‹ Traité général d'anatomie comparée [electronic resource]Chapitre 35 sur 124 · Nombre · texte numérisé non relu

Nombre

Après l'étude des différences de la configuration et du volume des os vient naturellement celle de leur nombre.

En général les vertébrés inférieurs possèdent le plus grand nombre d'os séparés. La preuve en est facile à donner; il suffit de comparer, en effet, le nombre des os de la tête d'un poisson ou d'un reptile avec celui des os d'un mammifère. On obtient le même résultat en rapprochant les os du tronc de ces animaux, les os des membres

des poissons et des sauriens. Cette particularité dépend de deux causes.

D'un côté on voit, à l'état de séparation, chez les animaux inférieure, des pièces osseuses , qui, chez les animaux supérieurs, se soudent entre elles ; d'un autre côté , il y a plusieurs os, chez les premiers, qui se répètent réellement un plus grand nombre de fois que chez les derniers. L'exemple de la première de ces circonstances nous est surtout fourni par les os du crâne et de la face, celui de la seconde par ceux du tronc et des membres. Ajoutons qu'il est possible cependant . et même très-vraisemblable , qu'il n'y ait à ces deux états qu'un principe commun, et qu'ils rentrent l'un et l'autre dans le premier. L'excès de nombre des vertèbres des ophidiens et des poissons peut dépendre de l'ampliation des disques osseux antérieur et postérieur du corps de ces os ; la présence chez beaucoup de poissons de plusieurs rangées d'apophyses épineuses supérieures et inférieures, peut provenir du développement en os propres que subissent les points d'ossification qui existent au sommet des apophyses épineuses de plusieurs mammifères. La rangée de côtes supérieures de beaucoup de poissons peut résulter également de l'ampliation et de l'état de séparation du point d'ossification particulier que l'on rencontre souvent au sommet des apophyses transverses des vertèbres. Quelques-uns, si ce

PANATOMIE COMPAREE. 22b

n'est pas tous , se présentent disposés successivement de la base au sommet ; les nageoires des poissons , surtout des ehondroptérygiens , sont sans doute les apophyses des vertèbres grossies et non soudées au corps. Le nombre considérable des rayons des nageoires euxmêmes, qui présentent la même disposition, s'explique peut-être de la même manière, quand on se rappelle que l'os métacarpien et le métatarsien des ruminans se compose primitivement de deux moitiés latérales entièrement séparées, qui ne se confondent en une seule pièce que par la disparition insensible, mais totale, de leur paroi interne.

Quelque explication que l'on donne de son origine, cette augmentation du nombre des os est très-fréquemment accompagnée d'un développement imparfait de tout le squelette (t). Il

(1) C'est cet état particulier de séparation ou de fusion des pièces osseuses, observé comparativement dans le squelette des espèces inférieures et dans celui des animaux élevés , à des âges divers et dans des étals variés d'anomalies , qui a permis à M. Geoffroy-Saint-Hilaire d'établir qu'un certain nombre d'élémens organiques concourait à la formation des parties analogues , que ces élémens organiques étaient dans une dépendance réciproque telle qu'ils restaient fondamentalement et invariablement joints à certains d'entre eux , même dans l'état le plus rudiment taire , quoiqu'ils fussent susceptibles de quelques relations accidentelles avec certains autres , dans les conditions d'un développemen l différent ; c'est cette analyse naturelle despiccesconstitutivesque M. Ccoffroy-Saint-Hilaireadécou •

2 26 TR A FTÉ GKNKUAL

semble qu'un accroissement sur un point n'a jamais lieu qu'aux dépens d'un développement supprimé ou diminué à des degrés variables sur un autre.

Ainsi , chez les ophidiens , les sauriens et les poissons, le nombre variablement augmenté des vertèbres et de leurs os accessoires, qui sont multiples chez les derniers , coïncide avec l'absence ou la brièveté des membres en général ; et dans les sauriens et les poissons, le développement plus considérable de la partie qui correspond à

verte et dont il s'en fait l'historien, en imposant des désignalions fixes et particulières à ces matériaux qu'il a poursuivis de modifications en modifications et d'une manière graduelle, après les avoir primitivement étudiés au maximum de leur développement. Ces observations lui ont donné la clef de différences insolubles sans les principes dont elle lui ont fait reconnaître l'existence ; tel est le principe des affinités de ces e'ie'mens entre eux, tel est celui de Y invariabilité des connexions. Il doit à ces recherches également d'avoir approfondi la loi suivant laquelle s'effectuent ces oppositions de développement dont parle ici M. Meckel, et que M. Geoffroy a rendues par l'expression de balancement des organes. A l'aide de la connaissance des matériaux constitutifs, des lois qui régissent leur rapport de développement de connexion ou leurs afiinités, toutes les différences deviennent les modifications d'une même constitution primitive , et les analogies sont irrésistiblement établies. Les faits particuliers qui servent de base à ces considérations fourniront l'occasion , dans le cours de cet ouvrage , d'exposer les preuves alléguées par RI. Geoffroy-Saint-Hilaire en faveur de son système. L'analyse des pièces vertébrales , sternales , byoïdales et scapulaires sera donnée d'après RI. Geoffroy quand il s'agira du rachis, de la tête , etc. ( Note des traducteurs. )

d'anatomie comparée. 227 la main et au pied , est dans un rapport direct . avec l'absence ou la petitesse des fractions supérieures des membres; application de cette loi générale qui régit les phénomènes vitaux, et d'après laquelle l'accroissement de l'action vitale sur un point dépend d'une diminution sur un autre, ou la détermine.

Page 1