I)' ANATOMIE COMPARÉE. IO
épais, et proportionnellement courts ; il faut en excepterla première paire. Cette paire, qui sert à l'animal à creuser,, forme une pelle très-large, comprimée latéralement, et composée de plusieurs parties, qui sont toutes, à l'exception du tarse , à peu près de la même hauteur et d'une longueur égale.
La hanche, qui est forte, représente un anneau large, mais court, ayant en devant, à sa face externe , un enfoncement qui reçoit l'extrémité postérieure de la cuisse, sans qu'il y ait articulation.
Elle porte, à son extrémité antérieure , une pièce triangulaire, alongée, qui se termine en devant par un crochet pointu, dirigé en haut. Cette pièce est mobile dans ces animaux; on la rencontre aussi chez les autres insectes, où elle est habituellement soudée à la hanche et ne forme point de saillie.
La cuisse est la portion la plus considérable de l'appendice ; elle est dirigée en haut. La jambe se porte en bas et en avant ; elle se termine intérieurement par un bord tranchant, large, garni de quatre dentelures longues, dirigées en bas. Elle est triangulaire et beaucoup plus large en bas qu'en haut. Cette portion est renforcée par le premier article court et large du tarse, qui, depuis le milieu de sa face externe est appliqué sur son quart antérieur et inférieur. Cet article est triangulaireetterminépar deux fortes pointes
I ÎO TRAITÉ GÉNÉRAL
dirigées en avant. Les autres articles sont presque nuls et sans utilité.
Les ailes sont, clans la plupart des animaux dont il s'agit , longues, mais faibles et minces/ les nervures en étant peu solides et peu résistantes. La longueur en est ordinairement égale ; les postérieures sont, au contraire, plus larges que les antérieures. Chez le taupe-grillon , les postérieures sont surtout beaucoup plus longues que les antérieures.
Les lames inférieures de l'abdomen sont en général plus minces que ne le sont celles placées en haut, qui elles-mêmes offrent peu d'épaisseur et de consistance.
De l'extrémité antérieure du bord latéral et de l'extrémité externe du bord antérieur des lames situées inférieurement , on voit naître une apophyse mince } mais étendue, qui se partage en une pointe antérieure et en une postérieure ; ces pointes se prolongent dans la cavité de l'abdomen; elles sont satis doute les analogues de celles qui existent plus généralement dans le thorax, mais elles ont une texture beaucoup plus délicate que celles-ci, quoique leur largeur soit plus considérable.
Dans la tète, la cloison qui résulte de la réunion des deux apophyses inférieures est trèsconsidérable, forte et longue; elle" occupe toute la longueur du crâne; mais je n'y trouve au-
d'anatomie comparée. 111 cune trace d'un anneau supérieur particulier destiné au cordon médullaire.
Chez les mantes cette cloison est courte et large, conformément à la disposition de la tête.
Tout le premier ganglion du cordon médullaire abdominal est situé sous cette pièce transversale.
G. Coléoptères (1).
Chez les coléoptères , notamment le cerf-volant (lucanus cervus) , l'orycte nasicorne (geotrupes nasicornis) , le hanneton commun (melolontha vulgaris), les dytiques (dytiscus marginalis et latissimus) . l'hydrophile '(Jiydroph.il us piceus') , le blaps géant [blaps gigas), l'anneau antérieur du thorax est formé d'une pièce dont la paroi inférieure offre antérieurement et postérieurement un talus à sa face intérieure, qui s'enfonce ou sous la tète; ou sous le second anneau du tho-
(1) Les coléoptères sont remarquables par le développement du prothorax et du métathorax. Le mésoiliorax , ou l'anneau intermédiaire, est beaucoup moins développé ; il supporte les élytres , dont l'action, dans le vol , n'esl pas très-prononcée. C'est dans les coléoptères qu'on peut retrouver facilement les pièces constituant la poitrine, et que M. Àudouin a désignées sous les noms de .sternum, d'épi-' sternum, d'épimère et de paraplère. Les copris, le bousier sacré, par exemple, offrent toutes ces parties très-dévelop- Pées. ( Note des traducteurs. )
1 i 2 TRAITÉ GÉNÉRAL
rax. Des deux côtés, à la partie inférieure de la périphérie de l'anneau, mais un peu plus en arriéré qu'en devant, on voit une ouverture con sidérable , fermée de toutes parts , destinée à loger la hanche de la première paire de pieds. Cette cavité est tantôt simple, comme chez les lucanes, tantôt partagée par une barre transversale en une partie antérieure plus grande et en unepostérieure plus petite, comme chez les blaps. Immédiatement en dedans de celte ouverture,on voit naître du bord antérieur de renfoncement destiné à la portion postérieure du thorax, une petite apophyse verticale de chaque côté : ces deux apophyses ne sont unies nulle part et se présentent partout distantes de la ligne médiane, dans une étendue proportionnellement considérable.
