C. DIFFÉRENCES DE CLASSES
Les principales différences que présente le
(1) On the formation of fat in the intestins of ihe tadpole and of the use of the yelk in the formation of the emhryo in the egg. Phil. Tram. 1816, p. 5oi.
(2) Some experiments on the changes which take place in the fixed principles of the egg during incubation. Phil. Trans. 1822, p. 599.
. (5)/Wrf.
a I 4 TRAITÉ GÉNÉRAL
squelette extérieur dans les divers animaux parvenus à l'état parfait, sont les suivantes.
i. Forme extérieure.
Telle est l'extrême diversité offerte par les os du même animal, que l'on conçoit â priori que les différences présentées , sous le rapport de la forme extérieure des os, par les grandes et petites divisions introduites dans le règne animal, sont insuffisantes pour servir à établir avec certitude des caractères de classes et d'ordres fondés sur l'ensemble du squeletle. La comparaison des os du même animal fournit un caractère de classe assez général : ils sont d'autant plus semblables les uns aux autres que l'organisme entier est moins élevé dans la série. Ainsi les différentes vertèbres et les côtes se ressemblent beaucoup plus entre elles chez les poissons et les ophidiens, que chez les animaux qui leur sont supérieurs. Les os postérieurs du crâne de ces mêmes êtres ont beaucoup plus d'analogie avec les vertèbres qu'ils n'en offrent dans les vertébrés placés au dessus ; enfin les membres de plusieurs poissons, ainsi que les pièces des mâchoires des ophidiens et des batraciens, ressemblent tout-àfait à des côtes.
Ces faits sont fondés sur la loi : que les différens os sont formés d'après un type primitif, qu'ils peuvent être ramenés, soit à des vertèbres entières, soit à des parties de vertèbres , et que c'est dans sa forme la plus simple et la moins
d'anatomie COMPARÉE. 2l5 parfaite, et à une époque diversement rapprochée de sa première apparition dans la série animale, que tout os représente le mieux ce type primordial.
Les seuls cas où l'on puisse emprunter des caractères au squelette entier pour différencier des colleciions plus ou moins grandes de la série animale, sont ceux où le système osseux présente exceptionnellement des particularités très-saillantes, en rapport avec le genre de vie des animaux, et spécialement avec leur mode de locomotion. Un exemple remarquable de cette circonstance nous est fourni par les oiseaux , qui, outre les enfoncemens et ouvertures que l'on rencontre dans les os des autres animaux , y offrent une espèce particulière d'ouvertures qui établissent la communication entre la cavité des os et les organes respiratoires , et chez lesquels les voies qui laissent entrer l'air dans le corps, s'ouvrent dans les os par des conduits d'une étendue variable.
Les principaux points de vue sous lesquels on peut considérer cette disposition sont :
i° La position ;
2° La forme;
3° Le volume ;
4° Le nombre de ces ouvertures ; 5° La situation relative de l'organe respiratoire avec lequel elles communiquent;
6° La proportion des os , ainsi en rapport aveo
l'air ; tous ou quelques-uns pouvant offrir cette condition.
7° Le nombre des oiseaux qui présentent cette disposition. A ce sujet on peut poser les questions suivantes : Tous la présentent-ils? existe-til des différences à cet égard? quelles sont-elles ?
8° L'influence des phases diverses de la vie; ce qui amène à rechercher si cette influence produit des différences et quelles elles sont.
1 . Position. Les ouvertures aèriferes sont toujours cachées ; elles occupent la face intérieure des os; aux os longs elles sont presque toujours situées à l'une des extrémités, et plus particulièrement à l'extrémité la plus rapprochée du centre.
2. Forme. La forme en est constamment arrondie; les bords qui les entourent sont lisses et ronds; la direction en est souvent oblique, de sorte qu'il en résulte un conduit court qui établit la communication avec l'intérieur de l'os ; ce conduit ne s'y ouvre quelquefois pas immédiatement par tout son diamètre, mais il forme une fosse dont le fond est percé de plusieurs petits orifices.
