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Os de l'avant -bras

L'avant-bras de la plupart des reptiles, notamment des batraciens modèles , des chèloniens , des sauriens, et parmi ceux-ci, même celui des seps, du moins du seps Iridactjlus , se compose de deux os, nonobstant le développement peu considérable de leurs membres. De ces deux os, celui qui est généralement situé en avant et qui correspond constamment au pouce est le radius y le postérieur est le cubitus, dont Volécrâne dépasse très- généralement le premier dans une étendue variable.

On ne sait pas encore si les sauriens bimanes ( chirotes , Cuv. ) ont également les membres antérieurs aussi parfaitement développés. M. Cuvier (i) parle bien du développement parfait des os de l'épaule et des doigts , mais non des os des autres régions. Cependant j'ai trouvé positivement chez le chirotes propus , un humérus et deux os de l' avant-bras.

Les batraciens anoures, au contraire, n'ont qu'un os à l'avant-bras, qui est assez large. On voit cependant , à ses extrémités supérieure et inférieure, surtout à celle-ci, un sillon longitudinal plus ou moins marqué, visible sur les deux

(i) Règne animal, 1817 , t. II, pag. 57.

faces de l'os, qui le partage en deux et au fond duquel la substance de l'os est plus mince. Quoique la continuité ne soit pas rompue à l'extérieur, la cavité de l'intérieur de l'os est pourtant divisée dans sa partie inférieure, qui est la plus grande , en deux cavités médullaires entièrement distinctes, et même la cloison intermédiaire est en majeure partie double. C'est là la disposition naturelle de cet os; mais il n'est pas exact de dire que la partie moyenne de l'os est sans cavité médullaire, et qu'il y a également deux de ces cavités dans la partie supérieure de l'os (i). Il est creux partout, mais supérieurement la cavité en est unique ; elle est double inférieurement , comme il vient d'être indiqué. La largeur de cet os est , au reste , un autre indice de l'analogie qui existe entre lui et les deux os de l'avant-bras des autres reptiles.

Cet os simple est supérieurement beaucoup plus long à la face des muscles extenseurs qu'à celle des fléchisseurs ; il forme à cette extrémité une espèce de crochet, Yolécrane, qui s'engrène avec un enfoncement existant à la face d'extension de l'humérus. Chez le pipa la division de la région inférieure de l'os de l'avant-bras est beaucoup moins distincte que chez les crapauds; elle est marquée au plus haut point chez les grenouilles.

(i) Blumenbacli's Handbuch der vergleichenden Anatomie, p. 98.

d'anatomie COMPARÉE. 63 1

La surface articulaire inférieure se compose toujours de deux éminences; de ces éminences celle qui correspond au radius est plus grande, transversale et un peu plus déprimée que celle du cubitus.

Les os de l'avant-bras des chéloniens offrent une disposition fort particulière à plusieurs égards. Ils sont plus ou moins épais et plats , courts , larges , unis entre eux immobilement en haut et en bas, le plus souvent dans une étendue très-considérable; conditions par lesquelles ces os se rapprochent évidemment beaucoup de celle des batraciens. Us offrent le plus d'épaisseur chez les chélonées, le plus d'aplatissement et le plus de brièveté chez les tortues, le plus de longueur et le plus de gracilité chez les émjdes. Chez les tortues , ils sont unis entre eux , à leurs deux extrémités, dans la plus grande étendue de leur longueur; cette union n'existe que dans la plus courte position de cette même longueur chez les émjdes, chez lesquelles ils ne sont pas même unis inférieurement.

Partout le radius descend plus bas et le cubitus monte plus haut; chez les émjdes etles tortues ces deux "os ont à peu près la même longueur. Les chélonées offrent à cet égard une exception digne de remarque :1e radius est beaucoup plus long, il descend bien plus bas que le cubitus, tandis que celui-ci ne le dépasse guère en haut.

Une autre chose digne de remarque chez les

chéloniens, est la déviation graduelle que présentent ces os de leur position, ordinaire. Chez tous, le radius n'est pas situé au devant, mais plus ou moins en arrière du cubitus; l'humérus est déjà contourné autour de son axe, à tel point que la face de ses muscles extenseurs est dirigée en avant, celle des fléchisseurs en arrière. Cette disposition est prononcée au moindre degré chez les chélonèes. Lé radius est encore situé au devant du cubitus ; mais celui-ci se glisse déjà un peu vers la partie antérieure du premier. Chez les émjdes, les deux os sont déjà presque entièrement sur un même plan , chez les tortues , ce nivellement est parfait; le bord tranchant du cubitus, qui est communément postérieur, est ici tourné en avant.

