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Poissons osseux (i

Les vertèbres des poissons osseux ont en général la même forme que celles des cartilagineux

(i) Ce sont les poissons osseux qui offrent les élémens vertébraux séparés de la manière la plus distincte. C'est chez ces êtres que ceux de ces matériaux qui se correpondent s'observent plus semblables entre eux et qu'il est plus facile de suivre les ebangemens graduels , survenus dans leurs rapports de développement et d'arrangement relatifs , qui donnent lieu à toutes les modifications de conformation dont les vertèbres présentent les exemples. M. Geoffroy- Saint - Hilaire , en étudiant les poissons osseux, y a trouvé un terme de comparaison qui lui a permis de concevoir et d'expliquer comment avait été modifié le type unique de l'organisation animale. Placés entre les insectes et les hauts vertébrés , ils lui ont fourni le lien de transition qui unit ces grandes coupes du rogne animal; ce sont les découvertes qu'il a faites en observant les poissons osseux qui ont fait connaître à ce profond anatomiste quelle était la

d'anatomie COMPARÉE. 283 supérieurs, mais leurs apophyses sont plus parlaites. Les vertèbres antérieures sont généralecondition essentielle du passage qui ramène à uue communauté de type des organisations si diverses. Il a isolé nettement chez ces animaux : i° une pièce centrale, un noyau vertébral, qu'il a désigné sous le nom de cycleal , c'est le corps de la vertèbre. Ce noyau tabulaire est membraneux dans les premiers temps de la formation , il se remplit ensuite de couches concentriques dans l'âge plus avancé des poissons, reste plus ou moins largement perforé, après avoir subi par le retrait des fluides qu'il contenait une sorte d'étranglement moyen, qui donne lieu à la disposition de deux cônes adossés par le sommet. Chez les insectes et dans la salamandre même , la cavité intérieure dn cycléal ne se remplit pas j dans les premiers, elle contient tous les organes importans à la vie , le tissu épidermique s'y applique immédiatement à la surface extérieure , comme il s'applique dans les tortues sur celle de la carapace. M. Geoffroy- Saint-Hilaire signaleaussi : 2° deux pièces destinées à coiffer le canal médullaire , et il donne à chacune d'elles le nom de pÉrialj ces osselets, dont l'affinité nécessaire est le cycléal et la connexion indispensable le canal médullaire , éprouvent des modifications en rapport avec les conditions de la portion du sy tème nerveux à laquelle ils servent d'étui • plus écartés , plus alongés , lorsque l'organe contenu est plus développé , et réciproquement plus restreints dans leurs dimensions, plus accollés , même confondus, lorsque la partie qu'ils protègent est très-peu volumineuse. Aux pe'riaux s'ajoutent: 5° de chaque côté une pièce qui, si les parties nerveuses deviennent tellement volumineuse que les périaux ne suffisent plus à les contenir , peut être employée avec ces osselels à former la capacité qui les doit renfermer ; cette pièce est I'épial.

Les deux épiaux, dans le cas où les pe'riaux sont plus qu<:

2§4 TRAITÉ ÔÉNKKAL

ment un peu plus courtes que les autres, et deviennent plus étroites d'avant en arrière. La dernière parvient surtout, dans le plus grand nombre des cas et d'une manière brusque, à une dimension considérable de haut en bas, en s'amincissant dans la même proportion, et en prenant la forme d'un triangle dont le sommet est tourné en avant, vers l'avant-dernière vertèbre, et la base en arrière. Le bord postérieur de cette vertèbre supporte la nageoire caudale. Elle est simple chez quelques poissons, par exemple chez la baudroye commune (lophius piscalorius ) ; chez d'autres elle est partagée en

suffisons, deviennent des pièces additionnelles qui s'y ajoutent et qui sont susceptibles de degrés divers de développement. En se plaçant bout à bout , les épiaux fournissent des rayons natatoires. Opposés aux périaux, et comme ceux-ci liés par une affinité nécessaire avec le cycléal, mais dans le sens opposé , on rencontre : /(° les deux pièces désignées sous le nom de paraaux • celles-ci sont dans les mêmes nécessités de connexion avec le système circulatoire, ce mot étant pris dans le sens le plus étendu , que le sont les périaux avec le système nerveux. Elles subissent les mêmes accidens de développement et de rapport , l'une relativement à l'autre , que les périaux entre eux , accidens qui coïncident également avec les dispositions corrélatives de l'appareil circulatoire. A ces pièces se joignent : 5° les cataaux, pièces correspondantes aux épiaux ; ces osselets sont pour les périaux, ce que sont les épiaux, relativement aux périaux. (Voyez les Considérations générales sur les vertèbres, par M. Geoffroy- Saint-Hilaire ; deuxième collection des Annales du Muséum, tome 9 ) . ( Note des traducteurs. )

DAN ATOAI1E COMPARÉE. • 285

deux pièces, par exemple, chez les saltith (silurus glaais) , en quatre chez les batistes, et en un bien plus grand nombre chez les moles {tetroclon mola), où l'on trouve jusqu'à neuf pièces superposées. La pièce interne représente le corps, les pièces supérieure et inférieure correspondent aux apophyses épineuses supérieures et inférieures. Cette vertèbre porte constamment sur son bord postérieur, qui est convexe, une quantité considérable de rayons, longs ou courts, qui se succèdent de haut en bas et forment la nageoire caudale, mais dont les antérieurs, ceux de la partie supérieure aussi bien que de l'inférieure, correspondent généralement aux apophyses épineuses de vertèbres coccygiennes qui précèdent.

Il y a cependant quelques exceptions à celte disposition, de la dernière vertèbre caudale, surtout chez les poissons très-alongés. Ainsi, particulièrement chez le saluth, cette vertèbre n'est guère plus haute que la précédente. Chez le ruban ( cepola tœnia) elle a bien la forme indiquée, mais elle n'y est pas plus haute que les autres ou du moins , elle ne les dépasse que de fort peu.

Chez les murènes et les murénophis les vertèbres deviennent, sans interruption, de plus en plus courtes, moins élevées, pins étroites et plus imparfaites, sans que la dernière change de forme, comme cela a encore lieu chez le ruban.

?S6 TRAITÉ GKNÉRAL

Chez les fistuktifes on trouve une disposition remarquable : les vertèbres y deviennent de plus en plus petites , et se prolongent au-delà de la nageoire caudale en un filament long et très-mince, mais qui ne semble présenter la séparation propre aux vertèbres imparfaites qu'à son commencement.

Les corps des vertèbres des poissons osseux portent très-généralement : i° une paire d'apophyses articulaires ou obliques antérieures , 2° une paire de semblables apophyses postérieures ; 3° une apophyse épineuse supérieure ; 4° des apophyses épineuses inférieures , et 5° des apophyses transverses. Ces deux dernières sortes d'apophyses se rencontrent moins généralement que les premières.

Leurs vertèbres sont unies entre elles par les corps, qui sont cartilagineux comme ils le sont dans les poissons chondroptérygiens, et en outre par les apophyses obliques. Les apophyses épineuses , plus rarement les apophyses transverses, se soudentégalement quelquefois d'une manière plus ou moi/is parfaite. La première vertèbre s'articule comme dans les poissons cartilagineux : i° par son corps au moyen d'une amphiarthrose opérée par de la substance fibro-cartilagineuse, absolument à la manière des autres vertèbres, avec une apophyse impaire également fort con-

i/anatomie comparée. 287 cave ; 20 plus haut et en avant très-ordinairement par de fortes apophyses articulaires inférieures avec la partie de l'occipital qui représente l'arc de cette vertèbre (cette disposition est si générale que je la regarde comme une règle constante); 3° la portion squameuse ou occipitale proprement dite de l'occipital, s'applique, en outre, très-fréquemment par son bord postérieur contre le bord antérieur de l'apophyse épineuse inférieure de la première vertèbre. Par ces différentes connexions la réunion de la tête avec la première vertèbre cervicale devient encore plus solide qu'on ne le dit communément. La disposition qui vient d'être décrite rapproche de très-près l'articulation occipito-atloïdienne de celle que nous avons rapportée plus haut chez les squales (1).

Les vertèbres peuvent être partagées de la manière la plus générale, en vertèbres abdominales et en vertèbres coccygiennes : les premières viennent immédiatement après la tête, et portent les apophyses transverses et les côtes, lorsque ces os existent; mais elles ne soutiennent pas d'apophyses épineuses inférieures. Les vertèbres coccygiennes au contraire sont ordinairement dépourvues d'apophyses transverses et de côtes, mais elles servent de base à des apophyses épineuses inférieures.

Le nombre en est très-considérable chez les

(1) Voyez plus haut, p. 27g.

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poissons en général , quoique chez certains d'entre eux, tels que les télrodons et les balistes, il y en ait fort peu.

Le corps des vertèbres des poissons osseux offre en général un rapport de conformation avec celui des poissons cartilagineux parfaits; comme chez les premiers il est composé de deux cônes creux tournés l'un vers l'autre, et qui se rencontrent au milieu par leurs sommets, où souvent ils ne sont séparés que par une membrane mince, qui quelquefois est même perforée (1). Le plus ordinairement ils ne sont pas

(i) Cette phrase semble ne porter que sur une circonstance peu importante. L'auteur de la découverte de la perforation du centre de toute vertèbre dans les poissons , M. Geoffroy-Saint-Hilaire est d'un avis bien différent dans ses Mémoires sur les insectes apiropodes (Journal compl. , vol. VI , p. 149.) Cet anatomiste y parle pour la première fois du trou existant au fond des corps vertébraux , trou qui s 'obstrue dans les poissons qui prennent de l'âge , ce qui n'arrive pas cbez tous. C'est le fait qui caractérise au plus haut degré l'organisation vertébrale des animaux supérieurs, et qui n'existe en minimum chez les poissons que comme rappelant cet état de chose. Cependant une nouvelle organisation s'ensuit chez ces derniers, on y observe l'arrangement de disques distincts et entrecoupés , comme dans une pile galvanique par une substance qui n'est pas fibreuse, et d'une demi-consistance dans l'intérieur des cônes , de telle sorte que cet axe général traverse les corps vertébraux , et établit des rapports entre les parties de chaque anneau.

