TRAITIÉ GÉNÉRAL
que de largeur et de hauteur. Dans la région moyenne , elle offre égalemenl la largeur et la hauteur la plus grande ; la région antérieure en est la plus étroite. Elle est convexe en haut et sur les parties latérales; sa base monte, sans décrire une convexité, d'arrière en avant et de bas en haut, sous une obliquité variable. Comme chez les oiseaux, elle est en outre partagée en plusieurs fosses , qui se succèdent d'arrière en avant et qui sont en rapport avec des portions déterminées de l'encéphale. Mais une partie
ble ; quelques uns pre'sentent un développement si remarquable de l'organe qui donne aux animaux la faculté' de s'orienter, que le bord orbitaire paraît bombe' et arrondi.
Voici les noms des principaux oiseaux dont M. Vimont a fait repre'senter les têtes dans le magnifique atlas qui accompagne son me'moire , et qu'il donne comme modèles de l'organisation que nous venons d'indiquer :
La be'cassine , le canard sauvage, la bernacbe , l'oie sauvage , le canard siffleur, toutes les macreuses, le canard pitas, le soucbet, le coucou, la be'casse, la spatule, la huppe, l'hirondelle, le martinet, l'engoulevent.
Quatrième. — Tous les animaux qui se nourrissent de chair, ou qui ont un penchant à la destruction, pre'sentent une partie de leur crâne dont le de'veloppement coïncide avec celui de cette faculté : ainsi tous les carnassiers, sans exception, ont la partie e'cailleuse de l'os temporal renfle'e d'une manière sensible. Mous citerons pour exemple le tigre, le chat, le renard, la marte, la belette, l'hermine.
Dans les oiseaux cairnivores proprement dits, la parti
d'anatomie comparée. 36c| de ces fosses ne correspondent pas aux mêmes portions encéphaliques. On ne peut reconnaître , très-généralement, que deux fosses distinctement séparées, savoir : une postérieure, plus petite, destinée à la moelle allongée et au cervelet ; une autre plus spacieuse, qui loge le cerveau. La fosse moyenne des oiseciuxy qui reçoit les tubercules quadrijumeaux , a disparu , en se confondant avec la fosse antérieure. La fosse postérieure est proportionnellement moins élevée, mais plus lar-
du crâne située derrière l'orbite répond à l'organe de l'instinct carnassier, et présente un développement remarquable. Dans les oiseaux omnivores , c'est un peu plus en arrière que le crâne se trouve renflé.
Ce que nous venons de dire de l'éducabilité, de l'attachement pour les petits , de la faculté de s'orienter, etc., est app|cable aux dix-sept facultés dont M.Vimont a fait l'histoire dans son mémoire. Toutes les personnes qui voudront faire de nombreuses recherches sur le crâne des anknaux circonspects , rusés, courageux , doux constructeurs , faisant des provisions , etc. , etc. , pourront, assure M. Vimont, se convaincre qu'il existe réellement une harmonie entre la conformation du crâne de ces animau xet leurs actes psychologiques. Le nombre des observations recueillies par cet auteur est si considérable les preuves matérielles qu'il donne à l'appui de ces recherches, qui sont basées sur l'étude approfondie du cerveau et du crâne, sont^i variées et multipliées, qu'elles semblent donner à ses propositions toute la force d'une chose démontrée.
070 TKAITÉ GÉNÉRAL
ge que l'anlérieure ; sa partie inférieure, destinée à recevoir la face inférieure de la moelle allongée, est, toute proportion gardée , beaucoup plus petite et moins excavée. La fosse antérieure , relativement beaucoup plus spacieuse, commence précisément avec le bord postérieur du corps du sphénoïde et avec le bord supérieur du rocher ; elle s'élargit presque aussitôt, et se rétrécit ensuite insensiblement en avant. Dans sa partie moyenne seulement, on trouve la fosse, moins profonde, destinée à recevoir la tigepituitaire; ensuite vient la fosse ethmoïdale, qui est, le plus souvent, fort excavée et subitement rétrécie. Elle est partagée en deux moitiés latérales par les rochers, et se termine par la lame criblée de l'ethmoïde, qui est verticale, et généralement traversée par des trous nombreux. Les ailes antérieures du sphénoïde partagent assez souvent celte fosse; la ligne de démarcation est plus ou moins prononcée : il résulte de ce partage une moitié antérieure et une postérieure. La séparation entre les fosses du cerveau et celles du cervelet est souvent indiquée par une saillie qui appartient surtout à la partie postérieure du pariétal, et que l'on connaît sous le nom de tente osseuse du cerveau. Il est plus rare qu'une faux osseuse , longitudinale , descendant des bords internes des pariétaux, par tage aussi la fo^se antérieure en deux moitiés
d'anatomie comparjée. 371
latérales. Les deux fosses cérébrales sont plus ou moins inégales , par suite des éminences et eufoucemensde la surface de l'encéphale j l'antérieure l'est plus fortement et plus généralement que la postérieure.
