‹ Traité général d'anatomie comparée [electronic resource] (volume 4)Chapitre 26 sur 83 · Ethmoïde · texte numérisé non relu

Ethmoïde

Uethmoïde est un os impair, fort simple, qui représente, en majeure partie, une kme verticale , descendant daus la ligne médiane entre les deux orbites, et renflée eu avant, où elle offre surtout une saillie horizontale , qui déborde l'os des deux côtés. Il existe, à sa partie antérieure , sur les limites des lames horizontale et verticale, de chaque côté, un sillon qui devient plus profond en avant , et qui se transforme quelquefois en une ouverture , entourée dans toute sa circonférence par de la substance osseuse.

La lame verticale détache très-généralement, près de son extrémité antérieure, et de chaque

d'anatomie comparée. 277 côté, uue lame horizoïUale , qui est dirigée transversaleraent.

Cette lame, sur laquelle M. Carus appela rattention , chez quelques oiseaux , et spécialement chez Voutarde et le hussard (1) , reste très-ordinairement inaperçue 3 c'est pourquoi an refuse aux oiseaux la partie latérale de l'os elhmoïde (2), laquelle est représentée évidemment par cette lame fort simple.

L'ethmoïde est situé entre le basllaire, le frontal, l'intermaxillaire et le nasal. Suivant M. Tiedemann, il ne s'articulerait pas avec l'intermaxillaire , mais bien avec le maxillaire supérieur etlevomer (3)j cependant cela n'a pas lieu, autant que j'ai pu m'en assurer, car le premier en est séparé par les os nasaux et les intermaxillairci , le second par l'épine du sphénoïde.

Il ne concourt à la formation de la cavité crânienne que par sa partie supérieure et postérieure, par laquelle il touche, en avant au frontal, en arrière à l'aile supérieure du sphénoïde. La partie antérieure, la plus grande de sa lame horizontale et Supérieure , se porte en dehors, au-dessous du frontal, qui ne la recouvre pas ; ce qui permet de l'apercevoir libres ment , quand on enlève l'intermaxillaire et le nasal.

(1) Loc. cit. , p. i44-

(2) ïiedemaua, loc. cit. y p. 178.

'^5) Loc. cit. j p. 178 et 179.

a; 8 TRAITÉ GÉNÉRAL

Les différences que présente cet os se rapportent prlncipalemeni à la conformation de la lame verticale et de ses appendices antérieurs et transverses.

Plusieurs oiseaux de proie , les gallinacés y parmi les grimpeurs^ les perroquets ; enfin plusieurs oiseaux nageurs, tels que les canards ^ les oies y les cygnes , ont très -généralement cette lame épaisse et pleine ; chez quelques oiseaux de proie ^ par exemple la cresserelle {falco tinnunculus ) ^ la. buse (/. buteo), le Lalbusard (y. haliaëtos)^ les oiseaux de chant , quelques grimpeurs , particulièrement les pics , plus encore chez les oiseaux de rivage ^ et la plupart des oiseaux aquatiques , elle est, au contraire, mince et constamment percée à jour dans sa partie postérieure. Dans les premiers ordres, l'ouverture qui résulte de cette non-ossification, est la plus petite; dans les derniers, elle est, au contraire, si grande que presque toute la lame verticale paraît manquer; en effet, quand on enlève les parties molles , on voit les orbites réunies en une seule.

M. Tiedemann range en une classe (i) plusieurs oiseaux qui ont lacloisonunpeu perforée, tels que les corbeaux , les faucons , le calao , les gallinacés ; cependant les gallinacés n'offrent, en général, qu'une incision à peine sen-

Z,oc. ciV. , p. 55.

d'ana'ïûmik comparéu. ^^79 sible, dans la partie inférieure du bord postérieur, entre les deux moitiés du trou opti-i que; et je n'ai trouvé, outre cela, l'ouverture en question, que dans l'espèce phasianus colchiens , sur les têtes des trois squelettes que j'ai devant moi, et dans Ves^pece phasianiês pictus , seulement chez une jeune feraellé , mais non chez un individu mâle, avancé en âge. Les corbeaux sont, sous le rapport de l'é^. tendue de cette ouverture , bien inférieur^ au)è faucons; chez le calao , au contraire , elle est aussi grande , peut-être môme plus grande que partout ailleurs.

