SQUELETTE DES INSECTES
A. Conditions générales.
Lesquelette leplussimpled'un insecte nousest offert par ceux qui ne subissent pas de métamorphose. La structure de celui des autres est plus compliquée sous tous les autres rapports, principalement celui des insectes ailés, dont le corps est loin d'être formé d'un aussi grand nombre de segmens, mais se compose, en revanche, de parties très - dissimilaires , plus compliquées et plus parfaites, en sorte que l'on peut admettre que les matériaux qui ont été employés, chez les premiers, à former des parties semblables, se répétant un certain nombre de fois, ont servi à produire des parties plus variées chez; les seconds.
Voici à peu près les conditions les pins générales de la disposition de ce squelette :
i°. Tout le squelettede la plupart des insectes, principalement de ceux à métamorphoses , se partage, comme le corps dont il détermine la forme extérieure , en deux divisions principales : le tronc et la tête, dont chacune peut être subdivisée en deux portions, le tronc en thorax et abdomen , la tête en crâne et face.
2°. Le thorax (i)ou le corselet est le siège des organes de la locomotion. Les pieds sont disposés à sa face inférieure , tandis que les ailes en occupent le plus souvent les faces supérieure et latérales.
3°. Le thorax est composé de plusieurs segmens, notamment de trois, qui se succèdent d'avant en arrière en forme d'anneaux, ouverts à leurs extrémités antérieure et postérieure , et habituellement fermés dans le reste de leur étendue, à l'exception de quelques lacunes destinées à l'insertion des pieds.
(l) Le mot thorax a élé substitué par M. Latreille à la dénomination vague de tronc, par laquelle on entendait aussi toutes les parties comprises entre la télé et l'abdomen. La capacité du prothorax a reçu de M. Audouin le nom de trou pharyngien^ celui du mésothorax de trou œsophagien, celui du mé ta thorax de trou stomacal. (Note des traducteurs.
DANA.TOMIE COMPARÉE. 79
De ces trois sections successives , la première, le prothorax , est communément la mieux séparée des autres (du mésothorax et. du métalhorax){\) et de la tète; les deux dernières forment plus constamment ensemble un anneau unique, mais beaucoup plus grand.
4°. De la partie inférieure de la surface intérieure de cesportious du thorax, on voitnaître, le plus souvent sur la ligne médiane des apophyses simples, ou paires, qui sont disposées symétriquement à, égale distance de cette ligne, et dirigées d'ordinaire plus ou moins en dehors , où elles se terminent, tantôt en restant libres, tantôt en s'articulant avec d'autres apophyses qui leur correspondent, et qui sont situées à la face interne des parois latérales. Ces prolongemens servent surtout d'attaches aux muscles des pieds et des ailes, et forment en outre des moyens protecteurs destinés à abriter le cordon nerveux central. Leur nombre, déterminé par celui des anneaux et des pieds, est toujours de trois paires, qui se suivent d'avant en arrière. Les apophyses internes peuvent être dé-
(1) Ces distinctions ont été établies d'une manière très-rigoureuse par M. Audouin, et c'est sur elles que repose toute étude philosophique du thorax. Quand on veut prendre une idée précise de cette partie du squelette, il faut nécessairement étudier successivement chacun des anneaux, sans quoi il régnerait une très-grande confusion dans la description qu'on en ferait, et leur étude comparative serait impossible. L'observation montre qu'ils sont, quant à leur compo-
8o TRAITÉ GÉNÉRAL
signées , à cause de leur forme , sous le nom de branches /circulaires (furculœ , ramifurculares)* les externes sous celui & apophyses latérales (processus latérales. ) (i).
Toutes font partie du squelette intérieur des insectes.
5°. La portion antérieure du thorax , la plus petite, supporte les pieds de devant; la postérieure, beaucoup plus grande, supporte les deux paires de pieds postérieures et les ailes (x).
Liées au développement d'ordinaire plus considérable des paires de pieds postérieures et à la présence des ailes, les apophyses internes ou branches furculaires de la portion postérieure du thorax sont communément beaucoup plus développées que celles de la portion antérieure.
On a proposé de donner le nom à'entoster-
sition, une répétition les uns des autres : seulement les pièces sont plus ou moins distinctes, plus ou moins développées. De là le choix que l'on doit faire de tel anneau de préférence à tel autre pour en étudier les parties constituantes.
(IVoYe des traducteurs.)
il) Ces pièces sont les unes des entothorax et les autres des apodèmes. ( Note des traducteurs. )
(2) Cette portion postérieure n'est pas formée d'un seul segment; elle est composée du mésotliorax et du "métathorax, chacun porte une paire de pattes et une paire d'ailes dans les insectes à quatre ailes. Nous le répétons , l'étude générale du thorax est impraticable si on n'a pas toujours présente à l'esprit sa division en trois anneaux.
( Note des traducteurs.)
d'anatomie comparée. 81 num à la paire postérieure des apophyses furculaires, à cause de leurs branches considérables (r).
M. Audouin appelle entothorax toutes les parties moyennes inférieures, et apodèmes les apophyses latérales (2).
6°. Les conditions les plus générales qu'offrent les pieds ont été indiquées plus haut.
7°. Les caractères généraux des ailes, mais qui sont sujets à un nombre variable d'exceptions, sont : une attache mobile à la face supérieure du corps, aux limites de celle-ci et de la face latérale ; leur division en deux paires , l'une antérieure, l'autre postérieure, entièrement séparées l'une de l'autre ; une forme alon-* gée ; un aplatissement considérable du haut en bas, de façon qu'elles forment des lames minces
(1) Chabrier, sur le vol des insectes. Journal de physique , t. XCI, p. 19g.