La portion postérieure du thorax (i)est formée de plusieurs pièces que l'on peut séparer les unes des autres, notamment d'une inférieure et de trois supérieures.
La pièce inférieure est perforée en devant, des deux côtés, pour la hanche de la seconde paire de pieds, postérieurement pour celle de la troisième paire.
Sa face inférieure fournit, en haut et en dehors, plusieurs apophyses inégalement déve-
(i) Celte portion postérieure serait plus facile à étudier dans le détail de ses pièces si on la divisait préliminairement en deux anneaux. En effet, elle est composée du mésothorax et du métathorax. ( Note des traducteurs. )
p'anatomik COMPARÉE. 1 I 3
loppées chez tous les coléoptères. Le cerf-volant offre une disposition des plus compliquées. La paire d'apophyses antérieure, relativement beaucoup plus petite, est fort éloignée de la ligne médiane; elle monte, large d'abord, delà partie interne du pourtour de la lacune destinée à la hanche antérieure , produit ensuite au dessus et en avant de cette cavité, une apophyse transverse mince qui se dirige en dehors et s'applique presque à la paroi latérale, de sorte qu'il reste un grand espace carré entre ces parties.
Un peu plus en avant, on voit se détacher de la paroi latérale un autre prolongement mince, plus court, qui , après s'être dirigé en dedans et en arrière, se termine librement.
Une seconde apophyse, beaucoup plus volumineuse, naît du milieu du bord postérieur, entre les extrémités internes des lacunes destinées aux deux dernières hanches. Elle se porte loin en haut et en avant, et envoiedu milieu de sa longueur, en hautetendehors,une forte branche de chaque côté. On voit également naître en bas,, de la ligne médiane, et en avant de cette dernière apophyse , une forte crête montante. La partie antérieure de l'apophyse et de ses deux branches latérales est creuse.
Des pièces supérieures la plus grande, parallèle à L'inférieure , est située le plus en arrière. Elle porte à sa face interne deux crêtes en forme d'X.
1 i 4 TRAITÉ GÉNÉRAI
Le petit bouclier triangulaire, situe devant cette partie , présente une forte crête longitudinale à sa face interne.
Au dessous et derrière ce petit bouclier existe une petite lame carrée, mince, descendant verticalement du bord antérieur de la pièce postérieureet supérieure ; cette lame rétrécit eu devant l'entrée de la portion postérieure du thorax. ■ Les dytiques offrent une d isposition analogue. L'apophyse postérieure, située inférieurement , est en proportion même beaucoup plus forte; elle est très-large et profondément excavée, surtout dans sa partie postérieure moyenne et dans ses deux parties latérales. Les apophyses antérieures vont jusqu'à la face latérale et se confondent sur la ligne médiane, de sorte qu'elles forment un anneau considérable avec la face inférieure.
Chez les hydrophiles , le métat borax est semblable, mais un peu plus faible. Les apophyses antérieures atteignent les parois latérales et forment également un anneau très-ouvert avec la paroi inférieure (i).
L'organisation est au contraire très-imparfaite chez d'autres coléoptères particulièrement chez
(1) Ces apophyses qu'on remarque à l'intérieur du thorax ne sont aulre chose que les entolhorax de M. Audouin, ou les pièces en forme d'Y de M. Cuvier ; il en exisie une à chaque anneau du thorax sur la ligne moyenne du sternum. [Note des traducteurs.)
n'ANATOMIF GOIVÏPA.RÈK. I f 5
ceux qui ne volent pas, comme les Maps. Toutes les pièces sont ici soudées ensemble; tout le thorax ne (orme presque qu'un arceau ; disposition qui resuite de ce que l'anneau n'est fermé à la partie supérieure que par une petite partie, correspondant presque uniquement au petit bouclier. Le reste de l'espace est rempli en haut par une membrane molle et mince, l'analogue de la lame postérieure, maisqui n'est pas endurcie. L'apophyse postérieure inférieure se partage aussitôt en deux branches longues etminces, dirigées en bas et en dehors, et s'étendant jusqu'à la lame supérieure. Les apophyses antérieures sotit larges et se n'unissent en forme de pont, mais n'offrent point débranches latérales,
La disposition des carabes et des genres voisins est très-analogue.
Les pieds présentent beaucoup de variétés en rapport avec le genre de vie de l'animal. Cependant on remarque très-généralement:
i°. Qu'ils augmentent de longueur de la première à la troisième paire;
2q. Que la cuisse et la jambe sont les portions les plus longues;
3". Que les tarses représentent la partie la plus mince, composée de trois à cinq articles, dont le de rnieres' armé de deux crochets juxtaposés.
