‹ Traité général de versification françaiseChapitre 31 sur 54 · NOTATION MUSICALE DES RYTHMES GÉNÉRAUX DU VERS ROMANTIQUE · texte numérisé non relu

NOTATION MUSICALE DES RYTHMES GÉNÉRAUX DU VERS ROMANTIQUE

On s'a- do - rait d'un bout à Tau - ire de la IVo 8. 3 — 5 — 4

vie.

r^nr

Un cra- paud re-gar-dait le ciel^ bè - te é- blou - ie.

No 3.

:^pL::5ir=;?

Près des meu- les qu'on eût pri - ses pour des dé-combres.

na^ 4.

Prends le ray - on, sal-sis Tau-be^u-sur-pe le feu.

«ro 5.

Il est grand et blond, l'autre est pe - tit^ pà-le et brun.

IVo 6. 5 — 3 — 4

Il vit l'in-fi - ni

porche hor- ri - ble et re - eu - lant.

Et tout est fi - xe et pas un cour - sier ne se cabre.

-f\-4^-ts

-* — * — * — «1 — * — h cou-pe é-tant ton- jour»

.-V <l — iC^-<l — 4^

i-vre est à peu près

folle.

-4 — é—d—é— L'ap-pa- ri - U -

oa prit un brin de

paille et

dit.

N<> iO.

Et sans vous trai - ter^ vous^ pria - ces et vos corn-pagnes.

IVo il.

Jou - tant a - vec le vieux Si - le - ne, s'es- souf - flant.

N» tZ.

La mé - lo - die en - cor quel-ques ins - tants se traîne.

IVo ts.

II le - vait au- des -sus de la mer son ci - mier.

IVo ±4.

^fe^^|:z^^^:jts:iv:i?r

Ce tableau a dû rendre sensible pour le lecteur le raccourcissement du vers romantique. Il ne dure que dix-huit unités de temps. Il serre et presse ses syllabes dans un temps qui est d'un quart plus court que celui du vers classique. Le vers romantique, d'ailleurs, ne présente aucune difficulté rythmique, si on considère les dix premières formules, qui senties plus fréquentes. Il n'en est pas de même pour les cinq dernières. Le nombre des syllabes du deuxième élément s'oppose à l'allongement de la syllabe placée dans Tarsis. Cette syllabe ne se distinguera donc plus que par l'intensité, sans pouvoir prétendre à la quantité qu'elle lient de sa position. [Quelquefois la composition du vers suffit à remédier à cet affaiblissement rythmique, lorsqu'une au moins des deux premières syllabes du second élément qui se placent dans l'arsis est incontestablement brève. Dans ce cas, les trois syllabes de l'arsis, qui, dans la notation générale, sont théoriquement et invariablement représentées par trois croches, se partagent différemment le même temps et, par exemple, affectent une des deux formes suivantes :

NiM^ i^^

Mais la voix emploie souvent un procédé plus savant, qui double la durée du premier accent rythmique. Elle porte la première syllabe accentuée sur le temps faible et, par une syncope, la prolonge sur le temps fort. Voici, par exemple, la modification que l'emploi de ce procédé musical apporte au rythme des vers n°» 11 et 13 :

IVo ii. 2 — 6 — 4

Jou-taDt a-vec le vieux Si - le - ne, 8*es-souf- fiant.

Xo i3. 3 — 6 — 3

Il le - vait au- des -sus de la mer son ci - raier.

L'emploi de ce procédé, emprunté à l'art de la musique, dépendra des syllabes composant le second élément rythmique ; si les deux premières sont certainement brèves, et si la récitation peut les réduire à deux doubles croches, la syncope deviendra inutile puisqu'on pourra donner à la syllabe rythmique la valeur d'une noire.

Nous terminerons par une remarque qui intéresse la facture du vers. Tout élément de cinq syllabes réduit théoriquement l'accent rythmique qui le précède à la valeur d'une noire, et à une valeur moindre encore quand cet accent est celui de l'hémistiche et que sa durée est diminuée par celle du repos. Sans doute le récitateur ne fait pas sentir le repos ; mais il faut que le poète ait soin de ne pas mettre en présence, dans la syllabe rythmique et dans celle qui commence l'élément suivant, deux sons lourds et obstinément longs. Toutefois, il est un cas où le poète est libre, malgré rélément rythmique de cinq syllabes suivant, de placer l'accent sur un son très long, qui résonne et se prolonge; c'est lorsqu'il y a brusque interruption du

discours avec changement d'interlocuteur. En voici un exemple dans le dernier acte à'Athalie :

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