‹ Traité général de photographieChapitre 75 sur 102 · DU GÉLATINO-BROMURE D'ARGENT · texte numérisé non relu

DU GÉLATINO-BROMURE D'ARGENT

§453. Exposé succinct de ce procédé. — Le procédé au gélatino-bromure d'argent est destiné à opérer une révolution complète en photographie, à cause de son extrême simplicité, de sa grande rapidité et de la facilité qu'il offre de pouvoir être employé à sec.

Il est certain que, désormais, la photographie est réellement à la portée de tous et que ses applications vont devenir bien plus nombreuses. En effet, il suffit de se procurer des plaques sèches au gélatino-bromure d'argent et d'étudier pendant un petit nombre de jours les manipulations du développement de l'image, pour obtenir des résultats qui étaient, jusqu'ici, du domaine exclusif de quelques spécialistes.

Voici un exposé succinct de ce procédé. Dans une dissolution chaude de gélatine l'on dissout un bromure alcalin, puis du nitrate d'argent en quantité telle qu'il reste un léger excès de bromure alcalin. Il se forme, par double décomposition, du bromure d'argent qui, au lieu de se précipiter comme cela a lieu au sein de l'eau, forme une émulsion Manche, laitetise, éminemment sensible à la lumière. Cette émulsion refroidie se prend en gelée. On la découpe en petites tranches que l'on met à digérer dans l'eau pour enlever le nitrate alcalin qui s'est formé en même temps que le bromure d'argent. Si on laissait ce bromure alcalin dans l'émulsion, l'émulsion manquerait de sensibilité à la lumière et les couches qu'elle produirait à la surface des glaces seraient remplies d'efflorescences dûes à la cristallisation du nitrate alcalin.

L'émulsion, étant bien lavée, peut être séchée pour s'en servir ultérieurement, ou bien elle peut être fondue à nouveau et versée sur

GÉLATINO-BROMURE D'ARGENT.

glaces de manière à couvrir celles-ci d'une couche mince et unie qu'on laisse sécher.

L'on a maintenant les glaces dites au gélatino- bromure d'argent qui se conservent sensibles à la lumière pendant une longue période de temps, plusieurs mois, par exemple, et même davantage.

Ces glaces sont exposées dans la chambre noire un temps extrêmement court, puis développées soit immédiatement, soit plusieurs heures ou même plusieurs jours après. A cet effet, la glace est immergée simplement dans un bain de fer composé d'oxalate ferreux dissout dans l'oxalate neutre de potassium. En moins de deux minutes l'image est complètement révélée. L'excès de bromure d'argent non altéré est enlevé par l'hyposulfite de soude, et l'excès de ce dernier enlevé par un lavage à l'eau. Puis la glace est séchée.

Le cliché est maintenant achevé, et peut être tiré en épreuves positives, par un des procédés que nous avons exposés précédemment.

On le voit, le procédé au gélatino-bromure d'argent est d'une merveilleuse simplicité.

Disons qu'au lieu d'étendre l'émulsion sur glace, on peut tout aussi bien l'étendre sur papier et développer les images sur ce support en lieu et place du verre. Les négatifs ainsi obtenus ne le cèdent en aucun point à ceux obtenus sur verre, si bien entendu, on a choisi un papier de belle texture comme celui dont on se servait il j a vingt ans pour l'obtention des négatifs sur papier.

L'obtention de négatifs sur papier est non-seulement un perfectionnement pour l'amateur en voyage, mais encore pour le photographe portraitiste qui s'en servira pour les épreuves de grande dimension.

Quand au grain du papier, si l'on se sert de papier bien pur et bien choisi, il est invisible dans l'image positive.

Le lecteur le voit, le procédé au gélatino-bromure d'argent est le procédé de l'avenir, et il nous tiendra compte des développements que nous allons donner à ce chapitre de notre ouvrage.

GÉLATINO-BROMURE D'ARGENT.

Page 1