(2) M. Meckel ne paraît pas avoir connûtes recherches importantes de M. Audouinsur le squelette des insectes - il semble avoir pris ces indications dans l'ouvrage de M. Chabrier, qui s'est mépris souvent sur la synonymie, et dont le travail n'é tant pas comparatif ne peut être d'aucun secours pour l'étude de l'anatomie générale. L'entothorax de M. Audouin est cette pièce très-reconnaissabJe ordinairement en forme d'Y, que l'on trouve à l'intérieur de chaque anneau du thorax , et qui naît au-dessus du sternum; les apodèmes sont des pièces accessoires fort différentes. ( Voyez les notes précédentes et les Annales des sciences naturelles , tome Ier et suivans.)
( Note des traducteurs. )
plus ou moins triangulaires; une composition consistant en deux, substances, Tune mince, molle et membraneuse (i), etl'autreplusépaisse, solide et dure. C'est la première de ces substances qui prédomine très-généralement; elle consiste en plusieurs pièces creuses, mobilement unies entre elles : celle qui occupe la base se compose de pièces plus petites, arrondies, tandis que les autres pièces, répandues sur le reste de l'aile, sont formées de rayons minces, mais très-alongés , et l'emportant en masse et en nombre sur la première. Les plus longs et les plus forts de ces rayons sont situés le long de l'aile, le plus souvent à son bord antérieur; les plus courts et les plus faibles se dirigent de la base vers le bord postérieur, qui n'est pas, comme l'antérieur, renforcé par des stries cornées, mais qui n'est que membraneux (2). L'existence de ces deux
(1) La substance membraneuse est elle-même, suivant M. JurineetM. Audouin, constamment composée dedenx feuillets superposés; ces feuillets constituent à eux seuls, dans quelques cas rares, l'aile tout entière: le plus souvent ils occupent des intervalles limités par des lignes ou nervures formées de substance dure. (Note des traducteurs.)
(2) Ces lignes de substance cornée sont contenues entre les deux feuillets membraneux et présentent deux faces; la supérieure, qui est très-cornée et souvent arrondie, adhère intimement à la membrane. Leur face inférieure, plus plane, d'une consistance moindre , peut en être isolée plus facilement. Ces filets sont autant de tubes dont la coupe transver- » sale est ovalaire. (Voyez J urine.) (Note des traducteurs.)
d'anatomie comparée. 83
substances différentes permet très-généralement à l'aile de se plisser, à l'état de repos, en long et même en travers, et de s'épanouir dansl'exer- ' cice de la locomotion (i).
(i) On a distingué à l'aile-une base et un sommet, plusieurs bords et plusieurs angles , dénommés d'après leur rapport avec la ligne médiane du corps de l'insecte; les nervures ont été également désignées, suivant ce qu'elles rappelaient d'analogue avec la disposition des animaux supérieurs , nervure radiale , nervures cubitale et brachiale. Les espaces membraneux ont été appelés cellules : cellules radiales, cellules cubitales , suivant leur rapport de position. Des osselets existent à la base de l'aile; M. Audouin les a tous compris sous le nom général à'e'pidèmes articulaires. M. Jurine a dénommé ainsi ceux , qui entourent l'aiticulalion de l'aile antérieure avec l'arceau supérieur du mésothorax : petit radial, grand radial, petit cubital, grand cubital, naviculaire , petit humerai, grand humerai ; il en a trouvé cinq à l'articulation de l'ailepostérieure avec le métathorax, et leur a imposé les noms à' c'chancre' , de scutellaire , de diade'mal, de fourchu, de massue ; ces pièces du métathorax, dont deux ont disparu, sont la répétition, suivant M. Audouin, de celles du mésothorax. L'analogie des ailes et des pattes proposée déjà par M. de Lalreille a été conGrmée et établie sur des raisonnemens très-solides par M. Audouin. Les considérations sur lesquelles il s'appuie sont les suivantes : elles découlent de la manière dont il envisage un anneau du corps qu'il considère formé de deux demi-arceaux joints le plus souvent par leurs extrémités. Ces demi-arceaux sont composés de la même manière, le supérieur, du tergum et de deux épisternum, un de chaque côté; l'inférieur , du sternum sur la ligne moyenne et de deux épimères; les ailes s'articulent avec le tergum et avec les deux autres pièces de l'arceau supérieur, comme les pattes s'articulent avec le sternum et les deux pièces de l'arceau inférieur. II. 6.
Uabdomen (1) est plus grand, mais moins parfait que le thorax. Il n'offre ni pieds ni ailes chez la plupart des insectes, et n'est par conséquent pas en rapport avec la locomotion ; sa principale destination est d'envelopper les organes de la digestion et de la génération. Il se compose de pièces supérieures qui, lé plus com-
Ces appendices deviennent tellement comparables par la forme, qu'il est des animaux , les blattes, par exemple, où les filets terminaux de l'abdomen , les uns supérieurs ou représentant les ailes, les autres inférieurs ou analogues aux pattes, ne sauraient être distingués que par leur position. De même que les appendices inférieurs se modifient dans les diverses régions du corps, à la tête, au thorax et à l'abdomen; de même les supérieurs affectent des variétés de formes très-nombreuses. Ainsi ce sont des antennes à la tête, des ailes modifiées en élytres , en balancier, en cuilleron, au thorax; des filets à l'abdomen, qui, en se réunissant, constituent l'étui de la tarière ou de l'aiguillon. Les ailes n'ont donc pas une existence plus anomale que les pattes. ( Voyez Audouin , Dictionnaire classique d'histoire naturelle^ t. I, art. Aile.)
