B. OS DES MEMBRES
La plupart des poissons possèdent les deux paires de membres des animaux vertébrés. Les
os ou cartilages de ces parties forment plusieurs fractions qui 3 de la ligne médiane et de l'intérieur du corps, se dirigent vers la périphérie.
Afin de pouvoir indiquer convenablement les particularités que présentent les os des îiiembres dans les poissons , nous croyons devoir, comme nous l'avons fait pour la coloune vertébrale , considérer ces parties d'abord dans les poissons cartilagineux ; nous les étudierons ensuite d'une manière spéciale dans les poissons osseux. Nous séparons cette étude , parce que ces deux ordres offrent des différences très-considérables, que les individus de chaque groupe se rapprochent au contraire , sous ce rapport , par des ressemblances fondamentales. La même raison nous conduit à décrire les membres an-< téi ieurs et les postérieurs isolément.
a. OS DES MEMBRES ANTÉRIEURS.
i. Poissons cartilagineux.
Les raies, les squales et les chimères, avec les genres qui en ont été séparés, offrent beaucoup plus de particularités et de caractères communs que les esturgeons. On sait que le squelette des premiers présente une disposition particulière , tandis quedes esturgeons, non-seu-
d'anatomie comparée. 565 lement forment le passage aux poissons osseux, mais sont même , sous plusieurs rapports , organisés plutôt d'après le type de ceux - ci que d'après celui dont les cartilagineux offrent l'exemple.
Les membres antérieurs des genres précités se composent surtout de deux portions principales.
La première est formée d'os alongés et plats ; elle constitue un anneau ou ceinture plus ou moins complète ; ce cercle entoure constamment le corps à sa face inférieure , et quand il est parfait , il le recouvre même à sa face supérieure.
La seconde portion , articulée avec la précédente à l'endroit où elle se replie de la partie latérale en bas, consiste en deux fractions , dont la première, composée d'os larges et plats, semblables, mais plus ou moins triangulaires, constitue la base de la nageoire proprement dite.
La seconde fraction de la deuxième portion du membre est formée de plusieurs séries successives de cartilages alongés ou de rayons des nageoires.
La première portion qui occupe la région de V épaule consiste très - généralement en deux cartilages; l'un de ces cartilages est supérieur, étroit, communément plus petit ; l'inférieur est beaucoup plus volumineux. Le premier est droit, Je second est plus ou moins recourbé. Ce der-
366 TRAITÉ GÉNÉRA.L
nier est formé d'une partie latérale supérieure, et d'une partie latérale inférieure, dont la dernière se soude, dansla ligne médiane, à la partie de même nom, située au côté opposé. À l'endroit où il se recourbe , ce cartilage offre toujours sa plus grande largeur d'avant en arrière ; la surface en est garnie de saillies convexes de différens volumes , dont la hauteur la plus considérable est dans la direction de haut en bas,- avec ces saillies s'articule la portion suivante ; cette articulation permet à cette portion des mouvemens libres surtout dans le sens vertical, de haut en bas.
Ces caractères généraux des os de cette portion offrent en partie, dans différens genres, et même dans diverses espèces du même genre, des variétés fort notables ; ces variétés se rapportent à la connexion , au nombre , à la forme et au volume.
U Connexion. En ce qui concerne cette condition , on oberve la différence remarquable que chez les squales , sans exception , même chez l'ange [sfjualus squatina) , ainsi que chez les chimères et les torpilles , la pièce supérieure n'est pas unie avec le rachis ou le crâne; chez les raies , au contraire, elle est articulée solidement, par harmonie, avec l'extrémité postérieure de la première portion du rachis, formée de l'assemblage de plusieurs vertèbres ; chez les esturgeons, elle s'applique même contre l'occipital ,
d'anatomie comparée. 367 à la manière que l'on observe dans les poissons osseux.
Les différences graduelles qui s'observent sous ce rapport sont curieuses.
La connexion la plus solide se rencontre chez quelques raies , £>ar exemple dans Y aigle de mer. Dans cette espèce la pièce supérieure est appliquée, par son bord supérieur et interne, contre la ligne des apophyses épineuses , et par son bord inférieur qui est plus étroit, mais correspondant toujours à la moitié postérieure du supérieur, contre la ligne des apophyses transverses. Cette partie inférieure manque dansd'autres raies , par exemple, la raie blanche et la raie lentillat ; elle y est remplacée par un fort ligament , de sorte que le cartilage s'applique seulement contre la ligne des apophyses épineuses.
