‹ Traité général d'anatomie comparée [electronic resource] (volume 4)Chapitre 64 sur 83 · III. OS DE LA TÊTE · texte numérisé non relu

III. OS DE LA TÊTE

Les caractères essentiels de la tête des mammifères sont :

1° L'augmentation de la prépondérance du crâne sur la face-

2° La forme plus arrondie du crâne 5

5° La diminution du nombre des os qui se

de, elle a acquis une dimension considc'rable , eu égard au développement des e'minences d'insertion. Dan^ les mammifères, la forme de l'extrémité' supe'rieure de cet os est déterminée par les rapports des trois éminences qui la composent • l'articulation est distincte comme celle de l'homme; son développement est entièrement étranger aux autres parties de l'humérus. Elle est long.temps distincte chez le bœuf. La tête de l'humérus de V^ne est long-temps épiphysée- Celle du mouton est plus promptement jointe à l'os. Chez le chevreau, elle est plus long-temps épiphysée. Sur le renard et le chat, uûion rapide. Celles du phascolome et du rapin sont trèstardives. L'épiphyse de la tête du fémur s'ossifie , dans Vhomme, pendant les trois mois qui suivent la première année, du centre à la circonférence; elle se réunit, terme moyen , à onze ans. La longueur et la brièveté du col du fémur , enfin l'espace compris eutre l'éminence articulaire et le trochantin , déterminent les principales variétés de forme. Sur le chevreau, l'épiphyse reste trcslong-temps séparée du reste du fémur. Il est rare de rencontrer chez V homme l'épiphyse acromiale qui termine la clavicule ; l'épiphyse sternale se trouve assez communément. Dans les animaux clavicules , ces apo-

trouvent aux faces inférieure et latérale de la tête ; car les ailes sphénoïdales inférieures et la

pliyses sont plus distiactes que chez Vhomme. Sur les quadrumanes , et le singe viarikina eu particulier, les deux épiphyses claviculaires sont très-isole'es : l'interne est assez volumineuse, ronde, et un peu aplatie en avant; l'externe ou l'aciomiale l'est beaucoup moins; le cartilage de se'paration est ne'anmoins encore distinct de la portion ossifie'c. Sur une jeune taupe , les deux extrémite's de la clavicule ont e'te'trouve'es épiphyse'es. Dans Vécureùil, l'epiphyse sternale est la moins prononce'e.

Peux noyaux osseux très-promptement re'unis sont les premières traces de formation de l'extrémité inférieure du fémur, et il y en a une pour chaque condyle. On peut reconnaître cette disposition sur un fétus à terme , dans riiomme , et quelques mois encore après. Les deux pièces condyloïdiennes sont long-temps distinctes chez le bœuf, le cheval, Vdne et le chevreau, où feur jonction se fait, en arrière , sous la forme d'une gouttière allongée. Chez le phascolome , la réunion en arrière est fort tardive. Chez le- chat , le renard et le lapin, deux noyaux osseux sont ajoutés en arrière et sur les deux côtés des deux pièces des condyles.

L'extrémité inférieure de l'humérus a aussi deux condyles articulaires très-distincts , quelquefois trois : chacun de ces condyles est formé par une pièce ou épiphyse séparée primitivement du corps même de l'os. Chez Vhoinme, les pièces même de formation des condyles externes restent long-temps séparées. Le condyle externe, qui est le plus considérable, est celui qui se forme le premier; il ne paraît guère avant le milieu de la deuxième année , grossit beaucoup jusqu'à la quatrième, époque à laquelle l'interne commence à s'apercevoir. Ces deux pièces se réunissent de la neuvième à la dixième année : alors l'éminence articulaire est terminée.

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pièce tympanique , qui chez les oiseaux sont entièrement isolées , sont confondues très-gé-

Sur Vdnon, les deux condyles sont dus aussi à des pièces particulières, et de plus, les deux éminences d'insertion viennent augmenter en arrière la profondeur de la cavité' olecranienne. Sur \e renard , les deux pièces des condyles se re'unissent sur la partie moyenne de l'articulation. Chez le chai, la jonction a lieu de la même manière. Enfin , l'extre'mite' inférieure de l'hume'rus du phascolome pre'sente trois pièces condyîoïdiennes distinctes, indépendamment des épiphyses d'insertion, Les^ ëpiphyses d'insertion sont également assujetties à une règle de formation«onstante. L'apparition de l'e'piphyse trochante'rienne du fe'mur de Vhornme n'a guère lieu avant la cinquième année.; elle ne se soude pas avant la dixième année ; une nouvelle épiphyse se manifeste sur le petit trochanter vers la quatorzième; la soudure s'opère avec l'os à la vingtième année. Sur Vdne, réunion très-prompte de l'épiphyse trochanteVienne au reste de l'os; développement plus tardif du petit trochanter, qui ne se joint à l'os que long-temps après le grand. Sur le chevreau, le grand trochanter, descendu du niveau de l'articulation, est long-temps séparé; le petit trochanter, très-marqué , est long-temps épiphysé.