( Note des traducteurs. ) (i) L'abdomen, suivant M. Audouin , est cette partie du corps faisant suite au thorax, composée d'un nombre quelconque d'anneaux constamment dépourvus d'appendices articulés , essentiellement locomoteurs, n'en présentant tout au plus que des vestiges. Ces anneaux sont des cylindres creux, fort courts, rentrant, dans certains cas, les uns dans les autres, comme les tubes d'une lunette, tantôt constitués par deux demi-cylindres qui s'abouchent ordinairement par les deux bords de leurs sections. Les arceaux inférieurs pré-
d'anatomje comparée. 85 munément, sont minces, ou quelquefois consistent en peau molle , et d'inférieures plus solides et plus dures, qui sont unies mobilement entre elles par une bande plus ou moins large de peau. Ces arceaux supérieurs et inférieurs offrent rarement des apophyses analogues à celles toujours distinctes du thorax; quelquefois cependant il y en a aux demi-anneaux inférieurs, mais elles sont peu prononcées et à peine saillantes.
La partie postérieure de la tête , ou le crâne, est arrondie; mais elle ne l'est pas également dans tous les insectes ; cette portion est en général plus petite que la partie antérieure , qui est principalement composée de la réunion des organes de la mastication. Le crâne porte plusieurs organes des sens , surtout les jeux et les antennes ; il renferme dans son intérieur les ganglions antérieurs du cordon nerveux central, les muscles des organes masticateurs, et le commencement de l'œsophage. Il est ouvert en avant et en arrière , forme un anneau complet, quoique constitué par
sentent intérieurement, dans quelques insectes, des éminences qui ne sont autres que les analogues des entocéphales et des entothorax ; M. Audouin les nomme entogastres. Le nombre d anneaux qui forment l'abdomen dans chaque ordre, dans chaque famille, etc. , ses usages et ses rapports avec les organes qu'il constitue, son mode d'insertion, varient beaucoup. ( V oyez l'article abdomen du Dictionnaire classique d'histoire naturelle. ) ( Note des traducteurs. )
86 TH A ÉTÉ GÉKÉKAL
plusieurs lames, et s'articule mobileraent avec le premier anneau du thorax (i).
De sa face inférieure et interne partent le plus souvent d'avant en arrière, deux apophyses (processus), une de chaque côté, qui se dirigent en haut. Tantôt ces deux pièces ne s'atteignent pas; tantôt elles s'unissent entre elles et partagent la cavité crânienne en une moitié supérieure, ordinairement plus ample , et en une moitié inférieure plus petite (2). L'œsophage se trouve constamment dans la moitié supérieure (3).
Nous allons faire connaître maintenant les particularités qu'offre le squelette des insectes, dans les differens ordres de cette classe.
t. INSECTES A MÉTAMORPHOSES.
A. Diptères.
Chez les diptères, les trois anneaux antérieurs
(1} La tête est formée de plusieurs anneaux soudés ensemble. M. Audouin en a déterminé le nombre en étudiant celui des appendices j mais il paraît que son travail sur cette partie du squelette est encore inédit. Nous n'en parlons que d'après les leçons que ce jeune professeur donne cbaque année au jardin du Roi, en remplacement de M. de Lamarck. (Note des traducteurs.)
(2) Cette pièce n'est autre chose que l'entocéphale décrit par M. Audouin. (Note des traducteurs.)
(3) L'orifice antérieur de la tête a été désigné sous le nom de buccal; le postérieur sous celui d'occipital. (N. des tr.)
d'ànàtomié comparée. 87 du tronc, ceux du thorax, sont confondus en une seule pièce-, les appuis intérieurs des muscles sont petits, minces et faibles (1).
Les différentes portions qui constituent les pieds des diptères sont longues et minces, à l'exception des hanches qui sont courtes, libres, et font une saillie verticale à la face inférieure du corps.
A la face inférieure d'un ou de plusieurs articles du tarse, dans le premier cas à celle du dernier, existent des lames conformées comme une cuiller, creuses inférieurement, quelquefois dentelées à leur pourtour, qui peuvent être mues volontairement, et servent à l'animal à s'attacher aux corps ; il se soutient au moyen des ventouses qu'elles forment, surtout lorsqu'il marche contre la gravité de son propre corps, la tête en bas et les pieds en haut
Les diptères n'ont que les ailes antérieures.
Elles sont alongces, minces, présentant beaucoup de nervures dans le sens de leur direction longitudinale ; mais ces nervures sont faibles.
(1) Malgré cette confusion des pièces (lu thorax , on peut très-bien reconnaître les trois anneaux cpui le forment, et surtout étudier le mésothorax, dont la partie supérieure est très-développée, et dont les pièces sont assez distinctes.
(Noie des traducteurs.)
{v)E. Home, Farther observations on the feetofanimals, whose progressive motion can be carried on against gravi ly. Philos. tran3., 1816, p. 5a3.
La place des ailes inférieures est occupée par un petit disque, simple, plus consistant, que l'on nomme le cuilleron, et qui est situé au-dessous et derrière les ailes. Plus bas et plus en arrière existe une petite pièce alongée, claviforme, c'està-dire renflée vers son extrémité libre ; c'est le balancier, qui appartient sans doute aussi à la paire des ailes postérieures.