Ainsi qu'à la surface extérieure delà tête, le rapport du crâne à la face est également plus considérable à la surface interne que nous ne l'avons rencontré dans les autres vertébrés. La cloison osseuse du nez est plus longue, et, partant, plus complète^ dans des cas rares, elle est entière. Les ouvertures qui donnent passage aux nerfs sont, le plus souvent, mieux séparées que chez les oiseaux.
La surface intérieure du crâne des cétacés se distingue de l'extérieure surtout par une forme plus arrondie.
Celle disposition résulte de l'épaisseur énorme de son sommet, qui, sur un crâne de dauphin commun de ma collection, ayant dix pouces de long, est épais d'w« pouce • tout le reste des pî.rois de la cavité n'a guère plus d'une ligne d'épaisseur. Il résulte de cette inégalité d'épaisseur que la paroi antérieure se porte , à l'intérieur du crâne , très-insensiblement de bas en haut et d'avant en arrière, tandis qu'à l'extérieur elle monte presque en droite ligne, ir. /
La fosse du cerveau et celle du cervelet, dont la première est , le plus souvent , vingt fois plus spacieuse que la seconde , se distinguent facilement l'une de l'autre : la fosse cérébelleuse est en effet petite , plate, peu profonde , en partie contenue dans les condyles , et s'élève au-dessus de la fosse cérébrale à sa partie postérieure. Ces deux fosses ne sont séparées , le plus souvent , que par une saillie mousse ; mais il existe, en outre, en avant et en arrière, la trace d'une lame osseuse , transversale , mince , qui s'étend en dehors et en arrière , sous la forme d'une crête peu élevée , et se dirige sur la saillie mousse que nous avons déjà mentionnée. Elle est en arrière et en haut plus courte , mais en revanche beaucoup plus large : il en résulte qu'en cet endroit, le crâne, épais par luimême , offre, conjointement avec elle , beaucoup au-delà d'un pouce d'épaisseur. Elle s'avance dans le crâne, sous forme de toit, à partir de la ligne médiane, et se continue en haut, dans la ligne moyenne delà portion squameuse de l'occipital, jusque vers le point culminant de la tête.
Dans les crânes que j'ai entre les mains , la partie supérieure de cette lame verticale n'est unie que faiblement à l'occipital : elle semble , par conséquent, naître séparément. Elle rappelle évidemment , par sa forme , la crête os-
d'anatomie comparée. SyS
seuse de plusieurs oiseaux (i); mais il ne faut pas oublier que la crête de ceux-ci existe sur les frontaux et les coronaux, tandis que, chez le dauphin commun, elle se trouve sur l'occipital. Elle n'est ici, par conséquent, que la branche longitudinale supérieure des émiuences cruciformes, qui s'est plus fortement développée. Ces saillies sont disposées de la même manière chez le delphinus albifrons , le dauphin nesarnack et le monodon. La tente osseuse du cerveau est, au contraire, beaucoup plus composée chez le dauphin commun : les] parties verticale et horizontale sont non seulement beaucoup plus larges, mais la dernière est aussi beaucoup plus longue ; celle-ci s'étend en dehors et en bas jusqu'à l'extrémité externe et inférieure de la portion squameuse, où elle se continue avec la portion orbitaire.
La partie qui nous occupe est, du reste, séparée de l'occipital par un large intervalle : elle forme , par conséquent , un simple pont , qui constitue le passage aux animaux, chez lesquels la tente du cerveau est plus développée.
Cette disposition est générale chez les dauphins : cela résulte des données de Major (2) et Tjson (3); de celles de Camper(4), pour le dau-
(1) Voy. vol. III, part, i, p. 341 et 342.
(2) Miscell. nat. curios. Dec. I. A. 3, p. 34. (5) Phocaîna. 1680 , London , p. 4/,.
(4) Cétace's, p. i35.
phin vulgaire et le narwal aodon ; Rudolphi{\) l'a démontrée pour le dernier, pour le dauphin commun^ le d, leucas, et quelques espèces inconnues.
Je l'ai trouvéç également chez le deîphinus leucas et le dauphin nesarnack.