Chez les torpilles la pièce supérieure ne s'attache absolument pas à la colonne rachidienne, mais se confond dans la ligne médiane avec sa congénère du coté opposé; il en résulte un anneau étroit , tout-à-fait mobile, qui n'est nulle part en connexion avec la colonne vertébrale.
Chez les squales enfin les parties supérieures de même nom, des deux côtés, sont entièrement séparées l'une de l'autre et du rachis.
La connexion des deux pièces inférieures dans la ligne médiane n'offre pas moins de différences, quoiqu'elles soient moins saillantes.
Chez les raies, les chimères et Y ange, ces deux pièces se réunissent par une articulation immobile en un tout unique, et offrent leur plus grande épaisseur en cet endroit; chez plusieurs squales , je citerai spécialement le griset {sq. griseus) et le marteau (s. zygœna), ainsi que chez les torpilles, les pièces en question sont le plus minces à l'endroit de leur réunion , et jouissent par conséquent de quelque mobilité. Chez les torpilles cette surface de contact est^ conformément à la forme générale du corps, étroite d'avant en arrière, et très-large d'un côté à l'autre; la disposition contraire a lieu chez les squales.
2°. Nombre. Le nombre des pièces qui composent cette portion du membre antérieur n'a pas plus de fixité. Il est une loi générale à laquelle je ne connais pas d'exception , c'est qu'elles ne sont jamais moins de deux. Un examen superficiel pourrait faire croire que chez Y ange la pièce supérieure manque; mais elle existe constamment, elle n'est que très- petite et avortée. 11 y en a au contraire trois dans les torpilles : i» une petite pièce alongée , la plus interne, contiguë à celle du côté opposé: 2° une autre plus large et plus de deux fois plus longue, située entre la précédente et la deuxième pièce ordinaire; 3° l'inférieure que l'on rencontre ordinairement et qui est volumineuse. Cette différence est incontestablement en rapport avec l'ampliation considérable de l'arc de ces poissons.
d'anatomie comparée. 069
5°. Forme. Les deux pièces , l'inférieure surtout, varient aussi sous ce rapport.
La pièce supérieure est fort alongée, apointie en haut chez les chimères et le plus grand nombre de squales , mais principalement chez les premières; elle est au contraire carrée chez les raies , particulièrement les raies communes , tandis qu'elle est plus prolongée dans le sens de la largeur chez les torpilles.
L'inférieure , qui est la plus simple chez les squales, offre à l'endroit où elle se recourbe deux facettes articulaires convexes ; l'une de ces facettes est supérieure et antérieure, l'autre est inférieure et postérieure; toutes deux sont séparées par une ouverture assez peu considérable.
Cette ouverture manque chez les chimères où l'on rencontre les deux facettes articulaires ; en revanche la partie inférieure de la pièce. inférieure y est beaucoup plus large que la supérieure, dont elle se distingue en outre par plusieurs éminences et enfoncemens.
Chez les torpilles et les raies cette pièce s'étend surtout d'avant en arrière à l'endroit où elle se recourbe ; plus loin elle se rétrécit de nouveau. L'ouverture qui existe chez les squales: s'agrandit en outre considérablement et se multiplie. On trouve en effet chez les torpilles et les raies, indépendamment de l'ouverture postérieure, plus petite, qui s'est ici considérablement étendue, une autre ouverture antérieure, plus n 24
grande , correspondant à la moitié antérieure de la pièce. Cette dernière ouverture est surtout grande chez les torpilles; la partie du car tilage qui est située au devant est transformée en un pont étroit. Chez la raie lentillal on trouve encore en outre, en dedans et en bas, près l'ouverture postérieure , une seconde ouverture qui est pareillement considérable. Chez Yaigle de mer il y a même une ouverture inférieure et antérieure à côté de la supérieure , le bord externe qui manque chez d'autres raies se complétant dans cette espèce. On en rencontre même une cinquième qui est antérieure, supérieure et externe; celle-ci est formée aux dépens du bord externe dont les parties supérieure et externe donnent naissance à un pont osseux particulier.
Il existe de plus, chez les raies et les torpilles , un troisième condyle, moyen, assez considérable.
Toutes ces différences sont en rapport direct avec le différent degré de développement de la nageoire.
4°. Volume. C'est chez les torpilles que cette portion des membres est la plus grande; viennent ensuite les raies , puis les chimères, en dernier lieu les squales.
La seconde portion est toujours située au bord interne de la nageoire dont elle forme la base.