( Note des traducteurs. }

iVanatomje comparée. 28g très-longs d'avant en arrière; mais il y a des exceptions à cette règle, par exemple, aux vertèbres postérieures du ruban et de l'ombrine barbue (gymnetrus cepedianus) , ainsi qu'à celles des syngnathes , où ils ont une forme très-alongée. Il n'existe toutefois nulle concordance nécessaire entre la forme des corps des vertèbres et celle de tout le corps de l'animal, comme on pourrait le croire d'après ces exemples ; car chez les anguilles {murœna) , et chez les murènes proprement dites {murœnophis) , poissons trèsalongés, les corps des vertèbres sont très-courts et d'une hauteur proportionnellement assez considérable.

Une saillie longitudinale, transversale , tantôt plus faible, tantôt plus marquée, située au dessus de l'apophyse transverse dont elle diffère entièrement, partage le plus souvent, d'une manière plus ou moins distincte, les corps des vertèbres des poissons en une moitié supérieure et en une inférieure très-concave ; disposition surtout très-prononcée chez plusieurs silures, ensuite chez les anarrhiques (anarrhichas) et les sargues (sargus).

Chez quelques silures (le harmouth-hale), cette organisation est surtout remarquable, parce que, sur la plupart des vertèbres postérieures, les concavités des deux côtés se confondent plus ou moins parfaitement dans la ligne médiane, en s'ouvrant l'une dans l'autre, a travers la

vertèbre, et que eette ouverture partage plus ou moins complètement le corps en trois pièces superposées. Cette disposition est remarquable surtout en ce qu elle semble indiquer déjà, dans les autres vertèbres, la forme en éventail percé à jour , qui est particulière à la dernière.

Chez le vomer Brownii , il existe, depuis la huitième jusqu'à la seizième vertèbre, une semblable ouverture dans la moitié inférieure du corps et à la racine de l'apophyse épineuse inférieure.

Les apophyses obliques ou articulaires , se trouvent, de chaque côté de la face supérieure du corps et de la racine de l'apophyse épineuse supérieure ou de l'arc, exactement à l'extrémité antérieure et postérieure du corps; ce sont ordinairement les plus petites des apophyses, elles ont une forme triangulaire et une direction portée en haut et un peu en dehors.

Les antérieures sont plus longues, elles sont situées plus en dedans et sont par conséquent recouvertes en dehors par les apophyses articulaires, postérieures, de la vertèbre qui est placée immédiatement au devant ; ou si cela n'a pas lieu à cause de la brièveté des apophyses articulaires postérieures, ces dernières ne recouvrent pas les antérieures , mais elles leur sontdirectement contiguës.

d'anatomik comparée. 291 Les antérieures semblent exister presque constamment; chez les syngnathes , elles manquent cependant ainsi que les postérieures, ou sont du moins peu prononcées. Les postérieures manquent chez le congr ' , tandis que les antérieures y sont très-developpées.

Les apophyses transverses des vertèbres des poissons sont, sous tous les rapports , sujettes à un très-grand nombre de variétés.

Sous le rapport de leur présence, ce sont, sans contredit, les parties des vertèbres qui manquent le plus souvent ; elles manquent surtout chez les tétrodons , en particulier chez les tétrodon mola , hispidus , fahaca , testudinarius, les diodons , les coffres ( ostracion") , la baudroye commune {lophius piscatorius), les chironectes , le batrachoïde de Surinam {hatrachus surinamensis} , )e poisson lune (zeus luna ) , les callionymes , les serrasalmes , le cottus insidiator.

Les vertèbres de ces poissons offrent évidemment la forme la plus imparfaite ; elles ont, à la vérité, très-généralement des apophyses obliques plus ou moins distinctes , et des apophyses épii rieuses supérieures et inférieures ( ces dernières n'existent cependant qu'aux vertèbres postérieures); mais on n'y aperçoit, pour trace d'apophyses transverses , que des crêtes transver-

TRAITÉ GiiWÉRAL

sales, larges, qui sont surtout distinctes aux vertèbres postérieures.

Cette organisation n'est pas proportionnellement fréquente ; on ne la rencontre pas du moins ordinairement , car un nombre très-supérieur des poissons osseux possèdent des apophyses transverses qui naissent généralement des faces latérales des corps des vertèbres.

Elles manquent ordinairement aux vertèbres les plus antérieures , sont courtes aux premières où elles se manifestent, augmentent de volume peu à peu et diminuent ensuite de nouveau aux vertèbres postérieures ; elles ne sont, en outre, presque jamais droites , mais elles sont plus ou moins dirigées de haut en bas et de dedans en dehors.

Le volume , la forme , la direction, le nombre même de ces apophyses varient extraordinairement.

Le summum du développement de ces apophyses se voit chez les silures , particulièrement dans quelques espèces : je citerai le s. gourgar carasch, où je lés trouve longues de près d'un pouce chez un individu qui n'a pas un pied de long. Il en est de même chez les gades, surtout l'égrefin (g. œgrefinus), et le merlus ordinaire (merlucius). Chez fégrefin, elles sont surtout très-longues , chez le merlus ordinaire , elles présentent aussi une largeur très-grande, une convexité très-prononcée en haut, une disposition concave en bas et une extrême minceur,-

d'anatomik comparée. 2q3 ce qui leur donne une forme conoïde; elles sont peut-être le plus considérables chez Vanableps tetrophtlialmus.

La forme en est très variable.

La plupart sont triangulaires , alongées , apointies de dedans en dehors, renflées à leur bord postérieur, plus minces dans leur partie antérieure. Il en résulte que leur face supérieure forme une gouttière : quelquefois elles sont droites, d'autres fois convexes supérieurement, concaves inférieurement, quelquefois comprimées d'avant en arrière, tantôt de haut en bas. La dernière disposition est la plus ordinaire.

La direction de ces apophyses présente aussi des différences : chez la plupart des silures , ainsi que chez les anableps, elles sont, par exception à la règle, entièrement ou presque entièrement droites; chez d'autrespoissons, surtout les blennies, les anarrhiques , les labres, les gobies, les scares, les spares , elles sont au contraire très-fortement tournées en bas. Cette disposition est digne de remarque, parce que, comme le démontre l'étude des apophyses épineuses inférieures, celles-ci résultent de la réunion et du prolongement des apophyses transverses.

L'organisation d'une nouvelle espèce trèsvoisine àuscarus croie ensis(i ) est surtout remarquable sous ce rapport. Les apophyses transver-

(1) JilocKs Fischc, Taf. ail.

ses de la cinquième vertèbre s'y réunissent, non loin de leur origine, dans la ligne médiane, d'où résulte une ouverture située sous le corps de la vertèbre; cette capacité est fermée intérieurement par une bande osseuse, large, s'étendant transversalement d'un côté à l'autre. Après s'être réunies pour former cette ouverture, les apophyses transverses s'écartent de nouveau et se dirigent en bas. L'ouverture et le pont augmentent considérablement de dimension d'avant en arrière , de sorte qu'à la dixième vertèbre, qui est en même temps la première vertèbre coccygienne, il existe au dessous de la capacité supérieure ordinaire une autre ouverture placée plus bas, et sous les apophyses transverses, une apophyse épineuse inférieure , longue, formant le bord antérieur de la queue.

La même organisation s'observe aux dernières vertèbres dorsales de la daurade ordinaire (sparus aurata ) et du sparus virginicus : chez le calastomus teres , le silui us niger , le s. f 'elis, le machoïran ( s. mjstus) et le s. clarias, cette disposition existe aux deux dernières vertèbres dorsales ; chez les plagusies {plagusia) , c'est aux cinq ; le saluth (silurus anguillaris) la présente aux six, et chez le silurus bagre, elle se reproduit même aux sept dernières de ces vertèbres; elle est indiquée sur quelques-unes des vertèbres qui précèdent, par une petite saillie interne située de chaque côté.

d'anatomie compaiuîi:. 2q5 La disposition la plus remarquable est celle qui existe chez les asprèdes (silurus aspredo). Toutes les vertèbres, à l'exception des dernières coccygiennes, portent des apophyses transverses ordinaires, pas très-longues , mais tout-à-fait droites. L'on trouve , en outre , sur toutes les vertèbres qui succèdent aux vertèbres réunies, à compter de la première, un canal complet cheminant au dessous du corps des vertèbres, et se continuant avec le demi-canal des vertèbres les plus antérieures , soudées entre elles : canal dont la paroi inférieure est large en proportion et porte la côte sur ses deux bords. Les apophyses transverses sont donc ici partagées en une partie transversale et une descendanle, unies des deux côtés dans la ligne médiane.

Dans quelques poissons , par exemple , dans le vomer Brownii, et vraisemblablement dans plusieurs espèces très-plates , les apophyses transverses des dernières vertèbres dorsales, constituent, en se soudant, une semblable apophyse moyenne , supportant la côte à son extrémité inférieure, et munie d'une ouverture transversale qui passe en devant dans l'ouverture longitudinale qui vient d'être décrite.

Toutes les apophyses transverses ne présentent pas celte conformation ; on ne la retrouve pas dans les dorées (zeus ) et les pleuronectes ; elle n'existe pas non plus dans les chétodons . Tous ces poissons ont les apophyses transver-

ses des vertèbres dorsales entièrement séparées.

Les apophyses transverses des poissons, sont ordinairement simples , quelquefois bifurquées; cette bifurcation peut avoir lieu de deux manières, soit d'avant en arrière, soit de haut en bas. On les trouve bifurquées d'avant en arrière chez le serpent de mer ( murœna serpens). Les qualre-vingt-une premières sont solides , larges, aplaties d'avant en arrière , triangulaires, et naissent presque de toute la longueur du corps des vertèbres. A compter de la quatre-vingt-unième, elles se divisent en une moitié postérieure, plus large, et en une antérieure, plus étroite, qui ont leurs extrémités libres inclinées l'une vers l'autre, et dont enfin les antérieures disparaissent , mais seulement aux dernières vertèbres coccygiennes , tandis que les postérieures restent jusqu'à la fin. Les vertèbres sont en outre munies , à compter de la quatre-vingt-unième , d'apophyses épineuses, inférieures, larges, mais courtes.