Hunier ne dit rien sur celte disposition , en parlant de la baleine; mais elle n'y existe pas, d'après Camper (2) et M. Rudolphi (3). Je ne la découvre pas non plus chez la baleine à bec que je possède. M. Piudolphi (4) la refuse aussi au narwal; mais je la trouve très-positivement non seulement sur un grand crâne de narwal , mais même chez le fétus de ma collection, qui est presque parvenu à terme. Camr per (5) en fait remarquer la présence , d'une manière expresse, chez le narwal aodon. Cela ne prouverait rien toutefois pour le genre narwal, puisque l'espèce dite aodon est le dauphin à tête ronde (6).
On voit , sur les limites du sphénoïde pos-r lérieur et de l'occipital, une éminence mousse, qui se dirige en haut et en dehors : c'est une trace de division de la fosse cérébrale an-
(1) Abhandl. der Berliner Académie. 1820-21, p. 55-
(2) Cétace's , p. 7 1 .
(5) Loc. cit.
(4) Loc cit.
(5) Loc. cit. , p. i55.
(6) Cuvier dans Camper, loc. cit., p. 121.
d'anatomie comparée.
térieure eu deux moitiés à peu près égales, dout l'une est antérieure et l'autre postérieure.
La face inférieure est , en outre , inégale d'avant en arxière, dans sa partie moyenne. Il n'y a que le bord du trou occipital qui produise une émineuce longitudinale mousse, se dirigeant, en avant et en dehors , sur le corps de l'occipital; éminence dont l'extrémité antérieure se continue avec celle qui a été décrite d'abord. L'extrémité antérieure du corps de l'occipital s'élève sans gradation et forme une crête ; elle s'excave ensuite légèrement et se ceniinue, par une éminence transversale et peu élevée, avec la face supérieure du corps du sphénoïde postérieur, corps qui est uniformément excavé. On trouve au-delà une troisième éminence transversale , un peu plus forte; puis le commencement de la face antérieure du crâne, qui monte à angle très prononcé et décrit une convexité égale et qui est partagée , surtout à sou extrémité antérieure , par une éminence faible et large, en deux moitiés latérales peu distinctes, A quelque dislance de son extrémité ( sur le crâne mentionné ci -dessus , à environ un demi-pouce des limites qui séparent les corps des sphénoïdes antérieur et postérieur), il y a, dans l'étendue d'un demi-pouce audessus de l'éminence longitudinale, de chaque côté, quatre à cinq ouvertures, assez considérables. Celte lame perforée peut être considérée,
sans coiilredit, comme la lame éthmoïdale , quoique M. Cuvier(i) et après lui M. Carus (2) nient cette disposition.
Immédiatement au-devant de la moitié inférieure de la paroi antérieure, monte de bas en haut, et parallèlement à cette paroi, la cavité nasale , qui est unique , concave eu arrière et convexe en avant 5 elle représente un canal également large partout, qu'une cloison verticale sépare, dans toute sa hauteur, en deux moitiés latérales.
La portion faciale, située au-devant de cette cavité, n'est qu'un demi-canal, peu profond, rempli de substance cartilagineuse.
Chez le lamantin et le dugong , la cavité crânienne est , proportionnellement à sa longueur , fort haute , surtout antérieurement ; mais toute la face interne est fort peu divisée.
La tente osseuse du cerveau manque au rj-tina^ d'après Steller (3), et au dugong, suivant M. Cuvier (4)j elle manque vraisemblablement aussi au lamantin (5).
Les solipèdes et les ruminans , en général aussi les pachydermes , se ressemblent dans la
(1 ) Leçons, vol. II , p. 39.
(2) Zootomie, p. 172.
(5) Nov. Comment. Petropol. II, i8o.
(4) Ossem.foss. V, i,p. 263.
(5) Elle existe certainement chez le lamantin.
disposition essentielle delasurfaceinférienre de leur tête , quelle qu'en soit d'ailleurs la forme extérieure. Cette circonstance dépend du développement des sinus frontaux, qui pénètrent jusqu'à l'extrémité postérieure de la tête. La fosse cérébrale est séparée de la fosse cérébelleuse par une saillie du rocher qui est large de quelques lignes et qui est prononcée au maximum chez les cochons et les rhinocéros .On aperçoit à peine une trace de séparation entre la fosse moyenne et l'antérieure. 11 n'y a pas d'autres saillies, en général, à l'exception de l'apophyse crista galli, qui est assez forte. Les soUpedes ont une tente osseuse du cerveau ; mais elle est petite, triangulaire, eu bas plus épaisse et plus large qu'en haut. Elle appartient uniquement à la partie postérieure et interne du pariétal , primitivement à l'interpariétal.
