I) A IV ATONIE COMPAREE
fort éloignée; elle est située presquà l'extrémité postérieure de l'os principal.
Elles sont étroitement unies les unes aux autres,, un peu au dessus de leur extrémité inférieure, par un fort ligament fibreux, qui s'étend de la face postérieure de l'épine antérieure à la plus postérieure ; il résulte de cette disposition qu'elles doivent nécessairement s'élever et s'incliner en arrière d'un mouvement simultané. L'épine antérieure retenue immédiatement en position verticale par les éminences latérales, internes et antérieures de los principal, ne saurait être mue en avant, et ne peut, à cause de la saillie moyenne dans laquelle passent ces éminences, être inclinée sur le côté. C'est surtout la seconde épine qui assure la solidité de toutes trois; lorsqu'elle est dressée verticalement elle glisse en devant avec son condyle inférieur par dessus la seconde éminence, moyenne , de l'os principal sur laquelle elle se meut, et s'engage dans un enfoncement considérable, situé entre cette éminence ét la première. Elle est encore plus fixée dans cette position parles éminences postérieures et internes de la première épine qui viennent d'en haut se presser contre sa base. On presse par conséquent en vain la première épine sur la seconde, ni l'une ni l'autre ne cède; au contraire la seconde en devient plus solide dans sa position ; ce n'est qu'en tirant en arrière l'épine
344 TU A.ITJE GENERAL
postérieure que l'on peut faire baisser les antérieures pour les faire entrer dans la gouttière formée parl'osprincipal ; elles sont situées ainsi tout-à-fait horizontalement et presque entièrement couvertes sur le côté.
L'organisation des pomocentres et des balisies se trouve réunie d'une manière extrêmement compliquée dans un poisson décrit par plusieurs naturalistes mais surtout avec soin par Tilesius (1) qui le vit en vie. A la place des nageoires dorsales, il existe dans cet ammal trois épines longues et trois autres plus courtes qui s'entrecroisent lorsqu'elles sont érigées. Elles sont attachées à leur base par un fort tendon dans le profond sillon dorsal où elles peuvent s'abaisser et se cacher ; mais quand elles s'élèvent, elles s'entrecroisent avec tant de force qu'il est impossible de les faire fléchir en arrière. Chacune de leurs articulations est rectangulaire, et présente une échancrure dans laquelle s'engrène une saillie du sillon dorsal ; cet engrenage empêche que l'épine ne puisse être forcée en arrière, la rend immobile, jusqu'à ce que le tendon la retire de la saillie tranchante.
Cette description n'est pas tout-à-fait satisfai-
(1) Ericius cataphractus mihi%y der spanische Reuterfischj matskasaoibo Japon. ; monocentris carinata Blochj Gasterosteus Japon. Houttuyn sciaena cataphracta Thunberg. Mùnchner Denkschr. 1811, 1812, p. 77. ( Voyez les Mémoires de l'Académie des sciences de Munich de 181 1 et 1812. )
d'anatomie comparée. 345 santé, car elle ne détermine pas exactement la forme des différentes épines , ni la disposition des muscles, ni leurs rapports entre eux ; cependant les figures font voir d'une manière distincte la composition précédemment indiquée.
b. Côtes. .
Les poissons sont très-généralement pourvus de côtes; celles-ci sont des os alongés, situés sur les faces latérales du corps des vertèbres , le plus souvent des seules vertèbres abdominales, ordinairement depuis la première jusqu'à la dernière ; ces os s'articulent mobilement avec les vertèbres et sont libres à l'autre extrémité. On peut les considérer en général comme des répétitions et des prolongemens des apophyses transverses et les étudier successivement , comme les vertèbres, dans les poissons cartilagineux et dans les poissons osseux.
x. Poissons cartilagineux.
J'ai déjà dit précédemment (1) que, contrai-
(x) Dans ma trad. allem. des Leçons d'anatomie comparée de M. Cuvier , vol. I, p. 4 .
rement a l'assertion émise par Vicq d'Azyr(i) et M. Cnvier (2) , plusieurs poissons cartilagineux, en particulier les raies, les squales et les esturgeons possèdent des côtes; il est cependant vrai qu'elles manquent à plusieurs , savoir aux chimères , aux lamproies , sans doute aussi aux genres voisins ; je n'en ai pas pu trouver de trace chez l'aigle de mer ( raja nquila).