Chez les congres ( murœna conger) et la murène commune ( murcenophis helena ) , les apophyses transverses se partagent en une pointe supérieure et en une inférieure. De la seconde jusqu'à la cinquième vertèbre des congres , il y a une apophyse inférieure , large , occupant toute la longueur de la vertèbre et une apophyse étroite et pointue , mais longue. Les apophyses transverses des quarante vertèbres

d'anatomik comparée. 297 qui suivent sont simples; sur la plupart des autres , à l'exception des quarante dernières , l'apophyse transverse est bifurquée en une pointe supérieure et en une inférieure. Cette dernière est bien plus grande que l'autre ; à compter de la dixième de ces vertèbres, elle se réfléchit en dedans pour la formation de l'apophyse épineuse inférieure, et se soude à celle du côté opposé. Cette pointe inférieure persiste sur toutes les vertèbres coccygiennes, tandis que la supérieure disparaît aux dernières vertèbres.

11 existe une semblable organisation chez la murène commune. A l'exception des quatorze premières vertèbres, chaque apophyse transverse porte au-dessus de sa pointe externe , un petit condyle supérieur , qui en est séparé par une incisure. Ce petit condyle s'alonge peu à peu considérablement , de sorte qu'il en résulte une apophyse transverse supérieure et une inférieure. En outre les apophyses transverses inférieures se tournent en bas et se confondent au milieu, à compter de la soixante-douzième, pour former des apophyses épineuses inférieures. Les apophyses transverses supérieures ne disparaissent complètement que sur les vingt dernières vertèbres.

Chez le serpent de mer, on voit des apophyses épineuses inférieures se détacher de l'endroit où les apophyses transverses commencent à se partager dans la direction longitudinale; cet animal

a par conséquent en même temps l'organisation des murènes, etc.

Les apophyses transverses cessent communément à la queue; elles y sont remplacées par les apophyses épineuses inférieures. Il n'y a qu'un petit nombre de poissons qui fassent exception à cette règle. De ce nombre sont surtout plusieurs pleuronectes , par exemple, le turbot (pl. maximus) et la plie franche (pl. platessa), surtout les pl. rhombus et rhomboïdes, auxquels il faut ajouter l'acanthure (theutis hepatus), l'hirondelle de mer (trigla volitans), le congre , la murène commune. Ces apophyses qui chez les pleuronectes se trouvent à Textrémité antérieure du corps des vertèbres et diminuent considérablement de volume d'avant en arrière , constituent plus ou moins distinctement les parties supérieures des apophyses transverses antérieures ; les parties inférieures de celles-ci s'agrandissent et se dirigent en bas pour former les apophyses épineuses inférieures. Chez la barbue (pl. rhombus), cette séparation se voit déjà à la dernière vertèbre abdominale et à la première coccygienne, dans lesquelles les parties supérieure et inférieure ne sont unies entre elles que par une lame osseuse, mince. A compter de la première vertèbre coccygienne la partie supérieure se porte davantage en haut et en arrière , affectant souvent une direction transversale , tandis que l'inférieure, se sou-

n'AW ATOMIE COMPAREE. 299

dant à celle du côté opposé , descend directement en bas et se place dans la ligne médiane.

Chez les acanthures (theutis) le rebord latéral ordinaire devient une crête large.

Chez l'hirondelle de mer il se détache, supérieurement et latéralement , de toutes les vertèbres ( dont il faut excepter la seconde cervicale et les trois dernières coccygiennes ), des apophyses supérieures , longues , triangulaires. Ces apophyses sont toutes très-aiguè's et dirigées en haut et en avant ; la première fait seule exception. On voit en outre, à compter de la sixième vertèbre coccygienne , de semblables apophyses inférieures naîtr.e du bord inférieur de la face latérale et se diriger en bas.

Les premières semblent correspondre aux côtes supérieures, les dernières aux inférieures qu'elles remplacent en effet.

J'ai déjà décrit leur disposition chez les anguilles et les murènes proprement dites.

Les apophyses épineuses , supérieures et inférieures, sont en général beaucoup plus longues chez les poissons osseux que chez les cartilagineux. Elles sont surtout fort développées, en particulier les inférieures, aux vertèbres postérieures du tetvodon mola ,du vomer Brownii, des chélodons , des pleuronecles , des spares;

chez ces poissons , elles sont en grande partie cause de la hauteur du corps , et leur nombre comme celui des vertèbres est en général, remplacé par la longueur. Cependant la hauteur du corps de la plupart de ces poissons ne dépend pas uniquement de ces apophyses , mais elle résulte en outre plus ou moins de l'existence de rayons accessoires supérieurs et inférieurs ; leur longueur est toutefois ordinairement en rapport direct avec la hauteur du corps des poissons; il en résulte qu'elles sont très-considérables chez les poissons élevés, et beaucoup plus petites chez ceux dont le corps est déprimé. Ces apophyses sont au contraire trèscourtes chez les anguilles et. les murénophis. Elles manquent tout-à-fait aux quatre vertbères antérieures des moles {tetrodon mola). Chez le congre, les treize premières de la face supérieure ont, à l'exception des deux premières, la même largeur dans toute leur étendue, de manière qu'elles se touchent dans toute leur hauteur et forment, en se réunissant, une espèce de toît long , non interrompu ; organisation indiquée chez les gades, les uranoscopes , les batistes et plus encore chez les silures.

Les apophyses épineuses, supérieures, forment très-généralement un triangle reposant sur la face supérieure des corps des vertèbres par deux côtés qui ne tardent pas à se réunir dans la ligne médiane. Ce triangle est dirigé de bas en

d'ana/tomii: comparée. 3oi haut et d'avant en arrière, et sa partie supérieure, qui est la plus grande, est simple.

La plupart des apophyses épineuses supérieures sont arrondies et alongées. Cela existe dans les genres saumon , serrasalme , brochet ( csox ) , exocet ( exocœtus ) , hareng ( clupea ) ., chez la plupart des silures, des carpes (cyprinus), des anableps , des loches (cobitis), et chez le plus grand nombre des gades , des pleuronectes, des labres, des blennies , des anarrhiques , des rubans (ce polo) , des rascasses (scorpœna), des surmulets (mullus) , des uranoscopes, des sphyrenes3 des spares , des soldado (ho lo centras), des pagres, des sciènes (sciœna), des perches, des trigles , des batrachoïdes (batrachus) , des dorées (zeus), des cheilodipteres , des coryphènes, des scombres. Chez plusieurs poissons, toutes ou quelques-unes de ces apophyses sont plus ou moins larges d'avant en arrière, soit dans toute leur longueur, soit dans leur partie inférieure; lorsque quelques-unes seulement offrent cette forme, ce sont le plus souvent les antérieures. Parmi les poissons cités il y a dans les brochets , les silures, les gades , les cyprins, les uranoscopes , un nombre variable de ces apophyses antérieures qui ont une largeur plus ou moins considérable. Chez le polypterus bichir toutes sont assez larges dans toute leur hauteur; chez les tètrodons , les diodons et les b a listes , elles ont toutes une largeur considé-

rable dans cette direction. La même chose a lieu chez les acanthnres (theutis), les scares, les chètodons. Elles ont ici plus souvent à leur bord antérieur un renflement de volume variable, de sorte qu'elles sont en même temps, en cet endroit, assez larges d'un côté à l'autre. Dans les acanlhures , les scares, les chœtodon avcuatus et bicornis , les batistes, les lélrodons , surtout le tetvodon hispidus et les coffres , plusieurs de ces apophyses antérieures se confondent, surtout à leur extrémité inférieure, et constituent par là une cloison osseuse , continue entre la moitié droite et la moitié gauche du corps.

Les apophyses épineuses, supérieures, forment ordinairement, par une disposition semblable, des rayons simples , situés dans la ligne médiane et résultant de la réunion de deux moitiés latérales. Cependant quelques silures font exception à cette règle. Ainsi chez le siiurus niger la pointe des sept premiers rayons est bifurquée en deux moitiés latérales; elle l'est égalemenl chez le harmoutli-kale , depuis le second jusqu'au septième rayon. La même disposition est offerte par les seconde , troisième , quatrième et cinquième des vertèbres qui succèdent aux grosses vertèbres antérieures, soudées entre elles, chez le doras carinatus, le silure bagre. Dans ces dernières , cette organisation est due ou au moins se rattache à l'existence des

d'anatomik comparée. 5o3 petites épines accessoires qui se placent entre les deux moitiés latérales.

Chez le salmo sauras cette bifurcation existe depuis la seizième jusqu'à la vingt- cinquième vertèbre. Aux vertèbres moyennes les pointes sont tout-à-fait partagées en deux moitiés; aux vertèbres antérieures et postérieures , elles se confondent d'abord pour s'écarter ensuite au bout supérieur.

Chez l'espadon ( xiphias gladius ) la bifurcation a lieu de la première vertèbre à la troisième.

Cet écartement des épines supérieures est encore plus prononcé chez le tetrodon fahaca. Aux six premières vertèbres dorsales, c'est-àdire à presque toutes, ces épines larges, triangulaires, à pointe mousse, s'élèvent de la base de l'arc , séparées entièrement dans toute leur hauteur, de toute la largeur de la vertèbre. Elles sont parallèles aux vertèbres antérieures, convergentes vers les postérieures jusqu'à ce qu'elles se confondent dans la septième.

Dans plusieurs espèces de diodons la déviation de la règle est encore plus grande. Les larges épines des dix premières vertèbres dorsales s'écartent fortement l'une de l'autre, à partir du côté de la base de l'arc, se dirigent en arrière et forment par là une gouttière ouverte en haut. Cette gouttière est formée, aux deux premières vertèbres, par l'arc osseux , qui est

3o4 TRAITÉ GÉNÉRAL

mince , aux autres seulement par une membrane ou un cartilage, qui recouvre supérieurement le canal où est logé le cordon rachidien. Ce sont là réellement les épines; il existe en effet indépendamment d'elles des apophyses transverses , distinctes , aux quatre dernières de ces vertèbres. Cette organisation est évidemment très- digne de remarque, parce qu'elle offre la plus grande analogie avec la fissure irrégulière des vertèbres connue sous le nom de spina bifida.

Chez le tetrodon fahaca le canal destiné à contenir la moelle-épinière est partout fermé par une forte lame osseuse; par conséquent la disposition s'éloigne moins de la règle. La déviation est encore moins considérable chez le tetrodon hispidus; la disposition est bien essentiellement la même, mais la fente ne s'étend que jusqu'à la quatrième vertèbre , et les moitiés des épines sont plus rapprochées l'une de l'autre.