Sur \g phascolome, l'épiphyse du grand trochanter se réunit en même temps que la pièce. Sur le bœuf, le cheval, et surtout le rhinocéros et V éléphant, ces pièces sont très-long-temps épiphysées. Les épiphyses d'insertion de l'humérus sont exactement comparables à celles du fémur. C'est de la fin de la deuxième année aux six premiers mois de la troisième année que l'on voit apparaî- • tre et se développer le noyau osseux de la grosse tuhé- 1 rosité, qui se réunit complètement de la sixième àla scpttième. L'épiphyse de la petite éminence paraît vers la ifin de la quatrième année , et reste distincte jusqu'à la

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néralcmeiit , dans les mammifères , avec le vSphéDoide et le temporal ; et enfin le rocher

fin de la cinquième. Le bœuf a ces épipbyses d'insertion beaucoup plus long-temps isole'es que Vhomme. Chez le renard et le chat , ces e'piphysos se soudent plus promptement que dans beaucoup d'autres mammifères , quoiqu'elles restent plus long-temps se'pare'es. On trouve également chez le lapin les e'piphyses d'insertion trèsdistinçtes de l'e'piphyse articulaire. Les e'minences d'insertion de l'hume'rus et son extre'mité supe'rieure ont e'té indique'es en parlant du condyle : il est donc forme' supe'rieurement de quatre pièces chez Vhomme et beaucoup d'animaux , de cinq chez le phascolome.

Ce principe de formation s'applique e'galement aux e'minences d'insertion isole'es : telle est aux membres l'apophyse coracoic?e, que M. Serres a trouvée e'piphyse'e sur tous les animaux dont il a pu constater le jeune âge. Cette pièce est chez Vhomme long-temps isolée du scapulum : à trois ans elle n'est commuue'ment pas ossifie'e. M. Serres l'a rencontre'e se'pare'e par un cartilage du reste de l'os, à l'âge de dix -huit ans. Sur \e cheval, os coracoïde développe', arron4i, long-temps épiphysé, et qui vient se surajouter au claViculaire, rentré dans la cavité glénoïdale. Sur le bœuf, m^me remarque. Sur Vdne, plus rejeté en arrière que celui du cheval, il donne plus d'extension au claviculaire. Sur le chevreau, le cerf et le mouton, il a abandonné la cavité pour y laisser loger le claviculaire. Sur le chien , coraco'ide fort développé , et claviculaire fort petit. Sur le renard, le chat, le cochon- d' Inde etle lapin, rapport inverse. Chez lephascolome et le phoque, coracoïde prononcé.

Ue'minence olécranienne du cubitus est aussi épiphysée , et peut-être doublement : car, sur un grand nombre de Snammifères , l'extrémité supérieure du cubitus est long-tenjps détachée du corps grêle de cet os, et

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Iin-mêrae se soude avec la pôrlioii ccailleuse du leiiiporal. Le nombre des os qui , à l'élat

chez tous, le sommet est forme' par une seule pièce particulière , qui ne s'unit que très-tard au reste de l'os ( chien, chat, renard, loup, bœuf, cheval, lapin, etc. ).

Sur l'homme, il y a ces deux ëpiphyses : la première, dont l'existence est constante , vient diviser en deu\ la cavité articulaire de l'extre'mite' supérieure du cubitus j la seconde, superposée à celle-ci, e'tait l'analogue de celle qui commence cette éminence sur les animaux. Un sujet de dix-huit ans en a fourni un exemple à M. Serres.