Les anneaux abdominaux sont peu mobiles les uns sur les autres, d'avant en arrière; dans plusieurs espèces les supérieurs et les inférieurs sont soudés ensemble.
Je n'ai pas pu découvrir de division en moitié supérieure et en moitié inférieure, ni dans l'intérieur (}e la tête qui est arrondie , ni dans le trou occipital.
Le corps des lames des diptères se compose d'anneaux très-mous, moins distinctement séparés; l'extrémité postérieure en est mousse, l'antérieure pointue.
On rencontre surtout à son extrémité postérieure une couronne de soies mousses.
Je n'ai pas pu trouver de trace de squelette intérieur chez ces animaux.
B. Hémiptères.
Parmi les homoptères ou hémiptères à ailes égales", du moins dans le genre tettigone ( tetti-
d'anatomie comparée. 89 gonia), l'anneau thoracique antérieur ou le prothorax est complet, très- large à sa face supérieure , extrêmement étroit à l'inférieure, surtout vers sa partie moyenne. Il offre inférieurement de chaque côté l'ouverture destinée à recevoir la hanche, qui est ici complètement fermée. Non loin de la ligne médiane, il naît de chaque côté de la paroi inférieure un crochet court, déprimé,, fortement dirigé en-dehors. Un autre semblable, beaucoup plus long, naît un peu plus en devant de la paroi latérale, se dirige en arrière et en dedans, par-dessus l'ouverture de la hanche , et s'applique contre le premier.
L'anneau postérieur , beaucoup plus considérable , est partagé en une moitié antérieure beaucoup plus grande et en une postérieure beaucoup plus petite , par une lame triangulaire transversale, qu'une ouverture étroite interrompt au milieu dans les deux tiers inférieurs de sa longueur. Cette lame détache ^ près de l'extrémité inférieure de cette fente verticale, un appendice presque horizontal qui se dirige en devant; sur les parties latérales elle ne s'étend pas jusqu'à la paroi inférieure ; il en résulte ici une lacune transversale.
On rencontre au milieu de la face inférieure l'appareil de charpente ordinaire. Il est peu élevé mais compliqué. En arrière se dirigent deux apophyses larges, sur lesquelles s'appuient les appendices horizontaux de la lame posté-
rieure. En devant on voit naître : i° deux apophyses courtes, dirigées d'arrière en avant; 2° deux autres latérales plus longues, qui vont se rendre à une autre apophyse plus courte, mais plus grosse, qui naît de la paroi latérale.
Au bord postérieur de la face tournée en bas, existe entre les deux ouvertures de la hanche une apophyse furculaire, simple, plus petite. Celle-ci, ainsi que toute la partie de la pièce postérieure du thorax à laquelle elle correspond, est située derrière la paroi transversale que j'ai décrite (i).
Les pieds de l'insecte parfait sont courts et faibles. Cela s'applique surtout au tarse qui est très-mince. Chez la larve au contraire, les pieds sont proportionnellement considérables, principalement la première paire qui est très-longue, volumineuse, et propre à creuser la terre à l'aide du grand développement qu'a pris le tarse.
Les ailes sont consistantes , fortes, volumineuses, et offrent un grand nombre de nervures.
Les anneaux abdominaux supérieurs et inférieurs sont eonsistans et durs, entièrement ou presque entièrement soudés ensemble, en haut et en bas. Ils ont les uns et les autres, à leur
(i) C'est surtout dans les cigales qu'il est curieux d'éludier le thorax- M. Audouin a montre que l'organe du chant propre au mâle était composé par les mêmes pièces qui existent dans les autre* insectes, mais développées différemment. {Note des traducteurs . )
d'anatomie comparée. 91 bord antérieur, de petits appendices qui, sur les anneaux supérieurs, sont plus rapprochés de là ligne médiane. Le plus antérieur des anneaux inférieurs supporte, une pièce cornée, formée
t de chaque côté d'une branche interne, inférieure, large et horizontale , et d'une externe, mince,
ninie à la première sous un angle obtus.
L'ouverture postérieure de la tête est très-large,
cet n'est fermée inférieurement que par une strie cornée, transverse, extrêmement mince, de sorte que la tête est presque entièrement ouverte à sa
j partie inférieure. Je n'ai rien pu découvrir des
: parties intérieures qui existent chez d'antres in-
l sectes.
Les hétèropleres ou hémiptères à ailes inégales, ont une structure encore plus simple.
Chez le nèpe gris (nepa cinerea) le premier ; anneau thoracique est large, surtout à sa partie supérieure; il s'avance un peu par son bord postérieur sur l'anneau moyen. Le second et le troisième soudés ensemble, ne sont pas beaucoup plus grands que le premier (1).
Le squelette intérieur du thorax est très-im-
(1) Ce qui distingue surtout les hémiptères de cette section, c'est !e développement excessif de l'écusson du mésothorax. Cette particularité est très-sensible dans les pentatomes , et surtout dans le genre scutellaire.
(Note des traducteurs.)
parfait; il se compose d'éminences inférieures peu considérables , très-éloignées d'un côté à l'autre, et n'atteignant pas les parties latérales.
Les pieds sont imparfaits ; le tarse, qui est mince, n'a en effet qu'un seul article outre le crochet qui est simple. Il est, après la hanche, la portion la plus courte du pied. Les hanches congénères des côtés opposés sont très-éloignées; elles sont arrondies et très-courtes.