La fosse et la lame ethmoïdales sont considérables 5 elles sont divisées l'une et l'autre par l'apophyse crista galli. La face inférieure monte, chez les cochons, beaucoup plus verti- 'Calement que chez les autres. Dans le rhinocétrès , la paroi postérieure de la selle turcique , iqui est d'ailleurs fort concave, est incomplète, idu moins quelquefois j il existe, à sa place seullement, un pont osseux (i). La cavité nasale test beaucoup plus longue et moins élevée chez Iles cochons que chez le rhinocéros .
(i) Cuvier , Leçons, II , 58.
Chez V éléphant , la surface intérieure du crâne diffère de l'extérieure sous le rapport de la forme et de l'étendue d'une manière plus frappante que cliez tout autre animal. Cette dissemblance tient : au grand écartement des tables externe et interne des os coronaux et pariétaux , écartement opéré parle développement extraordinaire des sinus frontaux j 2° à la grande excavation de la portion squameuse de l'occipital. La cavité crânienne a peu de hauteur ; elle est allongée ) ses trois fosses sont assez distinctement séparées ; la lame etlimoïdale est située horizontalement. La cavité nasale, sans division dans la plus grande partic de sa longueur, c'est-à-dire en avant, descend obliquement de haut en bas et d'avant en arrière.
Chez les monotremes ^ la surface intérieure du crâne est grande, spacieuse; elle est reproduite par l'extérieure , c'est-à-dire qu'elle est arrondie. Sur les limites qui séparent la fosse cérébrale de la fosse cérébelleuse, le rocher fait en haut, chez Vornithorhynque ^ une forte saillie, et recouvre un enfoncement considérable , qui est destiné à recevoir le lobe le plus externe du cervelet. 11 n'j a, en outre, point de traces distinctes d'une séparation d'avant en. arrière. On voit, au contraire , sur plusieurs points, des marques prononcées d'une séparation longitudinale en deux moitiés latérales. A la face inférieure , on voit saillir du milieu du
d'anatomie comparée. 379
iroii occipital une éminence longitudinale considérable , quoique pas tranchante , qui se termine à la paroi postérieure , peu large , mais très -haute et presque verticale du corps du sphénoïde, très-excayé lui-même en avant. L'extrémité antérieure de celte paroi se bifurque en deux forts prulongemens latéraux. Cette séparation est encore plus prononcée à la face supérieure : on voit ici une saillie partir du milieu de l'occipital, et se diriger sous le pariétal et le coronal jusqu'à l'apophyse crista II i ,^ sans cependant s'unir avec elle. La hauteur de cette saillie augmente rapidement d'arrière en avant, puis dimiuue insensiblement; elle est un peu plus épaisse à son bord inférieur , surtout en arrière, 011 elle présente quelques sillons transverses, qui correspondent à la forme du cervelet. Cette saillie s'enfonce entre les deux moitiés du cerveau dans toute sa longueur, et est fort considérable, puisque sa partie moyenne, qui est la plus haute, a trois lignes dans cette di- Jieusion. Elle est absolument pleine sur l'individu que je possède , à l'exception d'une petite ouverture, quise trouve un peu en avant de sa
partie moyenne. Cettefauxosseuse, sur laquelle l'attention a déjà été appelée par MM. Blumenbach (i) et Home (2), correspond effectivement d'une manière parfaite à la faux de plusieurs oi-
(0 Vergl. Anat. §.211.
(2) Phrfl. trans. 1810, p. 455.
58o TRAITÉ GÉNÉRAL
seaux; ce qui est fort curieux, puisqu'elle se montre surtout prononcée chez Vornithorhjnque.
L'enfoncement etlimoïdal est limité par des bords tranchants ; il est petit et profond, et ne présente pas beaucoup d'ouvertures; il esta peine divisé par une petite apophyse crisla galliGii deux moitiés latérales. Cette disposition est remarquable surtout chez cet animal. La cavité nasale est fort longue et a peu de hauteur.
Chez les échidnés , il n'y a qu'une faible trace de la faux osseuse.
La cavité crânienne des fourmiliers ^ parmi les édentés , est fort arrondie et unie ; la face antérieure en est peu verticale. Les fosses ne sont presque pas indiquées ; l'enfoncement pour la tige pituitaire est très grand et allongé; la fosse ethmoïdale est large et profonde , non divisée en deux moitiés latérales. La cavité nasale est extrêmement longue et déprimée, surtout dans le tamanoir. La conformation des paresseux est assez semblable ; seulement la cavité nasale est plus courte et plus haute.