Chezles raies et les squales, qui en sont pourvus , ainsi que chez X esturgeon , les côtes sont appuyées sur des apophyses transverses, courtes, triangulaires, apointies, qui se trouvent situées constamment à l'extrémité inférieure de la face latérale des corps des vertèbres.
Chez Y esturgeon et la torpille, elles sont proportionnellement plus longues què dans les autres poissons cartilagineux; chez les raies elles sont en général plus petites que chezles squales. Parmi ces derniers je trouve que c'est l'ange (sq. squatina ) qui a les plus longues.
Chez X esturgeon elles sont droites et disposées obliquement de haut en bas et de dedans en dehors; la direction en est transversale chez les raies et les squales.
Il n'y a jamais plus d'une rangée de chaque côté. Elles sont de même beaucoup plus petites que chez la plupart des poissons osseux.
(1) Mémoires des savans étrangers , t. VII , p. a3.
(2) Cuvier, Analomie comparée , t. I, pag. ai-3.
d'aNATOMIE COMPARÉ!-;.
a. Poissons osseux.
Il existe des côtes chez le plus grand nombre des poissons osseux.
Les principales conditions qu'elles présentent sous le rapport de la présence, de la disposition, du nombre , de la position, de la connexion avec les vertèbres , de la direction , de la forme et du volume, sont les suivantes :
i° Présence. Elles existent très-généralement ; quelques poissons font seulement exception, par exemple les tétrôdons , les dio dons , les coffres, les bàudroyes , les chironectes , les syngnathes , les espadons, \esjistulaires. Lorsqu'elles existent, elles se montrent presque toujours déjà à compter delà première vertèbre, ou commencent du moins déjà à quelque distance de l'extrémité antérieure de la colonne rachidienne.
20 Disposition. Toutes les côtes n'ont pas la même disposition ; on peut les distinguer surtout en deux espèces ou ordres , en côtes supérieures et en côtes 'inf érieures. L'ordre des inférieures est plus général que le supérieur, ordinairement plus développé et existe souvent sans le supérieur, tandis que celui-ci n'existe jamais sans l'autre. On trouve réunies ces deux espèces de cotes dans les genres saumon, brochet, moi-
myrve, hareng, carpe, pleuronecte, gade , labre, blennie, ruban, anarrhique, sargue } rascasse, ténianote, mulle ,farlouse, pagre , spare , scare , sciène, perche, vive(trachinus) , uranoscope ,trigle, brama raji, acanthure (theutis), chètodon, scombre, corjphene; en" général chez la plupart des poissons osseux. Chez quelques-uns, nous citerons spécialement le genre hareng : il y a encore, outre les côtes supérieures ordinaires, une troisième rangée au dessus de celle-ci; elle est séparée des autres de toute la hauteur du corps des vertèbres. Cette organisation est vraisemblablement indiquée chez beaucoup de poissons , par exemple chez les brochets ou ésoces , par une bifurcation profonde de l'extrémité interne des côtes supérieures.
3° Nombre. Le nombre des côtes est en général déterminé par celui des vertèbres abdominales, les vertèbres coccygiennes étant sans côtes. Quelques poissons font cependant exception à cette règle ; ils ont leurs vertèbres caudales garnies de côtes. Ce sont constamment, dans ce cas, des côtes supérieures, courtes, parce que les inférieures se soudent entre elles et avec les apophyses transverses pour former les épines inférieures. Cette organisation se trouve surtout chez le lump de nos mers (cyclopterus lump us), le sargue ordinaire, le pagre ordinaire, les corjpiiènes, le chœlodon arcuatus , et les scombres. Chez les ecombres ces côtes existent sur la plupart des
vertèbres coccygiennes ; chez les autres seulement sur un petit nombre des premières. Chez . la bonite rayée"(.sc. pelamjs) elles se confondent aux dernières vertèbres caudales et forment une large crête transversale qui se soude avec les vertèbres.
4° Position et connexion. Les côtes supérieures sont toujours situées sur la partie latérale du corps des vertèbres; les inférieures correspondent aux mêmes régions latérales, ou en partie à ces régions, en partie au dessous, ou enfin tout-à-fait au dessous des vertèbres. La dernière disposition a lieu quand elles sont attachées à la face inférieure des vertèbres,, la première quand elles le sont sur les parties latérales.