Elle est toujours unie par des facettes articu-
d'anatomie compahéi:. 3^1 laires, concaves, avec la partie articulaire de la première portion ; les différences que présentent ces facettes correspondent exactement à celles de cette portion qui ont été décrites.
Cette surface est toujours la plus étroite de la seconde portion , qui, à partir de ce point , s'élargit toujours en arrière, et plus ou moins aussi en devant chez l'ange, les torpilles et les raies.
Elle est la plus petite chez les chimères , et se compose de trois pièces, parmi lesquelles celle du milieu est de beaucoup la plus grande et -la plus alongée. La postérieure de ces pièces, qui est la plus petite , est située sur les premières, la première et la seconde sont au contraire en rapport de contiguité avec la partie articulaire de la première portion du membre.
Chez les squales la pièce antérieure se divise en deux autres plus petites, ayant à peu près le même volume. La seconde de celles-ci se grossit considérablement chez Y ange, et augmente surtout en largeur. La troisième petite pièce, postérieure, que nous avons mentionnée, manque ici.
Chez les raies et les torpilles, le nombre de ces pièces augmente encore plus considérablement; elles deviennent en outre plus longues, moins plates, et se renflent surtout à leur bord interne, en haut et en bas, de manière à former une crête qui agrandit beaucoup la surface d'attache pour les muscles. Tandis que dans les précédentes espèces elles ne s'étendent qu'en
arrière, elles se dirigent ici en avant, où elles sont toujours plus nombreuses et plus volumineuses qu'en arrière. Cela est surtout très-frappant chez les torpilles, chez lesquelles on trouve, en avant, environ dix de ces pièces très-considérables ; il y en a à peine cinq en arrière et un beaucoup plus grand nombre de petites. Ordinairement il y a quelques petites pièces moyennes qui passent immédiatement en dehors dans des rayons de nageoires , tandis que la plupart de ceux-ci sont simplement appliqués sur le bord externe de ces bases cartilagineuses. Cette disposition est surtout distincte chez la raie lent Mat, où il existe un grand cartilage de cette espèce, ayant la forme d'un carré long, qui se continue avec huit rayons de nageoires et qui est suivi de plusieurs autres plus petits correspondans à un ou deux rayons de nageoires. Chez Y aigle de mer il existe, entre le premier et le dernier cartilage , une série d'autres cartilages plus petits, mais qui ne se continuent pas immédiatement avec les rayons. Le nombre de ces cartilages basiques est très- variable et ne dépend nullement de l'étendue de la nageoire. Chez X aigle de mer, il n'y a le plus souvent qu'un cartilage très-volumineux qui correspond à la moitié antérieure et postérieure de la nageoire ; chez la raie blanche , la raie lenlillat et les torpilles, il y en a plusieurs qui diminuent considérablement de volume de la base au sommet.
d'à nato Mit oôATPAHiE. 3y3 Chez les torpilles, la pointe antérieure de cette série de cartilages serencontre presque avec une strie cartilagineuse, alongée, tournée en dehors, qui vient de l'extrémité antérieure de la tète.
Chez Y aigle de mer également, il y a un cartilage carré, large et fort, qui , venant de l'extrémité antérieure de la tête, va au devant de cette série de cartilages et s'applique à sa face interne , en s'unissant avec elle d'une manière intime. Mais la série de cartilages et toute la nageoire se portent encore plus en avant et en dedans, de manière à former la partie la plus antérieure de tout le corps, et à s'atteindre presque dans la ligne médiane.
La seconde fraction de cette portion de l'ap pendice locomoteur, vers laquelle la fraction qui vient d'être considérée forme en partie, du moins par ses derniers articles, une transition insensible , est composée d'un nombre variable de rayons tort alongés, un peu renflés aux deux extrémités^ unis entre eux et avec les bords latéraux des pièces de la première fraction, d'une manière peu mobile et par amphiarthrose.
Us sont généralement d'autaut plus multipliés qu'ils sont moins volumineux, et que la nageoire est plus large et plus fractionnée ; d'où il suit nécessairement que les plus grandes nageoires sont aussi les plus mobiles, à cause de l'augmentation du nombre des pièces articulées. C'est
THAJTÉ GJÎWÉRAL
à la partie moyenne, qui est à la fois la plus large de la nageoire qu'on en compte davantage ; ils diminuent de nombre , mais moins de volume , vers l'extrémité. Les raies offrent les plus grands développemens. J'en trouve plus de vingt rangées dans la région moyenne de la nageoire de la raie blanche, même trente et quelques chez Y aigle de mer et la raie lentillat , chez les torpilles seulement dix à douze, chez le griset ( squalus griseus), l'aiguillât { acanthias) , la petite roussette ( catulus) , le marteau (zygama) , trois à quatre, et seulement trois chez l'ange (sq. squatina. )
Le nombre des rangées que forment les rayons varie de l'extrémité antérieure des nageoires à leur extrémité postérieure. Il y en a communément de quatre-vingts à cent chez les raies, de cinquante à soixante chez les torpilles , vingt et quelques chez les squales et les chimères.