Les faces articulaires , inférieures, sont convexes ; chez les tortues et les émydes très-larges aux deux os, dans le sens transversal; il n'y a de surface articulaire inférieure qu'au cubitus chez les chélonèes ; le radius de celles-ci se terminant par une petite tête fort arrondie.

Les os de l'avant-bras des sauriens et des batraciens urodèles sont assez droits; ils ont à peu près la même grosseur, seulement le cubitus est un peu plus épais que le radius. La surface articulaire, supérieurCjde l'un et de l'autre, est concave de dedans en dehors et d'avant en arrière ; plus longue dans le dernier sens que dans le premier; celle du cubitus devient plus large en arrière.

n'ANATOMIE COMPAREE. 633

Les deux os se réunissent ici pour former une surface articulaire, commune, et s'unissent entre eux par des surfaces encroûtées de cartilage. Ils s'écartent, au contraire, à leur extrémité inférieure, et, chez plusieurs d'entre eux, par exemple, le monitor, il y a même un petit os dans l'intervalle qui les sépare. La surface articulaire, inférieure, du radius ressemble ordinairement à la supérieure; elle est concave et alongée; celle du cubitus, au contraire, est souvent, si ce n'est toujours ( il en est ainsi du moins chez les crocodiles, les monitors , les iguanes, les lézards), renflée en une tête, qui est légèrement comprimée sur les parties latérales, fortement convexe d'un côté à l'autre et d'avant en arrière , surtoutdanscette dernière direction ; disposition particulière, qui est surtout remarquable , parce que par là le cubitus ressemble aux os du métacarpe et des doigts; ce qui explique le nombre, en partie, médiocre des os du carpe, en ce que cette extrémité inférieure du cubitus semble s'être formée aux dépens d'un os du carpe.

Outre la différence qui vient d'être indiquée entre les batraciens anoures et les autres reptiles, le nombre des os de l'avant-bras présente, chez plusieurs de ces animaux une autre différence tout-à-fait opposée. Il s'ajoute quelquefois aux deux os de l'avant-bras un troisième os ap-

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pliqué sur l'extrémité supérieure du cubitus. Cest la totalité de lolécrane ou la partie supérieure de cet os qui ne s est pas réunie au reste du cubitus ; on peut lui donner le nom. de rotule du coude,par analogie avec les membres inférieurs des autres vertébrés chez lesquels on trouve un semblable os propre, la rotule du genou.

M. Rudolphi a, le premier, démontré la présence de cet os chez le pipa. On le rencontre , en outre , chez plusieurs autres reptiles , surtout d'après mes recherches , parmi les sauriens, chez l'iguane à col hu ( iguana delicatissima} , les marbrés {polychrus maimoratus), le grand lézard-crocodile [lacerta ocellatd) et le lézard vert (Z. viridis); parmi les chèloniens , chez la tortue grecque ; parmi les batraciens , chez la grenouille verte {jana esculenta) ; il est par conséquent assez général, puisqu'on le trouve dans plusieurs genres de tous les ordres.

(\. Os de la main.

Des trois fractions de la main, la troisième, qui est formée par les doigts, est sans contredit toujours la plus longue. Le carj)e est la fraction la pluscourte,maismoinsgéiiéralement; quoique cette remarque s'applique à la pluralité de ces animaux.

Le rapport de la main entière avec les autres

d'anatomie comparée. 635 portions n'est pas le même chez tous les reptiles. Ces différences se rapportent moins au caractère de l'ordre qu'au mode de locomotion, et au milieu habité par ces animaux. Ainsi, chez les tortues, la main forme à peine le quart, chez quelques-unes seulement le cinquième de toute la longueur des trois portions extérieures du membre, tandis que , chez les chélonées, elle est bien plus longue que les deux portions situées immédiatement au devant d'elle.

Elle est considérable chez la plupart des sauriens , et présente à peu près la même longueur que l'avant-bras et le bras.

On peut dire la même chose des batraciens. Chez les tortues, la main est à beaucoup près la plus petite portion du membre.

<z. Carpe, §. 202.

Le carpe se compose de plusieurs os courts, arrondis, unis d'une manière peu mobile entre eux et avec les os métacarpiens ; leur articulation avec les os de Tavant-bras permet, au contraire, des mouvemensplus étendus. Ces os carpiens se succèdent du bord radial au bord cubital en formant une rangée, ou plus ordinairement se disposant suivant plusieurs rangées transversales,quelquefois aussi ils doublent, mais sur quelques points seulement , dans la direction de la face palmaire à la face dorsale.

TRAITJ: CÉNÉltAL

a. Batraciens.

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