Elles sont situées , soit immédiatement sur le corps, .soit sur des apophyses de cette partie des vertèbres. Le premier mode de connexion est ordinairement celui des côtes supérieures , le second celui des inférieures. Cependantles côtes supérieures ne sont unies quelquefois aux vertèbres que par des filamens tendineux, longs et minces, et semblent par conséquent être seulement, plongées dans la partie charnue. La description des vertèbres a fait connaître chez quels poissons les eôtes inférieures sont situées sur des apophyses transverses.
Chez les saumons, les mormjres, les harengs, le brama raji, les coryphènes, les scombres , les côtes supérieures sont situées sur les parties la-
55o TRA.1TÉ GÉNÉRAL
térales du corps des vertèbres , à plus ou moins de distance de la racine des apophyses épineuses supérieures, quelquefois presque jusqu'auprès des inférieures, et conséquemment à une hauteur, qui n'est pas la même dans tous, au dessus des côtés inférieures. Chez le polypterus bichir, il existe d'autres côtes qui correspondent aux côtes supérieures ordinaires ; ces côtes occupent la partie antérieure du corps des vertèbres, c'està-dire la partie postérieure delà face inférieure des apophyses transverses; elles sont situées partout au devant des côtes inférieures; dans aucune région elles ne sont au dessus.
Chez les pleuronectes, les gades , les anarrhicpies, les labres , les sp ares , les scares, les tênianoles, les vives, les sciènes , elles sont situées à peu de distance des côtes inférieures sur les apophyses transverses.
Chez plusieurs espèces de gades, de labres , de perches, de chétodons, les côtes supérieures occupent la partie postérieure de l'extrémité supérieure des côtes inférieures, surtout de celles du devant. Quelquefois les côtes accessoires antérieures s'attachent aux inférieures, et les postérieures tout à côté d'elles aux apophyses transverses. On en a un exemple dans le genre rascasse.
Les côtes inférieures sont beaucoup plus or dinairement suuées sur les parties latérales, comme cela résulte en partie déjà de la remar-
d'anatomif. comparée.
que faite ci-dessus que les apophyses transverses ont ordinairement une direction plus latérale. Lorsque celles-ci sont dirigées en bas, les côtes en question se trouvent tout-à-fait sous la vertèbre. Cela s'applique aussi aux côtes inférieures qui sont appliquées immédiatement à la face inférieure des vertèbres sans apophyses transverses.
Lesscombresetles coryphènes offrent surtout cette disposition.
Elles sont situées plus latéralement, au contraire, chez la plupart des autres poissons.
5° Forme et direction. Les côtes inférieures des poissons osseux sont communément plus ou moins convexes en dehors, concaves en dedans, renflées en une petite tête à leur extrémité supérieure, d'où elles s'amincissent insensiblement jusqu'à leur extrémité inférieure , qui dégénère en une pointe. Elles sont ordinairement alongées et arrondies, et descendent de haut en bas et en même temps un peu en arrière.
On les trouve convexes dans le sens que nous ; avons indiqué , par exemple dans les genres sau- \mon, serrasalme , carpe, brochet, mormjre, rxoicet , hareng, gade , pleuronecte , blennie , labre, sciène , perche 0 muge, dorée.
Chez d'autres poissons et en particulier les batistes, les loricaires, le plus souvent aussi chez les silures, les uranoscopes , les trigles et les batrachus , elles sont au contraire convexes en
avant, concaves en arrière, et sont situées horizontalement, ou seulement un peu obliquement tournées en bas.
Elles sont planes chez un petit nombre, par exemple dans le poljpterus niloticus.
Quelquefois elles ne sont pas alongées et arrondies, mais elles sont, surtout supérieurement, beaucoup plus larges de dehors en dedans que d'avant en arrière, direction suivant laquelle elles sont fort minces et comprimées. Les saumons, les serrasalmes, les mormyres, en queïque sorte aussi les brochets , les loches, les anableps offrent cette disposition. On la retrouve aux deux antérieures chez le pimelodus biscatatus, à toutes ou au moins à la plupart de ces côtes chez les carpes, les labres, et p articulièrement le l. livens , la vicelle (Z. vetula) ,\é /. obscurus , chez les soldado (holocentrus), les sargues , les pagres, les spares, les sciènes, les perches, les muges, les acanthures , les scares, les chétodons , les coryphènes , les scombres, les exocets. Leur bord externe est à la fois plus épais que le reste , de manière qu'elles sont concaves en dedans.
