‹ Traité général de photographieChapitre 20 sur 102 · LIVRE IL · texte numérisé non relu

LIVRE IL

PROCÉDÉS NÉGATIFS

PROCÉDÉ AU COLLODION

§ 193. Exposé succinct de ce procédé. — Le collodion est une dissolution de coton-poudre dans l'ëther alcoolisé. En photographie, cette dissolution porte le plus souvent le nom de collodion simple, par opposition aux termes de collodion iodîtré, collodion sensihilisè, ou même tout simplement collodion, qui indiquent qu'un iodure y a été introduit.

Le collodion, versé sur une glace parfaitement nettoyée, s'y étend facilement, à cause de la faculté mouillante de l'alcool et de l^éther qu'il contient. Après une dessication complète, la couche devient j opaline et emprisonne dans ses fibres l'iodure destiné à la rendre sensible à la lumière. Cette couche doit posséder une grande ténacité et une certaine dureté, qualités qui proviennent surtout de la nature du pyroxyle.

Si, après avoir versé le collodion à la surface de la glace, en avoir laissé écouler l'excès, et attendu quelques instants pour permettre à l'éther et l'alcool de se vaporiser en grande partie mais non en totalité, nous l'immergeons, à l'abri de la lumière, dans une solution aqueuse de nitrate d'argent, nous voyons la couche hlancliir lentementi^) . Ce fait provient de la transformation de l'iodure alcalin ou métallique dissous

(1) Si la couche de collodion était complètement sèche, l'immersion dans le bain d'argent la blanchirait encore, mais elle n'offrirait aucune adhérence avec la glace.

PROCÉDÉ AU COLLODION

dans le collodion, en iodure d'argent blanc, substance d'une extrême sensibilité à la lumière.

Nous avons donc une surface d'iodure d'argent sensible à la lumière. Exposons-la un temps très-court dans la chambre noire, et reportons-la dans l'obscurité. Aucune image n'est visible sur la couche, et il ne semble pas y avoir eu action de la lumière. Cependant, plongée dans une dissolution de sulfate de fer, la surface laisse tout à coup apparaître une image inverse de celle du modèle.

L'examen chimique prouve que ce n'est pas l'iodure d'argent qui a été décomposé par le sulfate de fer, mais bien le nitrate en excès qui l'imbibait. L'image est constituée en entier par de l'argent métallique disséminé dans les fibres du coton-poudre.

Pour fixer l'image, c'est-à-dire pour empêcher que désormais elle ne s'altère encore à la lumière, il faut enlever l'iodure d'argent qui existe encore dans la couche. On y parvient en la plongeant dans une dissolution de cyanure de potassium, jusqu'à ce qu'elle perde son aspect opalin. Ce cyanure étant enlevé à son tour par un lavage à l'eau, l'image est permanente.

Voilà en quelques mots la marche générale que l'on suit pour faire des négatifs au collodion ; mais ce procédé peut fournir, comme le daguerréotype, des épreuves positives directes; seulement, au lieu de les examiner par transparence, comme on le fait pour un négatif, on les regarde par réflexion sur un fond noir. Ces épreuves constituent un procédé à part, aussi le décrirons-nous dans un chapitre particulier.

Nous savons maintenant que pour obtenir un négatif sur collodion, toutes les opérations se suivent ; mais on peut les interrompre, après la sensibilisation, en recouvrant le cliché, soit d'une couche de glycérine, soit de certaines autres matières dont nous aurons soin de parler plus tard. Ce mode d'opérer permet de mettre un certain temps entre la sensibilisation et le développement, de telle façon qu'on n'est pas obligé d'emporter tout son matériel sur les lieux où l'on veut opérer. Ce procédé est connu sous le nom de collodion sec.

En résumé, le procédé sur collodion comprend :

P Le procédé négatif; 2^* le procédé positif; 3° le collodion sec.

Ces procédés détermineraient forcément l'ordre dans lesquels nous devrions les décrire, si la longueur démesurée de ce chapitre ne nous obligeait, pour y apporter plus d'ordre, à séparer la méthode opératoire de la préparation des produits qui servent à ce procédé, et des principaux insuccès auxquels il est sujet. Quant au collodion sec, nous le décrirons seulement à la fin.

PROCÉDÉS NÉGATIFS

Page 1