Les tatous ont la cavité crânienne arrondie, faiblement divisée par un rudiment de tente cérébrale. Ce rudiment consiste en trois saillies, une moyenne et plus grande, appartenant au bord postérieur du pariétal , et deux autres latérales, beaucoup plus faibles , qui sont entièrement séparées de la première et qui se
d' AN ATOMIE COMPAKEE . 38 1
trouvent, soit en arrière sur le pariétal , soit sur le rocher. La paroi postérieure de la cavité crânienne est inégale; on y distingue : i» une fosse longitudinale , qui est profonde et située au milieu; 2» deux fosses latérales, qui correspondent au cervelet.
La fosse antérieure présente des inégalités plus faibles. La fosse ethmoïdale est très-large et profonde ; elle est divisée par l'apophyse crista galli^ qui est forte.
Uorjctérope du Cap possède une tente osseuse considérable.
La cavité crânienne des rongeurs et des marsupiaux est souYennparlSL^ée, dans la parlie supérieure de sa périphérie, en une fosse antérieure et une postérieure, ordinairement sans qu'une saillie transverse s'avance en dedans. Celte division a lieu surtout chez les phascolomes; elle tient à l'exposition à nu et au fort développement du cervelet. Le lièvre l'offre de la manière la plus distincte. II n'y a pas d'indice d'une division longitudinale, pas plus qu'une saillie t'ransverse antérieure. La face inférieure est également très-simple 3 l'enfoncement elhmoïdal est considérable, mais l'apophyse crista galli est peu développée. La cavité nasale est spacieuse, haute, quadrilatère, aussi grande ou plus grande que la cavité crâ-» niennc.
Ce qu'il y a de remarquable chez les carni-
i^ores, c'est surtout ]e fort développement de la cloison osseuse qui sépare le cerveau du cervelet. Elle est particulière à cet ordre et trèsgénérale 5 niais les genres offrent, à cet égard , divers degrés.
Je trouve la cloison la plus faible chez les chiens. Elle y est considérable , il est vrai , d'avant en arrière, mais non d'un côté à l'autre j elle est triangulaire, très-déprimée sur le côté, et se borne uniquement à la portion squameuse de l'occipital et au pariétal. La première en forme la partie moyenne , qui est triangulaire, et qui se détache direc^ment de la base de son extrémité supérieure, elle-même resserrée; le second os en constitue la partie latérale, au moyen d'une apophyse allongée , qui , de son bord postérieur, se porte en dedans.
Elle est beaucoup plus prononcée chez les phoques, ou elle offre la même largeur dans presque toute son étmdue; mais quoiqu'elle s'étende sur toute la largeur de la portion squameuse de l'occipital, le pariétal ne prend aucune part à la formation de celte cloison. Il est digne de remarque, par opposition, qu'il se détache du milieu de sa face supérieure uue apophyse falciforme , longitudinale , qui s'étend en haut et règne tout le long de la portion squameuse. Cette apophyse , très-large à sa partie inférieure , s'efface insensiblement et n'atteint pas non plus les pariétaux. M. Blu-
d'ANATOMIE COMPAllÉJi".. 385
inenbach (i) déjà a fixé l'attention sur cette conformation; je l'ai trouvée sur tous les crânes de phoque commun (^phoca vitulina) , à capuchon (cristata), et à croissant {groenlandica), que j'ai eu occasion d'examiner : je la crois, par. conséquent, générale. Il est curieux qu'elle s'accorde exactement avec l'organisa lion des dauphins (2).
La cloison mentionnée est plus considérable encore chez le morse ; elle est non seulement plus large d'avant en arrière, mais elle s'étend aussi plus en devant, puisqu'elle va jusqu'à l'extrémité antérieure du rocher. Au premier aperçu , elle semble naître de l'occipital et du rocher; mais il n'en est pas ainsi : elle appartient tout-à-fait au pariétal. Cet os, audevant de l'extrémité antérieure de la portion squameuse de l'occipital, se recourbe immédiatement en bas, descend presque avec toute sa moitié postérieure au-devant de la partie supérieure de cette même portion, et donne naissance à l'apophyse en question, qui prend ori- :gine d'abord à son bord interne , puis à son Ibord postérieur, et enfin à son bord inférieur. ILa partie supérieure de cette cloison, qui est la iplus petite , en est par conséquent verticale, (Comme chez les phoques; l'inférieure est transiversale. Les deux moitiés latérales s'appliquent
(1) Vergl. Anat. §. 298.
(2) Voy. p. 371 et 572.
l'une contre l'autre en haut ; mais elles ne sont absolument pas soudées, comme les pariétaux en général , du moiiis sur l'individu tjue je possède, et qui, à la vérité, est jeune.