On ne les trouve pas, autant qu'il m'a été permis de m'en assurer, larges d'avant en arrière , et comprimées de dehors en dedans.
6° Volume. La plupart des côtes infériewes sont longues , larges et plus ou moins épaisses , principalement chez les serrasalmes, les cyprins , les labres, les sargues, les pagres, les spares,
d'anatomie comparée. 553 les mormjres, les sciènes , les perches , les scombres, les chétodons , chez l'opah ( zeus luna), les acanthures ; très -courtes chez les pleurouectes, les poljptères, la plupart des silures, des anquilles, des rubans , des anarrhiques , des cloptères.
Elles ont une longueur considérable, mais une ténuité extrême, chez les harengs] chez les balistes elles sont courtes, mais épaisses.
Elles ont une longueur et épaisseur moyennes chez les autres.
Les côtes supérieures n'ont pas toujours le même rapport avec les inférieures. Elles sont généralement plus petites et plus minces; cependant la différence n'est pas bien considérable chez quelques-uns, particulièrement chez les harengs , les exocets , les brochets ou ésoces „ les pleuronectes , les gades ( surtout chez ceuxci ) , les labres, les anarrhicjues , les vives , les brama raji , les scombres.
La différence est au contraire très-grande chez les spares et les genres qui en ont été séparés , chez les perches, les acanthures , les chétodons, les coryphénes , les centronoles.
Une exception digne de remarque se rencontre chez le tcenianolus tuberculjusus, où les côtes supérieures ne sont pas aussi longues, mais plus épaisses que les inférieures. Chez le poljpterus niloticus, les côtes supérieures , placées en avant, sont beaucoup plus petites et plus minces n q3
que les inférieures ; les postérieures sont plus grandes , quoique plus minces.
Elles sont ordinairement droites et dirigées en dehors, en arrière et en haut ; mais chez le tœnianotus tuberculosus elles sont assez fortement convexes à leur face inférieure, concaves à la supérieure. Chez plusieurs poissons, par exemple /chez les labres, dans un certain nombre de spares , de cenlronoles , de scombres, de coryphènes, elles sont convexes en dehors.
Chez le polypterus bichir, les antérieures sont plus petites , droites; les postérieures convexes.
Chez plusieurs poissons, par exemple chez les batistes, le polyp tenus niloticus , les cyprins , les brochets, les labres, toutes sont tout-à-fait ou presque tout-à-fait semblables.
Elles offrent , au contraire, chez le plus grand nombre de poissons des différences plus ou moins frappantes. La première ou les deux premières sont ordinairement très-petites, ensuite elles grossissent subitement à compter de la seconde ou troisième vertèbre, et augmentent d'abord insensiblement de volume d'avant en arrière , puis diminuent de même peu à peu, de sorte que les premières et les dernières sont les plus courtes. Les postérieures deviennent en même temps plus minces.
Chez quelques poissons, par exemple le salmo itilotic is, lè myletes rhomboidalis, les cyprins, Va première des longues côtes est de beaucoup
d'ANATOMIIî COMPARÉE. 355
plus large, en même temps plus droite que les autres. Chez les cyprins, la différence est moins saillante à cause de la largeur des autres côtes.
Cela a lieu pour les deux premières côtes chez le silurus s chai carasch.
Chez les gades , les quatre à cinq premières côtes sont appliquées immédiatement, les autres au moyen d'apophyses transverses , sur les parties latérales des corps des vertèbres, et sont plus courtes, mais beaucoup plus épaisses que les postérieures. Celles-ci sont à la fois tout-à-fait ou presque tout-à-fait droites, les premières sont courbes.
La même différence de connexion nous est présentée par d'autres poissons encore, par exemple, par les trigies et les scombres; il n'y a que cette distinction à remarquer, c'est que, chez les trigies , les premières côtes sont situées très-haut comme chez les gades, tandis que chez les scombres elles se trouvent très-rapprochées de la face inférieure du corps des vertèbres.
Les huit premières de Yopah sont beaucoup plus courtes que les moyennes.
c. Sternum.
Le sternum ou les sternums , quand ils existent chez les vertébrés, sont généralement des
os carrés, très-simples , le plus souvent minces, d'une forme alongée et aplatie , situés à la face abdominale du corps, à l'opposite de la colonne vertébrale à laquelle ils sont unis par les côtes. Leur étendue varie considérablement. Ordinairement ils correspondent seulement à la cavité thoracique; mais il n'est pas bien rare de les voir descendre davantage et fermer la cavité abdominale à sa partie inférieure.