Chez le tetrodon testudinarins, les larges apophyses épineuses des trois premières vertèbres montent verticalement, de sorte que chez un sujet de huit pouces de long , il y a près de six lignes de distance entre ces deux prolongemens. La partie antérieure de la quatrième apophyse offre de légères traces de cette disposition.

Cette organisation n'existe pas chez les coffres (ostracion) , du moins chez Vostracion triqueicr et cubicus; mais les arcs portent, chez ces pois-

d'anatomie comparée. 3o5 sons, des épines supérieures, aiguës, peu élevées, en forme de crèle. Les apophyses épineuses des syngnathes sont bifurquées d'une autre manière. C'est dans le sens d'avant en arrière que la fissure est dirigée. Leurs moitiés sont formées de cinq à six petites racines trèsminces , montant presque verticalement et se réunissant presque toujours en une lame longue, moyenne, simple, mais peu élevée.

Cette lame, au-dessous de la nageoire dorsale, s'y modifie de deux manières ; d'une pari elle prend une hauteur beaucoup plus considérable; de l'autre , elle se divise d'avant en arrière, en trois, quatre ou cinq parties distinctes qui supportent les rayons des nageoires.

On rencontre chez la plupart des poissons osseux la seconde série d'épines, qui existe chez plusieurs de ceux dont le squelette est formé de cartilages; elle y règne dans une étendue qui varie, souvent elle se retrouve dans toute la longueur de la colonne vertébrale /entre la partie supérieure de la première série, mais remplissant bien moins exactement la lacune; elle laisse même un espace fermé par une expansion membraneuse.

Ces épines accessoires, situées à la région supérieure, sont dans le rapport le plus intime n. 20

3o6 TRAITÉ GÉNÉRAL

avec les nageoires dorsales. Ces dernières se prolongent-elles sur une grande. partie du rachis, les premières sont nombreuses et occupent toute l'étendue de la longueur presque entière de cette région. Elles manquent presque tout-à-lait lorsque les nageoires dorsales sont petites. Le plus grand nombre de vertèbres en est privé dans la baudroye commune , les diodons , les tetrodon hispidus et fakaca , la plupart des silures , des anableps , des brochets. des harengs, dans Yelops saurus , chez plusieurs espèces de cyprins , par exemple l'ablette ( c. alburnus ), le cyprins nasus. On ne les rencontre, dans tous ces poissons, qu'à la petite étendue qui correspond à la petite nageoire dorsale.

Chez d'autres, par exemple, le salmo salai-, le salmone {s. rille ), la truite [s.fario ), la truite saumonée (s. trutld) ; lecharacinnefasch(.s. œgyptius), l'ombre commun (.y. thymallus), la raie du Nil (s. nilolicus) , la marène (s. marœna), l'éperlan (s. eperlanus ) chez le serrasalme citharine [serrasalmus citharinus), le myletes rhomboideus, les cyprins, du moins dans le plus grand nombre des espèces de ce genre, les épines accès-, soires existent dans la moitié antérieure de la colonne vertébrale , à compter de la tète jusqu'à l'extrémité postérieure de la nageoire dorsale.

Elles existent, au contraire, dans toute l'étendue du rachis , Chez un très-grand nombre de

d'anatomie comparée. 307 genres et d'espèces Irès-voisins de ceux où elles manquent, ainsi, par exempte, chez le chironecLes la'i'igatus . le batrachus surin amensis , le tetrodon mola. Elles se trouvent en général dans toute ou presque toute l'étendue de la colonne vertébrale chez les polypteres , les gades, les pleuronectes, les phycides (phycis) , les blennies (blennius) , les anarrhiques , les labres, les rubans, les murènes , les lutjans, les jarretières ( lepidopus ), les ceintures ( trichiurus), les spares , les sargues, les soldado(/toZoce/2£ra.y), les scares, les acanthures ( theutis ) , les muges ( mugïl), les ténianotes , les scorpènes (scorpœr nd) , les surmulets (inullus) , les pagres {pagrus), les sciènes ( sciœna ), les vives ( trachinus ), les trigles ( trigla ), les perches {perça ), les uranoscopes , les donzelles ( ophidium ) , les coryphènes (coryphœna) , les v orner s , les pomacanthes , les chétodons , les dorées ( zeus').

Il est digne de remarque cependant que dans les espèces mêmes où elles semblent , au premier aperçu occuper toute la longueur de la colonne vertébrale, elles manquent, presque sans exception, sur quelques unes des dernières vertèbres coccygiennes.

Le genre gade en est dépourvu communément à plusieurs des premières vertèbres cervicales; chez les pleuronectes et genres voisins, au contraire , elles s'avancent dans une grande étendue sur le crâne; il y en a plus de douze

3o8 TRAITÉ GÉNÉRAL

qui deviennent insensiblement presque parallèles à sa face supérieure sur laquelle elles sont appliquées immédiatement et qui atteignent jusqu'à la face.

Le nombre des épines accessoires est, en général, en rapport avec l'étendue qu'elles occupent sur la colonne vertébrale et avec le nombre des vertèbres qui composent celle-ci, chacune d'elles correspondant à l'un de ces os ; cependant il y a des exceptions à cette règle , quoiqu'en petit nombre. Quelquefois la série des épines accessoires existe sur une grande partie de la colonne vertébrale, mais le nombre en est proportionnellement petit, puisque chaque vertèbre n'a pas son épine accessoire correspondante. Ainsi, chez le bichir {poljpterus niloticus) il n'y en a que vingt-six pour soixantehuit vertèbres, parce qu'elles ne commencent à paraître qu'à partir de la sixième vertèbre, et que l'absence d'un plus ou moins grand nombre d'entre elles interrompt la continuité jusqu'aux dernières qui se [ manifestent constamment. Chez les pleuronectes et dans les genres voisins, au contraire, le nombre en surpasse extraordinairement celui des vertèbres. On trouve dans ces poissons, très-généralement: i° deux épines accessoires pour chaque apophyse épineuse , une antérieure et une postérieure, qui , par leurs extrémités inférieures, entourent la pointe de l'apophyse; 2a il reste

d'anatomie comparée. 5og dans la moitié postérieure du rachis, une épine propre, libre à son extrémité inférieure, entre l'épine accessoire, antérieure et postérieure, de chaque couple de vertèbres qui se suivent. Chez Xeflétan (pl.hippogiossus), trois de ces épines accessoires sont situées entre les deux avant-dernières vertèbres qui portent des nageoires. Ces ravons intermédiaires semblent appartenir surtout aux grands pleuronectes. Je les trouve du i moins principalement chez le turbot ( pl. maximus) et le flétan; on les rencontre moins dans 1 les petites espèces , il n'en existe quelquefois pas (du tout dans quelques espèces. Dans d'autres, .comme chez le turbot (pl. maximus) , elles s'é- . tendent jusque dans la moitié antérieure du ra- < chis, où les vertèbres n'ont de rayons accessoires ique par places, disposition qui se reproduit aussi dans la plupart des autres espèces.

Les rayons accessoires dans les balistes , les chétodons , les vomers , les. dorées , les acanithures, les spares , le brama raji , les coryiphènes , les scienes , les perches , reproduisent • exactement les mêmes conditions. Dans tous ces poissons, à l'exception des balistes, ils n'exis- :tent cependant que dans la moitié postérieure de la colonne vertébrale , et leur simplicité, dans la partie antérieure , est compensée par leur largeur plus considérable. Chez les balistes, tous sont si larges qu'ils se confondent entr^ eux et avee les apophyses épineuses supé-

3lO Ï11AITÉ GÉNÉRAL

rieures, de manière à former une cloison osseuse. Ces mêmes balistes portent, dans la moitié postérieure de la colonne rachidienne, entre chaque couple de vertèbres, deux épines accessoires , outre les deux épines appartenant à chaque vertèbre, si toutefois on peut se servir du nombre des crêtes transversales comme d'un moyen de détermination.

L'augmentation du nombre des rayons accessoires est, comme leur dimension , dans le rapport le plus intime avec l'augmentation et la diminution numérique des rayons des nageoires.

Cette organisation coïncide avec la hauteur considérable du corps, et correspond , sans contredit, à l'augmentation des nageoires que l'on remarque chez les raies et les squales.

Le nombre des épines accessoires supérieures surpasse en outre celui des vertèbres chez les pleuronectes et dans les genres voisins; cette circonstance dépend de ce qu'elles se développent au crâne jusque vers l'extrémité antérieure de la tête. Ce mode de formation , auquel les rayons antérieurs des nageoires participent également, offre quelques différences assez intéressantes, tant sous le rapport de son extension que sous celui de sa disposition.

Sous le premierrapport, quelques poissons, par exemple, les pleuronectes solea, linguatula (1),

(1) Ces deux espèces lie constituent que l'espèce des soles de M. Cuvrer.

d'anatomie COMPARÉE. 3l l

microchirus , heterochirus , Vachirus fasciatus , les plagusies, remportent considérablement suites autres; ces épines accessoires existent chez eux jusqu'à l'extrémité antérieure de la tête ; chez d'autres, au contraire, par exemple chez le pleuronectes rliomboideus , elles ne vont que jusqu'au devant des orbites. .

Quant à leur disposition, on peut remarquer qu'elles sont formées le plus souvent sur le type des apophyses épineuses. Mais il y a aussi des différences sur ce point. Chez quelques-uns, par exemple , chez le pleuronectes macrolepidolus , ces épines crâniennes ont la même direction que les apophyses épineuses des vertèbres et ne sont pas sensiblement plus rapprochées les unes des autres; che'z d'autres, on peut dire chez la plupart, mais particulièrement chez les achires, elles se rapprochent insensiblement d'arrière en avant et prennent une direction plus oblique, qui devient à la fin presque horizontale; de sorte qu'elles sont appliquées sur le crâne. Les plus inférieures et les plus antérieures se prolongent en outre considérablement. Elles forment voûte en haut et se recourbent en bas. Les rayons des nageoires conservent avec cela le plus souvent leur direction , leur forme et leur volume ordinaires.

Cette disposition conduit à l'organisation des plagusies, où les épines situées au devant de l'orbite se confondent en deux pièces: l'une de ces

pièces est postérieure, supérieure , plus considérable, triangulaire, alongée, a la pointe tournée en arrière; ses fibres représentent par leur direction les rayons des achires , etc.; l'autre, alongée , placée immédiatement en avant de la première, descend verticalement de haut en bas jusqu'au devant du maxillaire supérieur. À la partie antérieure de cette dernière on trouve en outre une pièce membraneuse , pectiniforme, beaucoup plus volumineuse, convexe en avant, qui se porte en bas et se termine à la même hauteur que la seconde pièce.