Les pieds de derrière sont les plus longs; les moyens sont à beaucoup près les plus courts; les antérieurs sont les plus forts. Les hanches sont longues, s'appuient sur l'extrémité antérieure de la face inférieure du premier anneau thoracique, et sont dirigées tout droit en devant. Le reste du pied est de même tourné en avant autour de son axe; la cuisse est très-longue et volumineuse, sillonnée à sa face antérieure de manière à recevoir la jambe. Celle-ci est également considérable. Le tarse est un simple crochet tourné en devant.
Les ailes antérieures ne sont guère plus longues que les postérieures, mais elles sont considérablement plus fortes et plus épaisses, surtout dansleur partie antérieure.Ellesnese plissentpas.
Les anneaux de l'abdomen, qui est très-aplati, ne sont pas mobiles; ils ne peuvent pas s'engager les uns dans les autres.
La tête est très-petite , étranglée à sa partie postérieure. Je n'ai pas trouvé sa cavité partagée en une moitié supérieure et en une inférieure.
d'anatomie comparée. g3 C. Lépidoptères (1).
Le segment antérieur du ihorax, ou prothoirax , est très petit, étroit et court; il se divise dans toute sa longueur en deux moitiés latérales qui ne sont pas fermées supérieurement, mais iqui forment un anneau ouvert.
La face inférieure de ce segment est la plus llarge ; elle offre, à sa partie postérieure, deux ouvertures disposées l'une au-dessus de l'autre, fét destinées à la première paire de hanches; telles ne sont séparées que par une strie transversale étroite. De cette strie s'élève, des deux côtés, une paire d'apophyses latérales, déprimées;, qui n'atteignent pas la paroi latérale ; entre ces deux apophyses on en trouve une autre moyenne, plus longue, dirigée en arrière, qui -s'unit au moyen d'une articulation mobile à une apophyse semblable, née de la paroi inférieure du segment qui vient après.
La portion postérieure du thorax (2) est fer-
(1) L'ordre des lépidoptères se distingue essentiellement par l'accroissement excessif du mésothorax; au contraire le motatborax est très-peu développé , et le prothorax encore : moins. Le mésothorax offre à sa partie supérieure quatre ppièces très-distinctes, désignées par M. Audouin sous les noms de prœsculum, sculum, sculellum et posl-scutellum. (Voye z la note p. 64de ce volume.)
( Note des traducteurs. )
(2) Cette portion ne comprend réellement que le mésotlio-
mée d'une manière imparfaite par deux lames qui descendent de la paroi supérieure; l'une est en devant, l'autre en arrière. La postérieure est plus longue que l'antérieure, et chacune est formée de deux moitiés latérales fendues dans presque toute leur longueur. De la face inférieure du segment naissentdeux apophyses furculaires, larges, ayant àpeu près la même hauteur; l'antérieure correspond à la seconde, la postérieure à la troisième paire de hanches. L'apophyse antérieure , qui occupe la région moyenne du tout, se prolonge en une crête disposée sur le milieu, tranchante, qui se termine au bord antérieur; la postérieure occupe à elle seule presque toute la longueur de la pièce qui lui correspond. La première, réunie à une autre apophyse que fournit la face latérale, forme un trou transversal considérable j la seconde reste isolée.
Cette portion du corps se partage en deux parties : de ces deux parties, l'antérieure (i), plus grande, correspond à la paire de pieds moyens et à la paire d'ailes antérieures ; la postérieure (2), beaucoup plus petite,, est en rapport avec les parties postérieures demême nom. Cette disposition est prononcée surtout à la face inférieure.
rax. Qui constitue presque à lui seul le thorax des papillons. ( Note des traducteurs. )
(2) C'est le mésothorax et le metathorax réunis.
(Note des traducteurs.)
(3) Le metathorax.
d'ANATOMIE COMPAREE. 0,5
Les pieds sont faibles, les hanches longues et verticales. Le tarse articulé forme la portion la plus longue de l'appendice.
Chez plusieurs espèces les pieds les plus antérieurs sv>nt très-rabougris.
Les ailes sont membraneuses , parcourues par de fortes lignes cornées; leurs deux faces sont garnies de petites plumes diversement colorées, le plus souvent serrées. Ces plumes donnent aux ailes leur couleur.
Les ailes postérieures sont communément plus courtes que les antérieures.
La disposition remarquable que présente le mode d'union à l'aide duquel les ailes des papillons crépusculaires et nocturnes sont si exactement fixées l'une à l'autre, a déjà été indiquée au premier volume (i ).
En avant, en dedans et en haut de la paire d'ailes antérieure , on trouve une petite écaille dite épauletle ; cette écaille est arrondie , convexe très-velue, surtout en arrière (2).
Les anneaux de Yabdomen sont formés d'un arceau supérieur et d'un arceau inférieur. Tous ont à peu près une consistance égale ; l'inter-
(1) Vol. I, P. 506, 3o7.
(2) Cette pièce, qui ici est libre dans presque tout son contour, se retrouve dans les autres ordies d'insectes, mais soudée et confondue avec les autres pièces du thorax. C'est le paraptèrc de M. Audouin.
( Note des traducteurs. )
valle qui les sépare est occupé par une bande de peau étroite. Les bords postérieurs des anneaux placés en avant recouvrent un peu ceux qui les suivent.
La tête est toujours très-petite; l'ouverture occipitale, qui est proportionnellement considérable, est partagée en deux moitiés par une petite strie cornée, dirigée transversalement. La moitié supérieure est un peu plus grande que l'inférieure.
A l'état de larves, les lépidoptères n'ont des parties dures qu'à la tête et aux pieds.
