P TRAITÉ GÉNÉRAL
tit disque semi-lunaire , en arrière, au bord inférieur de la côte de même nom qui la précède immédiatement. Je vois cette conformation sur plusieurs squelettes de paon et sur ceux d'une poule et d'une pintade. Dans tous ces cas , le nombre des côtes est moindre d'une : cette disposition ne doit donc pas être considérée comme une tendance à la formation d'une côte surnuméraire.
C'est évidemment une répétition de l'organisation de plusieurs reptiles, particulièrement du crocodile (i).
Les brévipennes {struthiones) présentent plusieurs particularités dignes de remarque, qui sont , sans doute , en rapport avec leur incapacité pour le vol. Leurs côtes ne sont pas grandes, mais nombreuses j il y en a neuf chez Vautruche et le casoar de la Nouvelle- Hollande, et onze chez le casoar commun. Quelques oiseaux de ce groupe possèdent, plus bas que de coutume, des côtes qui se terminent tout-à-fait librement. Ainsi , le casoar en a quatre, dont les deux premières sont extrêmement petites. 11 possède, en outre , en arrière, deux côtes vertébrales entièrement libres. L'awtruche et le casoar de la Nouvelle - Hollande ont, eu avant et en arrière, deux fausses côtes entièrement libres à leur extrémité inférieure.
(i) Voyez t. 2 , p. 609.
d'anatomie comparée. 71 Le iiandoiL eu a deux en avant et trois en arrière. Chez les casoars , la dernière côte n'est pas soudée à l'os coxal. Les os accessoires existent chez V autruche et le nandou , mais en moindre nombre, puisqu'on ne les trouve que depuis la troisième jusqu'à la cinquième côte,
Parmi les casoars , je n'en ai jamais trouvé aucune trace chez celui de la Nouvelle-Hollande , pas plus que chez le casoar commun ; mais j'ai vu chez le dernier , depuis la septième jusqu'à la neuvième côte , des rugosités que je considère avec d'autant plus de fondement comme indices de leur existence que M. Blerremles y a trouvées , quoique très-courtes (i).
Les outardes se rapprochent extrêmement des gallinacés par la largeur et l'épaisseur de leurs côtes. • >
Parmi les échasMers , les cigdgn'ès' et les hérons n'ont que sept côtes vertébrales , qui sont , chez les hérons, a tout égard, plus petites que. dans les autres ordres. Les grues en ont cependant neuf, il y a ordinairement deux fausses côtes antérieurement et une postérieurement ; la première est un rudiment à peine percepti ble chez les cigognes. Les os accessoires sont aussi entièrement grêles et courts , surtout chez les hérons, à tel point qu'ils n'atteignent pas les côtes postérieures
(i) Abhaiidiangeii dcr Berliner Acadcoiie, iBiGcUSi;, p. 191 , pl I.
Dans cet ordre , la confonnalion de la cote inférieure que nous avons indiquée chez les gallinacés semble être plus fréquente encore. Je r ai trouvée chez la cigogne blanche et la cigogne noire y chez \^ grue commune cl la grue couronnée {grus pai'crnia) ^ chez le - héron commun (ardea cinered) ^ \a. minor, le butor d'Europe (a. stellaris) , le courlis d'Europe ^scolopasc arcuata) ^ soit dans ma propre collection , soit dans des collections étrangères.
Il paraît cependant qUe les èchassiers diflèrent, à cet égard , àes gallinacés ^ en ce sens que lès premiers ne possèdent que la côte slernale, et non la vertébrale. Mais celle côte slernale est, en revanche, beaucoup plus longue que chez les gallinacés ; elle a au moins un pouce chez la grue cX. la cigogne. Elle est appuyée tout-à-fait, ou en majeure partie seulement, à la région postérieure de la côte slernale la plus voisine • une très-petite portion seulement louche à la côte vertébrale qui précède. Ce rudira^ent est beaucoup plus petit chez les hérons proprement dits que chez les autres j on le perd par conséquent aisément.
Comme il n'existe ici que la côte sternale, l'analogie précédemment mentionnée avec les reptiles est encore plus frappante que chez les gallinacés.
Les particularités que présente l'ordre des
d'axatomik comparée. 75 palmipèdes, sous le rapport des côtes, consisteut surtout en un nombre, une longueur et une ténuité considérables dans toutes leurs parties.
Plusieurs auteurs (i) accordent à ces oiseaux, comme étant le maximum eu général , seulement onze côtes, et cela particulièrement aux cjgnes. Tous les squelettes de ce genre que j'ai eu occasion d'examiner ne m'en présentent, il est vrai, jamais davantage; mais d'autres m'en offrent un plus grand nombre. Ainsi , chez le grand guillemot (^uria troile) , j'en trouve douze paires : en effet, il s'ajoute au-devant des côtes ordinaires , qui sont grandes, 1° une côte vertébrale, petite à la vérité ; mais néanmoins plus grande que la première côte des oiseauac de proie, et 2° une côte sternale considérable , qui se place derrière les autres. Les espèces^ el genres voisins ont vraisemblablement le même nombre de côtes , ou du moins constamment onze ,■ d'après les individus que j'ai sous mes yeux; condition qui se rattache évidemment à la longueur du thorax.