Les coléoptères qui courent vile ont tous les pieds longs, grêles, très-alongés et arrondis; les hanches sont courtes et sphériques. Plus ils cou-
renl vite, plus le tarse est long. Cela existe chez les carabes et genres voisins, clans les blaps, etc. Parmi les coléoptères nageurs, les hanches sont également courtes et arrondies chez les dytiques; chez les hydrophiles, au contraire, elles sont larges et longues. Les autres parties du pied sont plus ou moins alongées et aplaties dans ces deux genres. Cela se voit surtout à la dernière paire de pieds chez les dytiques, et à la seconde chez les hydrophiles. Deux aiguillons mobiles, qui se trouvent très-généralement à l'extrémité inférieure de la jambe, sont ici surtout forts et longs. Les tarses de ces paires de pieds sont garnis , des deux côtés, de cirres serrés.
Chez les dytiques la hanche de la troisième paire est soudée à la face inférieure du corps.
Il est digne de remarque, que c'est précisément chez les coléoptères aquatiques que la paire de pieds antérieure , qui ne dévie pas du type ordinaire , offre souvent des différences sexuelles, puisque le tarse du mâle a un appareil propre à retenir la femelle ; appareil que l'on peut comparer au pouce des grenouilles qui se gonfle à l'époque des amours.
Chez les hydrophiles , où cette différence est moins marquée , elle consiste en un prolongement du cinquième article, transformé en une lame triangulaire, considérable, tournée en devant.
Chez les dytiques , les trois premiers articles
d'anatomie comparée. 117 sont très- larges et forment ensemble une espèce d'assiette ronde, concave à sa face inférieure, et garnie en outre de quelques ventouses considérables et d'une grande quantité d'autres plus petites.
Chez les pétalecères les pieds sont courts en proportion , les hanches très-larges , grandes , plates et susceptibles d'un mouvement unique . savoir, d'avant en arrière autour de leur axe; les cuisses et les jambes sont le plus souvent plates, surtout les premières; les tarses sont faibles.
Chez les coléoptères qui vivent sous terre, et que ce mode d'existence oblige à creuser à des profondeurs variables , la, jambe du premier appendice locomoteur surtout est large, plate, garnie à son bord antérieur et externe de dentelures plus ou moins longues. Le tarse manque à cette paire dans plusieurs genres; la pointe inférieure de la jambe est au contraire ici, et aux autres paires de pieds, très-longue, forte , solide et quelquefois simple.
Quant aux ailes, les antérieures sont consistantes, dures et cornées : on les a nommées pour cela élylres , parce qu'elles recouvrent les ailes proprement dites. Elles consistent très-généralement eu deux lames : l'une externe, cornée, épaisse; l'autre interne, membraneuse , beaucoup plus mince; toutes deux sont ordinairement intimement unies entre elles; mais quel-
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quef'ois elles sont moins serrées l'une contre l'autre, surtout en avant, disposition qui permet à l'air de pénétrer dans l'intervalle qui les sépare, comme, par exemple, chez les hydrophiles.
Chez plusieurs insectes qui ne volent pas, par exemple, le genre blaps et plusieurs espèces de carabes, surtout chez le premier, les deux élytres s'appliquent si exactement l'une contre l'autre dans la ligne médiane, qu'elles semblent soudées; celte disposition n'est toutefois qu'apparente; car on peut les séparer sans solution de continuité, même chez les blaps. Elles sont ordinairement presrjueaussi longues que l'abdomen ; chez les brachélytres ; elles sont beaucoup plus courtes. Une saillie située à l'extrémité antérieure de leur bord postérieur, et qui est d'autant plus longue que l'insecte vole plus pai lentement, sert à les unir à l'extrémité antérieure du bord latéral du bouclier. A côté de celte saillie on voit en outre quelques petites pièces cornées, articulées d'une manière mobile avec le bouclier. Celle de ces pièces qui est postérieure et interne se transforme, chez quelques-uns, par ticulièrement chez les dytiques et les hydrophiles , en une lamelle membraneuse, mince, située à l'origine fie l'élylre , qui sert peut-être à recevoir de l'air introduit ainsi entre ellemême et l élytre.
Les ailes postérieures ou ailes proprement
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dites, sont ordinairement pins longues et plus larges que les antérieures ou élytres; elles se plissent par conséquent au moins une fois en travers, et même à des degrés variables dans le sens de la longueur; elles sont formées du reste d'après le type ordinaire.
Chez quelques-uns, par exemple, les blaps, etc^, elles manquent tout-à-fait ; chez d'autres, comme la plupart des espèces de carabes , elles sont extrêmement petites, et la longueur dans ce cas l'emporte tellement encore sur la largeur et le volume, qu'elles sont presque filiformes et qu'il est très-facile de les perdre de vue.
