie , dans, l'intérieur du ligament capsulaire. L'un est superficiel , l'autre profond j le premier est plus petit que le second, et naît, plus haut que lui , de l'extrémité inférieure de la face antérieure du tibia et de la face interne de la malléole externe; puis il se porte en dedans, et s'avance , en devenant plus large et plus mince, au-dessous de la malléole interne, s'enfonce beaucoup dans l'articulation tibio-tarsienne, et s'insère au bord interne de la facette articulaire interne du premier os du tarse. Le ligament situé plus profondément , et qui est le plus grand, naît en avant, entre les deux malléoles, par une languette courte , immédiatement au-dessous du premier ligament , au-de-

d'a.vatomie comparée. 23 1

\aiit de l'exlrémité inférieure delà face aiitérieure du tibia , et fort eu haut de la face aniérieure du premier os larsieu;il seporleplusloiii, eu dehors et en arrière , où il s'attache entre les deux facettes articulaires du dernier os. il s'étend , en forme de demi-lune , beaucoup plus en dedans que le premier ; mais l'aspect librO'Cartllngineux n'est pas plus distinct à un point de son étendue qu'à un autre.

L'articulation tibio-tarsienne a , par conséquent , beaucoup de ressemblance avec celle du geuou , et cette ressemblance est encore augmentée par le renflement rotuliforme , considérable, existant dans le tendon du muscle fléchisseur des orteils, et qui glisse dans la partie postérieure de la capsule.

D'après M. Tiedemann (i), la saillie interne, ou le cartilage articulaire interne , manquerait 3 mais jl existe réellement , et tout ce qu'il j a de diflérence , c'est qu'il est beaucoup plus petit et qu'il ne se trouve qu'en avant, tandis que l'externe s'étend fort en arrière j différence qui se rattache à la hauteur beaucoup moindre de la facette articulaire externe du premier os du tarse.

La plupart des autres articulations sont constituées par des capsules synoviales , simples , minces et renforcées des deux côtés par des 11-

■ i; Zoologie, bd. a, \>.

gameiis fibreux , forts et courts , situés entre les extrémités des os qui se succèdent les uns aux autres. 11 existe dans la face postérieure de ces capsules de forts fibro-cartilages , ayant la forme de poulies articulaires , qui servent à recevoir les tendons des muscles fléchisseurs des orteils. Une disposition particulière est offerte par certains oiseaux , par exemple Voie : c'est un ligament fibreux extraordinaire, étroit et très-long, qui , partant de la face externe delà poulie moyenne du premier os du tarse, descend le long de la première phalange du troisième orteil , entre les deux fibro-cartilages de la capsule , avec l'inférieur desquels il se coufond enfin.

. La première phalange du pouce n'est unie , dans la plupart des cas , avec le premier os du tarse que par de la substance fibreuse.

Page 1