Les pieds sont de deux sortes : les pieds vrais et les pieds faux. Les premiers, qui dans la presque totalité de ces êtres sont au nombre de trois paires, sont fixés aux anneaux antérieurs; les derniers s'articulent avec les anneaux postérieurs; il en résulte que la dernière paire des pieds vrais est séparée des autres par plusieurs anneaux.
Les pieds vrais ont beaucoup d'analogie avec les pieds des insectes myriapodes; comme ceux de ces derniers, ils sont courts, courbes et terminés par un crochet simple. Plusieurs portions cornées qui se succèdent, les composent.
Il existe ordinairement cinq paires de pieds faux^ dont la structure diffère d'une manière trèsremarquable de celle des pieds vrais. Ils sont, pour la plupart^ plus courts, mais plus larges, et garnis, à leur extrémité libre, d'une quantité
IV A NATO MI É COMPARÉE. Ç)"j
considérable de crochets cornés ; ces crochets sont de deux ordres, distincts seulement par leur inégalité de développement, et disposés d'une manière alternative. Us sont profondément engagés dans un disque formé par les légumens généraux ; l'extrémité inférieure en est recourbée et cachée daus ce disque; il en résulte une insertion très-solide. La disposition et le nombre de ces crochets varient aux deux pieds d'une même paire et à ceux des différentes paires dans un animal donné. Les pieds correspondans de divers individusde la. même espèce, étudiés aux différentes périodes de la vie, présentent également des différences sous ce double rapport. On peut dire en général que la quantité en augmente considérablement-avec l'Age ; cette augmentation jveut même en doubler le nombre. Les quatre paires antérieures de pieds n'offrent point entre elles de différences constantes qui soient dignes de remarque; elles se distinguent seulement de la dernière ou cinquième paire , du moins chez beaucoup de chenilles : i° par le nombre bien plus considérable de crochets.; 2° par l'état plus ou moins complet des anneaux qu ils forment; entiers dans les premiers, réduits à un seul arceau dans les seconds.
INi !e pied vrai, ni le faux ne correspondent à des parties de peau* endurcie particulières; nous rencontrerons plus loin celte disposition dans les larves des coléoptères.
La tête de ces animaux est en général fort dure. Elle est oblongue et disposée de manière à présenter sa plus grande longueur de haut en bas, et sa moindre étendue d'avant en arrière. L'intérieur de cette partie ne m'a offert aucune trace de division en deux moitiés, l'une supérieure et l'autre inférieure.
D. Hyménoptères (1).
Chez les hyménoptères l'anneau le plus antérieur du thorax est partagé en deux moitiés latérales dans toute sa longueur. L'extrémité postérieure seule ne l'est pas ; ces deux moitiés sont distantes l'une de l'autre en haut; en bas elles sont rapprochées, mais ne se confondent que postérieurement. De cette partie postérieure naît une apophyse furculaire, d'une hauteur égale à celle du demi-anneau qui est lui-même peu élevé et s'enfonce sous la tète; elle atteint la paroi latérale de cet arceau, sans s'unir à elle.
Il n'y a ni ouverture , ni échancrure propre à recevoir la paire de hanches la plus antérieure ; la hanche ne pénètre pas dans l'anneau, elle est seulement située tout près et derrière lui. Ses muscles sont placés dans la lacune que lais-
(i) C'est encore le inésothorax qui a pris ici un plus grand développement que le prolhorax, et qui constitue presque lui seul le thorax de l'insecte. {Noie des traducteurs.)
d'aNATOMJE COMPARER, C)Ç)
sent entre elles la paroi latérale et la fourche.
La portion postérieure du thorax est presque entièrement fermée en arrière; ce qui dépend de ce que les parois supérieures et latérales se replient en bas et en dedans.
L'intérieur de la cavité présente , à peu près vers le milieu de la paroi inférieure , une apophyse moyenne , très-peu saillante, qui se divise bientôt en deux branches latérales (1). Celles-ci, à peu de distance de leur origine, rencontrent dans la ligne médiane une pièce transversale qui les unit; elles forment ainsi une ouverture centrale, considérable, contenant un ganglion du cordon médullaire. De la partie supérieure de cette apophyse, il s'en détache une autre transversale, mince et alongée, dirigée en dehors et en haut, qui s'applique contre la paroi latérale. Un peu au-dessus et derrière cette apophyse, la paroi latérale fournit une lame alongée, considérable, qui s'applique conlre la face interne de sa partie postérieure : la paroi est par conséquent doublée en cet endroit, disposition qui coïncide sans doute avec les engaînemens des anneaux abdominaux.
L'apophyse moyenne produit en devant, au dessous de l'ouverture, une crête qui se replie supérieurement, et forme ainsi un demi-canal transversal et superficiel.
(1) C'est l'entothorax du second anneau du thorax.
( Note des traducteurs. )
ÎOO . TKAITJi GENERAL
Les deux ouvertures, complètes pour les seconde et troisième paires de hanches, sont situées l'une en avant, l'autre en arrière de l'apophyse furculaire.
Les pieds sont ordinairement alongés et considérables, le volume en augmente de la paire antérieure à la postérieure. Les tarses, toujours articulés, forment souvent la plus longue portion de la troisième paire. Les hanches sont alongées, mais plus larges et plus courtes que les autres parties; elles sont placées verticalement sur la face inférieure du corps, et sont entièrement ou presque entièrement libres.