L'abdomen est formé d'environ cinq plaques à la partie inférieure, et de six à la supérieure.
Les inférieures sont plus minces, et non-seulement beaucoup plus solides et plus dures . mais en même temps bien moins mobiles. Cette remarque s'applique surtout aux plaques antérieures, qui, dans quelques espèces, par exemple, chez les blaps, se soudent et n'en forment qu'une, quoique l'on distingue bien les limites de séparation. La plaque la plus antérieure présente, en avant et de chaque côté , un enfoncement qui contribue à la formation de la fosse coxale, destinée à loger la troisième paire de pieds.
Les plaques supérieures sont des membranes minces et molles, surtout chez les insectes aptères, et chez les blaps, dont les élytres, plus ou
moins soudées entre elles , recouvrent constamment l'abdomen.
La dernière des plaques supérieures et des inférieures est beaucoup plus mobile et beaucoup plus petite que celles qui la précèdent; aucune dimension intermédiaire ne conduit à cette disproportion extrême. C'est entre ces deux plaques que s'ouvrent en dehors les organes de la digestion et de la génération.
La tête présente quelquefois, chez les géolrupes , par exemple , au bas de sa partie postérieure , une saillie fort convexe qui correspond à un enfoncement semblable de la pièce antérieure de la poitrine ; elle est ordinairement plus faible, ou manque tout-à-fait; la tête ne représente alors qu'un anneau simple.
Chez quelques-uns, par exemple, dans les blaps,\es carabes et les méloës, on voit se diriger de la face inférieure , mais en avant seulement, deux saillies d'une hauteur peu considérable, entièrement séparées ou qui ne sont unies que par une membrane mince; elles forment une gouttière.
Chez d'autres , comme l'orycte nasicorne ( geotrupes nasicomis ) , le cerf-volant ( lucanus cervus) , le dytique bordé (dytiscus margmalus), l'organisation de la tète est plus compliquée. Non-seulement les deux saillies , racourcies dans la même proportion d'avant en arrière, se réunissent dans la ligne médiane, d'où résulte
d'anatomie COMPARÉE. 121 un canal court; mais on voit en outre, à leur partie supérieure, un deuxième anneau, plus petit, tout-à-fait fermé, qui embrasse l'origine du cordon nerveux central, situé derrière l'encéphale.
L'organisation des hydrophiles est intermédiaire aux deux précédentes. On voit monter de la face inférieure deux lames parallèles, dirigées d'avant en arrière, et donnant naissance par leur bord supérieur, vers le milieu de leur longueur, à une production cornée, très-mince, qui s'élève en forme de pont au dessus d'elles , et qui est leur seul moyen d'union.
Les larves des coléoptères se distinguent des insectes parfaits par la disposition des parties dures comme par toutes les autres. J'ai choisi, pour mes recherches, la larve du cerf-volant, parce qu'elle est grande et qu'on peut se. la procurer facilement. La peau du corps est en général molle , mais beaucoup moins à la face supérieure qu'à l'inférieure. Les seules parties qui se distinguent par une dureté considérable sont : i° quelques points à l'extrémité antérieure du corps, immédiatement derrière la tète, qui sont la plupart en rapport très-intime avec l'insertion des pieds; 2° les pieds; 3° la tête; 4° les stigmates.
On voit immédiatement derrière la tête : i°. De chaque côté du corps, au dessus de la première paire de pieds et du premier stigmate,
I22 TRAITÉ GKNLRAL
une plaque brunâtre, ayant la forme d'un carré long, qui se continue immédiatement dans le reste de la peau par toute sa circonférence.
2". Plus bas, exactement au dessus des pieds, on trouve quatre petites bandes cornées , dures, brunâtres, un peu saillantes, situées immédiatement les unes derrière les autres. La première a la forme d'un carré long et vient après la tête, avec la circonférence inférieure de laquelle elle s'articule par son extrémité antérieure. Derrière elle et au dessus de la première paire de pieds , on trouve la seconde qui est un peu plus étroite. Les deux autres, situées audessus des deuxième et troisième paires de pieds, sont encore plus petites et plus minées; elles sont en avant plus larges qu'en arrière. ; es trois plaques postérieures ont en outre une branche antéiieure, transverse, dirigée du dehors en dedans.
Tel est l'aspect extérieur de ces parties; si on les examine à l'intérieur, on trouve une disposition bien plus compliquée.
La première plaque porte, le long et au dessous de son bord supérieur, une saillie peu élevée; son bord postérieur, au contraire, se replie en dedans en formant une saillie semblable, mais beaucoup plus forte.
Les trois plaques suivantes, beaucoup plus déprimées, saillent un peu en dedans dans toute leur hauteur. La branche transverse antérieure