Chez les musteles et particulièrement les loutres^ cette saillie est fort développée 5 elle n'atleintpas jusqu'en hautdans laligne moyenne ; mais, eu revanche, elle s'élend jusqu'à la partie antérieure du rocher, le Jong de son angle supérieur.
C'est sans doute dans les chats qu'elle est développée au plus haut point : chez eux, elle ne fait nullement partie de l'occipital • elle appartient, au contraire, on peut dire entièrement, au pariétal, qui, chez les phoques, était entièrement exclu de cette formation, et qui, chez les chiens, n'y prenait qu'une part légère. Elle naît de tout le bord postérieur du pariétal, et est tellement large qu'elle recouvre entièrement en haut la partie postérieure du rocher, qui l'emporte considérablement en étendue sur les autres. Il en résulte qu'elle semble auss' naître de cet osj ce qui n'est pas. Son extré^ mité antérieure n'appartient cependant pas a pariétal, ni au temporal, mais à la grande ail du sphénoïde, du bord postérieur de laquelle o voit se détacher une lame osseuse considérable; qui passe sous le rocher et s'applique contr la lame fournie par le pariétal.
Cette conformation s'accorde, par consé
d'anaïomie comparée. 585
quent, toiu-à-fait dans ce qu'il y a de plus essentiel, avec celle du morse.
Je n'ai pas pu déterminer jusqu'ici si , cliez les phoques, la cloison n'appartient pas aussi au pariétal , parce que les pariétaux étaient constamment soudés à l'occipital, sans l'être entre eux , et que cette soudure avait même lieu dans les cas où tous les autres os étaient encore faciles à séparer. Cette circonstance pourrait assurément militer en faVeur de cette idée présumée j mais cette manière de voir' me paraît avoir contre elle i» le volume de la portion du pariétal, qui est située librement 3 volume qui est beaucoup plus considérable'chez les phoques que chez les morses; 2° la ténuité du crâne précisément à l'endroit en question.
Il résulte de ce qui précède que la tente osseuse est, le plus souvent, chez les animaux que nous avons considérés jusque alors; une partie du pariétal, soit qu'il la forme seul, soit que l'occipital ou le sphénoïde j concourent, et conséquemment le basilaire, et surtout sa partie squameuse ■ jamais elle n'est fournie par le temporal. Plusieurs anatomistes , tels que MM. Wiedemann (i), Blumenbach (2) et Carus (3), prétendent qu'elle naît aussi du tem-
(1) Arch. fur Zoologie (en plusieurs endroits).
(2) Vergl. Anat. , p. 297.
(5) Loc. cit., p. 166.
poral, chez plusieurs des animaux précités^ mais la simple désariiculation des os du crâne suffit pour prouver l'inexactitude de celte assertion. On pourrait même la conclure déjà delà différence qui règne dans les données de ces auteurs. Suivant M. Wiedemaun, la portion écailleuse du temporal des chats forme , en bas, une petite partie de la tente osseuse; d'après M. Carus , la tente n'appartiendrait en cet endroit qu'au pariétal. M. Wiederaann (i) prétend que la lame de la tente osseuse ne s'étend pas aux temporaux chez les chiens; M. Carus veut , au contraire , que , chez ces animaux et les chevaux, elle ne naisse nullement du pariétal , mais du temporal et de l'os wormien, etc.
L'exposé , conforme à la nature, que j'ai donné plus haut , est le résultat de recherches exactes.
C'est ici le lieu de parler delà détermination de cette lame osseuse. Je la considère comme une tentative faite pour compléter la surface du crâne , ou comme une tendance au développement supérieur des os du crâne , qui n'a pas encore été atteint chez ces animaux, parce que l'encéphale lui -môme , et surtout le cerveau, n'y a pas encore acquis tout le développement ni tout le volume auxquels ils parvien-
(i) Loc. cit. i Bd. 1. St. 2, p. i5.
d'anatomie comparée. 387 ■
dront à des degrés plus élevés de l'organisation. L'origine de celte lame osseuse me semble due à ce que la partie du pariétal , parfois aussi de l'occipital et du temporal, qui, chez les singes e.l&\\vio\\lV homme, se porte en dehors, prend, chez les animaux précités , son développement en dedans. Cette manière de voir explique pourquoi c'est précisément chez les carnivores que la tente est le plus développée, tandis que chez les s-inges, et principalement chez Vhomme , elle manque , au contraire , tout à coup. D'un autre côté , la tente osseuse n'est pas un phénomène isolé ; elle constitue un degré d'organisation intermédiaire entre les dispositions où un os se place devant l'autre, de telle façon qu'il l'empêche de prendre part à la formation de la surface intérieure ducrâne, et celles oii les mêmes os soutsimplement juxtaposés et se touchent par leurs bords. 11 faut surtout ranger dans cette catégorie les codions , dont les pariétaux sont placés au-devant de la portion squameuse de l'occipital, de manière à ce que la paroi crânienne soit dédoublée^ mais comme ces mêmes os sont trop petits et trop épais, ils ne s'écartent pas de la portion mentionnée de l'occipital.