Les ailes antérieures sont beaucoup plus longues que les postérieures. Les unes et les autres sont membraneuses, minces, parcourues par des nervures et très-alongées. Les antérieures sont plissées longitudinalement chez les diploplères. La moitié interne du bord qui regarde en arrière forme, chez un très-grand nombre d'espèces, une saillie recourbée en bas et en dedans, qui s'adapte à une autre éminence placée en face sur le bord interne supérieur ; par cet ajustement, les deux ailes sont retenues ensemble et forment une aile unique plus forte, disposition qui rappelle celle que nous avons signalée chez les papillons nocturnes et crépusculaires.
En avant et au-dessus delà racine de la paire d ailes antérieure, on trouve souvent, à la face
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supérieure du corps, comme chez les lépidoptères, une petite écaille cornée dite écaille de l'épaule ou épaulette (1).
U abdomen est formé de lames dures , supérieures et inférieures. Elles sont larges et peuvent rentrer très-profondément les unes dans les autres, au point même que les antérieures recouvrent presque entièrement les postérieures. Les supérieures dépassent également un peu les inférieures sur les parties latérales; les unes et les autres offrent ici de petites apophyses qui s'élèvent de leur bord antérieur.
L'ouverture arrondie qu'offre la tête pour le passage de l'œsophage et du cordon médullaire est petite. Immédiatement en avant de sa partie inférieure, on trouve un anneau trèsmince, mais fort étendu, qui envoie de chaque côté, en devant et en dehors , un prolongement considérable, constituant un pont qui s'applique sur la partie inférieure de la circonférence du crâne, et s'étend jusque vers l'extrémité an-: térieure des yeux. '
Le corps des larves des hyménoptères est formé d'anneaux entièrement membraneux. La tète seule fait exception. On voit sur les parties latérales des cinq ou six anneaux moyens, au dessous des stigmates, cinq ou six paires de pieds qui ont la forme d'autant de pointes mousses et courtes.
(i) Leparapière de M. Audouin. (Noie des traduct.)
La tête est très-petite, arrondie, cornée. Je n'ai pas trouvé le trou occipital partagé en parties supérieure et inférieure.
E. Névroptères (i).
Chez les névroptères , le premier anneau du thorax est séparé des autres; mais il est proportionnellement très-petit, et fort étroit à sa partie inférieure. On trouve ici, à l'intérieur, une petite pièce furculaire qui n'atteint pas les parois latérales, qui complète la circonférence de l'anneau et s'unit à ses parties supérieure, et latérales au moyen d'une articulation mobile.
La pièce postérieure (2), beaucoup plus considérable , porte inférieurement, dans la ligne médiane, une saillie longitudinale simple, peu élevée, et sur les côtés une crête antérieure et postérieure. Ces productions sont toutes deux très-faibles.
Les pieds sont petits ; les ailes grandes , mem-
(1) Le prothorax est ici peu développé ; les deux anneaux qui suivent, le mésothorax et le métathorax , ont un trèsgrand développement; ce sont les flancs qui ont pris surtout une très-grande étendue. (Note des traducteurs.)
(2) Il est presque inulile de répéter que cette pièce postérieure du thorax correspond au mésothorax et au métathorax de M. Audouin , qu'il est toujours essentiel de dist inguer , (Note des traducteurs. )
d'anatomim comparée. io5 braneuses et minces, à nervures rétiformes, et
ne se plissent pas.
Les anneaux abdominaux supérieurs sont
considérablement plus larges que les inférieurs, sur lesquels ils s'appliquent de dehors en dedans. Les premiers ont partout une largeur égale; les derniers sont plus larges à leur partie antérieure qu'à la postérieure qui est la plus grande. Plusieurs apophysés latérales naissent de leur partie antérieure. La tête est aplatie d'avant en arrière. Le crâne et le trou occipital sont partagés en une moitié supérieure et en une inférieure par une barre transversale de matière cornée. La structure des larves est très-analogue à celle de l'animal parfait, quand on fait exception des ailes; l'abdomen en est seulement plus court et plus large. Les ailes sontplissées , mais parfaitement développées et renfermées dans des gaines dures et très-courles.
Les pieds sont proportionnellement plus longs que chez l'insecte parfait.
F. Orthoptères (1).
Les orthoptères offrent plusieurs différences dignes de remarque; ainsi le genre de vie et le
(i) Le prothorax des orthoptères est souvent très-développé à sa partie supérieure. Dans le genre tttrix , cette partie supérieure se prolonge jusqu'à l'extrémité du ventre.
mode de locomotion de quelques-uns, notamment de la courtilière commune (gryJlotalpa), s'éloignent beaucoup de ce qui existe dans la plupart des autres. Ces différences se rencontrent surtout au thorax.
En général , mais plus particulièrement dans les grillons et les locustes, la paroi inférieure de l'anneau le plus antérieur du thorax offre de chaque côté , à peu près vers le milieu de sa longueur, une barre transversale, mince, qui se dirige en dehors et en haut, s'élargit vers la paroi latérale et se convertit en une lame transversale, large, qui se soude à cette paroi. L'extrémité supérieure donne naissance ellemême à une crête saillante qui règne dans toute la hauteur de la paroi latérale. La partie postérieure de la paroi inférieure est une lame particulière, séparée, qui, réunie à la partie antérieure, forme la lacune destinée à recevoir la hanche la plus antérieure , et porte une crête alongée à sa face supérieure et interne.
Une disposition fort analogue est offerte par ces parties chez les truxales.
