Humérus
Chez les batraciens et surtout les grenouilles proprement dites , l'humérus , dont les conditions générales ont déjà été examinées plus haut, est plus volumineux que les os de l'avant-bras ; sa tête articulaire supérieure est sphérique. Au dessous de cette tête on voit naître , chez le prote'e , une petite ligne âpre, antérieure, et deux chez les salamandres , une antérieure et une postérieure; chez les batraciens anoures , il n'y en a qu'une antérieure, bien plus longue, qui est prononcée au moindre degré chez le pipa, qui est plus marquée chez les crapauds , et qui ne l'est nulle part ailleurs autant que chez le rana latrans (1). Cette grenouille possède aussi la ligne postérieure , qui existe chez les salamandres et manque aux autres batraciens anoures ; elle y est tellement développée en largeur et en
(1) Steffen, De ranis nonmillis. Berlin,, 18 1 5; fig 2 et 5.
d'anatomie comparée. 627 longueur, que l'humérus en paraît transformé en une espèce de plaque.
L'extrémité inférieure de l'humérus des batrneiens, soit urodèles, soit anoures, se renfle en une forte lête , ronde, à côté de laquelle il existe en dedans , séparée d'elle par un espace profond , une saillie longitudinale également haute, qui empêche l'os de l'avant-bras de s'échapper dans cette direction.
Chez les sauriens, la différence de longueur entre l'os du bras et ceux de l'avant-bras est en général moindre que chez les batraciens; l'humérus est très-ordinairement droit, sans lignes âpres distinctes , assez fortement renflé à ses deux extrémités. L'inférieure se termine fort généralement par deux éminences arrondies, dont l'interne et antérieure supporte le radius , l'externe et postérieure servant d'appui au cubitus, et dont le volume proportionnel est tellement variable, que c'est tantôt l'externe , comme, par exemple, chez le monitor, tantôt l'interne, comme chez le crocodile , qui est la plus grande.
Chez les chéloniens, cet os est le plus petit proiportionnellement au reste du corps et aux os tde l'épaule , en faisant toutefois exception des 'sauriens à petites pattes ; il est, au contraire, chez les mêmes chéloniens , par rapport aux os de l'avant-bras , plus considérable que chez tons iles autres reptiles. Il est plus ou moins aplati de Ikiui en bas. La tête ronde de cet os est sup-
portée par un col considérablement plus large, qui se renfle en une éminence antérieure et en une postérieure, ou en une inférieure et une supérieure. Le corps en est , toute proportion gardée, fortement contracté ; mais vers la partie inférieure il s'élargit de nouveau considérablement, et s'articule avec les deux os de l'avantbras par une surface articulaire, transverse et convexe.
Chez les chélonées , l'humérus est beaucoup plus court que chez les autres chéloniens , il est à sa plus grande longueur chez les tortues. Il est chez les premières, droit et fort aplati ; chez les secondes, au contraire , il est fortement recourbé en avant et arrondi; là ses apophyses sont faibles, ici elles sont fort développées. Les êmydes tiennent encore le milieu en cela, comme de coutume. L'humérus de tous les chéloniens est tellement contourné autour de son axe, que la face de cet os à la quelle s'attachent les muscles extenseurs, est tournée en avant, et celle des muscles fléchisseurs en arrière. La surface articulaire, inférieure, est simple et convexe chez les chélonées , légèrement concave à son milieu chez les tortues ; l'humérus des émjdes a une tète arrondie, à côté de laquelle se trouve une saillie étroite , mais assez considérable , qui en est séparée par un sillon profond.
1) YNATOMIK COMPARER.