Il n'y a guère d'os sur la détermination desquels il règne autant d'opinions contradictoires que sur le sternum des poissons. On n'a gratifié de cette dénomination pas moins de quatre os differens. Duverney (i) voulait que le sternum fût représenté par de petits os, situés sous les arcs des branchies, et non, comme le prétend M. Geoffroy, les arcs branchiaux eux-mêmes ; le sternum fut pour Gouan (2) un os impair, situé d'avant en arrière, entre la tête et la clavicule, sur la ligne médiane; Vicq-d'Azyr (3) considéra comme tel les clavicules et les omoplates; M. Cuvier (4) une série de pièces osseuses que l'on rencontre chez quelques poissons , et qui occupent le milieu de la face inférieure de l'abdo-
(1) Mémoires sur la circulation du sangdes poissons, etc. Mém. de l'Acad. des sciences , 1701 , p, 296
(2) Hisi. piscium. Argentor. , 1770, p. Qf\.
(3) Premier mémoire , p. s. à lanatomie des poissons. Dans les Mémoires présentés , etc. , t. VII , p. 24-
(4) ' Leçons d'anatornie comparée, vol. I, p. 214.
n'ANATOMiE COMPAKÉK.
men , on elles se succèdent dans te sens antéropostérieur.M. Geoffroy(i) voit chezles poissons cartilagineux l'analogue du sternum dans un large cartilage , placé entre les branchies ; chez les poissons osseux, il signale comme tel, outre la pièce indiquée par Gouan, et qui est pour lui la portion moyenne, les deux branches latérales de l'os hyoïde, et les rayons branchiostèges situéisur ces dernières sont pour lui les côtes sternales (2).
(1) Troisième mémoire sur les poissons, où l'on traite de leur sternum, etc. Annal, du Muséum d'hist. natur. , t. X, p. 87. — Phil. anal., t. I , p. 57.
(2) Le sens du mot .sternum a été généralisé par M . Geoffroy-Saint-Hilaire. Cet analomiste en a fait un nom collectif qu'il applique à un ensemble de pièces, formant la partie inférieure du thorax des vertébrés. Cet appareil sternal, qui appartient nécessairement à la poitrine , sert à en aider le mécanisme ou en protéger les viscères.
Chacune de ces pièces est déterminée sous les rapports de ses fonctions et présente un caractère propre. Elles sont partagées en deux ordres : dans le premier sont compris les os sternaux proprement dits; dans le second sont renfermées les côtes sternales. Les os sternaux sont au nombre de neuf; les côtes sternales ne sont pas en nombre fixe.
Dans les animaux qui ont la poitrine alongée , les os sternaux sont disposés bout à bout; ils s'accouplent , se rangent sur \m plan transversal, se doublent ou s'écartent selon les modifications imprimées à la forme de la poitrine. Un seul, qui est impair , conserve sa position centrale.
M. Geoffroy leur a assigné des noms particuliers. Il appelle insTERNAUx les plus antérieurs, entosternal celui qui
358 TRAITÉ GJiNlhlA.L
De toutes ces opinions, celle de M. Cuvier me paraît seule la véritable. Celle de M. Geoffroy
occupe le centre, hyosternaux les annexes latérales et antérieures, hyposternaux les annexes latérales postérieures , xiphisternaux les os postérieurs et médians j son terme de comparaison ayant été choisi dans le cas où la poitrine est aussi large et aussi ample que possible.
L'appareil sternal a des caractères propres dans chaque classe. Dans les poissons osseux , il est retenu dans des limites fort resserrées; il est composé d'un épisternal à deux têtes et puis des annexes : les hyosternaux et les hyposternaux j l'entosternal n'y domine pas. Les cinq pièces précitées n'éprouvent alors aucun obstacle à leur développement • elles croissent jusqu'à ce qu'elles s'atteignent et s'appliquent aux hyoïdes. L'hyosternae et 1' épisternal sont tellement séparés qu'on les croirait étrangers l'un à l'autre. Ce sont le hyosternaux qui supportent les côtes sternales que M. Geoffroy signale dans les rayons branchiostèges. Ainsi loin de refuser un appareil sternal aux poissons , M. Geoffroy l'analyse et le suit dans toutes ses variétés de disposition. (Voyez Philos, anat. , t. I, p. 163, et t. II , p. 200 ).