Chez les courtilières ou taupes-grillons, le squelette intérieur du premier anneau thoracique est extrêmement fort, sans doute plus que chez tout
Le mésothorax et le métathorax sont également développés, et le principal accroissement s'est porté sur les pièces des flancs (l'épisternum et l'épimère), qui sont ici très-distinctes,
(Note des traducteurs.)
d'anatomik comparée. io5 autre insecte; développement qui est en rapport avec le volume et la fonction des pieds de devant. Les apophyses de cet anneau, qui lorsque cette disposition n'existe pas sont simples , minces et faibles , occupent ici toute la longueur et presque toute la hauteur du segment, puisqu'au milieu elles s'étendent jusqu'à la paroi supérieure avec laquelle elles se confondent.
Les deux apophyses postérieures sont situées très-près l'une de l'autre , entre les extrémités également postérieures des deux ouvertures destinées à la première paire de hanches , et qui appartiennent uniquement au premier anneau du thorax.
Il en naît d'abord, en haut et en dehors, une saillie considérable qui occupe à peu près la hauteur de toute la pièce thoracique. Puis ces pièces osseuses se dirigent en devant et en dehors, et se terminent par deux prolongemens. L'apophyse qui occupe le milieu, beaucoup plus développée, se porte en dedans et en haut, se réunit à celle du côté opposé, sur la ligne médiane; enfin, la haute crête longitudinale qui en résulté s'unit à la face interne de la partie supérieure.
L'apophyse du devant se dirige plus en dehors et se termine, en s'élargissant, à l'extrémité antérieure de cette même partie.
Les ouvertures destinées à recevoir la première paire de hanches nesont séparées l'une de l'autre que par une pièce longitudinale très-mince.
lOÔ TRAITÉ GÉNÉRAL
Dans les mantes le squelette intérieur du premier segment thoracique est très-faible, quoique la première paire de pieds soit très-développée; mais il faut dire aussi que le développement se fait d'après un au tre type. Le squelette intérieur se compose ici seulement de deux plaques triangulaires, partout séparées l'une de l'autre , et renforcées par une lame cornée vers le bord postérieur. Ces deux plaques sont situées dans la partie antérieure de la première pièce thoracique qui est très-alongée ; elles s'étendent d'avant en arrière. Ces parties sont dans ces animaux proportionnellement plus fortes que chez les locustes et les grillons.
La portion postérieure du thorax offre distinctement une tendance à se partager en une moitié postérieure et en une antérieure. La paroi inférieure présente , à des distances à peu près égales du bord antérieur et du bord postérieur et les unes des autres, deux apophyses furculaires, séparées, peu élevées, qui s'épanouissent, s'excavent en haut et s'ajustent avec des apophyses de la paroi latérale dirigées au-devant d'elles, mais sans s'y unir. Ces apophyses de la paroi latérale produisent des crêtes longitudinales qui vont, en haut se terminer à la racine des ailes. Entre ces apophyses , la lame supérieure envoie en bas, de chaque côté, une lamé transverse, mince, occupant à peu près un tiers de la hauteur de tout l'anneau ; cette lame est, sur la li-
d'anatomie comparée. 107
gne médiane, en contact aveccelle du côté opposé.
Les apophyses inférieures et latérales, dont nous avons déjà parlé, et qui, en s'unissant entre elles et avec la partie voisine de la circonférence des parois latérales et inférieures , forment des trous ronds, partagent d'avant en arrière l'ouverture destinée à recevoir la seconde et la troisième paire de hanches.
Chez le taupe- grillon, ces parties, et principalement les apophyses inférieures, sont plus fortes et plus élevées que chez les autres orthoptères ; il naît de l'antérieure, en arrière et en haut, un fort prolongement moyen , qui s'avance jusque dans l'intervalle qui sépare les deux apophyses postérieures.
Dans les mantes et les truxales , au contraire . elles sont à peu près aussi faibles que chez les autres orthoptères. Chez les derniers elles ne s'atteignent pas dans la ligne médiane.
Les pieds et les ailes offrent des différences très-considérables. Les premiers sont cependant en général longs et grêles ; ceux de la partie postérieure du corps sont plus volumineux que les autres, dont la longueur est à peu près égale. Cette disposition est commune à tous ces insectes ; mais elle se rencontre principalement chez les grillons, les locustes et les truxales, où les paires postérieures servent à exécuter le saut. Les mantes sont ceux de ces animaux qui ont les meds les moins inégaux. Les postérieurs sont peu
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développés dans ces êtres. Il en est de même chez le taupe-grillon, où les pieds postérieurs, plus longs que les antérieurs, sont pourtant beaucoup plus faibles que les premiers.
Les hanches sont très -généralement courtes et arrondies ; la cuisse et la jambe sont longues; le pied est court.
Les mantes et la courtilière commune offrent des dispositions particulières, surtout à la première paire de pieds.
Chez les manies , les hanches sont beaucoup plus longues que chez les autres orthoptères, les pieds de derrière sont beaucoup plus faibles, les deux paires antérieures les dépassent de beaucoup. La première, presque aussi longue que la troisième , est de beaucoup la plus forte. La hanche surtout est très-longue, elle dépasse beaucoup celle des autres paires. La cuisse n'est guère plus longue, mais elle est plus large et plus plate. La jambe, beaucoup plus courte, se termine en arrière par un crochet pointu, fortement recourbé et dirigé en haut, qui s'étend presque tout le long de la moitié supérieure du tarse; celui-ci est très-mince, et son premier article, très-considérable , est aussi long que tous les autres ensemble.
La paire de pieds antérieure est un long crochet à l'aide duquel l'animal saisit sa proie; elle sert peu à la marche.
Chez le taupe-grillon, tous les pieds sont très-