La cavité crânienne des carnassiers est, au reste, communément plus grande que la cavité nasale.
La division de la fosse antérieure en une moitié antérieure et une postérieure n'est pas
générale ; elle n'est très-prononcée que chez le morse. La face inférieure est plate et non verticale. La fosse ethmoidale est , en général , large et profonde ; chez les phoques elle est très-haute, verticale, étroite, plate j c'est surtout chez les phoques et les morses qu'elle est partagée en deux moitiés latérales par une crête fort élevée. Cette crête est moins prononcée chez les loutres et les hlaireauoc; elle manque aux autres, du moins aux genres chien., chat et marte. J'ai même trouvé une fois, chez le phoca hispida , en arrière de la région moyenne de l'apophyse cm galli, une pièce osseuse considérable; cette pièce est placée dans la partie antérieure de la faux; elle semble résulter d'un surcroît d'ampliation de la crête,
La cavité nasale est haute ; mais sa largeur et sa longueur ne sont pas fort considérables.
La cavité crânienne des chéiroptères , du moins des chauve-souris , et parmi ces animaux du çespertilio /2ocfzi/«, correspond exactement à la surface extérieure, ce qui dépend de la minceur des os du crâne; elle n'est que faiblement divisée , par une saillie transversale , en deux fosses, dont l'une est antérieure et l'autre postérieure; celle- ci est grande eu proportion de l'autre. Cette saillie se continue, en avant, avec une éminence longitudinale moyenne , que l'on peut regarder comme un rudiment d'une faux cérébrale osseuse, et qui s'étend
d'anatomie compaiuée. 089
jusqu'à l'extrémïté antérieure de la face supérieure du crâne. Il n'y a point de vestiges d'une tente du cerveau La fosse ethmoïdale a des limites distinctes ; elle est grande, mais pas profonde; la face inférieure en est simple et sans divisions. La cavité nasale est peiiteet peu élevée.
Chez les makis, la face interne du crâne est également fort semblable à l'externe.
La division en fosses cérébrale, cérébelleuse et ethmoïdale est fort distincte. C'est chez les makis proprement dits, du moins chez le mon^ gous ( lemur mongus ) , comme je le vois sur deux crânes, que les deux premières fosses sontle mieux séparées ; cette séparation a lieu au mojen d'un très fort rudiment de tente oiseuse qui naît par une base étroite, à peu près au tiers moyen du bord supérieur du rocher, etqui chez le ste?iops graçilis existe à, peine, sous k forme d'un renflement arrondi. La partie de la fosse cérébrale qui correspond au lobe antérieur du cerveau, en d'autres termes la voûte orbitaire affecte une direction qui diffère davantage de celle de l'autre partie; elle se porte plus obliquement de bas en haut et de dedans en dehors, pour s'appliquer sur l'orbite. Il- résulte de ce changement de direction une saillie transversale qui établit une séparation plus exacte entre la fosse moyenne et l'antérieure.
La fosse ethmoïdale, située entre les deux
moitiés de la fosse antérieure, est profonde et mieux séparée qu'elle ne s'est montrée jusqu'ici. La face supérieure du corps du sphéiîoïde est fort saillante 3 la fosse destinée à recevoir la moelle allongée est considérable. Toute celte partie moyenne de la base du crâne est, sans nulle interruption , obliquement dirigée d'arrière en avant et de bas en haut, surtout dans le genre lemur, moins chez les stenops. Les inégalités qui sont en rapport avec la sirrface du cerveau sont principalement fort prononcées chez les makis, hes stenops sevls offrent un rudiment de la faux osseuse; il a peu de hauteur.
11 existe communément chez les singes et Vkomme la concordance la plus exacte entre la surface externe et l'interne . La cavité crânienne est constamment fort arrondie, beaucoup plus grande que la cavité nasale, qui est dans la plupart des animaux courte et étroite. On ne trouve que rarement ou jamais des traces de crêtes longitudinales, destinées à séparer la cavité crânienne en moitiés droite'el gauche; il faut excepter, toutefois, la moitié inférieure de la portion squameuse de l'occipital (i), et parfois aussi celle du coronal chez Vhomme. M. Blumenbach (2) rapporte un exemple de la dernière dis-^
(0 Voy. p. 217.