Parmi les oiseaux^aquatiques , il y â quelques canards sm\.o\\l le canard musqué^, chez lesquels l'ouverture n'est , comme chcTi ièl gallinacés , qu'une petite échancrure du bord postérieur ; chez les goélands , les stercoraires^ les fous ^ les èeca^^e* et les courlis, elle est plus grande , située plus au milieti , et est fermée, en arrière , par un pont osseux , qui forme le bord postérieur. Elle est très-grande chèz les pétrels , beaucoup plus considéfable encore chez les cigognes , les grues, les avocettes, les plongeons et les pujffins , sorte qu'il manque plus de la moitié de la cloison ; enfia c'est chez les hérons ^ les foulques ; les rdles^^ les grèbes , les guillemots y les cormorans et les macareux , qu'elle présente le plus d'étendue ; ces oiseaux n'oiFtcul , pour constituer la

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cloison qu'une striesemi-liinaire, clroile, shuée eu liaui et en avant.

Je regarde comme très-générale Texistencc des lames verticales latérales de l'ethmoïde , qui ont été signalées par M. Carus , puisque je les ai trouvées chez presque tous les oiseaux que j'ai eu occasion d'examiner.

Elles manquent cependant tout-à-fait aux perroquets , et aux genres canard, oie, cjgne , plongeon eV grèbe, parmi les oiseaux aquatiques. Les gallinacés , en général , les présentent au minimum de développement, à tel point qu'elles manquent presque tout-à-fait chez le faisan commun (phasianus colchicus) et le faisan doré (ph. pictus), ainsi que chez la pintade {meleagris nuniida). Le coq de bruy ère est l'espèce de cet ordre qui en a les plus grandes. Après les gallinacés viennent les oiseaux de rivage y parmi lesquels il n'y a que \à cigogne noire qui en soit certainement privée. Elles sont considérables chez V outarde ; elles y touchent inférieurement à l'os unguis , ce qui est digne de remarque sous le rapport de leur détermination.

Ces lames sont à leur summum de développement chez les oiseaux de proie , quelques oiseaux d'eau, particulièrement les puffins , les guillemots cormomAZi'/ chez plusieurs oiseaux de chant , sniloniVengoulevent ,\es corbeaux, la huppe, les hirondelles et les co-

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libris ; parmi les grimpeurs , chez le coucou^ le torcol, les pics et les calaos-, elles s'appliquent communément , si on en excepte les hibous, contre l'os lacrymal, delà manière (jui a été indiquée pour l'outarde , de sorte qu'il reste entre elles supérieurement une ouverture. Chez Vengou/ei^ent , les grimpeurs mentionnés, les colibris , la huppe , les hirondelles et les corbeaux^ ou elles sont le plus développées, chez le premier surtout, et refoulent l'os lacrymal en avant, les deux. lames sont unies ensemble dans toute leur hauteur, de façon qu'il est facile de croire qu'il n'y en a qu'une.

Comme l'os unguis des perroquets est trèsgénéralement soudé au coronal , il est possible de concevoir que ces oiseaux, si voisins de ceux qui viennent d'être cités en dernier lieu, possèdent également ces apophyses, mais qu'elles soient confondues avec le lacrymal et le frontal. Cependant on peut tout au plus l'admettre, parmi les espèces que j'ai devant moi, chez les aras.Sar les individus soumis à mon observation , la lame criblée est, en effet, dans toute sa hauteur , sans apophyses , et l'os coronal ne se comporte pas autrement que de coutume.

Chez les oiseauoc grimpeurs et chanteurs que j'ai nommés, particulièrement Vengoulevent ^ la lame criblée verticale est, pour la plupart, assez épaisse, pleine de cellules aérien-

ïics; chez les autres oiseaux , elle ne constitue qu'une lame mince.

Les os du crâne que nous venons de passer en revue sont toujours articulés raobilementavec les os de la face, sur un plus ou moins grand nombre de points , surtout à la mâchoire inférieure et à l'os zygomatique. En outre, les os de la face sont loin de se souder entre eux aussi généralement et d'aussi bonne heure que ceux du crâne. Les maxillaires supérieur et inférieur forment encore dans les oiseaux les principales divisions de cette région.

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