3. Volume. L'étendue des ouvertures et celle des cellules auxquelles elles conduisent varient; il existe en général entre elles un rapport direct.
4. Nombre. Quelques os, particulièrement \es. vertèbres, les côtes et leurs appendices, le
DANATOMIE COMPARÉE. 217
sternum lui-même, sont percés communément de plusieurs ouvertures, La plupart des autres os n'en présentent qu'une seule.
5. Le plus grand nombre des os, et particulièrement du tronc et des membres, communiquent avec les poumons au moyen de canaux qui partent de ces organes; les autres, c'est-àdire ceux de la tête, s'ouvrent immédiatement dans la cavité buccale à l'aide d'un canal qui est commun. à la bouche, à la cavité du tympan et à la trompe gutturale ; chez quelques oiseaux , principalement les hibous , le rapport de ces derniers os avec l'organe respiratoire , est aussi établi par l'intermédiaire du nez.
6. Ces ouvertures n'existent pas dans tous les os. Ceux qui en sont privés généralement sont les os de l'avant-bras et de la main , de la jambe et du pied, les os zygomatiques et les sus-orbitaires , l'os hyoïde et le cercle osseux qui entoure les yeux. Parmi les os aérifères mêmes, il n'y en a pas un seul qui ne soit solide chez quelque oiseau , tandis qu'il est creux chez les autres. L'humérus et la mâchoire inférieure perdent rarement leur caractère d'os aériens; ceux qui le perdent le plus souvent sont les apophyses ptérygoïdes.
On trouve chez quelques oiseaux, entre les os parfaitement aérifères, dénués de moelle , et les os qui en sont pourvus, des os intermédiaires qui, dans d'autres espèces, sont parfai-
tément aériens. La plupart de ces os intermédiaires contiennent de la moelle, et possèdent en outre une petite cellule aérienne qui s'ouvre par un orifice étroit.
Indépendamment de ces différences qui ont lieu entre les divers os du même oiseau , il y en a d'autres qui dépendent des individus, des genres et des périodes de la vie.
Les différences individuelles se rencontrent surtout dans les os de petit volume qui sortent plus souvent que les autres du rang d'os aériens, par exemple Vos communiquant, qui tantôt n'est plein que d'un côté , tantôt l'est également de tous deux , qui parfois est tont-à-fait creux.
7. Les différences génériques sont très-considérables. Chez plusieurs oiseaux de haut vol, d'un grand volume, tels que les pélicans , les fous, les cigognes , tous les os qui ont été indiqués comme aériens communiquent avec l'organe respiratoire; il en est presque de même chez les aigles et les vautours , où il n'y a exception que pour les os communiquans.
Chez les grèbes (podicepsj, les hirondelles de mer (sterna ), les foulques [fulica ), quelques os de la tête présentent seuls une cavité qui n'en occupe même qu'une fort petite étendue.
Du reste, il y a souvent des variétés, à cet égard, dans des genres et espèces très rapprochés.
8. Les différences de développement de ces os sont très-remarquables.
d'anatomie comparée. 219 Il est constant que les os ne deviennent aérifères qu'après la naissance ; tous ces os, sans exception, contiennent d'abord de la moelle comme les autres. Ce n'est que peu à peu que cette substance disparaît ; elle commence constamment à s'effacer à partir de l'ouverture de communication. Le développement complet de la cellule aérienne n'a lieu ordinairement qu'à l'époque du développement parfait des parties génitales, les fonctions respiratoire et génératrice , ainsi que leurs organes respectifs, atteignant partout en même temps leurs derniers perfectionnemens. C'est également à l'approche de la puberté que les vices organiques du cœur et du poumon, susceptibles de troubler l'intégrité delà respiration , exercent l'influence la plus fâcheuse sur l'organisme; ces altérations peuvent même devenir un obstacle aux conditions qui caractérisent cette époque de la vie.
