SECTION VI. — OPÉRATIONS FINALES
§ 606. Fixage de l'image. — Le fixage de l'image doit se faire dans l'obscurité, au moyen de l'hyposulfite de soude (l) à 20 pour cent. Il est d'autant plus lent que la couche est plus verte et plus grenue.
Le fixage à l'hyposulfite n'est pas aussi simple que dans le procédé au collodion humide. Le liquide fixateur se colore facilement en jaune sale, par des traces d'oxalate de fer qui restent dans la couche, et il commimique cette couleur à la couche de gélatine. Il faut donc en avoir une certaine quantité préparée à l'avance et renouveler celui qui sert au fixage dès qu'on le voit se colorer.
// faut^ si Von veut réussir à coîip sûr^ ne jamais employer deux fois de suite la même solution dliyposulfite, ou tout au moins la renouveler fréquemment. Le meilleur moyen consiste à mettre la glace à fixer dans une cuvette horizontale, puis à y verser de l'hyposulfite neuf à 20 pour cent, juste la quantité nécessaire pour bien recouvrir la glace. On place cette cuvette dans une boîte de bois qui ferme hermétiquement, et on l'y laisse le double du temps nécessaire pour la fixer (2).
Il est très-important d'opérer ainsi. Si la glace voit le jour, même quand elle séjourne dans l'hyposulfite, l'image ne sera pas claire. Si elle séjourne trop peu de temps dans l'hyposulfite, elle jaunira sous l'influence de la lumière, soit avant, soit après le renforçage (3).
// ne faut point, pour fixer vite, se servir d'un Jiyposulfite concentré. Des ampoules dans la couche de gélatine en seraient très-souvent la conséquence immédiate.
Non-seulement, après le développement au fer, la couche doit être bien lavée, mais elle doit l'être davantage encore après le fixage : nous lavons d'abord la glace sous le robinet d'une fontaine pendant une demi-minute, puis nous la plaçons dans une cuvette d'eau pen-
(1) Le cyanure de potassium attaque l'image, à moins de se servir du cyanure pur et cristallisé, à 2 pour cent au maximum.
(2) L'hyposulfite n'attaque en aucune façon l'image, et la glace peut rester dans le bain pendant plusieurs heures, sans rien perdre de sa vigueur ni de ses détails dans les ombres.
(3) Avec un peu de réflexion, cela s'explique. L'hyposulfite pénètre lentement à travers l'épaisseur de la couche et se sature de bromure d'argent au fur et à mesure qu'il avance vers la glace. Si un excès de fixateur ne vient point en contact avec la glace elle-même, il reste là de l'hyposulfite d'argent que l'eau enlève à peine. Plus tard alors, sous l'action de la lumière, le cliché jaunit, et cet effet est dû auxcompoeés d'argent qui n'ont pas été enlevés par les lavages.
GÉLATINO-BROMURE D'ARGENT.
dant une heure au moins, et mieux encore un de ces côtés étant appuyés sur une cale de plomb, et la couche en dessous.
Le renforçage, s'il est nécessaire, peut maintenant se faire de suite, soit sur la couche mouillée, soit qu'on le fasse après que la couche est sèche.
§ 506. Soulèvement de la couche. — Si la couchë se dilate et se détache, soit pendant le développement, soit après le lavage ou le fixage, voici, pour éviter cet accident, un moyen excellent dû à M. Madshaw.
Avant le développement, plongez la glace pendant une demiminute dans une dissolution d'alun de chrome à raison de dix grammes par litre d'eau, puis lavez-la à l'eau pendant quelques secondes, et plongez-la alors dans le bain de fer.
Mais faisons bien remarquer ceci : si l'on se sert d'hyposulfite neuf et pas trop concentré, il arrivera rarement que la couche présentera le défaut de se ratatiner, de se détacher lors des lavages, ou de présenter cet aspect que les Anglais ont nommé « taclies de petite-mrole, » Ce sont des ampoules locales analogues à celles qui se produisent très-souvent sur le papier albuminé après le fixage des images.
§ 507. Renforçage du cliché. — Si le cliché a été exposé dans la chambre noire pendant un temps exact, son intensité sera celle exigée pour l'obtention d'épreuves positives vigoureuses ; le procédé au gélatino-bromure offre, sous ce rapport, un avantage immense sur le collodion humide. Cet avantage consiste, dans la possibilité que possède le photographe d'obtenir à volonté des clichés plus ou moins intenses, en variant soit la dose de bromure d'ammonium dans le fer, soit en variant le degré de concentration du bain de fer.
Ainsi, veut-on un cliché plus intense, on augmentera un peu la dose de bromure, de 1/4 à 1/2 gramme par litre, par exemple.
Veut-on au contraire, des clichés plus doux, moins intenses, on diminuera la dose du bromure, ou l'on ajoutera au fer le tiers de son volume d'eau.
Ainsi que nous l'avons déjà dit, un bon opérateur fera toujours ses clichés de telle manière à obtenir des clichés un peu trop faibles.
Mais il ne faut pas qu'ils soient beaucoup trop faibles, parce que le renforçateur, quel qu'il soit, augmentera trop la valeur des grands noirs du cliché sans renforcer en même proportion les demi-teintes. Alors le cliché sera heurté, dur, et de qualité inférieure.
Plutôt donc que de chercher à renforcer un cliché beaucoup trop faible (ce qui le rendra dur), il vaut mieux le recommencer.
GÉLATINO-BROMURE D'ARGENT.
Le renforçage peut se faire, soit sur le cliché sec, et dans ce cas on le trempera préalablement pendant une minute dans l'eau, soit immédiatement après le dernier lavage qui suit l'hyposulfite de soude, et c'est ce procédé qui est le meilleur.
Le renforçage se fera en pleine lumière, afin que l'on puisse juger bien exactement de la valeur à donner aux noirs du cliché.
Voici la formule des bains du renforçage (l).