L'e'minence oià s'attache le ligament rotulien , que M. Serres compare à l'apophyse ole'crane du cubitus , est e'galement une e'piphyse qui commence à se manifester, dans Vhomme, de la troisième anue'e à la quatrième, par un pont osseux très-rapproche' du corps de l'os, avec lequel il ne tarde pas a se souder. Elle est spe'cialement distincte chez un petit sujet de neuf ans. Chez les mammifères , tels que lé chien , le chat , le phascolome , le phoque, le lapin, Vécureuil, le cochon-d'Inde, le cheval, le bœuf, Vdne, le chevreau, le renard, etc. , aucune, epiphyse n'est ni plus manifeste, ni plus longue à s'identifier avec l'os auquel elle est superposée-

JJépiphyse ischiatîque ne paraît chez VTiommc que de la neuvième à la douzième anne'e. Chez le renard , le cochon-d'Inde et le lapin, elle est très-constante. L'^iphjse calcanéenne , analogue de la tibiale et de l'o/ecranienne , commence à paraître de sept à huit ans, et reste isole'e jusqu'à la dixième , onzième ', et quelquefois quinzième année, chez les enfans 'scrophuleux.

Ces observations sont tirées du mémoire de M. Serres , sar VOstéogénie, chapitre intitulé Loi des éminences os-^ seuses.

ndiilte et normal , composent la tête des mammifères, no peut pas être fixé d'une manière générale, parce qu'il varie; mais on peut dire qu'il ne dépasse jamais vingt-huit, dont onze pour le crâne et dix-sept pour la face.

Les premiers sont : i*> le basilaire postérieur, 2» le basilaire antérieur, 5° et If les deux pièces écailleuses des temporaux, 5° et 6° les deux pièces tympano-pétrées , 7° et 8° les deux pariétaux, 90 et 10* les deux frontaux , ii» un os ctbmoïde.

Les seconds sont : .120 et iS» les deux iniermaxillaires, 14° et jô» les deux sus-maxillaires, 16° et 170 les deux nasaux, 18° et 19» les deux unguis, ao** le vomer, 21» et 22° les deux cornets inférieurs, 25« et 24** les deux palatins , 25° et :iÇ>° les deux jugaux , et enfin 27» et 28° les deux maxillaires inférieurs.

Le nombre de ces os s'augmente, il est vrai, sur quelques points du crâne : ainsi, par exemple , dans les cétacés , les os ptérygoïdes inférieurs ne se soudent pas ; dans les rongeurs, la portion squameuse de l'occipitîil reste séparée en une moitié supérieure et une inférieure, etc. Néanmoins , les os du crâne des cétacés se soudent, en général, de très-bonne heure, conformément au type des oiseauœ ; chez les rondeurs ^ les deux frontaux et les pariétaux, etc. , se confondent en un seul os : il en résulte que

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Je nombre des os s'élève difTicileracnl au-dessus de celui qui a été indiqué.

Il est même beaucoup moindre chez Vhom me : en eSet, comme toutes les pièces du basilaire, du temporal, ducoronal, dumaxillairesupérieuret des moitiés de la mâchoire inférieure, <e soudent ensemble, la tête n'est formée que de vingt et un os, dont septpour le crâne et quatorze à laface. Cenombren'est pasmêmeleplus petit, car il y a plusieurs singes dont les os nasaux ^ont soudés et ne font qu'une seule pièce.

4° La soudure des os de la tête eu général, et du crâne en particulier, a lieu chez les mammifères plus tôt que chez les poissons el les reptiles, et plus lard que chezles oiseaux. La première conséquence qui résulte de cette observation, c'estque le nombre desos de la tête est, debonne heure, déjà considérablement plus petit qu'il n'esichezles reptiles^ pendantloute la durée de leur vie, par la raison que plusieurs pièces osseuses ne lardentpas, chezles /72a«i77z//erej', àse souder entre elles. et à former un os unique. La seconde conséquence, c'est que ces mômes os sont plus multipliés, long-temps ou pendant toute la vie , chez ces derniers que chez les oiseaux , parce que les os principaux ne se soudent que Irès-tard et quelquefois jamais.

5" La connexion immobile des os de la face ntre eux et avec le crâne, à l'exception de la mâchoire inférieure.

^O'i TRAITli GÉNÉRAL

6° Très - généralement une ressemblance moindre entre la forme de la face interne et celle de la face externe du crâne j variété qui résulte de l'écarlement, des deux tables qui forment les os, et surtout du développemeiu de cavités- qui communiquent avec la cavité nasale.

7° La présence de deux condyles à l'occipital. Ce doublement de nombre dépend incontestablement du développement plus considérable de l'encéphale, et par suite du crâne, principalement dans la direction latérale ; développement qui fait que le cotidyle , unique et moyen jusque alors , se bifurque en deux moitiés latérales.

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