Cette disposition est extrêmement intéressante : elle concourt à établir l'analogie des os crâniens avec les vertèbres ; les rayons accessoires sont placés en effet sur les crêtes pariétale et occipitale, de la même manière que ceux du rachis sont situés sur les apophyses épineuses supérieures.

La longueur des rayons accessoires est fort généralement en rapport direct avec le développement du corps des poissons dans la direction de la face dorsale à l'abdominale ; elle est par conséquent très-considérable chez les poissons aplatis, beaucoup moins chez les autres.

Ils sont très-généralement plus courts que les apophyses épineuses supérieures; cependant il y a quelques poissons, par exemple les saumons, le spart- ou le brama raji, le poisson lune , plusieurs espèces de silures, où ils sont,

d'anàtomie COMPARÉE. 3 1 5

du moins en partie, plus longs que ces mêmes apophyses.

Ces rayons accessoires ne s'étendent communément qu'à l'extrémité supérieure des apophyses épineuses auxquelles ils correspondent; dans certaines espèces, au contraire, les silures par exemple, dont les apophyses épineuses sont bifurquées à cet effet, ils descendent beaucoup plus bas. Chez les mêmes poissons , ces rayons sont, à la partie postérieure du vcorps , séparés par un large intervalle des sommets qui terminent les apophyses épineuses.

Les rayons accessoires sont en général plus ou moins obliquemeut dirigés de bas en haut , et d'avant en arrière; et cette direction est d'autant plus oblique qu'on les examine plus postérieurement. Chez lespleuronectes, au contraire, ceux du devant sont non - seulement droits , mais même obliquement tournés de bas en haut et d'arrière en avant, en sorte qu'ils sont situés presque horizontalement. Cette direction se reproduit chez quelques autres poissons à corps élevé; mais elle est moins prononcée.

Ils sont généralement alongés. Chez les saumons , plus encore chez les gades, les anarrhiques , les blennies , le callionymus Ljra , ils sont communément minces, même plus minces que les apophyses épineuses. Cette disposition est surtout remarquable chez la lingue ( ga-

dus moLua) , et chez le merlus ordinaire {s. iner-

lacius),k cause de la largeur considérable des apophyses épineuses ; mais ils sont très-souvenl beaucoup plus forts et plus larges d'un côté à l'autre ou d'avant en arrière. Us se dilatent surtout dans la première direction; et ils offrent en outre très-généralement une saillie latérale, transverse, aiguë, soit à leur portion moyenne, soit à leur partie postérieure. Cette organisation existe surtout chez les balis- Ze.ç,chez le raji du Nil ( salmo niloticus) , le salmo dentex, le serrasalme citharine, le lack (elops sauras), Yesox lucius, les cyprins, chez plusieurs silures , principalement aux épines accès- « soires qui sont en outre grandes et épaisses; elle existe aussi chez les sargues , les tènianotes . les scorpenes , les priacanlhes, en partie chez les perches , les sciènes , les trigles , les dorées ( zeus), les scares , les acanthures {theulis), les chétodons. Dans les quatre derniers genres les épines accessoires sont assez épaisses pour s'atteindre d'avant en arrière, et se réunir en une lame osseuse plus ou moins continue. Chez les harengs ( clupea) , leur plus grande largeur est d'un côté à l'autre.

Chez quelques-uns , surtout chez les batistes, chacune des pièces osseuses, formant cette seconde série dans sa partie postérieure , qui est la plus considérable , sont soudées en devant et confondues en deux grandes pièces: Tune de ces pièces, beaucoup plus grande que

d'anatomie comparée. 5 i.5

l'autre , s'étend de l'occipital en arrière; la seconde , plus petite , descend obliquement de haut en bas et d'avant en arrière , entre l'extrémité postérieure de la première pièce et les apophyses épineuses des quatrième et cinquième vertèbres. Une organisation rapprochée de ce que nous venons de dire est celle des trigles, où ces rayons s'élargissent en avant et en arrière, de l'extrémité supérieure jusque sur le côté, et forment de larges lames, imbriquées. Lés exemples en sont fournis particulièrement par le perlon ( In hirundo ), le rouget ( trig. cuculus ) , le gronau ( tr. Ijra) , le trigla aspera , moins chez les t. caroliiia et volitans. Le loricaria cataphracta offre la même disposition que les trigles ; et dans ce genre ceux des boucliers transverses formés de cette manière, qui sont placés en de'vant , se soudent sur les parties latérales avec les apophyses transverses accessoires tournées en haut. Ce n'est que sur cette seconde série que sont posés les rayons des nageoires dorsales, qui se terminent en pointe et qui sont toujours simples, quoique la longueur en soit très-variable.

La plupart des poissons osseux possèdent , à la face inférieure du corps d'un plus ou moins grand nombre de vertèbres , des apophyses qui peuvent être nommées apophyses épineuses in-

3 I 6 TRAITÉ GÉNÉRA^.

Jérieures. Elles forment avec les supérieures un angle plus ou moins aigu , et sont dirigées , avec des degrés d'inclinaison variés , de haut en bas et d'avant en arrière.

On les trouve le plus généralement aux vertèbres coccYgiennes ; elles forment une partie plus ou moins considérable de la hauteur que présente la moitié inférieure de la queue; mais on en rencontre souvent déjà des indices aux vertèbres abdominales , surtout aux dernières.

Comme elles n'existent ordinairement qu'à la queue , elles sont moins générales que les supérieures ; le nombre en est déterminé le plus communément par la longueur de cette partie.

Elles ont , chez quelques poissons , la même forme et la même longueur que les apophyses épineuses supérieures; chez les autres elles sont, tantôt un peu plus longues, tantôt plus courtes. Cette différence est cependant d'ordinaire peu considérable. Elles sont ou droites, ou légèrement convexes en devant , concaves en arrière.

La plupart sont alongées et simples ; elles naissent par deux racines , et présentent par conséquent à leur extrémité supérieure une ouverture transverse pour le passage des troncs vasculaires. Dans la majeure partie de leur longueur, ces deux moitiés latérales sont réunies en une épine unique.

Celles du milieu sont ordinairement plus longues que les antérieures et que les postérieures.

d'anatojyiie comparée. 3 i 7

L'épaisseur de la plupart des antérieures dépasse celle des autres quelquefois à un haut degré ; elles sont bifurquées intérieurement. Cette disposition est présentée surtout par celles qui arment les vertèbres caudales et supportent des côtes, comme cela se voit, par exemple, dans les genres saumon et scombre , chez plusieurs pleuronectes et dans le vomer Brownii. Chez la sole (pleuronectessolea,) les apophyses épineuses inférieures des vertèbres abdominales sont trèsalongéesj la longueur s'en accroît même considérablement d'avant en arrière. Chez le pieuvonecle rhomboideus elles ne sont pas bien hautes , mais très-larges dans le sens antéro-postérieur; il en résulte qu'elles se touchent presque les unes les autres ; elles sont d'ailleurs trèsminces d'un côté à l'autre.

Les apophyses épineuses, inférieures, portent quelquefois, comme les supérieures , particulièrement en haut , des crêtes longitudinales plus ou moins larges, qui sont beaucoup plus minces d'un côté à l'autre que les épines proprement dites, et qui n'existent que dans une étendue variable. Chez les acanthures et les scares, ces crêtes partent seulement du bord postérieur de l'épine; chez plusieurs chétodons , par exemple le cluetodon arcualus et le cornutus, elles partent aussi du bord antérieur.

Plusieurs des apophyses épineuses inférieures, surtout des vertèbres caudales, se soudent

3l8 TRAITÉ GÉNÉRAL

entre elles chez les scares et les chétodons ; les acanlhures font exception : mais le nombre de ces apophyses, inférieures, sondées n'y est jamais aussi considérable que celui des supérieures.

Les poissons, chez lesquels elles existent déjà aux vertèbres abdominales, sont les baudrojes ( où leur présence est d'autant plus remarquable que le développement du reste des vertèbres est fort imparfait ), les chironectes , les saumons, les serrasalmes , les harengs, les mormyres , quelques pleuronectes , par exemple le pl. rhomboideus, \&sole,\e pl. macrolepidotus, le pl. heterochiri/s, le pl. microchirus, en outre les plagusies, Vachirus macrolepidotus , Yachirus heterochirus , Yach. microchirus. Elles manquent , au contraire , sur ces mêmes vertèbres , ou présentent du moins une tout autre forme dans la plupart des autres pleuronectes. Elles existent trèsgénéralement dans les genres scare , spare, sargue , boops, rascasse ( scorpœna ) , ainsi que chez les perches et les muges.

Elles sont longues et situées fort en avant sur tout chez le sparus raji , les vomers, le poisson de Saint-Pierre {zeus fabei), les chedodiptèresM dophin ( cojjphœna hippuriis ) , les scombres.

Ces apophyses ne doivent pas être considérées comme des parties propres. Elles ne sont, en effet , que les apophyses transverses inférieures des corps des vertèbres qui supportent les côtes du bas. ou seulement la portion info-

d'ana/tomie comparée. 319 Heure de ces apophyses, existant ou seules ou réunies à ces cotes, qui se confondent entre elles dans la ligue médiane et forment un anneau armé d'une épine.

Ce rapprochement résulte des considérations suivantes :

i° Ces apophyses transverses se continuent, sans interruption, avec les apophyses épineuses inférieures ; cette continuité s'opère de la manière suivante : elles se prolongent, se portent l'une ver.s l'autre en bas, se soudent avec les côtes , se confondent dans la ligne médiane, et y constituent un anneau armé d'une épine. Un exemple manifeste de ce passage se rencontre surtout chez les gades, principalement chez le gadus barbalus, où la première de ces apophyses épineuses inférieures forme un anneau énorme avec une épine à peine sensible; sur cet anneau et sur le second , on reconnaît encore très-distinctement l'endroit de soudure entre l'apophyse transverse et la côte. La plupart des gades offrent des organisations semblables , mais une qui est surtout digne de remarque est celle du merlan noir (g. carbonarius), où les apophyses transverses de la première vertèbre qui est munie d'une apophyse épineuse inférieure, se prolongent tout-à-coup considérablement , se recourbent latéralement, l'une vers l'autre, mais ne s'atteignent pas encore.