Les pièces sternales réunies aux pièces entrant dans la composition de la bouche, du larynx, etc., etc., sont les seules que M. Robineau Desvoidy admette dans les crustacés, les arachnides et les insectes. Il considère ces animaux comme vertébrés, mais avec cette différence, par rapport aux animaux supérieurs , que ceux-ci ont le chapelet des vertèbres dorsales prédominant , tandis que chez les crustacés , les arachnides et les insectes il n'existe que la série des pièces abdominales dont il assimile les groupes successifs aux appareils osseux qui forment le rachis des vertèbres et qu'il appelle vertèbres ; après avoir étendu la définition de cette expression, comme il sera dit plus tard , il a
DAN ATOiVJ 1E COMPARÉE. )5()
est bien exposée , et a beaucoup pour elle au premier abord; mais elle est renversée par la remarque que la large pièce cartilagineuse des
constaté neuf élémens à ces vertèbres de la série inférieure qui prédomine exclusivement chez les crustacés , les arachnides , et les insectes.
Chacun des élémens de ces appareils osseux, successifs, a reçu un nom particulier. Il appelle basial la pièce centrale de chaque vertèbre. Pour se faire une idée du basial, on peut supposer un animal dont chaque division ne serait protégée en dessous que par une seule pièce ; cette pièce serait le basial. Il nomme costaux deux pièces qui se développent ordinairement sur le dessus et sur les côtés du corps de l'animal et naissent de la face supérieure du basial. Ces pièces représentent vraiment les côtes sternales. Ces costaux peuvent se souder par leur extrémité ou leur bord correspondant et former ainsi le tergum ou Vanneau dorsal. Leur usage est de constituer un appareil de protection aux organes digestifs et aux nerfs.
Une autre paire se développedela face inférieure du basial : ceux-ci sont les polergaux. Ces pièces mettent l'animal dans les rapports les plus grands et les plus variés avec le monde extérieur ; elles constituent ses organes de préhension , de mastication , renferment les organes des sens , de copulation, et portent souvent ceux de respiration. Deux autres paires ont encore été admises : les abtuoméraux et les abthroceraux. Toutes deux naissent dans la plupart des cas du tolergal de chaque côté. Les aeturoceb aux se développent ordinairement en bas ; ils fournissent le plus communément les organes de la locomotion terrestre t aquatique , aérienne. Cette paire se brise en plusieurs fragmens qui forment ce qu'on appelle les élytrcs , les ailes , les nageoires , les cuisses , les jambes , les tarses et Eouvent k-s divers inslrumcns de leurs arts. Elle peut
36o TRAITÉ GÉNÉRAL
poissons cartilagineux , bien qu'assimilée exactement par lui à la pièce osseuse que Gouan prenait pour le sternum , n'est pourtant pas une pièce sternale, mais correspond très-vraisemblablement à l'os hyoïde moyen , postérieur des oiseaux . quoique cet os soit beaucoup plus petit en proportion. Un examen plus approfondi qui sera fait , en traitant de l'os hyoïde et de l'organe respiratoire , démontrera que toutes les pièces osseuses, considérées par M. Geoffroy comme appartenant au sternum , ne font absolument partie que de l'os hyoïde, considérablement développé chez les poissons. Une circonstance qui milite surtout contre l'opinion de ce dernier naturaliste , et qui peut être présentée ici par anticipation , c'est que l'os qu'il prend pour le sternum est situé, chez les raies et les squales, non au dessous et en avant du cœur , mais au dessus de
être modifiée en organe de protection de l'antenne , devenir rudimentaire et disparaître.
La seconde paire ou les arthrocÉraux, qui naît ordinairement sur le dessus des polergaux , consiste en un double appendice articulé qui s'étend sur le inonde extérieur ; elle forme les palpes, les antennes , les balanciers et souvent une partie des ailes ; elle exerce le tact , l'odoral ion , le goût • son développement est en rapport inverse avec celui des arthromeraux. Recherches sur l'organisation vertébrale des crustacés, des arachnides et des insectes , parJ.-B. Robineau Desvoidy. Un vol. Paris , 1828.
( Note des traducteurs. )
d'anatomie comparée. 36 1
ce viscère ; disposition qui serait contraire à toute analogie (i).