(2) Gesch. dcr Knochen ^ p. 114.
d'anatomie comparée. 391
posltiou ; j'ea possède moi-même plusieurs cas irès-remarquables. Les limites de la fosse cérébelleuse sont indiquées distinctement , il est vrai , par le bord supérieur du rocher et la branche transversale del'éminencecruciforraej mais il est rare que l'on y rencontre des traces décidées de la tente osseuse. Le coaïta fournit cependant un exemple d'un développement plus considérable : chez lui, la paroi supérieure du rocher se recourbe en dedans , sous la forme d'une lame très large, mais qui est loin d'atteindre la ligne médiane, et qui ne s'étend pas non plus jusqu'à l'occipital, ni jusqu'au pariétal. Cette observation avait déjà été faite par Josephi (i). La tente osseuse est , dans ce cas même, une partie du temporal; ce qui est rare. Elle n'appartient nullement au pariétal, comme l'indique M. Carus (2).Lafossecérébrale est déjà, chez les singes^ beaucoup plus spacieuse que la cérébelleuse ; cette capacité augmente dans une proportion plus forte que chez d'autres mammifères .W existe encore une prépondérance plus marquée chez l'Aomme. C\\ei\eH singes^ et plus encore dans l'espèce humaine, la moitié antérieure de la fosse cérébrale est séparée de la postérieure mieux que dans les autres vertébrés par les ailes antérieures du sphé-
, ( I ) Anat. der Sajugthiere , I , pl. 4 , fig. i . (9.) Loc. cit. , p. 166.
iioïde, qui font saillie en dedans. Touie Ja fosse cérébrale est agrandie, surtout en avant et en liautj la portion orbitaire du coronal et la lame criblée ne sont plus placées verticalement, mais horizontalement, surtout chez Vhomme; elles y sont refoulées en bas par le cerveau, qui a pris plus de développement en avant. Elles sont encore fort convexes chez les babouins : c'est une trace de l'ancienne disposition commune X et elles j forment, en conséquence , de fortes saillies dans la cavité crânienne. La lame criblée est en outre droite; elle ne constitue plus, réunie avec la partie voisine du coronal, un enfoncement particulier limité par des lignes bien tranchées. La paroi inférieure du crâne monte verticalement , surtout chez VhoTnme, jusqu'au corps du sphénoïde, et devient ensuite horizontale dans sa partie antérieure (i).
(i) Le développement du cr^ne a pre'senté à M. Serres la re'pe'dtion des phe'nomènes observes pour le rachis : comme celui-ci , il oiFre partout une double formation. On a le droit d'êlre surpris de la constance de celte loi quand on l'applique àVeihmçïde, au sphénoïde, au vomer et à V occipital.
Le frontal, dont l'e'tat bifide aux premières e'poques de la vie humaine n'est l'objet d'un doute pour personne, a e'te' de'compose', par M. Serres , en six e'ie'mens primitifs: ces six e'ie'mens n'apparaissent pas avant le soixantedixième ou soixante-quinzième jour de la vie ute'rine. Le frontal conserve cet e'tat de complication jusqu'au
d'anatomiis comparée. 5g5 C. Nomhre des os de la te le.
Le nombre des os de la tête n'est pas le même chez tous les mammifères . On trouve, chez les uns, à l'état de séparation , soit les os congénères qui se correspondent d'un côléà l'autre, soit les différentes pièces d'un os de même côté. Dans d'autres espèces , au contraire , les mê-r mes os ou élémens osseux sont soudés entre eux. Le pariétal, le coronal et la mâchoire inférieure, un peu moins souveul le nasal, ofFreutparticulièrement des différences sous le premier rapport; sous le second, le temporal, le basilaire et le susmaxiliaire doivent être cités. C'est Vhomme qui , vers l'époque du terme de son existence , a sans contredit le
quatrième mois : on y distingue les deux pièces principales sépare'es par un large intervalle , et les deux nouveaux éléments qui sont situe's, l'un en dedans et en arrière de l'apophyse orbitaire interne , au-dessous du lieu que doit occuper le petit crochet du muscle grand oblique de l'œil , l'autre vers l'apophyse orbitaire externe. La première pièce correspond aufronlal antérieur de M. Cuvier : c'estune lame mince, irrégulièrement quadrilatère, et venant se joindre, par une suture harmonique, à la lame du/rontoZ moyen, qui compose la voûte orbitaire; quelquefois cette pièce est plus antérieure ( hydrocéphale et fœtus à terme ). La seconde , qui dans les acé-