Quand on les considère d'avant en arrière, on trouve ordinairement que ceux du milieu soût les plus longs.
Ceux de la partie externe sont ordinairement aussi plus petits que les internes. Cette circonstance a lieu surtout pour les postérieurs, que l'on rencontre quelquefois, comme chez les chimères et la petite roussette (squalus caiulus), subitement beaucoup plus petits et à la fois larges et discoïdes.
Chez les raies, les derniers articles diminuent
aussi peu à peu de la moitié; mais cela îfesl pas général parmi elles. Ainsi, par exemple, chez le griset {sq. griseus), l'article moyen est beaucoup plus court que l'externe et l'interne, qui ont tous deux à peu près le même volume.
Le marteau (sq. zygœna) présente une organisation encore plus digne de remarque. Il y a trois articles, dont le plus externe, par ses rayons antérieurs, est huit ou dix fois plus grand que le second , qui est lui-même trois fois plus petit que le premier. Cette troisième série se termine par une pointe mince , et diminue brusquement de volume, à compter du milieu de la nageoire.
D'après mes recherches, les rayons des nageoires ne forment généralement qu'une couche simple, située entre les muscles supérieurs et inférieurs; le nombre des séries qui se succèdent d'avant en arrière est, au. contraire, très-généraiement doublé chez les raies et les torpilles ,par la bifurcation de la plupart des rayons externes. Ordinairement la bifurcation commence seulement au milieu d'un rayon, et à chacune de ses moitiés correspond une paire d'autres rayons. Quelquefois cela a lieu sans bifurcation préalable d'un rayon simple. Chez les torpilles et la raie lentillat, cette organisation commence au tiers externe de la nageoire ; chez X aigle de mer, à peine au dernier dixième.
Les squales offrent quelques indices de cette
disposition dans la bifurcation de l'extrémité libre des rayons externes.
Quelquefois , par exemple chez les chimères, la série moyenne est considérablement plus longue que les autres.
On voit par conséquent par là qu'il y a une différence très-considérable dans le rapport de chaque article; ce fait est curieux, soit par luimême, soit à cause des différences analogues qui existent entre les parties correspondantes des membres des autres classes d'animaux dans leurs divers ordres.
A compter du troisième article, la nageoire est ordinairement appuyée et consolidée par un très-grand nombre de stries cornées, fines, pointues, que l'on peut comparer évidemment avec les ongles. Elles sont surtout développées chez les chimères et les squales, beaucoup moins chez les raies; cette inégalité de développement dépend de ce que chez celles-ci les rayons des nageoires s'étendent dans toute la largeur des nageoires, tandis que chez les squales il y a toujours une portion considérable de la partie externe des nageoires qui n'est pas occupée par les rayons.
La forme et le volume des nageoires sont du ressort de la zoologie; cependant nous devons en indiquer ici la disposition chezY aigle de mer; cette disposition ne pouvant pas être reconnue sans en examiner la structure intérieure.
d'anatomie comparée. 377 La nageoire est ordinairement le plus large dans sa partie moyenne; elle diminue plus ou moins à partir de ce point, mais uniformément et sans interruption vers les deux extrémités. U aigle de mer fait exception à cette règle d'une manière digne de remarque. Les deux tiers postérieurs de la nageoire ont la structure ordinaire, seulement elle est plus courte d'avant en arrière qu'on ne la rencontre communément. Mais un peu en avant du premier tiers, les rayons disparaissent tout à coup et presque entièrement; au lieu d'être transverses comme jusqu'à ce point , ils prennent une direction exacte d'arrière en avant ; vers l'extrémité antérieure, ils se dirigent même peu à peu de dehors en dedans et d'arrière en avant : il en résulte que les extrémités antérieures convergent fortement et parviennent presque à se toucher. En arrière, il n'y a qu'une série simple qui devient insensiblement quadruple antérieurement.