Les côtes les plus longues et les plus grêles se trouvent dans les genres guillemot ( î^rza), pingouin [alca) , macareux ( mormon ). Les côtes sternales postérieures de ces genres of-
(1) Cuvier , loc. cit. , 168; — Tiedcmaiiu , loc. cit.^ p. 216.
freiit.en oiUre, une iongueur éj^ale et metne supérieure à celle des côies vertébrales qui leur correspondent. Les os accessoires sont aussi extrao'rdinairemeni longs , quoique grêles.
Il 7 a communément , chez ces oiseaux , deux fausses côtes antérieures , dont la première est fort courte ; il en existe également deux postérieures ; chez le grand guillemot ( uria troile ), on en compte même trois postérieurement. Les os accessoires manquent ici, sans doute, au plus grand nombre des cotes, puisqu'ils n'existent pas, chez U^ cjgnes, aux quatre dernières côtes.
Chez les manchots {aptenodjles) les appendices costaux né sont pas soudés aux côtes.
Chez \es palmipèdes, l'organisation de la dernière côte , mentionnée chez les gcdlinacés , est également fréquente y mais elle diffère de celle qu'offrent les gallinacés et les échassiers , du moins souvent , en ce sens que la côte vertébrale et la côtesternale existent à la fois, mais sont unies entre elles de la manière accoutumée , tandis que la première est absolument libre à son extrémité postérieure, la seconde , au contraire, à son extrémité antérieure. Je trouve cette disposition chez le grand guillemot ( uria troile ) , \u. leucopsis , Vu. grjlle, chez le macareux le plus commun (alca torda), le pingouin commun {alca arcLica),
D^ANATOMIE COMPARÉE. rr-S
le grand plongeon ( co/;^^^^^ glacialis), ex, le petit plongeon (c. stellatus).
Le pingouin commun (^al^^a arctica) et le grand guillemot (itria troilé) paraissent ne posséder quelquefois que la dernière fausse côte sternale , et non la côte vertébrale qui lui correspond ; cependant il arrive parfois aussi, chez les pingouins y que l'avant -dernière côte même n'atteint pas la vertèbre qui lui correspond.
Les deux pièces sont ordinairement consi dérables 3 quelquefois celle qui représente la côte sternale est beaucoup plus grande que la côte vertébrale.
Chez beaucoup d'oiseaux de cet ordre , par exemple, le cormoran proprement dit [carba communis),. et le petit cormoran (c. gracuhcs), le fou de Bassan (pelecanus bassanus), l'oie qui a servi de type à l'oie ordinaire (ansercinereus ) , le cravant ( anas bernicla ), le canard musqué ( a. moschatus) , la macreuse {a. nigra), l'oio rieuse [a. albifrons), le millouinan ( a. marila ) , la double macreuse ( a. fusca) , le canard de la Caroline (a. sponsa ) , le siffleur {a. penelope) ^ le canard ordinaire {a. boschas), le tardorne commun {a. tadorna) , le harle vulgaire {mergas' me rganser), les goélands ou mouettes (larus), du moins chez le goéland à manteau gris ( /. glaucus ) , et la mouette à pied rouge {l. canus ) , je n'ai trouvé jusqu'ici que la côte ster-
7^ TRAITÉ GÉNÉRA.L.
iiale, disposée corifoimémenl au tjpedes échassiers. Chez les oiseaux qui viennent d'être cités , cet os est communément plus grand que chez les derniersjilseporteenmêmeterapsplus en avant. Chez la macreuse ( anas nigra) , et le canard ordinaire ( a. boschas) , je le trouve quelquefois encore plus parfaitement développé , soit d'un côlé seulement, soit de tous deux , en ce qu'il se termine par une branche supérieure et line inférieure. C'est chez le goéland {lariis) qu'il est le plus petit et le plus grêle.
Un indice de cette disposition est représenté,, sans doute , par une apophyse considérable , mince et plate , ayant plus de six ligues de large et de long, qui se trouve à l'extrémité postérieure de la dernière vertèbre sternale , chez le pélican ordinaire (^pelecanus onocrotalus ) : en effet, cette apophyse se trouve à la place del'os en question , et il n'existe , en outre , riende semblable dans cette région.
Je vois , au contraire, dans le squeletted'une oie , comme le plus haut degré de développement de cette disposition , jusqu'à trois, os dans cette région; de ces os , le moyen , qu^ correspond à l'extrémité antérieure de l'avantdernière ccke vertébrale, est très-petit , l'antérieur, qui reproduit la dernière côte sternale^ est fort considérable.
û'anatomie comparée.
La plupart des côtes sont aérifères , mais souvent elles ne lesont pas toutes, et celles qui sont aérifères ne le sont pas toujours dans toute leur lonsueur ; leurs ouvertures se trouvent ordinairement vers l'extrémité postérieure de leur face interne. Les côtes sternales reçoivent l'air communément par des ouvertures qui se trouvent à leur extrémité antérieure. Leurs connexions, fort simples, ont déjà été indiquées.