Ophidiens
Le squelette des ophidiens est le plus simple , non-seulement de ceux des reptiles., mais parmi les squelettes de tous les vertébrés en général, en ce sens que : i° il manque , conformément à la disposition du corps entier, de tous ou de la plupart des os des membres; 2° que
toutes les vertèbres sont des répétitions presque serviles les unes des autres; 3° que le sternum leur manque , on peut dire toujours. Néanmoins, j'ai cru devoir considérer les os du tronc des batraciens avant ceux des ophidiens , parce que : i° ce sont précisément ces os qui sont chez eux, à plus d'un égard, inférieurs à ceux des ophidiens ; 2° que le squelette des chéloniens , auquel conduit celui des batraciens , notamment par le pipa, est aussi plus imparfait que celui des ophidiens , et se rapproche du squelette des ver- . tébrés moins que celui des sauriens , auquel conduisent les ophidiens par des transitions insensibles.
a. Colonne vertébrale.
Le rachis des ophidiens se distingue de celui de la plupart des autres reptiles, ainsi que de la plupart des vertébrés, surtout par le grand nombre et l'uniformité des os qui le composent.
Les vertèbres thoraciques et abdominales ont, à l'exception des premières , à peu près le même volume, et pour la plupart aussi la même forme; il n'y â que les vertèbres coccygiennes qui diffèrent entre elles, en ce qu'elles diminuent de volume d'une manière insensible, mais ordinairement peu considérable.
Les vertèbres dorsales et lombaires sont plus
d'anatomik comparék. 557 larges, proportionnellement plus courtes que les vertèbres coccygiennes. Leurs apophyses transverses sont souvent beaucoup moins développées en longueur que celles de ces dernières.
Aucun exemple ne saurait, mieux que celui des ophidiens , tirer plus sûrement d'erreur les personnes qui s'attendraient à voir reproduire la forme de tout le corps dans les parties spéciales qui le constituent. Les vertèbres des ophidiens ne sont en effet nullement fort alongées. Elles sont, au contraire, du nombre des vertèbres les plus courtes et les plus larges ; elles sont notamment bien moins alongées que celles des batraciens uvodeles et de beaucoup de sauriens. C'est de là que dépend sans contredit la mobilité extraordinaire et la faculté qu'a le corps de prendre les courbures les plus variées
Cette faculté se rattache à une autre condition de leur forme. Toutes les surfaces de contact des vertèbres sont très-généralement des facettes articulaires , et Ton trouve par conséquent ordinairement , sur une vertèbre d ophidien , dix facettes encroûtées de cartilage, qui sont :
i° Deux facettes impaires, au corps de la vertèbre; une antérieure et une postérieure, dont la première est concave, la seconde convexe et qui s'engrènent l'une avec l'autre. La dernière est distinguée du corps par un petit étranglement ou col ;
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2° Quatre facettes paires situées à la base du corps de la vertèbre. Il y en a de chaque côté, deux inférieures qui sont dirigées en dehors, deux supérieures qui sont dirigées en dedans. Les premières forment des saillies plus prononcées ; toutes sont plates et tellement disposées, que les facettes antérieures de la vertèbre qui est en arrière se glissent sous les postérieures de la vertèbre placée en devant. Elles forment la région la plus large de la vertèbre.
Celte disposition rend possibles les mouvemens multiples et rapides du corps des serpens.
En outre la majeure partie des vertèbres d'ophidiens, surtout les vertèbres thoraciques et abdominales | et les plus antérieures des vertèbres coccygiennes , quelquefois même toutes ces vertèbres, offrent , à l'extrémité antérieure de leurs corps, immédiatement sous les facettes articulaires antérieures et externes, des apophyses transverses , peu longues , qui sont situées d'ordinaire précisément au dessous des facettes articulaires antérieures, inférieures et latérales.
Les ophidiens ont très-généralement des apophyses épineuses supérieures qui n'appartiennent nullement aux boas seuls, comme le prétend M. Home (i).
Elles ne sont jamais fort considérables ; le plus souvent elles sont dirigées en droite ligne d'avant en arrière.
(1) Philos, transactions, 1812, p-. 166.
d'anatomie comparée. 55g Les apophyses épineuses inférieures même , ne manquent presque jamais ; elles sont ordinairement plus hautes, quoique plus courtes d'avant en arrière que !es supérieures, mais elles n'existent pas aussi généralement que les apophyses épineuses supérieures sur toutes les vertèbres. Elles sont pour la plupart plus ou moinsfortement dirigées en arrière. Lorsqu'elles n'occupent que certaines étendues de la colonne vertébrale, elles n'existent qu'à sa partie antérieure et postérieure. Les dernières sont ordinairement les plus longues.
Les épines supérieures et inférieures, sont très-comprimées d'un côté à l'autre et minces.
Ces conditions générales offrent dans les différeras genres d'ophidiens, surtout les modifica tions suivantes.
Les vertèbres ont partout à peu près les mêmes dimensions; pourtant les boas me semblent avoir les vertèbres les plus courtes et les plus larges.
On rencontre les vertèbres au maximum de développement dans le genre amphisbcne ; les jplus petites dans le genre èryx.
C'est chez les ampkisbènes que les apophyses ■épineuses supérieures offrent la petitesse la plus extrême. Ce ne sont que de petites crêtes trèsipeu prononcées, montant de bas en haut et
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d'avant en arrière, qui s'élèvent peu au dessus des faces latérales de l'arc, et qui ne sont distinctes qu'au cinquième antérieur de la colonne vertébrale.
Dans le genre rouleau (lortrix), elles sont un peu plus fortes, et régnent dans toute la longueur de la colonne vertébrale.
Elles sont un peu plus fortes encore chez les platures et les éryx ; peu élevées aux dernières vertèbres coccygiennes, elles y sont bifurquées en deux moitiés latérales.
Chez les orvets ( anguis) , les plus antérieures, mais surtout celles des vertèbres coccygiennes, sont très-fortes. Elles forment sur ces dernières des épines considérables, presque aussi longues que le corps des vertèbres ; ces épines s'élèvent de l'extrémité postérieure du corps , en haut et en arrière.
Elles sont au maximum de longueur dans les genres naja , vipère, couleuvre (coluber , crotale ,' bongare (peusodoboa) , hjdrophis , boa, surtout dans les deux derniers. Elles occupent toute la longueur du corps sur la plupart des vertèbres , et ont la même largeur dans toute leur hauteur; elles deviennent même plus larges supérieurement chez les trigonocéphales , et s'atteignent par leurs extrémités antérieure et postérieure.
Chez les boas , elles ne correspondent partout qu'à environ la moitié postérieure du