Le squelette considéré dans son ensemble fournit, difficilement des différences assez générales pour bien caractériser des groupes entiers d'animaux; il n'en est pas ainsi des modifications que subit un os donné dans la série des vertèbres; elles suffisent pour rendre facile la détermination de la division à laquelle l'animal dont cet os est tiré appartient. Le même os est, à la vérité , formé partout d'après un type corn-
mun; mais les changemens que ce type éprouve sous l'influence de plus d'une cause sont tels, qu'il est difficile de le reconnaître, même pour l'œil le plus exercé.
Les causes de ces modifications peuvent être ramenées surtout à deux : la première semble avoir son siège dans les os mêmes; la seconde dans d'autres parties. Un exemple de la première espèce nous est fourni dans la disposition des vertèbres, des côtes et du sternum, chez les chéloniens ; nous en croyons voir un de la seconde espèce dans les formes très-variées que présentent les os du crâne, considérés, soit en particulier, soit en général ; variétés en rapport avec la configuration et le volume de l'encéphale, avec la disposition des muscles masticateurs et qui ne sont qu'une suite des modifications qu'offrent ces parties elles-mêmes. 11 ne serait pas exact cependant de dire d une manière absolue, que la cause des différences de forme qui se remarquent dans les os réside en eux-mêmes; ces différences peuvent être déterminées partout par la condition de configuration d'un autre système; ainsi les systèmes nerveux et musculaire n'y sauraient jamais être considérés comme étrangers. On voit , en effet, chez les chéloniens , les muscles du tronc se dégrader dans le même rapport que les os de cette partie changent de forme et prennent plus de volume et d'extension. L'apparition tardive du
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système osseux dans la série animale et dans les embryons , la masse peu considérable des os comparée à celle du système musculaire, donnent de nouvelles forces à cette conjecture. Ad- : mettons donc cette dépendance , mais sans nier ique les différens vices de conformation origitnelle,, et les déviations de forme et de tissu qu'offrent les os après la naissance, permettent de croire qu'ils renferment primitivement en eux la cause de plusieurs modifications.
Les différences de forme des os sont, du reste, i tellement considérables , qu'un seul et même os^ appartenant à des animaux divers , est à peine rreconnaissable, surtout quand on le voit hors de ses rapports naturels. Ainsi les côtes des poissons sonten général très-minces,, petites, extrè- :mement alongées , et proportionnellement trèstéloignées les unes des autres. Chez leschéloniens, telles sont, au contraire, très-généralement des t. os d'un grand volume, larges, entourés de bords (dentelés que des articulations immobiles unissent entreeux, et que des sutures solides fixent au< vertèbres et au sternum. Le sternum offre des différences au moins aussi saillantes. Chez ile.s oiseaux , il est presque sans exception formé d'une seule pièce, très- long, fort convexe, large, garni au milieu de sa face antérieure d'une crête longitudinale , fort saillante en avant et en haut ; chez les autres animaux, il 'est le plus souvent aplati , étroit , composé de
plusieurs pièces impaires qui se succèdent d'avant en arrière; chez les chéloniens et animaux voisins, il est également plat, mais proportionnellement plus grand encore que chez les oiseaux , et formé de plusieurs pièces, en partie paires, en partie impaires.
Les os du crâne des mammifères, surtout de ceux qui sont au haut de l'échelle, sont fort convexes; ceux des animaux inférieurs sont planes et aplatis.
Les os des membres offrent aussi les différences de forme les plus extrêmes ; le rapport de leurs dimensions est très-variable ; souvent ils sont percés d'ouvertures considérables et destinées à des usages importans, comme , par exemple, au condyle interne de l'humérus; ces ouvertures 'manquent dans d'autres animaux; d'autres fois la forme des surfaces articulaires et des apophyses diffère considérablement dans diverses espèces.