‹ Traité général de versification françaiseChapitre 32 sur 54 · ATHALIE · texte numérisé non relu

ATHALIE

Laisse là ton Dieu, traître.

Si le lecteur se reporte ci-dessus à la notation musicale de ce dernier vers, il verra que la syllabe moin est réduite à une noire, alors qu'au contraire il est naturel au personnage d'Abner d*appuyer sur cette syllabe et d'en prolonger le son. Eh bien ! c'est en réalité ce qui se passe; car, dans ce cas, les deux voix ne forment pas deux parties seulement consécutives, mais deux parties qui doivent s'accorder ensemble.

Abner.

Rei- ne, Dieu m'est té-

moin...

Athalib.

Lais-se là ton Dieu, traître.

Les deux voix auront donc le soin de s'accorder, en prononçant les deux syllabes moin et laiSj soit à l'unisson, soit à la tierce, soit à la quinte l'une de l'autre. Ainsi qu'on peut s'en rendre compte, entre l'art du poète et l'art du musicien les limites sont indécises. L'un et l'autre emploient pour plaire à notre oreille les mêmes procédés et jusqu'aux mêmes subterfuges.

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