Chez le céphaloptère ( raja cephaloptera) , il y a à peu près la même disposition, à cela près que les nageoires thoraciques se portent plus en avant et ne convergent pas, mais s'écartent au contraire fortement l'une de l'autre.
TRAITÉ GÉN1ÎRAL
V esturgeon fait, comme nous l'avons déjà dit(i), le passage des poissons cartilagineux aux osseux.
La portion supérieure ou antérieure des membres forme à peu près un demi- cercle, ayant sa convexité tournée en arrière et sa concavité en avant. Elle s'articule d'une manière peu mobile par son extrémité supérieure , qui se termine en pointe mousse, de côté et d'en haut, à la partie postérieure de la tête, et se compose de trois pièces qui se succèdent de haut en bas.
La plus supérieure est très-simple ; c'est une plaque alongée^ arrondie , cachée dans son tiers supérieur sous la partie céphalique avec laquelle elle s'articule ; elle est libre et tout-à-fait osseuse et rugueuse dans ses deux tiers inférieurs.
La seconde, qui est moyenne , est beaucoup plus composée et la plus grande de toutes.
Elle forme une pyramide creuse, dont la base est en bas, et le sommet en haut.Les parois inférieure et externe sont beaucoup plus larges que l'interne. Elles sont en outre osseuses; la dernière est cartilagineuse. La paroi interne s'articule avec l'externe et l'inférieure par deux
(1) Pag. 2.5a de ce volume.
d'anatomiiï comparée. 379 saillies cartilagineuses parfaitement séparées l'une de l'autre. Ces saillies partagent l'espace , qui existe entre les trois parois , en trois conduits ou lacunes qui se dirigent d'avant en arrière; l'intervalle moyen est bien plus grand que les autres , l'interne ou inférieur est le plus petit.
Le sommet de la pyramide, dans la moitié supérieure de sa hauteur, glisse au dessous de la moitié interne de la première pièce.
La troisième pièce, placée au devant de la seconde, est un peu plus petite, et consiste en d'eux lames, dont l'une est horizontale et inférieure , et l'autre supérieure et externe , plus grande; toutes deux sont unies entre elles sous un angle aigu, et articulées avec les parois inférieure et externe de la seconde pièce par une suture presque immobile; leurs extrémités antér.eures, attachées l'une à l'autre au moyen de la peau . se meuvent librement. Il existe en outre en cet endroit , sur la partie interne de 1 extrémité antérieure de cette troisième pièce, une lame osseuse, carrée , très-petite.
La seconde portion , la nageoire proprement dite , est alongée , triangulaire , et se compose de deux parties, l'une antérieure, plus petite, et l'autre postérieure , bien plus considérable.
La partie antérieure a la forme d'un carré ir régulier ; sa plus grande largeur est d'un côté à l'autre ; en arrière elle est limitée par un bord
>JOO TRAITÉ GÉNÉRAL
convexe , en avant par un bord concave. Elle est appliquée par ce dernier bord, qui est le plus épais , à sa partie externe , sur la région moyenne de la pyramide formée par la seconde pièce de la portion précédente; il en résulte que la lacune moyenne reste libre.
Elle est formée de plusieures pièces cartilagineuses , ou rayons très-alongés. La première série en comprend six. Le plus externe est court, épais, triangulaire; les internes sont plus longs et plus grêles. En avant des cinquième et sixième rayons, qui sont les plus internes, il en existe un autre , arrondi , très-petit.
La seconde série est formée de pièces cartilagineuses plus petites et plus arrondies ; elle est unique dans sa moitié externe , double et même triple dans sa moitié interne.
La partie antérieure de cette série, qui l'emporte de beaucoup en développement, est revêtue d'une membrane molle.
La partie postérieure se compose d'environ quarante rayons plus durs , cornés , très-serrés les uns contre les autres , mais unis entre eux par une membrane intermédiaire plus molle. Le premier ou le plus externe de ces rayons , qui correspond seul à la première pièce cartilagineuse de la partie antérieure , a beaucoup plus d'épaisseur que les autres ; il présente la forme d'un carré alongé. Ceux du milieu sont les plus longs ; les internes sont les plus courts
d'anatomie comparée. 58 i
et les plus fins. Tous, à l'exception du plus externe, sont en apparence divisés par des articles nombreux, alongés , qui ne sont indistincts qu'à la base , et qui sont environ au nombre de vingt sur les rayons les plus longs. Le premier excepté, tous se divisent en une couche supérieure et une inférieure , unies étroitement entre elles par un tissu cellulaire dense.