2° Les apophyses épineuses inférieures , qui existent aux vertèbres abdominales chez les poissons dont il vient d'être fait mention , portent souvent les côtes inférieures à leur sommet. 11 en est ainsi surtout chez plusieurs des pleuronectes précités , dans les genres scombre, spare, vomer, dorée, coryphène , mormyre , saumon, scare , lascusse.

On ne peut pas objecter, comme contraire à cette manière de voir, la présence d'apophyses transverses avec les apophyses épineuses inférieures que j'ai considérées plus haut, car précisément ces apophyses transverses sont , ou des parties propres , ou des développemens plus considérables de la crête moyenne du corps des vertèbres, ou enfin seulement la partie supérieure des apophyses transverses ordinaires, qui se continuent avec les apophyses épineuses inférieures.

Outre ces apophyses épineuses inférieures qui existent surtout dans la région postérieure du corps, il y en a quelquefois aussi à l'extrémité antérieure de la colonne vertébrale (t).

(i) La jeuneplie , ou carrelet (pleur, rhombeus) , a servi d'exemple à M. Geoffroy-Saint-Hilaire pour la détermination des pièces constitutives de la vertèbre. C'est en étudiant un tronçon osseux, emprunté au rachis de cet animal qu'il a pu saisir avec une évidence incontestable la correspondance exacte, existant entre les pièces qui occupent la région dorsale du cycléal et celles qui sont sihiérs à sa région

d'aNATOMIE COMPAREE. 52 I

Ainsi les corps des quatorze premières vertèbres de la murène commune portent des apophyses épineuses inférieures, larges, réunies en une crête occupant toute la longueur des corps; elles sont beaucoup plus considérables que les

opposée. Dans ce poisson , les vertèbres coccygiennes présentent du côté du canal médullaire une disposition qui se reproduit avec une fidélité parfaite du côté du système sanguin. Deux pièces alongées s'élèvent des parties latérales du cycléal , se rapprochent, convergent vers la ligne médiane de cet élément , et s'y soudent pour n'en former qu'une seule, séparable en deux moitiés, qui est elle -même prolongée et grêle. Ces pièces laissent, entre leurs racines, le point où elles se réunissent et le cycléal, un espace occupé, d'un côté , parle système nerveux , et qui , de l'autre, contient le foyer circulatoire. Ces pièces sont au dos les pe'riaux, dans le sens opposé les paraaux, ou apophyses épineuses supérieures et inférieures. La pièce composée, qui résulte de l'union des pénaux d'une part et celle qui de l'autre part est produite par la soudure des partiaux, est surmontée par deux autres pièces, qui, ajoutées bout à bout , forment les nageoires dorsales et abdominales, enfin les rayons accessoires, pièces identiquement pareilles , et qui employées à la protection du système sanguin, sont désignées par M. Geoffroy sous le nom de cataaux, et sous celui d'e'piaux, si elles servent au système nerveux. L'exigence d'une plus grande capacité se fait-elle davantage sentir ? cet ajustement bout à bout disparait : plus d'apophyses épineuses , plus de rayons accessoires , mais des apophyses transverses , des côtes , des pièces pariétales, frontales, etc. (Voyez la note de la page 282 de ce volume, voyez plus loin crâne, etc. , et Geoffroy - Saint-Hilaire , Annales du Muséum, vertèbre.)

( Note tics traducteurs. ) lt 21

supérieures , deviennent insensiblement plus petites d'avant en arrière, et se confondent peu à peu avec les apophyses transverses , au point que la dernière se bifurque et se dirige en dehors ; mais elles ne contiennent point de cavité.

Il n'existe aucune trace de cette disposition chez les anguilles , du moins chez le congre.

Les apophyses épineuses inférieures des poissons sont, comme les supérieures } très-généralement accompagnées d'épines accessoires, qui, par leur présence, leur nombre, leur forme et leur volume, représentent ordinairement celles de la face supérieure.

Mais il arrive souvent que la concordance n'est pas entièrement exacte. Ainsi, parexemple, les inférieures sont très-fortement développées, sous le rapport du volume et du nombre, dans toute la longueur considérable de la queue des silures, où l'on ne trouve aucune trace des supérieures.

Elles existent, au contraire, communément en nombre moindre que les supérieures; ce qui dépend de ce qu'elles ne font toujours que correspondre aux apophyses épineuses inférieures.

Elles sont pour la plupart arrondies et alongées ; mais , chez certains poissons , surtout chez les poissons plats et ceux qui ont le corps

d'anatomie comparée. 3a3 élevé , une étendue plus ou moins grande de leur portion moyenne se prolonge et se dilate en crêtes disposées dans le sens transversal et dans la direction antéro-postérieure ; il en résulte une sorte de croix et le contact des crêtes antérieures avec les postérieures dans une partie plus ou moins considérable de leur longueur. Chez les pleuronectes , cette disposition n'existe que dans une très-petite partie inférieure, et seulement chez les espèces qui ont le corps haut et non alongé; elle règne, au contraire, dans toute la longueur des apophyses épineuses inférieures, chez les dorées, les scares, les acanthures,\es vomers, le chœtodon arcuatus, les balistes , les covyphènes , où ces crêtes s'atteignent réciproquement. C'est chez les balistes et les chétodons que le développement des crêtes ' transversales est surtout le plus considérable.

Chez la plupart des poissons, les épines accessoires, inférieures et supérieures, sont partout séparées entièrement les unes des autres et des apophyses épineuses proprement dites; les antérieures dépassent , en avant et tout-àfait librement , les apophyses épineuses inférieures auxquelles elles correspondent. Dans un nombre de poissons qui est proportionnellement petit, surtout chez ceux qui ont le corps haut, les épines accessoires inférieures situées en avant s'appliquent très-étroitement contre lies apophyses épineuses inférieures. La disposi-

S'zt\ TRAITÉ GÉlS'F.RAr,

tion qu'offrent les pleuronectes 3 les chélodons , les dorées , les vomers, les batistes, c'est-à-dire, à ce qu'il paraît , presque tous les poissons où il existe uneconnexion aussi étroite, consiste en ce que l'épine accessoire inférieure, qui est la plus antérieure , l'emporte de beaucoup en force , en longueur, en épaisseur et en largeur sur les autres, s'élève, en s'apointissant de bas en haut, presque jusqu'au corps de la première vertèbre coccygienne , en avant de l'apophyse épineuse inférieure de cette vertèbre, dont la forme est le le plus souvent un peu concave en avant et convexe en arrière , sa longueur et sa largeur étant également assez considérables. Ces deux apophyses se réunissent étroitement d'avant en arrière, dans la majeure partie de leur longueur, pour former un rayon très-fort , qui ferme postérieurement la cavité abdominale, et augmente considérablement la solidité de la queue.

Il est quelques variétés de cette disposition. Chez le vomer Brownii et les pleuronectes , ce rayon n'est formé, comme nous l'avons indiqué, que par ces deux pièces. Dans la sole ces deux pièces sont, relativement aux autres, trèscourtes et minces, et ne se touchent que dans une petite étendue. Chez les plagusies, il n'existe pas même un semblable rayon antérieur plus développé, mais les épines accessoires inférieures et antérieures, qui sont les plus longues et qui présentent une concavité en avant, s'ap-

d'ana-TOMIE comparée. 3a5 pliquent seulement, de haut en bas, les unes contre les autres, de manière à pouvoir être séparées ; elles s'élèvent ainsi , réunies en faisceau supérieurement, jusqu'à l'extrémité inférieure de l'apophyse épineuse de la première vertèbre caudale, avec laquelle elles ne sont unies que d'une manière lâche. La solidité est au contraire beaucoup plus considérable chez les balistes et les chètodons , où la dernière vertèbre abdominale s'applique en haut et en avant contre le rayon dont il est question , au moyen d'une apophyse inférieure, forte, quoique beaucoup moins longue. Chez le pourc {batistes capriscus} , chez les batistes monoceros , a ter , et aculeatus, il est éloigné supérieurement de la seconde apophyse inférieure et de la première épine accessoire par une lacune considérable ; il y est , au contraire , attaché dans toute sa longueur chez les b. diemensis, oxjrhynchus , verrucosus , ainsi que chez les chélodons. Chez le poisson Saint-Pierre l'apophyse épineuse de la seconde vertèbre coccygienne s'applique même contre ce rayon.

Chez les trois dernières espèces de batistes, l'apophyse épineuse inférieure de la dernière vertèbre abdominale s'élargit brusquement à son extrémité supérieure, et d'un côté à l'autre, en une espèce de bouclier considérable, dont les autres poissons n'offrent point de trace. La première épine accessoire inférieure correspond

le plus souvent, d'une manière plus ou moins distincte, à plusieurs rayons de La nageoire anale, et n'est sans doute qu'un composé de plusieurs rayons accessoires. Elle porte inférieurement , chez le chœlodon arcualus , deux crêtes transversales, larges , placées l'une après l'autre, tandis que les autres n'en ont qu'une.

Dans cette disposition, les épines accessoires inférieures qui suivent immédiatement la première, sont ordinairement plus ou moins rudimentaires ; celle-ci est , au contraire, très-développée. Cela se voit surtout chez les pleuronectes à corps, court et élevé, par exemple, chez le flétan [pl. hippoglossus) , le turbot [pl. maximus) , la limande [pl. limanda) , etc.; moins chez la sole ; ici plusieurs rayons accessoires se sont soudés en un seul qui est volumineux ; rien de pareil n'existe chez les halistes et les chétodoriSf chez lesquels le rayon accessoire suivant n'est guère plus petit que le premier, et où tous diminuent de volume d'avant en arrière.

Aux épines et épines accessoires des vertèbres de poissons se rattachent les rayons des nageoires. Toutes les nageoires, les dorsales, les caudales et les anales, renferment, à quelques exceptions près, par exemple, le saluth ( silurus glanis), des rayons disposés successivement

d'anatomie comparée. 327

d'avant en arrière, qui en forment la base osseuse, et s'écartent plus ou moins à leur base pour constituer deux apophyses latérales, courtes , par lesquelles ces rayons sont appliqués sur les extrémités supérieures de l'épine accessoire qui leur correspond , et avec laquelle ils sont unis d'une manière mobile.

Leur longueur correspond très-généralement à celle de la nageoire ou de la partie de la nageoire où ils se trouvent.

