Vomer
Le vomer est toujours un os impair, alongé , vertical, mais peu élevé, situé entre les os;pa-
d'aNATOMIE COMPAEilE. 3o3
latins , intercalé constamment entre leurs portions postérieures , mais non à l'extrémité même de ces os ; il est dirigé en droite ligne d'arrière en avant, et concourt à partager la partie postérieure de la cavité nasale en deux moitiés latérales.
Il offre plusieurs différences , qui se rapportent à la forme, au volume, et au mode de connexion.
Le vomer est très-long, peu haut, simple chez les oiseaux de proie diurnes ^ ainsi que chez plusieurs oiseaux d'eau, tels que les cygnes, les oies et les canards.
Chez les oiseaux de proie nocturnes , cet os est beaucoup plus petit, arrondi, terminé en avant par une pointe aiguë. Il est aussi petit et même davantage encore chez les gallinacés.
C'est chez quelques oiseaux d'eau, particulièrement les harles ,]es goélands , les guillemets^ les pingouins et les macareux , que je trouve le vomer le plus développé, llestnon seulement très-long et volumineux , en général, mais il est partagé postérieurement en deux apophyses plus ou moins longues , par lesquelles il touche aux os palatins, et sa lame verticale, ordinaire, supporte, dans sa moitié antérieure, qui est la plus grande , une lame transversale , considérable, qui se déploie vers la partie postérieure du sus-maxillaire.
1^ Je ne l'ai pas remarqué chez les perroquets ,
3o4 TRAITE GENERAL
en général. Il y est peut-être confondu avec les os palatins, qui sont ircs-développés ; peutêtre a-t-il été refoulé par ceux-ci.
D'après M. Tiedemanu (i ) , le vomer est uni au bord postérieur de l'os inter-inaxiliaire , aux os palatins et à la lame verticale de l'ethmoide.
De ces données , il n'y a , je crois , que celle relative à l'os palatin qui "soit généralement admissible ; car, chez Voutarde et chez toutes les espèces oiseaux de proie ^ d'échassiers et de ^a/m/yyèJe^ que j'ai eu occasion d'examiner, cet os ne touche nullement à l'ethmoide, mais il en est fort éloigné et séparé de lui , le plus souvent , par les os palatins et l'épine du sphénoïde.
Ainsi , il n'est très-généralement contigu à aucun os par sa partie antérieure. Chez quelques-uns cependant , particulièrement les cjgnes , il touche , par son extrémité antérieure, à un os , mais cet os n'est autre chose que Textrémitc postérieure et renflée du sus-maxillaire.
Chez quelques-uns , par exemple les harles , W s'approche de très-près de l'épine du sphénoïde , mais il ne lui est pas uni.
(i) Loc. cit. , p. 195.
D'aXATOMIE comparée. ()5 i5. Zygomatiqpp.
Le zfgomatique est toujours un os allongé , le plus souvent d'une longueur proportionnellement considérable , peu haut et encore plus éiroit de dehors en dedans. 11 se renfle un peu à son extrémité postérieure et est uni par elle à la portion articulaire du temporal (i) , de manière à permettre quelque mobilité, sans cependant s'articuler avec elle; car leurs surfaces, qui sont en contact, sont toujours unies, dans toute leur étendue, par de la substance fibrocartilagineuse. En avant , il se termine par une
pointe, qui s'applique sur l'apophjse postérieure du sus-maxillaire (2) , pour s'articuler avec elle d'une manière immobile. Cet os est situé immédiatement au-dessus de la mâchoire inférieure, un peu en dehors de celle-ci, et descend dans une direction peu verticale d'avant en arrière, et de haut en bas. Il est presque constamment droit, U engoulevent est le seul oiseau où il soit, à ce que je sache , arqué en dehors.
11 se forme, en général, d'une pièce supérieure, beaucoup plus grande , et d'une inférieure , plus petite , qui a tout au plus la moitié delà première, et qui esi appointie en avant
(i) Voy. p. 256.
h) Voy. p. 287.
5o6 TR.UTÉ GÉNÉRAL
et en arrière. M. Gcoffroy-Saïut-Hllaire a le premier fixé rattenllon sur celle disposition , mais il a commis l'erreur de ne l'attribuer qu'au poulet qui vient de naître , et de la refuser formellement au canardai) , chez lequel je l'ai pourtant constamment remarquée encore dans la cinquième semaine après la naissance, Jel'ai trouvée également chez les oiseaux de proie.
Cet os offre peu de difïerences. C'est chez les perroquets qu'il se montre le plus gros et chez les gallinacés qu'on le rencontre le plus grêle ; enfin il offre l'extrême de brièveté chez les oiseaux à bec long , surtout chez les bécasses. En général, il s'appointit en avant d'une ma nière uniforme j on le voit, au contraire, chex plusieurs oiseaux d'eau , particulièrement les goélands , les canards , les oies et le cjgne à bec rouge, supporter, à cette même extrémité, une saillie triangulaire, à peine sensible , qui , chez le cjgne à bec noir, est considérable et s'élève du bord supérieur de l'os : cette saillie indique évidemment une tendance de cet os à s'unir au lacrymal , puisqu'elle est située exactement au
niveau de cet os,
11 atteint constamment la portion tympanique du temporal et l'os sus-maxillaire. Chez le buceros bicornis , il existe , à la partie postérieure de son bord supérieur, une apophyse
(i) Annales du muséum d'hisl. nàt.^t. lo, p. 548 et 56i, pl. 2?» fig- 9-
d'anatomie comparék. goçr distincte, qui se recourbe vers l'apophjso zygomatique antérieure (i), mais qui ne lui est unie que par un ligament fibreux. J'en vois aussi une trace légère chez le buceros plicatus . Chez le psittacus ery thacus , l'apophjse articulaire du temporal touche postérieurement à son bord supérieur. Chez plusieurs oiseaux, l'os lacrymal s'applique de la même manière contre cette région (2) ; chez les perroquets , pourvus d'un cercle orbitaire parfait, le bord inférieur du lacrymal s'approche du bord supérieur de l'os zygomatique, de telle façon qu'ils se louchent et par là indiquent leur soudure.
Chez plusieurs oiseaux où cela n'a pas lieu , l'os zygomatique est pourtant uni à l'unguis par un ligament fibreux, vertical, long et étroit, qui est surtout très-distinct chez les oies.