D'après notre manière de voir, la plupart des poissons sont privés de sternum. Chez ceux qui en sont pourvus, il est constitué le plus
( 1 ) Ce n'est pas une opinion qu'a émise M. Geoffroy-Saint- Hilaire, c'est un fait qu'il a énoncé. Une première inspection lui avait fait prendre , par une véritable inspiration irréfléchie, cette pièce carlilagineuse pour Yenlosternal. Il abandonna cette idée après un examen plus attentif ; mais la doctrine qu'il combat, c'est que les poissons soient sans sternum. On répugne à croire qu'il y ait défaut d'un appareil sternal parmi ces animaux • i° Quand on voit que l'appareil hyoïdien est complet • 2° que les rayons brancîiiostèges restent sans analogues ; 5° qu'un grand mouvement a porté la poitrine vers la tête, et que dans ce refoulement en avant les pièces sternales ont dû être écrasées, pressées, rejetées sur les côtés j 4° qu'elles ont dû suivre les branchies au service desquelles elles sont dévolues; 5° que la multiplicité des pièces sternales suffit à expliquer les modifications nombreuses qu'a éprouvées cet appareil , en concevant des changemens de proportions et de rapport entre elles j 6° que les connexions y sont favorables* 7° qu'enfin une semblable exception au plan général qu'a suivi la nature dans la formation des vertébrés , serait un argument qui ne tendrait rien moins qu'à infirmer la loi d'unité de type reconnue par M. Meckel dans son premier volume.
Comment admettre en effet que la nature, astreinte à une certaine règle pour dix-neuf vingtièmes de ses ouvrages , quitterait pour le dernier vingtième sa voie adoptée ? Il y aurait là une contradiction unique qui s'évanouit si l'on admet le3 faits démontrés par M. Gcoffroy^Saint-Hilaire.
{Note des traducteurs. )
souvent par un nombre variable d'os en forme de V, dont le sommet est dirigé en bas , et la base en haut, qui s'imbriquent d'avant en arrière , et s'étendent , immédiatement sous la peau, depuis la nageoire anale jusqu'au point de réunion des deux os de l'épaule. Leur série n'est pas interrompue par les os pelviens, quelques-uns d'entre eux s'appliquent même autour de ceux-ci. Le degré du développement de ces os varie; ils sont peu considérables chez le poisson Saint - Pierre ; chez Y alose , au contraire, ils se terminent par une grande pointe, nonseulement en avant , mais particulièrement en haut sur les parties latérales. Chez l'anchois [clupea atherinoides) , ces pièces sternales sont en proportion encore plus considérables que chez X alose. Celles du milieu ont, chez un grand individu, six lignes de haut, et toutes ont une largeur de deux lignes et demie. Dans ce poisson on ne peut pas méconnaître la nature de ces os ; les apophyses supérieures et latérales de ces pièces s'étendent en effet jusqu'aux côtes abdominales , et s'appliquent contre elles par une partie considérable de leur longueur : il en résulte que ces os semblent représenter le sternum et les cartilages des côtes. On ne doit pas s'étonner de ce que ces os s'étendent dans toute la longueur de l'abdomen , puisque le crocodile et plusieurs autres sauriens offrent quelque chose de très- analogue ; on peut dire par con-
séquent que la partie postérieure du sternum, laquelle , chez les crocodiles , ne s'est pas développée autant que l'antérieure, a pris ici tout ou presque tout son accroissement , tandis que l'antérieure ne s'est pas formée.
Les balistes offrent une forme moins parfaite à cet égard; je crois du moins que l'on peut considérer, avec quelque raison, comme sternum abdominal , un os simple qui s'applique , par son extrémité antérieure, à la face interne des deux principaux os inférieurs des membres antérieurs , et qui, comprimé latéralement et offrant un bord supérieur convexe et un inférieur concave s'étend en arrière à la face inférieure de l'abdomen. Chez le balistes vetula cet os est très-simple , comme il vient d'être dit ; chez le b.biaculeatusW est, en proportion, beaucoup plus grand et plus large, et se termine par deux pointes supérieurement et vers sa portion moyenne, où les pointes se présentent sur son bord inférieur : il s'applique par les pointes antérieures contre les clavicules ; immédiatement en arrière des postérieures , on trouve les deux longues épines que l'on peut considérer comme les rudimens des membres postérieurs.