Tous ou du moins la plupart d'entre eux sont bifurqués d'avant en arrière, vers leur extrémité libre, à des profondeurs variables, ce qui augmente la base de sustentation pour la nageoire qui s'épanouît vers le bord libre ; mais ils sont simples , du moins en avant , chez plusieurs poissons , par exemple dans les genres scombre , dorée , chétodon, s cave.

Chez plusieurs silures, par exemple le doras cai-inatus, les. seren, s. carasch, s. bagre, s. abusari, le second rayon de la nageoire dorsale antérieure est très-grand , apointi, plus ou moins séparé du reste de la nageoire, qu'il dépasse; il est fortement dentelé à son bord antérieur, quelquefois aussi à son bord postérieur.

Chez les balistes le premier rayon seulement, ou le premier et le second, même le troisième, sont ainsi séparés des autres nageoires et formés de la même manière. Le premier et le second sont très-rapprochés dans le dernier cas,

le troisième étant isolé. Le premier est toujours le plus long, le troisième le plus court. Tous sont des armes puissantes. La description détaillée de cette disposition sera faite un peu plus loin.

Outre les conditions générales que nous venons de considérer, certains groupes de poissons en offrent encore de particulières.

Il faut ranger ici d'abord la réunion de plusieurs vertèbres ou parties de vertèbres entre elles.

La tendance des vertèbres de la partie antérieure du rachis à se confondre en un seul os, très-générale chez les poissons cartilagineux, se mon trebeaucoupplus rarement chez les poissons , osseux. On voit un indice de cette disposition dans l'organisation de la seconde vertèbre cervicale chez les carpes. Elle est beaucoup plus volumineuse que les autres et munie, de chaque côté, de deux apophyses transverses; l'une est postérieure, descendante, plus longue, l'autre est antérieure, ascendante, plus courte. Mais cette disposition est Deaucoup plus prononcée chez les silures. La première vertèbre cervicale est petite, n'est presque formée que de son corps qui est mince, et ne se montre presque que comme un fibro-cartilage ossifié ; mais la seconde est au moins six fois plus grande qu'elle et les

DANATOMIE COMPARÉE. Ô2C)

suivantes, plus de trois fois plus volumineuse que les plus grandes des autres, et non-seulement beaucoup plus longue, mais aussi beaucoup plus large,, quoique ses apophyses épineuses soient plus courtes. Elle porte , chez le silure commun, deux apophyses transverses de chaque côté, une antérieure et une postérieure, qui se réunissent à leur base. L'antérieure, beaucoup plus volumineuse, est partagée en deux pointes ; celle du devant , plus forte et plus large, s'applique contre l'os de l'épaule par une facette articulaire, encroûtée de cartilage; la postérieure est libre. L'apophyse épineuse est de même partagée en deux moitiés, dont l'antérieure, bien plus' grande, dépasse de beaucoup la première vertèbre cervicale et s'articule étroitement avec la crête occipitale. La largeur de ses apophyses transverses, qui excèdent de beaucoup celles des autres vertèbres, est un indice de l'organisation costale qui commence à la troisième vertèbre, quoiqu'elle ne se manifeste ici encore que dans un état extrêmement rudimentaire. Quand on considère cette vertèbre d'avant en arrière, on la voit très-distinctement formée de deux.

Cette particularité est encore plus développée dans quelques autres espèces de silures que dans le saluth. Chez celui-ci et chez le sharmuth ( si anguillaris) la vertèbre en question est, en effet , la plus petite, vient ensuite le schilbé

53o TRAITÉ GÉNÉRAI,

(s. mystus), puis le doras , le s. hagre et Je lis , Vasprède. Dans la dernière espèce j'ai trouvé celte vertèbre d'un pouce de long et de large dans un individu qui n'avait guère plus d'un pied. Plus cette vertèbre est développée , plus elle contribue par ses apophyses épineuses à appuyer la nageoire dorsale, et se montre par conséquent formée d'un plus grand nombre de vertèbres.

Quant' à la forme , il est permis de dire également que la vertèbre grossie a toujours la forme d'une vertèbre composée. 11 existe du moins deux apophyses transverses, une antérieure et une postérieure, dont la première est communément plus développée et bifurquée plus ou moins profondément en deux moitiés, l'une antérieure et l'autre postérieure. Chez le piemodes auratus , la portion transverse de la vertèbre, qui est très-longue, ne forme qu'une écaille large et simple, qui a quelque analogie avec la carapace des chcloniens. Le nombre des apophyses épineuses correspond ordinairement à celui des apophyses transverses. Au moindre degré de développement la forme de cette vertèbre ne présenté pas d'autre particularité; mais dans d'autres espèces, surtout chez le s. seren, le s. clarias, le doras, un large bouclier osseux s'applique sur les apophyses épineuses jusqu'au premier rayon de la nageoire dorsale, unissant ainsi entre eux le crâne et la vertèbre.

d'anatomie comparée. 33 i

Chez d'autres cet os est plus étroit, fendu latéralement à sa partie postérieure. Une disposition remarquable est celle qui se voit chez le .v. bagre. Il part des deux côtés et de toute la hauteur de la première apophyse épineuse, qui est très-large, une lame transversale également très-large , qui s'étend jusqu'à l'os qui recouvre les apophyses transverses; cette lame est l'indice du prolongement du crâne en arrière. Un semblable indice se voit dans l'articulation des sommets des apophyses transverses avec les parties latérales de l'occipital, articulation qui est constante. On trouve également, chez beaucoup de silures , le sommet de l'apophyse épineuse antérieure articulé par suture avec l'occipital. Dans plusieurs espèces , par exemple , les doras , le s. bagre , il naît de l'extrémité postérieure et externe du pariétal un os propre qui aboutit à cette vertèbre , et entre ces trois os on trouve une ouverture qui rappelle celle qui existe chez la plupart des reptiles entre le pariétal et l'occipital. Chez plusieurs silures la première vertèbre manque comme os propre, et son articulation avec l'occipital est dentelée, c'est-à-dire opérée par suture. Chez le s. niger, l'arc de cette vertèbre est également uni à celui rie la vertèbre suivante par une suture à dentelures aiguës.

Des rapprochemens vers ces organisations se soient dans le serrasalme citharine et le chu-

33a TRAITÉ GÉNÉRAL

tarin nefasch, où la première vertèbre porte une apophyse épineuse supérieure, très-large d'avant en arrière, qui dépasse le corps surtout en devant, et qui chez le characin nefasch est unie par une suture avec l'os interpariétal.

Chez les fistulaires, la prem ière vertèbre, qui est très-alongée , est également formée de plusieurs pièces unies entre elles par harmonie. Chez le f. tabacaria, cette vertèbre constitue à peu près un neuvième de toute la colonne rachidienne; elle est un peu plus courte chez le f. ckinensis(i).

La seconde vertèbre cervicale est grossie d'une autre manière chez la loche d'étang ( cobitis fossilis}. Le corps se gonfle des deux côtés en bas et en arrière, et constitue un renflement fort considérable, arrondi, lâche, à parois minces, dont les deux moitiés sont séparées à l'extérieur, intérieurement et postérieurement, par une incisure superficielle, tandis qu'elles forment un tout continu dans la ligne médiane. Ce renflement contient la vessie natatoire.

Cette région antérieure du rachis est encore plus compliquée , çhez un certain nombre de poissons, par la présence de plusieurs os, pro-

(1) Voyez le squelette du premier, décrit et figuré par Rosenlhal dans ses Tables ichlhyotoiniqucs , I, a, p. 3o , pl. IX.

d'a.nàtomje comparée. 333 porlionnellement très-petits et très-délicats, si ou les compare aux autres os de celte région.

Ces os n'ont été démontjés jusqu'ici que chez les carpes, les silures et les loches d étang; je n'ai pas pu les trouver dans quelques genres voisins. Je citerai, par exemple, l'exocet {exoeœtas exsiliens), elle céphalo (mugit cepha /us) , sans parler des autres genres où ils manquent , d'après les recherches de M. le professeur Weber.

Ces os sont ordinairement au nombre de trois , situés tout à côté de la première et de la seconde vertèbre, entre elles et l'occipital ; ils se succèdent d'avant en arrière, unis entre eux par des articulations mobiles.

Celui qui est postérieur et qui occupe le plan inférieur, dépasse de beaucoup en volume les deux autres; il est alongé , plus ou moins apointi à ses extrémités antérieure et postérieure , recourbé et surmonté d'une apophyse supérieure qui s'élève un peu en avant du point moyen de sa longueur. Celui de ces os qui le suit en avant , le moyen , est ordinairement le plus petit; il est mince, alongé, simple chez le silure et la loche d'étang; il est le plus composé chez la carpe, où il se bifurque à son extrémité postérieure, et donne naissance à une apophyse supérieure et à une apophyse inférieure.

Le plus antérieur et le plus supérieur de ces os est formé, chez la loche d'étang, par une pe-

tile lame légèrement concave. Chez la carpe , cette lame pins concave se termine supérieurement 'et inférieurement par deux apophyses courtes ; chez le silure , on trouve derrière elle un condyle arrondi, au moyen duquel cet os est mobilement articulé sur la première vertèbre , et d'où part une forte apophyse qui se dirige en haut.

La lamelle qui caractérise cet os forme une ouverture appartenant à l'organe auditif ; l'os le plus postérieur est , au contraire , placé sur la vessie natatoire.

Frappé du rapport qui unit ces os à Forgane auditif, M. Webèr (1) les a considérés comme appartenans à cet organe , et les a comparés aux osselets de l'ouïe des mammifères; le postérieur correspond , selon cette manière de voir , au marteau , le moyen à Y enclume , l'antérieur à Vitrier*

La position et les connexions de ces os militent, en effet, fortement en faveur de cette opinion. On ne saurait objecter contre ce rapprochement l'imperfection relative qu'offrent, sous le point de vue du nombre et du développement , les osselets de l'ouïe chez des animaux placés au-dessus des poissons, tels que les reptiles et les oiseaux , quoique cette analogie rapproche les premiers de ces êtres beau-

(i) De aure et auditu hominis et animalium, />. i . De 1 aure animalium aqualilium , i8.>.o.

d'anàtomie comparée. 335 coup plus près des mammifères , et que le développement uniforme des autres parties, tant internes qu'externes de l'organe auditif, forme une série presque parfaite.

Rosenthal , qui précédemment a figuré quelques-uns de ces os (i) , mais qui n'a pas aperçu l'os moyen, donna au postérieur le nom d'os en forme de sabre ou d'apophyse ptérygoïde de la seconde vertèbre (2) , et désigna l'antérieur sous le nom de petite écaille osseuse unie avec la première vertèbre (5) , sans rien dire sur leur nature (4).

Je reviendrai à ces os en traitant de l'organe auditif, attendu que, quelque soit leur usage , c'est avec cet organe qu'ils ont le plus de rapport.

Il est plusieurs poissons chez lesquels les verlèbres sont plus composées encore ;> de nouvelles apophyses s'ajoutent à celles qui existent

(1) Ichthyotom. Tafeln. H. 1, 1812. H. 2. 1816, Taf. t, fig. 5-6. Taf. 9 , fig. 3.

(4) Ce sont les pièces de l'opercule qui ont fourni à M. Geoffroy-Saint-Hilaire les analogues des os de la caisse du lympan. [Philos, anal. , t. I. Paris 1818. — Il sera question plus an long de cette opinion à-propos de l'appareil de l'ouïe. ( Noté dus traducteurs. )

déjà. Il faut ranger ici surtout plusieurs silures , et particulièrement l'espèce haimouth-hale (silurus , seu heterobranchus bidorsalis ).

A compter de la cinquième vertèbre , toutes les apophyses ont , à leur base , une éminence tournée en bas, qui s'alonge d'une manière insensible et proportionnelle dans le sens antéropostérieur ; en partant du sixième de ces os , on trouve intérieurement , à l'extrémité postérieure de la face latérale du corps, une saillie semblable; ces apophyses se touchent réciproquement ; disposition qui augmente naturellement la solidité delà connexion.

Une disposition analogue, mais beaucoup moins développée , se trouve chez le sharmuth ( silurus anguillaris) , et le silurus niger.

Le scomber albacore présente une organisation qui est encore plus compliquée. Outre les cotes courtes, latérales et supérieures, appliquées immédiatement sur le corps des vertèbres et dirigées en arrière, il porte au corps de toutes les vertèbres, les antérieures exceptées, des apophyses antérieures et postérieures qui se dirigent en bas. Celles des vertèbres antérieures sont séparées; celles des postérieures sont , à une hauteur considérable , appliquées très-étroîtement les unes contre les autres, et ne s'écartent latéralement que plus loin. Les apophyses postérieures du quart antérieur de la colonne vertébrale ne sont que des pointes ,

7>\ynatomie comparée. 337 comme chez les silures, entièrement séparées des apophyses antérieures de la même vertèbre et de la vertèbre suivante, quoiqu'elles descen-' dent immédiatement au devant des dernières- Mais à partir de ce point, elles s'alongent tout à coup considérablement , et se bifurquent à leur extrémité inférieure en deux pointes , dirigées en dehors et en devant, qui s'appliquent contre de semblables pointes , fournies par l'apophyse antérieure de la même vertèbre.

Les apophyses antérieures sont simples dans le sixième antérieur de la colonne, mais se bifurquent au-delà en s'alongeant; des deux pointes qui en résultent, l'antérieure est plus courte, et la postérieure est plus longue ;la dernière se confond, comme il a été dit, avec l'apophyse postérieure, se prolonge ensuite en bas et en arrière, porte une côte antérieurement, et reste ici d'abord séparée de celle de même nom du côté opposé, puis se réunit à elle, tandis que dans la queue elle s'y soude aussitôt et forme avec elle l'apophyse épineuse inférieure. La pointe antérieure, plus courte , est libre intérieurement dans les vertèbres antérieures et postérieures; aux vertèbres moyennes elle s'applique contre la pointe postérieure de la vertèbre qui précède immédiatement.

On trouve des particularités , chez quelques poissons, surtout aux apophyses épineuses supérieures et inférieures et à leurs développeraens , les épines accessoires et les rayons des nageoires.

Les plus remarquables de ces particularités sont les suivantes :

Chez une espèce de chétodon ( chœtodon arthriticus)(i), il existe des renflemens arrondis, spongieux, mous, très- volumineux , remplis d'une moelle huileuse : i° à l'extrémité supérieure de la première épine accessoire supérieure ; 2° sur quatre des épines supérieures de la moitié postérieure, à peu près vers le milieu de leur longueur mais un peu plus haut, de sorte qu'il y a chaque fois entre deux épines de cette espèce une épine ordinaire; 3" à l'extrémité inférieure de la première épine inférieure qui est très-longue; et au milieu d'une des dernières , laquelle correspond à la dernière des épines supérieures ainsi conformées. Les renflemens supérieurs et inférieurs , placés postérieurement, régnent environ sur la moitié de la longueur de toute l'épine; le renflement infé-

(i) Descr. of a species of chaetodon, called by tlie Malays, ecan bonna. By M. W. Bell, etc., at Bencoolcn. (Philosoph. tranmct. , 1793 , p. i. , |>. 7 , tab. 6.)

d'anatomie comparée. 339

rieur et antérieur n'en occupe que le quart. L'observateur dit expressément qu'ils existent sur tous les poissons de cette espèce et coustammentaux mêmes os. On ignore l'influence qu'ils exercent sur le genre de vie de l'animal; peutêtre est-elle nulle; du moins elle ne peut être considérable sur le mode de locomotion lent , qui est propre à plusieurs de ces poissons dont le squelette n'offre pas cette dévialion. On peut admettre que le surcroît de poids qui en résulte pour le corps de l'animal est compensé par le volume considérable de la vessie natatoire.

Une autre particularité de ces parties, c'est le développement de plusieurs rayons des nageoires eu pointes isolées, plus ou moins aiguës, dentelées, souvent assez longues. Ces pointes occupent communément le dos, où elles sont le plus fortes et le plus nombreuses, mais on en trouve aussi à la face abdominale. Elles sont situées en général au devant des nageoires dorsale et anale , sont nues dans leur partie supérieure; quoique dans un grand nombre de cas, si ce n'est dans tous , la peau subsiste et leur forme une gaîne molle et lâche qui les entoure. Elles sont en outre généralement beaucoup plus mobiles que les rayons des nageoires et peuvent se cacher, par un côté, d'une manière plus ou moins complète, dans une gouttière variablement profonde, formée par la peau, les os et les muscles voisins, et de l'autre, se dresser et

54o TRAITÉ GÉNÉRAL

prendre une direction tout -à- fait ou presque tout-à-fait verticale. On en trouve des exemples avec différentes modifications chez les centronoles , les balistes } les ericius.

Chez les centronoles, il existe entre la nageoire dorsale et la tète , une série de pointes de cette espèce , dont le nombre varie suivant les espèces. Chez les c. lyzan (Risso) il y en a sept. La première est tout-à-fait immobile, horizontale, immédiatement appliquée sur le bord supérieur du dos, et porte sa pointe directement tournée en devant. Les sept postérieures sont mobiles, mais leur mobilité diminue considérablement d'avant en arrière. Elles peuvent se lever plus ou moins verticalement et tourner leur sommet en arrière; les antérieures peuvent même se cacher entièrement ainsi dans une gouttière.

Le même poisson possède , au devant de la nageoire anale, deux pointes situées l'une après l'autre, qui peuvent se dresser en bas presque tout-à-fait verticalement, et se cacher en arrière dans une semblable gouttière.

Les balistes offrent une disposition intéressante à plusieurs égards. Comme il a déjà été dit (1), la portion la plus antérieure des épines accessoires dorsales qui suit immédiatement la tête est transformée en deux os. Le postérieur, arrondi, alongé , beaucoup plus petit, est dirigé

(i) Voyez pag. 5i/, de ce volume.

d'anatomik comparée. 34i d'arrière en avant et de bas en haut et rencontre ici l'extrémité postérieure de l'os supérieur. Celui-ci, qui touche en avant à l'occipital, est alongé et scaphoïde, la concavité profonde qu'il forme est tournée en haut et la partie convexe et longue, en bas. L'extrémité antérieure est un peu relevée au dessus dù reste de l'os, et porte : i° deux éminences articulaires , latérales, arrondies , considérables ; 2U en dedans et au devant de ces éminences, deux autres petites saillies qui passent en arrière dans une éminence arrondie, moyenne , située entre les premières. L'épine antérieure qui est la plus volumineuse, est arlir culée avec les dernières.

Immédiatement en arrière de ce point, l'orga-* nisation de cette pièce est encore plus complir quée.Du milieu de sa face supérieure qui estcon-. cave s'élève : i° une éminence longitudinale , considérable ; 20 les deux lames latérales sont percées par une ouverture alongée, encore plus considérable, qu'une forte barre partage en une moitié antérieure plus petite et en une postérieure plus grande.

Cet os supporte trois épines , unies entre elles à leur partie inférieure par de la peau molle, libres de toute autre adhérence ; la plus antérieure est beaucoup plus grande que les deux autres qui ont à peu près la même hauteur. Paiv tagées à leur base en deux apophyses articulaires latérales , elles sont toutes un peu con-

7>[\1 TRAITÉ GÉINÉKAL

vexes en avant , concaves en arrière , apointies ; l'antérieure est tapissée à sa face antérieure d'une peau dure , très-rugueuse et dentée, et à sa face postérieure d'une peau molle et délicate, qui enveloppe les deux autres sur toute leur périphérie. La première et la seconde se distinguent, en outre, d'une manière remarquable, l'une de l'autre et de la troisième. La première présente en effet , au dessus et en arrière des courtes apophyses articulaires , de chaque côté , une forte saillie longitudinale, postérieure, interne ; entre ces saillies existe dans le milieu une gouttière longitudinale, considérable; la seconde épine se termine inférieurernent par deux prolongemens latéraux fort longs, qui sortent par la moitié postérieure des ouvertures dont nous avons parlé, et qui sont situés sur les côtés de l'os principal. Ces deux prolongemens s'unissent ici étroitement, mais mobilement avec les faces latérales. Immédiatement au dessus de ce point l'épine se renfle en un condyle arrondi, convexe en avant, élevé au milieu surtout dans le sens longitudinal , qui s'engrène par cette éminence longitudinale avec la gouttière postérieure de la première épine. Inférieurernent ce condyle , surtout par son éminence articulaire, est fortement apointi en avant, et concave en arrière.*

Ces deux épines sont situées immédiatement l'une à la suite de l'autre; la troisième en est

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